Henri Cabanel : « Avec ce jeu des alliances, le citoyen n’y comprend plus rien »
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Bonjour Roy Cabanel. Bonjour. Vous êtes donc sénateur à la DSE de l'Hérault. On va revenir sur ces actualités avec vous. Mais d'abord, on va regarder ce qui fait la une de la presse régionale. Midi libre qui revient sur les annonces d'Emmanuel Macron hier. Le porte-avions France Libre, un chantier titanesque, titre Le Quotidien. Le Dauphiné libéré, JO 2030, une réunion pour sortir de la crise. Et l'Ardennais, ces maires qui remplisent la 70 ans et plus. Quelle une vous inspire ? Quelle une avez-vous envie de nous parler ce matin ?
Peu importe. Il faut choisir. Le porte-avions, quand même, me semble stratégiquement très important.
Et le nom vous convient ?
Le nom, c'est de la responsabilité du président de la République. Je ne ferai aucun commentaire. C'est son choix et on doit l'accepter.
Vous pourriez penser à un autre nom ?
En général, les noms portent sur des hommes politiques ou des femmes politiques qui ont compté pour notre pays. La preuve, notre porte-avions aujourd'hui, Charles de Gaulle.
Et donc là, ce n'est pas le cas ?
Et là, ce n'est pas le cas. Bon, mais c'est la volonté du président de la République. Je ne pense pas qu'on doit passer notre temps à commenter son choix.
Bon, l'actualité, en tout cas, c'est cet entre-deux-tours des élections municipales. On va revenir sur tout le jeu des alliances. On reviendra notamment avec Rémi sur le débat qui a eu lieu hier à Montpellier. Mais déjà, quel premier bilan vous tirez de ce premier tour des élections municipales ? Est-ce que les grands gagnants, finalement, ce n'est pas la France insoumise ?
Moi, je parlerais des grands perdants. Ah, alors qui ? Les grands perdants, c'est la démocratie, c'est les citoyens, les citoyennes françaises et français. Car aujourd'hui, on parle effectivement des problématiques entre la droite et l'extrême droite, entre l'EPS et l'extrême gauche. Il n'en demeure pas moins que moi, ce que je regarde, ce que je retiens avant tout dans les municipales, c'est l'augmentation de l'abstention.
Alors, 57% de participation contre 63 en 2014. Oui. Comment vous expliquez ça ? Une telle désaffection des Français pour ce scrutin ?
Je reprendrai volontiers une expression de Jacques Chirac, quand il était à Johannesburg, qui disait, concernant l'environnement, la France brûle et nous regardons ailleurs. Mais là, je dirais que notre démocratie est en âgé et nous regardons ailleurs. Je me suis présenté aux élections municipales dans mon petit village en 1983. La participation dépassait allègrement les 80%.
C'était une autre époque.
Mais on n'a pas su s'adapter au fil des scrutins, parce qu'à partir des années 80, on a vu qu'il y avait une augmentation de l'abstention sur les élections territoriales et sur les élections nationales. Et on n'a pas voulu se rendre compte qu'à un moment donné, ça toucherait l'élection préférée des Français, c'est-à-dire les élections municipales.
Mais comment vous expliquez ça ? C'est qu'il n'y a pas eu vraiment de campagne en raison du contexte international ? Il y a une responsabilité des hommes politiques ? Quelles sont les causes pour ce scrutin en particulier ? Parce qu'on voit effectivement que la participation, elle chute depuis maintenant 30 ans.
– Écoutez, je pense que c'est une défiance accrue des citoyens vis-à-vis de la politique en général, des partis politiques en général. Moi, ça fait un moment que je dénonce et que je dis que les partis politiques ne sont plus en mesure de faire ce pourquoi ils ont été créés, c'est-à-dire donc de réfléchir entre eux à des idées pour un idéal de société, les défendre.
– Alors, je rappelle que vous étiez membre du Parti Socialiste, donc vous mettez le Parti Socialiste aussi dans votre baisasse.
– Bien sûr, je crois sincèrement, et je le dis en toute franchise, en toute honnêteté, en toute sincérité, que les principaux responsables de la situation dans laquelle on est, c'était ce qu'on appelait avant les partis de gouvernement, les LR et le PS.
– Ah, ce sont les principaux responsables de cette désaffection ?
– Parce que c'était les partis de gouvernement et que dans les gouvernements successifs et les responsabilités qu'ils ont pu avoir, n'ont pas su convaincre et arriver à permettre une confiance vis-à-vis des citoyens, des promesses qui n'ont jamais été réalisées, etc. Donc, les partis politiques aujourd'hui, leur seule ambition, c'est 20% d'idées et 80% pour gagner les élections. Donc, on s'associe avec l'un, avec l'autre, pour gagner les élections.
– On va parler de tout ce jeu des alliances. En tout cas, hier, en Conseil des ministres, Emmanuel Macron a mis en garde contre les arrangements entre partis et ce qu'il appelle le péril des extrêmes. Écoutez, alors ce n'est pas le chef de l'État, c'est la porte-parole du gouvernement.
– Le Président a tenu à souligner, dans ce moment, l'importance que personne n'oublie, que les extrêmes, où qu'ils soient, demeurent dangereux pour la République. Il a insisté sur le fait que les arrangements des partis ne devaient pas faire oublier quelques principes. D'une part, on ne peut pas oublier les discours et les actes d'excès d'où qu'ils viennent. Et d'autre part, on ne peut pas oublier les principes républicains niés d'où que cela vienne.
– Alors vous, vous pointez du doigt PS et LLR, et Emmanuel Macron, lui, c'est les extrêmes.
– Oui, mais les extrêmes, ils sont votés pourquoi ? Il faut se poser la question. Les extrêmes, à l'époque, voilà, François Mitterrand en 1981, quand il a été élu, s'est bien servi du RN pour pouvoir exister aussi. – Et du Parti communiste. – Et du Parti communiste aussi.
Et au fur et à mesure, voilà, aujourd'hui, je suis désolé, mais bon, on le voit entre ces accords scandaleux entre le PS et la France insoumise, mais on le voit aussi à droite avec, donc, vous l'avez dit dans votre reportage, les problématiques qu'il y a entre, donc, un ancien président de LLR qui est devenu, donc, proche de Marine Le Pen, qui se présente, voilà, à Nice, face à un ancien LLR qui est devenu, donc, macroniste, où, aujourd'hui, le président de LLR, Bruno Rotaillot, ne donne ni à l'un ni à l'autre son soutien, et le président du Sénat donne son soutien à M. Estrosi. Bon, le citoyen ne comprend plus rien.
Et donc, forcément, ça fait augmenter à la fois l'abstention et puis le rejet des partis traditionnels vers les extrêmes.
– Mais c'est quoi, tous ces accords, c'est quoi, c'est de la tombouille politicienne où vous parlez de tous ces accords d'entre-deux-tours ? On va y revenir encore une fois dans quelques instants.
– Je viens de le dire, les partis politiques… – Ça n'a pas toujours existé ?
– Qu'est-ce qui a changé cette année, à l'occasion de ce scrutin ?
– Alors, pas cette année. Cette année, c'est la conséquence de plusieurs années, parce que, bon, on a eu une forte abstention en 2020, mais elle avait déjà commencé dans les autres scrutins. et plus on va et plus chacun essaye de regarder son intérêt en faisant passer ses idées derrière, quoi. Voilà. Et comment peut-on être sincère quand, au niveau national, on dit qu'il n'y aura pas d'accord, par exemple, pour le PS, avec la France insoumise et qu'au niveau local, il y a des petits arrangements des uns et des autres ? Bon, pour défier les citoyens, il n'y a pas mieux, quoi.
– On va parler justement de Toulouse, parce que Toulouse, effectivement, c'est un cas symbolique un peu de ces arrangements dont vous parlez. On va prendre la direction précisément de Toulouse. On retrouve Pascal Pallas, directeur Occitanie d'Actu.fr. Bonjour Pascal. On s'arrête donc sur le cas de Toulouse, où la campagne pour le second tour a repris hier, après d'intenses tractations.
– Oui, absolument. Alors, les Jeux restent très ouverts à Toulouse, on peut dire. Rappelons peut-être les résultats du premier tour pour le contexte. Le maire sortant, Jean-Luc Moudinque, de tendance centre-droit, a viré en tête avec 37% des suffrages. Et il devance l'insoumis François Piquemal, qui est un peu la surprise de ce premier tour, puisqu'il capte 27% des voix. Et il termine ce premier tour devant le candidat socialiste, François Brianson. Donc, au lendemain de ce premier tour, le candidat socialiste a décidé de se ranger derrière le candidat insoumis, afin de donner toutes ses chances à la gauche de reconquérir le Capitole 12 ans après l'avoir perdu. – Alors ?
– Bien évidemment, cette union fait quelques remous. Bon, on vient d'entendre donc Harry Cabanel en parler. Alors, la gauche se trouve effectivement coupée en deux à Toulouse, entre ceux qui soutiennent cette fusion et ceux qui ne la prouvent pas. – Ces derniers, qui sont plutôt de centre-gauche, sociodémocrates si on peut dire, refusent catégoriquement ce qu'ils définissent comme une compromission, voire une indignité, on a aussi entendu ces mots, au regard des politiques portées par les insoumis, mais aussi leur position ou ambiguïté sur différents thèmes sociétaux. D'ailleurs, plusieurs colistiers sur cette base-là, du candidat socialiste, ont décidé de renoncer à cette fusion.
Et puis, on a des voix qui se sont élevées, notamment celles de la présidente de la région Occitanie, Carole Delga, dont la parole est importante, évidemment, ici localement. Donc là, il reste à savoir maintenant si des électeurs de la gauche iront jusqu'à donner leur bulletin à Jean-Luc Moudin dimanche prochain. C'est une situation que Toulouse a déjà un petit peu connue. C'était en 2001, lorsque le candidat socialiste de l'époque avait fusionné avec une liste d'extrême gauche pour battre Philippe d'Ouste-Blazy. Et une partie de l'électorat de gauche avait alors clairement assumé de voter à droite.
Donc même si cette fusion donne un avantage électoral mathématique à la gauche, on le comprend, elle suscite aussi un front de rejet important, dont le maire en sortant pourrait tirer profit.
Très rapidement, Pascal, à quoi il faut s'attendre dimanche ? Ça va être très serré ?
Écoutez, je n'ai pas la boule de cristal. Ça devrait être serré. Mais voilà, les Jeux, en tous les cas, sont très, très ouverts. Vu les circonstances que je viens de décrire, il reste encore deux jours pour les candidats afin d'essayer d'inverser un petit peu la vapeur, même si on pense que quand même, pour chaque électorat, les choses sont quand même très, très fixées, finalement, depuis lundi. Donc, au regard de la caractéristique de cette fusion.
– Merci beaucoup, Pascal, Pascal Palas, directeur Occitanie d'Actu.fr. Merci d'avoir été avec nous ce matin. Qu'est-ce que vous inspire cette alliance LFI-Parti Socialiste à Toulouse ?
– Moi, je trouve ça scandaleux, surtout après les propos du premier secrétaire national du Parti Socialiste, Olivier Faure.
– À quel propos vous faites référence ?
– Quand il a dit qu'il n'y aurait aucun accord au niveau national, quand on sait qu'il y a des accords profonds sur des idées, bon voilà.
– Il n'a pas dit qu'il n'y allait pas avoir d'alliance locale.
– Oui, non, mais en fait, là, il faut être clair. Et je pense que, à la fois dans ma région, que ce soit la présidente, c'est Carole Delga, ou que ce soit le maire sortant, donc Michael Delafosse, ont toujours été très clair là-dessus. Et quand on dit, effectivement, qu'on ne comprend pas, en fait, le problème réside dans le Parti Socialiste, déjà. Parce que lors de l'élection, la dernière élection du premier secrétaire national, on a vu quand même les faibles écarts qu'il y avait entre deux visions différentes, celle d'Olivier Faure et celle de Maillère Rossignol. Et ça continue sur le territoire. – Mais je voudrais…
– Qu'est-ce que vous reprochez, par exemple, à François Picmal, le candidat qui sera en tête de liste, de cette fusion LFI-PS, qu'est-ce que vous lui reprochez ?
– Qu'il soit LFI, quoi. C'est simplement pour ça. Et derrière LFI, on sait que c'est Mélenchon. Et bon, voilà, Mélenchon, avec tous ses propos antisémites qu'il a, avec ses réactions, bon voilà, on est complètement… Enfin, quand je dis « on », moi, je fais partie plutôt, effectivement, du centre-gauche maintenant, sans adhérer à une partie…
– C'est l'approche d'Arnaud Montebourg.
– Et l'approche d'Arnaud Montebourg. Mais je dénonce fortement ses alliances-là. Je voudrais quand même insister sur le fond aussi, et sur l'hypocrisie ambiante quand même. Parce qu'effectivement, là, on parle de grandes villes. Mais il faut reconnaître aussi que, depuis des décennies, l'engagement politique au niveau local dans les petites communes, il n'est plus ce qu'il était avant. Moi, en 1983, quand je me suis présenté dans ma petite commune, on n'avait pas peur de mettre en avant nos partis politiques.
– Oui.
– Et nos alliances.
– Alors que maintenant, on se cache.
– Tout le monde se cache. Et ça, c'est de l'hypocrisie. Parce que quand on dit « moi, je ne veux pas qu'on gouverne avec les LR avec le Rassemblement national ou le PS avec la France. » Mais dans les petites communes, dans la composition des listes des conseils municipaux, c'est transpartisan. Il y a une infiltration de ces gens, que ce soit à droite ou à gauche, qui sont aujourd'hui dans les conseils municipaux et des LFI qui sont dans des gouvernances de gauche et qui auront des conséquences sur les prochaines élections sénatoriales. Parce qu'eux ne se tromperont pas quand il faudra choisir un sénateur.
– Je vais vous parler de Jean-Luc Mélenchon. Je voulais vous montrer cette phrase qu'il a prononcée avant le scrutin. « Les socialistes, point d'interrogation, ils ne vont pas nous coûter trop cher, je pense, à acheter pour le second tour. » Jean-Luc Mélenchon, lors d'un meeting organisé à Bondy, c'était début mars. Il n'a pas totalement tort quand on vous voit ce qui se passe, notamment à Toulouse, mais aussi ailleurs.
– Ah oui, mais c'est pour ça qu'il faut être clair vis-à-vis de l'électorat. Et je pense que la clarté, c'est ce que met en avant à la fois Carole Delga dans la région et à la fois Michael Delafosse. Il n'y a pas d'alliance et on verra bien. Les électeurs appartiennent à personne. Ils ont le choix dans l'urne de choisir qui ils veulent. Donc voilà, moi je pense que la meilleure des stratégies aurait été que les socialistes, comme là à Toulouse, plutôt que de négocier, se retirent et soient fiers de leurs convictions. Et laissent le choix aux électeurs de s'exprimer.
Mais aller à contre-courant de la volonté exprimée par le premier secrétaire national, Olivier Faure, de nom à Liège, je trouve ça lamentable.
– Alors, on va faire un point sur votre département. Hier était organisé un débat entre les candidats à la mairie de Montpellier, débat organisé sur Public Sénat et animé par Tam Tranui, si vous l'avez raté. Rémi va tout vous raconter. Rémi, il y avait trois candidats, c'est ça ?
– Oui, au profit bien différent. Le premier arrivé en tête au premier tour avec 33,4% des voix, c'est Mickaël Delafosse, le maire sortant, qui doit faire face au second tour à la France Insoumise avec la députée Nathalie Oziol, proche de Jean-Luc Mélenchon et au candidat centriste Mouad Altrad, milliardaire, 20e Fortune de France et président du Montpellier Héro Rugby. Interrogé sur son bilan, le maire sortant a défendu l'armement de la police municipale. La candidate La France Insoumise, quant à elle, souhaite désarmer cette police et renforcer la médiation et la prévention. Mais Mouad Altrad, lui, souhaite aller encore plus loin sur ces questions de sécurité. On l'écoute.
La sécurité, c'est vraiment la base à Montpellier. C'est une ville insécurisée. Doubler la police municipale. Plus de présence de terrain. Plus de caméras. Couvre-feu à 22h pour lumineur.
Cabanel, la sécurité, c'est l'un des thèmes majeurs de cette campagne. Est-ce que cette proposition de couvre-feu, elle vous paraît être une bonne piste ? Moi, je ne pense pas.
Moi, je pense qu'aujourd'hui, Mickaël Delafosse fait les choses comme elles doivent être faites.
Le maire sortant.
Le maire sortant de Montpellier parce qu'il a su prendre avec lui, dans ses convictions et dans les projets de la ville, la sécurité. Qui la sécurité, voilà, ont pensé être exclusivement de droite. Mais lui, il a eu le courage de dire non, non, non, la sécurité, elle est de gauche aussi. Et il met en place tout un tas de systèmes, notamment à travers la police municipale. Et je trouve que c'est beaucoup plus intelligent que d'aller aussi loin que ce que le... ce que le propose M. Altrad.
Et sur la question des transports, Rémi, il y a aussi des différences sur la forme.
Oui, le mandat de Mickaël Delafosse a été marqué par la mise en place de la gratuité totale et sans condition de tous les transports en commun dans la ville de Montpellier. M. Altrad a indiqué sa volonté de revenir sur la question, notamment en raison du rapport de la Cour des comptes qui s'inquiète des conséquences pour la santé financière de la ville. Le maire sortant a assuré que Montpellier pouvait se le permettre grâce à la progression du versement en mobilité qui a progressé de 40 millions en 5 ans. De son côté, Nathalie Oziol de la France Insoumise salue la mise en place d'une telle mesure mais dénonce sa méthode d'application. La gratuité, c'est très bien.
C'est une mesure qui soulage les personnes. Donc vous la garderez si vous êtes élu ? Oui. Par contre, est-ce qu'elle a été bien appliquée ? C'est là qu'est ma critique, M. Delafosse. Non, elle n'a pas été bien organisée parce que rien n'a été planifié avant la mise en place de la gratuité.
Ça veut dire quoi, précisément ? Rien n'a été planifié ?
Y compris ce qu'il y a dans le rapport de la Chambre régionale des comptes, si on le regarde en détail, c'est le fait que des trams et des bus ont été diminués en fréquence. Il y a moins de trams et moins de bus. – Henri Cabanel, est-ce qu'à votre avis, cette idée de rendre les transports en commun gratuits, ça pourrait se développer ailleurs en France ?
– Écoutez, je pense que ce qui est important, c'est que le maire sortant, Michael Delafosse, quand il s'est présenté en 2020, l'avait annoncé dans son programme. Je pense que ce que les gens attendent quand ils élisent un élu, c'est qu'ils respectent ses engagements. Il a respecté ses engagements en mettant la gratuité sur Montpellier. – Ça peut être une bonne idée,
plus largement au niveau…
– Et je pense qu'aujourd'hui, cette idée peut faire des émules ailleurs, car il y a quand même un constat d'une efficacité certaine, à travers le nombre de passagers qui empruntent ces lignes-là.
– Alors on parlait de l'alliance PS insoumise à Toulouse. À Montpellier, ce n'est pas le cas.
– Oui, Michael Delafosse n'a jamais caché ses désaccords avec Jean-Luc Mélenchon. Il est revenu hier sur les raisons de son refus de fusionner les listes au deuxième tour. – Le président a tenu à souligner dans ce moment l'importance que personne n'oublie, que les extrêmes, où qu'ils soient, demeurent… – Bon, là c'était Maud Bréjon.
– C'était effectivement pas le maire de Montpellier.
– C'est ça, mais il voulait parler de la cohérence de rester, qu'il avait annoncé qu'il garderait la même liste au premier tour et au deuxième tour. Le PS et la FI se font donc face dans ce deuxième tour à Montpellier, notamment parce que la droite et l'extrême droite ne sont pas parvenus à se hisser au deuxième tour en raison, parfois, d'une grande division, comme en témoignent les 13 listes présentées au premier tour. Henri Cabanel, comment on peut expliquer qu'à Montpellier particulièrement, l'extrême droite fait un « si mauvais score » à Montpellier ?
– Alors, l'extrême droite fait un mauvais score dans la métropole. Ce n'est pas le cas ailleurs dans le département. On a quand même une commune importante qui risque de basculer Rennes le soir du deuxième tour, c'est la ville d'Agde. Et donc, dans la métropole, effectivement, le Rassemblement national n'est pas aussi fort qu'ailleurs, mais on sent qu'il y a quand même une augmentation de scrutin à scrutin. – Ils étaient à peine à 8% en France. – Oui, sauf qu'il y a 15 ans de ça, il n'existait pas du tout. Donc, il commence à s'implanter un petit peu. Donc, voilà, après la volonté de Michael Delafosse, c'est quelqu'un qui est droit dans ses bottes.
Il l'a toujours annoncé, il l'a toujours dit. Il est respectueux de sa parole. C'est comme ça que je pense qu'on peut engendrer une certaine confiance de l'électorat. Et je crois qu'il est dans le bon sens.
– Il y a eu 50% d'abstention à Montpellier au premier tour. Vous avez présenté, vous, fin janvier, une charte de la responsabilité sociale, sociétale, je crois, de l'élu. En quoi ça consiste ? Est-ce que ça peut permettre de renouer le lien entre les citoyens et les responsables politiques ?
– Écoutez, depuis que je suis élu au Sénat, je me bats sur cette volonté de retrouver la confiance des citoyens vis-à-vis de la politique, donc cette défiance montante. et je vous l'ai dit tout à l'heure, la défiance montante s'exprime de deux façons, ou donc des votes extrêmes, ou l'abstention. Là, on l'a vu sur Montpellier, sur les grandes villes en général, puisque dans le rural, ça ne vote plus, mais ça descend aussi. Et donc, c'est un des outils, la RSC, la responsabilité sociétale des élus, pour retrouver la...
D'abord, je tiens à souligner que dans les débats que nous avons ici au Sénat et au Parlement en général, on parle beaucoup de la RSE, la responsabilité sociétale des entreprises. Et on encourage les entreprises à aller dans ce sens, parce que c'est vertueux, et il est prouvé d'ailleurs que les entreprises qui sont dans la RSE ont une performance économique que de plus de 13% par rapport aux autres. Et donc, l'idée m'est venue en 2016 de rentrer dans ce domaine, puisque nous sommes en tant que parlementaires employeurs de main-d'œuvre avec nos collaborateurs. Nous avons mon numéro au Siret. Et par là même, j'ai réussi à convaincre l'AVENOR de m'engager dans la RSE.
Et aujourd'hui, depuis 2007 d'ailleurs, je suis toujours le seul cabinet parlementaire engagé en RSE. Mais avec une volonté au départ, dans mon engagement, de déboucher sur la RSE, la responsabilité sociétale des élus, c'est-à-dire de s'engager devant la société, sur nos actes.
Donc en gros, très concrètement, ils signent une charte, c'est ça ? Ils signent un engagement ?
Au départ, là, on est en... Parce que moi, je suis dans la co-construction, donc ça va évoluer. Mais au départ, c'est de signer une charte avec 4 axes et 19 engagements sur l'éthique et l'exemplarité, sur la gouvernance, sur la transition écologique et sur... Je ne me rappelle plus du quatrième. Avec donc des engagements qui permettent donc, par exemple, quelque chose qui me tient à cœur sur l'éthique et l'exemplarité, par exemple, le casier vierge pour les candidats. On en a parlé, M. Macron, en 2017, en avait parlé, puis c'est abstenu d'aller au-delà.
Donc ça, pour toutes les élections ? Municipale, législative, présidentielle, casier vierge ?
Bien sûr. Bien sûr. En tant que candidat, je ne vois pas...
Et ça, ça pourrait passer par une proposition de loi ou par un texte ?
Alors ça, moi, j'avais déposé une proposition de loi à l'époque quand j'étais au PS. J'ai redéposé aujourd'hui une proposition de loi au ADSE. J'espère que d'ici la fin de mon mandat, on pourra la présenter au débat.
On va juste peut-être reparler de Nice. On en parlait tout à l'heure parce que ça concerne pas mal aussi le Sénat. Bruno Retailleau qui a donc lâché en quelque sorte Christian Estrosi en pleine bataille du second tour face à Éric Ciotti. Le patron des LR n'a pas appelé à voter pour Christian Estrosi alors qu'il y a un accord officiel entre les LR et Christian Estrosi. Qu'est-ce que ça vous inspire ? Est-ce que Bruno Retailleau anticipe déjà, prépare déjà la présidentielle ? Est-ce qu'il fait cavalier seul ?
Écoutez, le problème dans ce pays c'est que tous les partis politiques je vous l'ai dit n'ont qu'une vision c'est de gagner les élections quelles qu'elles soient. Mais la principale d'entre elles c'est les présidentielles. Et aujourd'hui on sent que d'ailleurs Bruno Retailleau s'est déclaré comme candidat. Il a été un des premiers. Et donc tous sont focalisés sur 2027. C'est quand même dramatique pour notre pays surtout dans la situation dans laquelle nous nous trouvons. Donc effectivement ces chicaillats c'est des histoires d'hommes. Je dois rappeler quand même que M. Ciotti était président des LR il n'y a pas si longtemps que ça et que M.
Estrosi était aussi dans les LR avant de passer chez les macronistes. Donc tout ça c'est une histoire d'hommes qui n'intéresse absolument pas du tout les citoyennes et les citoyennes. Et c'est pour ça que...
Par exemple juste est-ce que Bruno Retailleau est suffisamment clair vis-à-vis de l'extrême droite aujourd'hui ?
Écoutez moi qu'on me donne la différence d'opinion entre M. Ciotti M. Retailleau et Marine Le Pen bon j'en vois pas beaucoup d'écart voilà donc après est-ce qu'il est suffisamment clair je ne le crois pas tout comme d'autre côté non plus voilà
Bon ça c'est assez clair vous vous êtes au moins assez clair merci beaucoup Henri Cabanel merci d'avoir répondu à mes questions Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat
Henri Cabanel