Pompiers, tribunaux…Violences sans limite - Reportage C dans l'air 13.05.2025
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 30 %Défensif 70 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:40J.BardellaFait
« Il n'y a plus un seul territoire aujourd'hui, un seul lieu où les Français sont à l'abri de cette violence et de cet ensauvagement qui touche tout notre pays. Ces bandes de jeunes, qui créent souvent le trouble, ne craignent plus l'autorité. Il faut un sursaut sécuritaire, un tournant pénal. »
- 3:26Chiffre
« L'année dernière, 1500 soldats du feu ont été pris pour cible en France, une hausse de 3 % sur un an. »
- 4:34C.BarbierFait
« On a l'impression que tous les sanctuaires de la République tombent les uns après les autres. Qu'est-ce qui est visé? A travers les pompiers, pour moi, c'est l'idée même de la République. »
- 5:16C.BarbierFait
« C'est une contestation majeure des territoires de la République. Il y a une contestation de la verticalité de la République. On ne supporte plus l'autorité du policier, du prof. On insulte tout le monde... »
- 7:28E.Sire-MarinChiffre
« Il y a effectivement 150 magistrats qui sont protégés en France, notamment en matière de narcotrafic, car ils sont menacés. Mais les plus menacés sont les juges des enfants. »
- 8:12E.Sire-MarinFait
« Mais la violence à l'égard de l'institution judiciaire... Il y a un minimum de respect, malgré le fait qu'on voie ce qui se passe. Mais ce n'est pas un épiphénomène. »
- 8:56A.BauerFait
« On leur dit: "On sait où tu habites, où sont tes enfants, attention..." Et cela, sans aucune retenue, aucune limite, aucune mesure. »
Temps de parole
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sur place, qui étaient sidérés. Des faits de violence qui arrivent après une série d'agressions contre les pompiers, qui ont suscité une réaction unanime de la classe politique. - L'anarchie et les coups, en plein tribunal. Hier soir, à la cour d'assises de Bordeaux, une violente bagarre a éclaté entre une vingtaine de jeunes, dont certains venus pour en découdre. Un incident peu commun commenté dans tous les médias ce matin. - Scène de chaos hier soir au sein même du tribunal de Bordeaux... - Ca s'est passé en marge d'un procès de 3 hommes jugés
pour la mort d'un adolescent de 13 ans tué lors d'une fusillade. - Ca a dégénéré jusque dans la salle d'audience, où une vingtaine de personnes se sont battues. De mémoire d'avocat, c'est le moment qui m'a le plus choqué. - Indignation aussi de la classe politique, en particulier de l'extrême droite, qui y voit l'expression d'une violence galopante. - J.Bardella: Il n'y a plus un seul territoire aujourd'hui, un seul lieu où les Français sont à l'abri de cette violence et de cet ensauvagement qui touche tout notre pays. Ces bandes de jeunes, qui créent souvent le trouble, ne craignent plus l'autorité. Il faut un sursaut sécuritaire, un tournant pénal.
- Des scènes d'une violence décomplexée qui se multiplient. Ce matin, en plein jour, une mère avec son fils de 2 ans a été agressée dans les rues de Paris. Fille d'un entrepreneur dans les cryptomonnaies, elle a échappé de peu à un enlèvement. Le père de l'enfant, lui, est gravement blessé. Dans un autre registre, ce magasin de luxe éventré à la voiture-bélier et pillé dans les beaux quartiers de la capitale, dimanche soir. Ce week-end a aussi été marqué par la tentative d'homicide sur un pompier volontaire en Haute-Savoie, grièvement blessé. Il a été percuté alors qu'il tentait d'interrompre
un rodéo urbain. - J'ai rencontré les autres pompiers de garde avec lui. Ils étaient particulièrement choqués. On a une pensée pour ce pompier qui lutte actuellement pour sa vie, pour sa famille, pour ses amis. Tous les témoignages vont dans le sens d'un choc très violent, d'où son état de santé critique. - A l'image de celui-ci, filmé il y a un mois, les rodéos urbains empoisonnent la vie des habitants, encore sous le choc après l'attaque du pompier. - L'infirmière a tout vu. Elle était choquée. Elle a vu que le chauffeur avait carrément foncé dans le pompier. Ca fait peur. - Trop, c'est trop.
- On est tout le temps réveillés, tôt le matin ou tard le soir. - Le suspect de 19 ans, connu des services de police, a été mis en examen. L'affaire, qui a suscité une vague d'émotion, est suivie de près par les politiques. - B.Vallaud: Nous devons avant toute chose avoir une pensée pour tous les pompiers et policiers qui risquent leur vie dans l'exercice de leurs fonctions. Il faut être ferme et intransigeant. - Tonalité tout aussi grave pour le Premier ministre, F.Bayrou. - F.Bayrou: Le combat pour le respect et la sécurité, c'est un combat de tous les jours.
Il ne s'arrête pas et ne s'arrêtera jamais. Il y a tellement de désordre, de folie dans les esprits, de gens qui considèrent que les autres ne comptent pas... - Deux autres pompiers ont été attaqués au cours d'une intervention dimanche, en Haute-Savoie. L'année dernière, 1500 soldats du feu ont été pris pour cible en France, une hausse de 3 % sur un an. - C.Roux: Question. C.Barbier, ce catalogue d'images de violence qu'on a eu, y compris dans un tribunal ou contre des pompiers en intervention... - C.Barbier: On a l'impression que tous les sanctuaires de la République tombent les uns après les autres. Qu'est-ce qui est visé? A travers les pompiers, pour moi, c'est l'idée même de la République. Le pompier est ce qu'il y a de plus désintéressé
dans la République. Il sauve et il est attaqué. On ne veut pas s'en prendre aux policiers, aux soldats, mais on veut s'en prendre à l'idée de République dans sa plus grande générosité. Et comme il est déguisé en guerrier avec son casque et ses bottes, c'est valorisant pour l'agresseur! S'en prendre à une infirmière ou à un instituteur, c'est beaucoup plus lâche. C'est vraiment une volonté de détruire la République dans son essence. La preuve: on convoque parfois les pompiers en incendiant une voiture pour leur tendre un guet-apens. On veut s'en prendre à ce symbole. Dans un tribunal, c'est dire: "C'est à nous de rendre la justice. Je règle mes comptes." On va se battre dans le tribunal comme on se battrait
dans les quartiers. On n'accepte pas que la police entre dans les quartiers et on n'accepte plus que la République rende la justice. C'est entre gangs que les comptes doivent se régler... C'est une contestation majeure des territoires de la République. Il y a une contestation de la verticalité de la République. On ne supporte plus l'autorité du policier, du prof. On insulte tout le monde... Et il y a une contestation horizontale de la République. "Partout où la République fait la loi, non, c'est moi qui fais la loi." C'est la volonté de mettre une absence de loi à la place du contrat social.
C'est très inquiétant. Comment restaurer l'autorité? En 2010, N.Sarkozy avait tenu un discours célèbre à Grenoble. Il disait que si on s'en prenait aux détenteurs de l'autorité publique, il y aurait des peines planchers. Grand tollé! Qui sont les détenteurs de l'autorité publique? Les policiers, oui, mais aussi les sous-préfets, les pompiers? Ca a été mal défini. On est 15 ans après et le problème est toujours posé. - C.Roux: Je cite un des avocats de l'un des accusés sur place... - E.Sire-Marin: Comme magistrate, je suis étonnée qu'il n'y ait pas plus de violences dans les tribunaux. Il y en a, mais pas souvent. De la violence à ce niveau-là, ce sont souvent des intimidations. En matière de stupéfiants, les bandes envoient des témoins à l'audience pour rapporter ce qui se dit et surtout pour que les gens ne parlent pas. C'est très courant. Pour avoir exercé beaucoup à Paris, 2 ou 3 fois par an, j'ai eu des bagarres à la sortie du tribunal, pas dans le tribunal.
Il y a effectivement 150 magistrats qui sont protégés en France, notamment en matière de narcotrafic, car ils sont menacés. Mais les plus menacés sont les juges des enfants. Ce que ça m'évoque, c'est le fait aussi qu'on manque pas mal d'escortes dans les tribunaux, de policiers qui maintiennent l'ordre. Je suis tout à fait d'accord avec ce que dit C.Barbier. C'est effectivement une volonté que la loi ne s'applique pas. Mais c'est totalement contre-productif car les peines prononcées sont de plus en plus lourdes en matière de stupéfiants. C'est un fait. Ils partent quand même pour 10 ou 15 ans
d'emprisonnement. Mais la violence à l'égard de l'institution judiciaire... Il y a un minimum de respect, malgré le fait qu'on voie ce qui se passe. Mais ce n'est pas un épiphénomène. Ca arrive, mais plutôt à l'extérieur. - A.Bauer: Là, on a la chance, ou la malchance, de voir des images vraiment marquantes, alors qu'il y a de nombreuses bagarres qu'on ne voit pas à la périphérie du tribunal. Mais il y a pire que cela, c'est ce qui se passe dans les cabinets d'instruction. J'ai eu la possibilité de parler avec de nombreux magistrats et surtout magistrates racontant les menaces, en pleine audition,
devant le greffier, avec l'avocat du prévenu essayant désespérément de le faire taire, l'avocat lui-même ayant peur de son client... On leur dit: "On sait où tu habites, où sont tes enfants, attention..." Et cela, sans aucune retenue, aucune limite, aucune mesure. Quand vous discutez avec ce qu'il reste des parrains du crime organisé français, et il n'y en a plus beaucoup, ils disent qu'eux-mêmes ont peur de la nouvelle génération, qui ne les écoute pas.
Eux-mêmes sont parfois menacés, dans des situations inédites... Notamment à Marseille. La violence est généralisée et elle s'exprime non seulement dans des règlements de comptes... Je ferais une modification à ce que dit C.Barbier. Leur problème, ce n'est pas la République, c'est l'Etat. On a connu cette situation dans les années 70 aux Etats-Unis, avec les menaces sur témoins, les tentatives d'assassinat de juges et de procureurs, les enlèvements...
Jordan Bardella