Iftar des Ambassadeurs, avec le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez
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Chapitres
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« L'Islam de France n'est pas un Islam en marge. Il est un Islam pleinement inscrit dans l'histoire nationale, dans le cadre des lois de la République, dans le respect scrupuleux des lois de la laïcité. »
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« Nous y affirmons avec force, avec clarté, que l'islam, dans sa dimension spirituelle et ethnique, est compatible, totalement et compatible, avec les lois de la République et les principes républicains. »
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« La Grande Mosquée de Paris lutte sans relâche contre toutes les formes de discrimination, qu'elle vise les musulmans ou d'autres tout autre citoyen, quel que soit sa croyance ou sa non croyance. »
- 11:00Locuteur 1Fait
« Je rappelle tout simplement l'assassinat horrible d'Abou Bakar Cissé le 25 avril 2025 qui a profondément choqué nos concitoyens musulmans. »
- 11:30Locuteur 1Fait
« Un mois plus tard, simplement un mois plus tard, le 31 mai 2025, un ressortissant tunisien, Monsieur Hicham Mirawi, tué par la malveillance raciste de son voisin, a ravivé encore une fois ce sentiment d'insécurité. »
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« 90 % des musulmans sondés estiment qu'il est parfaitement possible d'être intégré dans la société française tout en pratiquant leur religion. »
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« 120 imams, fonctionnaires de l'État algérien qui ont travaillé ici dans nos mosquées, n'ont jamais fait l'objet d'une quelconque incrimination, que ce soit sur le plan judiciaire, que ce soit lorsqu'ils sont sur le minbar en train de faire leur prêche éventuellement de l'incitation à la haine ou quoi que ce soit. »
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« 57 imams anciennement détachés par l'État algérien ont décidé de relever le défi pour se dévouer aux musulmans de France. »
- 22:00Locuteur 2Chiffre
« Les actes anti-musulmans en revanche eux ont bondi. Les chiffres sont sans appel. 326 actes anti-musulmans recensés soit plus 88 % c'est la plus forte hausse enregistrée depuis 2015. »
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Bienvenue à tout le monde. Pour ceux qui jeûnent, ça Ramadan comme. Monsieur le ministre, cher monsieur Laurent Nunez, madame Vedrine, ministre déléguée chargée de la citoyenneté, mesdames et messieurs les ambassadeurs, excellence, consuls et représentants du corps diplomatique, monsieur le préfet de Paris, comme je sais que vous êtes très susceptibles, je vais donc dire monsieur Marc Guillaume, préfet de région, voilà.
Ça va, tout va ? Vous allez pas me retirer ça dans 22 ans en me disant que bon. Monsieur For, préfet de police de Paris, madame la maire de Paris, chère Anne Hidalgo, madame Florence Berthout, chère Florence, maire du 5e, mesdames et messieurs les députés, sénateurs et élus de la République, madame la ministre Ségolène Royal, présidente de l'association France-Algérie, je sais pas où elle est, !
Mesdames et messieurs les responsables des cultes en France, monseigneur Laurent Ulrich, archevêque de Paris, monsieur Dimitrios Ploumis, métropolite de France, bon, c'est Najat Vallaud-Belkacem. Monsieur Christian Krieger, président de la Fédération Protestante de France, Anthony, cher Anthony Bousmar, président co-président de l'Union Bouddhiste de France, le père Christophe Le Sourd, secrétaire général de la Conférence des Évêques de France, monsieur le grand rabbin Moché, Moché Lewin, mon ami, merci d'être là. Messieurs les rabbins Moché Sebbagh et Dov Elbilya.
Je les ai pas vus, ils sont là ou ? Bon. Père Jean-François Bour, directeur du service national pour les relations avec les musulmans.
Cher Jean-François. [raclement de gorge] Madame la présidente de Sant'Egidio France, chère Valérie. Mon frère Hassan Iquioussen, secrétaire général de la Fédération Française de la des associations musulmanes d'Afrique et des Comores.
Messieurs les aumôniers musulmans nationaux des hôpitaux et de l'armée. Madame Dora Catuti, conseillère de monsieur le président de la République. Mesdames et messieurs les conseillers de monsieur le Premier Ministre, de monsieur le ministre de l'Intérieur et de monsieur le ministre des Affaires Étrangères.
Madame Pascale L'Eglise, chère Pascale. [raclement de gorge] Directrice des libertés publiques et des affaires juridiques. Nous avons, elle et moi, un projet, c'est de réussir peut-être un jour à cuisiner, c'est elle qui cuisine et moi c'est moi qui servirai ici dans cette salle Émir Abdelkader, le couscous que voudra bien mettre à notre disposition madame la directrice des libertés publiques et des affaires juridiques.
Monsieur Mathias Ott, délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT, monsieur le préfet. Madame Parvine Lacombe, bonjour Parvine. Chef du bureau central des cultes.
Monsieur Sami Messouaki. Il est ? Salut Sami.
Ça ? Anne-Claire Legendre, avec elle et moi nous sommes des anciens combattants. Elle elle est revenue sur le devant de la scène en tant que présidente de l'Institut du Monde Arabe.
Ça m'a fait beaucoup beaucoup plaisir. Votre élection à cette à la tête de cette institution. Monsieur Khaled El Enany, monsieur l'ambassadeur, directeur général de l'UNESCO, c'est je crois la première fois que vous êtes parmi nous ici à la Grande Mosquée de Paris.
Je vous souhaite la bienvenue et j'espère que ce sera pas la dernière. On fera d'autres repas, inch Allah. Madame Aziza Ben Gabrit, alors Madame Aziza Ben Gabrit, pour celles et ceux qui ne la connaissent pas, c'est la fille du fondateur de la Grande Mosquée de Paris, Si Hamdou Ben Gabrit.
Mes chers imams, mes chouyoukh, mesdames et messieurs, chers amis, c'est avec conscience, une profonde conscience, des défis de notre temps et confiance dans notre capacité à les relever ensemble, avec honneur et responsabilité, que nous nous retrouvons ce soir à la Grande Mosquée de Paris pour ce qu'on appelle désormais l'iftar des ambassadeurs. Cet iftar qui en est à sa 5e édition est devenue désormais une tradition. Et je tiens à remercier mesdames et messieurs les ambassadeurs, monsieur le doyen, d'avoir toujours répondu, chaque année, à mon invitation.
Nous nous retrouvons ici à la Grande Mosquée de Paris, en ce lieu de paix, en ce mois de paix, le Ramadan, et nos premières pensées se tournent vers le Moyen-Orient, où tant de familles vivent l'incertitude, la peur et la souffrance. Nous regardons, je crois, avec inquiétude les conflits qui ravagent aujourd'hui cette région du monde et nous prions pour que le dialogue prime sur la force. Chaque destruction, chaque violence compromettent l'éclosion d'une paix durable.
Face à cette grave et terrible instabilité, les acteurs religieux doivent espérer ensemble que la sacralité de la vie humaine l'emportera sur la logique de guerre. À travers les valeurs de patience et de compassion du mois béni de Ramadan, à travers notre rassemblement ce soir, puissions-nous incarner ensemble la fraternité de tous les peuples. Le mois de Ramadan est un temps d'élévation spirituelle, de maîtrise de soi, de partage et de sérénité.
Il invite chacun à purifier son âme, à élever son esprit et à s'ouvrir surtout davantage à l'autre. Votre présence, Monsieur Ministre, cher Laurent, honore cette maison et au-delà, honore la République. Elle témoigne, votre présence, d'une conviction essentielle.
Le dialogue entre l'État et les cultes n'est pas seulement une nécessité institutionnelle, il est une exigence morale et civique. L'Islam de France n'est pas un Islam en marge. Il est un Islam pleinement inscrit dans l'histoire nationale, dans le cadre des lois de la République, dans le respect scrupuleux des lois de la laïcité.
Cette laïcité, dont nous avons célébré récemment le 120e anniversaire en décembre 2025, n'est pas l'effacement du fait religieux, elle est la garantie précieuse de la liberté de conscience et surtout de la coexistence harmonieuse des convictions. Depuis 3 ans, monsieur le ministre, avec des imams, des intellectuels, des responsables des autres cultes de France, des hommes politiques, des hommes de terrain et des universitaires, des universitaires, pardon, venus de divers horizons, nous avons tra- nous avons mené un travail collectif exigeant. Il a abouti le 10 février dernier à la publication de l'ouvrage Musulmans en Occident, pratiques cultuelles immuables et présences adaptées.
Ce livre n'est ni un manifeste politique, ni une posture circonstancielle. Il est le fruit d'une réflexion profonde sur la manière dont les musulmans vivant en Occident peuvent conjuguer à la fois fidélité aux principes cultuels immuables et adaptation éclairée aux réalités sociales, juridiques et culturelles de leur pays. Nous y affirmons avec force, avec clarté, que l'islam, dans sa dimension spirituelle et ethnique, est compatible, totalement et compatible, avec les lois de la République et les principes républicains.
Mieux encore, qu'il invite au respect des lois. L'islam invite tout un chacun, tout croyant, à respecter les lois, à la loyauté envers la patrie et à la contribution active au bien commun. Au cœur de cet ouvrage figure la charte de Paris, qui est un texte d'engagement moral et civique.
Cette charte rappelle que le musulman de France est attaché à la dignité humaine, à à totale entre les citoyens, à la liberté de conscience et qui le refuse toute instrumentalisation politique de sa foi. Monsieur le ministre, je serais très honoré de vous remettre tout à l'heure ce soir un exemplaire de la charte de Paris qui deviendra pour nous la référence de la contribution de la Grande Mosquée de Paris à la République. Il symbolise ce travail notre volonté d'inscrire l'Islam dans une dynamique constructive, apaisée et pleinement républicaine.
En 2026, nous continuerons de tracer cette inscription en convoquant aussi l'histoire puisque cette année, c'est l'année du centenaire de la Grande Mosquée de Paris qui nous invite à la mémoire et à la reconnaissance. Son inauguration en 1926 fut un acte républicain majeur. La République en son temps a voulu offrir aux musulmans de France, notamment à ceux qui avaient versé le sang pour elle, un lieu digne, visible et prestigieux pour prier et vivre leur culte.
Permettre aux musulmans de s'adonner à leur rite dans un site aussi emblématique face aux Jardins des Plantes, à deux pas de Notre-Dame de Paris, Monseigneur, et du Panthéon est un symbole puissant. C'est l'expression concrète cette construction de cette mosquée en 1926 d'une République qui reconnaît la pluralité de ses enfants et leur garantit la liberté de conscience dans le respect de ses principes. Et je forme le vœu que la mémoire de Si Kaddour Benghabrit, fondateur de cette institution artisan du dialogue, serviteur fidèle de la France puisse un jour recevoir l'hommage national qu'elle mérite.
Le Panthéon incarne cette gratitude que la nation témoigne à celles et ceux qui l'ont honoré. La Grande Mosquée de Paris assume pleinement sa responsabilité morale et spirituelle dans le contexte actuel. La Grande Mosquée de Paris lutte sans relâche contre toutes les formes de discrimination, qu'elle vise les musulmans ou d'autres tout autre citoyen, quel que soit sa croyance ou sa non croyance, la la Grande Mosquée de Paris s'élèvera toujours contre toutes ces formes de discrimination, de racisme ou d'antisémitisme.
Elle lutte sans relâche contre toutes ces formes et elle combat avec la même fermeté l'extrémisme religieux et en particulier cette idéologie islamiste qui nous fait tant de mal, qui trahit fortement les principes spirituels de l'Islam et menace l'unité de notre pays. Par son enseignement, par la formation des imams par son travail théologique et par son engagement constant en faveur du dialogue interreligieux la Grande Mosquée de Paris se veut un phare pour les musulmans de France, un repère de mesure, d'équilibre et de fidélité aux valeurs républicaines. Mais je ne saurais taire, Monsieur le Ministre, l'inquiétude profonde qui traverse aujourd'hui nos concitoyens de confession musulmane.
Nous assistons malheureusement à une montée préoccupante des actes et des discours anti-musulmans. Les menaces les agressions, les propos stigmatisants blessent et inquiètent. Ils installent un climat un climat délétère qui fragilise la cohésion nationale.
Je rappelle tout simplement l'assassinat horrible d'Abou Bakar Cissé le 25 avril 2025 qui a profondément choqué nos concitoyens musulmans. Un mois plus tard, simplement un mois plus tard, le 31 mai 2025, un ressortissant tunisien, Monsieur Hicham Mirawi, tué par la malveillance raciste de son voisin, a ravivé encore une fois ce sentiment d'insécurité. Au-delà des circonstances propres à chaque drame, ces actes ont été vécus comme le symptôme d'un environnement où la haine peut trouver un terrain fertile.
Et nous le disons aujourd'hui avec gravité, aucune vie ne doit être hiérarchisée. Aucune foi ne doit être exposée à la peur. Lorsque les musulmans sont visés parce qu'ils sont musulmans, comme toute autre personne en raison de leur appartenance, c'est la République toute entière qui est atteinte.
Beaucoup de nos concitoyens, Monsieur le Ministre, musulmans ont aujourd'hui le sentiment d'être constamment sommés de se justifier, d'être perçus à travers le prisme de la suspicion. Pourtant, ils sont médecins, magistrats, avocats, fonctionnaires, enseignants, ouvriers, entrepreneurs, chercheurs, fonctionnaires. Ils sont tous engagés dans la vie associative.
Ils sont profondément, et je le répète avec force, attachés à leur pays, la France. Ils ne se vivent pas comme des hommes provisoires ou des gens qui sont venus pour quelques années même si ce sont des décennies mais comme des citoyens à part entière français par le droit par le cœur et par l'histoire. Mais le désarroi monsieur le ministre, il est réel et il est palpable.
Le sentiment d'abandon également et il est à mon avis de notre responsabilité collective, responsabilité religieuse, responsable public de ne pas laisser prospérer ces fractures invisibles. Très prochainement la Grande Mosquée de Paris publiera un 2e sondage à la suite de l'Observatoire des discriminations envers les musulmans de France qu'elle avait fait paraître avec l'IFOP qu'au mois de septembre 2025. J'ai même invité monsieur François Cros qui est là, éventuellement il pourra vous donner des explications puisqu'il a participé de manière très active à ce sondage et François, je tenais à te remercier parce que tu as fait l'objet de beaucoup de critiques à un moment donné, tu as eu des détracteurs et j'ai voulu par le biais d'un communiqué dire que tu avais fait un travail de professionnel et j'étais très heureux de faire ta connaissance et de travailler avec toi sur ce sondage.
Ce nouveau sondage va révéler combien les citoyens de confession musulmane adhèrent totalement, intégralement aux valeurs de la République, à sa devise de liberté, d'égalité et de fraternité et au dialogue avec avec toutes les composantes de notre nation. 90 % des musulmans sondés estiment qu'il est parfaitement possible d'être intégré dans la société française tout en pratiquant leur religion. Monsieur le ministre, cher Laurent la Grande Mosquée de Paris, on me le reproche souvent d'agir dans de nombreux domaines.
Mais parmi ces chantiers majeurs, je voudrais vous parler de l'avenir des imams en France. Permettez-moi par conséquent, cher Laurent, d'évoquer la situation des imams anciennement détachés d'Algérie. Vous savez qu'à partir de 1982, ces imams ont exercé ici en France leur mission dans nos mosquées avec sérieux, loyauté et dévouement.
Je peux dire depuis 1982 jusqu'à la fin de l'année 2023, tous les imams, 120 imams, fonctionnaires de l'État algérien qui ont travaillé ici dans nos mosquées, n'ont jamais fait l'objet d'une quelconque incrimination, que ce soit sur le plan judiciaire, que ce soit lorsqu'ils sont sur le minbar en train de faire leur prêche éventuellement de l'incitation à la haine ou quoi que ce soit. Au contraire, ils ont toujours été véritablement des compositeurs amiables qui ont toujours ici en France, pourtant ce n'était pas leur pays, de d'essayer d'orienter, de canaliser la communauté musulmane de France. Ils ont à chaque fois prêché un islam de mesure, de paix, respectueux des lois de la République française.
Ils ont ces imams détachés accompagné des générations de fidèles, apaisé des tensions, contribué à la stabilité dans de nombreux territoires de France. Aujourd'hui, nous assurons le processus de passage à leur emploi local, mais certains rencontrent encore des difficultés très importantes, voire même vexatoires, pour l'obtention et le renouvellement de leur titre de séjour. Sans m'étendre bien évidemment sur ces mesures incompréhensibles, je citerai certaines situations uniques.
Il y en a qui font l'objet de d'OQTF, d'assignation à résidence, contraignant l'imam à se déplacer pour signer sur un registre. 57 imams anciennement détachés par l'État algérien ont décidé de relever le défi pour se dévouer aux musulmans de France. Nous avons fait un travail depuis fin de 2023 avec l'aide du Bureau central des cultes et avec Madame Lacombe, nous avons reçu ces imams, nous avons reçu les associations pour leur expliquer à l'heure de début, ils étaient 120, certains se sont découragés mais aujourd'hui nous avons 57 imams qui vont pouvoir venir pallier l'insuffisance aujourd'hui encore de ministres du culte musulman en France.
Et c'est pour ça monsieur le ministre, à titre vraiment humanitaire, je voudrais qu'on accélère le plus vite mais bien évidemment dans le respect des textes, leur régularisation. Parce que pour nous, cette situation suscite incompréhension et inquiétude. Il y en a qui sont pas repartis chez eux parce qu'ils n'ont pas de papiers pour voir leurs familles.
Comment s'organiser alors qu'ils sont à la disposition de la Grande Mosquée de Paris et par la même de la République pour essayer de jouer leur rôle de ministre du culte. Il s'agit vraiment d'une question d'équité et de reconnaissance envers des hommes qui ont servi dignement le culte musulman en France pendant des décennies. Les musulmans de France ont besoin d'eux comme ils auront besoin des prochains imams et aumôniers formés en ce moment par l'École Nationale Ibn Badis.
Je tiens également à souligner que depuis le 9 janvier, dans toutes les mosquées du réseau de la Grande Mosquée de Paris, les imams ont reçu instruction de ma part d'intégrer dans leurs prêches du vendredi des prières explicites pour la protection de la France et du peuple français. Et je tiens ici à à rendre hommage à quelqu'un qui est absent, c'est le grand rabbin Haïm Korsia, qui à un moment donné avec moi, nous avions devant 500 imams, nous avions récité la la prière que faisaient les juifs pour la République le samedi. Donc, ? ?
Que ? Qu'est-ce que j'ai ? Que faisaient.
Je suis un peu fatigué, ne m'en veux pas. Ne ne essaie pas de m'accrocher sur des histoires de conjugaison. Mais je voulais dire que c'est de là que nous avons pris conscience que nous aussi, nos imams, devaient faire une prière pour la République.
Et je tenais à remercier Haïm Korsia. Et monsieur le ministre, je vous ai présenté tout à l'heure Cheikh même il est en train de changer de nom puisqu'on l'appelle aujourd'hui Jonas. C'est le Cheikh Younes Elarbi qui est un imam qui est là depuis 2023, c'est ?
Depuis 2021. Chaque semaine, effectivement, des invocations sont prononcées pour la paix, pour la sécurité de notre pays et pour la concorde entre ses enfants. Ce geste n'est pas symbolique.
Il exprime une conviction religieuse profonde aimer et protéger le pays dans lequel on vit relève de la responsabilité spirituelle du croyant. [raclement de gorge] Monsieur le ministre, l'islam de France ne demande ni privilège, ni traitement d'exception. Il demande simplement l'équité, la considération et l'ex- et le respect dû à tous les citoyens.
Il aspire à contribuer pleinement à la paix civile. La La République est forte lorsqu'elle protège sans distinction, rassure sans stigmatiser et unit sans uniform- sans uniformiser. En ce mois béni du Ramadan, je forme le vœu que nous sachions ensemble dépasser les crispations, refuser les caricatures et œuvrer à une fraternité réelle, une fraternité non seulement inscrite au fronton de nos institutions, mais vécue concrètement dans les cœurs et dans les gestes.
Que cet iftar soit le symbole d'une table commune autour de laquelle la République et tous ses enfants dans leur diversité partagent le même pain, la même confiance et le même destin. Je voudrais terminer pour dire qu'à l'heure où la violence touche de nombreuses régions du monde, où le Moyen-Orient s'embrase, je voudrais dédier cette soirée à la mémoire d'une grande ambassadrice qui est partie il n'y a pas très longtemps, Leïla Shahid, dont la voix continuera de résonner pour que nous puissions toujours croire en des lendemains apaisés et plus justes. Ramadan Moubarak à toutes et à tous.
Je vous remercie. [applaudissements] [applaudissements] Monsieur le ministre, comme promis, je vais vous remettre un exemplaire de la charte de Paris. Merci beaucoup.
Islam et citoyenneté, voilà, qui a été réalisé C'est un travail collectif. Il y a un certain nombre de personnalités qui sont là, vous m'aidez à venir, il y a le professeur Baloussi, peut-être que j'en oublie d'autres. Moshe Lewin qui a été euh extrêmement actif dans le travail collectif que nous avons fait, et tant d'autres avec euh Jean-François Bour, Antoine Guggenheim et les imams de la Grande Mosquée de Paris et d'autres imams.
Voilà, je voulais vous tenir à les remettre. Merci beaucoup. Monsieur le monsieur le recteur de la Grande Mosquée de Paris, très cher Chems.
Madame la ministre, chère Marie-Pierre. Madame la la ministre et présidente de l'association France-Algérie, chère Ségolène Royal. Mesdames et messieurs les les les députés, mesdames et messieurs les sénateurs, monsieur le préfet de la région Île-de-France, cher Marc.
Monsieur le préfet de police, cher Patrice. Euh madame la la maire de Paris, chère Anne. Madame la maire du 5e arrondissement de Paris.
Mesdames et messieurs les les maires, excellences, mesdames et messieurs les ambassadeurs, mesdames et messieurs les représentants des différents cultes, messieurs les imams, monsieur le président du du cercle Émir Abdelkader. Mesdames et messieurs, en vos grades et qualités, très chers tous. Tout d'abord, un grand merci de cette invitation, Chems.
C'est une joie sincère d'être parmi vous ce soir pour la 5e édition de l'Iftar des ambassadeurs. Cet Iftar des ambassadeurs, en passe de devenir une tradition, tu l'as dit Chems, s'inscrit dans une édition doublement singulière, puisqu'elle est marquée à la fois par la célébration des 100 ans de l'inauguration de la Grande Mosquée de Paris, inaugurée en 1926, en reconnaissance et en mémoire des milliers de soldats musulmans morts pour la France durant la Première Guerre mondiale. 100 ans plus tard, ce lieu reste ce qu'il a toujours été, un pont entre les cultures, un pont entre les générations, un pont entre la foi et la République.
Cette Grande Mosquée de Paris, l'imam Abdelkader Mesli, résistant déporté, a sauvé des centaines de juifs du nazisme. Par ailleurs, c'est la convergence du Ramadan et du Carême, deux temps liturgiques forts pour les chrétiens et les musulmans, tout un symbole pour le dialogue interreligieux qui se noue au hasard des calendriers religieux. Deux singularités heureuses, malheureusement ternies, et tu l'as dit Chayma, par les tensions internationales au Moyen-Orient qui s'accordent mal avec les valeurs de paix et de fraternité auxquelles invite le mois du Ramadan.
La France, comme vous vous le savez, n'est pas partie prenante du conflit. Cette année, vous rompez le jeûne dans un monde inquiet qui nous rappelle que la paix n'est jamais acquise. Et pourtant, le Ramadan vient nous redire la chose : même dans les périodes les plus troublées, l'homme reste capable de retenue, de générosité et de fraternité.
Comme vous le savez parfaitement, le ministre de l'Intérieur est aussi celui des cultes. C'est une charge à laquelle je suis attaché et que j'endosse sans réserve ni réticence. C'est bien plus qu'un portefeuille, c'est une responsabilité qui m'honore.
S'il fallait résumer, je dirais que je suis un ministre des cultes qui dialogue avec toutes les religions sans exception, sans distinction, sans modération. Chacun de ce triptyque a du sens. Sans exception, je ne mets au ban aucun culte.
Sans distinction, je les traite et les considère de manière parfaitement équivalente. Je n'en favorise aucune, je n'en stigmatise aucune. Sans modération, ma conception [raclement de gorge] de la charge des cultes est partisane d'un dialogue nourri entre l'État et les religions plutôt qu'un État tenu à distance.
En témoignent les très nombreux échanges que j'entretiens avec les représentants des cultes ainsi que les invitations auxquelles je réponds présent autant que possible. Ma ligne de conduite, ma ligne de crête fait preuve de la plus grande fermeté contre les fanatismes religieux sans jamais tenir aucun discours ni aucune position qui blesse, qui brutalise ou qui stigmatise. Toutes mes prises de position, mais comme celles du gouvernement français, s'analysent à la lumière de ce mantra.
En définitive, je crois que ma manière d'être ministre des cultes ressemble en tout point à ma manière d'être ministre de l'Intérieur. Elle mise toujours sur la voie du dialogue et les mots qui apaisent. J'ai pu en mesurer encore les vertus lors de mon récent déplacement en Algérie.
La force du dialogue, elle est bien plus puissante que tous les bras de fer. Le 1er décembre dernier, nous avons lancé ensemble à Bobigny la 3e édition du Forif. Je mets beaucoup d'espoir et de crédit sur les travaux du Forif.
Voulu par le président de la République et qui n'est pas une instance représentative, mais bien un espace de dialogue de dialogue entre l'État et les acteurs du culte musulman. Le Forif a déjà permis de créer deux structures pérennes absolument essentielles, la Dame pour lutter contre les actes antimusulmans, association présidée par Monsieur Bassirou Camara que je salue, et qui a lancé sa plateforme de signalement en ligne. Le Conseil national des imams musulmans, un statut optionnel du collaborateur occasionnel est en cours de création pour sécuriser et rendre attractive cette fonction en milieu pénitentiaire.
Cher Chems, vous avez entendu comme moi le 12 janvier lors des vœux adressés aux cultes par le président de la République comment il désirait ardemment que nous allions jusqu'au bout de ce travail engagé au Forif et dans les Assises pour parachever l'organisation du culte musulman en France. J'entends par les actes territoriales de l'Islam de France. Si les actes religieux enregistrés en 2025, tu l'as dit sur le territoire national se maintiennent à un niveau semblable à celui de 2024, les actes anti-musulmans en revanche eux ont bondi.
Les chiffres sont sans appel. 326 actes anti-musulmans recensés soit plus 88 % c'est la plus forte hausse enregistrée depuis 2015 même si ces actes représentent 13 % de l'ensemble des actes anti-religieux, cette hausse est évidemment significative. Vous l'avez rappelé cette année aura également été marquée par deux assassinats abjects Aboubakary Cissé le 25 avril dernier à la mosquée de la Grande Combe ainsi que celui de Michel Erraoui dans le Var le 31 mai 2025, affaire pour laquelle je le rappelle le parquet national anti-terroriste a été saisi.
Et je veux te dire tu as dit tout à l'heure que ces crimes odieux avaient ému la communauté musulmane mais c'est bien toute la communauté française qui a été émue bien évidemment par ces deux crimes odieux. Et la prévention et la répression de ces actes ignobles constituent évidemment une priorité pour le ministère de l'Intérieur parce que leurs auteurs sont les ennemis jurés de la République laïque qui garantit que nul ne peut être inquiété pour ses convictions religieuses. Chaque jour de l'année les forces de sécurité intérieure et ici à Paris sous l'autorité de monsieur le préfet de police comme dans toute l'agglomération parisienne se mobilisent pour assurer la sécurité des lieux de culte et des fidèles.
A ma demande cette protection a été renforcée durant ce mois de Ramadan. Protéger les musulmans de France ce n'est ni plus ni moins que garantir la liberté de croire et d'exercer son culte. Bref, ce n'est ni plus ni moins que de respecter la loi de 1905.
Face à cette haine décomplexée qui vise les musulmans comme les autres croyants, le président de la République a annoncé lors de ses vœux au culte le lancement des assises nationales et territoriales contre les actes anti-religieux. Mais protéger les musulmans, c'est aussi les protéger contre un autre danger qui est celui de l'instrumentalisation de l'Islam. Nous ne pouvons ignorer que certains cherchent à détourner l'Islam de sa spiritualité pour en faire pour en faire un projet politique.
La religion ne peut pas faire de la politique, elle ne peut pas davantage dire la loi de la République. C'est le sens du texte de loi du 24 août 2021 confortant le respect des principes de la République au premier rang desquels, bien sûr, celui de la laïcité. Faire preuve de la plus grande fermeté à l'égard de ceux qui défendent la prééminence des lois religieuses sur les lois de la République est aussi une priorité.
À l'époque, à l'époque, je sais que l'action résolue de l'État contre le séparatisme avait été parfois mal comprise, mal vécue par une partie de nos compatriotes musulmans qui ont pu se sentir stigmatisés. Voilà pourquoi moi qui, comme d'autres ici, ont participé à l'élaboration de cette loi, je voudrais profiter évidemment de cette occasion pour vous redire avec force que l'action du gouvernement français n'est dirigée contre aucune religion en particulier mais contre toutes les idéologies en général quand elles discutent des principes fondamentaux de la République. Le seul objectif est : préserver la cohésion nationale et le vivre ensemble dans le cadre commun de la République.
C'est un objectif qui ne peut être tenu qu'avec vous, qu'avec vous. J'ai parfaitement conscience que je ce chantier doit être conduit avec beaucoup de précautions. La France ne doit pas perdre en chemin ses enfants et elle ne doit perdre en chemin aucun de ses enfants parce qu'il parce qu'il se serait senti stigmatisé ou blessé.
Il y aurait quelque chose de totalement incongru à vouloir lutter contre les atteintes à la cohésion nationale en se risquant à la fragiliser soi-même. C'est ce qui justifie d'ailleurs ma position sur l'interdiction du port du voile sur l'espace public par les mineurs. Je ne serai pas celui qui va expliquer à des enfants qu'en portant le voile, elles menacent le vivre ensemble républicain.
Je ne le ferai pas parce que je n'y crois pas et parce qu'une telle mesure ne ferait en réalité que détourner l'attention de la vraie menace. C'est une proposition qui à mon sens décrédibiliserait le vrai combat à mener contre l'islam politique qui lui lui est essentiel. C'est également ce qui justifie qui justifiera que je pousse et défends comme ministre des cultes toute initiative qui puisse contribuer à mieux faire connaître l'islam.
Et tu sais mon cher Chems combien le président de la République est attaché à développer, à mieux faire connaître l'islam. C'est une ambition que je sais d'ailleurs parfaitement partagée avec vous tous. Les musulmans en France endossent aujourd'hui une responsabilité particulière.
Celle de montrer que l'islam vécu ici dans notre République est un islam de sagesse, de connaissance et de responsabilité. Un islam qui élève les consciences et refuse d'être instrumentalisé par la haine ou la violence. Faire croire que l'islam serait incompatible avec la République c'est tout simplement inaudible.
Ce qui prétendent cela se font eux-mêmes les ennemis de la République laïque, c'est-à-dire de la France qui garantit à tous la liberté de croire et d'exercer un culte. Il n'y a pas d'autres définitions de la laïcité dont nous avons célébré les 120 ans en décembre dernier. Alors merci cher Chems encore une fois de ton invitation pour ce Ramadan.
Je te sais attaché aux principes de la République et tu sais que tu auras toujours mon soutien dans cette voie et dans cette direction, cette cette voie de dialogue et d'ouverture, d'ouverture vers tous les cultes, d'ouverture vers tous les fidèles musulmans et en même temps cette voie évidemment de la fermeté pour vous aider, pour vous aider à combattre ceux qui considèrent que la loi religieuse peut s'imposer aux lois de la République. Je serai toujours à vos côtés de ce dans ce combat comme je serai toujours comme ministre de l'Intérieur et comme l'ensemble du gouvernement français évidemment à vos côtés pour vous défendre chaque fois chaque fois que vous serez attaqués pour ce que vous êtes des citoyens français qui pratiquent une religion qui est la religion musulmane. Alors que ce Ramadan soit pour chacun d'entre nous un temps de paix, de lucidité et de fraternité.
Encore merci Chems pour ton invitation et merci à toutes et à tous pour votre attention et en vous souhaitant évidemment une bonne fin de soirée. Merci beaucoup. [applaudissements] Je vais peut-être abuser un petit petit peu de votre gentillesse comme ça vous pourrez par la suite déguster le beau plat qui est qui nous est réservé parce que ce soir avec l'autorisation de monsieur le ministre puisque je viole quand même un peu les formes protocolaires monsieur le préfet de région, permettez-moi de violer cette cette règle protocolaire en parce qu'en principe lorsque le ministre parle, plus personne ne peut prendre la parole.
Mais je voudrais aujourd'hui rendre un hommage devant vous à une dame qui a servi Paris, qui a servi la France et qui termine son mandat et donc je voudrais céder la parole à notre amie Anne Hidalgo. [applaudissements] Merci beaucoup cher Chems, monsieur le recteur, monsieur le ministre, madame la ministre, excellence, mesdames et messieurs les ambassadeurs, monsieur le doyen, messieurs les préfets, mes préfets, les meilleurs de la République, cher Marc Guillaume et cher Patrice Sport. A vous toutes et vous tous les élus, mon cher Patrick Bloche et également Ariel Weil qui sont ici présents et qui portent aussi la force de Paris, à Issam, mon directeur de cabinet qui a su aussi établir des liens si étroits avec cette belle maison, à tous les représentants des cultes ici présents, je voudrais vous dire bien sûr merci.
Merci Chems de m'inviter à cet Iftar. Je viens chaque année ici à la mosquée de Paris à à l'Iftar et ce soir, c'est un moment un peu particulier puisque d'ici 15 jours, je ne serai plus maire de Paris. Et donc je vais profiter de ce moment et dans un moment où le monde est en partie en guerre, dans un moment où nous comptons tant de victimes et de victimes civiles de ces guerres qui leur sont imposées, je voudrais dire mes remerciements et mon amitié à toi Chems, mais aussi à la mosquée de Paris et au rôle éminent que joue la mosquée de Paris.
Cette mosquée, tu l'as rappelé, elle est le symbole d'une histoire, une histoire qui reconnaît la place des musulmans dans le rôle qu'ils ont eu, notamment lors de la Première Guerre mondiale, pour défendre notre pays commun, la France. Cette mosquée est ici dans un lieu unique, magique, magnifique qui me rappelle tant mon Andalousie natale et je pense que Laurent n'est pas très loin d'avoir aussi quelques souvenirs par rapport à à cette si belle architecture. Mais au-delà de cette si belle architecture, cela signifie ?
Que c'est un lieu où nous pouvons, bien sûr, nous retrouver toutes et tous. Que c'est un lieu qui est au carrefour de l'histoire aussi de cette ville. Notre ville, Paris, cette ville que j'ai eu vraiment l'immense honneur de servir pendant 12 ans et je dirais même 25 ans puisque je j'y ajoute mes deux mandats de de première adjointe au maire de Paris. est une ville exceptionnelle.
Bien sûr, c'est la capitale de la France. Mais elle nous permet, par la tolérance, par le goût des idées, par le goût du débat, par le goût du dialogue, par le goût de la paix, saluer aussi Valérie Reynier, [raclement de gorge] sa belle initiative pour la maison de la paix qui va voir le jour ici dans le 5e arrondissement. Cette ville nous permet de surmonter beaucoup de défis.
Elle a connu des épreuves, des épreuves dans l'histoire, des épreuves plus récentes avec les attentats qui nous ont profondément marqués. Mais dans notre ville, nous avons toujours su trouver le moyen, par le dialogue, de surmonter ces ces épreuves et finalement d'infliger une défaite à ceux qui voulaient nous fracturer. Ceux qui voulaient créer la discorde, nous leur avons répondu par la concorde.
Et pour créer la concorde, il faut des lieux, il faut des femmes et des hommes. Et la chance que nous avons dans cette ville, capitale de la France, est aussi une chance pour notre pays. C'est d'avoir toujours toujours su nous retrouver ici même à la mosquée de Paris qui a toujours joué ce rôle dans la recherche de fraternité et de dialogue, dans les autres lieux de culte évidemment et je veux vous saluer vraiment tous les représentants des cultes ici présents.
Nous avons fait ensemble des conventions, des réunions, des conférences de partage pour essayer de surmonter toutes ces fractures qui nous divisaient et qui voulaient nous empêcher de vivre tels que nous le voulons, c'est-à-dire dans cette fraternité et cette tolérance. Nous avons surmonté cela parce qu'il y a ici à Paris cette force morale aussi de toutes ces femmes et ces hommes dans les cultes mais aussi dans l'espace républicain et laïque qui ont toujours compris que dans le respect et dans cette concorde recherchée, nous pouvions surmonter ces épreuves. La mosquée de Paris a été un haut lieu de cette recherche de concorde.
La mairie de Paris en a été un aussi. Toutes les institutions de la République l'ont été et tous les lieux de culte que nous comptons à Paris l'ont été aussi avec leurs représentants. Et moi j'ai eu la chance en tant que maire de Paris de pouvoir vivre cette expérience humaine, cette expérience morale, cette expérience intellectuelle avec vous, avec vous toutes et vous tous et finalement de démontrer que nous avons raison sur celles et ceux qui préféraient nous voir en guerre permanente les uns contre les autres.
C'est aussi ce message-là que je voulais vous livrer ce soir. Je veux vous dire un immense merci parce que cette expérience pour moi est unique. Elle n'est pas simplement unique pour moi, je crois qu'elle a produit quelque chose d'unique dans cette ville qui a toujours su résister, dire non à cette violence, surmonter cela et se retrouver dans un espace républicain, l'espace laïque, l'espace de la laïcité, c'est celui qui permet de reconnaître tous les cultes, toutes les confessions, qui permet d'exercer la foi.
On a été amenés ensemble à chercher aussi, par exemple, sur la question des cimetières, de la façon dont on honore nos morts dans les différentes religions, trouver aussi les moyens non pas de pousser les lois de la République, mais de faire en sorte que ces lois de la République permettent d'aller jusqu'au bout de la conviction religieuse pour les femmes et les hommes qui vivent ici dans cette ville. Je vous dis un immense merci. Je n'oublierai jamais.
Parisienne je suis, parisienne je resterai et vous serez, bien sûr, toutes et tous dans mon cœur et continuons à m'inspirer. Et toi, cher Chems, j'espère que je reviendrai faire des là, non plus en tant que maire de Paris, mais comme simple citoyenne attachée à ce dialogue des cultures, des religions et des civilisations. Merci infiniment. [applaudissements]
Laurent Nuñez