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InterviewFrance Inter (sur YouTube)· 18 juin 2024 24 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsSécuritéEurope & internationalSolidarités & famille

Rachida Dati : "Les visions de l'extrême-droite et de l'extrême-gauche sont des visions du chaos"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 89 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:59FerméeRéponse directe

    Est-ce que vous reprenez ce matin les mots de Nicolas Sarkozy sur un risque de chaos ?

  • 3:04OuverteRéponse partielle

    Comment expliquez-vous la dynamique électorale de l'extrême droite ?

  • 5:56OuverteÉludée

    Que dites-vous à ceux qui pensent que le RN est le seul parti qu'on n'a pas essayé ?

  • 7:19RelanceRéponse directe

    Comment recevez-vous le message de Bardella sur la protection des libertés des femmes ?

  • 8:32OuverteRéponse directe

    Comment expliquez-vous qu'il y a autant de femmes que d'hommes qui votent RN ?

  • 9:46RelanceRéponse directe

    Il y a une équivalence pour vous entre les deux extrêmes ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:57Invité politiqueFait
    « Est-ce qu'on doit poursuivre les mesures en faveur du pouvoir d'achat ? Qui sont évidemment, regardez le retour des heures supplémentaires défiscalisées. »
  • 6:17Invité politiqueChiffre
    « En 1983, on a désindustrialisé le pays, on a mis 40 ans à recréer de l'emploi industriel. »
  • 12:45Invité politiqueFait
    « La force d'Emmanuel Macron, c'est qu'il n'a pas augmenté les impôts sur les classes moyennes. »
  • 12:53Invité politiqueFait
    « Les heures supplémentaires défiscalisées, c'est bien travailler plus pour gagner plus. »

Temps de parole

  • Rachida Dati73 %
  • Présentateur14 %
  • Locuteur non identifié9 %
  • Locuteur non identifié 24 %

4,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Et avec Iaël Gauze, nous recevons ce matin la ministre de la Culture dans le grand entretien du 7-10. Questions et réactions 01-45-24-7000 et l'application de France Inter. Rachida Dati, bonjour. Bonjour. Et bienvenue à ce micro. Beaucoup de sujets à aborder avec vous ce matin alors qu'a démarré la campagne législative la plus courte de la Ve République. On parlera dans un instant du programme du camp présidentiel. Des questions aussi sur la culture qui est votre portefeuille ministériel au moins jusqu'au 7 juillet. Mais pour commencer, un mot du climat dans lequel la dissolution a plongé le pays depuis le 9 juin.

Nicolas Sarkozy, dont vous avez été la garde des Sceaux et dont vous restez proche, pointe, je le cite, un risque majeur. Un chaos dont la France aurait les plus grandes difficultés à sortir. C'était dans le JDD. Les mots sont graves dans la bouche de l'ancien président. Est-ce que vous les reprenez ce matin ?

1:01
Rachida Dati

Parce que la situation est grave quand vous appelez les Français à choisir leur destin. Quand vous appelez les Français à avoir une clarté sur leur choix d'une vision de la société, quelle société souhaitent les Français aujourd'hui ? Dans cette interview de Nicolas Sarkozy, il dit effectivement que c'est un moment important et un moment grave pour le pays.

1:24
Présentateur

Il y a un risque de chaos, c'est ça ce qu'il prend.

1:26
Rachida Dati

Mais il dit aussi que par exemple, dans cette interview, il y a un appel à ma famille politique de venir aux côtés de la majorité présidentielle pour poursuivre les réformes dont le pays a besoin. Parce qu'aujourd'hui le sujet c'est, est-ce qu'on veut remettre en cause une orientation, une vision pour le pays ? Moi je ne vous dis pas que c'est le chaos ou nous. Je vous dis que que souhaitons-nous pour la France ? Est-ce qu'on doit poursuivre les mesures en faveur du pouvoir d'achat ? Qui sont évidemment, regardez le retour des heures supplémentaires défiscalisées. On va revenir au programme, pour l'instant on est sur le moment politique que l'on vit.

Je vais vous dire, moi je suis surprise, vous avez vu M. Glucksmann samedi ou vendredi, le gars il a déroulé pendant, c'était un meeting. M. Jospin, vous pouvez me laisser finir trois phrases. Vous avez terminé, allez-y. Donc juste laissez-moi finir trois phrases. Ils sont interviewés de la même manière que vous. Non, non, j'invite les auditeurs à bien écouter, ils ont déroulé sans que personne les relance. Allez-y, allez-y. Donc je vous dis, aujourd'hui le choix pour les français c'est un choix de société. Est-ce qu'on veut une société avec des valeurs profondes qu'on défend qui sont la France ?

La valeur travail, la valeur du mérite, la valeur évidemment aussi de la sécurité, de la protection des français. Ou est-ce qu'on veut le chaos ? Est-ce qu'on veut le chaos dans les finances publiques ? Le chaos dans notre société, dans notre société économique ? Est-ce que vous voulez le chaos, l'explosion, une fracture, une dislocation de notre société ? Donc on en revient à vous le chaos en fait. En opposant les français les uns aux autres. Je peux vous détailler le programme de l'extrême droite comme le programme de l'extrême gauche. Et donc je vous dis, ces deux visions, ce sont des visions du chaos.

3:04
Présentateur

Comment expliquez-vous la dynamique électorale de l'extrême droite ? Qu'est-ce qui en est le moteur depuis maintenant 20 ans au point que le RN parvienne aujourd'hui à incarner une possible force d'alternance ?

3:20
Rachida Dati

Moi je veux vous dire, c'est un témoignage très personnel aussi que je veux vous dire. On en est là aussi aujourd'hui, parce que pendant très longtemps, on n'a pas voulu se préoccuper de questions majeures. En cela, je vous renvoie à la tribune d'Ariane Mouchkine, qui dit les choses avec des mots très justes. Et vous savez très bien, nous ne sommes pas sur des visions politiques semblables. Similaires. Pas du tout. Que dit-elle ? Elle dit, c'est vrai, que nous l'élite, on n'a pas voulu voir ce que les français voyaient. On n'a pas voulu entendre ce que les français nous disaient. Et on n'a pas voulu reconnaître ce que les français vivaient. On en est là aujourd'hui.

Moi je me souviens que dans les années 80-90, j'étais encore chez mes parents, à la cité du bout du lac à Châlons-sur-Saône. Il y avait des problèmes d'insécurité. Que disait la gauche ? Elle disait non, ce n'est pas un problème d'insécurité, c'est un problème de sentiment d'insécurité. Sur la maîtrise des flux migratoires, on nous disait non, il n'y a pas de problème. On ne doit pas maîtriser les flux migratoires. On a favorisé le communautarisme. Quoi ça a conduit le communautarisme ? A la radicalisation. Et la radicalisation, ça a conduit à quoi ? Parfois, dans certains cas, au terrorisme.

La différence c'est que c'est vous qui êtes en fonction, c'est vous qui gouvernez, c'est vous qui avez rejoint le gouvernement Attal. Oui, bien sûr. Mais moi je veux vous dire, quand en 2007, Nicolas Sarkozy est élu, le Front National n'a jamais été aussi bas. Pourquoi ? Parce qu'on a pris à bras le corps des sujets qui minaient la société.

4:49
Locuteur non identifié

Alors on suit votre raisonnement, donc Emmanuel Macron et Gabriel Attal n'ont pas pris à bras le corps les sujets.

4:52
Rachida Dati

Et justement, Emmanuel Macron, je veux vous dire, c'est le seul président qui a battu deux fois Marine Le Pen. Citez-moi une seule personnalité de gauche aujourd'hui qui est capable de battre le Rassemblement National. Citez-moi une seule personne. Personne n'est en capacité de le dire. Hier quand j'entendais M. Jospin ici dire, oui, les divisions m'ont fait perdre. Non, ce n'est pas les divisions, c'est les Français qui l'ont fait perdre. Parce que souvenez-vous d'un vateur. Il dit, je n'ai pas pris conscience du niveau d'insécurité dans notre pays. C'est les Français qui l'ont fait perdre. C'est quand même le premier homme politique. Là on parle du présent.

Et bien justement, on le paye très cher, M. Gauze. On le paye très cher parce que personne n'a voulu à un moment donné prendre conscience des problèmes qui fracturent notre société. Quand je vois le programme de l'extrême gauche qui dit, dès lors où ils prendraient le pouvoir, ils abrogeraient la loi sur le séparatisme. Vous savez ce que ça veut dire ? C'est un signal qu'on donne à l'islam politique. Moi, je ne veux pas que l'islam politique prenne le pouvoir dans ce pays.

5:48
Présentateur

Rachida Dati, que dites-vous à ceux qui pensent que l'ERN est le seul parti qu'on n'a pas essayé ? On entend beaucoup ces expressions-là dans divers reportages. Que ça ne pourra pas être pire que ce qui existe aujourd'hui. Oui, ou a pu exister par le passé. J'imagine que vous croisez des Français qui doivent vous dire ça, vous leur dites quoi ?

6:13
Rachida Dati

Mais M. Demorand, c'est plus facile de défaire que de faire. En 1983, on a désindustrialisé le pays, on a mis 40 ans à recréer de l'emploi industriel. Donc défaire, c'est plus facile que refaire. Quand on a disloqué le pays, qu'on a favorisé le communautarisme, vous avez vu, on en est aujourd'hui. On en est à devoir dire, je ne veux pas d'un modèle de société infiltré, gangréné par l'islam politique. Voilà où on en est. On en est à se battre pour l'égalité homme-femme dans notre pays. On en est à constitutionnaliser les VG parce qu'on a peur que ce droit acquis en 1974 soit remis en cause. Voilà où on en est. Alors quand vous voyez Jordane Bardella s'adresser aux Françaises.

Aujourd'hui, on a tous une responsabilité collective. Vous n'en avez pas une, vous les journalistes ? Vous ne vous mettez pas en cause ?

6:58
Locuteur non identifié

Pour l'instant, on vous pose des questions. Non mais moi, parce que ça nous concerne tous. Là, je ne suis pas en train de vous dire... Vous parliez des femmes.

7:03
Rachida Dati

Non, monsieur Gauze, je ne suis pas en train de vous dire, votez pour moi. Je vous dis, vous, vous n'avez pas de responsabilité.

7:09
Locuteur non identifié

Le sujet ce matin, c'est qu'est-ce que vous faites face à l'extrême droite ?

7:11
Rachida Dati

Non mais, votre non-réponse en dit long.

7:12
Locuteur non identifié

Le président du RN, Jordane Bardella, s'est justement adressé aux Françaises hier dans une vidéo où vous parliez de la constitutionnalisation de l'IVG. Demain, disait-il dans cette vidéo hier après-midi, je serai le Premier ministre qui garantira de manière indéfectible à chaque fille et à chaque femme de France ses droits et ses libertés. Comment vous recevez ce message en 2024 du président du RN qui dit c'est moi qui protégerai les libertés des femmes ?

7:33
Rachida Dati

Moi, je les ai entendus à l'Assemblée nationale de dire finalement on peut vous essentialiser, comme le fait d'ailleurs l'extrême gauche. Certains le font sur l'origine, sur la religion, au-delà de votre nationalité, votre citoyenneté. Ils vous essentialisent à une religion ou une identité qui n'est pas forcément la vôtre. On veut vous enfermer dans une identité. Les autres, ils veulent vous confiner à quoi ? A la maternité ? A la femme au foyer ? On l'a entendu à l'Assemblée nationale ? Moi, je ne me laisse pas leurrer par ça. Ça se saurait. Regardez, ils ont voté contre la constitutionnalisation de l'IVG. Les votes ont été dit, Marie Nuttane a voté pour.

Et moi, je vais vous dire, il y a certains, nous avons dans notre pays, il y a certaines femmes qui ne peuvent pas y accéder. Donc ce droit, demain, peut être mis en cause. Moi, je vais vous dire, des femmes ont acquis leur liberté contre toutes les formes de totalitarisme. L'islam politique, ces gens qui veulent nous confiner à la maternité, qui ne veulent pas qu'on travaille en disant qu'on est aussi, je l'ai entendu, une cause du chômage.

8:27
Locuteur non identifié

Alors comment vous expliquez qu'il y a quasiment autant de femmes que d'hommes désormais qui votent RN ? Et ça, c'est une grande nouveauté dans l'électorat de 2024 ?

8:34
Rachida Dati

Non, ce n'est pas une grande nouveauté. C'est une lame de fond. Moi, je prends toujours comme exemple, lorsque j'habitais chez mes parents, nous avions une délinquance, nous avions des violences urbaines, on brûlait les voitures, on cassait les voitures, on cassait les boîtes aux lettres. Rappelez-vous, on disait on ne peut pas passer dans un hall d'immeuble. Moi, je me souviens, il y avait des jeunes qui habitaient dans les caves. Donc on était dans une violence visible et bruyante. Et subitement, c'est devenu silencieux. C'est devenu très silencieux, pas souterrain, silencieux. On a eu l'arrivée du trafic de stupes. On a eu l'arrivée des grands frères. Merci la gauche.

On a eu l'arrivée de ces grands frères qui devaient faire la morale et s'occuper de ces jeunes dans certains quartiers. Et tout le monde s'est fermé les yeux. Tout le monde a fermé les yeux. Je ne veux pas d'une société de grands frères. Je ne veux pas d'une société où on nous enferme dans une identité, qu'on nous essentialise à une condition ou à une identité qu'on ne veut pas. Quand j'entends l'extrême gauche qui dit « Finalement, c'est une liberté de porter la baïa », vous avez rencontré des jeunes filles. Vous pensez qu'elles disent « Oui, ma liberté, mon émancipation, c'est de porter une baïa ou le foulard ». Je ne suis pas d'accord avec cette société.

Je vais vous dire, moi, je vais vous dire, ces deux extrêmes sont dangereux pour le pays.

9:46
Présentateur

Il y a une équivalence pour vous entre les deux extrêmes ? Je mets la question des femmes que posait Yael de côté.

9:53
Rachida Dati

Entre un parti...

9:55
Présentateur

En soi, Gabriel Attal dit qu'il veut éviter au pays la catastrophe des extrêmes. Donc, nouveau Front Populaire, Rassemblement National, il y a équivalence pour vous ?

10:04
Rachida Dati

Moi, je vais vous dire, vous allez vous-même faire égal, pas égal, entre un parti qui trie les Français, qui les trie, vous êtes français ou pas, vous êtes vrai français ou pas, ou raciste, et un parti qui dit que l'antisémitisme, c'est un détail, et qui vous renvoie à une identité, une religion que vous ne voulez pas, qui vous enferme. Hier, j'entendais un responsable de la France Insoumise qui disait « Oh, on a eu des candidats qui sont du quartier populaire, ils vont s'occuper des quartiers populaires, ils vont rester dans leur quartier ». C'est ça l'intégration ? C'est ça la citoyenneté ? Regardez leurs photos de famille. Elle est où la diversité dont ils se gargarisent ?

Elle est où l'inclusion ? C'est tous des bobos. D'où la question suivante, d'où la question suivante, qu'est-ce que vous ferez ? C'est un club, et moi je vous dis, François Hollande, je le connais bien, j'ai honte qu'il fasse campagne avec des antisémites ou des fichés S.

10:55
Locuteur non identifié

Vous ne pouvez pas le taxer d'antisémitisme ?

10:57
Rachida Dati

Il fait campagne avec des antisémites, il fait campagne avec des fichés S. Mais M. Gauze, quand j'entends M. Jospin qui dit « C'est pas très grave d'avoir un fiché S, il sera noyé dans la masse ». M. Gauze, demain vous aurez un journaliste ou un collègue qui sera fiché S. Vous voulez travailler avec lui ? Je ne crois pas. Donc une personne fiché S, c'est un danger, y compris pour la protection des Français.

11:15
Locuteur non identifié

M. Gauze, si on vous suit, c'est le nini en cas de deuxième tour de 2L, RN, Front Populaire. M. Gauze, vous êtes confortable. M. Gauze, non, non, non, non, c'est très important, ça sera la clé du scrutin et de la suite.

11:25
Rachida Dati

M. Gauze, la clé, c'est d'appeler à la responsabilité des Français. M. Gauze, quel est le modèle de société que vous voulez ? M. Gauze, moi je fais campagne jusqu'à la dernière seconde, et puis peut-être que le lendemain vous m'inviterez. M. Gauze, mais cette clarification est nécessaire, vous ne choisissez pas entre les deux. M. Gauze, la clarification, c'est de dire quel est votre modèle de société ? M. Gauze, est-ce que vous voulez qu'on préserve nos valeurs, c'est revaloriser le travail, c'est réduire les inégalités, l'égalité homme-femme, qu'on puisse protéger notre société, avoir de la sécurité, qu'on puisse avoir une maîtrise effilibratoire ? M.

Gauze, est-ce que c'est ce modèle-là que les Français veulent, ou est-ce qu'ils veulent le chaos ? M. Gauze, est-ce qu'ils veulent une dislocation de notre société, qu'on oppose les Français les uns aux autres ? M. Gauze, vous ne m'écoutez pas, là. M. Gauze, vous nequez pas la question suivante, c'est normal. M. Gauze, oui, parce que vous n'écoutez pas la réponse. M. Gauze, c'est vous qui résumez. Arrêtez, M. Gauze, c'est confort, vous êtes confort. M. Gauze, allez dire ça à un technicien de votre radio, et aux secrétaires, et tous les gens que je salue tous les jours, à chaque fois, quand ils seront privatisés.

Allez leur dire dans votre petit confort, alors c'est Nini, vous attendez quoi, la bonne phrase ? Moi, je suis sur le fond. Je défends mon pays, je défends ses valeurs. Je défends le pays qui m'a permis d'être en face de vous aujourd'hui. Voilà ce que je défends.

12:32
Présentateur

Vous défendez également un programme. Quelle est la mesure phare du programme de la majorité présidentielle, du camp présidentiel dans cette élection, selon vous, Rachida Dati ?

12:45
Rachida Dati

La force d'Emmanuel Macron, c'est qu'il n'a pas augmenté les impôts sur les classes moyennes. C'est qu'il a remis le travail au centre de son projet politique. C'est-à-dire, les heures supplémentaires défiscalisées, c'est bien travailler plus pour gagner plus. Quel Français peut croire que vous allez travailler moins et gagner plus ? C'est un leurre. Là, on se moque des Français. Réduire les inégalités, les classes dédoublées, les études dirigées.

Je veux dire, là, en ce moment, il y a la révision du brevet et du bac, de pouvoir accueillir des enfants où les parents ne peuvent pas accueillir dans leur appartement ou dans leur maison, où ils n'ont pas, évidemment, le temps de pouvoir s'en occuper, d'accueillir des enfants pour les aider à réviser. Voilà. C'est ça, la promotion et l'ascension et l'ascenseur social. Et puis, de la même manière, moi, je pense à tous ces profs qui vont prendre leur fonction à la rentrée, où leur salaire a été augmenté de 150 à 200 euros par mois. Je pense à tout ce personnel soignant qui bénéficie du moins de montants en termes d'augmentation. Voilà ce qu'on voudrait amplifier.

13:41
Présentateur

Donc, si votre camp gagne, ce sera la continuité. C'est ça, ce que vous nous dites.

13:45
Rachida Dati

C'est amplifier. C'est de pouvoir amplifier. C'est pour ça que, moi, je pense qu'en 2022, les Français, quand ils ont donné une majorité relative au président de la République, ils ont pensé qu'on était capable de faire des compromis.

13:55
Locuteur non identifié

Donc, il aurait fallu faire une coalition avec la droite LR que vous incarniez à l'époque, dès 2022.

13:59
Rachida Dati

Mais nous, on l'a appelé. Je ne suis pas la seule. Jean-François Copé et d'autres républicains responsables, on l'a appelé à ça. Parce que, nous, notre rôle, nous sommes une famille politique de gouvernement. Nous ne sommes pas dans l'opposition stérile. On n'est pas pour la politique du pire. Nous, on aime la France et les Français. Voilà. On aime tous ceux qui vivent en France.

14:20
Locuteur non identifié

Quelques mots, justement, sur votre ancienne famille politique. 62 candidats ont été investis sous la bannière des amis d'Éric Ciotti, c'est le terme, allié au RN, avec un micmac d'étiquettes dont on ne sait plus si on doit les qualifier de LR ou pas. C'est la confusion sur les affiches qui se ressemblent toutes. Imaginez-vous possible un tel vaudeville à droite dans la famille politique de Jacques Chirac et de Nicolas Sarkozy ?

14:42
Rachida Dati

Je suis tellement triste. Cette famille qui a fondé la Ve République, cette famille gaulliste qui a donné des grands présidents de la République, c'est un parti de responsabilité et de gouvernement. Je suis tellement triste de tout cela.

14:54
Locuteur non identifié

Vous lui avez dit à Éric Ciotti, vous lui avez parlé ? Vous êtes d'amis dans la vie.

14:56
Rachida Dati

Oui, vous savez, j'ai de l'amitié pour lui. Je lui ai dit. Je suis triste de tout cela.

15:03
Locuteur non identifié

Il vous répond quoi ?

15:04
Rachida Dati

Il est convaincu. Il est convaincu de sa ligne. Il est convaincu de cela. Mais rappelez-vous, on avait eu déjà une petite fracture entre nous, quand il est sur le deuxième bouton, où il avait dit qu'il appellera à voter Zemmour plutôt qu'Emmanuel Macron. Vous connaissez, vous savez très bien comment Éric Zemmour m'a traité, a traité ma famille et a traité ma fille. Donc, ce n'est pas ma vie. Ce n'est pas mon engagement politique. Là, aujourd'hui, moi, j'en appelle aux Français à la responsabilité. Moi, je veux un pays où on remet un peu de fraternité, pas d'opposition, pas une extrême-gauche qui vous renvoie à des origines ou à une identité dont vous n'êtes jamais prévalu.

Ou un parti qui trie, qui dit qu'il y a des vrais Français, pas de vrais Français. Voilà les projets politiques.

15:50
Présentateur

C'est communautarisme ou racisme à vous entendre, c'est ça.

15:54
Rachida Dati

Et le communautarisme qui amène à la radicalisation. C'est ça, moi, qui me fait peur. Vous savez, je vais vous donner un autre exemple. C'est pour ça que moi, j'ai eu de la peine d'entendre, vous savez très bien que j'écoute votre radio, j'ai eu de la peine d'entendre hier Lionel Jospin. Et pourquoi ? J'ai eu de la peine. Pourquoi de la peine ? Rappelez-vous son déplacement, d'ailleurs, quant au moment du conflit israélo-palestinien. Vous vous souvenez ? Des images, il était caillassé. Ça, quand vous êtes un homme d'État, ça vous fait réfléchir. Dans sa formation, la formation qu'il soutient, ils disent que le Hamas, c'est un mouvement de résistance.

Mais attendez, je termine juste là-dessus. C'était avant l'accord du Front Populaire. Mais non, mais non, mais les choses ont changé. Non, alors M. Gouze. Ah bah écoutez, massacre terroriste du Hamas, c'est écrit noir sur blanc. Non, massacre terroriste. Lutte contre l'antisémitisme, c'est écrit noir sur blanc. Ils commettent des actes terroristes. Ils ne veulent pas dire que c'est une organisation terroriste. Et Mme Pannot a dit, c'est une organisation aussi de résistance.

16:48
Locuteur non identifié

Massacre terroriste, c'est écrit sur l'accord.

16:50
Rachida Dati

L'organisation, elle est qualifiée de terroristes ou pas ? Théocratique. Et ça ne vous gêne pas ?

16:54
Locuteur non identifié

Les massacres sont terroristes. Ça ne vous gêne pas.

16:55
Rachida Dati

Non, non, on ne va pas. Eh bien, vous faites comme si on ne va pas. Ce n'est pas grave. On les noie, ce n'est pas grave. Je vais vous dire pourquoi. Vous mettez tout dans le même sac. Non, j'ai été magistrat. Vous savez, à un moment donné, Daesh, on avait dit que c'était une organisation humanitaire. Nombre de jeunes qui se sont retrouvées, nombre de jeunes filles qui se sont retrouvées, prises au piège, prisonnières, qu'on retrouve aujourd'hui dans nos prisons françaises. Ces filles-là, elles sont détruites. Ce sont des bombes à retardement pour notre société française. Oui, vous dites, on met tout dans le même sac. Eh bien, je veux dire ce qu'il y a dans ce sac.

Dans ce sac, il y a des bombes à retardement pour la société française.

17:28
Présentateur

Et moi, je veux donner la parole aux auditeurs de France Inter, Rachida Dati. Jean-Pierre, bonjour.

17:35
Locuteur non identifié

Eh bien, bonjour France Inter. Beaucoup d'émotion de vous entendre ce matin. Et juste, je voudrais dire que hier, l'interview de M. Jostin, elle était audible. Aujourd'hui, c'est difficilement audible. Et j'entends beaucoup, beaucoup de rancœur. Donc, je voudrais dire à Mme Dati, je vois votre parcours, vos zigzags politiques, tout ce que vous avez dit contre Macron avant de faire partie de son gouvernement. Vous veniez des Républicains. Et maintenant, comment voulez-vous, nous qui avons voté à gauche, qui avons toujours voté à gauche, et plusieurs fois, j'arrive plus à les compter, trois ou quatre fois, on nous a dit, votez Macron parce qu'il va faire barrage au Front National.

Et donc, aujourd'hui, vu les zigzags politiques que vous avez faits, je ne peux difficilement entendre ce que vous avez à dire à ma personne, mais surtout à tous les gens de gauche qui ont mis leur mouchoir sur leurs idées pour faire barrage au Front National.

18:34
Présentateur

Merci Jean-Pierre pour cette question importante. Et la promesse est donnée, garantie, que la réponse sera audible.

18:42
Rachida Dati

Monsieur, j'entends ce que vous dites en disant, effectivement, vous avez voté pour Emmanuel Macron, certains pour faire barrage au Rassemblement National, et d'autres par conviction sur son projet. Moi, je n'ai jamais fait de zigzag, vous savez, ma vie, elle est cohérente. Moi, je suis pour la France du mérite, la France du travail, la France de la protection, la France de l'ascenseur social. Je n'ai pas bougé d'un iota. Moi, je quitte un parti qui dit, effectivement, à un moment donné, on peut voter Éric Zemmour au deuxième tour. Je quitte un parti où François-Xavier Bellamy, sur des questions de société, il était totalement en désaccord avec ce que j'incarne.

Sur l'égalité homme-femme, sur, évidemment, sur le respect des identités des uns et des autres. Je n'étais pas d'accord avec cela. Mon parcours, il n'y a pas de zigzag. Il y a de la cohérence et de la conviction. Aujourd'hui, monsieur Jospin, moi, ça me gêne, qui disent que d'être, faire campagne avec un fichet S, ça n'est pas un problème. De faire campagne avec quelqu'un qui dit la police tue, ça n'est pas un problème. De faire campagne avec des gens qui ont revendiqué un antisémitisme, ce n'est pas un problème. Voilà ce que je reproche à monsieur Jospin.

J'aurais pensé que, effectivement, celui qui nous a amené, Jean-Marie Le Pen, au deuxième tour, en 2002, aurait pris un peu de recul et de la hauteur. Et moi, je vais vous dire, j'ai des respects pour les hommes d'État, quelle que soit leur conviction politique et leur formation politique. Mais là, hier, il m'a beaucoup déçu de dire que travailler avec un fichet S, ça n'est pas grave, et avec des antisémites, ça n'est pas grave. Voilà ce qui me gêne. Ça, effectivement, ce n'est pas un zigzag, c'est de la démagogie qui est épouvantable. Voilà dans quel bras on pousse la France. Ce n'est pas ma France.

20:13
Présentateur

Question sur l'application, elle revient à plusieurs reprises, donc je vous la pose. Est-il vrai que vous projetez d'abroger le statut d'intermittent du spectacle ?

20:21
Rachida Dati

Pas du tout, j'ai été très claire là-dessus. Ce statut a été mis en danger, et quand je suis arrivée, j'ai reçu les organisations syndicales, j'ai reçu les représentants des intermittents du spectacle, et je leur ai dit, avec moi, votre statut est protégé, et vous serez protégé. Moi, je ne peux pas mettre en précarité des gens qui permettent, justement, accéder à la culture pour le plus grand nombre.

20:41
Locuteur non identifié

Avant l'annonce de la dissolution, Rachida Dati, vous portiez une réforme de l'audiovisuel public, holding, puis fusion des entreprises. Si vous retrouvez une majorité et que vous restez en poste, est-ce que ce projet sera toujours d'actualité ?

20:52
Rachida Dati

Moi, je vais vous dire, il y a trois projets possibles. La privatisation, et puis le budget, pour l'audiovisuel public. Deuxième, le statut quo, et c'est l'affaiblissement et la disparition de l'audiovisuel public. Et sinon, moi, je veux un audiovisuel public fort. Et vous le savez, sur cette radio, ça répond à l'auditeur précédent, je n'ai jamais varié là-dessus. Moi, je suis pour l'audiovisuel public fort, rassemblée, justement, dans un contexte très agitant, et évidemment, où vous avez des groupes privés qui se structurent et s'organisent, et aussi avec les plateformes, et dans un contexte aussi avec une forte désinformation.

Et vous savez très bien que j'avais obtenu, ce qui n'était pas gagné, la sanctuarisation, notamment d'un financement pour un audiovisuel public fort, rassemblée, indépendante et pluraliste.

21:35
Locuteur non identifié

Et tout ça s'est écroulé avec la dissolution ?

21:38
Rachida Dati

Il a été adopté en commission. Donc, si les Français nous font confiance, ce projet ira à son terme.

21:44
Présentateur

Vous l'avez dit, on sait que le Rassemblement national veut privatiser l'audiovisuel public. Question posée à la ministre de la Culture, est-ce techniquement faisable ? En combien de temps et avec quelles conséquences sur le secteur entier ?

22:00
Rachida Dati

Dans le texte, nous avions la création d'une holding exécutive au 1er janvier 2025, et puis la société unique au 1er janvier 2026. Moi, j'ai reçu l'ensemble des organisations syndicales, j'ai reçu...

22:12
Présentateur

Ma question était sur le...

22:14
Rachida Dati

Vous me demandez le calendrier. La faisabilité.

22:16
Présentateur

Non, non, la faisabilité de ce que dit le Rassemblement national, à savoir la privatisation de l'audiovisuel public.

22:23
Rachida Dati

Ah, mais moi, je ne suis pas favorable. Moi, je ne suis pas favorable pour une privatisation. On a des groupes privés. Voilà. Là, en tous les cas, on sait ce que ça peut être. Moi, je suis... Vous savez, moi, je crois au service public. Je crois au service public de la culture. Et moi, je vais vous dire, sur la culture, de la même manière, soit vous aurez une culture dirigée et dirigiste, c'est l'extrême gauche, soit vous aurez la disparition du service public de la culture. Moi, je pense que le service public de la culture, c'est la liberté de création avec un soutien fort de l'État.

22:52
Locuteur non identifié

Voilà. Toute dernière question. Le 2 juillet, la Cour d'appel de Paris rendra sa décision concernant votre requête. On parle de l'affaire Carlos Ghosn, dans laquelle vous êtes toujours mis en examen. En clair, la justice veut savoir si vous avez vraiment effectué un travail en échange d'un versement de 900 000 euros de la part de Renault. Est-ce que vous redoutez cette échéance du 2 juillet ?

23:07
Rachida Dati

Moi, je ne redoute rien du tout. Voilà. Ma vie... Voilà. Moi, je fais confiance à la justice. Cette décision, je l'accepterai telle qu'elle sera. Voilà. Nous sommes encore dans un état de droit, M. Ghosn.

23:19
Locuteur non identifié

Bien sûr. Quelques questions rapides pour finir. Les JO approchent. Les organisateurs se demandent si la scène sera assez propre pour accueillir les épreuves de nage en eau libre. Vous avez ironisé hier sur le coût de l'assainissement. Non, je n'ai pas ironisé. Et le rendez-vous reporté d'Anne Hidalgo qui promettait de se baigner dans la Seine, est-ce que c'est du geobashing ?

23:35
Rachida Dati

Non, mais attendez. Mais j'ai ironisé, c'est 1,4 milliard pour rendre...

23:41
Présentateur

C'est de l'argent mal dépensé ?

23:42
Rachida Dati

Non, mais c'est pour rendre la Seine baignable. Voilà. 1,4 milliard. Donc, j'espère qu'elle sera baignable.

23:47
Locuteur non identifié

Pour les Jeux Olympiques. Une fois par siècle.

23:49
Rachida Dati

Voilà. Avec... Et les nageurs doivent prendre un traitement avant, pendant et après. Voilà. Donc, c'est pour ça que je n'ai pas ironisé. 1,4 milliard, c'est l'argent des Français. Pour ne pas dire des Parisiens.

24:00
Présentateur

Merci Rachida Dati d'avoir été au micro d'Inter ce matin. C'est toujours un grand plaisir. Merci.

Rachida Dati : "Les visions de l'extrême-droite et de l'extrême-gauche sont des visions du chaos" — Rachida Dati · Pourquijevote