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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 8 mai 2021 25 min

Éric Dupond-Moretti candidat dans les Hauts-de-France, vaccination contre le Covid... Le "8h30 franceinfo" de Nicolas Bay

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:04
Présentateur

2830 France Info sur France Info Radio et le canal 27 de la TNT avec Myriam Ancawa de la chaîne parlementaire. Bonjour Myriam.

0:10
Invité

Bonjour Ercine, bonjour à tous.

0:12
Présentateur

Notre invité et député européen Rassemblement National, Nicolas Bay, bonjour. Bonjour. Voilà un nouveau candidat dans les Hauts-de-France pour les élections régionales qui va défendre les couleurs de la République en marche. Il s'appelle Éric Dupond-Moretti, ministre de la Justice, propulsé tête de liste dans le Pas-de-Calais. Il vient, dit-il, non pas pour chasser sur les terres du Front National mais pour chasser le Rassemblement National de ces terres. Que lui répondez-vous ?

0:38
Nicolas Bay

Je ne lui réponds rien du tout. Je vois simplement qu'Éric Dupond-Moretti a du temps disponible. Il est ministre de la Justice. Tout le monde constate tous les jours les défaillances de la justice. Et manifestement, il a le temps d'aller mener campagne dans une région où d'ailleurs il n'a aucune implantation électorale particulière.

0:53
Invité

Il connaît bien la région.

0:54
Nicolas Bay

Oui, sans doute. Je ne conteste pas ça. D'ailleurs, n'importe quel citoyen a le droit de se présenter aux élections. Donc pourquoi pas lui ? Mais ce que je trouve extrêmement choquant, c'est qu'il aurait un excellent bilan au ministère de la Justice. Il aurait mené un certain nombre de réformes clés. On aurait une justice qui fonctionnerait bien. On pourrait se dire, après tout, il s'engage dans une nouvelle aventure politique.

1:13
Invité

Il n'est pas tête de liste au niveau régional. Il est dans le département du Pas-de-Calais, celui de Marine Le Pen.

1:18
Nicolas Bay

On voit bien simplement qu'Éric Dupond-Moretti cherche à tout près à faire parler de lui, à faire le buzz, à attaquer le Rassemblement National. Mais la mission d'un ministre de la République, c'est de résoudre les problèmes des Français. Ce n'est pas de consacrer son temps, son énergie à aller combattre ses adversaires politiques.

1:35
Invité

N'empêche que s'il parvient à dépasser avec la liste En Marche les 10%, il peut contraindre Xavier Bertrand de s'allier entre les deux tours. Et c'est la région qui est perdue pour vous.

1:45
Nicolas Bay

Je ne sais pas du tout. En tout cas, ce qui est sûr, c'est qu'il n'y aurait pas de mal à s'allier. Parce que Xavier Bertrand et Emmanuel Macron, Xavier Bertrand et La République En Marche, ce sont à peu près les mêmes idées sur tous les sujets. Donc en réalité, tout ça, ce sont des artifices de communication. Donc vous n'avez rien à craindre de lui ? Il ne comportera rien dans la campagne de fondamentalement différent de ce que fait ou ce que propose Xavier Bertrand. Simplement, il ne sera pas à son poste, il ne sera pas à Place Vendôme, il ne sera pas au travail, à améliorer le fonctionnement de la justice.

On a eu, il y a quelques jours seulement, avec ce qui s'est passé à Mérignac, la démonstration des nombreuses défaillances de la justice. Et M. Dupond-Moretti, il n'a rien d'autre à faire que d'aller dans les Hauts-de-France pour...

2:21
Présentateur

Vous préféreriez qu'il ne vienne pas ?

2:24
Nicolas Bay

Honnêtement, je me fiche complètement et je pense qu'il n'aura pas un rôle décisif dans cette campagne régionale. Ce que je trouve assez inquiétant, en revanche, c'est qu'il ne s'occupe pas de la mission fondamentale qui est la sienne, une fonction régalienne de l'État où les défaillances sont flagrantes et où d'ailleurs il incarne le laxisme judiciaire. Parce que c'est aussi le problème d'un garde des Sceaux qui, lorsqu'il va dans les prisons, il n'est pas applaudi par le personnel pénitentiaire, il est applaudi par les détenus.

2:54
Présentateur

Mais que fait-il ces jours-ci, lorsqu'il rencontre les juges, pour savoir où ont été les failles dans l'affaire de Mérignac, lorsqu'il souligne qu'il y a des outils qu'il faut les utiliser ?

3:02
Nicolas Bay

D'accord, mais on n'en est plus là. On n'en est plus à analyser simplement les failles, il faut les résoudre. Mais d'abord, il faut savoir où elles se trouvent. Mais tout le monde sait où elles se trouvent. Ah bon ? Ah bah oui, quand vous avez l'assaillant de Mérignac, il a été 7 fois condamné depuis 2004, il a été condamné à 18 mois de prison au mois de mai, et 3 mois et demi plus tard, il est relâché.

3:21
Présentateur

Failles policières, judiciaires, les deux ?

3:23
Nicolas Bay

Oui, une défaillance totale de la justice et le laxisme judiciaire. Et de la police aussi ou pas ? La police qui vient, qui profite à des contrôles d'identité et qui laisse ce monsieur en liberté ? La police, sans doute avec des moyens insuffisants, fait son travail, mais la défaillance, c'est de la justice. On a un laxisme systémique en France. C'est-à-dire que vous avez un juge d'application des peines qui a pris la décision de le relâcher au bout de 3 mois et demi. Un multi-condamné alors qu'il aurait dû purger 18 mois de prison. Mais ce juge, il est responsable devant qui aujourd'hui ? Il va rendre des comptes à qui ? Est-ce qu'il va rendre des comptes devant les tribunaux ?

Est-ce qu'il va rendre simplement des comptes devant les Français ?

3:56
Invité

Il existe des instants disciplinaires au sein de la justice. Les juges ont des comptes à rendre. Il y a des défaillances. Pourquoi vous ne dites pas, au fond, attendons quand même la fin de l'inspection ? Personne ne sait exactement comment l'inspection.

4:11
Présentateur

Le ministre dit qu'il sanctionnera. Il dit, ma main ne tremblera pas s'il y a eu des failles au niveau judiciaire. Il ne suffit pas de le dire, il faut le faire.

4:18
Nicolas Bay

Pour que les juges puissent prendre des décisions, il faut un cadre juridique qui les empêche d'avoir un pouvoir d'interprétation beaucoup trop large, comme c'est le cas aujourd'hui, d'une part. Et puis il faut surtout être en capacité d'incarcérer. Parce que comme on n'a pas construit le nombre de places de prison suffisantes, aujourd'hui on lui dit qu'il n'y a pas de place.

4:38
Présentateur

Pour vous, c'est la seule solution, incarcération ?

4:41
Nicolas Bay

C'est un des outils. Vous comprenez bien que quand je parle de l'axisme systémique, c'est parce que la défaillance est à tous les étages. Vous avez quelqu'un qui commet un délit ou un crime. Parce que la police n'a pas de moyens suffisants, il a peu de chances d'être interpellé. S'il est interpellé et qu'il est traduit dans la justice, il ne sera pas condamné à la hauteur de ce que prévoit le code pénal. Il y aura toujours une peine très insuffisante. Laissez-moi terminer. Ensuite, s'il est quand même condamné à de la prison ferme, la peine ne sera pas ou peu appliquée. Et c'est exactement le cas aujourd'hui.

Donc le sentiment d'impunité des délinquants et des criminels, il est total et il n'est pas qu'un sentiment. On va revenir sur la question de la justice et de la chaîne pénale. C'est simplement qu'ils se promènent dans la nature. Le résultat, c'est qu'il y a des gens qui meurent.

5:19
Invité

S'il vous plaît, M. Bé, on va y revenir parce qu'il y a aussi le drame d'Avignon. Je voudrais que vous puissiez réagir tout à l'heure et vous parlerez à nouveau de la justice. Poursuivons un instant sur les régionales, puisqu'on a compris la position du Rassemblement National sur les Hauts-de-France. Passons au psychodrame en PACA. C'est le feuilleton politique de la semaine. Finalement, Sophie Cluzel ira bien au premier tour. Écoutez. Je suis candidate, oui, de la majorité présidentielle. Bien sûr, je travaille avec mes équipes. Je suis candidate et la majorité présidentielle sera représentée au premier tour. Bon, finalement, elle est candidate. Vous y comprenez encore quelque chose ?

5:53
Nicolas Bay

Non, mais je crois que personne n'y comprend rien. En réalité, la provinciale Côte d'Azur est la démonstration, l'illustration de relations incestueuses entre une bonne partie des Républicains et la République en marche. Vous avez Jean Castex, le premier ministre, qui annonce qu'ils font liste commune avec Renaud Muselier. Renaud Muselier qui dit oui. Le parti qui dit que ce n'est pas tout à fait ça. La candidate de la République en marche, on ne sait plus si elle sera ou pas candidate. Est-ce qu'elle sera candidate autonome ou est-ce qu'elle sera avec Renaud Muselier ?

6:16
Invité

En attendant, celui qui récupère des alliés, c'est Emmanuel Macron. C'est la République en marche. Christian Etrodi.

6:22
Nicolas Bay

Ce sont les alliés les plus consistants. Mais en tout cas, on a Christian Estrosi, en effet, qui a clarifié sa position. Il a toujours été un soutien d'Emmanuel Macron. Et il y a quelques mois, il disait qu'il fallait rallier Emmanuel Macron dès le premier tour. Donc il va au bout de la démarche.

6:38
Invité

Et vous, où sont vos alliés, notamment en PACA ? À droite, à qui ? Tendez-vous la main.

6:44
Nicolas Bay

Quand vous avez comme tête de liste régionale du Rassemblement national en PACA Thierry Mariani, qui est un ancien ministre de Nicolas Sarkozy, on voit bien que nous, on l'a fait le rassemblement et l'ouverture. Et la main tendue. Mais ce qui nous intéresse, ce n'est pas les accords d'appareil. Ce qui nous intéresse, c'est de s'adresser aux électeurs et aux électrices. Quand ceux qui sont des électeurs de la droite, qui sont sincères dans leur conviction, qui sont des patriotes, qui n'ont pas envie de jouer les supplétifs d'Emmanuel Macron, eh bien, en Réjean PACA, ils n'ont plus qu'un seul choix, évidemment, c'est de porter leur suffrage sur la liste de Thierry Mariani.

Ils ne vont quand même pas voter. Ou de s'abstenir. Certains disent, on ne votera pas le Front National, on ne votera pas le Front National. Ils ne vont pas voter pour Renaud Muselier et Christian Estrosi, qui sont ouvertement, ouvertement, des soutiens d'Emmanuel Macron. Beaucoup pour s'abstenir. Ou voter blanc. Je n'en sais rien, ça c'est vous qui le dites.

7:25
Présentateur

On a entendu sur France Info un certain nombre de militants, les républicains, dire cela.

7:30
Nicolas Bay

J'espère que les Français vont profiter de ces élections, les 20 et 27 juin, élections départementales et régionales, pour se rendre aux urnes et s'exprimer sur tous les sujets politiques, que ce soit d'ailleurs la politique nationale ou les enjeux régionaux et départementaux.

7:41
Présentateur

On va faire une pause dans cette discussion, Nicolas Bé, si vous le voulez bien, pour le Filinfo à 9h moins 20. D'ailleurs, Ferchit.

7:46
Invité

Trois membres d'un groupuscule néo-nazi mis en examen pour association de malfaiteurs terroristes criminels. On vient de l'apprendre. Ils sont placés en détention provisoire interpellés dans l'Est de la France. Ils sont soupçonnés d'avoir projeté de mener un attentat contre une loge maçonnique. La situation épidémique reste à un niveau élevé en France. Mais tous les indicateurs montrent qu'il y a actuellement une diminution de la pression, estime sur France Info le directeur de l'école des hautes études en santé publique. Le nombre de patients en réanimation continue de baisser. Ils sont en ce moment un peu plus de 5200.

Et pour lutter contre les variants, la France est en la quarantaine obligatoire aux voyageurs de 7 nouveaux pays, dont la Turquie. Quarantaine qui était déjà en vigueur, notamment pour le Brésil et l'Inde. Les bracelets anti-rapprochement n'ont pas vocation à rester dans les tiroirs. C'est ce qu'affirme le garde des Sceaux, Éric Dupond-Moretti, après le féminicide cette semaine à Mérignac, près de Bordeaux. Depuis leur lancement en octobre dernier, seuls 76 bracelets anti-rapprochement ont été déployés, alors que la chancellerie en dispose d'un millier.

Plus de 180 blessés dans des heures à Jérusalem-Est, 175 palestiniens et 6 policiers israéliens, principalement sur l'esplanade des mosquées. Les Etats-Unis et l'ONU appellent au calme. France Info.

8:56
Présentateur

Nicolas Bay est l'invité du 8.30 France Info sur France Info Radio et le canal 27 de la TNT avec Myriam Ancaoua de la chaîne parlementaire. Nicolas Bay, on a appris hier, et Diane Ferschit nous le rappelait à l'instant, que 6 membres d'un groupe d'extrême droite ont été arrêtés pour un projet d'attentat en France. Trois sont mis en examen et écroués. La menace terroriste, elle est là aussi en France, à l'extrême droite ?

9:19
Nicolas Bay

On ne sait rien encore de ces faits que vous me décrivez. Évidemment, s'il y a des gens qui s'apprêtent à commettre des attaques criminelles, ils doivent être poursuivis et condamnés. Tout le monde est d'accord là-dessus. Mais enfin, la France a connu des attentats à répétition depuis 5 ans. Ce n'était que des attentats qui venaient des islamistes et commis presque exclusivement, soit par des étrangers, soit par des personnes d'origine étrangère.

9:44
Présentateur

Et de nationalité française, du coup. Vous dites d'origine étrangère, mais ce sont des français, pour la plupart.

9:48
Nicolas Bay

Celui qui a commis l'attentat, le dernier attentat en date à Rambouillet, il était entré clandestinement en France, maintenu 10 ans, dans une situation irrégulière. C'est une exception sur le profil des terroristes. Non, non, non, pas du tout. Il a été régularisé par la circulaire valse. Mais si on avait attendu 2 années de plus, s'il avait commis son attentat dans 2 ans, il aurait été naturalisé. Et vous m'auriez dit, mais il est français. L'immense majorité des gens qui ont commis des attentats en France étaient sans français. Oui, bien sûr. Et tous, ou presque, à 3 exceptions presque, on est précis, eh bien, en réalité, ont bénéficié du laxisme et de la générosité de la France.

Mais vous dressez une échelle de gravité entre différents attentats ? Par décret, soit ils ont acquis la nationalité, vous avez raison de le dire, acquis la nationalité française par le droit du sol, mais ils étaient d'origine étrangère. Et ça montre quoi ? Et donc, vous remettez en cause ce droit ? Oui, bien sûr. Nous, nous sommes pour la réforme du code de la nationalité. Faire en sorte que ceux qui naissent, soit par hasard, dans notre pays, soit parce qu'ils se sont installés, ou même que leurs parents s'y sont installés, eh bien, ça ne doit pas donner automatiquement lieu à le droit de la nationalité française.

Parce que sinon, eh bien, on aboutit à la situation qu'on connaît aujourd'hui, c'est-à-dire des millions et des millions de personnes qui détestent, qui détestent profondément la France, jusqu'à commettre des attentats terroristes pour certains d'entre eux. Alors, on va garder un peu de temps. Et qui ont, effectivement, qui bénéficient de la générosité extraordinaire de la France.

11:06
Invité

Pour parler des policiers, la colère et l'émotion ne retombent pas après la mort d'Éric Masson, abattu à Avignon mercredi dernier, alors qu'il était envoyé sur un point de deal. Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, affirme que ce drame se montre bien, qu'il n'y a pas de zone de non-droit et que les policiers interviennent partout et tout le temps. Il a raison ?

11:28
Nicolas Bay

Je crois que les policiers, avec des moyens souvent très insuffisants, avec un soutien très insuffisant de l'hierarchie, essayent de faire leur travail et leur mission, de mener bien leur mission le mieux possible. Ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas de zone de non-droit, puisque l'ancien ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, quand il a quitté la place Beauvoir, a connu lui-même qu'il y avait des secteurs entiers où on était face à face et où en réalité les lois de la République peinaient à s'appliquer. Mais moi je pense d'abord évidemment au drame de la famille de ce policier. Il était marié, il avait deux enfants qui aujourd'hui sont des orphelins.

Il y a 8719 policiers qui ont été blessés dans l'exercice de la fonction cette année.

12:06
Invité

Il y a 10 000 créations de postes, il y a un budget en hausse de 1,7 milliard. J'aimerais que vous vous entendez sur les propositions du Rassemblement national.

12:16
Nicolas Bay

Oui, il y en a 11 qui ont été tués dans deux ces dix derniers jours à Rambouillet et à Avignon. Depuis des mois et des mois, on nous explique qu'il y a des violences policières. Sans jamais ou rarement apporter la moindre démonstration. La réalité c'est que ce sont les policiers qui aujourd'hui sont des victimes permanentes de violences de plus en plus barbares. J'étais à Évreux dans un commissariat de police il y a quelques jours. Ils m'ont expliqué que tout récemment, la nuit du 3 au 4 avril, il y a un peu plus d'un mois, une quarantaine de racailles des cités sont descendues pour casser du flic. Six ont été blessés dans deux grièvements. Et ça existe malheureusement partout.

12:51
Invité

Alors qu'est-ce qu'il faut faire ? Absolument, vous n'avez pas voté la loi sur la sécurité globale dont l'objectif est justement de protéger ceux qui nous protègent. avec plus de pouvoir pour la police municipale, avec des sanctions pénales pour tous ceux qui achètent des mortiers d'artifices. Qu'est-ce que vous faites alors que vous ne votez pas les lois qui sont censées protéger justement les policiers ?

13:11
Nicolas Bay

Mais vous croyez vraiment, c'est comme les lois sur le terrorisme. Il y en a eu 17 en 15 ans. Quelle efficacité ? Zéro. Ce sont des lois de circonstance. C'est de la communication. Et la loi, elle n'est pas faite pour communiquer. Elle doit donner un cadre qui permet d'agir efficacement. Mais la loi ne suffit pas. Parce que la réalité aujourd'hui, c'est que la loi, beaucoup de lois ne sont pas appliquées. Alors, avant de faire des nouveaux textes...

13:30
Invité

Lesquels précisément ?

13:31
Nicolas Bay

Énormément. A commencer par les lois pénales. Tous les dispositifs pénaux ne sont pas appliqués. Ceux qui commettent un délit passible normalement de 5 ans de prison ferme, en général, ils sont condamnés à 6 mois. Et ils n'effectuent même pas les 6 mois. Ils ont un petit brasse-let autour de la cheville.

13:46
Invité

5 ans de prison ferme, 6 mois ?

13:48
Nicolas Bay

Mais bien sûr que si. Ils sont condamnés à 2 ans et puis le juge d'application des peines réduit la peine à 6 mois. Et puis souvent, il n'y a même pas d'incarcération. Savez-vous, par exemple, que toutes les peines inférieures à 3 ans ferme, en général, font l'objet d'un aménagement. Et il n'y a même pas une seule journée d'incarcération.

14:02
Invité

Donc, vous réclamez le rétablissement des peines planchées ?

14:05
Nicolas Bay

Notamment, mais il faut aller bien au-delà.

14:08
Invité

À partir de 2-3 ans de condamnation.

14:10
Nicolas Bay

Il faut totalement inverser la peur. Il faut que le délinquant, le criminel ait la certitude d'être poursuivi, certitude d'être condamné, certitude de purger sa peine.

14:20
Présentateur

Et ça, vous le ferez, si vous arrivez au pouvoir, sans aucune nouvelle loi.

14:24
Nicolas Bay

Sans aucune nouvelle loi. Et quand vous avez 30%... Vous ferez une nouvelle loi pour ça ou pas ? Mais il n'y a pas besoin d'une nouvelle loi. Il faut appliquer la loi. Il faut créer des places de prison. Il y a 30% d'étrangers dans les prisons françaises. D'étrangers, je ne parle pas de binationaux. Vous faites des accords bilatéraux avec les pays d'origine pour qu'ils purgent la peine dans leur pays. Vous réglez une partie du problème de la surpopulation carcérale.

14:41
Invité

Alors, comment concrètement vous réussissez à expulser les étrangers qui sont en infraction, qui ont commis des délits, des méfaits ? Parce que vous savez mieux que moi que c'est compliqué diplomatiquement avec certains pays.

14:54
Nicolas Bay

Voir impossible. On a souvent cette discussion avec les gens de votre parti. Mais quand vous avez des pays qui bénéficient de soutien financier de la France et de l'Union Européenne en permanence, est-ce qu'on n'a pas un moyen d'action sur eux ? Mais en attendant, vous en faites quoi des gens que vous voulez renvoyer ? Prenons un exemple très concret. Vous avez un Ivoirien qui commet un délit ou un crime en France. La Côte d'Ivoire, on y finance par exemple le métro d'Abidjan. L'État français dit au gouvernement ivoirien, c'est bien gentil, mais soit vous récupérez systématiquement vos ressortissants, sans qu'on ait besoin de pleurer pour obtenir un laissé-passer consulaire.

Donc vous faites une certaine rupture diplomatique au marché public. On se fait respecter, on fait le bras de fer, on défend nos intérêts. Aujourd'hui, on se laisse piétiner, on est traités comme des paillassons, on paye toujours davantage et nous ne sommes pas respectés. Eh bien, on doit se faire respecter parce que quand les pouvoirs publics ne sont pas respectés, c'est le peuple français qui est méprisé.

15:51
Invité

Question qui n'a rien d'une provocation. Et si la légalisation du cannabis était la solution ? Il y a une mission parlementaire transpartisane qui le propose et qui montre au fond que le tout répressif ne marche pas. Je rappelle évidemment qu'Éric Masson a été arrêté alors qu'il contrôlait un point de deal. Est-ce qu'il n'est pas temps de se poser clairement et calmement ce sujet, cette question ?

16:14
Nicolas Bay

Moi, je pense que c'est une erreur. En fait, on n'est plus capable d'appliquer la loi. On n'est plus capable aujourd'hui, faute de moyens et de volonté politique, de faire en sorte que les dealers soient condamnés et mis hors d'état de nuire. Et du coup, on nous dit... Mais le tout répressif ne marche pas. On va dépénaliser le cannabis.

16:28
Invité

Les Français sont les premiers consommateurs en Europe et le trafic, on n'arrive pas à le maîtriser.

16:33
Nicolas Bay

Mais on n'arrive pas à le maîtriser parce qu'on ne s'en est jamais donné les moyens. Si celui qui se met à dealer, même des petites quantités, il est sûr de passer des années derrière les barreaux. Donc c'est l'Indonésie, c'est ça ? Il y en aura beaucoup moins. Il faut faire preuve de fermeté, vous croyez quoi ? Mais vous savez, les filières de la drogue, ça représente des sommes qui se comptent en milliards d'euros. Et par conséquent, ceux qui, évidemment, tiennent ces trafics-là, ils s'en donnent les moyens. Et donc il faut mener une guerre. Le modèle un peu indonésien. Contre les trafiquants, il faut mener une guerre.

Aujourd'hui, on ne mène pas la guerre parce qu'on a une police qui est à l'os, qui n'a pas les moyens et les effectifs nécessaires, qui n'a pas le soutien de la hiérarchie, ou vous avez même une ambiance médiatique qui consiste à guetter la moindre bavure des policiers qui les empêchent de faire leur travail dans des conditions normales. Et le résultat, évidemment, c'est que les trafiquants, les criminels, eh bien, ils savent qu'ils ont assez peu de chances d'avoir des ennuis. qu'ils vivent dans une certaine impunité, avec des zones de non-droit, des endroits où la police ne va pas, ou rarement.

17:31
Présentateur

Une nouvelle pause dans cette discussion pour le Filinfo, puisqu'il est 9h moins 10. Voici Diane Ferschit.

17:35
Invité

Le ministre de la Justice sera tête de liste au départemental dans le Pas-de-Calais. Éric Dupond-Moretti figurera également sur la liste menée par Laurent Pietraszewski dans les Hauts-de-France. Pour les régionales, dans la Voix du Nord, Éric Dupond-Moretti évoque notamment son attachement à la région. Il est né à Maubeuge. À partir de ce soir minuit, la quarantaine obligatoire de 10 jours s'appliquera aux voyageurs en provenance de 7 nouveaux pays, notamment la Turquie, le Sri Lanka, les Émirats arabes unis et le Qatar. Objectif, empêcher la diffusion en France de variants du coronavirus et face à l'émergence de ces variants, il faut vacciner plus largement le ministre de la Santé.

Olivier Véran appelle à la mobilisation des centres de vaccination les week-ends et les soirées. Ils sont mis en examen pour association de malfaiteurs terroristes criminels. Deux hommes et une femme interpellés dans l'Est de la France sont placés en détention provisoire, suspectés d'avoir voulu commettre un attentat contre une loge maçonnique. Ils appartiennent à un groupuscule néo-nazi. Lille toujours plus proche du titre de champion de France de Ligue 1, victoire des Lillois dans le derby du Nord 3-0 face à Lens. Deux rencontres à Suisse ce samedi pour la suite de la 36e journée à 13h, Nantes reçoit Bordeaux. Et puis l'Orient se déplace à Lyon, ce sera à 17h.

18:44
Présentateur

Le député européen du Rassemblement National Nicolas Bay est l'invité du 8.30 France Info, Myriam Ancawa.

18:49
Invité

La France semble sur la bonne voie pour sortir de la crise du Covid. Les chiffres diminuent, la vaccination progresse et elle est élargie plus vite que prévu finalement. La stratégie d'Emmanuel Macron a l'air de fonctionner.

19:01
Nicolas Bay

Non, je ne crois pas du tout. Je crois qu'en fait, on n'a toujours pas rattrapé notre retard. On a été défaillant à tous les étages. Défaillance sur les tests et les masques au départ.

19:09
Invité

Alors à chaque fois, on refait le match, mais ça les Français le savent. Parlons d'aujourd'hui et maintenant.

19:14
Nicolas Bay

Défaillance sur la vaccination. Alors on comble lentement notre retard. Et c'est de ça dont on se satisfait aujourd'hui. On est à 17 millions de vaccinés en France, de mémoire. Ils en sont plus de 40 millions juste de l'autre côté de la Manche, au Royaume-Uni. On nous disait que ça allait être apocalyptique, les conséquences du Brexit, que sorti de la commande groupée européenne, ils n'allaient pas pouvoir s'en sortir. C'est exactement le contraire.

19:35
Invité

On n'est pas au point de voir des classes fermées en cascade. Pour l'instant, aucun reconfinement n'est en vue dans les départements qui dépasseraient le seuil d'incidence de 400. La ligne Macron a été risquée, mais est-ce qu'elle ne s'avère pas franchement efficace ?

19:52
Nicolas Bay

Le constat est simple. C'est qu'on a été parmi les premiers à confiner ou à reconfiner, puisqu'on a connu trois confinements, quand certains pays n'en ont connu qu'un ou deux.

20:00
Invité

Mais le Rassemblement National n'a pas voulu reconfiner. Alors c'est difficile de dire les deux choses en même.

20:05
Nicolas Bay

Par ailleurs, on est les derniers à déconfiner. Et vous êtes en train de vous en satisfaire. Le troisième confinement était quand même très partiel. Le troisième confinement. Oui, mais oui, il était partiel. Ça correspondait à peu près à ce que vous souhaitiez. Non, il était sans doute assez efficace. Différencié, régional. Il était peu territorialisé. Peu territorialisé. La plupart de nos voisins européens ont mis en place des dispositifs beaucoup plus fins, avec une vraie territorialisation. Là, à chaque confinement, finalement, on a abouti à avoir des décisions qui étaient prises de manière uniforme sur toute la France. Non, au début, c'était le Nord.

Il y avait des disparités absolument considérables dans la situation épidémique des différentes régions. Mais on ne peut pas se satisfaire d'être totalement défaillant et très en retard sur la vaccination, avec des conséquences économiques qui seront lourdes. Parce que la relance économique, il y a beaucoup de pays qui la connaissent déjà, y compris nos voisins immédiats, et qui sont nos concurrents économiquement. Donc, si nous, on arrive à une situation quasi normale dans quelques mois, on aura plusieurs mois de retard.

21:02
Invité

On paye un retard. On entend votre position ce matin. La levée des brevets sur les vaccins anti-Covid. Est-ce que vous y êtes favorable, comme Joe Biden ? Est-ce qu'il n'est pas temps de s'intéresser à la vaccination dans les pays les plus pauvres ?

21:16
Nicolas Bay

Oui, c'est deux choses un peu différentes. En réalité, il va y avoir, dans les prochains mois, encore beaucoup d'autres vaccins, beaucoup d'autres brevets. Et on aura, comme on dit, une offre de vaccination sans doute très étendue. Je pense qu'il y a deux cas qu'il faut bien distinguer. Il y a les cas où ce sont parfois des start-up ou des petites entreprises, ou même parfois des laboratoires plus importants, qui, par eux-mêmes, sur leur fonds propre et ceux de leurs actionnaires, ont créé un vaccin. Dans ces cas-là, les règles de la propriété économique et industrielle s'appliquent. Et il n'y a pas forcément de raison de leur imposer de placer leur brevet dans le domaine public.

Quand, en revanche, vous avez des laboratoires qui ont bénéficié, de manière massive, de millions et parfois de milliards d'argent public, qui sortent de la poche du contribuable. Je ne dis pas ça comme une critique. C'est normal que les pouvoirs publics aient été au rendez-vous pour essayer de trouver une vaccination le plus rapidement possible. Mais à ce moment-là, il serait quand même normal que ce qui a été payé par l'argent public, c'est-à-dire par le contribuable, ça ne soit pas ensuite entre les mains et les compagnies privées.

22:15
Invité

Avec Joe Biden. Non, mais c'est intéressant parce que Donald Trump n'était pas du tout favorable à la levée du brevet, alors que c'est bien Donald Trump qui a permis un financement massif pour les vaccins et les labos. Et je pense qu'il a bien fait. Et regardez d'ailleurs, c'est très...

22:28
Nicolas Bay

Et non, attendez, s'il vous plaît, un instant là-dessus. La France, seul pays du Conseil de sécurité de l'ONU à ne pas avoir produit son propre vaccin. Ni Sanofi, ni Pasteur n'ont été capables de produire leur vaccin. Et donc ce qu'a fait Trump aux Etats-Unis, c'est-à-dire injecter massivement de l'argent public pour générer le plus rapidement possible un ou plusieurs vaccins, eh bien c'est un acte de souveraineté et d'efficacité. Voilà, que la France, Emmanuel Macron, le gouvernement français ont été incapables de faire.

22:53
Invité

Alors en attendant, les Américains certes sont favorables à la levée des brevets, mais ont gardé la vaccination pour leur population. C'est ce qu'a voulu souligner le Président de la République au sommet social de Porto. Aujourd'hui, les anglo-saxons bloquent beaucoup de ces ingrédients et des vaccins. Aujourd'hui, 100% des vaccins produits aux Etats-Unis d'Amérique vont pour le marché américain. En Europe, sur à peu près 110 millions de produits, à date, nous avons exporté 45 et gardé 65. Nous sommes les plus généreux au monde aujourd'hui. A-t-on eu raison d'être les plus généreux, les moins égoïstes et de se préoccuper d'ores et déjà de la vaccination dans les pays en développement ?

23:33
Nicolas Bay

Mais Emmanuel Macron, il est président de la France ou il est président du monde ? Il est chargé de la sécurité sanitaire de la France ou de la sécurité sanitaire du monde entier ? C'est une pandémie, là. Mais d'accord, mais que le président des Etats-Unis ou que le Royaume-Uni s'occupe de fournir des vaccins d'abord à sa population, eh bien, c'est parfaitement normal. Ça ne veut pas dire qu'on ne s'occupe pas des autres. Ça veut dire simplement que quand on est gouvernant d'un pays, eh bien, on s'occupe d'abord de son pays. Voilà.

Et Emmanuel Macron, il essaye de justifier, en réalité, par ses propos, le fait que la France, une fois de plus, a été totalement défaillante sur la vaccination, en disant, mais parce qu'on est généreux avec le monde entier. Il faudrait peut-être arrêter d'être généreux avec le monde entier, être capable d'être fort chez nous, ce qui nous permettra d'être plus efficaces, y compris dans les aides et les soutiens humanitaires ensuite.

24:17
Invité

Et les enfants, faut-il les vacciner ? Écoutez la réponse de Jean Castex hier à un enfant qui lui posait la question dans le Val-d'Oise. Est-ce que les enfants vont se faire vacciner ? Ah, alors ça, c'est une question très importante. Il faut s'assurer que c'est souhaitable, que c'est possible. Eh bien, à ce moment-là, on pourra l'envisager. Alors, le Canada a commencé à le faire. Les États-Unis attendent l'autorisation. Et l'Allemagne vise l'immunité en vaccinant les plus jeunes d'un mot. Vous le souhaitez ?

24:49
Nicolas Bay

Non, moi, je ne suis pas sûr que ce soit souhaitable pour deux raisons. D'abord, parce qu'on sait très bien que les enfants sont très peu exposés à des risques sur ce virus et que la plupart d'entre eux, la quasi-totalité d'entre eux, sont même asymptomatiques. Et surtout, l'intérêt éventuel de la vaccination, c'est si elle évitait de manière certaine la contamination. Or, aujourd'hui, il n'y a aucune étude qui établit que la vaccination vous empêche de porter le virus et de le transmettre.

25:13
Présentateur

Merci Nicolas Bé, député européen du Rassemblement National, invité du 8.30 France Info ce matin.