Dix ans de l'attentat de Nice : "La période la plus douloureuse de mon quinquennat", confie François Hollande
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Défensif 100 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:20OuverteRéponse directe
François Hollande, 14 juillet 2016. D'abord, comment apprenez-vous le drame qui vient de se produire chez nous à Nice ?
- 1:42OuverteRéponse directe
Que ressent-on entre le côté sécuritaire et le côté humain, le président de la République, mais aussi l'homme, qui se dit que c'est un carnage ?
- 2:57OuverteRéponse directe
L'urgence, donc, François Hollande, ce 14 juillet, c'est quoi pour vous ?
- 4:13OuverteRéponse directe
Ces heures-là, comment les vit-on en tant que président de la République ?
- 5:25OuverteRéponse directe
Vous avez, en tant que président de la République, François Hollande, levé l'état d'urgence, ce que certains ont pu vous reprocher. Pourquoi avoir pris cette décision ?
- 6:40OuverteRéponse directe
Vous avez témoigné, pendant le procès, en 2022, un moment important pour les familles. Pour vous, François Hollande, ce dispositif de sécurité était-il à la hauteur d'un événement comme le 14 juillet ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:57Invité politiqueFait
« Je viens d'être prévenu à ce moment-là qu'il y a un camion qui est entré sur la promenade et qu'il y a déjà des morts. »
- 1:14Invité politiqueFait
« Je mesure ce que ça représente car nous sommes le 14 juillet. Nous avons eu toute une période où nous avons déjà connu des attentats. »
- 2:14Invité politiqueFait
« D'abord, les familles de victimes, je pense aussi à ce que ça représente pour toutes les autres victimes des attentats qui viennent d'avoir lieu dans l'année 2015, car c'est une résurgence terrible. »
- 2:25Invité politiqueFait
« Et puis, il y a ce qui est du devoir du président de la République, c'est-à-dire d'assurer la sécurité, de faire en sorte qu'il ne puisse pas y avoir d'autres auteurs et d'autres attentats. »
- 5:34Invité politiqueFait
« Parce que l'état d'urgence n'avait plus d'objet utile. »
- 6:33Invité politiqueFait
« il n'était pas identifié comme un terroriste à ce moment-là. »
- 9:54Invité politiqueFait
« Oui, c'est le pire que la nation a pu connaître. »
- 9:56Invité politiqueFait
« C'est sans doute la période la plus douloureuse de mon quinquennat »
Temps de parole
- François Hollande76 %
- Invité21 %
- Présentateur3 %
≈ 0,9 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
C'est l'invité d'ici matin avec nous, l'invité de la rédaction, à quelques jours des commémorations des 10 ans de l'attentat du 14 juillet sur la promenade des Anglais à Nice, ici Azure, vous propose depuis lundi des reportages et des invités. Et ce matin, nous recevons celui qui présidait la France en 2016, François Hollande. Il répond à vos questions Sébastien Germain.
Bonjour Monsieur le Président. Bonjour. François Hollande, 14 juillet 2016. D'abord, comment apprenez-vous le drame qui vient de se produire chez nous à Nice ?
Ce soir-là, j'étais à Avignon. Il s'agissait de rencontrer les acteurs culturels au moment du festival. Nous nous préparions au sortir de cette rencontre, de ce dîner. Nous nous préparions donc à aller voir le spectacle Les Danais qui se donnaient dans la cour de d'Avignon. Je viens d'être prévenu à ce moment-là qu'il y a un camion qui est entré sur la promenade et qu'il y a déjà des morts. Je demande immédiatement au service concerné, donc au ministre de l'Intérieur qui est déjà prévenu et au Premier ministre de se rendre sur les lieux car je n'ai aucun doute sur le caractère terroriste de cette opération. Je mesure ce que ça représente car nous sommes le 14 juillet.
Nous avons eu toute une période où nous avons déjà connu des attentats. Il y avait une forme d'acalmie puisque nous avions pu faire que l'euro 2016 se tienne, y compris à Nice, sans qu'il y ait d'alerte particulière, mais avec une vigilance très grande. Et là, je mesure ce que ça peut représenter, non seulement pour Nice, non seulement pour la région, mais pour toute la France.
Que ressent-on entre, j'imagine, le côté sécuritaire où on se dit qu'il y a peut-être un autre attentat qui va avoir lieu en même temps ? C'était la rumeur en plus qu'il y avait sur la promenade des Anglais. Et puis, j'imagine aussi le côté humain, le président de la République, mais aussi l'homme, qui se dit que c'est un carnage.
Oui, des carnages, j'en ai hélas connu et j'ai eu à les surmonter et à comprendre ce que représente un tel choc. D'abord, les familles de victimes, je pense aussi à ce que ça représente pour toutes les autres victimes des attentats qui viennent d'avoir lieu dans l'année 2015, car c'est une résurgence terrible. Et puis, il y a ce qui est du devoir du président de la République, c'est-à-dire d'assurer la sécurité, de faire en sorte qu'il ne puisse pas y avoir d'autres auteurs et d'autres attentats. Nous ne savions rien à ce moment-là de la personnalité de l'individu qui avait commis cette abomination.
Il y avait aussi la question de savoir pourquoi ce véhicule avait pu rentrer, compte tenu des dispositifs de sécurité qui avaient été apposés par la municipalité comme par l'État.
L'urgence, donc, François Hollande, ce 14 juillet, c'est quoi pour vous ?
L'urgence, c'est d'abord d'appréhender des terroristes s'il y en avait d'autres. Il y a été neutralisé très vite et quel courage, d'ailleurs, il a fallu pour ceux qui ont exécuté cette tâche. Et puis, l'urgence, c'est de soigner ceux qui sont blessés et aussi d'aller vers les familles des victimes, d'en donner toutes les informations pour leurs proches. Et puis, l'urgence, c'est de parler au pays. Je l'avais fait le 13 novembre au soir, je le refais encore ce soir-là, parce que le pays doit être à la fois informé de ce qui vient de se produire. Un 14 juillet, fête nationale, dans une ville internationale qui est Nice, mais qui est une ville qui parle au monde entier.
Donc, il était nécessaire de parler pour à la fois informer, pour montrer la fermeté qui devait être la nôtre, la compassion que je devais aux familles, et puis aussi les secours que nous devions apporter. Et la coordination qui devait se faire, c'est le rôle du président.
Vous êtes venu le lendemain et puis aussi quelques jours plus tard à Nice, lors de l'hommage rendu sur la colline du château. Ces heures-là, comment les vit-on en tant que président de la République ?
Il y a de la gravité, il y a aussi de l'émotion, de la gravité obtenue de l'ampleur du nombre des victimes, des blessés aussi. Puis, de l'émotion parce que j'ai rencontré des familles lors de la cérémonie, de l'hommage. Des familles dignes, familles sidérées encore par le choc que représente un attentat. Des familles qui veulent comprendre, qui veulent des explications, c'est légitime. Des familles qui sont aussi dans le désarroi le plus complet. Parmi les victimes, il y en avait de toute nationalité, puisque c'était le 14 juillet, il y avait de nombreux touristes qui étaient présents. Ces victimes, elles étaient de toutes opinions, de toutes confessions.
Donc, il y avait aussi un discours à tenir pour l'unité de la nation, pour la cohésion du pays. C'est toujours très important, face à un attentat qui va compter, c'est de ne pas nous diviser dans cette cérémonie d'hommage comme après. Je veux saluer la population miçoise qui a été d'une dignité extraordinaire.
Le 14 juillet au matin, juste avant l'attentat sur la promenade des Anglais, vous avez, en tant que président de la République, François Hollande, levé l'état d'urgence, ce que certains ont pu vous reprocher. Pourquoi avoir pris cette décision ?
Parce que l'état d'urgence n'avait plus d'objet utile. L'état d'urgence servait à faire des assignations à résidence et des perquisitions. Donc, nous avions fait toutes les opérations qui, de ce point-là, étaient utiles. Donc, l'état d'urgence n'avait plus de raison d'être maintenu. Nous l'avons poursuivi néanmoins après l'attentat pour faire en sorte que chacun comprenne bien que nous ne relâchions aucune vigilance. Mais, de toute manière, il était aujourd'hui, enfin, il était à cette époque plus nécessaire de faire les opérations que je viens d'indiquer.
En revanche, ce n'est pas parce qu'il n'y a pas l'état d'urgence qu'il n'y a pas les services de surveillance, de renseignements, d'arrestations lorsque c'est nécessaire, par l'autorité administrative ou par les enquêtes judiciaires. Et lorsque l'on connaît le profil, on le connaît maintenant, de celui qui a commis cet acte abominable, il n'était pas identifié comme un terroriste à ce moment-là.
Il y a le procès, François Hollande. Vous avez témoigné, pendant le procès, en 2022, un moment important pour les familles. Vous avez assuré qu'il n'y a pas eu de relâchement dans la stratégie de l'État concernant cette sécurité, après l'euro de foot. Pour vous, François Hollande, ce dispositif de sécurité était-il à la hauteur d'un événement comme le 14 juillet ?
Alors là, vous savez, il y a eu une enquête qui a été faite, à la fois par l'administration, par la justice. C'est légitime, les victimes se sont elles-mêmes engagées pour connaître la vérité, justement, ce qu'il avait été possible de prévenir ou qu'il n'avait pas été possible de prévenir. Vous vous souvenez des polémiques qui ont eu lieu, qui, en l'avis, n'avaient pas de raison d'être, parce que ça créait immédiatement le doute. Il y avait ce qui relevait de l'autorité de police de la part du maire de l'époque, et puis des autorités municipales, et puis il y avait ce qui relevait de la part du préfet, et donc de l'État.
Si le camion a pu rentrer, c'est que les dispositifs n'avaient pas été suffisamment, disons, en alerte, puisque normalement, il y avait des cabinets de surveillance, je ne vais pas revenir sur tout ce qui s'est produit. Mais normalement, ce camion n'aurait jamais dû pénétrer dans la zone concernée. Donc c'est là qu'il y a eu, forcément, quand il se produit un événement de cette gravité, de cette importance, avec cette conséquence, il y a toujours, forcément, une sécurité qui n'a pas été validée, ou qui, en tout cas, n'a pas été démontrée. La décision, c'est à la fois le maire qui l'apprend, c'est une autorité qui a organisé le 14 juillet sa propre initiative.
Dans beaucoup de villes, il n'y a pas eu le 14 juillet qui a été organisé, c'était sa responsabilité. Et la ville a mis en place un certain nombre de dispositifs, je ne vais pas y revenir. Et puis le préfet a fait son rôle, qui était d'assurer, par les moyens de la police nationale, la sécurité nécessaire. Mais c'est l'enquête judiciaire qui a quand même été menée, parce que, heureusement, nous ne sommes pas restés sans apporter des réponses. Et on voit bien qu'il y a eu, on les connaît, des défaillances qui se sont produites. Alors, après, chacun peut se remettre la responsabilité.
Moi, je ne vais pas, dix heures après, réengager des polémiques qui ont été extrêmement fâcheuses pour ce qui concerne l'autorité des pouvoirs publics. Car ce n'est pas, finalement, servir même la mémoire des victimes. Ça a été suffisamment pénible d'avoir à organiser, vous savez ce qu'a fait le ministre de l'Intérieur de l'époque, Bernard Cazeneuve, des réponses qui étaient nécessaires pour qu'on n'y revienne pas aujourd'hui, sauf à donner toutes les informations que la justice, d'ailleurs, a pu établir.
Est-ce qu'il faut un procès sur ce dispositif de sécurité ?
C'est une enquête qui doit conduire à ce qu'il puisse y avoir éventuellement des responsabilités qui soient établies, des fautes qui relèvent du droit pénal pour que le procès puisse y avoir lieu.
Est-ce que ces attentats que vous avez connus, 2015-2016, est-ce que c'est le pire que vous ayez eu à connaître en tant que président de la République ?
Oui, c'est le pire que la nation a pu connaître. C'est sans doute la période la plus douloureuse de mon quinquennat et celle aussi qui m'a permis de garder l'unité de la nation. Eh bien, nous avons fait bloquer à Nice comme ailleurs.
Avant de vous quitter, est-ce que vous allez être présent mardi prochain ?
Je suis présent comme je l'ai été il y a 10 ans.
Merci beaucoup François Hollande. Merci Monsieur le Président de la République. Merci beaucoup.
François Hollande