Jadot contre LFI : Qui a le droit de se dire de gauche ?
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 63 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00OuverteÉludée
Jadot contrôle-t-il les frontières de la gauche sans qu'on lui ait rien demandé ?
- 2:12FerméeRéponse directe
Les sénateurs insoumis ont-ils leur place au groupe écologiste ?
- 6:39OuverteRéponse directe
Glucksmann est-il le candidat le mieux placé pour 2027 ?
- 8:55OuverteRéponse partielle
Les élections municipales ont-elles banalisé le RN et LFI ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:22Invité politiqueFait
« Si on a des élus qui disent leur appartenance à la France insoumise, se revendiquent de la France insoumise, très clairement, ils n'ont pas la place au groupe écologiste. »
- 2:27Invité politiqueFait
« Est-ce qu'être anti-européen, considérer que le parti communiste chinois, c'est un parti démocratique, soutenir quand même plutôt Poutine, ou en tout cas considérer que c'est Zelensky qui est responsable de tous nos problèmes, est-ce que c'est être de gauche ? Je ne le crois pas. »
- 6:39Invité politiquePromesse
« Je suis convaincu que Raphaël Glucksmann est le candidat le mieux placé. »
- 10:24PrésentateurChiffre
« Pour la première fois, un sondage donne Jean-Luc Mélenchon au second tour dans tous les cas de figure face à Marine Le Pen. »
- 11:27PrésentateurFait
« Le Conseil d'État a enterriné le classement de LFI à l'extrême-gauche en février dernier lors des municipales. »
Temps de parole
- Présentateur87 %
- Yannick Jadot10 %
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Bonjour et bienvenue dans le récap. Nous sommes le lundi 28 septembre et j'espère que vous avez bien fait tamponner votre carte du bon gauchiste par Yannick Jadot. Bah oui, parce que figurez-vous que Yannick Jadot, il a désormais une nouvelle mission dans la vie, contrôler les frontières de la gauche, sans qu'on ne lui ait jamais rien demandé, bien évidemment.
Et
il faut dire qu'il avait quelques heures de libre, suspendu des écolos pour avoir soutenu Raphaël Glucksmann à la présidentielle. Le sénateur s'est donc reconverti dans un secteur où il semble particulièrement à l'aise, celui d'expliquer aux autres ce qu'est la gauche et qui peut prétendre en faire partie. Hier, alors que deux insoumis ont été élus à la faveur des élections sénatoriales, il s'est donc empressé de sortir son képi et son petit tampon de douanier. Bon, alors je sais, je sais très bien, j'ai compris, les sénatoriales, ça ne vous intéresse pas des masses. Ne n'yez pas, j'ai vu les scores du dernier récap à ce sujet, j'ai bien compris le message.
Mais si vous l'aviez regardé ce récap, vous sauriez que les écolos, ils ont profité de ce scrutin qui n'intéresse personne, pour envoyer quelques petites pots de bananes comme ça à la tronche des insoumis, espérant les laisser à la porte du palais du Luxembourg et puis conserver eux leurs petits sièges. Sauf que malgré toutes ces petites manœuvres, Marc Perret en Haute-Garonne et Gabriel Amar dans le Rhône, ils ont quand même été élus. Une première pour LFI qui fait donc son entrée au Sénat avec deux élus. Et maintenant, il
va
bien falloir trouver une chaise pour eux. Parce qu'à deux, impossible de constituer un groupe en tant que tel, parce qu'il faut au minimum dix sénateurs. Alors ils peuvent donc rejoindre un groupe existant en étant apparentés ou simplement rattachés. Et c'est là que Yannick Jadot entre en scène. Le sénateur écologiste a prévenu, les insoumis ne sont pas les bienvenus dans son groupe écologiste. Enfin son groupe, rappelons quand même que Jadot n'en est pas le président. Mais bon, ça a l'air d'être un détail. Mais ça ne l'empêche visiblement pas de faire le videur à l'entrée.
Et figurez-vous que l'ex-candidat écolo à la présidentielle de 2022, sanctionné d'un score mirobolant de 4,63%, a décidé que, bah LFI, bah c'était pas la gauche.
Non, écoutez, si on a des élus qui disent leur appartenance à la France insoumise, se revendiquent de la France insoumise, très clairement, ils n'ont pas la place au groupe écologiste. Pourtant, ils sont de gauche
? Oui,
bah écoutez, c'est vous qui dites qu'ils sont de gauche. Oui, sur certains aspects, ils sont de gauche. Mais est-ce qu'être anti-européen, considérer que le parti communiste chinois, c'est un parti démocratique, soutenir quand même plutôt Poutine, ou en tout cas considérer que c'est Zelensky qui est responsable de tous nos problèmes, est-ce que c'est être de gauche ? Je ne le crois pas.
Et avant de continuer le reste du récap, petite pause promo. Bah oui, je sais, c'est chiant, je lis aussi vos commentaires. Mais si pour vous, le média, c'est gratuit, et ça le restera toujours, et bah pour nous, ça coûte quand même très cher à produire. Nous venons d'entamer notre dixième saison, et pour continuer à vous informer, comme on le fait, et bien on a besoin d'atteindre les 10 000 donateurs mensuels. C'est à partir de 3 euros par mois, c'est vous qui choisissez le montant de votre contribution, en fonction de vos moyens, et puis c'est déductible des impôts. Pour retrouver toutes les infos, rendez-vous sur capsurdica.lemédiatv.fr.
Et si vous voulez que le média continue, bah c'est maintenant qu'il faut nous aider à tenir. Voilà, fin de la réclame, on retourne au récap.
Et
donc Yannick Jadot trouve que LFI, c'est pas vraiment la gauche. Voilà une petite nouveauté qui mérite quand même qu'on s'y attarde deux minutes. Une fois n'est pas coutume, je vous propose même de prendre Yannick Jadot très au sérieux, de partir du principe qu'il sait parfaitement de quoi il parle, et de regarder tranquillement où nous mène sa définition de la gauche.
Alors
Yannick Jadot,
c
'est quand même l'aile droite des écologistes, ça part pas très bien. C'est aussi leur ancien candidat à la présidentielle en 2022 donc, porté par la vague verte à l'époque qui déferle sur le pays. Jadot, il croit dur comme fer que son heure est venue, il s'y voit déjà à l'Elysée. Sauf qu'il s'avère assez vite que le bonhomme n'est pas un très grand surfeur. Alors déjà à l'époque, une frange des militants lui reproche d'être trop libéral, trop centriste, trop Macron compatible finalement. Faut pas compter sur lui pour être un symbole de la radicalité, ça c'est vrai, ou simplement même porter un programme ambitieux de rupture.
C'est pas vraiment sa ligne pour cette campagne, il se l'a joué vieux briscard de la politique, en se pensant crédible et raisonnable. Bref, la stratégie éternelle de l'extrême centre. Et puis il ne voulait pas non plus entendre parler d'une alliance avec LFI, alors ça, ça n'a pas changé, pourtant déjà mieux placé. Il préférait alors envisager des deals avec l'EPS, voire plus si affinités. Autant vous dire que le mec a le pif, parce qu'il
y a
l'arrivée patatras. Jadot, il termine sous les 5% au premier tour, très loin derrière Jean-Luc Mélenchon, et c'est presque 22%. En revanche, il est tout proche de sa copine socialiste, Anne Hidalgo. Et c'est même pas 2%.
Ça
paye d'être mou du genou, lézidément. Bref, en 2022, Jadot se rêvait en Kelly Slater écolos. Il s'est juste contenté de regarder la vague passer en buvant la tasse, et sans même pouvoir prétendre au remboursement des frais de campagne. Champion ! Depuis la débâcle, il s'est fait relativement discret sur la scène nationale. Il avait bien tenté de retourner sur le terrain des luttes écolos pour se donner un peu de constance. Mais la campagne présidentielle a laissé quelques stigmates. Petit souvenir d'octobre 2022 à Sainte-Sauline. C
'est une manifestation contre la...
Bon, bah
visiblement, Yannick Jadot, il est plus à l'aise aux côtés de
l
'extrême droite dans les manifs de flics que sur une remorque à foin au milieu de vrais écolos. Décidément, chez Jadot, les frontières de la gauche sont parfois placées à des endroits assez surprenants. Et nous voilà donc en 2023. Yannick Jadot se trouve alors en une bonne planque au Sénat. C'est la planque de la République. On passe six ans à serrer des paluches, à cultiver son réseau pour préparer la prochaine élection. C'est plutôt facile. Alors autant vous dire que là, il a du temps à dispo, Jadot. Et ça tombe bien parce qu'on est en pleine année présidentielle. Et ce temps, il compte bien le mettre à profit pour exister.
Et qui sait, parier sur le bon cheval pour parvenir à revenir sur le devant de la scène. Et selon l'ex-candidat écolo, le bon cheval n'est d'autre que Raphaël Glucksmann. Le Macron 2.0. Quelle surprise.
Je suis convaincu que Raphaël Glucksmann est le candidat le mieux placé. A la fois pour réconcilier les besoins de justice sociale, l'impératif écologique dont tout le monde parle, la démocratie, l'Europe. Et qu'il ne peut gagner cette élection présidentielle.
Alors avec des camarades comme lui, t'as quand même pas besoin d'ennemis. Autant vous dire que Marine Tondelier, la patronne des écolos, a moyennement goûté la prise d'opposition de son sénateur. Officiellement,
on
le rappelle, elle est toujours candidate pour son parti, même si personne n'y croit plus vraiment. Et forcément, elle s'attendait à ce que ses soldats soient sagement en ordre de bataille derrière elle. Et bien, c'est raté. Alors elle a serré la vis. C'est la grande purge. Ce week-end, le frondeur a appris sa suspension de trois mois à titre conservatoire du parti des écologistes. C'est donc assez cocasse de voir le sénateur sans parti distribuer les cartons d'invitation et les refus d'entrée. Après, s'être lui-même fait exclure de son propre parti quand même. Et d'ailleurs, alors que les deux nouveaux sénateurs insoumis n'ont même pas encore frappé à la porte.
D
'ailleurs, contrairement à ce que semble penser Yannick Jadot, il n'est pas le grand Manitou qui déciderait tout seul de qui peut s'asseoir à la table des écologistes. Parce que justement, le groupe écolo, il a fait savoir qu'il devait se réunir à la fin de la semaine prochaine pour arrêter officiellement sa position. Et que donc, quoi qu'en pense Jadot, rien n'est acté. Alors avec tout ça, on commence à mieux comprendre d'où parle Jadot. Quand même, ça se situe un peu. Et surtout, à comprendre où il place la frontière de sa gauche. À savoir, très près du centre.
C'est la condition de possibilité de la victoire. Submerger les pratiques des appareils. Adhérer et rejoindre nous. Moi, j'y vais avec hâte, avec enthousiasme.
Donc si on résume, pour Jadot, la gauche, c'est Glucksmann. A.k.a. le candidat le plus à droite de la primaire Sosdem. Déjà bien à droite. Celui qui ferait passer fort au royal pour des équivalents bolcheviques, c'est vous dire. Alors dans le logiciel Jadot, on ne sera donc pas vraiment surpris de voir apparaître un signe égal gentiment posé entre l'ERN et LFI. Et ce n'est pas là une interprétation hasardeuse de ma part. Il l'a répété hier soir pendant la soirée électorale. Écoutez.
Après,
les dernières élections municipales ont été une forme de banalisation du RN et des insoumis qui, jusque-là, contournaient complètement les élections municipales. Là, ils ont joué le jeu. Donc ils commencent à avoir des élus. Tout ça est à peu près normal au regard de leur poids sur la scène nationale. La question,
c
'est, encore une fois, comment ils influencent ou les débats
au
sein de notre institution. D'avoir deux insoumis non inscrits, ça n
'a
pas changé grand-chose.
On comprend donc que ce qui embête fondamentalement Jadot, c'est que les deux sénateurs insoumis, ils puissent tirer la ligne du groupe écolo plus à gauche. Et c'est pour ça qu'ils s'empressent de leur barrer la route en caricaturant les positions politiques de LFI au global. Selon lui donc, le parti de Jean-Luc Mélenchon serait anti-européen, voire carrément pro-Poutine. Alors, s'il ne
faut
pas compter sur moi pour défendre aveuglément absolument toutes les positions internationales portées par les insoumis, je préfère vous le dire, on peut quand même affirmer ici que Jadot grossit au minima allègrement le trait. Et évidemment, tout ça, c'est à dessein. Ben oui, comme tous ses camarades centristes, Jadot, il diabolise. Ben, c'est tout ce qui lui reste pour exister. Et faute d'être capable de convaincre avec des vraies idées et un programme, il agite la peur et cornerise l'adversaire. Mais force est de constater que son influence est assez limitée. À ce stade, sept mois avant le premier tour, les électeurs se fichent visiblement pas mal des incantations de Yannick Jadot.
On vient d'apprendre qu'Alechi continue la course en tête à gauche. Pour la première fois, un sondage donne Jean-Luc Mélenchon au second tour dans tous les cas de figure face à Marine Le Pen. Et si la fille du borgne caracole toujours largement en tête, le vieux a le vent sacrément dans le dos parce qu'il grappille six points en cinq mois. Alors qu'elle, elle n'en prend que trois. Glucksmann, lui, il est dans les choux avec Philippe et Attal. Ne parlons même pas de Retailleau. Lui, c'est carrément le naufrage annoncé du Titanic. Et sans les violons, je préfère vous prévenir.
Bon ben finalement, le problème de Jadot n'est peut-être pas que LFI ne soit pas de gauche, mais que LFI soit trop à gauche pour lui. Parce que suffit de regarder quelques décennies en arrière pour mesurer le déplacement du curseur quand même. On ne sassera jamais de le dire. En 1981, l'EPS de Mitterrand pouvait défendre les nationalisations d'entreprises, la hausse du SMIC, la réduction des inégalités, une nouvelle répartition des revenus et du temps de travail sans que ça soit considéré comme une hérésie politique. Aujourd'hui, ce sont des positions régulièrement envoyées du côté de l'affreuse extrême-gauche. Voyez le niveau.
D'ailleurs, il suffit de rappeler que le Conseil d'État a enterriné le classement de LFI à l'extrême-gauche en février dernier lors des municipales. Alors bon, on précise quand même que cette juridiction ne se prononce pas sur la nature idéologique des partis. En revanche, elle vérifie que le classement opéré par le gouvernement, qui a donc décidé de ranger LFI à l'extrême-gauche, ne constitue pas une erreur manifeste d'appréciation. Le juge, il a donc décidé qu'au regard du paysage politique actuel et des alliances ou non, LFI était plus à gauche que certains autres, quoi.
Et
on est bien loin de l'extrême-gauche dans son sens politique. Bien évidemment, ça ne fait aucun doute. Il a même été établi, d'ailleurs, que le programme de l'avenir en commun porté par LFI de longue date était moins radical que celui du PS en 81. La gauche n'a donc pas forcément changé de nature. C'est juste la fenêtre d'Overton, la fameuse, qui s'est allègrement déplacée sur sa droite, voire carrément sur son extrême-droite. Et si Jadot trouve désormais LFI trop à gauche, c'est peut-être simplement parce que lui, il a tracé sa route, pas dans la même direction, alors qu'il assume sa droite une bonne fois pour toutes et qu'il nous lâche avec sa gauche.
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Yannick Jadot