Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewBFM Business — La grande interview· 4 novembre 2025 24 min

Sylvain Maillard, député Ensemble pour la République de Paris et Gilles Rouvière, directeur général de l'Alliance 7 - 04/11

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

BFM Business et la Tribune présente 8-19 d'Edwis Chevrillon.

0:10
Sylvain Maillard

Retournons le 18-19 avec mon premier invité Sylvain Maillard, député de Paris, ensemble pour la République. Bonsoir Sylvain Maillard.

0:16
Présentateur

Bonsoir Edwis Chevrillon.

0:17
Sylvain Maillard

Merci d'être là parce que vous passez nuit et jour sur les bancs de l'Assemblée Nationale. Vous essayez peut-être de vous y retrouver. En tous les cas, on compte sur vous pour nous éclairer, pour essayer qu'on comprend la logique de tout ce qu'on voit passer. C'était vrai qu'il allait être un tout petit peu difficile à trouver. Juste un point quand même, Emmanuel Macron, ce matin, il était à La Rochelle. Il est intervenu comme il l'avait fait, la Sauvénie, cette fois-ci il est en France, c'est quand même peut-être mieux, sur les retraites. Là, il a dit qu'il ne fallait pas attaquer les champions.

Il a dit que ceux qui empêchent les champions d'aller conquérir de nouveaux marchés dans une allusion à peine voilée au vote de plusieurs amendements, taxant notamment les multinationales et puis tout ce qu'on voit sur les taxations sur les entreprises. Il a bien fait ou vous avez envie de lui dire un peu, comme lui a dit Sébastien Lecornu gentiment, « Restez là où vous êtes, M. le Président, restez à l'international, surtout n'intervenez pas dans les discussions françaises. »

1:08
Présentateur

Non, il l'a bien fait. Moi, je trouve que c'est une très bonne initiative. À un moment, il faut redire la vérité. Emmanuel Macron a une voix qui porte à l'international, on le sait tous. Mais moi, en France, on le sait tous. Oui, mais après, son rôle, il parle des multinationales françaises et étrangères en disant qu'on veut qu'elles investissent en France. Créer de l'emploi en France, ça ne viendra pas, on est sur BFM Business, ça ne vient pas parce qu'un député a une bonne idée, c'est bien parce qu'il y a des investisseurs et des chefs d'entreprise qui décident d'investir en France et qu'on confiance en la France.

Qu'on confiance dans une stabilité budgétaire, qu'on confiance dans une stabilité fiscale. Parce qu'évidemment, dans leur business plan, ils disent « Là, je peux investir, je construis une usine. » Ce n'est pas pour 5 ans, ce n'est pas pour 10 ans, c'est pour 20 ans, 30 ans, 40 ans. Comment construire cette stabilité ? Et le Président rappelle des évidences. Il faut qu'on reste au minimum dans l'imposition, dans la moyenne européenne et que ce que nous avons créé ne soit pas cassé par quelques vicissitudes que nous avons dans la vie politique française.

2:04
Sylvain Maillard

Attendez, pardon, je vais me permettre de vous reprendre sur votre dernière phrase. Pas cassé, ça y est, c'est cassé. Je veux dire, le bilan d'Emmanuel Macron du premier quinquennat, avec Chous France, avec la réindustrialisation, on voit bien qu'on n'en est plus du tout là, Sylvain Maillard. Vous êtes entrepreneur, vous le savez bien, et sur la réforme des retraites, ne serait-ce que ce matin, il y a une réunion, parce qu'en fait, il y a la suspension de la réforme des retraites dans le cadre de la discussion notamment du PLFSS.

2:34
Présentateur

C'est pour ça, merci de rappeler que je suis aussi chef d'entreprise et qu'on parle, nous, parce qu'on est dans le bocal, on en parle en permanence et c'est intéressant ce qui se passe en France et il faut aussi impliquer moi-même, évidemment, au premier chef. Mais il faut garder aussi un peu de vue aérienne qui fait que la France reste très attractive et qu'il faut qu'elle continue à être attractive. Et si le président de la République, si chacun d'entre nous ne fait que se regarder tout ce qui ne va pas, mais qui va venir investir en France ? Il faut continuer à garder cette ambition de pouvoir réindustrialiser, d'investir.

Et le chef d'entreprise que je suis, Edwige Chevrillon, pourtant je suis dans les difficultés, comme tout le monde, en tout cas pour les députés, pour construire un budget. Moi, je continue à investir en France, parce qu'en fait, j'y crois profondément. On a une croissance qui reste plutôt plus forte que ce qu'on a anticipé. C'est ça aussi, les bonnes nouvelles. Et je crois que le président de la République a raison de rappeler, attention, nos encres sont solides, mais si on continue à faire un peu n'importe quoi dans ce budget, je rappelle que le Rassemblement National, parce que là, c'est le passager clandestin, a voté avec la gauche.

3:34
Sylvain Maillard

Oui, parce que le Rassemblement National, il dit, regardez, moi j'ai un budget...

3:37
Présentateur

34 milliards supplémentaires de taxes et d'impositions. 34 milliards la semaine dernière.

3:40
Sylvain Maillard

Oui, mais alors ils contestent aussi fier. J'étais avec Philippe Balvar sur un autre plateau sur le contrat de BFM TV.

3:45
Présentateur

Je sais que dans les additions, elles ne sont pas très forts, mais la réalité, regardez ce qu'ils ont voté. Entre autres, la taxe sur les multinationales, qui est quand même un truc ubuesque, la taxe sur les multinationales, c'est 26 milliards, ce que ça rapporte d'ailleurs, et ils ne le contestent pas ce chiffre.

3:56
Sylvain Maillard

Oui, alors maintenant, hier, j'avais Michel Picon, le président du 2P, donc les TPE, les artisans, enfin, c'est des millions d'entreprises en France, des milliers d'entreprises, des millions d'entreprises. Ils disaient, mais attendez, cette colère, lorsqu'on voit ce qui se passe à l'Assemblée Nationale, cette colère de tous ces chefs d'entreprise, elle va s'exprimer politiquement. Ils vont voter les extrêmes parce qu'ils veulent sanctionner ce qui se passe. Donc, ils vont voter Rassemblement National et ça se voit dans les sondages.

4:19
Présentateur

Ils vont voter ceux qui augmentent les impôts. Donc, je le dis très clairement parce que pour le moment, il y avait la stratégie du Rassemblement National avec la cravate et puis un moment attaqué sur deux, trois thématiques, évidemment l'immigration, mais d'autres thématiques. Mais ce que nous n'avions pas vu et ce qu'on a pu voir la semaine dernière, c'est que ce sont les rois, les champions de l'impôt et de la taxe. La taxe en tout genre. C'est eux qui ont créé aussi cette taxe sur la fortune improductive. Ils ont voté avec le PS. Ils nous ont inventé une taxe en quelques minutes. Un soir, on a dû suspendre la discussion.

D'un seul coup est apparue une taxe qu'ils ont voté avec le PS et eux sur un amendement du MoDem. Sur une taxe, on n'a aucune étude d'impact, rien du tout. On ne savait pas qui gagnait, qui perdait, n'importe quoi. Moi, je trouve ça... Il faut que les Français l'entendent. À quel point on a un amateurisme, parfois, des propositions du Rassemblement National, LFI, on a l'habitude, mais aussi, parfois, du Parti Socialiste. Et du MoDem, pardonnez-moi.

5:15
Sylvain Maillard

Le MoDem qui fait partie de votre majorité, enfin, du Bloc Central, puisque c'était un amendement.

5:21
Présentateur

Nous n'avons pas compris cette proposition, qui est une proposition un peu récurrente du MoDem, mais qui, là, a trouvé un écho et a été largement sous-amendé par l'EPS, par le Rassemblement National, pour créer un impôt Frankenstein. On ne sait pas bien ce qu'il y avait dedans. Et on a mis deux jours à savoir si c'était gagnant ou perdant qui serait taxé. Enfin, vous vous rendez compte comment on en est là. Donc, à un moment, heureusement, il y a une première lecture à l'Assemblée Nationale. Il y aura une seconde lecture. Ça passera au Sénat. J'espère que tout ça reviendra dans l'ordre. Mais je veux vraiment le dire, parce qu'on n'en parle pas assez.

Oui, le Rassemblement National, c'est le parti des impôts. Et je pense que beaucoup d'artisans et de commerçants qui croient que c'est l'antidote du Rassemblement National, il faut qu'ils entendent. Ce seront des taxes supplémentaires. Parce que ceux qui les défendent dans l'hémicycle, c'est Renaissance.

6:06
Sylvain Maillard

Oui. Bon, effectivement, j'ai du mal à les contraindre. En prenant des coups.

6:09
Présentateur

En prenant des coups, Edwige, je suis voyant. Parce qu'évidemment, ceux qui disent qu'il faut baisser la dépense mais pas augmenter les impôts, évidemment, ce n'est pas forcément très populaire. Donc, nous, on dit qu'on reste sur nos encres, on n'augmente pas les impôts et on baisse les dépenses.

6:20
Sylvain Maillard

Vous connaissez beaucoup mieux que moi la tambouille politique, j'ai envie de dire. Je croisais un dirigeant politique qui disait mais en fait, si on a fait ces taxes quand même un peu ubuesques sur la fortune financière, enfin la fortune improductive, c'est parce qu'en première lecture, comme ça, on en discute mais ensuite, donc on prend date et on pourra y revenir dans la deuxième lecture. Est-ce que c'est vrai ?

6:44
Présentateur

Non, en fait, ce qui s'est passé, c'est qu'ils se sont rendus compte, y compris en séance. D'ailleurs, on a vu disparaître une partie des députés RN, une partie des députés PS qui se sentaient un peu, parce qu'on les attaquait évidemment en disant vous faites n'importe quoi, se sont sentis très gênés, sont partis sûrement se coucher, c'était le vendredi soir et se sont mis à réfléchir comment on va pouvoir expliquer que nous faisons n'importe quoi.

Moi, c'est mon rôle aussi en tant que député de Paris de dire attention, j'ai des députés de groupes évidemment d'opposition qui font n'importe quoi et arrêter sous couvert nous de la difficulté dans laquelle on est de trouver un budget, de tendre la main pour construire un compromis, on fait face à des oppositions qui sont totalement irresponsables.

7:21
Sylvain Maillard

Oui, c'est comme en même temps comme hier soir est sorti tout d'un coup sur les donations on pourrait aller jusqu'à 750 000 euros de donations. La ministre a dit mais je ne sais pas, je ne connais pas du tout le montant, quel impact ça peut avoir sur le budget. On est dans une cour de récréation ou on est où exactement ? C'est les limites

7:42
Présentateur

du Parlement. Nous n'avons pas pour un député qui dépose un amendement n'a pas à se justifier d'une étude d'impact. Et donc traditionnellement, c'est là où le gouvernement arrive avec une majorité d'une opposition et dit voilà, écoutez, votre sujet est intéressant ou n'est pas intéressant, on va le chiffrer, on va retravailler en seconde lecture. Là, ce qui se passe, c'est que quelqu'un arrive, un des députés arrive avec une idée bonne ou pas bonne et en fait, en fonction du retentissement politique, les groupes vont la voter ou ne vont pas la voter. C'est ça les limites de l'exercice dans lequel on est. Ensuite, on est dans un marathon budgétaire.

Nous voulons qu'il y ait un budget à la fin et donc il faut qu'on accepte qu'il y ait une première lecture, une seconde lecture et un passage au Sénat qui, j'espère, m'a un peu nettoyé

8:23
Sylvain Maillard

et en fait les oppositions. Donc la copie, oui, mais en même temps, Amélie Montjalin, elle a dit que la copie qui allait être envoyée au Sénat allait tenir compte des amendements qui ont été votés.

8:33
Présentateur

Bien sûr.

8:33
Sylvain Maillard

Donc le Sénat, il va tout balayer, va revenir une version qui n'aura rien à voir avec celle qui a été envoyée et finalement, laquelle va rester ?

8:42
Présentateur

Il reviendra à l'Assemblée nationale puis on va retravailler sur la version du Sénat, c'est toujours comme ça que ça se passe tous les ans, dans une discussion budgétaire avec le Sénat, j'espère qu'ils vont en nettoyer certaines et puis d'autres, évidemment, ils vont les conserver. Donc on va essayer de trouver un équilibre pour qu'à la fin, on puisse avoir un budget, je l'espère, qui sera voté, mais c'est évidemment dans une situation très compliquée de ville chevrillon. On est dans un marathon, chaque jour est une aventure mais il faut qu'on reste concentré pour se donner une chance d'avoir un budget pour la fin de l'année.

9:10
Sylvain Maillard

Vous avez ce matin été à la réunion avec le premier ministre

9:13
Présentateur

de Bastien Lecornu ?

9:14
Sylvain Maillard

Oui. Tout le monde n'y était pas. C'est une réunion

9:17
Présentateur

pour les députés Renaissance. Oui.

9:19
Sylvain Maillard

Je pensais qu'il était aussi convoqué ou demandé de venir les autres députés.

9:24
Présentateur

Non, il était avec les députés Renaissance.

9:27
Sylvain Maillard

D'accord, uniquement. Parce que la question que j'allais vous poser, c'est est-ce que finalement lorsqu'on voit le résultat des courses, est-ce qu'on ne se dit pas qu'il faut mieux ne pas avoir de budget ? A mon avis, il y a beaucoup de chefs d'entreprise qui disent qu'il ne faut mieux ne pas avoir ce budget qui est une catastrophe pour les entreprises.

9:40
Présentateur

Je vais vous donner un exemple Edwige Chevrillon pour des chefs d'entreprise. tous ceux qui travaillent pour l'armée, par exemple, ou sur les grands projets.

9:49
Sylvain Maillard

Oui, l'armée, il y a un problème sur l'armée.

9:50
Présentateur

Ça, ça va s'arrêter dès le 31 décembre. Tous les programmes d'investissement sur la loi de programmation militaire vont prendre du retard. Tous ceux qui travaillent...

9:56
Sylvain Maillard

C'est déjà le cas.

9:57
Présentateur

L'éducation nationale, on ne pourra plus recruter de nouveaux enseignants. Les budgets de la police, de la gendarmerie, tout ce qui est engagé continuera. Par contre, tout ce qui est nouveau recrutement, tout ce qui est matériel ne sera pas engagé. Donc moi, j'entends, d'un point de vue purement arithmétique, vous savez, ne pas avoir de budget, au bout de quelques mois, en fait, vous économisez de l'argent, c'est vrai. À court terme, ça fait perdre de l'argent, mais vous économisez. Mais on n'a plus de direction, on n'a plus d'investissement. Qu'est-ce que c'est qu'un pays qui n'a plus de budget ? C'est un pays qui n'a plus d'ambition.

10:26
Sylvain Maillard

Et on en dira un mot. Il y a les élections municipales et puis derrière, il y a les présidentielles. On voit bien que de manière, tout va se décider au moment de la campagne présidentielle.

10:41
Présentateur

Un budget sur lequel on est sérieux, on fait le maximum pour avoir un budget cohérent et ensuite, je souhaite qu'on puisse l'adopter, quelle que soit sa forme. D'ailleurs, je suis incapable de vous dire quelle sera la forme du budget, s'il sera voté, est-ce que ce sera des ordonnances, une loi spéciale. On n'en sait rien pour le moment. On avance au fur et à mesure. Mais c'est essentiel parce que l'investissement en France ne doit pas s'arrêter. La vie, elle continue. La vie politique ne doit en aucun cas bloquer la vie économique. C'est la vie de nos concitoyens.

11:12
Sylvain Maillard

On a l'impression que vous vivez entre vous. C'est une course de petits... Quand je dis vous, Sylvain Maillard, c'est tous les députés, mais vous vivez une course de petits chevaux. C'est qui avance ses pions en vue des prochaines élections ? On a l'impression que vous avez oublié que derrière, il y a un pays qui s'appelle la France.

11:29
Présentateur

Écoutez, Edwige Chevron, moi j'ai un sentiment d'y penser en permanence. Je me bats pour ça. On passe des journées, des nuits, les week-ends entiers pour voter un budget parce qu'on pense que c'est quelque chose d'important, que c'est sérieux, que ça touche tous les Français et donc on le fait le plus sérieusement possible. Est-ce que la situation politique est compliquée ? Oui. Est-ce que c'est dans ces moments-là où il faut rester calme et ambitieux ? Je crois que oui. Et je crois que les Français méritent que nous soyons à notre tâche et que nous fassions le maximum pour voter un budget, un budget votable. Je le redis. C'est la question.

11:59
Sylvain Maillard

On n'en parlera pas parce qu'il y a des amendements en tous les sens, vous l'avez dit, on ne mesure pas l'impact. Dans un instant, on aura Gilles Rouvière qui est directeur général de l'Alliance 7 parce que c'est un amendement qui a été passé sur une nouvelle taxe, notamment sur les biens qui sont les biens de consommation, de plaisir, comme on dit, qui sont transformés. On verra les conséquences que ça peut avoir là-dessus. Juste un point sur l'impôt sur la fortune productive. Cet impôt un peu buès que vous en avez parlé à un instant. Il y a une chance qu'il reste, lui, pour le coup, puisque c'est un amendement qui a été voté ?

12:32
Présentateur

On verra le chemin. On l'a bien vu, il y a beaucoup d'incohérences dans cet impôt avec une exonération de la résidence principale à hauteur d'un million, ce qui fait qu'il y a des gagnants et des perdants de façon assez massive. Et puis moi, je le dis encore une fois, la gauche est partie sur la taxe Zuckman pendant des mois. Ils ont ouvert l'ensemble des JT. Tout le monde ne parlait que de ça. Elle a été battue et largement battue en hémicycle. Et puis, au début, on va taxer les ultra, méga, méga, méga riches. Et à la fin, on arrive quoi ? On arrive à taxer les petits riches, entre guillemets.

Moi, je suis député de Paris, des gens qui ont un appartement, parfois, qui ont acheté il y a très longtemps un appartement, qui ont parfois des salaires ou des retraites assez modestes. Et c'est ceux-là qu'on va finir toujours par taxer. Donc nous, on a dit stop. On ne veut pas de changement de fiscalité. Il y a des accommodements sur lesquels il faut faire et ça, c'est important, ça fait partie de la politique. Oui, parce qu'il faut

13:28
Sylvain Maillard

de la justice fiscale.

13:30
Présentateur

Il faut un effort, certainement, on regarde les deux. La justice fiscale, vous voyez, à un moment, on leur a posé la question à la gauche, on leur a dit mais c'est quoi pour vous de la justice fiscale ? C'est jusqu'à quel pourcentage d'imposition ? Ils ne sont pas capables de vous dire. Ou certains vous disent on collectivise tout. Il faut arrêter ce terme de justice fiscale, c'est un terme inventé par la gauche et l'extrême gauche qui n'a aucune réalité économique qui ne veut rien dire. Et vous savez quoi ?

En fait, ce que nous demandent les Français, ce qu'ils nous demandent pour ceux qui sont en difficulté, il y en a beaucoup qui sont en difficulté, ils nous demandent qu'on les aide à remplir le caddie et que le travail paie plus. Ils ne nous demandent pas de taxer les milliardaires sur de l'argent qu'ils ne verront jamais. Ce qu'ils veulent, c'est une amélioration des payes. Ils ont raison, on paye trop de cotisations en France, il faut que le salaire paye plus en France, ils ne payent pas suffisamment, c'est là-dessus que nous devons travailler.

Nous avons proposé, entre autres, des baisses de cotisations, en tout cas, mon groupe Renaissance le porte, des baisses de cotisations et de la baisse sur les impôts de production. Notre industrie française part avec 20 milliards de plus d'imposition que la moyenne européenne sur l'impôt de production. Ce n'est pas possible, on ne peut pas gagner un combat international.

14:32
Sylvain Maillard

Sylvain Maillard, il me semble que vous étiez pour, dans le contexte évidemment qu'on connaît, qu'on vient de décrire, pour la suspension de la réforme des retraites en disant si c'est ça qu'il faut, s'il faut trouver un accord avec l'EPS, c'est ce qu'il faut parce qu'il nous faut, encore une fois, un budget. En tous les cas, c'est votre position.

14:49
Présentateur

La position du groupe, c'est une discussion qu'on a eu d'ailleurs aujourd'hui avec discussion avec le Premier ministre.

14:54
Sylvain Maillard

Et jusqu'où on peut dire

14:55
Présentateur

que l'EPS ? Moi, j'ai porté cette réforme, j'étais l'orateur de mon groupe sur cette réforme, je pense que c'est une réforme à minima en réalité parce qu'on travaillerait jusqu'à 64 ans dans tous les pays européens, c'est beaucoup plus, on a un écroulement démographique. Il n'y a pas de miracle, il faudra, si on veut rester dans ce système,

15:10
Sylvain Maillard

mais si jamais on disait

15:13
Présentateur

si ça nous permet de débloquer, d'avoir un budget qui entraîne l'économie française, qui permet de débloquer la situation, est-ce qu'on ne peut pas geler la situation jusqu'aux élections présidentielles et permettre d'avoir un budget ? Moi, là-dessus et la position de notre groupe, elle reste réservée. On attend de voir ce qui se passera parce que faire un deal avec les socialistes pour qu'après, ils nous disent qu'il faut toujours plus, toujours plus, toujours plus, à ce moment-là, on reste sur nos ancres. Nous, on pense que cette réforme, elle est indispensable, elle est impopulaire, mais elle est indispensable.

Il faut avoir du courage en politique, porter des réformes aussi structurantes qui demandent un effort. Le problème, c'est qu'on a une classe politique qui n'a plus beaucoup de courage politique.

15:54
Sylvain Maillard

J'attends, je veux dire, avec gourmandise journalistique, si on peut dire ça, le débat sur les dépenses parce que là, ça va être encore la deuxième partie du budget. Ça, ça va être aussi très sportif. Il nous reste encore deux questions quand vous posez, Sylvain Maillard, sur la bataille de Paris, les municipales de 2026. Alors là, le vote groupe, c'est ça, d'ailleurs d'eux. Il y a Gabriel Attal et une partie du groupe qui a dit qu'il soutenait Pierre-Yves Bournazel. Et vous, vous avez dit non, moi je maintiens, j'apporte toujours mon soutien à Rachida Dati. C'est quoi ? On a l'impression, on est reparti dans une logique de perdant que vous avez connu aux précédentes élections ?

16:35
Présentateur

Moi, je fais campagne aux côtés de Rachida Dati parce que c'est la mieux placée pour pouvoir gagner Paris. Je pense qu'à Paris, il faut une alternance. Les Parisiens nous le disent, ça fait 25 ans qu'on a le même pouvoir. Anne Hidalgo s'en va, et c'est à nous de construire la suite de Paris, de faire en sorte qu'il y ait un choc d'autorité. Pourquoi Gabriel Attal

16:51
Sylvain Maillard

soutient Pierre-Yves Brunazel ?

16:53
Présentateur

C'est le choix de Gabriel Attal et de Franck Richter pour d'autres raisons, entre autres d'un accord national avec Horizon sur l'ensemble de villes. Nous on dit que moi je suis élu parisien, Paris c'est ce qu'il y a de plus important, c'est là où j'élève mes enfants, où j'ai construit mon entreprise, où je vis et où j'ai envie de construire ma vie et que cette ville a été abîmée.

17:13
Sylvain Maillard

C'est une machine à perdre.

17:15
Présentateur

J'espère qu'on réussit, nous en tout cas en tend la main en disant réunissons-nous parce qu'on a besoin d'être tous ensemble pour gagner. Mais à un moment il faut avancer Edly Chevrillon et moi évidemment je fais campagne auprès de Rachida Dati qui est largement en tête qui a l'avantage de bien connaître l'ensemble des dossiers qui est maire du 7ème arrondissement et qui peut porter une dynamique. Elle a rejoint le socle commun et le gouvernement d'Emmanuel Macron d'ailleurs dans le gouvernement de Gabriel Attal. Pour moi c'est important de se donner le maximum de chances de gagner à Paris et donc je soutiens évidemment Rachida Dati.

17:46
Sylvain Maillard

Oui, division. Juste un mot puisque c'est député de Paris sur Chine la bataille la mobilisation contre Chine qui avait mis sur sa plateforme ces poupées sexuelles est-ce que les sanctions qu'ont pris Chine seront suffisantes à vos yeux ou il faut interdire Chine et notamment interdire l'ouverture demain de Chine au BHV ?

18:07
Présentateur

Je crois techniquement il y a eu plusieurs questions au gouvernement au ministre Papin et au ministre Escur qui ont montré qu'on avait l'impression qu'il n'y avait pas tellement de possibilité à court terme de pouvoir interdire ou la plateforme ou de la sanctionner. Il faut la sanctionner très lourdement sur les poupées pédosexuelles, pédocriminelles. honnêtement c'est un scandale absolu qu'une plateforme de cette dimension puisse proposer ce type de produit. Il faut que ce soit un avertissement extrêmement fort et que si ce n'est pas le cas si ce n'est pas régulé immédiatement qu'on coupe l'accès à cette plateforme comme on l'a fait pour d'autres.

Je crois qu'il faut avoir une réponse forte. Pour le BHV je crois que c'est un peu différent on aura l'occasion d'y revenir je ne suis pas certain qu'on ait les moyens d'interdire le commerce en France et tant mieux dans l'absolu.

Ensuite ça nous pose une question chacun d'entre nous sur son mode de consommation et j'en appelle aux parisiens pour se dire que peut-être acheter des t-shirts à 2 euros doit nous interroger sur notre mode de consommation et qu'on mérite peut-être autre chose on mérite peut-être de faire travailler plutôt nos usines françaises nos artisans françaises nos commerces françaises mais aussi dans un mode de consommation je pense que c'est important aussi de faire échec à ce type de bagasin.

19:26
Sylvain Maillard

Sylvain Maillard Gilles Rouvier est avec nous il est directeur général de l'alliance 7 bonsoir Gilles Rouvier merci de votre patience vous aviez envie il y a quelques instants vous avez fait une conférence de presse pour protester contre dans ce délire fiscal contre un amendement qui propose une taxe notamment sur tout ce qui est le patrimoine gastronomique et culturel là je vous cite sur le plaisir sur les gâteaux sur les biscuits sur les confiseurs de France vous dit c'est une filière qui représente à peu près 54 000 personnes c'est une taxe en fait qui est justifiée par quoi Gilles Rouvier expliquez-nous

20:02
Invité

effectivement merci beaucoup c'est une taxe qui est adoptée en commission des affaires sociales sur le sucre ajouté donc une portée de santé affichée comme une portée de santé publique comme vous l'avez très justement évoqué j'ai écouté avec intérêt l'interview de votre interlocuteur c'est vrai que quand j'entends les mots France artisan savoir-faire ça nous parle évidemment puisque ce type de taxe par définition par construction va impacter plus fortement l'alimentation plaisir et vous l'avez mentionné on a quand même des joyeux en France le Nuka de Montélimar le Calisson d'Aix-en-Provence tous les chocolatiers les confiseries les palais bretons les meringues bref on a un savoir-faire vraiment en France on peut en être fier et on est du coup extrêmement inquiet de voir ces savoir-faire ces joyaux taxés alors qu'évidemment on est bien sur de l'alimentation plaisir qui s'inscrit dans des repas équilibrés une alimentation équilibrée mais il ne faut pas ainsi mettre à mal les filières entières qui font notre fierté et je rappellerai juste en deux mots si vous me permettez que la situation économique des acteurs justement de ces métiers est extrêmement extrêmement complexe on sort du Covid de l'Ukraine de l'inflation maintenant on a l'instabilité politique on a la guerre commerciale avec les Etats-Unis qui limite les exports donc les matières premières le chocolat c'est quand même fois 4 en quelques années le cours du cacao donc c'est quand même des impacts très très très forts les gens passent le beurre les oeufs et le sucre évidemment donc c'est des filières déjà extrêmement extrêmement fragiles interconnectées de grands petits moyens tout le monde est vraiment dans le même dans le même monde donc que la réponse soit potentiellement une nouvelle fois la taxation au lieu de l'éducation la prévention la sensibilisation la pédagogie nous inquiète énormément

21:55
Sylvain Maillard

oui alors comme vous l'avez dit vous-même c'est une question de santé publique aussi c'est un peu une taxe récurrente

22:01
Invité

c'est une taxe comportementale qui est affichée comme telle qui arrive effectivement chaque année mais on se trompe on se trompe de sujet sur cet angle là si on se fie à certaines études aux pays voisins l'efficacité n'est pas avérée après on peut débat des études à l'infini en France on le fait très bien mais simplement c'est pas quelque chose qui est avéré

22:23
Sylvain Maillard

je reviens Sylvain Maillard une réaction puisque vous faites partie des députés

22:28
Présentateur

on commence l'étude en hémicycle on vient de commencer il y a quelques minutes l'étude du budget on va y passer une semaine entière week-end et nuit comprise

22:38
Sylvain Maillard

ça fait partie

22:40
Présentateur

ça fait partie d'une nombreuse taxe comportementale un peu ubuesque qui sont récurrentes vous l'avez dit tous les ans et qui normalement sont purgées de façon habituelle et puis là qui peuvent trouver des majorités compliquées moi ce que je veux vous dire je veux dire tous les français on est en première lecture il y aura une deuxième lecture il y aura un passage au Sénat il y aura une commission mixte paritaire et puis ensuite il y aura peut-être je l'espère en tout cas un budget je pense qu'il faut accompagner vous avez raison d'alerter monsieur mais d'accompagner aussi un peu en confiance le travail des députés je le dis même si maintenant on est minoritaire et que c'est compliqué le travail des députés et des sénateurs parce que je crois qu'on va trouver aussi un équilibre en tout cas sachez qu'on y travaille extrêmement fortement on ne gommera pas toutes les absurdités qu'il y a dans ce budget mais en tout cas on va faire en sorte de ne pas casser la croissance des artisans des commerçants on est à votre côté n'oubliez pas aussi parfois de nous défendre je me permets de vous le dire parce que je trouve qu'on a été en tout cas une majorité pardon j'ai un petit propos politique mais on a été une majorité extrêmement pro business et que parfois on a eu le monde économique et j'en fais partie qui j'ai trouvé n'était pas forcément qui était toujours très critique alors que je crois qu'on a été très en accompagnement et maintenant que nous sommes plus en difficulté vous voyez que finalement ce n'était pas si mal avec nous

24:00
Sylvain Maillard

vous avez compris le message en tout cas soyez vigilants n'hésitez pas à envoyer des messages à Sylvain Maillard je crois qu'il a reçu en tous les cas merci d'avoir été avec nous merci Sylvain Maillard merci Sylvain Maillard on vous laisse retourner dans l'hémicycle

Sylvain Maillard, député Ensemble pour la République de Paris et Gilles Rouvière, directeur général de l'Alliance 7 - 04/11 — Sylvain Maillard · Pourquijevote