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InterviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 4 décembre 2018 9 minContradictoireActualité / polémiqueSécuritéInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

Philippe Gosselin : "On doit interdire les manifestations près des Champs-Élysées"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:32OuverteRéponse directe

    Avez-vous obtenu des réponses à vos questions ? Êtes-vous satisfait ?

  • 2:41OuverteRéponse partielle

    Vous avez l'impression que le gouvernement va changer d'approche en matière de sécurité ?

  • 3:33OuverteRéponse directe

    On met qui devant les lieux stratégiques ? Est-ce qu'on fait appel à l'armée ?

  • 5:05OuverteRéponse directe

    Et donc, Philippe Gosselin, imaginons, vous êtes ministre de l'Intérieur, vous faites quoi, vous, alors ?

  • 6:50OuverteRéponse directe

    Comment on sort de cette situation ? Qu'est-ce qu'il faut faire ?

  • 7:01OuverteRéponse partielle

    C'est-à-dire, qu'est-ce que vous poseriez comme question ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:35Invité politiqueFait
    « Le ministre Castaner a reconnu lui-même que tous ses prédécesseurs avaient vécu dans l'angoisse des manifestations aux Champs-Elysées et qu'il les avait interdites. »
  • 1:55Invité politiqueFait
    « qu'il ait autorisé cette manifestation alors que tous les ingrédients étaient réunis pour que ça se passe mal »
  • 4:00Invité politiqueFait
    « des forces qui sont sans expérience du maintien de l'ordre ont été mélangées, agrégées, additionnées pour pouvoir essayer de faire face »
  • 5:12Invité politiquePromesse
    « J'interdis formellement, déjà, je ne joue pas avec le feu, j'interdis formellement que l'on puisse défiler autour ou à proximité des Champs-Elysées. »
  • 7:29Invité politiqueFait
    « C'est l'affaire des 80 km heure. Aujourd'hui, rester sourd aux demandes, c'est très maladroit. »
  • 7:43Invité politiqueFait
    « Il fallait un moratoire. Il n'est peut-être pas tout à fait trop tard. Maintenant, je ne suis pas sûr que les uns et les autres soient prêts à écouter autour d'une table bien gentiment »

Temps de parole

  • Philippe Gosselin80 %
  • Présentateur19 %

1,1 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

Le ministre de l'Intérieur auditionnait à l'Assemblée hier soir et ce matin rebelote au Sénat. Christophe Castaner est sommé de s'expliquer sur la gestion policière et la sécurité des manifestations des Gilets jaunes qui ont parfois dégénéré ce week-end. Bonjour Philippe Gosselin. Bonjour. Vous êtes député Les Républicains, vice-président de la commission des lois à l'Assemblée et c'est à ce titre que vous avez participé à l'audition du ministre hier soir. Avez-vous obtenu des réponses à vos questions ? Êtes-vous satisfait ?

0:36
Philippe Gosselin

Écoutez, déjà en propos liminaire, on vous dira qu'il s'agit quand même peut-être plus d'une opération de communication de la majorité que d'une audition complète. L'ensemble a duré 1h15, il restait beaucoup de questions à poser et on n'a pas pu les poser. La présidente souhaitait que l'on reparte immédiatement en séance publique, donc ça limite un peu les débats.

1:02
Présentateur

Présidente qui est issue du Mouvement En Marche ?

1:05
Philippe Gosselin

Qui est issue du Mouvement En Marche, donc voilà, je crois qu'il y avait une volonté aussi de prendre un peu de vitesse le Sénat. Philippe Bas, président de la commission des lois du Sénat, avait annoncé dès dimanche qu'il y aurait cette audition au Sénat aujourd'hui. Donc voilà, on a senti un peu de fébrilité, de volonté de court-circuiter le Sénat et du coup, pour répondre à votre question, ça rogne un peu les ailes du ministre. Vous êtes resté sur votre fin, c'est ça ? On a quand même appris une révélation. Le ministre Castaner a reconnu lui-même que tous ses prédécesseurs avaient vécu dans l'angoisse des manifestations aux Champs-Elysées et qu'il les avait interdites.

Et nous, on s'étonne justement, puisque tous ont vécu cette angoisse, qu'il est autorisé avec le gouvernement, la préfecture de police de Paris, qu'il ait autorisé cette manifestation alors que tous les ingrédients étaient réunis pour que ça se passe mal, avec notamment un bâtiment particulier, c'est l'Arc de Triomphe, un symbole au moment du centenaire de 14-18, celui du soldat inconnu, qui est un des grands monuments qui participe au roman national français. Et on lui reproche, effectivement, d'avoir laissé indirectement saccager ce bâtiment. Ce ne sont pas les forces de l'ordre qui sont en cause en elles-mêmes.

On rend hommage, nous aussi, évidemment, au travail des forces de l'ordre, mais c'est plutôt aux ordres qui leur ont été donnés par le pouvoir politique. Ça, c'est une vraie difficulté sur laquelle le ministre de l'Intérieur ne s'est pas, en réalité, vraiment expliqué.

2:41
Présentateur

Il y a de nouveaux appels à manifester samedi prochain à Paris, en plus une marche pour le climat qui est prévue. À cela s'ajoute aussi, il ne faut pas l'oublier, le plateau télé du Téléthon qui sera installé à la Concorde le week-end prochain. De ce que vous avez entendu hier de la part du ministre de l'Intérieur, vous avez l'impression que le gouvernement va changer d'approche en matière de sécurité ?

3:00
Philippe Gosselin

Écoutez, oui, mais on ne sait pas quand. Le problème n'est pas de connaître, évidemment, par le menu détail, les dispositifs du week-end prochain. Bien évidemment que chacun comprendra qu'il faut être relativement discret sur l'utilisation des différentes forces de l'ordre afin d'éviter de dévoiler des plans. Pas de souci. Mais le ministre, et c'est plus ennuyeux, nous dit qu'il va revoir la doctrine d'utilisation des forces. Mais quand allons-nous revoir la doctrine d'utilisation des forces ? Et puis, au-delà de la doctrine...

3:33
Présentateur

Ça veut dire quoi concrètement ? Ce qu'on reproche, c'est qu'il y avait trop de CRS statique pour surveiller, notamment l'Elysée, Matignon et l'Assemblée, et pas assez pour s'occuper des manifestants, c'est ça ?

3:42
Philippe Gosselin

Mais je crois que ce reproche est parfaitement fondé. On a besoin, bien sûr, de protéger un certain nombre de monuments, d'accès à certains immeubles. On comprend très bien qu'il est évidemment impossible d'accéder, comme on le veut, à l'Elysée. Il y a d'autres symboles dans Paris. La difficulté, c'est que le week-end dernier, des forces qui sont sans expérience du maintien de l'ordre ont été mélangées, agrégées, additionnées pour pouvoir essayer de faire face. On a BRI, BAC, police des transports, tout ça, c'est très bien. Et chacune de ces forces prises individuellement a, bien sûr, sa raison d'être. Ces compétences, mais elles ne sont pas formées au maintien de l'ordre en tant que telle.

Et donc, l'agrégation de ces forces a donné, au-delà aussi d'éléments trop statiques, qui sont positionnés mais qui ne peuvent pas bouger, là pour protéger certains monuments, a donné le résultat de dimanche dernier. Et comme les mêmes choses produisent en général les mêmes effets, il y a de quoi craindre ce qui pourrait se passer le week-end prochain. Et vous avez raison de rappeler qu'on va avoir pléthore d'organisations entre certaines manifestations très pacifiques comme celle du Téléthon et d'autres liées à la protection de l'environnement, au climat, qui vont être un petit peu plus percutantes si possible.

5:05
Présentateur

Et donc, Philippe Gosselin, imaginons, vous êtes ministre de l'Intérieur, vous faites quoi, vous, alors ? On met qui devant les lieux stratégiques ? Est-ce qu'on fait appel à l'armée ?

5:12
Philippe Gosselin

J'interdis formellement, déjà, je ne joue pas avec le feu, j'interdis formellement que l'on puisse défiler autour ou à proximité des Champs-Elysées. Je crois que d'autres gouvernements l'ont fait avec un vrai succès. Je comprends pourquoi les ministres de l'Intérieur précédents ont pu trembler parce que les Champs-Elysées, c'est symbolique de la France, c'est large, c'est un rapport important.

5:35
Présentateur

Samedi dernier, au final, il n'y avait pas beaucoup de monde sur les Champs-Elysées, il y en avait autour de la place de l'Étoile. Et finalement, c'est dans les autres quartiers que ça s'est passé. Ça s'est répercuté dans d'autres quartiers.

5:45
Philippe Gosselin

Vous voyez bien que déjà, avec, effectivement, et vous avez raison de le souligner, des forces relativement modestes en présence, on a eu une catastrophe. Donc, si on a des casseurs déterminés, parce qu'en réalité, ce n'est pas tant l'affaire des Gilets jaunes que je soutiens, qui ont raison aussi de demander un certain nombre d'éléments parce que le gouvernement reste sourd à des demandes élémentaires, eh bien, si un certain nombre de casseurs, quelle que soit leur origine, ont raison de quelques milliers de forces de l'ordre, c'est quand même assez inquiétant. Donc, je crois qu'il faut, effectivement, réorganiser tout ça, être intraitable. On ne manifeste pas près des Champs-Élysées.

On sanctuarise, ça veut dire, effectivement, quelques forces mobiles, quelques-unes statiques, et puis une meilleure coordination, sans doute, je le dis avec précaution, car je me méfie du Yaka Faucon, avec quelques précautions pour qu'elles puissent davantage se bouger et être en prévention, et non pas sur la défensive, comme on en a été le week-end dernier.

6:50
Présentateur

Philippe Gossela, au-delà de la question sécuritaire, comment on sort de cette situation ? Qu'est-ce qu'il faut faire ? Laurent Wauquiez, le chef de votre parti, suggère d'organiser un référendum. C'est-à-dire, qu'est-ce que vous poseriez comme question ?

7:03
Philippe Gosselin

Écoutez, moi, je ne sais pas s'il faut un référendum. Ce qui est certain, c'est qu'il faut, aujourd'hui, écouter davantage les messages qui sont envoyés. On a une vraie question qui se pose sur le pouvoir d'achat, des vraies questions qui se sont posées sur la CSG, mais ça a commencé par un Premier ministre qui est resté trop droit dans ses bottes avec une affaire qui va peut-être vous paraître secondaire, mais qui a énormément marqué dans les territoires. C'est l'affaire des 80 km heure. Aujourd'hui, rester sourd aux demandes, c'est très maladroit. Je crois qu'il y avait une mesure qui, il y a 15 jours, 3 semaines, aurait dû être annoncée, avant même toutes les autres.

C'était de prévoir qu'on sursoyait, à partir du 1er janvier, à l'augmentation des taxes. Il fallait un moratoire. Il n'est peut-être pas tout à fait trop tard. Maintenant, je ne suis pas sûr que les uns et les autres soient prêts à écouter autour d'une table bien gentiment, malgré une absence de proposition. Donc voilà, ça, c'est le premier signal. dire, on vous a entendu, les taxes sont suspendues, au moins provisoirement, à partir du 1er janvier. Le reste, vous savez, il va être difficilement audible.

Même un référendum, qui serait une bonne formule pour redonner la parole au peuple, ne peut pas s'organiser comme ça, en quelques jours, au déboté, alors que l'opinion publique est extrêmement contrariée, échauffée. Car je vous rappelle que le soutien de l'opinion publique, au-delà du nombre de manifestants, qui, c'est vrai, est en diminution, le soutien de l'opinion publique reste aujourd'hui très fort, parce qu'en réalité, le problème est très ancien et très profond.

8:47
Présentateur

Merci beaucoup, Philippe Gosselin, député Les Républicains et vice-président de la Commission des lois à l'Assemblée. Vous étiez l'invité du 5-7 ce matin. Merci.

8:55
Locuteur

Merci. Merci.