Aller au contenu
Tous les transcripts
Podcast / conversationUnion Populaire Républicaine· 15 juillet 2019 65 minAutoproduitActualité / polémiqueEurope & internationalInstitutions & électionsAgriculture & alimentationSécurité

Entretien d'actualité n°78.2 - 10/07/2019

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:30Locuteur 1Fait
    « M. Mitsotakis est un héritier. Son père a été Premier ministre grec dans les années 80, ce qui n'est quand même pas rien. »
  • 4:30Locuteur 1Chiffre
    « Le taux de chômage est effarant. Il doit toujours être de l'ordre de 28% en Grèce (NDLR : 18% en décembre 2018). »
  • 5:30Locuteur 1Chiffre
    « Je crois qu'il y a une majorité de Grecs qui gagne moins de 300 € par mois. »
  • 21:00Locuteur 1Fait
    « La France avait été considérée en matière de démocratie, de respect des droits de l'homme à peu près à égalité entre le Zimbabwe et Haïti par la présidente du Chili. »
  • 22:00Locuteur 1Fait
    « La France est devenue l'une des menaces mondiales pour la liberté d'expression. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

{L'actualité dans l'UE, c'est aussi les élections en Grèce. Qu'est-ce que vous pouvez nous en dire ?} Alors les élections en Grèce...

Eh bien M. Mitsotakis vient de remporter un triomphe électoral, et donc vient de remplacer M. Alexis Tsipras, de Syriza, qui s'en va la queue entre les jambes, si j'ose dire.

Alors qu'est-ce qu'on peut retenir de ces élections en Grèce ? La première chose, c'est que nous avons avec M. Mitsotakis un profil qui rappelle beaucoup en fait celui de Mme van der Leyen, ou même de Mme Lagarde.

M. Mitsotakis est un héritier. Son père a été Premier ministre grec dans les années 80, ce qui n'est quand même pas rien.

Et donc on voit apparaître ces dynasties, ce qui prouve d'ailleurs au passage que l'ensemble du continent européen est en train de s'éloigner de plus en plus des principes démocratiques. Quand on voit que ce sont des fils d'archevêque, comme on dit, c'est-à-dire des fils de gens très célèbres et voire de Premier ministre qui succèdent au pouvoir, on se dit qu'il y a quand même un problème. Ça rappelle certaines républiques bananières où c'est les enfants du dirigeant suprême qui lui succèdent.

Donc ça, c'est la première chose. La deuxième chose, c'est que M. Mitsotakis a des liens effectivement avec les États-Unis.

Il a été reçu aux États-Unis. Il s'est exprimé devant le CSIS, là où travaillait Mme Lagarde. Donc il a des liens avec l'oligarchie américaine.

En fait, l'Europe, la construction européenne me fait beaucoup penser à ce qu'était le camp socialiste avant la chute du communisme. C'est-à-dire que tous les dirigeants de tous les pays satellisés, que ce soit la Bulgarie de Jivkov, la Roumanie de Ceausescu, l'Allemagne de l'Est de Erich Honecker, la Pologne de Gierek, etc., etc., donc les pays de l'Est, en fait, leurs principaux dirigeants faisaient tous allégeance au grand frère soviétique.

Il y a d'ailleurs un livre d'Hélène Carrère d'Encausse dont le titre est « le Grand Frère », que je vous conseille éventuellement de lire ou de relire avec le recul du temps. Et les dirigeants, les élites de ces dirigeants pays socialistes d'Europe de l'Est étaient allés en Union soviétique. Ils y avaient fait leurs études supérieures.

Ils y avaient fait quelques années. J'ai rappelé une autre fois que Mme van der Leyen a passé 4 ans d'étudiante à Stanford. Eh bien M.

Mitsotakis a également été à Stanford. Autre chose que je veux dire sur ces élections. C'est que le bilan de Tsipras est une catastrophe.

Il est arrivé au pouvoir en 2015. Il avait été présenté comme étant l'ultra-gauche. Je me rappelle avoir publié sur notre site, dès qu'il avait été nommé Premier ministre, un article extrêmement critique, en disant que M.

Tsipras, dans la mesure où il était européiste, il militait pour une autre Europe, ne ferait rien, en fait trahirait immédiatement ses électeurs. Et je me rappelle que ça m'avait valu d'ailleurs une volée de bois vert pendant quelques semaines, où un certain nombre de nos adhérents ou sympathisants venus de gauche et sensibles aux sirènes de M. Mélenchon, puisque M.

Mélenchon aimait à se présenter comme un grand ami d'Alexis Tsipras, eh bien ces personnes m'avaient vivement critiqué, en disant que c'était scandaleux, qu'il fallait laisser sa chance à M. Tsipras, etc., comme si j'avais d'ailleurs été en mesure de lui retirer sa chance.

L'Histoire a montré qui avait raison. Au cours des 4 ans qui viennent de s'écouler, M. Tsipras a trahi à 100% ses électeurs.

Restant dans l'UE, il a avalé toutes les couleuvres venues de la Commission européenne, venues de la BCE de Francfort, la Commission de Bruxelles. Il a avalé toutes les couleuvres de la Troïka, comme on dit, c'est-à-dire le FMI, et où sévissait Mme Lagarde, la BCE et la Commission européenne. Aujourd'hui, le taux de chômage est effarant.

Il doit toujours être de l'ordre de 28% en Grèce (NDLR : 18% en décembre 2018). Le salaire moyen des Grecs, j'ai vu une statistique qui montrait que...

Je crois qu'il y a une majorité de Grecs qui gagne moins de 300 € par mois. La Grèce a vendu son patrimoine à des fonds d'investissement de diverses épargnes de pays étrangers. La Grèce a dû vendre à des fonds appartenant à certaines banques qui lui avaient prêté indûment de l'argent.

Depuis quelques semestres, la Grèce est en train de se vendre, de se vendre à la Chine. On a eu d'ailleurs...

Là, je montre ici une petite photo. Il y a eu un reportage à la télévision française qui s'appelle justement...

Que la Grèce est en train de se vendre à la Chine. Bah oui, parce que les autorités européennes exigent de la Grèce qu'elle vende ses actifs publics, comme elle exige la même chose d'ailleurs des Espagnols, des Portugais, des Français. Bon.

Et comme l'ensemble du continent européen est dans une situation de dépression économique, de stagnation voire de déflation et de dépression économiques...

L'inflation est extrêmement faible. Il n'y a pas beaucoup de marges de manœuvre. Mais à ceux qui rachètent les biens publics qui sont mis sur le marché, eh bien ce sont des fonds venus des États-Unis, venus du Qatar, venus d'Arabie saoudite mais aussi venus de Chine, ce qui d'ailleurs montre le ridicule de la politique de M.

Macron, qui veut faire une alliance, une Sainte-Alliance contre la Chine. D'ailleurs, pendant les élections européennes, j'avais déjà dénoncé ces propos à l'emporte-pièce de M. Jadot, de M.

Hamon, de M. Glucksmann, de Mme Loiseau, de M. Bellamy : tous ces gens qui étaient là à nous expliquer que l'Europe allait faire contrepoids à la Chine et aux États-Unis.

Il n'en est rien. Il n'en est rien. Les principaux dirigeants sont sous influence américaine.

C'est le cas de Mme Lagarde et de Mme van der Leyen. Et la force des choses en matière économique fait que la Grèce est en train de se vendre à la Chine, comme d'ailleurs le Portugal, comme l'Italie d'ailleurs aussi. Voilà.

Alors pour conclure sur ces élections en Grèce, M. Mitsotakis vient de remplacer M. Tsipras, et il va faire la suite.

Il va faire exactement la suite. Voilà. Il avait tenu des propos caustiques contre l'euro.

Il ne va rien se passer du tout. Il est le candidat de l'oligarchie. Il est le candidat adoubé par les États-Unis.

Voilà. Et ce qui est triste – et là, j'ai vraiment de la tristesse pour le peuple grec, comme j'ai de la tristesse pour le peuple français –, c'est qu'une grande majorité des électeurs grecs, comme une grande majorité des électeurs français, n'ont pas encore compris ce qui se passe. Ils ont renvoyé Tsipras « de gauche » entre guillemets pour avoir M.

Mitsotakis « de droite » entre guillemets. Et puis rendez-vous dans 6 mois. La Grèce va continuer sa descente aux enfers.

La seule vraie façon de sauver la Grèce serait le Grexit, c'est-à-dire sortir la Grèce de l'UE, qui en fait lui a apporté les pires choses. La Grèce, dans les années 60, était un pays où il faisait bon vivre. La Grèce, maintenant, est devenue en fait une catastrophe.

Et M. Mitsotakis n'y changera rien. Alors il y a encore beaucoup d'autres informations sur l'Europe, bien sûr.

Mais j'en pointerai encore deux très importantes. La première, c'est que l'on a appris il y a deux jours que le solde commercial agricole de la France est devenu négatif. (NDLR : L'INRA) a fait savoir que la France avait importé au cours de l'année 2018 pour 38,4 milliards d'euros de produits agroalimentaires, et qu'elle avait exporté pour 38,1.

Et on nous signale que c'est le plus mauvais résultat commercial dans l'agriculture et les produits agroalimentaires français – tenez-vous bien – depuis la Seconde Guerre mondiale. C'est-à-dire qu'on voit bien que la construction européenne est en train de détruire la France. Elle est en train parce que nous avons un euro trop cher, parce que l'on met les agriculteurs français en concurrence frontale avec des pays à très bas coût de salaire, de charges sociales ou de conditions environnementales, non seulement au sein de l'UE, avec notamment les pays de l'Est ou les pays de la péninsule ibérique, mais aussi avec maintenant le monde entier.

Je pense à l'accord avec le Canada, l'accord du CETA qui est entré en vigueur – ce qui est une aberration juridique – avant même qu'il ait été ratifié. Je pense également à la décision de la Commission européenne, piétinant les promesses de M. Macron, ridiculisant les rodomontades de M.

Jadot. Eh bien la Commission européenne a décidé de faire un accord avec l'UE et le Mercosur. On a eu l'occasion de présenter un article sur le sujet, un communiqué de presse.

C'est un véritable scandale. On est en train de détruire l'agriculture française, en tout cas l'agriculture traditionnelle et familiale pour avoir une espèce d'agrobusiness avec tout ce qui va avec : hyperproductivité, les fermes de mille vaches, l'utilisation à outrance des pesticides, des herbicides, etc., etc., c'est-à-dire tout ce que les Français ne veulent pas, tout ce que les Français ne veulent pas.

Eh bien ça nous est imposé par l'UE. Et en attendant, les résultats sont à la mesure du désastre. C'est-à-dire que d'année en année, la France qui était une très grande puissance exportatrice agricole est devenue désormais déficitaire.

On est déficitaires essentiellement avec des pays de l'UE. Mais si ça continue comme ça...

Rendez-vous dans 4 ou 5 ans, si ça continue, et là, on sera déficitaires avec le monde entier. C'est un crime de haute trahison que commettent les dirigeants français. C'est un crime de non-assistance à peuple français en danger, et en particulier non-assistance aux agriculteurs en danger.

Je trouve que personnellement...

Comme beaucoup de Français, mes ancêtres étaient des agriculteurs. Je considère que c'est un crime absolu. Et rien ne me rend plus triste que de penser qu'il y a malheureusement en France beaucoup d'agriculteurs qui continuent à voter pour ceux-là mêmes qui sont en train de les détruire : En marche, avant, c'était LR ou le PS, parce que nos amis agriculteurs croient encore à cette fable que l'UE leur verserait des subventions, alors que ces subventions – vous le savez – sont payées par nous, puisque la France verse beaucoup plus à l'UE qu'elle n'en reçoit.

Alors autre sujet sur les questions européennes, très riches décidément. Eh bien c'est une photo et puis une petite vidéo qui ont été portées à l'attention des populations d'Europe occidentale. Et ça ne vient pas de n'importe où.

La source est absolument au-dessus de tout soupçon, puisque ça vient de Frontex. Frontex, c'est cette institution européenne qui vise à assurer le contrôle des frontières extérieures de l'UE, c'est-à-dire notamment les frontières avec la Méditerranée. Eh bien on a vu...

Regardez. Regardez ceci. Frontex a diffusé une vidéo très rare où on a vu en Méditerranée un navire avec des migrants, qui est un navire avec un moteur, un assez grand navire.

Et puis à quelques dizaines de kilomètres de l'île de Lampedusa, l'île italienne qui se trouve à mi-chemin entre les côtes de la Sicile et les côtes de la Tunisie, qui est un des points d'entrée principaux des prétendus migrants, eh bien on a vu à quelques dizaines de milles nautiques de cette île ce navire d'où descendent des migrants pour monter à bord d'embarcations de fortune, ces petits radeaux, qui vont ensuite aller vers Lampedusa où, là, ils vont être récupérés d'ailleurs par des navires comme ceux qui ont défrayé la chronique récemment de soutien aux migrants. Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire qu'en réalité, nous avons affaire à...

On le savait. J'ai eu l'occasion de le dire à plusieurs reprises, notamment pendant la campagne électorale pour les européennes, et notamment également dans une de mes conférences, qui s'appelle « Euro-corruption », qui n'a pas été enregistrée, mais que j'ai déjà faite 3 ou 4 fois au cours des mois écoulés. Il va falloir que je l'enregistre.

Et d'ailleurs, je l'enrichirai de ces nouvelles informations. En réalité, l'Europe est gangrénée par la corruption et par la mafia. Et donc dans cette affaire de migrants, il y a...

Alors pas tous, mais une partie très significative d'entre eux, c'est en fait du trafic de main-d'œuvre organisé à la fois par des trafiquants marocains ou bien libyens, mais aussi par des trafiquants européens, notamment de la mafia, notamment la mafia calabraise, la 'Ndrangheta calabraise dont je parle beaucoup dans ma conférence sur « Euro-corruption ». Alors qui paye tout ça derrière ? Je vous laisse imaginer les personnalités qu'il peut y avoir derrière.

Beaucoup de voix évoquent souvent l'Open Society de George Soros. George Soros qui, d'ailleurs, a reçu de l'argent de la part de l'UE récemment. On voit en fait que derrière ces affaires de migrants, eh bien il va falloir qu'un jour, tout le monde se mette à table et qu'on dise enfin la vérité aux Français.

Vous connaissez l'UPR. Jamais de ma vie, jamais depuis que nous avons créé l'UPR, nous n'avons stigmatisé des populations à raison de leur couleur de peau, de leur religion, de leur origine ethnique. Nous sommes un mouvement parfaitement républicain.

Nous savons d'ailleurs qu'en fait, beaucoup de ces migrants sont eux-mêmes victimes. C'est un nouvel esclavage en réalité. Mais nous sommes également pour la vérité.

Et nous avons toujours refusé d'un côté de stigmatiser les migrants, comme le font certaines personnalités d'extrême-droite, mais de l'autre côté, nous ne sommes pas non plus naïfs. Et nous dénonçons également cette présentation fallacieuse de ces phénomènes. Il y a derrière des volontés, des financements, des politiques totalement déterminées.

Et c'est ça aussi qu'il va falloir casser. Je note – et c'est quand même une nouvelle – que, peut-être d'ailleurs sous le poids du gouvernement italien, eh bien peut-être que Frontex, maintenant, commence à lever un petit peu une partie du voile sur ces questions. Et puis je conclurai ces questions européennes en vous apprenant, au cas où vous ne le sauriez pas, que alors que tout s'effondre, alors que la situation...

À chaque entretien d'actualité, je fais une espèce de martyrologe de la construction européenne, de tous les désastres, que ce soit en matière agricole, industrielle, environnementale, diplomatique, militaire, en termes de libertés publiques, etc., etc. Où que l'on porte son regard, c'est un désastre.

Eh bien néanmoins, il faut savoir que Mme Federica Mogherini, qui était dans la commission européenne sortante la (NDLR : haute représentante de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité), qui était d'origine italienne, qui est remplacée donc par l'Espagnol Josep Borrell...

Eh bien Mme Mogherini a fait savoir donc il y a une dizaine de jours, une quinzaine de jours qu'il fallait absolument accélérer – tenez-vous bien – la procédure d'adhésion à l'UE de deux nouveaux États membres, qui sont l'Albanie d'une part et la Macédoine du Nord d'autre part. La Macédoine du Nord, je me permets de le signaler, est un État issu du démembrement de la Yougoslavie, qui s'appelait Macédoine au sein de la Yougoslavie. Mais à partir du moment où ce pays est devenu indépendant, il a voulu s'appeler Macédoine, il y a eu une levée de boucliers en Grèce, puisque les Grecs ont considéré que c'était un vol de paternité et de nomination, d'appellation d'origine protégée, puisque ce pays ne s'est jamais appelé la Macédoine en fait, (NDLR : même si ce sont les voisins de la Macédoine, qui est une région grecque) qui est du côté de Thessalonique, donc dans le nord de la Grèce.

Il y a d'ailleurs le site...

Un site archéologique admirable que je vous conseille d'aller visiter si vous allez un jour à Thessalonique, Thessalonique ou Salonique – c'est la même chose –, qui est à l'est, est un petit peu au nord du mont Olympe. Ça s'appelle Vergina. Et c'est là qu'il y a le tumulus, où on a retrouvé la tombe de Philippe de Macédoine, le père d'Alexandre le Grand.

Les Grecs considèrent que la Macédoine fait partie intégrante de leur patrimoine culturel, historique. Ils ont raison. Voilà.

Mais le pays qui s'appelait Macédoine dans la Yougoslavie a voulu s'appeler Macédoine. Ça a donc créé un problème énorme. La Macédoine s'appelait autrement avant la Yougoslavie.

Et vous avez peut-être vu que M. Tsipras s'est mis d'accord avec le Premier ministre de ce pays il y a quelques mois pour que le pays s'appelle Macédoine du Nord, la capitale étant Skopje. Macédoine du Nord...

Voilà. C'est qu'en fait, ça a été porté sur les fonts baptismaux par l'UE et par les États-Unis. N'oublions pas les États-Unis, puisque l'objectif des États-Unis est toujours identique, qui consiste à faire entrer le maximum d'États dans l'UE pour que ça soit d'ailleurs tout à fait ingérable.

Je renvoie à ma conférence qui s'appelle « Qui gouverne la France et l'Europe ? ». Alors voilà, il se trouve qu'un certain nombre de pays au sein de l'UE ont tiqué, notamment la France, mais aussi – je crois – la Belgique et peut-être l'Espagne, qui ont tiqué devant ce nouvel élargissement qui nous ferait passer...

Nous sommes actuellement 28. Si le Royaume-Uni, comme il faut l'espérer, sort de l'UE le 31 octobre prochain, on tombera à 27. Et puis avec l'Albanie et la Macédoine du Nord, on remonterait à 29.

La France a fait savoir qu'elle jugeait ça inopportun et que, notamment, eh bien ce sont des pays qui n'ont pas du tout le même niveau de vie. Et en particulier, il y en a un des deux, qui est l'Albanie, qui est célèbre pour ses activités mafieuses. Il y a du grand banditisme en Albanie.

Alors évidemment pas tous les Albanais, bien sûr. Mais l'Albanie, c'est un peu comme la Roumanie ou la Bulgarie. Ce sont des pays où il y a une forte délinquance, énormément de criminalité et de mafias.

Donc la France a fait savoir sa réticence. Mais, mais...

Normalement, la France pourrait bloquer à elle seule cet élargissement, vu le principe de l'unanimité. Sauf qu'encore faudrait-il qu'on ait des dirigeants français qui, dans ce genre de circonstances, ne s'aplatissent pas devant les instructions venues de Bruxelles ou venues d'ailleurs. Affaire à suivre. {Vous avez souhaité aussi nous parler d'un rapport sénatorial préoccupant sur les infrastructures routières en France qui vient de paraître.

Qu'est-ce que vous pouvez nous en dire ?} Alors vous avez raison. Vous avez raison.

Je renvoie les auditeurs à un communiqué de presse que nous avons publié il y a quelques jours. Le Sénat, la haute assemblée a publié un rapport plus qu'alarmant sur l'état des routes françaises, le réseau routier national notamment, qui présente des défectuosités croissantes du fait du manque d'entretien. Alors ce pour quoi j'attire l'attention, c'est que j'ai été le seul...

Alors on peut pas dire le contraire. Tout le monde peut aller vérifier, notamment lors des débats avec les 10, 11, 12 candidats aux élections européennes qui ont eu lieu au cours de la campagne...

J'ai été invité à 2, 3 débats. À plusieurs reprises, j'ai évoqué cette question de la dégradation des routes françaises et du fait que la France consacrait des sommes folles pour construire des routes, des ponts dans d'autres pays alors qu'elle n'a pas ces fonds pour simplement entretenir l'existant. Alors ce que l'on vient d'apprendre, c'est qu'un rapport du Sénat a tiré la sonnette d'alarme, encore plus – si j'ose dire – que je ne l'avais fait moi-même, et encore plus que le rapport que j'avais évoqué pendant la campagne des élections européennes, qui était un rapport du ministère des Transports qui datait de l'été 2018.

Dans ce rapport de 2018, il était question de 7% des ouvrages d'art qui nécessitaient des travaux immédiats et qui risquaient des très graves accidents. Le rapport des sénateurs souligne qu'il y a – tenez-vous bien – 25 000 ponts qui risquent de s'effondrer, enfin ou en tout cas d'avoir des très graves problèmes, en France, au cours des années qui viennent, du fait du manque d'entretien. Ils parlent même pas des routes nationales du réseau routier non concédé, qui également, maintenant, sont percluses de nids-de-poule, d'ornières, etc., parce qu'elles ont un insuffisant entretien.

Le rapport du ministère des Transports de l'année dernière avait invoqué un manque à gagner de 300 millions d'euros pour entretenir l'ensemble du réseau routier national non concédé. Les sénateurs ont exigé un plan Marshall. « Plan Marshall », c'est une espèce de formule, formule un peu à la mode, enfin « à la mode »...

Une formule éculée, en fait. Dès qu'on met beaucoup d'argent, on dit « le plan Marshall », par référence au plan Marshall d'après la Seconde Guerre mondiale, où les États-Unis faisaient des prêts à des taux très très intéressants ou à 0%, des quasi-dons, aux pays d'Europe occidentale, à condition qu'ils passent sous leurs fourches caudines. Et notamment, les accords Blum-Byrnes en France de 1946...

Notamment, les Américains voulaient l'ouverture des salles de cinéma françaises aux productions américaines. C'est ce que l'on a appelé ensuite le soft power, c'est-à-dire – c'est très habile, très intelligent – comment influer sur un pays avec la musique, la chanson et les films. Les Américains sont très forts là-dessus.

Alors les sénateurs réclament – eux – 120 millions d'euros supplémentaires pour entretenir les ponts qui menacent ruine. Alors moi, ce que je voulais dire, c'est que nous avons affaire à un véritable scandale. C'est un scandale absolu, puisque le ministère des Transports, lui, réclamait 300, 350 millions d'euros par an pour rénover tout le réseau routier national et les ouvrages d'art.

Les sénateurs, eux, réclament 120 millions d'euros. Évidemment, – je connais Bercy – il n'y a pas un sou. Donc ils vont dire qu'ils diminuent systématiquement.

Mais en faisant ça, on court le risque d'avoir un effondrement de pont comme il y en a eu à Gênes en Italie à l'été dernier, où il y a eu quand même (NDLR : 43 morts), sans compter les blessés à vie. Et donc le problème qui se pose en France, c'est un problème d'arbitrage budgétaire. Il faut savoir...

Et c'est ce que nous avons rappelé dans un communiqué de presse que nous avons fait, où nous avons remis ce que j'avais déjà eu l'occasion de dire pendant les élections européennes. C'était un exemple, mais un exemple...

Comme disait Napoléon, « Une image vaut mille mots ». Eh bien on a l'exemple de la construction d'un pont en Croatie, au-dessus d'un bras de mer, un pont qui fait 2 km de long. Le coût est de 357 millions d'euros.

Et c'est la Commission européenne qui a décidé de payer cet ouvrage d'art à la Croatie, qui est le 28e État membre de l'UE. Or, il se trouve que cet argent que la Commission européenne verse ne sort pas d'un chapeau. Il sort des pays qui donnent de l'argent à l'UE, c'est-à-dire tous les pays.

Mais il sort plus particulièrement de ceux qui en donnent plus qu'ils n'en reçoivent, puisque la Croatie reçoit plus d'argent qu'elle n'en donne. Eh bien ceux qui donnent plus d'argent qu'ils n'en reçoivent, c'est la France, qui paye à peu près 17,4%. Ça veut dire que le pont en Croatie nous a coûté à nous, Français, quelque chose comme 60, 65 millions, c'est-à-dire la moitié du coût annuel que demandent les sénateurs pour réhabiliter nos propres ponts.

On n'a pas d'argent pour réhabiliter les ponts en France. Et on construit des infrastructures routières en Lettonie, en Estonie, en Lituanie, en Croatie, en Roumanie, en Bulgarie à nos frais. Il y a aussi autre chose que nous avons rappelé dans le communiqué de presse.

C'est que, par ailleurs, nous sommes lancés dans la construction d'infrastructures de prestige, et notamment la ligne ferroviaire Lyon-Turin. Alors la ligne ferroviaire Lyon-Turin, moi, je connais un petit peu. Je peux vous assurer que dans les bureaux du ministère des Finances, dans les bureaux du ministère des Transports, eh bien les hauts fonctionnaires qui s'occupent de ça s'arrachent tous les cheveux en disant que ce projet est délirant.

C'est ce qu'on appelle un éléphant blanc. La Cour des comptes a publié dans un rapport public en 2012...

A estimé que ce Lyon-Turin allait coûter 26 milliards d'euros. 26 milliards d'euros. Les associations environnementalistes ont souligné les très graves atteintes à l'environnement que va créer la construction de ce tunnel sous les Alpes.

Il faut creuser dans la montagne. Alors il y a des quantités de matériaux. Il y a de l'amiante.

Il y a des tas de choses qu'on va mettre là-dedans. Et tout ça pour quoi ? D'après la Cour des comptes elle-même, ce projet ne sera jamais rentable.

Et moi, les personnes en charge que j'ai eu à connaître il y a quelques années sur ce projet, qui n'étaient pas à l'UPR, qui étaient des hauts fonctionnaires, voilà, qui parlaient sous le sceau du secret parce qu'ils avaient peur de dire la vérité, eh bien ils disaient tous, que ce soit à Bercy, que ce soit au ministère des Transports que le Lyon-Turin est une absurdité qui va nous coûter des sommes folles pendant des années et des années, qui nous coûte un argent fou. Mais alors pourquoi est-ce qu'on le fait ? Eh bien on le fait parce que c'est la Commission européenne qui en a ainsi décidé.

Dans son réseau transeuropéen des transports, la Commission européenne a donc un projet. Ce sont des fonctionnaires – je sais pas – suédois, luxembourgeois, etc. qui, du haut de leur bureau à la Commission européenne à Bruxelles, ça leur fait plaisir d'imaginer qu'ils vont faire des lignes de transport qui vont traverser les Alpes, etc. pour la beauté de...

Voilà, ils jouent, ils font mumuse. Et ce qu'il faut savoir, c'est que...

Ça fait partie des plans Juncker, d'ailleurs, d'investissement pour la relance prétendue de l'économie. Mais ce qu'il faut savoir, c'est que si la France ne paye pas ce Lyon-Turin...

Le Lyon-Turin, il a un triple financement : financement du budget français, financement du budget italien et financement de « l'Union européenne » entre guillemets, c'est-à-dire des fonds européens. Mais les fonds européens, – vous le savez – ils sont payés par la France en partie. Mais ce qu'il faut bien comprendre, c'est que si d'aventure le gouvernement français disait : « Non, c'est délirant.

Ce Lyon-Turin est un délire », on arrête les frais. Certes, ça ferait des économies au niveau du budget de l'État en France. Mais la Commission européenne saisirait le magot et considérerait que l'argent qu'elle avait consacré à ça, qui devait nous revenir, eh bien ne nous serait pas reversé.

C'est-à-dire que cet argent qui est le nôtre, elle le pique. Donc ce sont des centaines de millions d'euros, même des milliards, que la Commission européenne pourrait ainsi nous piquer sans aucun retour. C'est quand même un peu fort de café.

Alors ajoutez à ça les pressions politiques venues de Bruxelles. Vous vous rappelez d'ailleurs que les Italiens, le gouvernement Salvini avait voulu remettre en question le Lyon-Turin. Ça a été aussitôt une bronca.

Il y a certainement des très grands intérêts industriels qui sont derrière, notamment les sociétés de construction de tunnels qui, évidemment, voient ce projet pharaonique tomber dans leur escarcelle. Voilà ce que c'est que l'Europe. Voilà.

C'est-à-dire qu'en fait, – et je reviens à ce que je disais – au lieu de rénover et de soigner nos routes, d'entretenir nos ponts, nos ouvrages d'art, eh bien le gouvernement français est contraint en fait de financer des infrastructures en Croatie, qui d'ailleurs ont été dévolues au géant du BTP public chinois, la grande entreprise publique de BTP chinoise. Le Premier ministre chinois est allé sur place à Dubrovnik. Entreprise, d'ailleurs, qui effectivement était la moins-disante.

Mais on ne sait pas comment sont calculés les coûts. Donc cet argent, non seulement il va à la Croatie, mais il sert à développer l'industrie chinoise du BTP. Je sais pas si vous voyez.

Il y a ça. Deuxièmement, on finance un éléphant blanc qui ne sera jamais rentable : un véritable scandale, encore un autre. Dans les générations futures, on se dira : « Mais comment a-t-on pu faire ça ? ».

Et pendant ce temps-là, eh bien 25 000 ponts menacent ruine. Je prends ici à témoin, en notre nom à tous, M. Macron, M.

Édouard Philippe et tous les membres du gouvernement français. Ils sont maintenant au courant. Pendant la campagne pour les élections européennes, j'avais déjà lourdement insisté.

Nous avons lancé un appel solennel au gouvernement français pour qu'il décide de rénover en urgence les ponts et les routes français, et en particulier les ouvrages d'art – les tunnels et les ponts – qui risquent de s'effondrer sous menace de morts. Maintenant, la balle est dans le camp de M. Macron et du gouvernement français.

Nous disons – nous – que la France peut financer un effort de restauration des ponts et des routes en France en ne versant pas la quote-part qu'elle verse à l'UE pour aller financer des infrastructures ailleurs, selon le proverbe, le dicton que « Charité bien ordonnée commence par soi-même ». Et donc la première chose à faire, c'est de dire à mesdames et messieurs de la Commission : « Écoutez, vous nous avez taxés de 25 milliards d'euros dont 9 ou 10 que vous nous rendrez pas. Eh bah cette fois, cette année, vous en aurez 300 millions d'euros, 500 millions d'euros de moins, parce qu'avec cet argent, nous allons rénover nos ponts et nos tunnels.

Voilà. Maintenant, si vous n'êtes pas contents, eh bah vous le dites publiquement. Et nous, nous dirons pourquoi on fait ça.

Parce que nous, nous voulons combattre les technocrates de Bruxelles. Et nous voulons sauver la vie des Français ou des non-Français, d'ailleurs ». Il y a aussi les touristes qui peuvent emprunter les ponts et les ouvrages d'art qu'il y a en France.

Voilà. La balle est maintenant dans le camp de M. Macron et du gouvernement.

J'espère qu'il n'y aura pas dans les semaines, les mois, les semestres qui viennent un effondrement de pont ou de tunnel qui causerait des dizaines de morts, parce que tous les Français qui voient cette vidéo pourront en témoigner : nous aurons été les seuls à tirer et tirer et tirer encore la sonnette d'alarme sur cette question. {Deux lois en France : la loi contre la haine sur Internet et la loi contre les violences éducatives, viennent d'être approuvées et même adoptées pour l'une d'entre elles. Qu'est-ce que cela vous inspire ?} Alors ce sont des sujets différents.

Il y a la loi sur les violences éducatives, que l'on appelle la loi anti-fessée dans le grand public, qui est due à une députée du MoDem : Mme Maud Petit, qui a fait ce projet. J'avoue que j'ai sur cette affaire une position un peu nuancée. Dans le grand public, on considère que c'est une loi attentatoire à la liberté d'éducation des parents vis-à-vis de leurs enfants, qui...

Voilà, les gens qui ont eu des enfants, dont je fais partie, savent que parfois, c'est très gentil de dire : « Voilà, on doit jamais faire de violences », etc., on doit jamais donner une petite tape sur les fesses de son gamin. Bon...

C'est pas si facile que ça. Il faut sans doute être comme M. Macron, qui n'a pas d'enfant, comme Mme Merkel, qui n'en a pas davantage pour penser que c'est très facile.

Donc de ce point de vue-là, je serais assez sceptique sur une loi de cette nature. Mais il y a un mais. Le mais, c'est que quand on s'intéresse d'un petit peu plus près aux tenants et aboutissants de tout ça, d'abord, la France a signé et ratifié une convention qui s'appelle la (NDLR : Convention internationale des droits de l'enfant), en 1990, dont fait partie une loi qui interdit justement les violences faites aux enfants, à juste titre.

La deuxième chose qu'il faut savoir, c'est qu'il y a déjà (NDLR : 55 pays) dans le monde qui ont pris des lois de cette nature. La France, donc, n'innove pas. Elle ne ferait que rejoindre le lot commun, qui ne se limite pas d'ailleurs aux pays d'Europe occidentale.

Voilà, il y a quand même à peu près un quart des pays du monde qui ont déjà pris des dispositifs de cette nature. Le troisième sujet, c'est que quand on pense à la loi anti-fessée, on pense effectivement à des parents excédés et qui tapent sur les fesses de leur enfant : une petite tape, quoi, voilà, un petit truc. Mais ce qu'il faut savoir, c'est que malheureusement, il y a des violences beaucoup plus graves.

Et il y a des parents indignes qui font des violences, qui se livrent à des violences terribles sur leurs enfants. J'avoue que j'ai été très ému d'apprendre qu'il y a au cours des années 2012-2016...

On a compté en France – tenez-vous bien – une moyenne de 72 enfants qui sont morts sous les coups de leurs parents par an, par an, c'est-à-dire un tous les 5 jours. Ça, c'est même pas inadmissible, c'est l'horreur. C'est l'horreur.

Comment peut-on se comporter comme ça avec un petit enfant ? Déjà avec une grande personne, d'ailleurs. Mais enfin avec un petit enfant, en plus, en plus.

Donc il y a une violence, une violence latente dans...

D'ailleurs, qui concerne tous les milieux. Je crois pas qu'il y ait un distinguo particulier sociologique à faire. Malheureusement, les faits divers...

J'ai horreur de parler de ça, moi. Ce sont des choses qui me bouleversent. Donc j'ai horreur de parler de ça.

Mais il y a des faits divers...

On apprend que tel ou tel parent a pris un nourrisson et l'a tellement secoué qu'il l'a quasiment démantibulé. On apprend vraiment des horreurs. Donc de ce point de vue-là, je trouve que cette loi, elle a quand même son sens.

Alors certains me diront : « Oui, mais de toute façon, il y avait des lois qui existaient auparavant lorsqu'il y a vraiment une atteinte à l'intégrité d'un enfant ». Cette loi, elle est un petit peu entre les deux. Et si j'ai bien compris les attendus de la loi, il est quand même question d'une loi essentiellement méliorative, comme on dit, qui améliore la situation, est pédagogique.

Donc certains...

Il faut pas verser d'un extrême à l'autre. Je pense que si des parents absolument excédés un jour se permettent de donner une petite tape sur les fesses d'un enfant de 6 ans, ils vont pas voir immédiatement la cour d'assises débarquer. Mais c'est quand même de la pédagogie.

Et c'est nécessaire pour que les parents sachent et admettent, intègrent le fait qu'un enfant, c'est un être humain, c'est un adulte en puissance, et qu'on doit respecter l'enfant autant que possible, et que lorsqu'on doit donner des ordres à des enfants qui peuvent désobéir – ça peut arriver –, eh bien on peut essayer d'avoir des ordres fermes en parlant avec fermeté, mais sans user de violence. Voilà. C'est un progrès.

D'ailleurs, souvent, on se fait mieux respecter d'un enfant quand on lui parle de façon extrêmement ferme et sans lever la main sur lui. Voilà. Donc c'est pour ça que sur cette loi, personnellement, je ne suis pas...

Il faut voir. Évidemment, il faudrait voir que ça ne débouche pas sur des situations ridicules. Mais je n'y suis pas foncièrement défavorable, à titre personnel.

On me demande mon avis, voilà, même si vous savez que sur ces questions sociologiques, voilà, l'UPR, ça n'est pas son genre de beauté. Nous, notre genre de beauté, c'est la liberté, la souveraineté de la France. Alors il en est tout autre chose, c'est tout autre chose de la deuxième loi dont on parle beaucoup ces temps-ci, qui est la loi dite de répression de la haine sur Internet.

Parce que cette loi, alors là, c'est tout à fait différent. Là, il s'agit de demander à des serveurs sur Internet de censurer, de supprimer tout propos haineux qui pourrait être tenu à raison de – je sais pas quoi – la race, de la religion, etc. Alors on comprend évidemment l'idée.

On comprend bien qu'il y a des propos qui choquent effectivement l'esprit commun, la bienveillance, etc., lorsque l'on voit des propos racistes carrément s'étaler sur Internet et sur la Toile. Ça, c'est vrai.

Mais le problème, c'est : qu'est-ce que c'est qu'un propos haineux ? Parce que ça peut aller très loin. Parce que lorsque je vois qu'on a une interprétation extrêmement générale...

Il y a notamment une affaire assez rocambolesque qui est, à la fin de l'année dernière, en 2018, la Commission européenne a mis sur pied au sein de l'Europe un système qui s'appelle RAS, qui vise à sanctionner toutes les manœuvres de désinformation qui pourraient circuler sur Internet. Ça a donc partie liée avec ce que l'on appelle les fake news, en bon français les infox. Donc ça a partie liée à ça.

Et d'ailleurs, la loi sur les fake news en France s'est inspirée de cette approche de la Commission européenne. Alors parmi les fake news, il y avait aussi les propos haineux. Mais qu'est-ce que c'est qu'un propos haineux ?

Est-ce que c'est un propos...

Est-ce que, par exemple, si l'on tient des propos peu amènes sur Macron, par exemple, est-ce que si quelqu'un se permet de dire – je sais pas – « Macron, ... » – ou tel ou tel ministre – « ...tête de con », par exemple, bon...

Ça peut arriver. Ça peut échapper. Mais est-ce que c'est un propos haineux ?

C'est une critique véhémente. Mais si c'est un propos haineux, ça veut dire qu'on va supprimer le truc. Et de proche en proche, on peut considérer qu'à la limite, quelqu'un qui reproche une politique au gouvernement, c'est un propos haineux.

J'ai vu d'ailleurs que sur certaines de mes vidéos, comme la vidéo que j'avais faite lors de mon entretien sur TV Libertés, où j'explique par le menu détail qui est Mme von der Leyen, qui est Mme Christine Lagarde, comment les Américains, comment les Allemands ont investi les cercles de pouvoir au sein de l'UE, comment tout ceci fonctionne au détriment de la démocratie, est en train d'installer une dictature, j'ai vu parmi le fil de discussion, où il y a...

Il faut le reconnaître. J'en suis très flatté. Il y a énormément d'approbations.

Mais il y a de temps en temps des trolls qui sont ici ou là. Et certains...

J'ai vu un troll qui disait que je nourrissais la haine à l'égard de l'UE. J'ai pas de la haine à l'égard de l'UE. Je combats l'UE.

Je dis que c'est une dictature qui ne dit pas son nom. Mais pour certains européistes, le simple fait de dire que la construction européenne est en fait une dictature qui ne dit pas son nom serait un propos haineux. Donc on voit bien que de proche en proche, on risque de mettre le doigt dans un engrenage absolument épouvantable.

La rapporteuse, d'ailleurs, de ce projet de loi, qui s'appelle Laetitia Avia, qui est une députée En marche d'origine togolaise...

Elle avait fait sensation...

Une fois, j'ai débattu d'ailleurs avec elle (NDLR : sur CNews). Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'elle n'était pas du tout sympathique. Elle est d'une agressivité extrême.

Mais je rappelle que Mme Avia, qui est ainsi, qui veut pourfendre la haine sur Internet, d'abord, elle s'est permis en présentant comme rapporteuse de la loi, elle s'est permis de traiter de (NDLR : têtes d'œuf) ses opposants, ce qui n'est pas un propos particulièrement affectueux. Moi, j'appelle ça un propos haineux. Et je rappelle également que Mme Avia, en 2017, s'était fait remarquer...

Notamment, ça avait été épinglé par Le Canard enchaîné et par le journal Le Point, parce qu'elle avait été prise dans un taxi, et puis comme elle n'avait pas d'argent sur elle et qu'à la fin de la course, le chauffeur de taxi voulait simplement qu'elle paye sa course, paraît-il qu'elle l'avait mordu, elle l'avait pris, elle l'avait mordu au sang. C'est pas spécialement un propos affectif. Donc Mme Avia, qui mord les chauffeurs de taxi comme ça en pleine nuit, qu'elle soit là à défendre un projet de loi pour lutter contre la haine, ça prête quand même à rigoler, mais en fait à rire jaune.

À rire jaune parce que cette loi s'inscrit dans une espèce de dérive où les libertés publiques sont de plus en plus menacées. Et il n'y a pas que l'UPR qui le dit. Il y a de plus en plus d'observateurs en France qui le disent, des observateurs qui ne sont pas de l'UPR, qui sont à gauche, qui sont à droite, qui sont des blogueurs, etc.

Et pas seulement en France. Je rappelle qu'au moment du (NDLR : Conseil des droits de l'homme des Nations unies), Mme Bachelet, ancienne présidente de la République du Chili, lors du rapport de cette commission des droits de l'homme de l'ONU, qui était sorti – je crois – au mois de mars dernier, publié à Genève...

Eh bien la France avait été considérée en matière de démocratie, de respect des droits de l'homme à peu près à égalité entre le Zimbabwe et Haïti par la présidente du Chili. Alors évidemment, les gens d'En marche avaient hurlé au scandale. Mais c'est quand même la vérité.

Je rappelle qu'il y a eu 500 dépôts de plainte qui ont été déposés contre le ministre de l'Intérieur M. Castaner au moment des violences contre les manifestants. Je rappelle que ces 500 et quelques dépôts de plainte ont été jugés non recevables.

Je rappelle également qu'il y avait un dépôt de plainte qui était contre M. Benalla et qui, ces jours-ci, a été classé sans suite par le tribunal de grande instance de Paris, je crois. Et puis je signale que très récemment, dans un journal américain des consciences morales américaines, (NDLR : Jonathan Turley), qui est un homme dont les tribunes sont souvent très commentées, et qui est un homme de gauche, il vient d'écrire une tribune dans laquelle il dit que la France, je le cite... « La France est devenue l'une des menaces mondiales pour la liberté d'expression ».

C'est quand même pas rien. C'est quand même pas rien. Et pour clore ce chapitre, je signale que l'Allemagne a adopté il y a un an à peu près une loi un peu comparable à celle que Mme Avia est en train de faire avaliser par le Parlement, c'est-à-dire par les députés de En marche.

Et en fait, qu'est-ce qui se passe ? Il se passe que les Allemands ont le sentiment d'une rétraction de plus en plus importante de leur liberté d'expression. Voilà.

C'est-à-dire qu'effectivement, on doit pas critiquer à partir des religions. On doit pas critiquer les religions. Pas de propos haineux vis-à-vis des religions.

Dans l'esprit des personnes qui font ça, c'est probablement en priorité peut-être contre les propos antisémites. Mais c'est également utilisé pour les propos qui critiquent la religion musulmane, ou qui peuvent critiquer telle ou telle version de la religion chrétienne, que ça soit le catholicisme ou bien les différentes religions protestantes. On peut avoir progressivement une rétraction de la liberté de pensée.

Je m'explique. Par exemple, il y a sur de nombreux sujets...

En particulier concernant les questions d'immigration. Nous, nous avons une ligne qui est invariable depuis 12 ans. Nous, nous sommes un mouvement républicain.

Tout ce qui est racisme, antisémitisme nous est complètement étranger. Bon. Mais je pense en conscience que de ce point de vue-là, les États-Unis d'Amérique nous donnent quand même plutôt une leçon.

Vous savez, le premier amendement de la Constitution, c'est quand même la liberté d'expression. Et donc je pense que...

Alors il y a des propos intolérables, mais qui sont déjà punis par la loi. La loi prévoit déjà en France de lutter contre le racisme, l'antisémitisme, de lutter également contre la diffamation, contre les injures. Donc on a déjà un appareil juridique pour lutter contre les formes les plus outrancières et les plus nauséabondes de la liberté d'expression.

Mais lorsque l'on en vient à avoir une espèce d'interdiction générale des propos haineux, sachant que tout peut être qualifié de haineux à partir du moment où on critique quelqu'un, eh bien je pense que c'est un engrenage terrible. J'espère, j'espère...

Malheureusement, il y a eu très peu de députés qui ont voté contre. Il faut espérer que 60 députés et sénateurs vont saisir le Conseil constitutionnel après le vote définitif de la loi, si ce vote a lieu. Et ce sera déféré au Conseil constitutionnel avant sa promulgation pour que le Conseil constitutionnel, garant des libertés publiques en France, mettre le holà à cette dérive.

C'est un sujet qui est toujours difficile. Ça a toujours été difficile, la liberté d'expression. Il y avait un dicton célèbre qui disait : « Pas de liberté pour les ennemis de la liberté ».

Enfin c'est comme ça qu'on en arrive à avoir des pays totalitaires qui interdisent toute voix dissidente. Il faut donc que le gouvernement et l'État trouvent un juste milieu. Le juste milieu...

Moi, je ne pense pas qu'il y ait une urgence absolue à légiférer sur ces questions. Je ne vois pas l'intérêt. Je crains en revanche qu'il y ait une vraie menace désormais pour la liberté d'expression en France et pour les libertés publiques de façon générale, puisque de toute façon, des propos qui sont des propos exagérés, excessifs, eh bien ils tombent d'eux-mêmes.

Les gens ne leur donnent pas suite. Voilà. En revanche, le problème, c'est qu'il y a parfois des critiques qui font mal, notamment à M.

Macron, mais parce qu'elles sont justifiées. {Bien merci d'avoir répondu à toutes ces questions. Pour conclure cet entretien, est-ce que vous auriez un dernier mot à ajouter ?} Il y a énormément d'informations.

L'actualité est extrêmement riche. J'ai pas parlé des menaces concernant l'Iran, avec l'annonce par le gouvernement iranien d'enrichir davantage l'uranium que ce qu'il avait fait. Il y a beaucoup d'informations...

J'aurais voulu dire un mot sur l'achat par la Turquie de missiles S-400 russes pour se protéger de toute attaque de chasseurs étrangers. Vous savez que les Américains mettent une pression maximum sur le gouvernement de M. Erdogan, le président turc, pour empêcher cet achat de S-400.

Et M. Erdogan a maintenu qu'il les achèterait. Donc du coup, les Américains ont dit : « Si c'est ça, on vous exclut du programme d'avions chasseurs furtifs F-35 ».

À ce moment-là, donc, les Turcs ont dit : « Mais nous, on a déjà donné 1,5 milliard de dollars dans ce programme. C'est du vol ». Enfin ça veut dire que la tension est à son comble entre la Turquie et les États-Unis d'Amérique.

États-Unis d'Amérique qui se mettent quand même énormément de personnes à dos. On dirait Macron qui se met à dos un nombre de personnes incalculable au sein de l'Europe et en deçà. Je voudrais dire...

Qu'est-ce que je voudrais dire ? Pour terminer, des choses un petit peu plus légères. Première chose un peu...

Pas forcément légère mais qui sort un peu de la politique et de la tristesse de la situation. Un mot concernant M. Hollande.

M. Hollande, qui a fait un entrechat, un pas de deux, enfin qui est monté sur une scène pendant le festival d'Avignon. Ça s'est passé (NDLR : le 6 juillet dernier).

On a vu M. Hollande qui, décidément, ne sait pas quoi faire pour essayer de se rappeler au bon souvenir des Français. Vous vous rappelez, il y a environ 6 mois, 8 mois, on avait appris que, paraît-il...

On avait appris ça de la bouche de Mme Julie Gayet, qui nous avait assuré avec le plus grand sérieux qui soit...

Elle nous avait assuré que les Français en pinçaient pour François Hollande et espéraient son retour. Bon...

Il n'a jamais été question, je crois, chez aucun Français, ou très peu de Français en tout cas, de vouloir que le successeur de M. Macron soit un retour de M. Hollande.

En attendant, comme ça a fait un pétard mouillé, M. Hollande est remonté sur des scènes, voilà, et donc au festival d'Avignon. Alors je raconte ça parce que c'est un peu rigolo, mais c'est aussi un témoignage de ce que il y a une espèce de scène politicarde politicienne avec des dirigeants qui ne savent plus très bien ce que c'est qu'un journaliste, ce que c'est qu'un acteur et ce que c'est qu'un responsable politique.

On a l'impression qu'il y a une espèce de grand méli-mélo dans les esprits, où un responsable politique, ça doit être un acteur de cinéma comme ça, qui doit être maquillé du matin au soir comme l'est M. Macron avec des dépenses phénoménales aux frais du contribuable pour avoir du fond de teint et du maquillage. On est copains également avec les journalistes.

Vous vous rappelez que pendant la campagne pour les élections européennes, M. Glucksmann, qui vit avec Léa Salamé...

Mme Léa Salamé, qui est journaliste, s'était donc fait excuser. Je reproche pas à M. Glucksmann de vivre une vie heureuse avec Mme Léa Salamé.

Je pointe simplement du doigt quelque chose qui est que les frontières qui devraient être extrêmement étanches entre les journalistes, qui devraient avoir la totale liberté d'analyse, qui ne devraient dépendre ni de leur rédaction en chef, ni des actionnaires de leur média, mais pas davantage non plus d'entretenir des liens amicaux, etc., ou très amicaux avec les responsables politiques...

Je pense que ça devrait être interdit. Il devrait y avoir ça dans la charte des journalistes. Et si un journaliste prend comme conjoint un responsable politique, une responsable politique, eh bien à ce moment-là, la déontologie voudrait que...

C'est d'ailleurs ce qu'a fait Mme Léa Salamé, de se retirer de ses fonctions de journaliste. C'est pareil avec les hommes de théâtre, avec M. Hollande, avec Julie Gayet.

Voilà. Il y a une espèce de mélange qui, en fait, n'est pas sain, n'est pas sain parce qu'on a l'impression que les responsables politiques ne prennent plus très au sérieux la fonction politique. On a l'impression qu'ils ont engrammé, comme on dit en psychologie, qu'ils ont intégré dans leur psychisme le fait que la politique n'est pas très sérieuse, la seule chose qui existe, c'est d'enfumer les gens avec des opérations de com', des coups de com', avec ci, avec ça, mais que le fond du sujet, en fait, n'a pas d'intérêt.

On retombe sur la question de la superficialité française dont j'ai parlé au sujet de l'infiltration des responsables de la Commission européenne et des institutions européennes par l'Allemagne, et le dilettantisme coupable et irresponsable des Français. Il faut rétablir le sérieux, l'honorabilité, le sens des responsabilités, le sens de l'avenir, le sens de la dignité des gens qui font de la politique. C'est en tout cas ce que nous, nous essayons de faire à l'UPR depuis maintenant 12 ans.

Voilà ce que je voulais dire. Une autre chose que je voudrais dire, c'est que nous sommes le 10 juillet. Donc dans 4 jours, ça sera le 14 juillet.

J'ai mis d'ailleurs une cravate bleu-blanc-rouge frappée de l'écusson du Stade français. C'est une cravate pour les amateurs de rugby. Mais c'était bleu-blanc-rouge...

Le blanc est avec ma chemise, pour rappeler que nous allons fêter notre fête nationale le 14 juillet dans quelques jours. Donc par avance, je dis : « Bonne fête nationale » à toutes celles et à tous ceux qui m'écoutent, ou qui m'écouteront. La fête nationale le 14 juillet, j'ai déjà eu l'occasion de le rappeler, dont je me permets de rappeler une nouvelle fois que le 14 juillet ne célèbre pas uniquement la prise de la Bastille du 14 juillet 1789.

Beaucoup de gens croient que le 14 juillet, c'est la prise de la Bastille. C'est vrai. C'est vrai que le 14 juillet 1789 a eu lieu la prise de la Bastille, une prison qui était d'ailleurs à peu près vide.

Il y avait le gouverneur avec simplement 7 prisonniers, paraît-il. Le scandale, c'était un symbole. C'était le symbole de l'arbitraire royal, puisque le roi de France, avec une lettre de cachet – comme on pouvait dire –, pouvait dire tout simplement : « Écoutez, je n'aime pas ce monsieur.

Vous allez l'embastiller ». Voilà. Il n'y avait pas de jugement.

Il n'y avait rien. C'était simplement : « Tel est notre bon vouloir ». C'était donc l'arbitraire royal dans sa splendeur.

Et la prise de la Bastille a été un symbole avant toute autre chose, même s'il y a eu quelques personnes dont la tête a été coupée à cette occasion. Et puis il y a eu un petit malin de la rue du Faubourg Saint-Antoine, M. Palloy, qui était un entrepreneur, qui a récupéré des pierres de l'édifice et qui a commencé à sculpter des bastilles pour les vendre à l'intérieur d'une pierre de la Bastille.

Puis il a également récupéré les chaînes qui étaient à l'entrée de la Bastille. Il a récupéré le plomb et le métal qu'il y avait là. Il a fondu des médailles qu'on appellait des médailles Palloy, qui sont fondues à partir des vrais fers qui entouraient la Bastille.

J'ai la chance d'en avoir une chez moi dans ma collection. C'est un morceau d'histoire de France qui m'est très cher. Alors le 14 juillet que nous fêtons, ça n'est pas seulement le 14 juillet 1789.

C'est également le 14 juillet 1790, parce qu'un an après, pour célébrer justement la prise de la Bastille qui lançait la Révolution française, eh bien il y avait eu la grande Fête de la Fédération qui, dans l'esprit des responsables du temps, clôturait la Révolution. Faut bien comprendre ça. C'est qu'un an après, nos aïeux pensaient que le 14 juillet 1790, c'était à peu près la fin de la Révolution ?

Pourquoi ? Eh bien parce que Louis XVI, en gros, avait suivi le mouvement. Le 14 juillet 1790, on avait réuni sur le Champ-de-Mars à Paris, là où il y a aujourd'hui la tour Eiffel, dédié donc à des exercices militaires, puisque Mars, c'était le dieu de l'armée pour les anciens Romains...

Donc on avait réuni des représentants de toutes les provinces de France. Et on avait célébré la fin des provinces. Vous savez que début 1790, il y avait eu donc la loi sur la fin des provinces de France et le découpage par les départements pour assurer l'égalité de tous les citoyens français devant la loi.

Plus de lois privées, plus de privilèges, plus de parlements séparés, plus de poids et mesures différents, etc. C'était l'uniformisation jacobine. Paraît-il que c'est aujourd'hui très mal.

Mais en tout cas, c'était peut-être très mal, mais la France a très bien fonctionné. Et elle fonctionnait finalement à la grande satisfaction des Français tout au long du XIXe et du XXe siècle. Aujourd'hui, nous avons des dirigeants qui, sous l'influence de l'Europe, qui veut créer l'Europe des régions...

Est en train d'hétérogénéiser la France, de recréer des privilèges, des lois spécifiques, des droits...

Alors l'Alsace va pouvoir faire ci. Par exemple, l'Alsace va pouvoir prendre des péages sur les routes nationales. Donc on introduit les péages routiers, sur lesquels j'ai déjà attiré l'attention de mes auditeurs dans des émissions antérieures.

On introduit ça par la bande. Voilà. On fait des petites tentatives, etc.

Progressivement, c'est tout le vivre-ensemble, comme on dit maintenant, de la France, des citoyens français qui se désagrège, puisque l'idée même de l'Europe des régions, c'est en fait de tuer le sentiment d'appartenance nationale et d'avoir des sous-entités régionales qui seraient beaucoup plus faciles à manipuler dans le cadre des grands États-Unis d'Europe, où la France, l'Espagne, l'Italie, la Belgique disparaîtraient au profit de ces méga-régions. Alors je fais ce petit rappel historique parce qu'alors que nous allons célébrer le 14 juillet, la fête nationale, je voudrais rappeler notamment à Macron et au gouvernement français, et à tous ceux qui nous dirigent que ce qu'ils célèbrent, ça n'est pas le 14 juillet 1789 uniquement. C'est aussi le 14 juillet 1790.

Et cette loi, enfin la loi qui a instauré la fête nationale en France, elle date de la Troisième République – vous le savez peut-être –. Je crois qu'elle a...

Alors je dis de mémoire. J'ai pas revu mes classiques avant de parler. Mais de mémoire, je crois que c'est aux alentours de 1883.

Je crois que c'est le député Raspail qui a proposé cette commémoration. Et il a eu cette idée du 14 juillet. C'était une idée intelligente, une idée rassembleuse : la volonté de réunir la droite et la gauche, parce que dans l'imaginaire collectif, le 14 juillet 1789 est plutôt une fête de gauche, puisqu'on met à bas l'arbitraire, la monarchie absolue, c'est un acte de violence fondatrice, on libère des prisonniers, on coupe la tête du gouverneur, on met fin à la monarchie absolue.

Donc c'est plutôt un événement globalement de gauche, alors que la Fête de la Fédération, c'est quand même plutôt un événement de droite, puisque c'est la fédération de la France derrière Louis XVI, qui va devenir avec la première Constitution française du (NDLR : 14 septembre 1791) le roi des Français. Donc il va devenir non plus roi de France mais roi des Français. Et pendant cette période, la mi-1790, eh bien les Français, nos aïeux vont nourrir l'idée que la Révolution est terminée et que la France va devenir une monarchie constitutionnelle à l'anglaise avec un roi qui assure la filiation historique à travers les siècles, mais qui a accepté que le pouvoir soit désormais le pouvoir du peuple, la création de la souveraineté nationale.

Il perd le titre de roi de France. Il devient roi des Français. Et puis on va adopter le drapeau bleu-blanc-rouge, qui symbolise justement la fin de la souveraineté de droit divin et l'arrivée de la souveraineté nationale.

Je renvoie toutes celles et tous ceux qui ne seraient pas tout à fait à l'aise avec ces sujets...

Il y a des tas de choses qui existent sur Internet. Mais pourquoi pas profiter des longues soirées d'été pour visionner ma conférence qui s'appelle « L'histoire de France », où j'explique tout ceci ? Je crois que ça peut éventuellement intéresser ceux qui ne le sauraient pas.

Voilà. Me voici arrivé au terme de ce long entretien d'actualité. Merci à toutes et à tous de l'avoir suivi.

Merci pour votre fidélité. Vive la République et vive la France.