Othman Nasrou : « Je crois à une droite courageuse et nous avons un bon candidat »
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %
Questions et réponses
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- 1:53OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous en attendez ? Quelle réponse aurait donnée Bruno Retailleau, s'il était au pouvoir aujourd'hui ?
- 2:38RelanceRéponse directe
faut instaurer une sélection ? C'est-à-dire que le bac ne doit pas être un passeport pour l'université pour vous ?
- 3:44RelanceRéponse partielle
les 35 heures vous ne les avez pas remises en cause ?
- 3:58FerméeRéponse directe
si vous arrivez au pouvoir, vous changerez la durée légale du temps de travail ?
- 4:38OuverteRéponse directe
Est-ce qu'on peut se contenter de fermeté quand on a des milliers de lycéens dans la rue qui attendent des réponses ?
- 5:27FerméeRéponse directe
la loi Casseur-Payeur que présente le gouvernement, ça incarne la fermeté que vous demandez ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:13InvitéFait
« le premier mensonge, c'est de faire croire qu'on pourra donner une place à l'université à absolument tout le monde, quel que soit le cursus choisi. »
- 3:24InvitéFait
« il y a un second mensonge dans notre pays aujourd'hui dont il faut que l'on sorte, c'est l'idée que l'on peut travailler moins et vivre mieux. »
- 3:36InvitéFait
« celle des 35 heures, celle de la retraite à 60 ans, qui a conduit à notre paupérisation collective. »
- 4:26InvitéChiffre
« Ça représente pour le salaire médium à peu près un mois et demi, deux mois de salaire en plus par an, et ça c'est du vrai pouvoir d'achat. »
- 5:34InvitéFait
« Je pense que la loi Casseur-Payeur est indispensable. »
- 5:36InvitéFait
« elle avait été introduite par Bruno Retailleau au Sénat et que d'ailleurs ceux qui aujourd'hui nous donnent des leçons de fermeté, je pense au Rassemblement National, à l'époque, ne l'avaient pas voté. »
- 8:57InvitéFait
« en tout cas vraisemblablement un attentat raciste, tous les éléments laissent peu de doute sur cela »
- 9:21InvitéFait
« personne ne doit être mis en cause en raison de sa religion, de sa couleur de peau ou de son origine, personne, il ne doit être pris pour cible pour cela »
- 10:09InvitéFait
« l'extrême-gauche, la France insoumise, aujourd'hui a théorisé, nourri ce repli identitaire »
- 14:28InvitéFait
« elle n'en a plusieurs, parce que je vois qu'elle ne cesse de changer d'avis. »
- 14:42InvitéFait
« Son programme économique est un programme de ruines financières aujourd'hui. »
Temps de parole
- Invité72 %
- Présentateur22 %
- ?5 %
≈ 20,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Public Sénat, en partenariat avec la presse régionale, vous propose Bonjour Chez Vous. Le Pen qui a donc lancé sa campagne présidentielle hier et promis un gouvernement d'union nationale. Son allié Eric Ciotti qui demande au LR de revenir à la maison. Les LR sont-ils pris entre nailles ? Entre l'extrême droite et le bloc central sont-ils en crise d'identité
?
On va poser la question à Otman Nassrou, bonjour.
Bonjour. Merci
beaucoup d'être notre invité, secrétaire général des LR et porte-parole du candidat Bruno Retailleau. Otman Nassrou, après un week-end marqué, et on va en parler par de nouvelles mobilisations, par l'attentat raciste de Trappes. Comment vous vous sentez ce matin ? Dans quel état d'esprit vous êtes
?
D'abord, je pense que le climat, il est très lourd
pour
tout le monde.
Il
y
a
bien sûr cet attentat raciste à Trappes, une ville que, à titre personnel, je connais très bien,
dans
laquelle j'ai toujours des amis,
et ça
a évidemment bouleversé, choqué, heurté beaucoup de gens.
Et
puis il
y a
globalement ce climat, en fait, d'une société qui est traversée de tensions multiples. Tensions identitaires, tensions évidemment sociales extrêmement fortes. On a le sentiment qu
'on
ne se parle plus aujourd'hui en France, on se confronte, simplement.
Et
j'espère que l'élection présidentielle qui arrive maintenant, dans un peu plus de six mois, sera l'occasion de sortir par le haut, je l'espère de tout cœur,
de
ce climat absolument épouvantable, je crois qui, aujourd'hui, mine le moral de beaucoup de nos concitoyens.
Et on va détailler tous ces points. On commence par la mobilisation, et notamment la mobilisation des lycéens, que Sébastien Lecornu va recevoir cet après-midi. Le gouvernement qui promet des réponses concrètes, elles seront annoncées par les ministres en fin d'après-midi. Qu'est-ce que vous en attendez ? Quelle réponse aurait donnée Bruno Retailleau, s'il était au pouvoir aujourd'hui ?
– Je
crois que si on veut sortir de cette crise, il faut sortir d'un certain nombre de mensonges. Et y compris de mensonges qu'on a vendus à notre jeunesse, qui est aujourd'hui en crise, qui se pose beaucoup de questions, pour certaines à juste titre.
Le
premier mensonge, c'est de faire croire qu'on pourra donner une place à l'université à absolument tout le monde, quel que soit le cursus choisi. J'entends qu'on va remettre en cause Parcoursup, oui, mais on a mis Parcoursup parce qu'on n
'a
pas voulu assumer la sélection à l'université. Et envoyer aujourd'hui nos jeunes, c'est ce qui se passe aujourd'hui dans notre pays, dans des filières sans débouchés, où on fait une sélection en réalité par l'échec, ça a été un grand mensonge.
– Donc il
faut instaurer une sélection ? C'est-à
-dire
que le bac ne doit pas être un passeport pour l'université pour vous ?
– Dans la mesure où on a fait le bac pour tous, ça n'est plus un passeport pour l'université. Et donc il faut bien sûr qu'on ait des filières qui soient adaptées aux besoins des entreprises, c'est-à
-dire
en tout cas sur lesquelles il y a des débouchés professionnels au bout, et donc une sélection à l'entrée en fonction du nombre de places,
en
fonction des dossiers, en fonction du mérite.
– Mais comment on l'a
fait si ce n
'est
pas Parcoursup
?
–
Est-ce qu'il faut
garder Parcoursup faute de mieux
? –
Mais on a besoin d'une plateforme, on peut l'appeler comme on veut. La question c'est comment elle fonctionne cette plateforme. Et si on n'assume pas le principe de la sélection, en réalité on raconte un mirage,
une
histoire fausse à nos jeunes aujourd'hui qui du coup sont dépités et sont frustrés de se rendre compte que ce qu'on leur avait dit, en réalité est un mensonge. C'est un exemple parmi d'autres, il y a un second mensonge dans notre pays aujourd'hui dont il faut que l'on sorte, c'est l'idée que l'on peut travailler moins et vivre mieux. Aujourd'hui dans notre pays, beaucoup de gens pensent, croient encore à cette histoire qu'on leur a racontée, celle des 35 heures, celle de la retraite à 60 ans, qui a conduit à notre paupérisation collective. La crise du pouvoir d'achat que nous connaissons, c
'est
d'abord une crise de la création de richesses, parce que nous ne produisons
pas suffisamment… – Mais 35 heures que
personne ne remet en cause, c'est-à-dire quand vous avez été au pouvoir, les 35 heures vous ne les avez pas remises en cause ?
–
Nous
les avons considérablement assouplis et Bruno Retailleau aujourd'hui assume de remettre en cause,
de
sortir des 35 heures, sinon nous n'y arriverons pas. – Donc
si vous
arrivez au pouvoir, vous changerez la durée légale du temps de
travail
? – Si on veut que les Français gagnent plus, eh bien oui, il faut qu'on assouplisse et qu'on laisse les entreprises s'organiser comme elles le souhaitent, c'est le principe de liberté. Je crois qu'on est dans un pays très centralisé, très vertical, très bureaucratique…
– Pardon, mais en
favorisant les heures sup ou en disant aujourd'hui, 35 heures, ce n'est plus la durée légale de travail en
France ? –
On sort des 35 heures et à partir de la 36e heure, il n'y a aucune charge qui pèse sur les heures dites supplémentaires, du coup à partir de la 36e heure, et donc c'est du vrai pouvoir d'achat. Ça représente pour le salaire médium à peu près un mois et demi, deux mois de salaire en plus par an, et ça c'est du vrai pouvoir d'achat, ce ne sont pas des chèques en bois que l'État fait sur le dos de nos enfants.
– Pour revenir sur la mobilisation des lyciens, puisqu'on attend les réponses aujourd'hui, Bruno Retailleau, ces derniers jours, il a un peu chustigé la calinothérapie du gouvernement. Est-ce qu'on peut se contenter de fermeté quand on a des milliers de lycéens dans la rue qui attendent des réponses
? –
Moi je distingue pour les lycéens comme pour les manifestants samedi dernier. Ceux qui manifestent pacifiquement, c'est un droit, c'est respectable, il faut sécuriser même ce droit, en garantir le bon exercice, même si je ne partage pas les mots d'ordre,
de
ceux qui cassent. Ceux qui cassent, ceux qui pillent, ils ne doivent trouver en face que la fermeté la plus implacable.
parce
que nous nous sommes trop habitués dans notre pays à ces scènes qu
'on
a encore vues, même de manière marginale samedi dernier, de casses, de dégradations, de violences contre les forces de l'ordre. Ça n'est pas acceptable et il faut
qu
'on retrouve une forme de fermeté. Je crois que Bruno Retailleau incarne cette fermeté dont on a besoin.
– Et la loi Casseur-Payeur que présente le gouvernement, ça incarne la fermeté que vous demandez
? –
Je pense que la loi Casseur-Payeur est indispensable. Je vous rappelle d'ailleurs que dans une première mouture, elle avait été introduite par Bruno Retailleau au Sénat et que d'ailleurs ceux qui aujourd'hui nous donnent des leçons de fermeté, je pense au Rassemblement National, à l'époque, ne l'avaient pas voté. Et donc il faut que chacun là-dessus assume sa cohérence et ses contradictions. Et en tout cas, en ce qui nous concerne, nous avons toujours été pour que la main de l'État cesse de trembler, encore une fois face aux délinquants, aux pilleurs et aux casseurs, dont la place est en prison et nulle part ailleurs.
– Alors justement, la journée de mobilisation de samedi, elle s'est mieux passée, il y
a
eu moins de casse, moins de pillages. Vous avez fustigé, vous, ces derniers jours, vous, Bruno Retailleau, les LR, l'autorité de l'État défiée. Est-ce que là, vous dites, samedi, le gouvernement a rétabli l'autorité de l
'État ? –
Alors ça s'est mieux passé, effectivement. Je m'en félicite et je veux féliciter nos policiers, nos forces de l'ordre, encore une fois. Il y
en
a encore eu 53 qui ont été blessés, on ne le dit pas suffisamment. Et je note que ce qui a fonctionné, c'est précisément la fermeté. La fermeté qui manque trop souvent dans notre pays, qui a manqué jusque-là. Et on voit que quand la main de l'État tremble, certains se croient tout permis avec un immense sentiment d'impunité. Donc je suis heureux que cette fermeté, que ce que nous avons demandé, le déploiement des centaures, une doctrine d'aller au contact face notamment aux casseurs, ait mieux fonctionné.
– Donc là, vous
saluez la gestion de Sébastien Lecornu et
de
Laurent Nunez ? –
Bien sûr, non mais moi je salue encore une fois tout ce qui permet à notre pays de bien se porter. Simplement, je ne veux pas non plus qu
'on
s'habitue, y compris à ce qu'on a vu en fin de cortège. Parce que ça fait des années maintenant qu'à la fin de chaque manifestation, on a malgré tout des casseurs, 500 à Paris quand même. Et ces gens-là, il va bien falloir à un moment ou à un autre les mettre hors d'état de nuire. Donc c'est mieux, il faut qu'on continue dans cette direction-là, parce qu'il n'y a pas de raison que dans notre pays, à chaque manifestation, on ait des casseurs, des payeurs, des commerçants qui sont obligés de se barricader. Ça n'est pas acceptable qu'on
s'habitue à cette violence-là. – Qu'est-ce
que vous feriez ? Comment vous l'évitez
?
– Eh bien la loi Casseur-Payeur, c'est un sujet, nous nous avions demandé l'état d'urgence.
Et
je continue de penser, on verra ce qui se passe
dans les prochaines semaines. – Mais vous vous demandez
encore, quand vous voyez que samedi, ça s'est bien passé, est-ce que vous ne dites pas qu'on est allé un peu vite en besogne en demandant à Emmanuel Macron d'activer l'état
d'urgence ? – Non, je
le demande encore, parce que je vois bien qu'on aura d'autres manifestations qui vont arriver, que tout ça est inscrit dans la durée, et donc on a besoin
de se donner… – Jusqu'à la
présidentielle pour vous ?
– Je ne l'espère pas, je
ne l'espère pas, parce que le débat doit se faire précisément, non pas dans la rue à un moment donné, mais dans le cadre de l'élection présidentielle. Mais je le crains, et en l'occurrence, il faut qu'on inscrive dans la durée un certain nombre d'outils, perquisition administrative, interdiction de manifester, assignation à résidence d'individus dangereux, j'ai envie de dire les casseurs habituels qui sont en plus identifiés, notamment ceux de l'ultra-gauche, et donc tous ces outils-là,
il
faut aussi qu'on envisage de les inscrire de manière peut-être plus pérenne dans la loi, en tout cas au-delà des 12 jours de l'état d'urgence. Mais voilà, j'ai le sentiment qu'aujourd'hui, nous n'avons pas encore tous les outils pour assurer à notre pays la sérénité dont on a besoin dans le cadre d'une élection présidentielle en particulier.
–
Week-end marqué aussi, vous en avez parlé en début d'interview par ce qui s'est passé à Trappes, cette attente à racisme, vous avez été conseiller municipal de Trappes pendant 10 ans, de 2014 à 2024, vous qui connaissez bien cette ville, comment vous avez vécu ce qui s'est passé ce week-end ?
C
'est quoi de l'inquiétude, de la colère ? C'est un tournant comme le dit Emmanuel Macron
? –
C'est d'abord un choc,
parce
que voir un individu dans un véhicule tiré à
l
'arme automatique en pleine rue sur des individus, vraisemblablement en raison de leur couleur de peau ou de leur religion, je ne sais pas, ça sera l'enquête de dire précisément les choses, en tout cas vraisemblablement
un
attentat raciste, tous les éléments laissent peu de doute sur cela, c'est évidemment un choc effroyable, ce n'est pas la première fois que cela arrive dans notre pays, il y a des précédents, d'ailleurs des actes
anti
-musulmans, anti-chrétiens ou antisémites, il y en a eu malheureusement beaucoup, et il faut les condamner tous avec la plus grande fermeté, et rappeler simplement ce principe extrêmement simple, mais qui malheureusement a l'air parfois d'être perdu de vue, dans notre pays,
personne
ne doit être mis en cause en raison de sa religion, de sa couleur de peau ou de son origine, personne, il ne doit être pris pour cible pour cela, et je le dis parce que nous avons un racisme à combattre, qui parfois est un racisme qui pousse à l'acte violent, comme malheureusement dans la tragédie de Trapp, mais nous avons aussi en face un racialisme, c'est-à-dire des gens qui voient notre société comme juxtaposition de communauté, avec cette assignation à résidence identitaire, avec le sentiment que chacun doit défendre sa communauté avant tout, et ça c'est aussi une menace.
L'extrême-gauche, la France insoumise, aujourd'hui a théorisé, nourri ce repli identitaire, et on fait aujourd'hui un moteur électoral, alors que c'est en réalité la garantie que nous allons vers une confrontation, une confrontation dont je ne veux pas, moi je crois à l'universalisme, je crois à une république qui voit tous ses enfants égaux, en droit et en devoir, il faut aussi le rappeler, quel que soit, encore une fois, leur origine. – Alors,
je vous pointais la responsabilité de la France insoumise, mais est-ce que dans cette polarisation du débat public, il n
'y a
pas aussi une responsabilité des républicains ? Quand Bruno Retailleau, après la mobilisation du 17 octobre, parle de racailles, de délinquants de banlieue, alors que le tireur de Trapp a dit qu'il voulait venger les commerçants pillés, est-ce que quelque part, ce genre de vocabulaire n'arme pas le bras d'esprits influençables et d'esprits faibles comme ce tireur
? –
Madame Ancini, quel est l'ouvrage que nous avons retrouvé chez cet individu ?
–
C'est Mein Kampf.
–
Je ne
crois pas que ce soit les mémoires de guerre du général de Gaulle.
–
Non,
mais quand vous parlez de l'héritage de ma famille politique. – Quand vous parlez de racailles, quand vous dites
l'immigration n'est pas une chance, est-ce que ça ne contribue pas à ce climat polarisé, à ces tensions et à ces fractures dans la société
? –
Madame Ancini, la société, elle est fracturée aussi parce que nous n'affrontons pas clairement un certain nombre de problématiques.
Et
si on ne comprend pas qu'aujourd'hui,
il y a
une immense colère dans notre pays, nos concitoyens qui ont envie qu'on règle un certain nombre de problèmes. Et oui, il y
a
des problèmes d'ordre public. Oui, il y a des problèmes de réponse pénale. Oui, il y a un problème, un sentiment d'impunité qui progresse. Quand vous avez des milliers et des milliers de pilleurs qui, en pleine journée, osent combrioler des magasins, il faut trouver les mots pour nommer les choses. Il faudra demain avoir le courage pour prendre les bonnes décisions. Et ces décisions, on les connaît. Et Bruno Retailleau, encore une fois, il défend des mesures très concrètes avec la détermination qu'il faut pour les mettre en œuvre. Donc je ne crois pas que ce soit en tournant le dos à la réalité qu'on calme les tensions du pays. Je crois qu'au contraire, c'est en réglant les vrais problèmes.
Et dans ma famille politique, on a toujours été extrêmement clairs. On est pour cet universalisme républicain.
Mais ce n'est pas un
vocabulaire qui polarise le débat ?
Le
débat, il est polarisé parce que la réalité aujourd'hui, elle est extrêmement dure, parce que nous n'avons pas eu le courage pendant des années de prendre les bonnes décisions. Je ne crois pas que ce soit en ayant à nouveau la main qui tremble qu'on arrive à apaiser notre société. Non, je ne le crois pas. Par contre, je crois qu'il faut s'opposer à tous ceux qui ne reconnaissent pas la même dignité à tous nos concitoyens, quelle que soit leur origine ou leur religion, ou en les prenant pour cible, ou en les instrumentalisant, comme le fait également la France insoumise.
Donc je vois d'ailleurs que dans cette séquence, elle essaye de régler un certain nombre de comptes politiques, alors que la tragédie que l'on vient de connaître, elle est honnêtement, elle ne mérite pas qu'on l'instrumentalise contre telle ou
telle partie. Qu'est-ce qu'elle
cherche à régler comme compte politique, la France insoumise ? Je
vois bien que la France insoumise, depuis quelques jours, a pris pour cible un certain nombre de médias, de journalistes.
Je
vois que des journalistes sont chassés. Je ne suis pas certain que ça contribue ni à apaiser la société, ni à garantir le bon fonctionnement de notre démocratie, qui est déjà en très grande crise.
–
Jordan Bardella, en 2021, vous étiez un conseiller municipal de Trappes, qualifié Trappes de République islamique en miniature. Qu'est-ce que vous en dites
? – Je laisse
à M. Bardella le soin de s'expliquer s'il le souhaite ou de développer les thèses qu'il souhaite. – Alors c
'était il y a longtemps, il
a été mis en examen.
–
Oui,
mais j'ai fait partie de ceux qui ont alerté à Trappes à l'époque sur par exemple les départs en Syrie, parce que nous en avons eu beaucoup, nous avions des familles totalement abandonnées d'ailleurs à un certain moment. dans une grande omerta, quand ces départs ont commencé à se produire, dès 2014, 2015 notamment. Et donc il y a des défis, il ne faut pas le nier, il y a des problématiques absolument majeures, il y a des tensions identitaires, je l'ai dit, et on peut, on a le droit de vouloir lutter contre le repli identitaire, contre les phénomènes de radicalisation qui ont endeuillé beaucoup de familles et qui ont contribué sur notre sol également à des actes terroristes.
Et donc il faut être là-dessus d'une très grande fermeté, mais voilà, sans cacher la réalité, sans vouloir l'instrumentaliser non plus ou mettre de l'huile sur le feu. Ce qu'il faut demain, c'est trouver la bonne politique de fermeté dont on a besoin pour que le pays retrouve une forme de cohésion. Mais ça n'est pas, encore une fois, par la lâcheté, en fuyant, en tournant le dos à la réalité qu'on va y arriver.
– Mais est-ce qu'aujourd'hui, cette fermeté, cette autorité, cet ordre que vous prônez et qu'attendent vos électeurs, ce n
'est
pas Marine Le Pen qui l'incarne ? Vous avez vu hier son lancement de campagne. Est-ce que ce n
'est
pas elle qui a le discours et les mesures que viennent chercher vos électeurs
? –
Encore faudrait-il qu'elle ait un discours et des mesures, parce que moi,
ce
que je vois,
c'est… – Elle n'en a pas ?
– Elle n'en a plusieurs, parce que je vois qu'elle ne cesse de changer d'avis. Quand on n
'est
pas clair sur beaucoup
de sujets… – Sur quoi, par
exemple ?
– Écoutez,
sur tous les sujets, sur les sujets internationaux, c'est un va-et-vie impermanent. On l
'a
vu sur l'Ukraine, il faut qu'il ait aidé ou non l'Ukraine, on a entendu tout et son contraire, ce ne sont pas des petits sujets. Sur le nucléaire, elle n'a cessé de varier. Son programme économique est un programme de ruines financières aujourd'hui.
–
Mais là, sur l'ordre, sur l'autorité, sur la sécurité, sur la réponse à ce qui s'est passé ces derniers jours, est-ce que vos électeurs ne vont pas plus se tourner vers elle que vers vous ?
– Je
crois que
nos
électeurs, comme en fait beaucoup de Français, sont aujourd'hui très en colère de l'état du pays, après cette décennie de macronisme, et veulent tourner la page. Simplement, quand on veut renverser la table, comme on dit, il ne faut pas, si j'ose dire, casser la vaisselle. Il faut renverser la table d'une manière qui soit sérieuse et construite. Et je crois que Marine Le Pen, même si elle a les mots
aujourd
'hui de la fermeté, je ne crois pas qu'elle en ait les outils ou les propositions concrètes.
–
Sauf qu'elle est à plus de 30%, Bruno Rettoy est à moins de 10%.
–
Et la campagne ne fait que commencer. J'espère que le résultat sera différent, parce que je ne suis pas certain
que la
victoire de Marine Le Pen apporte à notre pays l'apaisement et la politique dont le pays a besoin. Voilà. Et tout comme, évidemment, je ne veux pas non plus de voir Jean-Luc Mélenchon au second tour de cette élection présidentielle, ce qui serait déjà une victoire pour lui. Et il s'agit pour nous de lui faire barrage de toutes nos forces.
Vous
l'avez compris, au regard de ce que je vous ai indiqué sur l'extrême-gauche. Donc je crois qu'il y aura une droite courageuse, très claire, très ferme, avec le vrai projet dont le pays a besoin, qui arrivera à arriver au second tour avec Bruno Rettoy.
– Mais Éric Ciotti, hier, il a demandé à ses anciens amis l'air de revenir à la maison. Qu'est-ce que vous lui répondez ?
–
La maison, c'est lui qui l'a quittée d'abord. Donc la maison, nous, on la tient aujourd'hui. Et je pense que cette maison-là, la maison de la droite républicaine, c'est celle qui, en réalité, peut sauver le pays de cet affrontement stérile entre l'extrême-gauche et l'extrême-droite qui ne mène, encore une fois, à aucune solution concrète. Mme Le Pen, on a vu son contre-budget, et je vois bien que, d'ailleurs, Éric Ciotti nous dise ce qu'il en pense réellement, parce que rien ne tenait. Il n
'y a
pas un chiffre qui tenait la route dans le contre-budget de Mme Le Pen. Est-ce qu'à la veille d'une crise financière où notre crédibilité est attaquée sur les marchés financiers, à juste titre, au regard de notre incapacité à tenir nos déficits, est-ce que c'est ce programme-là que l'on veut, eh bien, voir arriver au pouvoir ? Moi, je ne le crois pas. Je crois à la droite, à une droite courageuse, et je pense qu'on a le bon candidat pour cela et cette campagne, aujourd'hui, je crois, va nous révéler encore beaucoup de surprises.
Alors, vous dites Bruno Retailleau ira jusqu'au bout. Est-ce qu'aujourd'hui, il n
'a
pas une épine dans le pied qui s'appelle David Lysnard
? Je pense
que David n'est pas une épine. Je le connais bien, je l'estime. On
va juste regarder
deux sondages. Un paru hier, David Lysnard, 6,5%, Bruno Retailleau, 5,5%, et un sorti il y a quelques minutes. David Lysnard, 8%, Bruno Retailleau, 7%. Dans les deux sondages, David Lysnard est devant. Aujourd'hui,
ce
n
'est
pas une épine dans le pied de Bruno Retailleau
?
Pourquoi Bruno Retailleau est plus légitime à être candidat que David Lysnard
? Ce
n
'est
pas une question de légitimité, David Lysnard a le droit d'être candidat. Il a fait ce choix. Il l
'a
d'ailleurs fait dans des conditions, je trouve, assez respectables. Il a pris sa liberté et moi, je le respecte. Je trouve qu'il apporte quelque chose au débat public.
Je
partage avec lui cette fibre très, très libérale qui existe aussi chez Bruno Retailleau parce que nous avons des programmes en réalité extrêmement proches, extrêmement convergents. Donc, mon espoir, c'est qu'évidemment, tout cela converge et je pense que David aura un rôle extrêmement important à jouer.
Donc,
converger, c'est se ranger derrière Bruno Retailleau pour vous
?
Écoutez, aujourd'hui, nous avons eu une procédure de désignation de notre candidat par deux fois d'ailleurs parce qu'il
a
d'abord été élu à présence du parti et ensuite, comme notre candidat à l'élection présidentielle de manière extrêmement
massive par les adhérents des
Républicains.
Souhaitez-vous que Bruno
Retailleau soit votre candidat
à la présidentielle ? Est-ce que là,
il faut faire une primaire interne
?
Non,
pas
bien. Néanmoins, on est le seul parti à avoir fait voter des dizaines de milliers de personnes, en tout cas jusque-là, maintenant la gauche l
'a
fait également, pour désigner notre candidat.
Il n'y a pas eu de
vote entre Bruno Retailleau et David Lysnard qu'elle est le meilleur candidat pour les LR ?
Non, parce que personne d'autre n'a voulu à ce moment-là se livrer à cette compétition-là.
Mais est-ce que là, il faut le
faire au vu des sondages ? Maintenant que David Lysnard est en dynamique alors que Bruno Retailleau
Ils se sont vus, comme vous le savez, il y a quelques jours. Ils ont beaucoup d'estime et de respect l'un pour l'autre. Nous verrons quel chemin peut être trouvé. Et moi, je pense que celui qui porte aujourd'hui le projet le plus complet, celui qui trouve l'audience la plus large dans l'opinion publique, je pense que c'est Bruno Retailleau et j'espère qu'on arrivera à rassembler un maximum autour de lui pour qu'on puisse gagner cette élection présidentielle parce qu'on a une responsabilité
historique. Mais comment
? Pardon, ils se sont vus il y a quelques jours, mais comment ? Qu'est-ce qu'il a été dit ? Est-ce qu'ils se sont dit ? Oui, il n'y
en
aura qu'un des deux. Où est-ce qu'ils pourraient y aller tous les deux
? Nous
verrons en temps utile. Moi, je ne
l
'ai pas ici. C'est quoi, temps utile ? À vous révéler des discussions qui sont
des discussions
privées. Écoutez, comme je vous le disais, cette campagne ne fait que commencer. Je crois qu'il va encore se passer beaucoup de choses et vu l'état du pays, je crois qu'on a besoin surtout de non pas d'être dans nos tambouilles internes, de savoir par quelle mécanique on va désigner un candidat. De plus,
si je veux dire... C'est important
de savoir combien vous serez sur la ligne de départ. Déjà, maintenant, vous avez un problème entre guillemets puisqu'il y a deux candidats chez l'LR. Et puis après, il y a beaucoup de gens chez vous qui disent qu'il faut un seul candidat dans le bloc central sinon on va
vers un seul candidat pour Mélenchon
-Le Pen. Pour vous, il ne
faut
pas un seul candidat ?
D'abord, nous ne faisons pas partie du bloc central
qui
n'est pas vraiment un bloc et qui est de moins en moins central aujourd'hui. Non, et je ne me soucie pas de savoir combien il y aura de candidats sur la ligne de départ. Ma seule sujet, c'est qu
'il
va-t-il y avoir un candidat qui est capable de gagner, bien sûr, mais de gagner pour appliquer le bon projet parce qu'autrement, nous allons simplement
gagner du temps. Pardon,
Antoine Nassrou, dans les sondages, ce n
'est
pas Bruno Rutaillot qui est en capacité de gagner aujourd'hui ?
Nous ne verrons
jamais les sondages du mois d'octobre n'ont donné le résultat, comme vous le savez, vous connaissez tout cela très bien, d'une élection présidentielle. Simplement, ce que je vous dis, c'est que gagner, c'est bien, mais si c'est juste pour gagner du temps, en repoussant les décisions qui sont attendues, en nourrissant encore à la colère populaire, le ration national gagnera la fois d'après. Ce que je veux, moi, c'est qu'on ait le bon candidat pour le bon projet et j'aimerais qu'on parle davantage dans cette élection-là de projet. Je ne crois pas que ce soit par la synthèse molle qui consiste simplement à se mettre d'accord sur un candidat qu'on va y arriver.
Nous serons balayés si nous ne sommes pas capables d'incarner un vrai changement,
– Mais vous ne serez pas balayés si vous
êtes divisés ? Ça ne sera pas 2002 pour la droite ? –
Si un candidat arrive à convaincre les Français de son projet de rupture, de la pertinence de son projet, nous ne serons pas balayés et malgré les divisions ou les vents contraires et ce candidat-là qui porte aujourd'hui le projet de rupture, c'est Bruno Retailleau et j'ai bon espoir que dans les prochaines semaines, les prochains mois, son projet de rupture soit mieux connu des Français et arrive à en convaincre une majorité parce qu
'on
ne peut pas continuer. Au rythme où vont les choses dans le statu quo. Voilà, et je pense que l'an prochain, les Français vont renverser la table. J'espère que ce ne sera pas du côté du populisme et de la démagogie mais bien du côté
du droit courageux. Est-ce qu'il y a un
événement de campagne qui est prévu prochainement pour Bruno Retailleau ? Marine Le Pen, à l'assessor de la campagne hier, Jean-Luc Mélenchon va dévoiler son programme dans 15 jours. Bruno Retailleau ?
Écoutez, Bruno Retailleau, il sillonne le pays en permanence, il est au contact des Français, il dévoile son projet au fur et à mesure. Nous sommes les seuls à avoir présenté une trajectoire de finances publiques de près de 200 milliards d'euros d'économie. C'est essentiel et je crois que c'est par ce chemin-là qu'on arrivera à redresser le pays.
Merci, autrement. C
'est moi qui me remercie. Merci beaucoup
d'avoir été notre invité. Public Sénat, en partenariat avec la presse régionale, vous a proposé Bonjour Chez Vous. Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat.