L'invité de Bourdin Direct : Rachida Dati - 17/05
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Vous écoutez RMC, RMC Bourdin Direct, Jean-Jacques Bourdin.
Rachida Dati, bonjour. Bonjour. Merci d'être avec nous, maire du 7e arrondissement de Paris. Vous avez été députée européenne jusqu'en 2019, je crois. Rachida Dati, regardons ce qui se passe autour de Marine Le Pen. Après 5 ans d'enquête, les policiers de l'Office Central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales affirment que le Rassemblement National a mis en place sous la direction de Marine Le Pen un système organisé, frauduleux, de détournement des fonds européens au profit du parti par le biais d'emplois fictifs d'assistants parlementaires. Montant de la fraude présumée, 6 800 000 euros. Ça vous aspire quoi ?
Vous savez, moi, je trouve que la présentation des faits, vous les affirmez. Moi, je n'ai pas d'affirmation. Il y a eu une présentation dans la presse. Ce n'est pas hasard si on a le secret de l'enquête et le secret de l'instruction.
Violation du secret de l'instruction ?
Bien sûr. Tout est violé, secret de l'enquête, secret de l'instruction. Ce qui me gêne, c'est que dans ce qui a été publié hier dans le journal du dimanche, il n'y a peut-être qu'une partie des éléments. Moi, je ne vais pas me prononcer sur une partie des éléments. Et puis, je le rappelle à votre corporation, les journalistes ne sont pas des juges ou des procureurs. Ou s'ils veulent le devenir, qu'ils passent l'école nationale de la magistrature et pourront le devenir, sans problème.
Rachida Dati, nous n'allons pas entrer, évidemment, dans le détail de l'affaire, car nous ne la connaissons pas. En revanche, j'ai des questions à vous poser sur l'indépendance des enquêteurs. Est-ce que vous doutez de l'indépendance des enquêteurs ? Si les faits sont avérés, vous doutez de l'indépendance des enquêteurs ?
Non, mais je ne doute pas de l'indépendance des enquêteurs, et je ne doute pas de professionnalisme des enquêteurs. Ce que je vous dis, que ce qui sort dans la presse...
Vous doutez des révélations de la presse.
Exactement, parce que peut-être qu'il n'y a qu'une partie du rapport des enquêteurs qui a été publiée, je n'en sais rien. Est-ce que ça peut être un complot, à un an de la présidentielle ? Vous le savez bien, M. Bourdin, moi je suis devenue magistrat. Et j'ai voulu devenir magistrat, parce que je suis très attachée à l'état de droit. Vous connaissez mon extraction sociale et familiale. Et pour des gens qui sont de conditions sociales défavorisées, pour les plus fragiles, pour ceux qui n'ont rien, qui n'ont plus rien, ou qui n'ont pas de réseau, pas de copains, leur seule protection, c'est l'état de droit. Et l'état de droit, c'est la justice. C'est le pilier de notre démocratie.
C'est le pilier de la protection de tous nos droits. Donc complot possible ou pas ? Un complot est possible ou pas ? Non, moi je n'ai jamais été là-dedans. Moi je fais confiance à la justice. Je fais confiance aux enquêteurs, aux policiers en l'occurrence. Mais la présentation médiatique de certaines affaires sont vraiment sujets à caution. Et je vous le dis, et tout ça en violation des secrets de l'enquête et des secrets de l'instruction.
Peut-on imaginer que Marine Le Pen ne puisse pas se présenter à l'élection présidentielle ? Non, moi je... Plus grave que l'affaire Fillon ?
Moi je n'imagine pas qu'elle ne puisse pas se présenter. C'est la démocratie qui décidera.
Les régionales, Rachida Dati, Île-de-France, est-ce que vous allez voter pour Valérie Pécresse ?
Je soutiens Valérie Pécresse en Île-de-France. On a trouvé un accord. Moi je suis ravie de soutenir mes candidats qui sont sur la liste parisienne parce que nous avons amorcé la reconquête à Paris. Vous le savez bien, nous avons fait une campagne électorale, une campagne municipale qui a amorcé cette reconquête à Paris puisque depuis 1995, la gauche a été minoritaire en voie au deuxième tour à Paris. Je suis présidente du premier groupe politique à Paris. J'ai le plus grand nombre d'élus à Paris. Aujourd'hui, la droite est majoritaire.
Donc sans état d'âme, vous soutenez Valérie Pécresse ?
Je soutiens puisque nous avons trouvé un accord sur le projet et sur les candidats.
Bien, en région Sud-Paca, que feriez-vous ? Muselier ou Mariani ?
Vous savez, ce qui s'est passé dans la région Paca démontre plusieurs faiblesses. D'abord, M. Castex a essayé de piéger M. Muselier en annonçant dans le journal du dimanche, encore une fois, qu'un accord avait été fait pour pouvoir piéger Renaud Muselier. Moi, je trouve ça absolument inacceptable. Et après, il ne faut pas s'étonner de la défiance des Français vis-à-vis de la politique et de ses stratégies politiciennes et cyniques. Pourquoi M. Castex a annoncé un accord qui n'existait pas ? Il a annoncé un accord parce qu'ils ont été dans l'incapacité de faire une liste en région Paca.
Vous l'avez bien vu, même aujourd'hui, alors qu'il n'y a pas eu d'accord d'appareil ou de parti, ils n'ont pas été capables d'annoncer une liste en région Paca. D'ailleurs, moi, je serais Emmanuel Macron, je demanderais à M. Castex d'arrêter de se mêler de la politique, qu'il fasse le boulot du déconfinement de la France, qu'il permette à la France de se relancer économiquement, de pouvoir pallier aux carences et à tous les dégâts liés à cette crise sanitaire, notamment tous les dégâts sociaux, et de ne pas se mêler de ces politiques politiques.
Mais Rachida Dati, Renaud Muselier a présenté sa liste, il a déposé sa liste, une liste de 135 noms, 15 de La République En Marche sur les 135. Est-ce que vous soutenez Renaud Muselier ?
Sur ces candidats de La République En Marche, vous savez ce qui s'est passé, c'est que certains appartiennent déjà à la majorité sortante. Donc est-ce que vous soutenez Renaud Muselier ? Renaud Muselier, aujourd'hui, bénéficie du soutien des Républicains. Ça a été acté.
C'est acté et les Républicains ne lui retireront pas ce soutien ?
Ça a été acté. À ce jour, Renaud Muselier bénéficie du soutien des Républicains. Ce soir, il y a un comité départemental en région PACA des élus qui vont se réunir. Et demain matin, nous avons un comité stratégique aux Républicains pour évoquer la situation.
Est-ce que vous êtes favorable, je ne sais pas, à un retrait du soutien des Républicains ? Renaud Muselier, vous-même ?
Non mais, si ce n'est pas moi-même, je ne suis pas concernée par la région. Vous êtes concernée par votre parti ? Je vais vous dire, les Français, aujourd'hui, sont concernés par quoi ? Vous croyez qu'ils sont intéressés par ces petites...
Justement, il suffit de répondre clairement. Vous savez ce que demandent les Français ? C'est la clarté.
La clarté, où est-ce que vous allez ?
Elle est où, la clarté ?
La clarté, elle est... Moi, je vais vous dire, si vous me posez la question à titre personnel, moi, je suis une femme de droite. J'ai mené toutes les campagnes dans la clarté et la cohérence des convictions. Je suis une femme de droite et du centre. Nous avons fait campagne à Paris avec cette clarté. Vous avez vu, avec un score, quand même inédit pour la droite parisienne. Oui, mais Rachida Zetti... Aujourd'hui, que nous demandent les Français ? Vous avez vu l'État du pays qui se disloque ? Mais je vais y venir. Mais Rachida Zetti, je vous demande une réponse claire. Ma réponse claire.
Est-ce que LR doit continuer à soutenir Renaud Muselier ?
Écoutez, il y a un comité... Aujourd'hui, LR soutient Renaud Muselier. Moi, je partis au collectif. J'appartiens aux instances des régentes. Ce soir, il y a un comité départemental dans la région PACA. Donc, ce sont les élus concernés par ces régions qui doivent se prononcer. Et demain matin, nous avons un comité stratégique aux Républicains. Donc, laissez les instances discuter de cela. Et je reviendrai si vous le souhaitez. Je vous dirai ce qu'il en est.
Nadine Morano ne votera pas pour la liste Les Républicains dans le Grand Est ? Vous comprenez cela ?
Moi, je regrette que Jean Rotner, que je connais bien, n'ait pas pris dans son équipe Nadine Morano ou, en tous les cas, des personnes qu'elle lui avait suggérées. Pourquoi ? Parce que Nadine Morano est très engagée dans cette région. Elle a travaillé avec Jean Rotner tout au long, notamment, de la crise sanitaire. Elle a travaillé avec le prédécesseur de Jean Rotner, Philippe Richard. Elle est engagée dans cette région. Elle se bat pour cette région. Elle est aux côtés des habitants de cette région. Donc, moi, je déplore, je regrette qu'elle n'ait pas figuré sur cette liste. Je le regrette. Je vous le dis.
C'est tout. Vous le regrettez.
Oui, mais il y a eu une décision. Non, mais Rachida Dati. Il y a eu une décision qui a été prise.
Est-ce que, je regardais ce sondage Ipsos, pour France Info, je ne sais pas si vous avez vu, sur les Républicains, très divisé, c'est un parti. Quelle est l'utilité de ce parti ? C'est la question que se posent maintenant tous les Français. Quelle est l'utilité ? Dix ans d'opposition, sans programme, sans leader et sans choix, Rachida Dati. Et partagé entre la République En Marche et le Rassemblement National, sans clarté.
Où est la clarté de votre parti ? Ce que vous venez de me dire, ça ne vous ressemble pas. Pourquoi ça ne vous ressemble pas ? Parce que dans vos interviews, dans vos questions, que vous posez à tous vos interlocuteurs, vous vous fondez toujours sur des faits. Vous ne vous fondez pas sur de l'actualité. Je me fonde sur un sondage. Oui, mais un sondage, ce ne sont pas des faits. Les faits, quels sont-ils ? Quelle est la première force politique en France ? Quels sont les faits ? Les militants sont divisés. Monsieur Bourdin, juste, je termine ma phrase.
Chez les Républicains. Alors, allez-y.
En France, quelle est la première force politique ? En France, les Républicains. Nous avons remporté toutes les élections intermédiaires. Les valeurs que les Français souhaitent voir défendues, toutes ces valeurs-là sont des valeurs de droite. Ce sont des valeurs portées et incarnées par les Républicains et le centre en France. Nous avons remporté toutes les élections intermédiaires. La République En Marche, vous savez à quoi ça correspond ? Non, mais c'est 2%. Je vous parle des Républicains. Je vous parle des Républicains. Nous sommes la première force politique en France. Nous avons la majorité des collectivités locales. Regardez les régions de France. Elles sont toutes à droite.
Et d'ailleurs, tous les sondages, je parlais de sondages, indiquent que les présidents sortants seront réélus. Ça, ça ne vous suffit pas ?
Valérie Pécresse n'est plus républicain. Xavier Bertrand n'est plus républicain. C'est la droite. C'est la droite. Oui, non, mais d'accord.
Les électeurs, ils ne sont pas votés En Marche. Ils votent à droite. Ils ne sont pas votés En Marche. La preuve, c'est qu'En Marche n'est pas capable. Mais quel est votre adversaire ? Parce que vous parlez d'En Marche.
Quel est votre adversaire principal ? C'est En Marche ou c'est le Rassemblement National ? Vous les mettez à égale distance ? Est-ce que vous les mettez à égale distance ? Oui ou non ?
Pour terminer, la droite, première force politique. La droite, première en nombre de les locaux. Première en nombre de militants. La République En Marche, dernière élection municipale, à peine 2%. Et dans ces 2%, pour l'essentiel, ce sont des gens issus de trahison de gauche et de droite.
Très bien, je comprends très bien que vous soyez les adversaires de La République En Marche. Mais je vous pose une question. Égale distance entre La République En Marche et le Rassemblement National, oui ou non ?
La République En Marche se réduit à Emmanuel Macron. C'est un objet politique non identifié. Vous ne voulez pas me répondre ? Si, je vous réponds. Quel est le socle idéologique d'En Marche ? Et je vais vous dire ce que je combats. Quelle est la vision de La République En Marche ? Et je vais vous répondre. À chaque fois, ils essayent de nous braquer avec des pistolets en plastique ou de grimper sur notre porte-bagage. À chaque échéance, ils tentent ça. Vous ne me répondez pas. Avec le succès qu'on connaît. Regardez, l'opération PACA est jouée. C'est le manque de clarté. C'est le manque de clarté des Républicains. Vous ne me répondez pas. Si, je vous réponds dans la clarté.
Qu'est-ce qu'on veut ? Égale distance entre La République En Marche et le Rassemblement National, oui ou non ? Moi, vous savez ce que c'est ? C'est de lutter contre l'insécurité, rétablir l'autorité, mettre fin à l'impunité, réduire les inégalités, libérer l'économie. Je continue ou j'arrête ? Voilà nos valeurs. On va passer à autre chose. Voilà notre socle idéologique. Non, parce qu'on ne va pas passer à autre chose, on va continuer. Parce que moi, je défends mes valeurs et je veux... Vous avez eu l'État de la France. Moi, je ne me résume pas à un État aussi disloqué de la France. Est-ce que c'est normal qu'on tire à bout portant sur un policier ?
Est-ce que c'est normal qu'on décapite un enseignant ? Est-ce que c'est normal qu'un gamin de 14 ans tue une gamine de 15 ans ? Est-ce que c'est normal ? C'est contre ça que je veux lutter.
Alors justement, un mot de la présidentielle. Est-ce que Xavier Bertrand est votre candidat ? Oui ou non ?
Mais aujourd'hui, on n'est pas dans la candidature de la présidentielle. C'est un candidat potentiel. Oui, c'est un candidat potentiel. Lui, il est candidat. Eh bien oui, c'est un candidat potentiel.
Oui, ça c'est sûr.
Vous le soutenez ? Attendez, mais j'appartiens à une famille politique qui aura aussi un candidat.
Qui aura aussi un candidat ? Bien sûr. À côté d'Examélie Bertrand.
Monsieur Bourdin, la première France politique française n'a pas de candidat à la présidentielle ? Non mais moi, je ne suis pas un défaitiste. C'est bien. Je ne veux pas aller me coucher maintenant.
Alors, un candidat aux côtés d'Examélie Bertrand, un candidat aux côtés de Valérie Pécresse, peut-être.
Ça fait beaucoup, non ? Non, parce que moi... Rachida Dati ? Non mais, je vais vous dire, mais moi je ne vais quand même pas me plaindre d'avoir trop de talons. Regardez, la République en marche n'est même pas capable de faire une liste au régional. Pas capable de faire des listes au municipal. À Paris, il n'y a plus un élu en marche. Mais c'est ça, ce grand parti, je vous le dis, la République en marche, ça se réduit à Emmanuel Macron. Parce que quand on est après dans les échéances intermédiaires, ça n'existe pas.
Donc Macron-Le Pen, vous ne choisissez pas.
Mais le choix est là.
Non mais s'il y a choix.
Non, non, moi je ne veux pas de trucs comme ça. Je ne vais pas répondre à ça. Ok, vous ne choisissez pas. La sécurité, Xavier ? Non, non, ce n'est pas ce que j'ai dit. J'ai dit, on n'est pas dans ce choix-là. Vous ne répondez pas ? Non, non, je ne vous réponds pas, ce n'est pas le choix. Si vous étiez dans ce choix ? Et puis, et puis, et puis, et puis...
Bon, alors l'insécurité, Xavier Bertrand propose, en cas d'agression physique volontaire contre gendarmes ou policiers, un an, peine de prison minimale d'un an. Possible ou pas ?
Aujourd'hui, ce qui manque, on est quand même dans une situation d'urgence. D'urgence sécuritaire et d'urgence judiciaire. Aujourd'hui, vous avez vu que M. Dupond-Moretti veut présenter un projet de loi de justice, sur la justice. Aujourd'hui, l'urgence, elle est où ?
On a bien la confiance.
Oui, on voit le résultat. L'urgence, elle est où ? Politique pénale. Vous avez entendu la politique pénale ? Vous avez eu plusieurs fois M. Dupond-Moretti sur votre plateau. Mais jamais vous lui avez dit, quelle est votre politique pénale ? Il manque une politique pénale. Aujourd'hui, il faut une politique pénale claire et ferme. C'est quoi une politique pénale ? C'est de dire, on donne des instructions, défermant, interpellation, défermant à la justice, réquisition de prison ferme, réquisition de prison ferme, et demander le mandat de dépôt à l'audience, rétablir les peines planchées. Les peines planchées ont été fortement dissuasives, M. Bourdin.
Et là, le gouvernement a perdu du temps de ne pas vouloir les rétablir. Et d'ailleurs, les forces de sécurité les réclament. Mais aussi, mais aussi, construire des places de prison.
J'entends ça depuis 30 ans.
Pardon ? Non, mais M. Bourdin, j'entends ça, construire des places de prison.
J'en ai pas construit ? Il y en a qui ont été construit ? Mais vous en avez construit ?
Voilà. Et sous ce quinquennat, rien.
Sous ce quinquennat... Rien.
Il va y en avoir quoi ? A peine 1000 qui sont issus de...
Sous François Hollande, sous Nicolas Sarkozy...
Non, non, non, à peine 1000. A peine 1000. Nous, on en a fait plus de 9500. Tous les grands plans de construction de places de prison sont issus des gouvernements de droite. Ça, c'est une réalité que vous pouvez vérifier très aisément.
Vous avez besoin de 20 000 places de prison. Dites-moi, je voudrais revenir sur ce qu'il propose quand même en matière de sécurité. Peine complémentaire d'éloignement. Placement sous bracelet électronique, y compris des mineurs. C'est possible ? Ça coûte une fortune, le bracelet électronique.
Le bracelet électronique, lorsque j'étais garde des Sceaux, par décret, j'ai pu élargir la possibilité de mettre le bracelet électronique pour certaines infractions. Je trouve que le bracelet électronique, ça permet une réinsertion. Évidemment, c'est le bracelet électronique, notamment pour la délinquance du quotidien. C'est extrêmement efficace. Moi, ce que je souhaite, c'est qu'aujourd'hui, d'ici la fin du quinquennat, et on a perdu trop de temps, c'est d'abord qu'il y ait une politique pénale. Ça, c'est extrêmement important. Et là, ils auraient le temps de rétablir le quinquennat. S'agissant des mineurs, aujourd'hui, les mineurs, il y a plusieurs aspects.
Les mineurs, aujourd'hui, quand ils s'attaquent aux policiers, quand ils font des guérillas urbaines, ils savent très bien ce qu'ils font. Et ils savent aussi qu'ils ne risquent pas grand-chose. Et donc, moi, j'avais souhaité instaurer une responsabilité pénale dès l'âge de 13 ans, et en finir avec des décisions qui sont conditionnées par une capacité de discernement. Donc, responsabilité pénale dès l'âge de 13 ans, il faut supprimer l'excuse de minorité entre 16 et 18 ans et rétablir les peines planchées pour les mineurs qui ont été très efficaces s'agissant des mineurs. Construire des centres éducatifs fermés et relancer la construction d'établissements pour mineurs.
Ça, c'est des établissements qui permettent, évidemment, d'incarcérer des mineurs, mais aussi de favoriser leur réinsertion. Et puis, poursuivre. Lorsque je suis partie, comme garde des rues, on avait mis une commission Varina, moi, j'avais rédigé le code pénal des mineurs. Et donc, ce code pénal des mineurs doit être adopté et mis en vigueur. Mais moi, j'ai une proposition qui est plus large, c'est d'avoir un code de la justice des mineurs. Parce que vous savez que le pénal pour les mineurs, c'est très minoritaire. Le sujet majoritaire pour les mineurs, c'est la protection des mineurs et l'assistance éducative, qui sont un fiasco.
Et donc, moi, j'aimerais que nous puissions avoir un code de la justice des mineurs avec tout un pan concernant le pénal, mais tout un pan qui concerne l'assistance éducative, qui est quand même un gros fiasco en France, et la protection des mineurs. Parce que si on agit très en amont, je pense qu'on retrouvera beaucoup moins de mineurs dans la délinquance. Voilà mes propositions. Responsabilité pénale des mineurs 13 ans, supprimer l'excuse de minorité, construire des centres éducatifs fermés, des établissements pour mineurs et un code de la justice des mineurs avec un volet protection de l'enfance, assistance éducative et justice pénale des mineurs.
Rachida Dati, réouverture mercredi des terrasses, cafés, restaurants, des magasins dans le 7e arrondissement, des terrasses dans les rues, partout, à Paris, partout. Certains riverains se plaignent. Se plaignent. A juste titre, d'ailleurs. A juste titre.
Moi, ce que je déplore dans ces... Alors, nous, on est en train de préparer ces réouvertures des terrasses. Mais comme pour le premier déconfinement, la mairie de Paris, Anne Hidalgo, n'a rien organisé ni anticipé. Première chose, on n'a pas de règlement ni de règles sur l'esthétisme des terrasses. Parce que quand même, Paris, c'est quand même... Ça va... L'ouverture des terrasses, ça va relancer la vie économique, l'activité économique, l'emploi. Mais aussi, ça va être aussi un moyen d'attirer également les touristes. Et les touristes. Et donc, il faut de l'esthétisme sur les terrasses. Rien. Sur l'occupation du domaine public, rien. Sur le contrôle pour lutter contre les nuisances, rien.
Donc, ça va être encore la foire d'empoigne, comme lors du premier déconfinement. Donc, encore une fois, c'est avec les maires d'arrondissement où nous allons régler ça au cas par cas.
Pour les touristes, passe sanitaire, c'est bien.
Il faut étendre ce passe sanitaire. Moi, je pense que le passe sanitaire, on ne pourra pas y échapper. Moi, j'ai fait une... J'ai mis en place dans le septième arrondissement et c'est une première en France. J'ai créé des quatre QR codes avec un partenaire privé qui permettent d'avoir votre vaccination, les données de votre vaccination sur cette carte. Ça permet de pouvoir la présenter, on la scanne et vous pouvez passer. Je pense que...
Vaccination et tests négatifs.
Oui, mais de toute façon, on ne pourra pas y échapper. Et attention, attention, qu'on ne se loupe pas là-dessus parce que les autres pays européens le mettent en place. Si on ne le met pas en place, on va encore prendre du retard sur la relance, sur la relance notamment économique. Quand même, Paris, la France, c'est la première destination touristique. On ne va quand même pas se priver de ce levier.
Alors justement, Paris, première destination touristique qui va piétonniser dès 2022 le cœur historique de la ville.
Mais piétonniser, c'est que Mme Hidalgo a décidé de piétonniser et d'interdire l'accès. Mais Paris n'appartient pas à Mme Hidalgo. Ça appartient aux Parisiens, à ceux qui font le rayonnement, l'attractivité de Paris. Sans consultation, de manière autoritaire, comme toujours.
Mais les touristes seront contents, non, Rachida ?
Non, mais justement, non. Parce qu'il y aura des endroits qui ne seront pas accessibles. C'est-à-dire que la circulation de transit ne sera pas possible. Moi, je pense que Paris, c'est quand même le poumon de la France, le poumon de la plus grande région d'Europe. Mais vous ne pouvez pas le faire de manière autoritaire, M. Bourdin. Parce que ce que n'ont pas compris les Parisiens, oui, tout le monde est content qu'on soit tranquille au centre de Paris.
Même vu qu'un bout du 7e. Oui, bien sûr.
Mais ça sera une frontière. C'est-à-dire qu'on va mettre des frontières. Avant, la première frontière, c'était le périphérique. Là, on avance la frontière. On replie un peu plus Paris qui va devenir... Moi, je pense que ça va devenir un Paris sans vie, sans âme. Et ça va être une ville-musée. Moi, je ne me résous pas à ce que Paris devienne une ville-musée. Non.
Panthéonisation de Gisèle Halimi ? Oui, non ?
Il y a une... Moi, je trouve... Enfin, c'est une grande dame. En plus, c'était une habitante du 7e arrondissement. Je connais bien qui s'est battue pour des causes pas faciles à une époque pas facile et elle s'est battue.
Donc, il ne faut pas hésiter ?
Moi, je pense qu'il y a une discussion là-dessus. Mais il ne faut pas en faire un sujet politicien. Attention. Si on pense qu'elle doit être pantonisée pour ses mérites, pour les avancés, les acquis qu'elle a pu obtenir pour les Françaises, pour les Français, mais aussi bien au-delà de la frontière française, pourquoi pas ?
Merci Rachida Dati d'être venue nous voir. RMC et BFM TV. Merci Rachida Dati
Rachida Dati