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interviewC à vous· 11 juin 2025 9 min

Nogent : que sait-on du collégien qui a tué Mélanie G. ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Il faut protéger notre jeunesse de toutes les ingérences, d'une forme de banalisation de la violence qui se déploie sur les réseaux sociaux, du harcèlement, d'elle-même...

J'ai fait adopter une loi de lutte contre la délinquance des mineurs avec des mesures répressives. Je pense qu'il y a un effet dissuasif et un exemple important. Je pense que c'est le débat à avoir aujourd'hui. - A.-E.Lemoine: Comment faire en sorte que l'école reste un sanctuaire, ce qui n'est plus le cas?

On va se rendre au collège Françoise-Dolto, à Nogent, en Haute-Marne. Une cellule psychologique a été mise en place. Le choc est immense dans cette ville de 3000 habitants où certains élèves ont été témoins du coup de couteau mortel. - Il était dans la cour et il a planté le couteau à Mélanie. - J'étais à 3 m au début de l'action.

Mélanie est tombée sur mon pied. Elle était en panique. Elle disait "je vais mourir" avec du sang sur toute la partie là et la jambe gauche. - Depuis hier, je n'arrive pas à dormir.

Ca tourne dans ma tête. Ca ne veut pas sortir. - J'ai la boule au ventre.

Rien que là, d'être devant, ça fait peur. Je ne me sens pas en sécurité. - Ca t'a traumatisé, alors ça te fait peur.

Tu ne veux plus aller au collège. - Ma fille doit fréquenter ce collège dans quelques années. On se pose des questions.

Tout parent se pose des questions. - On est anxieux que nos enfants retournent dans cet établissement. - A.-E.Lemoine: On entend l'anxiété des élèves et de leurs parents.

Peut-on vraiment sécuriser les établissements scolaires? On a entendu des propositions se multiplier. On a vu que les fouilles inopinées n'empêchaient pas les drames.

Les portiques seraient une solution? - G.Attal: D'abord, j'ai été Premier ministre et je sais que dans un tel contexte, il y a une pression très forte, légitime pour demander des réponses et des actions.

Je ne veux pas faire de leçons à qui que ce soit et au gouvernement. Des pistes circulent très vite, je considère qu'elles sont de fausses bonnes idées. J'ai entendu la question des portiques qui circule.

Quand j'ai été nommé ministre de l'Education nationale, on m'avait dit que des lycées en utilisaient. Je suis allé voir comment ça fonctionnait. C'est un tourniquet avec une badgeuse pour vérifier que ceux qui rentrent dans l'établissement ont vocation à y entrer.

Ca ne scanne pas le sac. S'il y avait des détecteurs de métaux...

Un attroupement à l'heure de l'entrée en cours...

On fait tout pour limiter les attroupements pour éviter les attaques. Il n'y a pas de mesures magiques... - A.-E.Lemoine: L'Etat est démuni? - G.Attal: Des choses peuvent être faites.

Des contrôles de sacs peuvent être faits et ont été multipliés. Le vrai sujet, c'est de se demander comment des jeunes en arrivent là. C'est comme le débat sur la possibilité d'acheter un couteau sur Internet.

Je pense qu'on peut se dire qu'un jeune qui se lève le matin en se disant "je vais tuer une surveillante", le fait de savoir s'il peut acheter un couteau sur Internet, s'il en est là mentalement et psychologiquement, il trouvera un couteau pour le faire. - P.Cohen: Dans sa trousse, il y a des compas, des équerres... - G.Attal: Ou à la maison.

Quand un gamin poignarde une surveillante avec un couteau, je regarde moins le couteau que le gamin. Il faut se demander comment des gamins en arrivent là. - A.-E.Lemoine: Il y a ce rapport désinhibé à la violence.

Comment on la contre? - G.Attal: La violence est une spirale.

Ca commence par des insultes qui, quand elles sont banalisées, deviennent des coups qui, quand ils sont banalisés, deviennent des armes. C'est à la racine, très tôt, dès le plus jeune âge, qu'il faut retrouver une forme de culture qui permette de poser des vrais repères sur ce qu'est le respect de l'autorité et des autres. - A.-E.Lemoine: C'est votre idée du barème, d'accentuer les mesures répressives?

Avec un barème de sanctions pour protéger le personnel éducatif et les élèves? - G.Attal: Oui.

Le fait qu'il y ait des conséquences aux actes, des sanctions quand on ne respecte pas la règle, ça doit s'apprendre dans les familles et à l'école. Malheureusement, il y a des familles où il y a des dysfonctionnements. On assiste, les professeurs nous le disent, à des contestations de l'autorité du professeur, à de la violence entre élèves, très tôt, dès le primaire.

Quand j'ai été nommé ministre de l'Education, la 1re décision que j'ai prise était un décret pour que l'on puisse exclure et changer d'établissement un élève qui faisait peser une menace sur ses camarades ou sur l'enseignant. C'était interdit avant. Je propose qu'on aille plus loin.

J'ai fait des propositions avec mon parti Renaissance pour qu'on ait un vrai barème national de sanctions. - A.-E.Lemoine: Avec un conseil de discipline dès le primaire? - G.Attal: Aujourd'hui, il n'y en a pas.

Il faudrait un équivalent. Le conseil de discipline, c'est assez lourd. Il faut 8 adultes.

Vous n'en avez pas toujours 8 dans une école primaire. Mais il faut une solennisation de la sanction. Le barème serait utile parce que les enseignants me le disent, aujourd'hui, quand ils appliquent une sanction en direction d'un élève, souvent, elle est contestée, parfois par les parents, qui viennent remettre en cause leur autorité et leur légitimité à appliquer cette sanction.

Si vous permettez aux personnels de vie scolaire et aux enseignants de dire que la sanction est édictée au nom d'une institution qui lui demande de l'édicter parce qu'il y a un barème national, vous remportez un rapport de force qu'il y a parfois entre les familles et l'école. C'est une proposition parmi les 82 que l'on a proposées. On a fait de ces questions une priorité. - E.Tran Nguyen: Il faut comprendre comment un adolescent en vient là, vous l'avez dit.

La question qui revient beaucoup depuis hier est celle de la santé mentale, du mal-être des enfants et les adolescents, évoquée hier par F.Bayrou. - F.Bayrou: Repérer les signes qui permettent de penser qu'une personnalité est en danger et fragile, c'est la première chose à faire.

Nous allons avoir une politique de formation de tous ceux qui sont dans la communauté éducative pour que l'on fasse attention à un élève qui se renferme sur lui-même, qui ne parle plus à ses proches, qui a des attitudes...

Et là, on proposera une évaluation psychologique. - E.Tran Nguyen: Mieux évaluer la détresse écologique des élèves, c'est une proposition du Premier ministre.

Ne faut-il pas donner de meilleurs moyens à la médecine scolaire? On a un médecin scolaire pour 13 000 élèves, un psychologue pour 1500, 1 infirmier pour 1300... - G.Attal: C'est notamment ce que j'avais commencé à déployer.

Les infirmières scolaires sont essentielles sur plein de sujets. La santé mentale des élèves, bien sûr, mais la lutte contre le harcèlement, la santé plus générale des élèves...

Il y a un problème d'attractivité. Il faut que les infirmières décident d'aller dans l'Education nationale plutôt qu'ailleurs, même si on en manque partout. Il a été question d'une plus grande valorisation salariale pour rendre le métier plus attractif, 200 euros net de plus par mois.

Il faut que l'on puisse accompagner davantage les jeunes et détecter en prévention des problématiques de santé mentale. Dans les 82 propositions que l'on a faites il y a 2 semaines, il y en a une assez simple. Depuis plusieurs années en France, on a décidé que la santé buccodentaire est essentielle.

On a développé le dispositif M'T dents pour que tous les enfants puissent voir un dentiste. Faisons la même chose pour la santé mentale. 2 consultations de santé mentale pour détecter des troubles en prévention.

La jeunesse est fragile, on le sait. Beaucoup d'études ont été remises, notamment sur l'impact du covid ou l'impact de la situation internationale, des réseaux sociaux...

Il pourrait y avoir une consultation à l'entrée en 6e et une autre à la sortie du collège. Pour ça, pas besoin de loi, pas besoin du Parlement. On dit souvent qu'on ne peut plus rien faire en France... - E.Tran Nguyen: Mais il y a besoin de moyens. - G.Attal: On a déployé des moyens.

On a développé le système Mon soutien psy. Vous pouvez le chercher en ligne. On a donné la possibilité pour tout le monde d'avoir des consultations chez le psychologue prises en charge par la Sécurité sociale.

Il y a eu 2 millions de consultations