Violences urbaines, racisme dans la police... Ce qu'il faut retenir de l'interview de Laurent Nuñez sur franceinfo
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Bonjour Laurent Nunez. Bonjour. L'ordre a été rétabli, dit Emmanuel Macron, il l'a dit hier depuis Pau. Est-ce que vous nous le confirmez déjà ce matin, notamment pour la nuit dernière, pour ce qui est de Paris ?
Oui, je confirme que sur Paris et sur l'agglomération parisienne, sur les trois départements de Petite-Couronne, il n'y a pas eu d'incident grave, comme l'a dit également le ministre de l'Intérieur. On peut considérer que le calme est revenu, mais ça ne veut pas dire que nous ne restons pas extrêmement vigilants.
Mais est-ce que ça veut dire qu'il n'y a plus de dispositifs particuliers en place la nuit dernière et puis les nuits qui arrivent ?
Si, on a évidemment un dispositif important qui consiste toujours à continuer à quadriller le terrain, à être présent pour éviter tout trouble à l'ordre public. Mais le calme est effectivement revenu, mais encore une fois, nous restons extrêmement vigilants.
Oui, c'est ça la question. Jusqu'à quand ce calme, sachant que demain, par exemple, une centaine d'organisations de gauche, dont les Insoumis, appellent à manifester. Et il dénonce dans un communiqué des décennies de dérives d'une politique de maintien de l'ordre. Est-ce que vous allez interdire ces marches à Paris ?
D'abord, ces marches, en tout cas pour ce qui concerne ma zone de compétence, ont été déclarées, je crois, hier, ont été annoncées hier, évidemment, comme pour toute manifestation. Nous regardons si elles sont susceptibles de générer des risques de troubles à l'ordre public ou pas. Et ensuite, on prend notre décision. Vous savez que la liberté de manifester en France est totale. Donc, les personnes déclarent et elles peuvent manifester. Et ça n'est quand je considère, comme préfet de police, qu'il y a un risque de troubles à l'ordre public, que je peux prendre une décision d'interdiction.
Donc, chaque manifestation est examinée avec les services de renseignement pour essayer d'anticiper d'éventuels débordements et prendre la bonne décision en police administrative.
Et sachant que cette manifestation, elle est à l'appel, notamment, de partis politiques. Donc, c'est peut-être plus difficile d'interdire aussi une telle manifestation.
Absolument. Vous avez parfaitement raison. Donc, il y a des manifestations qui peuvent être déclarées par des collectifs plutôt ultra, dont on sait que ça risque de poser un certain nombre de difficultés. Il y a des manifestations qui, par le passé, lorsqu'elles se sont déroulées, ont entraîné des troubles à l'ordre public. Donc, on sait d'ores et déjà qu'il y a des risques avérés. Là, au cas d'espèce, très honnêtement, nous allons regarder ça dès ce matin.
Ce que vous nous dites, c'est qu'à priori, elles ne seront pas interdites de ce que l'on comprend.
Ah non, ce n'est pas ce que je suis en train de vous dire. Encore une fois, chaque manifestation, il passe une déclaration de manifestation, j'insiste. Il passe au pain de faim, on regarde s'il y a des risques ou pas de troubles à l'ordre public. Puisque, comme vous le savez, cette décision, elle est susceptible d'être attaquée devant un juge administratif. Il faut que j'en justifie la proportionnalité. Quand il y a une atteinte à la liberté de manifester, il faut vraiment qu'il y ait des risques graves de troubles à l'ordre public.
Ce n'est pas votre zone de compétence, mais elle est proche tout de même. Il y a une autre marche pour les 7 ans de la mort d'Adama Traoré, qui était mort lors d'une interpellation, qui a été interdite par le préfet du Val d'Oise. Il invoque des risques de graves troubles à l'ordre public, notamment parce qu'il y aurait peut-être la présence de la mère de Naël. Est-ce que cette interdiction, dans le contexte, peu de temps après la mort de Naël, ce n'est pas de nature aussi à acheter de l'huile sur le feu ?
On n'est pas dans ma zone de compétence, vous avez raison de le rappeler, mais on est dans la zone sur l'île de France, dans laquelle j'exerce un pouvoir de coordination. Non, ce n'est pas le seul argument, la présence de la mère de Naël, ce n'est pas le seul argument de la position, de la décision qui a été prise par le préfet. Il y a tout simplement le risque de troubles graves à l'ordre public. Il y en a eu pendant les violences urbaines de la semaine passée sur ces deux communes. Il y a un certain nombre de risques liés à cette marche. La précédente marche blanche à Nanterre avait été émaillée également à l'issue de troubles à l'ordre public.
Donc cette décision, elle est d'abord fondée et uniquement fondée sur le risque de troubles à l'ordre public. Je n'ai pas d'autres commentaires à faire, je ne suis pas l'autorité qui prend cette décision, mais elle est fondée sur des arguments de droit.
Alors ces manifestations demain dont on vient de parler, l'ordre qui est revenu retour au calme, presque à la normale, vous nous dites, même s'il y a des dispositifs encore sur le terrain à Paris, mais le 14 juillet qui arrive assez rapidement. Est-ce que vous redoutez que ce 14 juillet soit plus tumultueux que les autres, avec plus de débordements ou pas, vu le contexte ?
D'abord, l'ordre est revenu au bout de 4 nuits. Il y a eu 4 nuits très difficiles. Le ministre de l'Intérieur nous a demandé de déployer partout sur le territoire un dispositif policier conséquent, en mobilisant des forces d'intervention dont ce n'était pas la mission habituelle. Je pense notamment au RAID, au GIGN, à la BRI pour ce qui concerne la zone de compétence. Et en 4 nuits, nous avons rétabli l'ordre public républicain. On reste vigilants, je vous l'ai dit. Évidemment, dans cette vigilance que nous avons, il y a le 13, 14 et sans doute 15 juillet. Je crois que le 14 juillet, c'est un vendredi cette année.
Donc évidemment, nous allons être attentifs, puisque traditionnellement, il y a toujours quelques violences urbaines. Et donc forcément, dans le contexte, nous serons encore plus vigilants que d'habitude. Et le ministre de l'Intérieur nous demandera évidemment de déployer un dispositif extrêmement robuste pour contenir toute trouble à l'ordre public.
Mais est-ce que la question se pose de revoir le dispositif du défilé militaire ou du feu d'artifice ou du concert ?
Non, la question ne se pose pas en ce sens évidemment pour le défilé militaire. Vous savez, le 14 juillet, c'est d'abord une grande fête nationale. On ne va pas résumer le 14 juillet aux violences urbaines qui ont lieu traditionnellement le soir et qui sont toujours contenues par les forces de l'ordre.
Mais le feu d'artifice ou le concert le soir par exemple ?
Il peut y avoir dans certaines villes, il peut y avoir dans certaines villes des festivités. Chaque préfet va réexaminer la situation. Voilà, moi je n'ai pas à me prononcer pour mes collègues. Mais évidemment que chacun regarde si telle ou telle festivité, de nature ou pas, a compliqué, j'ai envie de dire, compliqué la tâche des forces de l'ordre.
En parlant de feu d'artifice, justement, vous savez que les mortiers d'artifice ont servi lors des émeutes à prendre pour cible des forces de l'ordre. Est-ce qu'en vue de ce 14 juillet, vous nous parlez de vigilance particulière ? Est-ce que vous allez surveiller notamment la vente et le stockage de ces mortiers d'artifice et peut-être d'autres produits ?
Oui, alors ça fait partie de la vigilance dont je parlais. Il y a une présence évidemment sur le terrain des forces de l'ordre, une vigilance. Et puis il y a aussi des mesures qu'on appelle de police administrative. Le ministre de l'Intérieur a demandé à tous les préfets sur l'ensemble du territoire d'être attentifs à la vente de mortiers, au transport de mortiers. Et nous menons des actions de contrôle extrêmement efficaces, un contrôle de commerce dont c'est le but principal de vendre ce type de produits, qui sont soumis quand même à une réglementation stricte.
C'est-à-dire que vous vérifiez à qui ils vendent ?
Absolument, absolument. Donc la vente c'est surtout les professionnels et pas autre chose. Et puis vous avez des commerces, certaines épiceries qui de manière illégale en vendent. Puis vous avez des ventes par internet et puis vous avez un certain nombre de produits qui passent, j'ouvre les guillemets, sous le manteau. Et donc nous faisons énormément de contrôles.
Vous constatez en ce moment d'ailleurs une hausse des ventes peut-être en prévision du 14 juillet ?
Absolument, on constate effectivement qu'il y a un certain nombre de produits qui circulent et les services travaillent en lien avec les douanes pour les frontières aussi. C'est évidemment très important de contrôler l'accès au territoire national, puisque beaucoup de ces produits proviennent de Belgique, d'Allemagne, d'Espagne. Et donc nous sommes extrêmement vigilants. Vous savez, par exemple, entre hier et avant-hier, ce sont quatre affaires qui ont été réalisées sur l'agglomération parisienne. Quatre affaires qui ont permis de saisir une tonne cinq de matériel, 14 interpellations.
Et d'ailleurs, dans le cadre de quatre affaires, ces affaires ont toutes eu lieu sur l'agglomération parisienne. Chaque département a été concerné. Annière, Gennevilliers, Choisy-le-Roi et Paris dans le 18ème. Donc quatre affaires de saisie de mortier. Évidemment, on va continuer cette action déterminée.
Après une semaine d'émeute, l'IGPN, la police, des polices et son équivalent pour la gendarmerie ont été saisies de dix enquêtes. Alors ce n'est pas votre zone de compétence, mais tout de même, en Meurthe-et-Moselle, un jeune de 25 ans est toujours dans le coma. Il a été blessé dans la nuit de jeudi à vendredi, probablement par un tir du raid. Un autre jeune homme à Marseille a été tué, probablement après un tir de flashball. Est-ce qu'on peut parler de Bavure ?
Écoutez, il y a eu des enquêtes judiciaires qui sont en cours. Moi, je me garderai bien de tout commentaire sur ces affaires, au cas particulier. Ce que je veux dire simplement, c'est que compte tenu de la violence à laquelle ont eu à faire face les policiers, du nombre de dégradations qui ont eu lieu pendant ces plusieurs journées, dont quatre jours assez intenses, vous admettrez que dix saisines de l'IGPN ou de l'IGGN, c'est relativement peu par rapport à ce qu'ont eu à subir nos policiers pour établir l'ordre public républicain. Ils l'ont fait systématiquement de manière proportionnée, toujours de manière proportionnée. Et donc, voilà, j'insiste là-dessus.
Toujours de manière proportionnée, y compris avec les affaires dont on parle là, vous en êtes sûr ?
Ah non, je suis en train de vous dire qu'il y a des enquêtes judiciaires, mais dans la majorité des cas, il n'y a pas eu d'incidents. Il y a eu très très peu de blessés. Donc voilà, les forces de l'ordre ont géré de manière remarquable des incidents qui étaient des incidents graves et avec beaucoup, beaucoup de discernement, de sang-froid et en même temps de détermination, puisqu'il y a eu énormément d'interpellations.
Laurent Nunes, préfet de police de Paris. Et on continue cette discussion sur l'action de la police, notamment dans cette semaine mouvementée la semaine dernière. Juste après, le fil info, 8h42, Diane Ferchit.
Le désendettement n'est pas une option. L'alerte lancée par la Cour des comptes face à un déficit public qui atteint des sommets. La Cour des comptes qui fait des propositions afin de réduire la dépense publique autour des niches fiscales. Elle appelle aussi à mieux cibler les aides publiques pour les plus pauvres. C'est un filtre UV qui a des effets néfastes pour l'environnement. L'octocrylène, l'agence de sécurité sanitaire, veut la faire interdire au niveau européen. C'est une information France Info. L'octocrylène est aussi soupçonné d'être cancérigène. Alors que les vacances des écoliers débutent ce soir. La rentrée s'organise déjà du côté du ministère de l'Éducation nationale.
Et plus de 3100 postes d'enseignants ne sont pas pourvus à l'issue des concours. Les difficultés de recrutement qui persistent, même si elles sont moins fortes que l'an passé. Et c'est aussi le premier grand week-end des parents vacants sur les routes. C'est rouge en Ile-de-France, bison futée. Je vous conseille de quitter les grandes agglomérations avant midi. C'est orange partout ailleurs en France. Et demain, ce sera rouge, toujours dans le sens des départs, sur le quart nord-ouest du pays. France Info.
Le 8.30 France Info. Agathe Lambré, Jules Dequisse.
Toujours avec Laurent Nunez, préfet de police de Paris. On parlait à l'instant notamment de cet homme qui a été tué à Marseille, probablement après un tir de flashball. Laurent Nunez, est-ce qu'il n'est pas temps d'écouter ceux qui appellent à réformer les méthodes de la police ou à réformer l'armement des policiers ?
Non, pas du tout. Le flashball fait partie de ce qu'on appelle l'armement intermédiaire. C'est-à-dire qu'il permet aux policiers de se défendre d'abord, d'intervenir ensuite contre des individus auteurs de violences. Et entre rien du tout et l'arme administrative, c'est-à-dire l'arme létale, il y a l'armement intermédiaire. Voilà, donc il n'est pas question de revenir évidemment sur ce type d'armement dont l'utilisation est très encadrée. En réalité, vous savez, chaque usage d'armement intermédiaire donne lieu par nos effectifs à la production de rapports. Ils doivent se justifier. Les inspections générales sont toujours saisies. Tout ça est très contrôlé.
Donc non, il n'est absolument pas question de revenir sur l'armement intermédiaire. Le risque, c'est qu'évidemment, les policiers pris à partie se verraient contraints d'utiliser l'arme administrative. Je crois que personne ne le souhaite. Et à commencer d'ailleurs par les policiers et les gendarmes eux-mêmes.
Mais ça veut dire que toutes ces voix qui viennent de l'étranger, que vous avez évidemment entendues, certaines voix à l'ONU, le commissaire européen à la justice et d'autres, qui disent qu'il y a peut-être une disproportion ou un problème avec la violence de la police. Ce sont des termes qui sont en soi. Ils ne savent pas ce qui se passe en France, ils se trompent ?
Non, mais oui, pardon. Oui, ils se trompent. Enfin, ces commentaires sont faits dans le cadre de manifestations et ont généralement de manifestations, comme ces commentaires ont notamment été faits à l'occasion du mouvement récent contre la réforme des retraites. Et la France est accusée d'user de violence contre des manifestants. Ces commentaires oublient complètement que les manifestations en France se sont très bien passées. Les organisations syndicales ont pu défiler normalement.
Et que là où nous avons eu des difficultés, c'est avec, on peut utiliser le terme de manifestation si on veut, mais enfin avec des gens qui étaient là pour casser, pour s'en prendre au commerce, s'en prendre aux forces de l'ordre, notamment aux Black Blocs. Évidemment que nous ne laissons pas faire les Black Blocs. Il n'y a pas un monde où ça existe. Il n'y a pas un pays où on n'intervient pas contre les Black Blocs. Et ces commentaires concernent l'intervention des forces de l'ordre contre les Black Blocs. Donc, pardon, mais moi je reste modestement...
Il n'y a plus globalement sous propos d'une partie de la population française, on l'a entendu, pendant les Gilets jaunes, etc.
Vous parlez de ces commentaires, donc j'y accorde, pardon, une moindre importance.
Le commissaire européen à la justice, déjà, ce n'est pas un lointain comité de l'ONU, c'est un Belge. Et il explique, par exemple, qu'en Belgique, on procède autrement, que c'est moins frontal, qu'il y a notamment plus d'interdictions administratives, en amont moins de contacts. Est-ce que ce n'est pas la doctrine du maintien de l'ordre française qui est différente ?
Oui, la doctrine du maintien de l'ordre française, elle a été revue, élaborée par le ministre de l'Intérieur en 2020 puis en 2021. C'est une doctrine de mise à distance, c'est-à-dire qu'on laisse beaucoup d'espace aux manifestants. Et puis, quand ils commencent à casser les vitrines, quand ils commencent à s'en prendre aux forces de l'ordre, en général, on intervient et on se retire le plus vite possible. Et quand on intervient, évidemment, on intervient en faisant usage de la force pour mettre un terme aux exactions.
Je ne crois pas qu'en Belgique, en Allemagne et dans d'autres pays où on vante les charmes de la désescalade, je ne crois pas qu'on laisse casser les magasins ou qu'on laisse s'en prendre physiquement aux forces de l'ordre. Il y a toujours des interventions de police. Donc, pour l'instant, moi, j'attends la personne qui viendra me définir le concept de désescalade, dont on parle tant. D'ailleurs, on accuse souvent le préfet de police de Paris que je suis de dire que simplement en mettant les forces à distance et en évitant d'intervenir, c'est déjà la désescalade.
On m'accuse de ne pas être réellement dans un processus de désescalade, mais personne ne nous l'a réellement défini ce que ça voulait dire, la désescalade. Et il n'y a pas un pays au monde où la police regarde des individus casser des vitrines ou s'en prendre à d'autres personnes.
On va parler des solutions, justement, pour éventuellement réformer le maintien de l'ordre. Mais d'abord, vous avez dit sur BFM TV qu'il n'y avait pas de racisme dans la police. Mais est-ce que vous considérez qu'il y a du racisme dans la société ?
Évidemment qu'il y a du racisme dans la société. Il y a aussi du racisme dans la police ? Sur les propos que j'ai tenus sur BFM, je tiens à rappeler, on ne nie pas qu'il n'y a pas certains cas minoritaires de racisme dans la police, mais qui sont systématiquement détectés et sanctionnés, soit administrativement, soit judiciairement. Mais cette idée qui laisse à penser qu'il y aurait un racisme systémique dans la police nationale, et notamment après le drame qui a frappé le jeune Naël, laissé penser que ce drame est survenu parce que le policier aurait eu un comportement raciste, c'est quand même très grave. C'est quand même très grave. C'est jeté de l'huile sur le feu.
Ça ne correspond évidemment pas à la réalité. Il y a une enquête judiciaire, on le verra bien. Mais voilà. Je rappelle d'ailleurs que dans cette affaire, on est passé d'une présomption d'innocence qui a été complètement foulée aux pieds, qui est remplacée maintenant, finalement, par une présomption de racisme. Donc voilà, maintenant, c'est la présomption de racisme. Il y a une enquête judiciaire, on le verra bien. Mais d'une manière générale, il est complètement faux de dire qu'il y a une forme de racisme systémique dans la police. Voilà, c'est exactement ce que je voulais dire en disant cela. Et je le réaffirme, évidemment, à votre micro aujourd'hui.
Est-ce qu'il est complètement faux également de dire que les contrôles au faciès existent ?
Mais il n'y a pas de contrôle au faciès. Vous savez, il faut arrêter avec ces notions. On contrôle les individus dans un cadre qui est très précis. On ne peut pas contrôler les individus comme ça. C'est soit sur réquisition du procureur de la République, soit d'initiative pour les policiers, parce qu'ils constatent, ils ont le sentiment qu'un individu soit va commettre une infraction ou soit a commis une infraction. Et donc le contrôle, il est très encadré. D'ailleurs, la défenseure des droits nous demande très souvent, et nous le faisons, de justifier un certain nombre de contrôles quand il y a des plaintes.
C'est ce ressenti d'une partie de la jeunesse. Il le dit, quand on est racisé, quand on travaille d'une certaine manière, on est plus contrôlé que les autres. C'est l'infondé ?
Votre question, est-ce que vous dites, ça laisse à penser finalement que la police, elle discrimine les gens en fonction de leur orientation sexuelle, leur appartenance religieuse, leur origine. On discriminerait les gens en fonction d'un certain nombre de paramètres.
Mais il y a ce ressenti qui existe.
Non, la police, elle ne discrimine qu'une seule chose, c'est les délinquants. Il n'y a qu'une chose qui nous intéresse, c'est de lutter contre la délinquance et d'interpeller des délinquants. Donc voilà. Et le contrôle au faciès...
Donc ce sentiment, il vient de nulle part ? Ce sentiment d'une partie de la population ?
Ce sentiment, nous, nous le contrôlons et nous recherchons des délinquants. Voilà. Donc le contrôle au faciès, encore une fois, il est aussi ce que vous appelez le contrôle au faciès. Les contrôles d'identité sont contrôlés. Moi, j'ai régulièrement des saisines pour mes services de la défenseure des droits qui me conduisent, vous vous rendez compte, à demander à chaque fonctionnaire quand il y a une mise en accusation, dans quelles conditions il a effectué tel ou tel contrôle. Et généralement, ce sont des contrôles qui sont mis en place pour des opérations de lutte anti-délinquance, des opérations sauvettes où on fait effectivement des contrôles d'identité assez massifs.
Mais vous dites qu'il n'y a pas de problème dans le maintien de l'ordre, qu'il n'y a pas de contrôle au faciès. Mais est-ce qu'on peut quand même s'interroger ou c'est tabou ? On a l'impression qu'il y a une chape de plomb sur ce débat.
Non, mais évidemment qu'on peut s'interroger. Nous n'arrêtons pas de le faire, y compris sur le racisme dans la police. Il y a des formations, maintenant des policiers en formation initiale et formation continue. Ça ne veut pas dire qu'on s'interdit de le faire. Mais résumer les difficultés que nous avons connues ces jours derniers, résumer ces difficultés, à finalement un problème de relation entre la police et la population, ce qui ne veut pas dire grand-chose, ce que le ministre de l'Intérieur l'a rappelé, les policiers et les gendarmes font partie de la population.
30% qui ont confiance dans la police.
Oui, mais résumer tout ce qu'on a vécu, résumer tout ce qu'on a vécu la semaine dernière à un simple problème de relation police-population, c'est extrêmement réducteur. Et on n'est pas sortis de l'auberge si on en reste là. On n'est pas sortis de l'auberge. Il y a aussi un problème, il y a une crise d'autorité. Il y a plein d'autres acteurs qui sont concernés par ce que nous vivons, par cette crise d'autorité. Et les policiers nationaux, comme les gendarmes d'ailleurs, sont souvent ceux qui arrivent en bout de chaîne et qui doivent, eux, contenir un certain nombre de débordements, comme l'a dit le ministre de l'Intérieur, sont un peu les urgentistes dans ce dossier.
Mais on ne peut pas résumer ça à une dégradation de la relation police-population.
On va parler de ces policiers, de ces forces de l'ordre dans un instant, de l'état des troupes, en quelque sorte, qui ont été très sollicités. Revenir aussi sur l'enquête en cours autour de la mort de Naël, juste après le fil info à 9h moins 10. Diane Ferchit.
Combien vont-vous coûter vos vacances ? Le panier France Info spécialité se penche sur les prix de 25 produits, du taboulé au pastis et de la mozzarella au spray anti-moustique. Et le ticket affiche 10% de plus que l'an dernier, alors que les prix commencent globalement à se stabiliser. Après la commission d'enquête du Sénat, l'inspection générale de l'administration pointe à son tour une gestion ni transparente ni équitable du fonds Marianne. Ce fonds pour lutter contre l'islamisme radical lancé après l'assassinat de Samuel Paty par la ministre Marlène Schiappa et dans l'enquête sur l'assassinat du professeur.
Un juge d'instruction a été désigné après la plainte de la famille pour non-assistance à personne en péril et non-empêchement de crime. C'est ce qu'annonce sur France Info l'avocate de la famille de Samuel Paty. Les allocataires de minima sociaux ont un niveau de vie qui plafonne à un peu plus de 1000 euros par mois. Le constat du ministère de la Santé et des Solidarités, c'est même 940 euros en moyenne pour les bénéficiaires du RSA. Les trois quarts d'entre eux vivent sous le seuil de pauvreté. Retour à la plaine pour la 7ème étape du Tour de France, 170 kilomètres au programme entre Mont-de-Marsan et Bordeaux. Et c'est Jonas Vingegaard qui s'élancera en jaune tout à l'heure.
Départ à 13h30. France Info
Le 8.30 France Info Agathe Lambré, Jules Dequisse
Toujours avec Laurent Nunez, préfet de police de Paris. Marine Le Pen est à droite voix dans la question migratoire l'explication des émeutes. Vous avez été en première ligne. Vous dites ça n'a rien à voir ou vous dites oui, c'est un sujet ?
Non, ça n'a rien à voir. Le ministre de l'Intérieur l'a dit lors de son audition au Sénat. Vous savez, on a réalisé de nombreuses interpellations avec un dispositif conséquent. Je crois que c'est ce qui a en grande partie permis de mettre un terme à ces violences urbaines importantes. Parmi les interpellés, on a très peu de personnes étrangères. C'est 10%.
Mais Marine Le Pen pointe aussi les personnes issues de l'immigration.
Oui, mais enfin voilà. Je crois que ce n'est pas vraiment le problème. Le problème, il n'est pas là. Je le disais tout à l'heure, on ne peut pas résumer ça à un problème de relation police-population. Il y a un problème de crise d'autorité. Il y a probablement bien de problèmes d'intégration encore à résoudre comme l'a rappelé le ministre de l'Intérieur. Et donc évidemment, je ne partage pas ces propos.
Laurent Nunez, l'enquête sur la mort de Noël, la cour d'appel de Versailles maintient en détention le policier auteur du tir et de mise en examen. Il y a cette affaire de cette fiche d'intervention de police qui est rédigée après le drame sur la base du récit des policiers qui affirment que Noël a essayé de repartir en fonçant justement sur un policier avec sa voiture, ce que dément la vidéo a priori. Comment est-ce que vous pouvez expliquer ça justement, cette fiche d'intervention qui ne relate pas a priori ce qui s'est passé ?
D'abord, il y a une enquête en cours. Donc, elle portera. L'enquête ira jusqu'à examiner ce qu'avaient déclaré les policiers dans le cadre de ces documents. Effectivement, il est rendu compte de l'action des policiers tout le temps, en permanence. Tout le temps.
Notamment, un compte rendu en direct de ce qui se passe à la radio, etc. Absolument, absolument. Et comment on arrive à cet écart alors ?
L'enquête portera sur cet écart. Simplement, ce que je voulais dire sur cet écart qui permet à certains avocats, certaines personnes, de dire s'il n'y avait pas eu la vidéo, on n'aurait jamais connu la vérité. Et donc, peut-être que dans les autres cas, peut-être que dans les autres cas où il n'y avait pas de vidéo, il y a eu violence policière, bavure, etc. Ce que je voudrais dire, c'est faire fi d'une chose. Et les avocats des victimes le savent très bien. Le savent très bien. Vous savez, il y a aussi des investigations judiciaires qui sont menées en balistique. Est-ce que vous croyez, une seconde, qu'au cas d'espèce dans cette affaire, la balistique...
Encore une fois, je ne me mêle pas des investigations judiciaires, mais je parle d'expérience. Est-ce que vous croyez que la balistique n'aurait pas révélé l'endroit précis où se trouvait le policier au moment du tir ? Donc voilà. Je crois qu'il faut raison garder. Il y a des investigations judiciaires dans cette affaire et toute la lumière sera faite. Mais il ne faut pas tirer des conséquences, des conclusions hâtives d'un certain nombre d'éléments. Et celui que vous évoquez, à mon sens, en est un. À mon sens, en est un. La lumière sera faite sur ce qu'ont déclaré les policiers, savoir s'ils ont menti ou pas. Mentis ou pas, dans le sens, volontairement.
Puisque le policier dit, je comprends de ce que je lis dans la presse, parce qu'encore une fois, on ne se mêle pas de ces investigations judiciaires, dit qu'il s'est senti menacé. Donc l'enquête établira toute la vérité là-dessus.
Et d'un mot, est-ce que pour vous, c'est une bonne chose que ces vidéos existent, qu'il y ait de plus en plus de vidéos qui surgissent dans le débat ?
Bien sûr. Et je ne vous cache pas que ça nous pose du souci aux fonctionnaires de police, aux gendarmes sur le terrain qui sont filmés en permanence. Pourquoi ça pose du souci ? Parce que c'est souvent une gêne. Je parle pour les journalistes qui sont présents au plus près de l'action. Donc ils sont toujours traités avec beaucoup d'égard. Mais parfois, pour certains d'entre eux, notamment les journalistes de rue, qui sont souvent au plus près de l'action, et peuvent la gêner. Et pour autant, nous tolérons cela.
Et ces images, nous les utilisons ensuite, nous-mêmes, pour lancer un certain nombre de procédures administratives qui permettent de mettre en évidence telle ou telle faute de dentologie. Donc évidemment, ces vidéos, et notamment au cas d'espèce, quand il s'agit de vidéos municipales, ce sont évidemment des bonnes choses parce qu'elles permettent d'établir la vérité dans certaines circonstances. Mais pour nous, souvent, de lutter efficacement contre la délinquance parce que ça nous permet de voir des auteurs d'actes délictueux sur leur chemin de fuite. Et pour nous, en investigation judiciaire, ces outils sont très précieux.
L'hebdo-bander local Ouazhebdo a publié un portrait du policier qui a tué Naël en révélant son nom et la commune dans laquelle il réside. Est-ce que ça vous inquiète ?
C'est scandaleux. C'est scandaleux. Enfin, c'est scandaleux. On fout encore au pied la présomption d'innocence, mais ça va bien au-delà. C'est menacé sa famille, ses collègues de service.
Ces collègues sont menacés aussi ?
Mais ils reçoivent, nous recevons, des policiers en ce moment reçoivent des tombeaux de menaces, et évidemment, y compris, et surtout, les collègues du fonctionnaire de police concerné. C'est proprement scandaleux. C'est une espèce de loi du talion. Enfin, tout ceci n'a pas sa place dans notre République. Encore une fois, je rappelle que ce fonctionnaire, il est actuellement mis en examen pour homicide volontaire. Et donc, l'état de droit s'exerce et il n'y a que l'état de droit qui doit valoir.
Il y a des mesures qui ont été prises pour protéger ces collègues de la brigade motocycliste des Hauts-de-Seine ?
Il y a surtout des investigations judiciaires qui nous permettent d'interpeller des individus qui les menacent ou qui révèlent l'identité, l'adresse du fonctionnaire. Et nous avons déjà interpellé des individus qui s'étaient livrés à cette diffusion. Et nous allons continuer à investiguer en judiciaire. Parce qu'en judiciaire, on fait aussi beaucoup de choses à postériori. Et là, nous allons continuer à le faire. Mais d'ores et déjà, je peux vous dire que deux personnes déjà ont été mises en cause sur la divulgation d'informations qui mettent en danger l'avis des fonctionnaires de police.
Un dernier mot sur le quotidien des forces de l'ordre qui ont été très sollicitées ces derniers jours où on en est des heures supplémentaires parce que c'est un vrai sujet. Il y avait beaucoup d'heures supplémentaires non payées. Est-ce que les choses ont avancé ?
Les choses ont avancé là-dessus. Ça, c'est la compétence évidemment du ministre de l'Intérieur qui a fait beaucoup de choses là-dessus. Après, il y a deux sujets. Dans votre question, il y a deux points qu'il faut voir que vos auditeurs et téléspectateurs comprennent bien. Il y a le paiement de ces heures supplémentaires qui dans le passé a pu prendre beaucoup de retard. Et puis, il y a celles qu'on fait faire. C'est-à-dire que quand il y a des périodes de tension comme en ce moment la semaine dernière, on rappelle des fonctionnaires de police ou des militaires de gendarmerie sur leur repos. Évidemment, c'est difficile pour eux. Évidemment, c'est difficile.
C'est ce qui a été fait en partie la semaine dernière qui continuera à être fait s'il devait y avoir une nouvelle période de tension. Et ces heures,
elles sont payées vite maintenant ?
Les heures sont payées mais ce à quoi je pense tout de suite, c'est aussi à la fatigue de ces fonctionnaires à qui on demande énormément de choses et qui peuvent parfois faire plusieurs journées de vacations et sur des journées qui sont également extrêmement longues.
Des vacations très longues et l'auteur du tir contre Naël a parlé de sa neuvième journée d'affilée pratiquement.
Oui, oui, oui, oui, oui. Il y a eu, comme beaucoup de fonctionnaires de police, il y a eu des événements importants. Il appartient à la direction de leur public et de la circulation qui fait un travail remarquable dans Paris qui gère les manifestations mais aussi les grands événements et puis on a eu ces temps derniers des grands événements. Il y a eu un sommet international qui a été organisé à Paris, il y a eu le salon du Bourget qui a mobilisé beaucoup de fonctionnaires de police et effectivement on a procédé à beaucoup de rappels et donc certains fonctionnaires ont pu travailler sur des périodes longues.
Oui, je vous le confirme, c'est malheureusement comme ça, ça continuera et je veux évidemment en remercier les fonctionnaires de police pour leur engagement pour la défense de la sécurité de nos concitoyens.
Merci à vous Laurent Nunez, préfet de police de Paris, merci à vous Agathe Lambret, une rente politique de France Info.
La science face au crime, le nouveau podcast original France Info.
Le péridit d'un dossier criminel, c'est le temps, surtout si pendant ce laps de temps, rien n'est fait.
Les avancées techniques et scientifiques sont devenues incontournables pour résoudre les dossiers non élucidés. David Di Giacomo. Avec le service police-justice de France Info, nous vous racontons les grandes affaires criminelles résolues grâce à la science. Moi j'ai craqué, c'est pas possible, moi je sais que la vérité viendra par l'ADN. Cold Case, la science face au crime, un podcast original France Info. 8 épisodes à découvrir sur l'application Radio France, les plateformes de podcast et franceinfo.fr.
Laurent Nuñez