Universités : Audition de l'Udice et de l'Initiative
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour, bonjour chers collègues Stéphane Pier Noir. Bonjour madame la rapporteur. Nous avons le plaisir cet après-midi d'accueillir les représentants de l'UDIS et de l'initiative.
Alors pour l'UDIS, nous recevons sa présidente, madame Nathalie Drac Temma. Vous êtes également présidente de Sorbon Université et nous recevons aussi le vice-président de l'UDIS, monsieur Din Levice, président de l'université de Bordeaux. Pour l'initiative, il s'agit de madame Karine Bernaud, présidente de l'association et de Nantes Université et nous aurons plaisir à à vous visiter bientôt.
Et vous êtes madame la présidente accompagnée de monsieur Régis Bordet, vice-président de l'association, président de l'université de Lille que nous avons déjà eu le plaisir d'auditionner en sa qualité de président. C'était au tout début de notre commission d'enquête. Vous voyez, vous voyez alors entre-temps la température augmenté hein.
Vous avez vous avez vu ça. Je je vous dis quelques mots sur cette commission d'enquête. Donc elle a été instituée par le Sénat l'initiative du groupe les Républicains qui en a confié le rapport à madame Laurence Garnier et cette commission d'enquête vise à établir un état des lieux partagés du modèle universitaire et à à identifier les leviers permettants, je cite, d'améliorer la qualité du service public de l'enseignement supérieur dont l'université constitue le socle.
Vos deux associations sont bien évidemment extrêmement liées au sujet de cette commission d'enquête qui s'intéresse de façon privilégiée à l'excellence académique et vous nous direz comment vous vous la définissez en ce qui vous concerne. Quelques petits mots sur vos associations. L'UDIS réunit 13 universités de recherche.
Elle a été fondée en juin [grognement] 2020 par des établissements qui étaient à l'époque bénéficiair pardon, d'une initiative d'excellence IDEX. L'initiative réunit quant à elle six établissements lauréat du du label I cite un label d'excellence délivré par l'État. Vous le savez, est-ce que je pense que vous avez regardé quelques-unes des auditions qui ont qui ont procédé.
Ce qui nous intéresse, c'est les forces et les faiblesses du modèle universitaire français, notamment par rapport aux établissements privé et nous en parlerons le 1er juin avec le rapporteur du projet de loi sur la régulation du privé lucratif et puis aussi avec les établissements étrangers. et nous aimerions que vous définissiez quels sont pour vous les marqueurs de l'excellence académique, comment on peut renforcer cette cette excellence et de façon très générale, quelle est votre vision pour l'Université française de demain ? Ce que je vous propose, c'est de vous donner la parole pour un un propos liiminaire d'une dizaine de minutes et et ensuite pour suivre un échange rapide avec la rapporteur, des réponses rapides, ce qui permettra à la rapporteur d'en enchaîner plusieurs plusieurs de suite.
Avant de vous laisser la parole, je dois procéder aux formalités d'usage d'une commission d'enquête. Et je vous rappelle donc qu'un faux témoignage devant cette commission est passible des peines prévues aux articles 434-13-14-15 du code pénal. Et je vous invite à prêter serment de dire toute la vérité et rien que la vérité en levant la main droite et en disant je le jure on va commencer par vous.
Oui, je vous Merci. J'ai pris bonne note de vos serments [grognement] et je souhaiterais par ailleurs que vous nous fassiez part de vos éventuels liens d'intérêt en relation avec l'objet de notre commission directe. Président de l'université.
Alors pour nous, c'est pas tellement un conflit d'intérêt là en l'occurrence. Voilà, je vous remercie et je vous rappelle que cette audition est diffusée en direct sur le site internet du Sénat du Sénat. On va commencer par monsieur Lévis.
Allez-y. Allez-y. Pardon.
Pardon. Euh donc ben monsieur le président, madame la rapporteur, mesdames et messieurs les sénatrices et micro voilà c'est merci beaucoup. Donc 10 minutes pour vous, 10 minutes pour l'initiative et si les deux vice-présidents veulent, je leurai.
Merci monsieur le président, madame la rapporteur, mesdames et messieurs les sénatrices et les sénateurs, mesdames et messieurs, merci beaucoup pour votre invitation et de nous donner aujourd'hui l'opportunité de participer à vos travaux sur un sujet aussi essentiel que l'avenir du modèle universitaire français intimement lié à l'avenir de notre pays, à l'avenir de notre jeunesse, à notre souveraineté, à notre capacité d'innover et d'accompagner les transitions. Je vais développer ce propos introductif autour de la présentation de l'association UDIS de ses caractéristiques communes et de quelques points à améliorer ou transformer pour garantir l'excellence du service public, de l'enseignement supérieur et de la recherche. Vous l'avez vous l'avez rappelé donc U10 a été créé en 2020.
Il fait suite à la CUIF créée en 2008 qui avait les mêmes missions Q10. Nous sommes actuellement 13 universités membres et nous représentons six régions métropolitaines. L'Île-de-France, la région PACA, Occitanie, Nouvelle-Aquitaine, Auvergne, Ronalpe et Grand Est.
Euh dans parmi nos 13 universités, neuf sont effectivement des initiatives d'excellence index sur les neuf euh lauréates euh nationales. Et nous avons aussi avec nous deux initiatives Sciences innovation territoire économie ISIT sur euh les H8 lauréat. Les six autres lauréat étant dans l'initiative.
Toutes les universités du sont membres de France Université et membres actifs de cette association. UDIS est une association qui est miroir d'autres associations du même type dans d'autres pays. J'en citerai quelques-unes.
Le Russell Grop au Royaume-Uni, U15 en Allemagne, U15 au Canada, le groupe des 8 en Australie, l'association des 11 au Japon ou l'IVLIG des h universités aux États-Unis. et nous travaillons régulièrement avec certaines de ces associations. Les missions principales du 10 donc que nous avons défini dans un premier temps bien sûr, c'est de promouvoir les universités de recherche françaises et leurs valeurs en France et à l'international.
D'éclairer les débats, les politiques et les décideurs sur des grands enjeux scientifiques. On vient de voir que le Cantique était un sujet d'actualité la semaine dernière. Nous avions produit euh un rapport sur le quantink en 2021 qui s'appelait Génération quantique.
Un 3è une 3è mission, c'est d'anticiper par la production ou la coproduction de prospectif à partir de notes de positionnement sur des sujets d'intérêt collectif. Un autre rôle important qui se voit moins de U10 est celui qui nous permet d'échanger les bonnes pratiques et de travailler ensemble entre nos 13 établissements. La taille de l'association nous permet ce fonctionnement, un fonctionnement basé sur des discussions, des débats facilités entre président et vice-président de nos universités.
Nous avons de nombreux groupes de travail qui associent euh nos vice-présidents. Si on définissait les caractéristiques qui sont communes des universités du 10, euh d'abord l'association est composée d'universités alors qui se ressemblent mais pas par leur organisation et leur structuration. Nous avons dans UDIS des universités lois Savari, des établissements expérimentaux et des grands établissements.
Il n'y a pas un seul modèle de structuration d'organisation dans U10, mais nous avons des caractéristiques et des ambitions communes. Un des objectifs d'excellence des universités du 10 est bien sur leur production scientifique dans une dynamique de compétition et de rayonnement internationaux. Si la notion d'excellence universitaire est est multidimensionnelle, je crois qu'il y a pas un modèle unique.
L'un des piliers majeurs du 10 résiste bien sûr dans sa compétitivité internationale et particulièrement par la production scientifique de ses membres. On se rappelle du rapport qui Jupé Reocard qui a mené au grand emprunt donc des universités capables de rivaliser avec les grandes universités internationales pour rebâtir la souveraineté scientifique de la France. Alors, ce qui se traduit en terme de classement, les 12 premières universités françaises au classement de Shanghai sont à U10 et la et la 13e est 16e.
Alors, c'est pas un outil de pilotage pour nous. On connaît tous les tous les travers du classement de Shanghaï, mais c'est une façon de pouvoir communiquer euh et d'être pour certains publics attractifs. Si on prend un classement qui me semble beaucoup plus intéressant et qui permet de d'être un outil de pilotage qui est le classement de l'IDEN basé sur les publications ouvertes, les 11 premières universités de français françaises au classement sont dans U10 et les autres sont de trois places derrière.
Toutes les universités du 10 sont engagées à l'international de façon très actif au sein d'alliance d'Université européenne mais aussi membre de certains réseaux comme la LERU qui est la Ligue des universités intensives de recherche européenne et la guilde donc avec lesquels nous travaillons également. Une autre caractéristique commune des universités du 10 est le développement de la pluridisciplinarité. Dans UDIS, nous sommes des universités scientifiques et de santé, mais pas uniquement.
Parmi les universités du 10, neuf universités ont des UFR ou des facultés de sciences humaines et sociales, donc sont pluridisciplinaires à ce sens-là. Les autres peuvent avoir ça ça n'excluse pas les premières du droit de l'économie ou des STPS. Nous avons euh tous sauf une un membre de la santé.
D'ailleurs, l'association regroupe 70 % des étudiants en santé au niveau national. Par construction et compte tenu de ces forces en présence. Euh donc les membres du 10 sont très engagés dans la pluridisciplinarité et la capacité euh d'étudier et d'aborder un certain nombre de d'enjeux ou de grandes transitions du point de vue de différentes disciplines.
Et ça s'est rendu possible parce que sur chaque discipline, nous avons une masse critique de chercheurs et nous pouvons aborder les la pluridisciplinarité avec cette force dans l'aspect disciplinaire. Et donc ça c'est un point qui est important. On dit souvent que pour être bon dans la pluridisciplinarité, il faut déjà être excellent dans sa discipline.
Une autre spécificité ou d'autres spécificités du des universités du 10, c'est des spécificités opérationnelles et immobilières. Dans nos universités, nous avons une très forte présence des personnels du CNRS et de l'INCERME et à moindre mesure des autres organismes nationaux de recherche. La grande majorité des établissements comptent en leur sein quelques milliers de chercheurs ou d'IT des organismes nationaux de recherche.
Donc pour nous, c'est une force de recherche très importante mais qui a aussi un impact direct sur les fonctionnements et la gestion des universités en tant qu'établissement hébergeur payeur, ce qui est normal. Pour vous donner une petite un petit ordre d'idée, si vous regardez le rapport social unique 24 2024 pardon du CNRS et de l'INCERME, autour de 70 % des chercheurs du CNRS sont dans nos universités et un peu plus pour l'INCERME. À titre d'exemple, sur les 10000 chercheurs CNRS, 875 sont à Paris Saclet, 774 à Grenoble Alpe, 766 à ExMseille, 755 à Sorbon Université et cetera et cetera.
Euh voilà, donc ça c'est une caractéristique, une autre caractéristique des universités du 10. Il y a aussi deux trois autres universités avec ces qu caractéristiques en France. Après, c'est le nombre de chercheurs et en général un ordre de grandeur en dessous.
Euh et une autre caractéristique est un patrimoine immobilier, un parc scientifique de recherche conséquent. Nous hébergeons une part importante des infrastructures de recherche, donc des infrastructures de recherche très complexes, lourdes, des plateformes technologiques, des laboratoires de de pointe, des animaleries et cetera. Alors bien sûr, et ça on pourra en parler, les universités du 10 portent d'autres caractéristiques.
Chacune est engagée sur une excellence multidimensionnelle en lien avec les territoires. Notamment, nous avons plusieurs universités dans les territoires. Le troisème point que je voudrais aborder, c'est les forces et les faiblesses des universités et du système universitaire français.
Alors, il convient bien sûr de dire qu'il y a des forces et qu'il est nécessaire de préserver un certain nombre de faits et d'actions. Je vais pas m'attarder sur ce point, j'en citerai quelques-unes. L'identité de service public et l'accessibilité de l'université à tous pour une réussite, la liberté académique, une production scientifique de premier point plan, un doctorat fort, le modèle de formation par la recherche, nous étonnons les liens socio-économiques et territoriaux, le transfert.
La liste est bien sûr pas exhaustive. Je me concentrerai plutôt sur quelques points améliorer et à transformer pour garantir l'excellence. Tout d'abord, passer du décrochage budgétaire à un investissement public, massif et pluriannuel.
Il nous semble qu'il faut aujourd'hui, ce que nous partageons avec beaucoup, stopper le décrochage actuel. On mentionne toujours un PIB de 0,75 % pour l'investissement public en dessous du 1 % cible, mais des études montrent qu'il tambourait à 0,59 % si on normalisait les cotilisations salariales et nous nous retrouvenions à je crois à la 16e place en Europe. Cela demande aussi de tenir les engagements dans une vision pluriannuelle, de sécuriser les dotations récurrentes et de réussir l'intégration des financements de recherche, programme 150 et 172 et programmes hospitaliers de recherche clinique.
Un autre sujet, il nous semble qu'il faudrait reventiler des financements sur appel à projet vers des financements récurrents via les nouveaux comptes. Et par ailleurs euh pour euh les appels à projet restants, il faudrait défragmenter les appels à projet par pas petit bout mais d'avoir des appels à projet plus conséquents, plus englobants euh par rapport à une stratégie d'établissement pour garantir un réel gain en rentabilité en coût complet et que les financements soient vraiment utilisés sur la recherche et pas sur toute l'administration qui est mis à côté en terme terme d'appel à projet, de réponse appel à projet, de jury, d'évaluation amis parcours dans les meilleurs des cas. Un deuxème point, substituer le pilotage par microaction par une vision à long terme.
Remplacer la gestion actuelle par microaction par une véritable politique publique nationale dotée d'objectifs clairs, stable et partagé de la part de l'État. Un troisème point et vous ne serez pas étonné, concrétiser une autonomie réelle. Enrayer le recul actuel de l'autonomie en octroyant aux établissements une réelle marge de manœuvre stratégique et de gestion.
Bien que la loi l'RU a transféré la masse salariale aux universités, elle reste limitée dans leur moyens d'action. Absence de maîtrise des capacités d'accueil, des recrutements, mesures salariales imposées sans compensation. Il me semble, il nous semble qu'il faut inverser cette tendance en restaurant la confiance de l'État envers les université.
Un point que je ne développerai pas mais que je mentionnerai engager le chantier de la simplification opérationnelle et administratif. Et là, je pense qu'on pourrait passer des heures à vous raconter notre quotidien. Euh peut-être en en 5e point euh et ça c'est important pour nos universités euh conforter l'université comme chef de fil.
Il nous semble important qu'il faut achever l'intégration du pilotage scientifique des universités ou ou des ou des sites en positionnant l'université comme la coordinatrice de son écosystème associant les organismes nationaux de recherche et les acteurs locaux travaillent ensemble sur un projet commun coordonné en ayant une vision globale des moyens affectés sur une université ou sur un site. Amplifier les partenariats publics privés, ça nous semble important d'investir massivement dans la recherche technologique et partenariat. En développant les synergies les synergies publiques privées, nous avons élaboré un rapport qui est sorti en juillet 2025 avec la NRT, un rapport NRTU10 sur des possibilités, des moyens, des actions pour amplifier ce partenariat public privé.
Et nous avons notamment proposé un point commun sur les recrutements des docteurs avec le un point commun avec le rapport pomier laarus puisque vous le citer notamment sur l'usage du crédit impôt recherche pour accompagner le recrutement des jeunes docteurs dans les entreprises. Un point aussi pour nous important de dire là, rétablir l'attractivité des métiers et libérer le temps académique, redonner confiance et développer des éléments d'attractivité pour attirer les talents et convaincre les futures générations de docteurs et notamment face au défis des des plus de 50 % de départ à la retraite dans les années qui viennent. Cela exige d'agir sur les salaires, les conditions d'exercice, la simplification et surtout de redonner du temps académique aux chercheurs et enseignants chercheurs aujourd'hui sursollicité par les tâches administratives et pour les enseignants chercheurs par des heures complémentaires.
Je finirai parce que je la liste pourrait être encore longue. Mais conforter le lien formation recherche avec une formation axée sur l'adaptabilité et les fondamentaux plutôt que sur des outils et des des méthodes rapidement obsolètes et on pourra reparler de l'intelligence artificielle qui met en lumière fortement cette nécessité-là et puis assurer aussi le transfert de la recherche en train de se faire. euh toutes les nouvelles technologies notamment via la formation continue à façon euh auprès des collaborateurs euh des entreprises.
Je vais m'arrêter là. Juste un dernier mot, nous exprimerons ici à deux voix pour 10 et nous veillerons, et c'est important pour nous à préciser toute prise de parole qui relerait une opinion personnelle et pas d'une d'une opinion du 10 enfin en tout cas d'un d'un projet que nous portons ensemble. Merci madame la présidente.
Madame la présidente Bern, c'est à vous la parole pour environ 10 minutes. Merci monsieur le président. Monsieur le président, madame la rapporteur, monsieur le le sénateur, nous vous remercions de nous donner l'opportunité de nous exprimer aujourd'hui devant vous au nom de l'initiative qui est donc une association qui a été créée en 2024 qui réunit six universités labellisées ici par un jury international qui a donc reconnu l'excellence de de nos établissements à savoir et c'est important pour nous de les citer Siw Sergie Paris Université l'université Clermont Auvergne l'université Gustave Effel Nant Université l'université de Peau et des pays de la Dour et l'univers université de Lille.
À nous 6, nous représentons un peu plus de 210000 étudiants, donc 35000 internationaux, 25000 personnels et 2200 unités de recherche. Vous avez donc choisi de consacrer votre commission d'enquête à un sujet essentiel qui est tout simplement comment garantir l'excellence académique. Nos établissements sont des institutions publiques investi d'une mission d'intérêt général qui se doit garantir effectivement c'est excellent.
Je pense que nous nous serons tous d'accord sur ce point. Pour nous aborder ce sujet de l'excellence académique, c'est interroger le modèle d'université que nous voulons pour notre pays. C'est interroger la façon dont les universités exercent leur mission ainsi que les moyens qui leur sont alloués pour les accomplir.
Et disons-le tout de suite, pour nous, le modèle que nous défendons ne se conçoit pas en dissociant la formation de la recherche et donc de l'innovation. Et donc on ne veut pas vous cacher que nous avons été assez surpris de voir l'intitulé de votre commission réduit au service public de l'enseignement supérieur. Car parler de l'enseignement supérieur sans parler de la recherche, c'est finalement nier l'idée même d'université.
C'est nier l'importance de l'adosement de la formation à la recherche. Nathalie l'a évoqué également à l'instant. c'est occulter tous les enjeux liés à la recherche alors même que les universités représentent 70 % de la recherche publique, alors même que la place de la science dans notre société est un sujet majeur, alors même que de nombreuses promesses en la matière ne sont pas tenues, que l'on parle de la LPR ou des 3 % du PIB.
Bref, parler de l'enseignement supérieur sans parler de la recherche, c'est neutraliser toute possibilité d'existence de l'excellence académique. C'est prendre le risque de réduire l'université à une école professionnelle de proximité qui serait sommée de répondre à court thème au seul besoin matériel immédiat du marché de l'emploi. Et dans cette logique, très vite, c'est glissé vers un modèle où l'on fermerait les portes du premier cycle, où l'on ferait de l'université un fournisseur de prestation éducative, où l'on instaurerait une sélection financière pour tenter de combler les déficits et considérerez finalement qu'une grande part de notre jeunesse n'a pas sa place sur nos bancs.
L'excellence ne doit pas être un prétexte pour gommer le rôle social, le rôle démocratique de nos universités. Vous l'aurez compris, nous portons une vision de l'université, de l'excellence académique qui incarne la nécessité de faire de la connaissance un bien commun qui irrigue le plus largement possible la société dans son ensemble par la formation, par la recherche, par l'innovation. L'initiative porte donc l'idée que l'excellence académique n'est pas une fin mais un moyen.
C'est un moyen au service de la société, de sa compréhension, de son évolution. Et nous agissons en ce sens au quotidien, aussi bien au niveau local, national qu'européen, notamment via nos alliances européennes et internationales. L'excellence est donc un levier pour mieux former nos étudiantes et étudiants en les mettant en capacité de penser la complexité et de s'adapter à la transformation du monde tout en y contribuant.
L'excellence nous permet de repousser les frontières de la connaissance, d'innover en diffusant les résultats de la recherche dans la société en lien étroit avec les citoyennes, les citoyens, le monde socio-économique et culturel. [grognement] Nous défendons donc une université publique qui contribue à l'intérêt général, qui forme des citoyens, des citoyennes, qui est en prise directe avec les territoires. Et les six établissements d'initiative en apportent la preuve concrète puisqu'à eux seul, ils génèrent près de 4 milliards d'euros d'activité économique chaque année.
Ils soutiennent un peu plus de 83000 emplois directs, indirects et induits. Et là est la réalité concrète de l'université publique. un moteur économique puissant, un amortisseur social et un levier d'innovation.
Et quand certains parlent de coût, et bien les chiffres démontrent l'inverse puisque pour 1 € de subvention publique investi, nos six universités produisent en moyenne 2,7 € d'activité économique, des faits multiplicateurs passant même à 3,4 sur certains territoires. Et l'université, ce n'est pas seulement un acteur économique, c'est aussi une force productive industrielle. Puisque'en 2024, nos établissements ont créé 181 laboratoires communs avec des entreprises, signé 59 millions d'euros de contrat de recherche directement avec le monde économique, déposer 208 déclarations d'invention et accompagner la création de 18 start-ups.
Donc, autrement dit, sans université publique forte, il n'y aura ni souveraineté scientifique, ni innovation durable, ni vitalité économique des territoires. De même, il nous semble qu'assimiler université et échec des étudiants est une faute. Au niveau national, 90 % des diplômés de licence professionnelle et de master ont un emploi dans les 12 mois.
Je rappelle par comparaison que ce chiffre est de 66 % pour les écoles de management selon les chiffres même de notre ministère. Luttons donc ensemble contre les idées reçues. Luttons contre l'idée que l'argent public est gaspillé pour accueillir des cortes de Bachelier qui viendrait à l'université par défaut et salon le rôle que joue l'université pour faire réussir ses étudiants, les aider à trouver leur voix, à se réorienter par exemple car comme l'a démontré une récente étude de l'Institut des politiques publiques, aider un jeune à se réorienter, ce n'est pas un échec.
C'est un investissement pour lui mais aussi pour le pays puisque chaque euro investit dans ses parcours se traduit à long terme par 2,7 € de gains sociaux pour la nation. Ce n'est donc pas un gaspillage mais bien le cœur de notre mission de service public. Voilà donc la réalité de l'université publique française quand on lui permet de travailler.
Elle n'est pas déconnectée de la société. en est le moteur économique, social, un atout démocratique, un espace où se forme l'esprit critique, la citoyenneté, où se développe une science libre qui permet de comprendre le monde et son évolution. Et pour cela, nos établissements se sont profondément transformés ces dernières années sur plan institutionnel en se rapprochantement des grandes écoles, des organismes de recherche, des CHU, des acteurs économiques et culturels, mais aussi en multipliant les filières professionnalisantes, en développant massivement l'apprentissage, en améliorant globalement l'insertion professionnelle et en renforçant le lien entre formation et recherche.
Alors, évidemment, il ne s'agit pas de dire comme Panglose que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Il ne s'agit pas de se voiler la face. On peut toujours faire plus et mieux.
Nous le devons même face aux nombreux défis qui sont ceux de notre temps. Travailler toujours et encore sur l'orientation des Bacheliers. accompagner mieux encore la réussite de nos étudiantes et étudiants, leur réorientation, favoriser les passerelles, les reprises d'étude, garantir la liberté de la recherche.
Les leviers sont nombreux, mais disons-le clairement, nous ne pouvons pas faire plus avec les moyens qui sont les nôtres aujourd'hui et dans lesquels et les conditions dans lesquelles nous travaillons chaque jour, car le système craque. Il a tenu jusqu'ici et nous tenons à le souligner grâce à l'engagement remarquable de nos collègues mais aujourd'hui il craque car nous n'avons pas nous n'avons plus les moyens de remplir nos missions. Pourtant nous sommes tous mobilisés pour aller chercher des des ressources additionnelles via notamment nos fondations ou des filiales de valorisation mais nous sommes au bout de ce que nous pouvons faire.
Comment continuer quand par exemple depuis 2012 le budget de l'enseignement supérieur de la recherche par étudiant une fois l'implation prise en compte a baissé de 24 %. Comment continuer quand autre exemple la programmation prévue dans la LPR n'est pas respectée alors que nous peignons à atteindre les 2 % de notre PIB consacré à la recherche loin donc des 3 % promis. La crise budgétaire n'est donc pas récente pour nous.
C'est notre quotidien depuis des années et dans ce contexte il faut le dire maintenir la qualité maintenir l'excellence c'est une forme de miracle donc un miracle républicain en quelque sorte. Pour le dire autrement, on nous demande de courir le 100 m de la compétition mondiale en nous attachant des boulets au pieds et apparemment, on se surprend que nous soyons essoufflés. Les universités ne peuvent pas être les bouqu émissaires d'un désengagement financier de l'État qui est désormais chronique.
Nous sommes donc à un moment clé pour nos établissements. Nombreuses ont été les personnes auditionnées avant nous, je crois à à vous dire à vous parler des conditions indispensables à l'excellence académique. Pour ne pas être trop long, on va insister sur simplement deux d'entre elles.
D'abord, la nécessité de nous donner les moyens d'agir. Très concrètement, ça veut dire investir sur le temps long, nous donner de la visibilité via les compes, par exemple. arrêter la bureaucratie asphixiante notamment des appel à projet pour donner du financement récurrent à nos laboratoires de recherche.
Nous faire confiance pour fixer nos propres capacités d'accueil de manière éclairée. Protéger réellement la liberté académique qui est d'ailleurs assez curieusement absente des débats. Par nature, la formation et la recherche demande du temps.
C'est une réalité objective. C'est un investissement pour le futur. Sachez qu'aujourd'hui en ce mai, nous n'avons toujours pas reçu la notification de nos dotations pour l'année 2026.
Comment pouvons-nous piloter nos établissements dans ces conditions ? Nous savons évidemment que la situation budgétaire du pays est difficile. Les moments difficiles imposent de faire des choix stratégiques.
Et bien faites le choix des université publique. Questionner le fait d'investir 19000 € par an pour un étudiant en classe préparatoire. 16000 € par an pour un élève en BTS compte à peine 12000 pour un étudiant formé par la recherche à l'université.
Donnez-nous des leviers pour mieux agir. Ensuite, il est tout aussi indispensable d'affirmer la place de la science dans la société, de la soutenir et de la reconnaître. C'est un enjeu de société.
Aujourd'hui, les États-Unis ont déclaré la guerre à la science, en tout cas à celle qui ne correspond pas à l'idéologie du pouvoir en place. Aujourd'hui, la Chine investit plus que la France dans sa recherche. Mais ce n'est pas une recherche libre, c'est une recherche guidée par un projet politique.
Est-ce que nous voulons ? devant vous, et je conclus, Sylvie Rota a insisté sur la nécessité d'aimer les universités. Et bien oui, nous avons besoin d'amour, nous avons aussi besoin de preuve d'amour, pas pour nous-mêmes, mais bien pour accomplir nos missions de service public dignement, pleinement et pour être à la hauteur des défis de notre temps.
Et nous sommes ravision. Merci madame la présidente. Monsieur le vice-président, je vous propose d'intervenir plutôt dans le débat. euh à la suite quand euh les questions seront posées.
Madame la rapporteur, je vous je vous cède la parole pour une série de questions-réponses. Bien, merci monsieur le président, merci mesdames pour cette présentation et pour vos propos liminaires. Euh j'en rejoins un certain nombre et on a bien à l'esprit les différentes problématiques que vous avez évoqué, ce qui fonctionne bien, ce qui fonctionne moins bien.
On va évidemment s'intéresser davantage au sein de cette commission d'enquête à ce qui fonctionne moins bien puisque l'objectif est d'améliorer les choses et de garantir cette excellence académique dont nous avons fait le choix effectivement madame la présidente Bernaud de concentrer nos travaux sur la question de l'excellence académique parce que vous savez que les travaux d'une commission d'enquête sont limités dans le temps et qu'embrasser l'ensemble de l'ESR sur un nombre de semaines restreint ne nous paraissait pas raisonnable. Euh nous avons bien à l'esprit par ailleurs et nous y consacrerons pour autant une partie de nos travaux à la fin de de nos auditions euh sur la question de la recherche bien sûr qui soutend euh l'excellence académique que vous évoquez mais qui ne fait pas l'objet du focus que nous avons voulu faire sur l'excellence universitaire française. Tout ceci étant posé puisque nous avons devant nous des représentants de l'UDIS et de l'initiative et que finalement le découpage IDEX ISIT ne recoupe pas complètement vos deux associations.
C'est ce que vous avez expliqué madame la présidente. Vous avez des universités isites madame Bernaud mais vous avez vous au sein de l'UDIS deux universités ISIT ainsi que la totalité des index. C'est ça.
Euh bon, ça ne simplifie pas la lisibilité entre vos deux structures, mais ça n'est pas l'objet de notre commission d'enquête. Si vous avez souhaité vous organiser comme ça, c'est votre choix. Si vous estimez qu'il est efficient, c'est très bien.
Euh je vais vous interroger précisément sur cette question de la lisibilité du paysage universitaire français puisque vous avez euh les les l'une et l'autre évoqué la multiplicité des statuts avec des établissements loi savari, des établissements EPE, des grands établissements. Euh tout ça a ajouté de la complexité au paysage universitaire tel qu'on le connaissait il y a encore 20 ou 30 ans. La Cour des comptes soulligne notamment l'écart qui s'est créé entre les IDEx qui sont aujourd'hui des champions universitaires de rang international, vous l'avez dit madame la présidente, et les autres universités.
Quelle lecture faites-vous de cette ce morcellement du paysage universitaire français ? Est-ce que pour vous c'est une complémentarité judicieuse par rapport aux enjeux de formation et de recherche ou est-ce qu'il y a un risque de système à deux vitesses ? Donc comme l'a précisé le président Ozouia, si vous pouvez faire des réponses les plus breves possibles, ça nous permettra d'avoir beaucoup d'échanges.
Oui, très rapidement, ce qu'on peut dire sur les les 15 dernières années, c'est que le le paysage universitaire s'est profondément transformé. Nathalie mentionnait le rapport Jupard, le P1, les Ideex, les ISIT et en fait les universités dans le cadre de leur autonomie se sont approprié ces outils là pour se transformer, pour répondre aux enjeux contemporains pour être pluridisciplinaire et donc il y a eu des regroupements d'université et c'était l'objectif d'avoir 15 sites universitaires à visibilité mondiale au niveau national. Donc ça ça s'est mis en place et effectivement on se rend compte que les universités qui ont été elles été campus avant puisque c'est aussi un appel à projet qui avait été lancé en 2008 sur la rénovation du bâtier universitaire et à partir du moment où elles ont fusionné euh et elles ont attient une certaine masse critique elles ont été encore plus aptes à répendre aux autres appels à projet France 2030 pay 1 2 3 et donc dans ce sens-là et on le voit quand on discute avec nos collègues des autres universités on peut craindre effectivement que c'est accentuer les écarts entre les établissements qui pour certains n'ont pas pu se saisir des outils euh des programmes investissements d'avenir ou de France 2030 pour euh se transformer et et se développer.
Donc ça c'est ma première réponse. Oui. Euh d'abord c'est l'État qui a souhaité cette différenciation et qui l'a construite progressivement d'ailleurs en avec une espèce de marche en avant qui n'était même pas prévue initialement dans les premiers appels à projet.
Ce qui a été ce qui a soutendu d'une certaine manière cette démarche, c'est que chaque université puisse s'adapter à son écosystème et c'est ce qui explique la grande diversité entre nos établissements afin qu'elles puissent au mieux répondre à leur écosystème. Et puis il y a eu des aspects historiques entre des universités qui ont fusionné très vite et d'autres comme la mienne ou comme l'université de Nant qui se sont adaptés progressivement avec la proposition des ordonnances sur la création des établissements publics expérimentaux qui vont arriver vers des grands établissements. Je pense qu'aujourd'hui cette démarche, elle ne doit plus être remise en question parce que beaucoup de nos établissements se sont fortement transformé parfois au prix de souffrance au travail non négligeable parce que les réorganisations en entraînent.
Cette ce modèle universitaire, il est ce qu'il est aujourd'hui. Chacun a trouvé sa voix. C'est ce qui explique probablement et on peut y revenir les différences entre U10 et l'initiative.
Mon université, l'université de de Lille est assez comparable à certaines universités de U10 en terme de taille de performance, mais pour autant estime que sa mission est différente des attendus exposés par Nathalie. C'est une richesse pour notre pays à partir du moment où on garde un cadre national qui permet l'équité de traitement entre les universités. Équité qui aujourd'hui n'est pas au rendez-vous.
On peut être icite et être sous-financé. On peut être index et être sous-financé. On peut ne pas être euh nix ni isite et avoir une subvention pour charge de service public confortable que pour d'autres.
Et donc c'est plutôt l'enjeu de cette répartition de des subventions entre les établissements plutôt qu'une remise en question statutaire. Je pense que nos établissements ont fait beaucoup de transformations statutaire. Il est temps de stabiliser et euh les dernières dispositions euh qui euh entrent dans dans le code de l'éducation pour nous permettre de sortir des expérimentations euh type PE vont dans le bon sens pour pouvoir stabiliser définitivement le paysage futile, très divers.
Donc je je si j'entends vos propos qui sont pas tout à fait superposables, plutôt une complémentarité qu'un qu'une crainte d'un système à deux vitesses. Non, ce qui est important c'est quand on on en fait il y a il y a deux manières ça revient au modèle de financement des universités. Il y a une dotation socle qui est pour beaucoup d'établissements insuffisantes et mal calculé au regard de ces activités et puis il y a des financements complémentaires qui ont aidé les établissements à se transformer et ces financements complémentaires à avec la dotation socle on du moins ça a accentué le je dirais les les écarts entre certains établissements et on le voit aujourd'hui c'est ce que ce qui a été mentionné c'est que très clairement il y a des universités aujourd'hui je pense à Lille he quand je compare l'île et Bordeaux la SCP par pour pour l'île au regard de son activité comparée à celle de Bordeaux, elle me semble insuffisante.
Donc déjà sur le socle, il y a des écart et ces écarts peuvent être accentués par des transformations qui laissent à penser que les universités cites récupèrent beaucoup d'argent de France 2030. Je rappelle que c'est de l'argent aussi qui est là pour transformer les établissements et qui est majoritairement fléché sur sur des actions. Et donc c'est le débat c'est reposer le modèle d'allocation des universités. de comp a été mentionné, c'est de dire il faut garantir le socle mission de service public avec un certain nombre d'indicateurs et ensuite les universités qui le souhaite et ça on n'y est pas aujourd'hui.
Il faudrait faire une péréquation entre les établissements mais une péréquation en rajoutant du budget et ensuite ben laisser les établissements se saisir d'un certain nombre d'opportunités pour définir leur stratégie et s'adapter à leurs écosystèmes territoriaux et internationaux. complémentarité. Ça veut dire que certains font certaines actions et d'autres pas.
Et alors qu'en réalité on opère énormément d'action et on a énormément d'objectifs communs. La réussite étudiante en L1, elle est un objectif et et un sujet des universités de du 10. Et puis le transfert, l'innovation, les pôles universitaires d'innovation sont euh aussi le sujet des universités qui sont pas ni dans l'initiative ni dans UNIS.
Donc la complémentarité euh elle s'exprime peut-être dans une visibilité euh une internationale. C'est qu'en gros à l'international, on voit l'ensemble du spread, c'est c'est très complémentaire et ça donne une très bonne visibilité euh à la France en terme de production scientifique et et et d'internationalisation. Mais en fait, on a dans l'excellence et quand je parlais d'excellence multidimensionnelle, je pense que beaucoup de nos objectifs sont communs.
Oui, bien sûr. Bien sûr. Oui.
L'idée n'est pas de dire chacun doit se répartir des objectifs. L'idée, c'est vraiment l'excellence universitaire mais avec des positionnements qui peuvent être différents. Effectivement, le très haut niveau, la lisibilité dans les classements internationaux.
Une implantation plus territoriale pour certains établissements. On a rencontré l'oref. [raclement de gorge] Donc une complémentarité au service de l'excellence académique des établissements universitaires français, mais euh quand même un un un morcellement du paysage universitaire comme par rapport à ce qu'il était il y a 30 ans.
On va avancer si vous voulez bien parce que c'est peut-être un complément de réponse qui a pas été mentionné mais Nathalie en a parlé, c'est que la caractéristique d'un certain nombre de sites universitaires, c'est la présence massive des organismes de recherche, ce qui n'est pas le cas partout. Et ça dès le départ dès 2000 parce qu'on avait une carte en 2000 des la force du CNRS et du Micerum sur tous les territoires, dès le départ ça crée des dynamiques différentes sur les sites universitaires. Merci.
Euh je veux bien qu'on parle un peu maintenant de la question de l'autonomie des universités que vous avez évoqué effectivement lors de votre propos liminaire. Euh vous avez évoqué la question des la fixation des capacités d'accueil. Ça va nous permettre de faire le lien avec les étudiants de premier cycle.
Euh vous êtes les uns et les autres si j'ai bien compris, auquel cas on peut avancer dans nos travaux, favorable à à la fixation par les universités des capacités d'accueil des établissements dans leurs différentes filières. Donc ça veut dire que le rectorat concrètement la la façon dont le rectorat fixe aujourd'hui les capacités d'accueil de vos établissements ne vous convient pas. en en dire effectivement, c'est-à-dire qu'aujourd'hui quand on veut faire évoluer les capacités d'accueil, je je caricature à peine, je vous promets, on négocie à la place.
Hm hm. On négocie à la place et ça a pas de sens en réalité. Ça prend un temps et une énergie qui que ça ne mérite pas d'une certaine façon parce que quand on a juste nos capacités d'accueil, on sait pourquoi on le fait.
ça a été construit avec les collègues et et c'est vrai que cette approche qui parfois peut donner laisser à penser que la question c'est globalement l'affichage qu'on va donner en nombre de places disponibles mais qui peut être un leur il faut être honnête vis-à-vis aussi de nos étudiants ou futurs étudiants et étudiantes. Donc nous nous laisser la capacité à ajuster à rendre compte évidemment de la façon dont on le fait de pourquoi on le fait. Je pense qu'on est tous d'accord sur la nécessité de rendre compte de nos actions en tant qu'institution publique, mais en effet effectivement ça fait partie des marges de manœuvre qui nous semblent assez évident en fait du besoin de souplesse.
C'est un peu ce que ce qu'on pourrait dire aussi par rapport à votre question précédente. L'intérêt de la diversité des statuts, c'est que ça nous a donné une souplesse et on en manque cruellement. On l'a eu avec les EPE cette souplesse finalement donc c'est plutôt pour nous plutôt très positif mais ça doit pas masquer le fait que on a tous la même mission de service public définie par le même article du code de l'éducation.
Si je peux Non, moi je je voulais dire aussi que en fait en tant qu'établissement en tant qu'établissement, on est les plus à même de juger quelles sont nos capacités notamment en terme de taux d'encadrement. Vous allez peut-être parler de réussite en L1 à un moment donné. La réussite en L1, elle est liée au taux d'encadrement.
Donc on est en capacité de le faire. Et si on nous oblige à augmenter les capacités en lien avec ces taux d'encadrement, soit bah on a des taux d'encadrement moins bon, soit parce qu'en réalité c'est un peu entre les deux, on pousse des enseignants chercheurs à faire des heures complémentaires, donc au-delà de leur service d'enseignement. Et qu'est-ce qu'on fait avec ça ?
Bah, on grève notre capacité en recherche. Dans dans tous les cas, ça a des effets négatifs sur soit les étudiants et les chercheurs et en les enseignants chercheurs et en réalité les deux. Alors, j'ajoute même si je suis parfaitement d'accord avec cette capacité de fixer les capacités d'accueil, il n'en demeure pas moins que il faut être attentif à la régulation régionale, aux régulations régionales parce que avec la baisse démographique, on risque d'avoir des établissements qui se trouvent en souffrance d'étudiants quand d'autres sites sont plus attractifs ou parce que ils sont dans une grande métropole et cetera. et donc ça reste un dialogue avec l'État, c'est ses capacités d'accueil mais à un moment c'est surtout que quand les universités disent "Nous sommes au bout du bout et la capacité est discordante par rapport à notre potentiel enseignant et donc on génère trop d'heures complémentaires, trop de vacataires et cetera, il faut que ceci soit entendu et que il puisse y avoir des régulations régionales sur la répartition des étudiantes et des étudiants.
Donc ça nécessite de l'autonomie et une régulation pour que le territoire soit au mieux maillé. Merci beaucoup. Alors vous, la transition est toute trouvée.
On va effectivement parler de la réussite en L1. Là aussi, l'objectif c'est de faire avancer les choses, pas d'accabler l'université mais de constater que les taux d'échec en premier cycle sont nettement supérieur à ceux qu'on observe au niveau de l'OCDE. Dans les chiffres, il y a tout et on les prend avec des pincettes simplement.
Il faut bien les il faut bien partir de chiffres factuels. On a du mal à en avoir. Ce qui est difficile, c'est qu'on a du mal à discerner. ce qui relève de l'abandon, de l'échec, de la réorientation.
Tant qu'on aura pas ces chiffres, malheureusement, on pourra pas travailler avec finesse sur cette question du taux d'échec en premier cycle et notamment en première année. Si les étudiants se présentent pas à l'examen, on peut pas reprocher à l'université qu'il ne l'obtiennent pas. Bien au contraire, s'il se présentent, on peut pas forcément non plus reprocher à l'université qu'ils ne tiennent pas s'ils n'ont pas le niveau.
Bien au contraire. Mais c'est c'est ce taux d'échec en premier cycle qui effectivement et c'est la raison pour laquelle on a souhaité faire un focus moins sur la recherche qui arrive après en master et surtout en doctorat que sur cette question de de la de la licence. Est-ce qu'il y a un défaut d'orientation ?
Est-ce qu'il faut être capable de sélectionner davantage à l'entrée de l'université ? Vous le faites déjà. Et cette question de la sélection qui est parfois un tabou est en fait une réalité dans vos établissements puisque vous avez mis en place quasiment tous des filières sélectives, des doubles licences ou autres parcours qui vous permettent de choisir vos étudiants.
Est-ce que la question de l'arrivée d'une corte d'étudiants de plus en plus nombreuse du fait des 97,5 % de réussite au baccalauréat général n'est pas aussi une question pour vous ? Puisque vous êtes en bout de ligne, vous vous récupérez entre guillemets des bâcheliers qui ont été formés par d'autres que vous. De ce fait, est-ce qu'il y a pas une question de niveau de ces étudiants ?
Alors madame la présidente Bernaud, vous n'avez pas de chance, vous êtes Nantaz et moi aussi. J'ai discuté fortuitement le la semaine dernière avec un étudiant de votre établissement, un enseignant chercheur de votre établissement qui enseigne en licence 3 et en master qui me disait textuellement, je terraai son nom bien sûr, il y a des étudiants quasiment analphabètes dont dont je me demande comment ils ont pu arriver là. Là, c'est pas non plus pour accabler l'université, c'est pour comprendre comment est-ce que des étudiants quasiment analphabètes au dire d'un enseignant chercheur de l'université peut ensuite prétendre réussir s'intégrer dans le marché du travail.
Et c'est aussi ça qui nous intéresse, même si ce n'est pas l'unique mission des universités. Dernier point, quelle réflexion peut-on mener sur la première année de L1 ? Vous voyez que tout ça va ensemble.
Vous parliez de taux d'encadrement qui est un vrai sujet quand on sort de terminal et qu'on se retrouve dans des grands amphis dans un format qui est très différent. Comment est-ce qu'on accompagne ces étudiants qui sont nombreux à décrocher ? Est-ce qu'on ne peut pas non plus avoir une réflexion sur le statut des enseignants qui les encadre en L1 ?
Faut-il nécessairement qu'ils soient des enseignants chercheurs ? C'est une question qui a été soulevée au cours de précédentes auditions. Vous allez me répondre lien entre l'enseignement et la recherche ?
Bien sûr, je vous parle spécifiquement des L1 sur lesquels je pense que la question peut se poser. Juste, je vous laisserai répondre mais première remarque par rapport à les amphi de première année. Alors, c'est vrai dans un certain nombre de disciplines, c'est de moins en moins vrai dans d'autres disciplines.
Vous avez beaucoup d'universités. Alors, c'est les disciplines qui étaient les les mieux encadrés en sciences par exemple qui ont des cours TD intégrés hein donc avec qui a plus d'enfère année donc mais effectivement sur les disciplines comme le droit, l'économie, la gestion et les sciences humaines et sociales au sens large compte tenu des taux d'encadrement, on a encore effectivement des majorités de et en médecine en médecine c'est différent parce que il y a plus d'ampi puisqu'ils viennent plus en cours en première année, ils suivent tous les cours à distance. Donc voilà, les choses la vision de l'amphithéâtre, elle existe encore, mais faudrait pas réduire l'université et la L1 a des grands amphiqu surchargés.
Ce n'est pas vrai dans tous les champs disciplinaires et c'est aussi quand on est président de l'université pluridisciplinaire un problème à gérer parce que on les collègues nous renvoient cette inégalité au niveau d'un d'un même établissement d'encadrement entre les différentes disciplines. Donc je voulais le préciser. C'est vrai en sciences humaines et sociales, c'est vrai en droit, c'est vrai en écogestion ?
Donc en fait, c'est pas vrai en science. Souvent, oui, c'est que sur des grandes universités scientifiques, on a souvent moins de d'amphithéâtres en première année et je pense je cite l'université de Bordeaux, il y a peu d'amphithéâtre en première année. Il y a beaucoup de filières avec cours intégré.
La la réalité n'est pas toujours la même. Quand j'ai dû fermer 16 amphithéâtres de la cité scientifique du fait de la découverte de résidus d'amiante dans les centrales de traitement d'air qui n'avaient pas eu de maintenance antérieurement, ça a beaucoup posé problème également à nos collègues de de sciences et technologie et on a dû remettre les les amphis, utiliser le les autres campus pour remettre. Donc ils sont très contents de pouvoir refaire des cours en amphi et je fais encore cours en première année de santé en licence accès santé et les amphis sont bien garnies. des amphis de 700 et avec retransmission à la télé sur les amphis annexes et les étudiants sont présents en première année et aussi en 2e 3e année un peu moins c'est vrai mais les amphis restent quand même assez plein alors peut-être il y a des disparités en fonction des modalités pédagogiques hein je je n'en disconviens pas donc on a quand même besoin d'amphi de taille conséquent Euh je me permets de de reprendre effectivement le cette notion de sélection que que vous avez posé madame la rapporteur parce que je pense que peut-être un malentendu quand même sur ce mot à partir du moment mais vous l'avez dit à partir du moment où on délivre des diplômes sur la base des connaissances et des compétences acquises par les étudiants, on délivre pas nos diplômes à 100 % des étudiants inscrits.
Donc de fait il y a une sélection pour nous. Le sujet c'est ça qu'on me défend vraiment c'est de donner réellement sa chance à nos étudiants. Il y a plusieurs manières de le faire.
On pourrait très bien imaginer un modèle où on renforce effectivement beaucoup le travail avant l'arrivée à l'université, notamment sur les enjeux d'orientation par exemple qui qui conduirait à un modèle différent. Aujourd'hui, dans le modèle dans lequel nous sommes, ce travail en fait, on le fait au cours de la première année. C'est ça la réalité du fonctionnement de nos établissements et l'enjeu en fait.
Est-ce que c'est ça qu'il faudrait changer ? Bah c'est c'est une question nous nous ce à quoi on est attaché en fait vraiment c'est de donner sa chance à tout le monde sur la seule base des compétences. C'est-à-dire pas la capacité à payer, pas d'autres critères, pas la nationalité, mais la capacité à réussir.
S'il y en a un autre modèle qui permet ça, on peut en discuter. Aujourd'hui, on en a pas. Aujourd'hui, c'est l'université qui joue ce rôle-là.
Et et vous l'avez dit, ce qui est extrêmement violent en fait pour aussi bien pour les collègues que pour les étudiants, c'est quand on dit qu'on a des étudiants qui se réorient et qu'ils sont en échec. Quand on dit d'un étudiant qui redouble à 18 ans qu'il est en échec, est-ce vraiment [grognement] qu'il est en échec ? Sachant par exemple nous en moyenne he sur un établissement comme le nôtre, un un étudiant qui redouble sa première année, il y en a 60 % qui valident leur année en redoublant.
Donc c'est bien leur donner aussi une deuxième chance. Donc en fait ça pose la question vraiment du modèle qu'on veut construire. On peut tout à fait effectivement imaginer autre chose plus en amont avec peut-être des voies différentes qui mènent ensuite à des formations différentes et adaptées à des parcours.
Aujourd'hui, quoi qu'il en soit, avec les moyens qui sont les nôtres, c'est l'université qui fait ce travail là. Mais madame la présidente, vous parlez de la réalité que vous vivez et on conçoit parfaitement. La question c'est justement est-ce qu'il faut pas en amont orienter différemment ?
Est-ce que 97 % des jeunes titulaires du baccalauréat ont vocation à poursuivre des études générales au sein des université française ? C'est ça en fait qui qui essaie de de réfléchir, vous voyez, parce que bien sûr que vous cherchez à orienter au mieux des cortes d'étudiants de plus en plus nombreuses avec les limites que vous avez évoqué. Donc on vous demande de courir avec des sacs de plomb.
C'est ce que de ce qu'on dit un certain nombre d'interlocuteurs avant vous. Euh c'est précisément pour ça que et et à la fin vous avez des étudiants qui sortent sans leur sans leur licence pour les chiffres que nous avons. 50 % d'entre eux, 50 % des inscrits en première année n'obtiennent pas leur licence y compris s'ils ont redoublé même une deuxième fois.
Ça fait quand même la moitié d'une classe d'âge. Et ensuite, il y aura une nouvelle barrière au master puisque là aussi les chiffres que nous avons nous disent que seul 60 % des titulaires de la licence entreront ensuite en master. Et donc on se retrouve alors vous pouvez corriger les chiffres he c'est ceux que nous avons avec des générations formées longtemps.
On n'est pas en train de dire qu'elles ont perdu leur temps. Évidemment qu'une formation universitaire et intellectuelle n'empêche que il y a aussi un phénomène très déceptif sur ces générationsl à qui finalement on on ne rend absolument pas service malgré toute la bonne volonté qui peut y avoir par ailleurs. Donc est-ce qu'il faut pas réfléchir le système en amont plutôt que de former plutôt que de vous envoyer plutôt que de gonfler les bans les ramps des universités 97 % d'une classe d'âge ?
C'est ça notre sujet. Ah tu tu veux Oui. Ben moi je je voudrais vous retourner une question.
Est-ce que une étudiante ou un étudiant en classe préparatoire de grandes écoles qui échouent au concours de la banque et finit et beaucoup le font en master à l'université, est-ce que vous considérez madame la rapporteur que c'est un échec ? J'espère que non. Donc vous voyez que tout est relatif dans la notion d'échec.
C'estàd que on sélectionne les jeunes qui rentrent en classe préparatoire, ils passent des concours très sélectifs, mais certains ne réussissent pas ces concours et font un master. D'abord, valide une licence à l'université et ensuite viennent dans les masters de l'université. Vous n'allez pas dire que ces jeunes sont en échec.
On parle pas de cela monsieur le président. Pardon ? On parle pas du tout de cela.
On parle de tous ceux qui sortent de l'université sans diplôme et qui eux sont en échec. parce que ceux-ci vont peut-être avoir eu un parcours. Aucun parcours de ces jeunes n'est linéair.
Nous nous recevons une grande diversité de jeunes et nous essayons de les amener au meilleur Allons aux solutions. Allons au taux d'encadrement aux enseignants chercheurs en première année au contrôle de l'assiduité. Allons à ce que vous proposez pour mieux accompagner ces jeunes.
C'est un sens, vous le savez, je vous l'ai expliqué la fois dernière du projet qui est d'ailleurs assez similaire à celui de l'université de de Nant et ceci crée une forme d'identité au niveau de l'initiative de prendre à bras lecor la question du premier cycle. D'abord vous parlez d'orientation. l'orientation, ça n'est pas nous qui la faisons.
Et donc mieux orienter vers les BTS, vers les buts et cetera, ça relève de l'éducation nationale. Ça c'est le premier point. Nous nous prenons les jeunes tels qu'ils sont et notre mission, j'allais dire notre fierté, c'est de les amener au meilleur de ce qu'ils peuvent être.
Certains vont acquérir la maturité à l'université que peut-être les études supérieures, ça n'était pas pour eux. Ils se sont trompés et après tout dans la vie, on a le droit de se de se tromper. Aucun parcours n'est linéaire.
Ce qu'ils vont avoir acquis, ce sont des codes sociaux, ce sont des compétences sociales. Ils vont euh peut-être avoir découvert d'autres domaines, domaines de l'artisanat et cetera. nous ne les abandonnons pas et ils continuent parfois sur des filières professionnalisantes et à terme ils n'obtiendront peut-être pas de diplôme mais ils ont acquis suffisamment de maturité pour continuer à se projeter dans la vie et ceux qui passent à l'université ont un taux d'insertion professionnelle excellent plus de 90 % et donc ces jeunes c'est la diversité de la jeunesse française dont on vous le dit qui ne va pas 50 % ont des problèmes physiques de poids, surpoids, obésité, maigreur. 15 % des jeunes que nous recevons sont en insuffisance de poids. 30 % ont des troubles anxiodépressifs.
Ces jeuneslà, on ne les laisse pas sur le côté de le bas de côté de la route. On les accompagne. Peut-être qu'ils vont avoir une le service santé et qui va leur permettre de rebondir et cetera.
Donc vous avez une vision aujourd'hui, je vous le dis, manikquéenne des choses. On a l'impression que nous quand on se lève le matin et bien euh on est euh dans le gâchi. Mais le gâi, il existe aussi dans le privé lucratif à qui on donne des diplômes euh qui euh n'aboutiront à rien, qui créent beaucoup de déceptions.
Donc ce que l'on veut vous dire, c'est que vous focalisez uniquement sur un taux. Et alors, je vous invite euh la vice-présidente euh formation de l'Université de Lille vous a déversé sur la plateforme un nombre de documents de notre observatoire. Vous allez, désolé de vous le dire, probablement y passer vos soirées pour tout décortiquer parce que nous avons les les chiffres qui montre que nous faisons le travail et nous accompagnons ces ces étudiants.
Donc il ne faut pas avoir une vision réductrice sur uniquement le taux de réussite. D'ailleurs, vous dites toujours en L1 euh comme si euh il n'y avait pas 3 années de licence et on voit progressivement euh se transformer. Monsieur le président, euh s'il vous plaît euh je pardon hein, je je crois avoir dit la licence 1 est une vraie difficulté.
Je crois que tout le monde est d'accord là-dessus. Je crois avoir précisé en L3, c'est 50 % des étudiants qui rentrent en L1 qui ne sortiront pas avec leur licence. Donc je ne focalise pas sur la première année.
Je pense que c'est un point de difficulté. Vous avez le droit de penser le contraire. On essaie juste d'améliorer les choses.
Alors bon, pensez si vous le souhaitez que j'ai une vision manicaine. Je pense pas que ce soit le cas. Moi ce qui m'intéresse, c'est les solutions que vous proposez.
Je ne peux pas ne pas constater avec mes collègues que le taux d'échec en licence est supérieur en France à celui des autres pays de l'OCDE. Pardonnez que ça nous interpelle. Ça vous interpelle sans doute aussi puisque chacun ici souhaite avancer dans le bon sens pour la jeunesse française.
Donc c'est tout ce qu'on souhaite hein, que ça marche bien, que ça marche mieux et là où on constate que ça marche moins bien qu'ailleurs, savoir quelles sont les solutions que vous avez envie de porter pour que ça marche mieux qu'ailleurs. L'investissement dans les universités n'est pas le même euh dans ces pays et nous-mêmes, nous prenons des mesures pour euh faire en sorte que ces jeunes que nous accueillons euh aient des méthodes pédagogiques différentes euh sur le service learning par exemple, la la l'approche par projet et cetera. Et là, on les voit se transformer progressivement.
On a des jeunes qui effectivement alors soit on les laisse dériver. Nous je pense que nous faisons un travail qui fait que notre société tient encore debout. très court mais juste la difficulté qu'on a c'est que on sait qu'on peut les faire en fait vous alors peut-être un témoignage d'une enseignante comme enseignante pas comme présidente.
Moi j'ai enseigné longtemps en première année. Vous savez ce qui est terrible c'est quand on voit des étudiants qui viennent nous voir entre les pauses et les cours et cetera, on sait qu'on pourrait les aider à réussir si on avait les moyens et qu'on ne se donne pas les moyens. Et là, je reprends ma casquette de présidente.
On est obligé d'aller chercher de l'argent pour accompagner nos étudiants à la réussite sur des appels à projet sur un durée limitée. Là, on a mis en place des dispositifs d'accompagnement individuel qui semblent faire leur preuve. On va devoir les arrêter.
Là, on est au cœur des politiques publiques, me semble-t-il. Et là, on a bien entendu ce que vous avez dit tout à l'heure sur le curseur entre subvention socle et appel à projet. Effectivement, bon pardon de revenir sur ma question mais sur les enseignants chercheurs dès la première année, sur le contrôle de l'assiduité, sur l'organisation de petits groupe dans les disciplines nombreuses malgré tout où il reste des amphi sur tous ces sujets-là, est-ce que vous avez des leviers qui permettraient de mieux encadrer ces étudiants ?
Juste une remarque et puis sur les enseignants chercheurs, ça a été rappelé, on est le modèle français a cette particularité, c'est la formation universitaire et adossée à tous les niveaux à la recherche et on veut une recherche de premier plan. Et les leviers ou les piliers de cette articulation sont les enseignants chercheurs. Euh et effectivement, on pourrait se poser la question de la remise en question de ce modèle.
Sachant que les enseignants chercheurs en France, ils ont un service statutaire moyen qui est le double du service européen. Donc ils sont déjà surslicités en heure d'enseignement, ce qui se fait au détriment de de la recherche. Leur nombre de missions a notablement augmenté.
Donc la question pourrait effectivement se poser de revoir ce ce modèle- là. Euh on a eu des discussions, je me rappelle, avec des cabinets en disant "Ben, vous remplacez les enseignants chercheurs par des Pragues PRCE euh en droit et en psycho, il y a pas de d'agrégation de capse. Donc comment on fait ?" Voilà.
Donc donc on met des vacataires, on met des contrats actuels. Voilà. Donc je pense que la remise à plat du modèle, nous on n est pas favorable, on est favorable à une formation adossée à la recherche et ça repose sur les enseignants chercheurs qui sont multisollicités et qui ne sont pas suffisamment nombreux aujourd'hui pour encadrer nos étudiants.
Il y a une problématique que l'on voit arriver en licence. Bon, il y a eu l'augmentation des étudiants continues. Euh, on voit des sujets euh je dirais assez euh je dire euh sensible dans les établissements, c'est l'augmentation du nombre d'étudiants à besoins spécifiques, notamment des étudiants en situation de handicap.
C'est notre rôle de les accueillir. On est dans un contexte d'égalité d'échange et ça ça nos services s'organisent et moyen limité, ça pèse encore plus sur la mission de nos enseignants chercheurs qui sont de plus en plus amenés à personnaliser le les parcours de des étudiants. Donc je pense que si on veut garder une licence avec une massification des effectifs, pour le moment, il existe pas d'autres voies à part les BTS et les classes préparatoires aux grandes écoles, bah il faut s'en donner les moyens.
Et on sait que quand on augmente les encadrements, ben on augmente les taux de de réussite. Et je reviens aussi sur ce qu'a dit Régis Bordé. La question de la précarité, de la santé mentale des étudiants, elle est majeure parce que si on peut faire tout pour bien les encadrer, si on règle pas ce problème là, la réussite ne sera pas au rendez-vous.
Peut-être reprendre juste un élément mais essayer de répondre à vos questions. Euh d'abord ce qui est très difficile à mesurer, on l'a moi j'ai j'ai les chiffres concernant mon université à voir finement ce qu'il en est parce qu'on annonce des chiffres comme ça en macro mais il faut savoir que ça ça correspond à des réalités différentes. Si un étudiant vient dans notre université et passe un an ou deux, voilà à à devoir peut-être se réorienter compte tenu de tous les accompagnements qu'on met en place, on a parlé du bien-être étudiant, de la santé mentale, on met en place un certain nombre de dispositifs, beaucoup d'accompagnements par les pères aussi, par les étudiants avec des emplois étudiants.
Donc je pense en discutant ensemble qu'on a énormément de dispositifs et je suis certaine que ces dispositifs accompagnent d'une certaine façon nos étudiants pour la suite et peut-être pour un parcours plus plus plus assumé. Il faut voir aussi euh euh la ces chiffres-là versus le présentiel euh la présence des étudiants euh au cours. Euh on a des étudiants euh alors il faut aussi le moduler euh lié à la précarité, à ceux qui doivent travailler, mais on a quand même un un sujet là à regarder et peut-être à travailler.
Et puis le fait d'avoir des enseignants chercheurs dans une licence, dans un groupe de licence, on est des étudiants qui vont arrêter en licence, d'autres en master et d'autres qui vont faire du doctorat. et nous sommes des professionnels, des professionnels de la recherche et il est tout à fait normal que nous distillions dès la première année de licence ce qui est notre profession, ce qui est notre métier et ce qui est la recherche. Nous à Sorb Université dès le L1, on a des projets de recherche encadré qui essayent de voilà de de faire travailler sur des projets avec l'esprit critique, l'analyse de projets, la confrontation de de solutions.
Mais il faut voir aussi que ce vivier d'étudiants, il est aussi pour nos masters. Et en master, on on fait de la formation par la recherche et par et pour le doctorat. Donc nous euh ce ce lien dès la licence euh à la recherche est nécessaire et si on le fait pas et ben on va décourager les étudiants qui sont venus à l'université pour faire un master ou un doctorat.
H h et on aura pas gagné dans l'autre sens. Je me permets que que vous évoquiez. Alors, on est exactement sur la même ligne sur la nécessité d'avoir des des enseignants chercheurs dès la première année.
Sinon, enfin pour nous, on n'est plus une université en fait. C'estàd ça devient autre chose qui peut se concevoir mais on peut plus dire que c'est une université. Vous évoquiez la question du taux d'encadrement.
Ça effectivement c'est clairement un levier de réussite pour les étudiants. Ça ne fait pas de doute mais là on est au bout ce qu'on disait, on est au bout de ce qu'on peut faire en fait. Comme nos missions premières de service public ne sont pas financées, voilà, on on fait évidemment comme on peut et vous le disez, on va chercher des moyens là où ils sont, appel à projet et autres, mais ça ne règle pas le sujet de fond.
On a l'impression de mettre des rustines quand même hein beaucoup sur sur ce sujet-là. Et puis je voulais évoquer rapidement le le sujet du contrôle d'assiduité. Je crois que vous avez évoqué euh parce qu'il y a il y a peut-être cette idée effectivement que ça n'existe pas à l'université.
Je voudrais dire que ça existe à l'université. Ça existe à l'université évidemment si vous n'êtes pas présent en travaux dirigés, vous aurez zéro en contrôle continu. On a des dispositifs de dispense d'assiduité pour par exemple des étudiants salariés qui doivent travailler pour financer leurs études et qui aimeraient bien plutôt venir en cours plutôt que d'aller travailler.
Donc en réalité en fait ces dispositifs ils existent évidemment la question que ça pose peut-être aussi de manière sous-jacente c'est c'est celle qu' a soulevé je crois Philippe Guillon de devant vous c'est celle du salaire étudiant. Juste sur le contrôle d'assidité, je vais revenir en miroir de ce qui a été dit sur les amphi sur un amphi de 800. Ça sera difficile à un enseignant chercheur de produire un contrôle donc de d'assiduité.
Il y a un point qui a pas été mentionné. Vous avez il y a des dispositifs qui existent qui évidemment on va pas demander à un enseignant chercheur de faire l'appel sur ces 800 étudiants. On a quand même un peu de bon sens mais de dispositif maintenant on est dans une are de grande technologie où on peut peut-être imaginer des choses qui permettent de contrôler l'assiduité.
Il faut s'en donner les moyens mais on peut imaginer il y a un sujet que vous avez évoqué c'est l'orientation et Régistre l'a aussi évoqué sur l'orientation. On a quand même un sujet dans les régions académiques et les régions, c'est le la fragmentation de la mission orientation entre les régions académiques qui le pilote via les lycées, les régions donc là les conseils régionaux qui pilotent via les filières. Euh l'orientation une époque qui a été portée par la région, ça a été basculé en partie sur les régions académiques.
C'est au gré des réformes. Et aujourd'hui, quand on est université, on a du mal à savoir qui fait quoi dans le domaine de l'orientation euh et à montrer ce que fait l'université et à et à parler de de l'université. Et c'est lorsque vous voulez faire travailler l'ensemble des acteurs de l'orientation, sachant que les c'est c'est assez compliqué.
Alors ça ça se fait hein, mais c'est c'est relativement compliqué. Donc, il y aurait probablement à remettre à plat le système de d'orientation au niveau national et régional. Merci.
Une dernière question pour laisser ensuite la parole à nos collègues concernant les étudiants internationaux qui sont à peu près un étudiant sur 6 je pense dans vos universités alors peut-être à des degrés divers. Euh question très précise, le président de la République a fixé l'objectif à 500000 étudiants internationaux en 2030. Je crois qu'ils sont actuellement 440000.
Vous avez beaucoup souligné les uns et les autres et on en a conscience le manque de moyens. Est-ce qu'il faut accueillir davantage d'étudiants internationaux, c'est-à-dire entre les 4400 aujourd'hui présents ? L'objectif fixé par le président de la République de 500000.
Les un étudiant sur 6 que ça représente aujourd'hui alors que vous avez moins de moyens et que vous l'avez largement souligné les uns et les autres, est-ce que ça a du sens ? Est-ce que pour vous il faut en accueillir plus ou moins et à quel niveau d'étude ? Là aussi, pardon, j'essaie de ne pas être manquéenne dans mes interventions.
J'ai parfaitement conscience qu'une université qui respire est une université qui accueille. Tout comme on est content d'envoyer nos étudiants aussi en année à l'international. Pour autant, compte tenu des difficultés, des moyens en baisse que vous soulignez, est-ce qu'il est pertinent aujourd'hui qu'un étudiant sur 6 soit un étudiant international ?
Je pense, mais peut-être me tromp-je, que euh vos universités n'appliquent pas les frais d'inscription différenciés. Là aussi, quand on vous entend sur le manque de moyens, sans prétendre que ça règlera l'ensemble de vos problématiques, ça n'est pas du tout l'état d'esprit, c'est aussi une possibilité d'accueillir mieux notamment ces étudiants internationaux puisqueinitialement dans le dispositif c'était fléché pour ça. Et vous avez parlé, monsieur le président délégué, de des difficultés rencontrées par notre jeunesse.
Il s'avère et là aussi beaucoup d'interlocuteurs l'ont dit avant vous que beaucoup de ces étudiants internationaux, pas tous, ça dépend de leur pays d'origine, ça dépend de leur situation sociale d'origine, viennent aussi grossir les rangs de l'aide alimentaire et vivre de façon extrêmement précaire sur notre territoire. Est-ce que tout ça a du sens ? Faut-il en accueillir plus ou moins ?
Et à quel niveau d'étude ? Est-ce qu'il n'y aurait pas une logique qui consisterait à dire moins dans les premiers cycles puisqu'on a déjà comme vous l'avez souligné des cortes d'étudiants français nombreuses qui arrivent sur les bandes d'université peut-être plus au niveau du master ou du doctorat pour faire le lien avec la recherche où là on a évidemment besoin de nourrir la recherche française de l'état de l'art à l'international. les appliques.
Euh alors plus plusieurs choses sur cette question effectivement qui est une question d'actualité euh en plus pour pour nos établissements. D'abord, moi je je enfin je suis toujours assez surprise pour être très sincère avec vous d'entendre cette question associée au financement des universités. Je je sais pas qui enfin est-ce qu'on peut sérieusement croire qu'on va faire payer aux étudiants internationaux not la rénovation de notre patrimoine immobilier, nos infrastructures de recherche, le financement de nos laboratoires.
Non mais voyez nuniversité par exemple notre patrimoine immobilier c'est plus de 500 millions d'euros par an qu'il nous faudrait pour le rénover. Est-ce qu'on croit vraiment que c'est une solution ? Non.
Alors alors quel serait l'intérêt de le faire ? Si c'est pas un intérêt financier, quel est l'intérêt de le faire ? Est-ce que c'est pour réduire le nombre d'étudiants internationaux ?
Dans ce cas, il faut le dire. Nous, c'est pas la dynamique dans laquelle on s'inscrit. Nous, on défend plutôt une université universaliste et ouverte et et où, comme je le disais tout à l'heure, le critère de sélection, ce n'est pas l'argent, c'est la compétence, la capacité à à mener ces ces études.
Et puis quand même, il y a a il y a d'autres enjeux derrière. On parle du soft power, pardon, pour l'anglicisme, mais surtout il y a des chiffres qui parlent. Vous connaissez sans doute ce rapport de campus France qui date de 2022 qui démontre que les étudiants internationaux rapportent et là je prends sous un angle financier concrètement 1,3 milliards d'euros au pays chaque année net.
Rapport de campus France 2022 vous voilà 1,3 milliards d'euros nets rapportés au pays par les étudiants internationaux. le levier pour lutter contre la précarité, pardon, mais je pense qu'il est là parce que sur les 1 milliard et quelques si on en prend un petit peu pour les accueillir mieux, il me semble que ce serait pas que ce serait pas aberrant. Il démontre aussi la réalité, ce même rapport du soft power he qui est associé à l'accueil des étudiants internationaux.
Donc je pense qu'on on n'est pas là sur que sur des questions de valeur en fait. Il y a aussi des chiffres. Il y a la réalité de ce qui se passe dans nos établissements.
Il y a la réalité aussi voyez de par exemple du doctorat. on a énormément de doctorants euh je crois que c'est 40 % 40 % des doctorants euh dans nos laboratoires qui sont des étudiants internationaux. La plupart ils arrivent en master en fait et c'est ça par exemple dans les aberration là des pardon mais sur les droits différenciés, on dit on fait pas payer les doctorants mais on les fait payer quand s'ils veulent venir en master.
Moi, moi je souscris à à tout ce qu'a dit bien sûr Karim. ce que là où moi je je je m'interroge alors hormis le fait effectivement que ça soit une variable budgétaire pour voilà c'est c'est assez inquiétant et que cet argent n'ira pas pour améliorer l'accueil et notamment proposer de l'hébergement et cetera parce que quand on a des frais importants, c'est que derrière il y a tout aussi euh une mécanique euh proposée, des outils proposés. Moi euh en fait ce qui ce qui m'embête c'est que euh on n'est pas de mesure d'impact.
On sait que 40 % effectivement des doctorants sont des étudiants internationaux. À peu près le même chiffre, le même pourcentage arrive du master. Donc déjà, on sait que ils sont passés par le master avant de devenir doctorant chez nous.
Et sur les chiffres, on a plus de je crois 60 % après il faut détailler sur les 40 restants de doctorants qui viennent en science. La question qu'il peut se poser aujourd'hui, c'est qu'on sait que sur ces étudiants qui vont venir et qui vont être docteurs en France, certains vont repartir dans le leur pays, certains vont rester. On sait que aujourd'hui on a à peu près 10000 ingénieurs et techniciens en moins pendant pendant au moins de 10 ans et qu'on sait qu'on ne les poufera pas.
On aura pas les étudiants, les diplômés si on reste sur les étudiants qui ont leur bacalauréat en France, on ne pourra pas avoir ces 10000 techniciens et ingénieurs dans les 10 ans qui viennent. Et c'est donc voilà. Moi, moi ce que je voudrais savoir c'est est-ce qu'on a, je je l'ai pas vu le document, de mesures d'impact pour notre pays, pour euh voilà nos nos industries, pour nos souverainetés, est-ce qu'on a une mesure d'impact, le fait de enfin la conséquence de ne plus accueillir ou d'accueillir un nombre beaucoup moins élevé d'étudiants internationaux ?
Et ça c'est des choses qu'il faut aussi être en capacité de de mesurer dans cette dans cette dynamique et et ces décisions. En tout cas, il y a une étude de THE, enfin vous l'avez pas vu, il une étude de THE sur le sujet. Il y a J'ai vu ça ce weekend, les chiffres viennent de sortir au Canada à la suite de politique restrictiv de de candidatures d'étudiants internationaux était divisé par deux.
Les universités sont extrêmement inquiètes. Donc ils reviennent. Merci pour [raclement de gorge] Non mais ce qui nous interpelle c'est c'est pas la question des besoins en emploi en formation.
Ce qui nous interpelle c'est le rapport de la Cour des comptes qui dit que des filières entières de l'université aujourd'hui tiennent par le recrutement d'étudiants internationaux des filières à faible niveau d'insertion professionnelle. Ça c'est le rapport de la Cour des comptes. Donc c'est ça qu'il faut qu'on arrive à démêler de manière un peu précise.
Mais bon, j'entends parfaitement ce que vous dites. Je mets simplement en perspective le fait que vous vous tirez la langue, pardonnez-moi l'expression, et et je sais l'engagement des personnels universitaires que vous êtes, des enseignants chercheurs qui vous entourent et et en même temps, alors qu'il y a déjà tellement d'étudiants, vous voyez, il y a quelque chose, on se dit enfin on pourra pas former la planète entière non plus, vous voyez. Donc il faut qu'on pose les curseurs au bon endroit.
Déjà c'est compliqué pour vous et on le mesure et on sait que financièrement le le le subventions par étudiant n'ont pas augmenté. C'est le moins qu'on puisse dire ces dernières années. On sait qu'il y a un curseur appel à projet subvention socle qui est sans doute à repenser.
Mais voilà, il y aura de toute façon des limites y compris financières qu'il faudra poser et on pourra pas sans arrêt former davantage d'étudiants, accueillir davantage d'étudiants sinon ça ne tiendra jamais. C'est ça moi qui m'interroge. Là aussi, c'est des questions de curseur.
Mais est-ce que est-ce que les étudiants doivent être la variable d'ajustement ? En fait, c'est c'est ça la question finalement que que ça pose et pour nous, il semble enfin il semble que non et et cette ce ce repli sur soi que ça pourrait emporter et contraire à l'idée même en fait d'université. Vous savez c'est pas c'est pas facile en fait pour un étudiant international d'arriver dans une université française hein.
Moi je peux vous donner les chiffres pour notre établissement. pourcentage d'inscrit par rapport au nombre de candidats, chaque année, c'est entre 3 et 4 % qui sont inscrits. H voyez, c'est sur les compétences et sur la maîtrise de la langue française.
Donc c'est très peu en réalité. H h et dans des filières qu'ils choisissent. Nous nous appliquons hein depuis 2019 les droits différenciers.
Alors pas en master, en licence euh en en licence et en master. Non, pas en pas en master, en que en licence parce que justement on a estimé qu'en master, c'était un un un un appel euh à compéten et que ça préparait aussi vers le doctorat. Euh et euh en licence euh l'engagement de des frais différenciés euh d'ailleurs un peu soutenu par UDIS à l'époque je pense euh et que nous avons appliqué euh avait euh une contrepartie qui était que nous avions l'autonomie d'exonérer sur critères sociaux ce que nous faisons.
Et donc aujourd'hui euh certes, on peut calculer le l'espèce de manque à gagner, sauf qu'en fait ces étudiants que nous exonérons, si demain nous ne les exonérons pas, ils ne viendront plus. Donc c'est un argent totalement virtuel aujourd'hui. Nous aujourd'hui, ça nous ramène 2,5 million d'euros à peu près les frais différenciés.
Ça finance très clairement notre maison internationale un certain nombre d'aides effectivement parce que normalement ils viennent et on avait eu ce débat Éric Berton l'avait soulevé lors de la précédente table ronde. Nous on a l'engagement que ils ont les revenus. On se rend compte que pas forcément.
Donc ça c'est un point vraiment à vérifier. Euh et donc quand malheureusement ils ne les ont pas, bah on va pas leur dire "Vous êtes venus puis repartez chez vous." Ils ont investi néanmoins.
Donc on les aide effectivement. Et puis ben c'est aussi pour nos étudiants qui sont nés en France une richesse culturelle. Euh tout le monde y gagne et je vous invite à venir.
Je sais pas quelle c'est souvent la dernière quinzaine de décembre. C'est le meilleur moment de ma présidence. C'est les réveillons solidaires.
Je veux la tourner jusqu'à minuit. euh de tous les réveillons solidaires. Il y a une énergie avec ces jeunes qui viennent euh de plein de pays avec aussi des étudiants françaises et français euh précaires.
Et tout ça crée aussi l'image de la France parce que tous ne restent pas en France, certains vont repartir. Euh Karine avait des chiffres sur la manière dont quand ils repartent, ils vivent l'attachement au pays et beaucoup viennent du continent africain. Demain, le continent africain d'un point de vue géopolitique, je le dis devant la représentation nationale, c'est un enjeu majeur.
Et si on passe à côté du continent africain, c'est l'Europe qui empéra les conséquences. regardez les autres pays qui euh l'orgent et ils ne font pas que l'ornier malheureusement sur euh le continent euh africain. Et donc aujourd'hui pour finalement un argent purement virtuel, on risque de perdre beaucoup en terme de diplomatie et euh de lien avec euh le continent euh africain.
Et donc et puis il y a un certain nombre de filières, je vous le dis même la rapporteur, que à un moment comme président j'ai regardé éventuellement pour les arrêter parce que effectivement 90 % de jeunes qui viennent notamment d'Afrique du Nord et d'Afrique sub-saharien c'est quelle filière monsieur le président ? Quel type de filiité électronique automatique ? Et en fait bah si demain ces jeunes ne viennent plus effectivement la licence tombera.
Mais les entreprise parce que on a fait le lien avec les conseils de de perfectionnement et les entreprises nous ont dit n'arrêtez pas cette filière sinon demain c'est des pas entiers de compétences que nous n'aurons plus parce que ces jeunes sont parfois meilleurs que nos jeunes françaises et français en mathématiques. ce qui estet ce qui est tout à fait c'est pas difficile qu'on passe. Alors on va rester dans la Loire Atlantique euh avec le avec le même prénom mais on change le le par un cas.
Et donc je passe la parole à à Karine Daniel. On t'a amené le beau temps Pierre. On t'a amené le beau le beau temps.
Ben moi, je voudrais vous remercier. C'est une audition qui est qui est passionnante et puis on est vraiment au cœur des enjeux de l'avenir pour la France en terme de développement économique, en terme de souveraineté. Et moi en vous écoutant, je me dis enfin on connaît les enjeux démographiques qui interrogent au sein de notre commission notamment l'école, les collèges qu'on va retrouver euh à l'université et dans l'enseignement supérieur.
Et moi, je me dis que la question dans 10 ans, ce sera plus comment est-ce qu'on sélectionne des étudiants, mais comment est-ce qu'on va les chercher en fait ? Et comment est-ce qu'on va chercher des étudiantes et des étudiants qui ne pensent pas forcément à l'enseignement supérieur parce que il y en a aussi en France qui pensent que ce n'est pas pour eux dans les espaces ruraux, dans certains quartiers prioritaires et l'enjeu alors qui repose pas seulement sur l'université mais auquel il faut bien qu'on on qu'on enfin pour lequel il faut bien qu'on constate que c'est aussi l'université qui est une des premières portes dans ce dans ce domaine dans dans le paysage de l'enseignement supérieur. Donc la question pour moi dans dans 10 ans, ça va être ça, c'est comment est-ce qu'on va chercher des jeunes nombreux à tous les niveaux de diplôme mais aussi dans l'enseignement supérieur pour assurer la souveraineté économique démocratique de notre pays dans une Europe où les compétences et où les talents bougent.
Et pour moi, c'est extrêmement important. Donc j'ai plein de questions mais je vais me restreindre. La première, c'est sur la question de sur la la question des budgets socle.
On voit bien là qu'on est à un un tournant. Quels sont selon vous les trois quatre critères clairs, nets et précis sur lequel il faudrait asseoir des budgets socles pour que l'université fonctionne ? Parce que on l'a constaté, moi j'ai fait l'évaluation ESR de France 2030 à travers le CSIA.
On voit bien que cette ce système d'appel à projet dérive et extrêmement consommateur de tant enseignant chercheur de tant chercheurs pour finalement combler euh des déficits structurels et et c'est sans doute pas la solution. Donc je pense qu'il faut mettre un stop mais je pense qu'il faut aussi communiquer sur quels seraient euh les leviers socles et les critères socles pour asseoir des budgets des universités qui puissent permettre de fonctionner. dans ce domaine et moi je je c'est c'est passionnant la question de de la licence et comment est-ce qu'on amène le plus d'étudiants possibles à réussir ?
Moi, je tiens quand même à souligner les efforts qui ont été faits euh dans l'accompagnement des étudiants en situation de handicap. Euh il y a beaucoup de d'enfants qui sont touchés par exemple par de la dyslexie. Alors on moi je pense que il y a 20 ans, on les aurait qualifié d'analphabè.
Aujourd'hui, on on a une approche un peu plus fine et et on on est capable d'accompagner des étudiants dans ce domaine. Et moi, je tiens vraiment à souligner le travail qui est fait dans ce dans ce champ d'adaptation des des examens, de euh solution technique et et d'accompagnement. Et je pense que je prends cet exemple, mais il y en a de nombreux sur lesquels finalement on n' pas d'autre choix que de s'adapter à la diversité des publics pour amener le plus possible d'étudiants à à l'international, enfin au au à la réussite, aux examens.
Et puis je voulais terminer sur ces enjeux internationaux. Euh moi je pense que la question qu'on doit se poser sur l'international euh moi je moi je je suis convaincu que les échanges internationaux dans le domaine universitaire, c'est un facteur de progrès pour tout le monde, pour les étudiants, pour les universités, pour les chercheurs, pour la société en général. Et la question c'est pas comment on en accueille moins.
La question c'est aussi comment on en envoie plus et comment est-ce qu'on gère des accords de réciprocité qui soient équilibrés ? Parce que la question budgétaire, elle se pose, mais elle doit aussi se poser de manière équilibrée avec des accords de réciprocité. Je suis très sensible à ce que vous avez dit sur l'augmentation des des frais d'inscription.
Si les étudiants ne renoncent pas à venir, si quand on augmente leur frais d'inscription, bah ça veut dire qu'on aggravera les sujets de précarité pour payer des frais d'uscription à l'université. Donc pour moi ça n'a pas de sens dans ce dans ce contexte là. Vous pouvez répondre brièvement parce que pour pour permettre aux deux autres collègues de poser question.
C'est un sujet sur la la partie dotation stock, c'est un sujet de de discussion très très d'actualité. On on essaie de voir avec quelques indicateurs très simples. On pourrait mais qui ne sont pas réduits au nombre d'étudiants.
C'est souvent c'est comme ça qu'on voit les universités. Donc on se dit il y a le nombre d'étudiants, il y a le nombre d'enseignants chercheurs chercheurs et doctorants hébergés. ce qui prend le en compte le poids de la recherche dans nos établissements, ça pourrait être deux indicateurs pondérés par discipline bien entendu parce queon sait que les suivant les disciplines, les taux d'encadrement sont sont différents et puis après, on pourra avoir des éléments de modulation parce qu'on s'est rendu compte en regardant nos universités qu'en fonction du patrimoine immobilier hein et du de la qualité du patrimoine immobilier, ça peut avoir plus un poids plus ou moins important sur sur le budget des établissements.
On peut imaginer une université dans le nord de la France qui a des bâtiments essentiellement de va payer une note de fuite qui sera beaucoup plus importante que une en sud de la France avec des bâtiments AB en en majorité. Et on peut aussi imaginer que dans cette question du bâtiment du bâtis immobilier, il y a la la question de l'investissement pour la la rénovation. Donc ça c'est un premier élément de modulation.
Et puis un deuxième élément de modulation c'est vous l'avez mentionné sur les c'est la territorialisation. La territorialisation, elle a un surcoup pour les pour les universités et donc c'est un élément qui pourrait être pris en compte. Alors, est-ce que ces deux indicateur et puis après un contrat qui donne des éléments de modulation ?
Ça c'est des choses qui peuvent être précisées. Est-ce que vous pourriez préciser juste pourquoi la territorialité c'est un coût ? Bah en fait euh ça ça va dépendre des disciplines, mais imaginez alors c'est un enjeu important, c'est euh les problématique de démutualisation des services euh quand vous avez euh euh des scolarités qui gèrent 3000 étudiants sur un campus principal et que vous avez une scolarité qui gère 200 étudiants sur un campus de proximité, il y a des effets de sur les antennes, il y a des effets de de de démutualisation qui font que ça un surcoup.
Alors, il y a un rapport de la Cour des comptes qui dit un peu l'inverse mais qui a regardé des sites où on employait en majorité des vacataires. Si on envoie des vrais enseignants chercheurs, des vrais enseignants statutaires devant les étudiants sur les territoires pour garantir une forme d'égalité de traitement de nos étudiants, il y a un surcout parce qu'il faut payer l'émission et puis si vous voulez mettre sur une antenne un laboratoire de de sciences et technique, c'est très compliqué. Voilà.
Si si vous avez des éléments sur le surcours, on est intéressé parce qu'effectivement on entend le contraire, on entend que ça ne génère pas de surcours. Ah ben c'est c'est ce que nous disent les collectivités pour diminuer leur subvention. Ouais.
Juste je compléterai mais je vais rajouter quelque chose sur le patrimoine aussi réservé aux plateformes technologiques parce qu'on le voit, on le dit pas assez mais voilà, venez dans une université, on utilise énormément de mètres carrés et en plus qui qui sont très consommatrices. Moi parler de budget socle en fait c'est pas ça qu'on veut maintenant. C'est en fait, on veut un budget récurrent et un budget qui permet de fonctionner et qui permet de Ouais.
Mais le problème c'est qu'on parle tout le temps de budget socle et on assimile le socle au récurrent. Nous ce qu'on dit euh c'est que on veut un budget récurrent qui nous permette de fonctionner avec les critères dont tu as parlé DIN mais qui permet aussi de porter une stratégie, une politique, beaucoup moins d'appels à projet mais qu'on ait à l'image, on l'a vu sur d'autres appels à projet des des index, des isites, vraiment un budget pour mener une politique des actions au sein de l'établissement et et si on reste sur la dotation récurrente, on va continuer à à voir cette multitude d'appels à projet projet qui elles qui eux pardon sont destinés à financer notre stratégie. Donc c'est pour ça qu'à un moment donné il faut aussi qu'on ait cette discussion.
Est-ce que le budget socle égale le budget récurrent ? Et là, on reste sur ce qu'on a dit ou est-ce qu'on n'imagine pas un nouveau modèle d'allocation de moyens qui inclut à la fois ce qui nous permet voilà de de de de fonctionner sur voilà sur les ponctions de base, mais qui intègre aussi notre stratégie et et nos actions multiples qu'on mène dans nos universités. très très est-ce que la pluriannualité que vous avez évoqué peut se faire à l'échelle d'un mandat de président d'université ?
Est-ce que ça a du sens après ? Oui, d'un d'un projet euh d'un projet un projet d'établissement, c'est 5 ans. Euh voilà, un mandat, c'est 4 ans.
Bon, après, voilà, mais mais 5 ans euh enfin, personnellement, je trouve que 5 ans c'est une voilà, c'est une bonne une bonne durée, une bonne période pour pouvoir euh développer un projet. Euh avoir euh et alors on l'a pas dit dans la simplification, mais avoir des enquêtes, des analyses, des indicateurs à fournir tous les ans, ça a la plupart du temps aucun sens. euh on met une année l'année Nanée N + 1, on ne peut absolument rien dire et pourtant on est alors ça c'est dans la simplification, on est amené à à fournir énormément euh de données chaque année qui ont peu de sens mais 5 ans à l'échelle de beaucoup d'actions, alors peut-être pas toutes mais de la grande majorité des actions, 5 ans, ça permet de dire des choses, ça permet d'analyser.
En fait, c'est une manière de dire qu'on a besoin de visibilité pour dire les choses simplement. Comme je vous disais tout à l'heure, c'est c'est presque anecdotique mais ça l'est pas qu'aujourd'hui on a pas encore notre dotation pour cette année. Comment voulez-vous qu'on fonctionne et qu'on fasse des projets en fait ?
Donc c'est vraiment ça dont on a besoin et je pense qu'on est là-dessus tous d'accord. Moi je reviens rapidement sur les antennes mais très rapidement. Vous citez enfin nous très concrètement si les collectivités territoriales ne nous soutenaient pas nous n'aurions pas la même implantation à la Rochurion par exemple.
C'est évident, nous n'avons pas les moyens de le faire sans les collectivités. On va ouvrir euh là à la rentrée prochaine une première année d'accès aux études de santé à la Roche Surion intégralement financé par les collectivités et la RS. L'établissement ne pouvait pas le faire.
Donc et cette implantation sur les territoires, on y tient. Enfin, ça fait vraiment partie de nos missions. Euh madame la sénatrice l'a évoqué tout à l'heure sur les enjeux de diversité sociale à l'université.
C'est un vrai sujet sur lequel les chiffres montrent plutôt qu'on régresse et là aussi on va chercher de l'argent sur des appels à projet pour travailler sur la diversité sociale. C'est le cœur des politiques publiques normalement et le cœur des missions de l'université. Merci toutes les missions qui aujourd'hui arrivent quotidiennement nouvelle vous l'avez évoqué l'explosion exponentielle des étudiantes et étudiants en situation de handicap qui amène effectivement c'est bien c'est bien mais en même temps ça n'a pas été prévu dans la la subvention socle mais aussi des aspects cybersécurité il y a il y a 10 ans on en parlait pas aujourd' Aujourd'hui pour l'université de Lille par exemple, c'est 700000 € par an.
Bon, il y a pas eu une augmentation de la subvention pour charge de service public pour prendre en compte cet aspect et ainsi de suite. Il y a plein de missions, plein de formations. Les les personnels nécessitent des formations, formation VSS, formation management, prévention des RPS et cetera et cetera.
Euh tout ça euh d'ailleurs euh accroit euh le les missions à louer euh ou affecté aux universités dans le code de l'éducation sans que euh les budgets euh aient même évolué. Et donc aujourd'hui sont nos ressources additionnelles qui financent. Mais euh comme le disait Karine Bernaud en euh dans dans le propos liminaire euh on arrive à un plafond de verre sur ces ressources additionnelles et donc c'est là où on va se trouver dans un goulot d'étranglement majeur.
Merci Stéphane Piednoir. La parole cher collègue. Merci monsieur le président.
Écoutez, je vais rejoindre ma collègue pour dire que cette cet échange est absolument passionnant. Il y aurait tellement de sujets sur lesquels nous pourrions vous poser encore d'autres questions en en tâchant de ne pas être maniquéin. J'ai entendu des choses, on est essentiellement là pour trouver des solutions et j'entends par exemple à l'instant le bâti universitaire.
Il j' avais un rapport il y a quelques années sur le bâti universitaire. ça a été construit dans des années où on ne se souciait pas de la dépense énergétique. Probablement qu'il y a une question à se poser en se disant c'est un modèle qui a existé aujourd'hui.
Est-ce qu'on a besoin de campus ouvert, de campus si grand que ça ? Est-ce qu'on peut imaginer des des modes de location aussi de de ce bâti universitaire qui est extrêmement généreux en France ? encore une fois parce que à l'époque ça ça n'était pas un sujet prioritaire euh sur on voit bien qu'à chaque fois qu'on essaie de d'apporter des petites touches, des petites remarques, il y a il y a une confrontation de modèle, je vous le dis parce que je suis un pur produit de l'université publique, que j'ai ensuite été enseignant dans des classes préparatoires, figurez-vous bon et c'est et ces étudiants qui étaient ensuite destinés à des écoles privées.
Voilà. Donc c'est c'est la mixité de tous ces modèles là que les autres pays n'ont pas. Donc on peut pas non plus se comparer totalement aux autres pays dans la mesure où on a une singularité sur notre modèle éducatif dans l'enseignement supérieur.
C'est comme ça. Euh les classes préparatoires, d'ailleurs, vous disiez tout à l'heure, est-ce qu'on se soucie de leur taux d'échec ? Mais en réalité, il y a plus de place que de candidats.
Donc l'échec, c'est simplement de ne pas avoir eu, c'est c'est vous, monsieur Bordet, qui disait ça tout à l'heure, de ne pas avoir eu l'école qu'ils imaginaient. Ça arrive. Euh et euh on a parfois des projets professionnels pour lesquels on a on narrive pas euh on narrive pas au bout du bout.
Euh j'ai moi même rêvé dans mon enfance d'être numéro 1 de tennis mondial. Euh au bout de quelques pas quelques années hein de quelques semaines quelques mois euh on s'est on s'est rapidement rendu compte que ça ne se produirait pas et que probablement il fallait qu'on arrête les dépenses dans ce domaineel parce que ça n'allait pas porter ses fruits de manière pérenne. Voilà.
Euh bon, parmi les sujets qui n'ont pas été évoqués ou assz peu, je verrais revenir sur celui de la liberté académique. C'est évidemment une des caractéristiques essentielles et même réputationnelles de l'université publique et et même ça tient une place incontournable. D'ailleurs dans notre commission, je sais que notre président y est très attaché que et je je j'utilise à dessin le singulier de la liberté académique, n'est-ce pas Pierreas ?
Et plus largement en hémicycle, on a eu pas mal de débats là-dessus. Alors, chacun comprend et ça a été répété plusieurs fois et accepte naturellement que les conditions doivent être assurées pour que chaque chercheur puisse mener les travaux dans son domaine de compétence qui est défini. Euh mais il me semble tout aussi euh euh indispensable d'inscrire cette euh liberté d'expression, cette expression de tout enseignant dans un cadre républicain, strictement professionnel et républicain, respectueux des libertés individuelles.
Je dis républicain parce que j'étais à l'époque rapporteur sur euh le le respect des principes de la République justement pour plutôt pour la partie secondaire mais aussi enseignement supérieur. Et donc euh je souhaiterais euh madame Bernot vous interroger, vous revenir sur alors j'allais dire l'initiative, peut-être pas le bon mot mais en tout cas sur votre initiative le 13 avril dernier euh en adressant en tant que président d'université de de Nant un courrier, un message aux 37000 étudiants de cette université, aux 2000 enseignants chercheurs de cette université avec un message politique en appelant à faire barrage au Rassemblement national. 13 avril dernier hein, c'était en 2020.
Oui, pardon. lors des élections. Alors, pensez-vous que cette démarche s'inscrive d'abord pleinement dans le cadre de vos fonctions qui ne doit pas être un projet politique ?
Vous avez cité d'ailleurs la Chine tout à l'heure en disant c'est plus simple d'une certaine manière entre guillemets puisque là-bas c'est un projet politique et je le dis avec toute l'ironie qu'il le faut. Évidemment, les dictatures, ça a parfois du monde, ça évite les contestations. Euh en tout cas, vos fonctions, me semble-t-il doivent respecter la neutralité inhérente à ses responsabilités et qui doit d'ailleurs être de nature peut-être à apaiser l'agitation qui traverse et c'est une litote un certain nombre de nos compuces, de nos campus depuis plusieurs années.
Voilà donc sur cette expression, sur cette démarche que vous avez eu donc le 13 avril il y a maintenant un peu plus de 4 ans. Juste une une question incidente par rapport à celle de de monsieur Pied Noir parce que c'est des questions qu'on a posé de façon récurrente aux personnes qui sont venues ici et sur laquelle on n pas eu de réponse précise. dans le cadre de la liberté académique, quelle place pourrait prendre le CNU en tant que instance qui défend des droits mais aussi des devoirs par rapport à à la liberté académique ?
Aujourd'hui, le CNU a tendance à s'effacer par rapport au HCRS qui qui deviendrait la seule agence d'évaluation et la seule compétente sur les libertés académiques. Et elle le doit aussi au fait que à l'intérieur, il y a l'Office français pour l'intégrité scientifique auquel Stéphane et moi sommes sommes très attachés. Voilà, je veux pas rajouter des questions à des questions, mais si vous pourriez en plus de répondre à la question à Stéphane Piedoir, voilà, répondre sur la place que vous vous souhaitez pour le CNU, ça serait intéressant.
Alors, très très rapidement d'abord pour répondre à votre à votre première question directe sur ce fameux courrier. D'abord, un point qui est important pour moi. Dans ce courrier, je n'ai pas appelé à voter pour un candidat, j'ai appelé à voter contre.
Et c'est une nuance qui est extrêmement importante pour moi parce que oui, je considère que cela peut faire partie après à chacun de s'en emparer ou pas, mais de notre rôle d'alerter sur des projets qui vont à l'encontre de ce qu'est une université, des valeurs qu'elle porte et qu'elle incarne et j'ai considéré, on peut ne pas être d'accord hein, moi je j'ai aucun problème avec ça, mais j'ai considéré à tort ou à raison qu'il y avait là un risque pour les universités et donc pour mon établissement. Donc voilà, pour faire très rapide euh le la raison et ça ça relève effectivement des hypothèses, vous le savez dans la logique dont on parle de plus en plus de réserves institutionnelles euh des hypothèses dans lesquelles où un établissement, une personne peut s'exprimer effectivement dès lors qu'elle sur un sujet, dès lors qu'elle considère qu'il est en lien avec les missions qui sont les siennes. Et j'ai considéré que c'était le cas et qu'il y avait effectivement dans ce projet des risques pour les universités.
Alors ensuite sur la liberté, pardon madame la présidente, juste juste pour terminer sur cette question de mon collègue Stéphane Pier, vous considérez que ça relevait de votre liberté académique ? C'est ça en fait la question. Je sais, c'est plus la liberté d'expression là en l'occurrence parce que c'était pas dans le cadre si vous voulez.
Alors, ça fait partie des sujets qu'on a en France, hein, parce que la liberté académique à la différence de beaucoup d'autres pays. En fait, c'est un sujet qu'on est en train de travailler à une an université pour tout vous dire. et on va proposer à notre conseil d'administration au mois de de fin juin de voter à une série d'engagements en fait pour protéger concrètement la liberté académique parce que on se rend compte on on fait des grands débats là en ce moment dans nos instances et c'est très intéressant qu'on a bien du mal à cerner cette liberté académique là où dans d'autres pays c'est quand même plus clair semble-t-il que dans le nôtre ce qui dit quelque chose sans doute d'une maturité ou d'un défaut de maturité même si elle est moins menacée chez nous qu'ailleurs et qu'on est quand même plutôt sincèrement vous savez moi je je suis présidente depuis 2020, je n'ai vu apparaître des problématiques sur la liberté académique qui ont touché un certain nombre de de mes collègues sur les deux dernières années.
Avant, il n'en avait jamais été question et je vais être très franc, je ne pensais pas avoir des sujets autour de la liberté académique pendant mon mandat. sur les deux dernières années, j'ai vu apparaître des cas et on a eu à traiter des situations, ce qui dit quand même quelque chose. Évidemment, c'est pas comparable à ce qu'on peut voir dans d'autres pays, mais il me semble que il y a certains signaux d'alerte qu'il faut entendre et donc que la représentation nationale s'empare de de cette question est une très bonne nouvelle, ce qui n'exonère pas les établissements de leur part de de responsabilité sur ce sujet et ce sur quoi on on travaille.
Euh pour répondre à votre question. Alors, je je suis pas sûr, enfin c'est un vaste sujet hein, on pourrait on pourrait y passer des heures, pas sûr d'avoir forcément bien saisi tous les enjeu. Un des leviers principaux, me semble-t-il, aujourd'hui, de protection de la liberté académique dans notre pays, c'est le statut de fonctionnaire.
C'est c'est la mesure principale de protection. Et à ce titre peut-être effectivement le le fait qu'il y ait une instance nationale en l'occurrence pour nous ça s'appelle le CNU qui intervienne dans le processus de recrutement est extrêmement important pour garantir cette liberté académique ou dans les évolutions de carrière aussi de tentation et là ça pourrait aller rebour de l'autonomie j'en suis bien consciente mais il faut pouvoir articuler les deux aller à rebour de logique clientéliste par rapport à des politiques de recrutement ou d'évolution de carrière donc il y a un point d'équilibre à trouver ici. Et oui, le CNU ou une instance nationale, finalement, quel que soit le nom qu'on lui donne, peut effectivement, me semble-t-il, avoir un un rôle un rôle important à jouer sur le sujet.
Mais il faut être très clair, le la liberté académique ne peut pas justifier des entorses à la déontologie ou à l'intégrité scientifique. En aucun cas, la boussole doit rester céleste. Ça ne peut rien légitimer.
Là, je pense qu'il faut il faut être extrêmement clair. Sans doute que dans des cas, c'est pas toujours facile d'apprécier conférences dans les on fait en sorte que ce soit le moins le cas possible. Après, vous savez que la limite, elle est et ça c'est dans nos compétences sur la préservation de l'ordre public et de la sécurité des personnes.
Et c'est là où parfois malheureusement on est obligé d'intervenir sur sur ce type de situation. Mais mais voilà, je j'essaie pardon d'être très très rapide sur [grognement] peut-être non juste juste [raclement de gorge] alors on va pas tout à fait être d'accord avec Karine euh sur la la le recrutement. Je considère que quand on est recruté par un jury de père, bah le jury de père, il est en responsabilité de de de regarder et de voir les choses.
Sinon, enfin là, on on voilà parce qu'on est on est père au CNU, mais on n'est pas paire dans un comité de de sélection. Là, il y a quand même quelque chose qui surtout que comment sont formés maintenant les comités de sélection, on a au moins la moitié de personnalité extérieure. Donc là, moi je vous avez parlé alors liberté d'académie académique, on est parti sur la liberté d'expression.
Vous avez parlé d'agitation dans les campus. Il faut faire attention que nous au sein de nos campus, on a une on a la jeunesse de notre pays et la jeunesse de notre pays, elle a besoin de débattre, elle a besoin de s'exprimer, elle a besoin d'échanger, elle a le droit et elle a besoin et elle a le droit mais elle a plus que le droit, elle en a besoin. Et nous, notre rôle c'est d'essayer d'organiser ces débats, de faire en sorte euh que la période que la parole soit libre dans une certaine limite.
Et on a besoin euh d'expliquer euh que euh il est nécessaire dans un certain nombre de sujets d'avoir et de mettre en place des débats contradictoires. Mais c'est quelque part aussi notre rôle en tant qu'université d'accompagner la jeunesse sur cette capacité à débattre à entend à écouter l'autre qui n'est pas forcément raccord avec ses idées et cetera. Pour nous, ça fait partie donc quand on a une conférence, quand on a un petit peu de voilà de de mouvement autour, je pense qu'on gère ça et on la plupart du temps très bien mais quelque part ça fait aussi partie de la formation de de la jeunesse.
David Ross pour la dernière question. Merci président toujours de garder le meilleur pour la fin. Voilà. [rires] Voilà.
Alors non mais je tiens d'abord à remercier effectivement pour ces échanges parce que ça ça a été dit par mes prédécesseurs mais au travers vos parcours et et vos diversités on sent à la fois de l'expertise et de la conviction et c'est l'honneur des j'allais dire de de piliers de de l'université. Euh moi j'avais une alors une question qui est un peu ouverte, c'est euh je vais pas vous demander de juger la réforme du bac, quoique euh je vais pas vous demander ce que vous pensez de parcours sub, quoique et que jeimagine vous êtes en attente des des prochains résultats qui qui vont venir. Euh mais si vous avez une baguette magique de choses que vous aimeriez changer dans le casadre du premier cycle pour augmenter le taux de réussite et non pas pour lutter contre le taux d'échec, est-ce que ce serait plus au niveau du volume horaire ? puisqueévidemment quand on compare par rapport aux classes préparatoires, on est limité en premier cycle par le volume horaire.
Donc finalement, est-ce que c'est pas quelque chose qu'il faut regarder en fonction des filières et et du parcours entre L1, L2, L3 ? Est-ce que ce serait au niveau du choix des effectifs ? Est-ce que ce serait sur l'innovation pédagogique ?
Et moi, je suis très attaché à ce qui peut être fait en utilisant l'IA, non pas pour remplacer les anciens chercheurs, mais pour les accompagner et avoir un peu un traitement individualisé, personnalisé vis-à-vis de de certains étudiants ou autres. Voilà. démarrer.
Je pense qu' au titre de l'initiative, c'est vraiment l'accompagnement individuel. C'est ce que j'ai voulu expliquer à madame la rapporteur Garnier. Je m'excuse si elle a mal pris le mot maniquéen.
Ce que je voulais dire, c'est que il faut avoir aujourd'hui soyez conscients que nous vivons mal le dénigrement pas forcément de cette commission, mais le dénigrement des universités. alors même que nous faisons un travail quotidien qui nous engage. Et là où nous avons des regrets, c'est de ne pas pouvoir autant personnaliser les parcours. faute de moyens parce que quand on fait des expériences et Karine Berna l'a dit, nous avons été financé pour faire des expériences et quand on n' pas la possibilité de les généraliser, nous nous avons fait une expérience et on vous l'a rapporté dans les documents sur les décrocheurs passifs rapides euh et où on sauve ces ces jeunes.
Bien sûr qu'ils sont été mal orientés. Alors, la baguette magique pourrait être aussi l'orientation, mais par rapport à ce que nous nous pouvons faire, c'est d'avoir les moyens d'accompagner et de généraliser sur un certain nombre de filières les décrocheurs, de les identifier tout de suite et la diversité des raisons du décrochage est majeur. Parfois, il suffit de leur dire "Mais vous avez le droit à cette aide, ils ne l'ont pas activé, ils l'activent et ça va beaucoup mieux." euh où bah non, en fait le parcours était pas le bon. ils se rendent compte que ils ont fantasmé sur une formation, elle ne répond pas et on les réoriente et ils réussissent et ainsi de suite.
Et vraiment ça c'est un un un coût euh important mais c'est aussi un investissement, on vous l'a dit, sur l'avenir de de notre jeunesse et ça dépasse la question de enseignant, chercheurs et cetera parce que ça va au-delà des cours. aussi un environnement administratif des gens qui sont financés ou payés par l'université pour faire ce travail d'accompagnement qui ne relève pas forcément des enseignantes et des enseignants. Et donc si vraiment on avait une baguette magique, on ferait en sorte que d'avoir les moyens de pouvoir vraiment approfondir le travail que nous faisons parfois de manière expérimentale sur le premier cycle.
à peu près la même chose sur les moyens et les taux d'encadrement, mais aussi le système de bourse pour les étudiant et ça il est complètement à revoir le et alors nous on s'est on s'est positionné sur sur la location étudiante avec des droits, des devoirs et des retours euh pour pouvoir et et avec une vision globale du système hein parce que je pense qu'on on regarde pas forcément tous les àoups et les coûts euh des étudiants euh lorsqu'on les accompagne. Mais en tout cas, ça c'est un vrai sujet. La précarité étudiante est un vrai sujet.
Elle est aussi liée à ce taux au taux d'échec dont on parle. Donc je pense que le taux d'encadrement, les moyens dans les établissements, mais ça n'ira pas sans un système de bourse adapté. On peut s'arrêter là juste peut-être chers collègues.
Oui, peut-être juste très très rapidement sur les sur les volumes horaires. Je pense que c'est la on a dit la c'est plutôt la qualité qu'il faut viser parce que aujourd'hui avec la succession des réformes organiser 1500 1500 heures en licence sur 3 ans sur un site universitaire avec deux sessions par semestre. les euh les blocs de connaissance et de compétences, les étudiants à besoins spécifiques, les cartans les tians, c'est d'une complexité qui a un impact d'ailleurs sur le repas à 1 € parce que les étudiants que l'on a, les pauses méridiennes sont très courtes, leurs emplois du temps sont surchargés pendant un nombre de semaines qui est assez limité.
Euh donc c'est c'est aussi de regarder comment on peut simplifier le parcours de progression en licence, ce qui est compliqué parce que en même temps on veut personnaliser. Il y a des expériences qui ont été fait nouveau cursus universitaire PIA de permettait de financer un certain nombre d'expériences dans les établissements. Le passage à l'échelle aujourd'hui, il va être très très difficile.
Notamment, je reviens sur les filières à fort effectif en licence et notamment les filières où il y a des amphithéâtres en licence. Voilà. Merci.
Merci beaucoup d'être venu euh présenter vos expériences devant nous et euh bon courage bon courage à vous pour le pour le retour.
Laurence Garnier