VOILE ISLAMISTE : JULIEN ODOUL est face à l'avocat de la Ligue des droits de l'Homme !
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 45 %Défensif 15 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 71 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:29OuverteRéponse directe
Que propose réellement le Rassemblement National ?
- 1:03OuverteRéponse partielle
Jean-Philippe Tanguy dit que c'est tranché : amende pour les femmes voilées dans la rue. Qu'en pensez-vous ?
- 3:21OuverteRéponse directe
Julien Audoul dit qu'on ne vise pas les femmes qui portent le voile, mais l'idéologie derrière. Que répondez-vous ?
- 5:41RelanceRéponse partielle
Pourquoi cibler précisément le voile et pas les autres signes religieux ?
- 5:59RelanceRéponse directe
Comment justifiez-vous cette mesure devant le Conseil constitutionnel ?
- 13:21FerméeRéponse directe
Julien Oudoul, garantissez-vous la liberté religieuse ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:42Locuteur 2Promesse
« Nous allons évidemment combattre l'idéologie islamiste et nous sanctionnerons le port du voile aussi en solidarité avec toutes les femmes à travers le monde qui sont forcées à le porter et qui meurent pour avoir cette liberté. »
- 0:59Locuteur 2Chiffre
« Parce qu'il y a des femmes qui portent le voile alors qu'il est interdit, elles auront une amende. »
- 1:13Invité politiqueFait
« L'islamisme qui est un cancer dans notre pays, qui nous déclare la guerre depuis de nombreuses années, qui a évidemment commis un certain nombre d'attentats et qui progresse au moment où on parle tranquillement sur ce plateau. »
- 1:29Invité politiquePromesse
« Nous voulons, et Marine Le Pen l'a fait avec les députés du Rassemblement national, proposer aux Français un projet de loi visant à lutter contre les idéologies islamistes. »
- 2:00Invité politiqueFait
« Il ne s'agit pas de viser les femmes qui portent le voile. La question, le problème n'est pas les femmes qui portent le voile. Le problème, c'est l'instrumentalisation de ce voile par les islamistes. »
- 2:17Invité politiqueFait
« Exemple, 79 en Iran. Et aujourd'hui, vous avez une femme qui tente d'enlever le voile en Iran. Elle est évidemment menacée de mort. »
- 6:27Invité politiqueChiffre
« 69% des Français veulent l'interdiction du voile dans l'espace public. »
- 8:00Invité politiqueFait
« Sur le fondement de l'ordre public. »
- 13:34Invité politiquePromesse
« Le Rassemblement national et Marine Le Pen défendront et garantiront la liberté religieuse. Et d'ailleurs, toutes les libertés, quelles qu'elles soient. »
- 21:54Invité politiqueFait
« Vous êtes un beau porte-parole des islamistes. »
- 22:21Invité politiqueFait
« La religion musulmane n'a rien à voir avec les idéologies islamistes. Merci de le rappeler. »
- 24:32Invité politiqueChiffre
« Les Français qui sont intéressés par ces sujets-là, 69% ce n'est pas rien, qui demandent l'interdiction du voile dans l'espace public. »
Temps de parole
- Marine Le Pen29 %
- Invité22 %
- ?18 %
- Présentateur11 %
- Locuteur 48 %
- Locuteur 56 %
- Locuteur 35 %
≈ 41 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Mais je voulais qu'on ouvre le premier débat de la soirée, débat lancé par le Rassemblement National qui veut interdire le port du voile dans la rue. Critique instantanée aujourd'hui venue de la gauche et de la droite. Est-ce tout simplement faisable, constitutionnellement applicable ? Pourquoi le RN ressort cette proposition maintenant
?
On va en débattre donc ce soir avec vous, Julien Audoul, avec Yves Tréhard, Bruno Jeudy, avec Ariel Emy. Bonsoir et merci d'être avec nous également ce soir.
Vous
êtes avocat, membre de la Ligue des droits de l'homme, avec Anne-Sora Dubois et avec Lisa Adef. La première question pour bien poser les choses, que propose réellement le Rassemblement National ? Ça s'est passé chez nous, sur BFM, dans le grand oral du dimanche. Et voilà donc hier ce qu'annonce Jean-Philippe Tanguy.
Nous
allons évidemment combattre l'idéologie islamiste et nous sanctionnerons le port du voile aussi en solidarité avec toutes les femmes à travers le monde qui sont forcées à le porter et qui meurent pour avoir cette liberté. Vous avez des gens qui ne mettent pas leur ceinture de sécurité, quand ils ne mettent pas leur ceinture de sécurité, ils ont une amende. Parce qu'il y
a
des femmes qui portent le voile alors qu'il est interdit, elles auront une amende.
Julien Audoul, hier Jean-Philippe Tanguy dit, c'est tranché, c'est fait. Amende donc pour toutes les femmes qui porteraient un voile dans la rue
?
Alors, il faut remettre un petit peu les choses à l'endroit.
Ce
que nous souhaitons, ce que nous voulons et ce que nous ferons, c'est lutter contre l'islamisme. L'islamisme qui est un cancer dans notre pays, qui nous déclare la guerre depuis de nombreuses années, qui a évidemment commis un certain nombre d'attentats et qui progresse au moment où on parle tranquillement sur ce plateau. Nous voulons, et Marine Le Pen l'a fait avec les députés du Rassemblement national, proposer aux Français un projet de loi visant à lutter contre les idéologies islamistes. Il contient plusieurs mesures. Il définit déjà ce qu
'est
l'islamisme, qu'est-ce que sont les idéologies islamistes, le financement, les moyens d'expression, les ramifications. Et parmi ces mesures, effectivement, il y a la question du voile. Je tiens à préciser, et
c
'est très important pour ceux qui nous regardent, qu'il ne s'agit pas de viser les femmes qui portent le voile. La question, le problème n'est pas les femmes qui portent le voile. Le problème, c'est l'instrumentalisation de ce voile par les islamistes. Et d'ailleurs, dans le monde, dans l'histoire du monde, on sait, à chaque fois que les régimes islamistes arrivent au pouvoir, l'une des premières mesures, c'est voiler les femmes. Exemple, 79 en Iran. Et aujourd'hui, vous avez une femme qui tente d'enlever le voile en Iran. Elle est évidemment menacée de mort. Je prends deux exemples de pays musulmans qui ont interdit le voile dans l'espace public. Il ne vous aura pas échappé qu'on n
'est
pas en Iran et qu'il y a la liberté de Dieu précisément
ici.
– Justement,
je
prends deux autres exemples qui ne sont pas l'Iran,
la
Turquie d'Atatürk et l'Égypte de Nasser. Ces deux pays et ces deux dirigeants avaient compris l'instrumentalisation de ce voile. Mais encore une fois, nous nous souhaitons poser la question aux Français. – Ah, donc ce n
'est
pas tranché. – Ce sont les Français qui trancheront, évidemment. Nous souhaitons proposer déjà ce texte au débat au Parlement.
Et
ce texte sera ensuite soumis par référendum aux Français. Il y aura, dans le quinquennat de Marine Le Pen, plusieurs référendums, car nous souhaitons renouer avec cette pratique gaullienne.
– Ariel Emy, que répondez-vous, que ce soit au Rassemblement national ? Julien Audou le dit, on ne vise pas les femmes qui portent le voile. On vise l'idéologie qui est derrière.
– Vous
m'excuserez un peu la radicalité du propos et j'emprunterai certainement les accents de Saint-Just, mais pas de liberté pour les ennemis de la liberté.
Ni
pour M. Tanguy, ni pour Marine Le Pen, ni pour M. Audoul.
Vous
avez un droit qui est applicable, c'est l'article 10 de la Déclaration des droits de l'homme et des citoyens, c'est la Constitution, c'est la République française. Vous avez l'article 10
et
l'article 9 de la CEDH, vous avez l'article 1 de la loi de 1905, et puis surtout vous avez l'article 24 de la loi de 1881 qui prohibe toute provocation et la discrimination. Le fait de proposer aujourd'hui sur votre plateau, hier encore sur votre plateau, à ce que soit interdit
le
port du voile est une provocation à la discrimination religieuse, s'agissant des femmes qui portent le voile. C'est une infraction pénale, ce n
'est
pas une contravention qui est encourue, c'est une pète d'emprisonnement qui est encourue. Et moi ce que je peux vous dire aujourd'hui, et je vous l'affirme, et c'est un scoop, c'est que la plupart des organisations antiracistes vont déposer plainte contre tous ceux qui ont porté ce débat sur la place publique.
C'est-à-dire que votre
organisation, la Ligue des droits de l'homme, va porter plainte contre le
Rassemblement national ?
Je peux vous dire que la plupart des organisations antiracistes vont déposer plainte pour provocation à la discrimination, parce qu'on ne peut pas se permettre d'avoir ce débat sur un plateau télé, le seul endroit où on aura ce débat c'est devant un tribunal correctionnel. Et ceux qui ont porté ce débat
seront poursuivis. Donc calmez-vous, détendez-vous,
essayez
d'expulser
la haine qui est en vous. Monsieur, la haine c
'est quand
on fait pleurer un
enfant qui vient avec sa mère, dans le cadre d'un trajet scolaire, dans le cadre du conseil régional, comme vous l'avez fait. La Ligue des droits
des islamistes,
vous
êtes le représentant de la Ligue des droits des islamistes.
Je sais que vous préférez défendre les
personnes accusées de viol à des personnes qui
ont été violées,
et
je sais que c'est votre...
C'est grave, c'est que vous dites
là. C'est M. O'Doul qui a préféré défendre Patrick Burel plutôt que les personnes qui pourraient procéder aux victimes.
Ah pardon, Ariadne, on va rester sur le sujet du soir. Mais
je vais vous dire, M. O'Doul, vous serez devant le tribunal. Oui, exactement,
nous allons nous retrouver
devant le tribunal pour
diffamation. Parce qu'on ne peut pas jamais, jamais, jamais, on
ne pourra, sur la place de la République, attaquer des femmes parce qu'elles expriment une croyance religieuse. Et ça, c'est une limite absolue qui ne sera portée par une grande partie
du gouvernement. Attendez, Julien O'Doul, pour répondre
à Ariadne, je retiens un mot notamment de ce que vous avez dit, c'est discrimination. C'est le fait de cibler particulièrement les femmes qui portent le voile. Vous dites, ce n'est pas elles que l'on vise, c
'est
l'idéologie qui est derrière. Très bien. Pourquoi est-ce que ne pas,
comment
dire, viser dans ces cas-là, l'intégralité des religions, l'intégralité des signes religieux ? Ariadne, il vous dit, là, vous ciblez précisément une religion.
Déjà, je tiens à préciser quand même le contexte dans lequel nous sommes. Nous sommes menacés depuis des années par l'antrisme islamiste. C'est une réalité, on en parle et vous en parlez régulièrement, que ça ait lieu à l'école, à l'université, dans le sport, dans les entreprises, dans les activités de loisirs. Une réalité aussi sur ce que veulent nos concitoyens. 69% des Français veulent l'interdiction du voile dans l'espace public. Une autre réalité sur le voile, dont on a l'impression qu'il est généralisé en France.
69% des Françaises de confession musulmane, et je dis bien des Françaises de confession musulmane, Françaises étant le plus important de leur nationalité, la confession étant une opinion religieuse, ne portent pas le voile. 69% des Français de confession musulmane ne portent pas le voile. Et nous disons, nous aujourd'hui, parmi toutes les mesures, parce qu'effectivement, on met l'accent sur le port du voile.
Le projet de loi qui sera soumis par référendum aux Français comporte d'autres mesures qui sont, j'allais dire, plus urgentes pour lutter contre l'islamisme, que ce soit en termes d'interdiction de certaines organisations, que ce soit en termes d'expulsion de prêcheurs de haine ou de fermeture de mosquées radicales. Je prends l'exemple du gouvernement autrichien, qui, après un seul attentat de Vienne en 2020, a fait interdire l
'idéologie de la guerre du monde. – Monsieur Oudou, vous proposez ça, vous proposez ça et
vous dites qu'il est un sujet qu'on veut mettre sur la place publique. On va demander aux Français ce qu'ils en pensent.
–
Bien sûr. – Comment comptez-vous justifier devant le Conseil constitutionnel que vous allez vous attaquer à une loi qui autorise le port du voile, la kippa, le ruban et la croix ? Comment allez-vous justifier devant le Conseil constitutionnel que la seule chose de ces quatre-là, de ces quatre signes religieux, que vous voulez faire interdire,
c
'est le voile ? Sur quel fondement ? Parce que la Constitution va vous
dire que c'est une rupture d'égalité entre les citoyens.
– Sur
le
fondement de
l'ordre public. – Parce que ça
s'annonce délicat.
– Sur le fondement de l'ordre public, puisqu'il y
a
une grande différence entre les différents signes ostensibles que vous avez évoqués. puisqu'il y en a un qui est instrumentalisé, qui est même le totem des idéologies islamistes. Les frères musulmans l'ont théorisé. Les frères musulmans veulent l'islamisation de la société, veulent l'islamisation de l'espace public, veulent aujourd'hui prendre d'assaut l'école de la République et remettre en cause la loi de 2004. On a vu tout le débat d'ailleurs sur la baïa à l'école, qui était largement instrumentalisée par les frères musulmans. la grande différence avec le voile. Et encore une fois,
je ne
juge pas les Françaises qui le mettent pour des raisons qui leur sont personnelles et qui n'ont pas d'autres intentions que celles
-là. – Mais elle, si c'est interdit, on doit voir l'autre. –
Mais le voile, aujourd'hui, est un symbole politico-religieux, que l'on le veuille ou non. Il est aujourd'hui l'étendard d'idéologies mortifères qui avancent aujourd'hui dans notre pays, malheureusement. qui sont quelquefois d
'ailleurs soutenus par des mouvements politiques comme les FI. – Sur ce point-là, Arie Alimi,
est-ce que sur ce point-là, vous êtes d'accord pour dire qu'il y a un sujet précisément en France sur l'antrisme islamiste
? –
La question n'est pas la confusion que fait M. O'Doul, l'extrême droite et tous les racistes de France, entre l'islam et l'islamisme. C'est une confusion qui est entretenue habituellement. –
Non, justement, on fait une séance. – C'est la confusion
que fait M. O'Doul depuis le début. Il dit, à partir du moment où il y
a
un problème d'islamisme, on peut interdire l'expression musulmane. Et vous voyez bien la confusion qu'il fait. Il assimile les deux choses. Vous voyez, c'est exactement la même chose que les personnes qui commettent des provocations, ou bien pardon, des apologies du terrorisme, en confondant la résistance et le
fait
de tuer des civils. –
C
'est exactement ça.
–
Pour vous, le Hamas,
c'est pas un parti de résistance ? – M.
O'Doul, c'est pareil que ceux qui font de l'apologie du terrorisme. Il provoque la discrimination et il n
'y a
qu'un seul endroit où ce débat doit avoir lieu. Je le dis, je le redis, il aura lieu devant les tribunaux. Contre M. O'Doul, contre Mme Le Pen et contre M. Tanguy. Ils ont déjà franchi la ligne qu'ils n'auraient
jamais dû franchir. C'est
la ligne républicaine. Il y a une ligne que l'on ne peut franchir, y compris sur les plateaux télé. C'est la ligne républicaine. Et la ligne républicaine,
c
'est celle qui protège toutes les personnes qui expriment leurs croyances et qui ont une liberté de conscience. À partir
du moment où
l'on vise spécifiquement une religion ou que l'on vise une expression religieuse, on met à bas la République. Ces gens-là sont les ennemis de la République. Et donc il faut les faire juger et les faire condamner. – Et fusiller aussi. – Et je veux dire, c'est pas la première fois qu'ils mettent en jeu la République. Ils ont l'habitude d'aller devant les tribunaux et de se faire condamner. Ils se foutent complètement de la République. Il
y a
un moment où il faut mettre la ligne là où elle est là. Et là, c'est la ligne blanche.
– Sauf que le
Rassemblement National vous dit « Une loi, la loi peut être modifiée », que la Constitution éventuellement peut être modifiée et que ce dont vous parlez ce soir, le Rassemblement National vous dit « Ça peut changer,
tout ça peut évoluer ». – Je veux dire,
tout peut être modifié. Mais il y
a
des règles, il y a par exemple la Convention européenne des sauvegardes des droits de l'homme et des citoyens qui prime les lois françaises. Parce que c'est comme ça, c
'est
un ordre juridique international. Ce que veulent attaquer les gens du Rassemblement National, c'est pas uniquement le voile ou le principe d'égalité ou le principe de liberté de choix.
– Ce
qu'ils veulent attaquer, c'est le droit.
Parce
qu'à la fin, oui, ce qu'ils veulent remettre en cause, c'est le jour où le Conseil constitutionnel vous dira « Cette loi est anticonstitutionnelle, il faut remettre en
cause la position. » Le jour où
la Convention européenne des sauvegardes
des droits de l'homme et des
citoyens, qui est un acquis de la presse de la Seconde Guerre mondiale, de l'ordre juridique international, de
l'État de droit,
vous
dira
« Ça n'est pas possible d'interdire le voile », eh bien il faudra remettre en cause la Convention
européenne des droits de l'homme et des citoyens.
–
Ce
qui
est
intéressant, c
'est la République qui est remise en cause par l'État de droit. – Ce discours
est vraiment… Enfin, je veux dire, passer à côté de la plaque, ce qui est intéressant.
–
Quel discours ? – Ce discours-là, ok. – C
'est la vérité.
– Si vous voulez changer le droit, vous le changez. Et c'est ça qui est intéressant. Je suis désolé.
–
Il y a des règles, monsieur. –
Vous
pouvez changer
l'ombre. – Non, non, non, il y a des
règles, monsieur.
C
'est la République
qui applique ces règles. – Je connais aussi bien le droit que vous. – L'égalité et une limite
absolue. –
Ce
qui m'intéresse d'entendre de monsieur Odoul, c'est de savoir comment
il
change la Constitution pour pouvoir aboutir à ce référendum, dans la mesure où, actuellement, vous n'avez pas le droit de faire ce référendum, si on s'en tient à la Constitution. – Ne serait-ce que même poser la question sur… – Voilà. – Mais attendez, attendez, je n
'ai
pas fini mon… –
Pour
penser, c'est impossible aujourd'hui. – Assez loin,
si
vous me permettez. Avec un soutien, en admettant que vous soyez élu et que les sondages qui aujourd'hui sont dans le circuit approuvent effectivement cette politique, ça va être plus facile pour vous, évidemment, de changer éventuellement la Constitution. Mais si vous changez la Constitution, vous êtes néanmoins obligés, non pas de faire une loi à destination des seuls musulmans, mais une loi qui conserve les
juifs,
comme la loi de 2004 d'ailleurs. – Et ça ne lâchera pas non plus. – Les juifs, les bouddhistes, enfin tous ceux qui relèvent d'une religion révélée. Et là, ça me paraît être une
entreprise compliquée. – Moi je pense qu'il faut y voir plutôt de la citation un peu politique. – Ça ne marchera pas non plus parce qu
'il
n'y a pas que le principe d
'égalité.
–
Bien sûr.
– Attendez, il y a plusieurs
choses,
il n'y a pas le principe d'égalité. – Attendez, Aria Lémi.
– Il y a la liberté de croyance. – Aria Lémi, je voudrais
que Julien Oudoul garantisse la liberté religieuse. – Et ça, vous ne pourrez pas le remettre
en
cause. – C'est l'un des actifs de la République. – Aria
Lémi, s'il vous plaît, s'il vous plaît, s
'il
vous plaît, s'il
vous
plaît,
je
voudrais que Julien Oudoul
réponde.
–
C
'est
très important, le Rassemblement national et Marine Le Pen défendront et garantiront la liberté religieuse. Et d'ailleurs, toutes les libertés, quelles qu'elles soient. Mais aujourd'hui,
de faire l
'amalgame,
comme
le fait monsieur, et comme le fait l'extrême-gauche, entre musulmans et islamistes, qui est encore une fois un amalgame qui est détestable, puisque l'essentiel, l'immense majorité de nos compatriotes de confession musulmane détestent les islamistes et s'en éloignent à tout point
de vue. – Aria Lémi, vous dites précisément le contraire, vous explique que c'est
vous
qui êtes dans l
'amalgame. – Et vous êtes le pendant des mollahs
iraniens, parce que vous interdisez quelque chose. Alors que la liberté, c'est la liberté de choisir, entre
porter ou ne pas porter le voile.
C'est ça la liberté, monsieur Oudoul. Je
sais que vous avez une difficulté à concevoir la liberté et la
République. – Vous porterez
plainte contre les millions d'électeurs de Marine Le Pen et contre les 59% de Français qui
veulent interdire
le voile dans l'espace public. – Monsieur Oudoul, je sais que c'est compliqué pour vous de ne pas
franchir la loi et les limites de la loi. Je sais que c'est très compliqué.
–
Bon, c'est très
compliqué pour vous d'avoir un débat respectuel aussi. – Mais politiquement, vous avez choisi votre adversaire, c'est
Jean-Luc Mélenchon. En
fait,
vous voulez
faire monter Jean-Luc Mélenchon ? – Il y a beaucoup d
'agitation politique dans cette affaire, il faut quand même le dire.
– Pourquoi agitation
politique ?
– D'abord, premièrement, il
faut d'abord rappeler qu'il existe des lois en France déjà et sans doute qu'elles ne sont pas suffisamment bien appliquées. la loi de 2010 par exemple,
la dissimulation
du visage, sans doute qu'elle est mal appliquée et ça c'est une vraie question là-dessus, sans doute qu'il faudrait s'y pencher. Celle de 2004 par contre, je me souviens de l'époque, puisque j'étais déjà dans le circuit, Jean-Marie Le Pen n'était même pas pour,
c
'est-à-dire celle qui sanctuarise l'école et qui interdit le voile, celle-ci est bien appliquée. – Partiellement.
–
Si, si, elle est bien appliquée, monsieur Oudoul.
– Non, non, non, non, non, non. – Les sorties scolaires,
les activités
scolaires…
– Mais
ça c
'est autre chose, c'était pas prévu dans la loi. – Mais c'est pour ça
qu
'elle
est incomplète.
–
Mais ça c'était pas prévu
dans la loi.
–
Le
décret sur la baille à Toulouse dit que ça ne marcherait pas, c'est finalement appliqué, plutôt pas mal. C'est pour ça que je pense que Marine Le Pen et Jean-Philippe Tanguy hier, je pense que c'est un sujet, évidemment, le Rassemblement National a besoin de ce sujet-là. Franchement, on était sur une séquence très économique, la dette, la retraite, beaucoup plus compliquée que pour le Rassemblement National, et c'est la force du Rassemblement National de parvenir à remettre l'immigration et surtout le voile sur la table, alors que
c'est un débat
qui, quand même… – Non, mais
c'est l'islamisme. – Non, mais c'est l'islamisme. – Non, mais c'est l'islamisme. – La
question, non mais
il
faut être
très clair. – Je vous laisse terminer, je vous laisse juste terminer. – C'est l'islamisme. – Je pense qu'il y a
un angle mort, dans tout ce qui a été dit, il y
a
un angle mort, c'est effectivement le voile chez les très jeunes. Le voile chez les 13-14 ans, et là on a eu une discussion avec Robert Ménard sur cette question-là. Là, oui, parce que c'est vrai que ça apparaît aussi dans l'espace public, et sur le discernement des très très jeunes sur cette question-là, je vous donne le point. Mais pour le reste, c'est quand même beaucoup d'agitation politique. – Moi, je
pense que c
'est un calcul politique qui est gros comme…
–
Mais c'est
aussi caricatural, là, que le francisme. Vous vous dites qu'on ne peut pas débattre. – Non, mais la proposition… – Vous vous dites de toute façon ça va passer. J'imagine que les Français… – Mais oui,
vous vous
dites
qu'on modifiera
pas. – Attendez,
attendez,
pas tout ça en temps. – Ne dites pas ce que je ne l'ai pas dit. – Il en plus peut-être sans l'Ivoire. –
Hier,
Jean-Philippe Tanguy sort ce sujet, qui d'ailleurs n'a jamais été une grande unanimité à l'intérieur du rafaud.
–
Ah bon, on
va
le voir dans un instant avec l'Ivoire. Mais surtout,
c
'est évident que d'abord, ça permet de faire un pas de côté par rapport au sujet économique sur lequel il y a quand même pas mal de questions à poser. Mais surtout, c'est une façon de faire encore augmenter les intentions de vote pour Jean-Luc Mélenchon. Parce que celui qui est le plus virulent contre le discours du Rassemblement National sur ce terrain-là, c'est évidemment Jean-Luc Mélenchon. Et comme Jean-Luc Mélenchon est probablement l'adversaire le plus facile à battre, si on en croit les sondages, pour Mme Le Pen, et bien ils vont cultiver ce sillon, à mon avis, de façon à l'envie. –
Vous parlez de Jean-Luc Mélenchon, attendez, juste une chose, je vous
le
montre, comme ça c'est fait, la réaction de Jean-Luc Mélenchon, justement, un des messages, parce qu'il y
en a
eu plusieurs postés aujourd'hui par le candidat de la France Insoumise, « Ignole, Marine Le Pen veut envoyer la police pour faire payer les amendes aux femmes qui portent le voile. Le RN fait une fois de plus la démonstration qu'il n'a pas changé et déverse ses obsessions. C'est sexiste et islamophobe, avec un unique objectif, diviser notre peuple et fracturer la République pour mieux dominer. »
On
verra dans un instant la réponse de Marine Le Pen à tout ça.
– Ce qui est dommage, c'est qu'il
y
a un vrai sujet de fond. Quand 60% des Français vous disent à peu près, peu ou prou, « il y
a
un sujet sur le voile dans l'espace public », ça mériterait qu'on en débatte. D'un côté, on ne
peut
pas en débattre parce que le droit c'est comme ça, et on ne peut absolument rien en échanger, sinon on sera devant les tribunaux. Vous vous dites, on va le faire.
– Non, on va en débattre. – Vous allez
en débattre en sachant pertinemment que constitutionnellement, cibler une seule religion et pas les autres,
ça ne fonctionnera pas.
Et par ailleurs, vous avez vu ce
qui s'est passé pour le Burkini, notamment
à Nice. Écoutez, vous imaginez, pour les policiers qui vont aller mettre les amendes aux femmes voilées, des esclandres systématiquement. Ça sera inapplicable. Ça,
c'est un sujet d'ordre public. – Arie Alimi, vous avez été mis en cours. – J'achète,
simplement, le contrôle et l'amende des femmes voilées, ça aussi, ça deviendra un sujet d'ordre public, vous vous en doutez.
– Alors,
attendez, je l'ai en doule. On va le
faire dans l'ordre parce que, d'abord, Anne-Soradoua, critique Arie Alimi. – Est-ce que vous
pensez qu'il peut y avoir un débat aujourd'hui sur la possibilité de revenir sur la loi Guesso et sur les propos négationnistes
?
Est-ce que vous pensez qu'il peut y avoir un débat aujourd'hui sur la nouvelle criminalisation de l'homosexualité ? Alors que ce sont des lois qui l'ont interdit, même si c'était des
crimes en France, je suis en train de vous
dire qu'il n'y a pas de différence.
– Il n'y
a
aucune
nuance dans ce que vous me proposez. – Je suis en train de vous dire
qu'il n
'y
a pas de différence entre la discrimination, entre l'islamophobie,
–
Dans
certains cas, pour certaines femmes qui sont obligées de le
porter, le voile est
une discrimination. – Je suis en train de vous dire qu'il n'y a pas de
justification,
qu
'il ne
peut pas y avoir de débat parce que je suis
en train de vous dire qu'on ne peut pas débattre de ces choses-là en République, sauf éventuellement pour ceux qui ont prôné ces idées devant un tribunal correctionnel parce qu'ils en courent la prison.
– Je vous dis que dans certains cas, Anne
-Soradoua,
si on essaie d'avoir ce débat, il finira devant un tribunal correctionnel. – Je vous dis que dans certains cas,
pour certaines femmes
qui sont obligées de le porter, le voile est une discrimination. – C'est pas la mienne. – Vous pouvez m'écouter s'il vous plaît ? – L'emprisonnement, c'est pas la mienne. – Je vous règle à
mon tour, dans certains cas, pour certaines femmes qui sont obligées de le porter, le voile est une
discrimination. – C'est pas le débat qui
est là.
– Et pourquoi pas ? –
Le débat qui est porté, qui essaye d'être porté par le Rassemblement National, à des fins discriminantes et à des fins racistes, c'est de dire qu'on empêche une
liberté. – Monsieur
Alimi,
on ne peut pas
en
parler
ici, parce que c'est ce qu'on appelle une fenêtre d'overtone. Le débat qui est en train d'être mis sur la table par le Rassemblement National, c'est un débat électoral pour exister politiquement. C'est un débat raciste,
c
'est un débat discriminant et qu'il y a des moments,
sur
un plateau télé, dans la démocratie, en République, où il faut mettre des limites. C'est pour ça que le législateur a mis des limites qu'on ne peut pas franchir. Et ce que je suis en train de vous dire, c'est que non, il y a des sujets dont on ne peut pas débattre ailleurs que devant un
tribunal. – Je
pense qu
'il faudrait pouvoir en débattre.
–
Et
je peux vous assurer que s'il continue à être débattu,
il sera devant un tribunal,
et que les personnes qui
vont en débattu, on est en train d'aller parce que c'est interdit. – On peut débattre des sujets. – Parce que c'est la loi. – Il y a la liberté d
'expression.
–
Évidemment que c'est interdit d'en débattre. Considérer et faire une provocation à la discrimination, comme c'est le cas aujourd'hui avec M. O'Doul, ou avec M. Tanguy, ou avec Mme Marine Le Pen, ou le simple fait d
'en
débattre, c'est une discrimination et
c'est inciter à la discrimination. C'est la loi. – Aria Lémi, Aria Lémi, Aria Lémi. – Je sais que… – Aria Lémi, il faut arrêter. – On peut
parler du voile autant qu'on veut. On ne peut pas dire que l'on veut interdire le port du
voile dans l'espace public. – Vous niez le débat, M. O'Doul. – Je ne nie pas le débat, je dis que c'est la loi qui le nie, le débat. Et je rappelle certainement les limites de la loi, les limites de la République. – Vous pouvez pas rappeler certaines
choses ? – Pas
moi,
mais les tribunaux,
oui.
– La justice, oui. – On a un peu les oreilles qui… – Attends, attends, attends. – Il y avait des
pays islamiques où le voile n'était pas interdit, et dont j'ai connu certains des présidents,
d
'ailleurs, notamment Habib Bourguiba, qui était violemment contre
le voile. –
Mais on
est en France, et heureusement on est en France pour la démocratie
et en République. – Captain Nasser était
violemment contre le voile. – Je te ria, heureusement, nous sommes en France en République. – Et nous sommes en République. – Et c'est pour ça qu'on peut en parler. – Et ce n
'était pas des républiques.
–
Et c'est pour ça qu
'on
peut
en parler. – On ne peut pas en parler parce que des lois, parce qu'il n'y a pas
de… –
On a les oreilles qui saignent, il y a des limites à la liberté. – Vous dites tellement de… – Julien Audoul,
Julien
Audoul. – Il faut
rappeler ces limites,
et aujourd'hui je les rappelle. –
Julien Audoul. – Il me semble qu'on les oublie, et que le Rassemblement National fait en sorte qu'on oublie les limites de la République.
–
Très bien. –
Vous
êtes un beau porte-parole des islamistes.
–
Oh,
mais c'est fatigant, monsieur. – Non, mais c'est une réalité. – Heureusement que vous avez sorti des… – Vous
avez
tous leurs éléments de langage. – Tous leurs éléments de langage. – C'est insupportable.
–
La
religion musulmane n'a rien à voir avec les idéologies islamistes.
–
Merci de le
rappeler. – Et la religion musulmane,
comme toutes les religions, n'est pas une race, monsieur Alimi. Très bien.
– Quel
rapport ? – Vous parlez de racisme.
– C'est la loi qui prévoit ces limites. – Une religion… – C'est la loi, monsieur. – La loi 1880, c'est l'article 24 qui prévoit les
discriminations. – Une religion, encore une fois, n'est pas une race.
–
Vous mélangez tout,
monsieur. –
Vous
mélangez
tout. Vous êtes député, vous ne connaissez même pas la loi.
– C'est
insupportable. – S'il vous plaît, s'il vous plaît. – Julien Ardoule. – C'est ce monsieur qui est insupportable. –
Julien Ardoule, allez-y Julien Ardoule. – On
ne
peut
pas débattre avec les islamistes. Donc nous, nous souhaitons protéger d'une la liberté religieuse, nous souhaitons protéger la sécurité des Français et particulièrement d'ailleurs des Françaises de confession musulmane, comme ça a été rappelé, dont beaucoup d'ailleurs sont forcés de porter le voile. – Beaucoup,
non, ce n'est pas la
majorité.
–
Si. Soit, attendez, soit elles sont forcées de porter le voile parce que leur entourage familial, que ce soit leur père, leur mari ou leur frère, leur impose, soit parce qu
'elles
se sentent obligées pour des raisons de sécurité, pour circuler librement. Et ça, encore une fois,
c'est largement... – Julien Ardoule, on
en revient à la question que vous posez à l'instant, Anne-Sorah Dubois. Comment allez-vous faire
si
tant est que cette loi finisse par arriver un jour pour ne serait-ce que la faire appliquer ? Comment allez-vous faire la distinction précisément entre les femmes qui seraient forcées de le porter parce que derrière l'idéologie islamiste, puisque vous dites qu
'il
n
'y a
pas d'amalgame à faire, comment vous allez faire la différence entre ces femmes-là et d'autres qui le porteraient par choix, par conviction religieuse, par volonté ? Comment vous faites le distinguo entre les deux
? – Déjà, nous allons débattre. Et je pense que c'est très important de respecter le temps du débat. Nous allons débattre du projet de loi qui sera proposé pour lutter contre les idéologies islamistes qui est déjà dans les cartons, qui est déjà rédigée. Il y aura ce débat et ce sont les Français qui trancheront. Et je trouve ça quand même hallucinant que la gauche et l'extrême-gauche ne veuillent jamais que les Français se positionnent et donnent leur avis par référendum. On ne
peut
pas débattre de l'immigration. – Et
on ne débattre pas du racisme.
–
On
ne débattre pas
de
l'islamisme.
– Et on ne débattre pas du racisme et des idées racistes. – Non, on ne débattre pas les
idées racistes. Alors là, par contre, ça fait office de loi. Donc très clairement, débattons. Posons la question pour
la gauche. – Oui, mais il n'y a pas eu de loi. La loi du pouvoir est restée. – Ça vaudrait. – Oui,
mais il
faut
éclairer nos
téléspectateurs. – Donc moi, je dis que les Français qui sont intéressés par ces sujets-là, 69% ce n'est pas rien qui demandent l'interdiction du voile dans l'espace public. Beaucoup plus qui demandent l'expulsion des prêcheurs de haine. Beaucoup plus qui demandent l'interdiction et la fermeture des mosquées
radicales. – Le
ministre de l'Intérieur n'en a exclu
combien des prêcheurs ? – Combien il y en a eu ?
– Il y en a exclu
quand
même.
– Ils sont exclus à la base de prêches
qui sont islamistes.
– Oui, justement. – Mais il est en
fuite
quand
même.
Marine Le Pen