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interviewC à vous· 11 juin 2025 52 min

Surveillante tuée : que sait-on du collégien qui l’a tué ? - C à Vous l’intégrale - 11/06/2025

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

... - A.-E.Lemoine: Bonsoir.

Heureuse de vous retrouver. On est ensemble jusqu'à 21h avec toute l'équipe. Emilie? - E.Tran Nguyen: La chanteuse et comédienne N.Croisille a succombé à un cancer incurable le 4 juin.

Ironie du sort, c'était la date qu'elle avait programmée pour sa mort. Elle avait choisi de mourir, confie-t-elle dans une interview bouleversante dans "Elle". - A.-E.Lemoine: Des confidences recueillies par l'éditorialiste et grand reporter au "Monde", M.Ruggieri au magazine "Elle".

Elle sera avec nous au côté de la vice-présidente de l'Association pour le droit à mourir dans la dignité vers laquelle s'était tournée N.Croisille pour mourir en Belgique. Mohamed? - M.Bouhafsi: Hier, à l'Assemblée nationale, 5 influenceurs très décriés étaient auditionnés par une commission d'enquête.

Vous verrez des morceaux choisis impressionnants. - A.-E.Lemoine: Une commission d'enquête qui s'intéresse aux dangers et à l'influence des réseaux sociaux, notamment TikTok, sur les adolescents.

C'est au coeur du drame vécu à Nogent, en Haute-Marne, Patrick. - P.Cohen: On va d'abord parler du meurtrier, dont le portrait a été dressé il y a une heure par le procureur de la République de Chaumont. "Un bon élève" fasciné par la mort qui n'éprouve aucun regret et voulait faire mourir une surveillante, n'importe laquelle, après une réprimande qui lui avait été adressée 4 jours plus tôt.

Portrait effrayant d'un collégien de 14 ans. - A.-E.Lemoine: Un drame qui soulève des questions.

Quelles réponses apporter à ces violences? On en parle Avec notre invité, l'ancien Premier ministre et ancien ministre de l'Education nationale, G.Attal.

Lorrain? - L.Sénéchal: C'était une extraction sous tension, celle de M.Amra, un an après son évasion meurtrière.

Ca n'a rien donné, il n'a rien dit de son évasion. - P.Lescure: Si vous allez voir "Life of Chuck" sorti aujourd'hui, vous saurez tout de la vie de Chuck, inspiré par un bouquin fantastique de S.King. - A.-E.Lemoine: Après 20h, un professeur de fiction, JoeyStarr, héros de la série "Le Remplaçant", et A.Baddou, qui prépare le baccalauréat avec son podcast "Philosophes".

On reçoit également la révélation masculine des Victoires de la musique en 2024 qui sort son album aujourd'hui, Yamê. Le chef R.Regnauld est aux côtés de Bertrand. - B.Chameroy: Bonsoir.

Vous vous souvenez de notre décor du Festival de Cannes? J'ai une triste révélation à vous faire: on nous a chouré l'intégralité de notre plateau. On en reparle dans l'ABC.

D'ici là, vous aimez la lotte et le gravlax? - OUI! - B.Chameroy: Ca tombe bien, on a du... - R.Regnauld: Gravlax de lotte. - A.-E.Lemoine: A tout à l'heure.

Tout de suite, l'Edito de Patrick. On en sait plus sur le meurtre de Mélanie, surveillante d'un collège à Nogent, poignardée par un élève de 14 ans. - P.Cohen: Son meurtrier, a dit le procureur de la République de Chaumont, ne présente aucun signe évoquant un trouble mental.

Pire, il n'exprime ni regret ni émotion. - En garde à vue, l'accusé se montre détaché. Il reconnaît être l'auteur du passage à l'acte, mais il ne l'explique pas véritablement.

Il n'exprime pas de regrets ni aucune compassion pour la victime. Il fait part d'une certaine fascination pour la violence et la mort ainsi que pour les personnages les plus sombres des films ou des séries télévisées. Il est adepte de jeux vidéo violents sans pour autant être addict à ces jeux, selon ses propres termes et les déclarations de ses parents.

Il utilise peu les réseaux sociaux. D'une manière générale, ce jeune homme apparaît en perte de repères quant à la valeur de la vie humaine, à laquelle il ne semble pas attacher une importance particulière. - P.Cohen: "Perte de repères", dit le procureur.

L'adolescent a nourri le projet de faire mourir une enseignante...

Une surveillante, une pionne, n'importe laquelle, après une réprimande reçue 4 jours plus tôt, le vendredi précédent. Une autre pionne lui a reproché d'avoir embrassé sa petite amie. - A la suite de l'incident de vendredi, il déclare avoir ressassé dès le samedi 7 de faire mourir une surveillante, n'importe laquelle.

Il précise avoir, mardi matin, après le petit-déjeuner, pris le plus gros couteau qui se trouvait à son domicile pour "faire le plus de dégâts". - P.Cohen: L'arme du crime a été trouvée dans le tiroir de la cuisine de ses parents.

Un couteau de 34 cm avec une lame de 20 cm. 7 coups ont été portés à Mélanie, dont un fatal à la poitrine. On n'en a pas fini de s'interroger sur le profil et les motivations de ce collégien pas solitaire, plutôt bon élève, qui grandit dans une famille unie et insérée, sans antécédents judiciaires ni pour lui ni pour ses parents.

Seulement 2 incidents signalés en novembre et décembre derniers, les incidents scolaires, des coups de poings sur des élèves qui lui ont valu à chaque fois une journée d'exclusion, partielle pour la première et complète pour la seconde. - A.-E.Lemoine: Face à cette nouvelle attaque au couteau en milieu scolaire, après celle qui a coûté la vie à une lycéenne de Nantes, l'Etat et les politiques cherchent une solution. - P.Cohen: Sans en trouver d'évidentes.

La présidente de l'Assemblée nationale résume la situation ce matin. - Y.Braun-Pivet: Il n'y a pas de solution magique, ni les portiques, ni le traitement psy, ni l'éducation des parents.

Il faut tout combiner. - P.Cohen: Mais le débat tourne beaucoup autour de la circulation des couteaux et de l'interdiction des réseaux sociaux pour les plus jeunes.

Idée relancée hier soir par E.Macron. - E.Macron: Je porte l'interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans.

On peut le faire. Toutes ces plateformes ont la possibilité, par la reconnaissance faciale ou les identifiants, de vérifier l'âge. Tous nos jeunes sont sur Pronote.

On sait avoir un numéro d'identifiant et dire si tu as plus ou moins de 15 ans. - P.Cohen: Une vérification d'âge qui pourrait aussi être assurée non pas par la reconnaissance faciale, car il ne s'agit pas de vérifier une identité, mais par l'analyse faciale de l'internaute, une méthode qui a progressé.

L'effet de déréalisation, la confusion entre réel et virtuel, la fascination pour la violence sont-ils à ce point toxiques qu'ils ont entraîné des jeunes au passage à l'acte? Le maire LR de Cannes, D.Lisnard, en doute. - D.Lisnard: Aucun élément scientifique ne démontre cette nocivité.

Je suis par définition contre l'interdiction. - P.Cohen: D.Lisnard n'a pas tort, il n'y a pas de lien avéré, pas d'étude qui prouve un rapport direct entre l'exposition aux réseaux et la violence. - A.-E.Lemoine: Y a-t-il pour autant des explications à cet usage décuplé des couteaux chez les adolescents? - P.Cohen: Il doit y avoir des explications, je ne sais pas.

Le phénomène est loin d'être une particularité française. Le fléau est général. La Grande-Bretagne y est particulièrement confrontée.

Je voulais illustrer cet exemple. Là-bas non plus, aucune réponse unique et globale n'a été trouvée. Les chiffres sont affolants: 50 000 agressions au couteau l'an dernier en Grande-Bretagne, 140 attaques par jour, 250 morts.

L'hécatombe a conduit I.Elba à incarner une campagne de prévention l'an dernier. ... - P.Cohen: I.Elba fait campagne pour que les ventes de couteau soient restreintes.

Comme en France, les ventes de couteau en ligne vont être interdites en Grande-Bretagne dans les prochains mois, en août. Comme en France, le gouvernement a annoncé la diffusion de la série "Adolescence" dans les collèges et lycées. ... - P.Cohen: Autre exemple, hier encore, dans l'un des pays les plus sûrs d'Europe, l'Autriche, et dans l'une de ces villes les plus tranquilles, une tuerie scolaire a fait 10 morts et 9 élèves tués.

Le pays ne sait pas non plus quelle réponse apporter. - A.-E.Lemoine: Avant d'en venir aux réponses possibles, d'abord, la réaction de G.Attal face au récit du procureur de la République décrivant un adolescent de 14 ans déterminé à tuer une surveillante quelle qu'elle soit et n'exprimant aucun regret...

Vous éprouvez un vertige, comme nous tous, devant cette violence? - G.Attal: On est tous bouleversés.

Ma première pensée a été pour la communauté éducative. J'ai eu la chance d'être ministre de l'Education nationale. Il y a une chose que je retiens, c'est que le terme de "communauté éducative" a du sens.

L'Education nationale est une famille, que vous soyez surveillant, personnel de direction, CPE, psy, AESH, enseignant...

C'est une grande famille et elle a été meurtrie par la mort de cette surveillante. Tous les Français sont bouleversés et choqués qu'un jeune homme de 14 ans puisse décider de prendre une lame de 20 cm pour aller poignarder une surveillante avec la volonté de la tuer. Evidemment que ça interpelle et que ça choque.

On voit, je pense que beaucoup de Français ont ce sentiment, une forme de perte de repères, de perte de civisme et de respect de l'autorité. Je passe beaucoup de temps avec les enseignants, les professeurs des écoles, qui me disent qu'ils assistent à des comportements en CM1-CM2, qu'on voyait auparavant plutôt au collège, avec un rajeunissement de cette perte de repères et de cette contestation de l'autorité. Evidemment que ça interpelle et que ça appelle des réponses.

Je rejoins l'idée qu'il n'y a pas de réponse magique. C'est une question de choix de société. Quel choix de société on veut?

Est-ce qu'on voit les jeunes comme une menace ou avant tout comme une responsabilité? Est-ce qu'on se donne les moyens de les protéger? Je me bats depuis un certain temps pour construire une forme de bulle de protection autour de notre jeunesse.

Il faut protéger notre jeunesse de toutes les ingérences, d'une forme de banalisation de la violence qui se déploie sur les réseaux sociaux, du harcèlement, d'elle-même...

J'ai fait adopter une loi de lutte contre la délinquance des mineurs avec des mesures répressives. Je pense qu'il y a un effet dissuasif et un exemple important. Je pense que c'est le débat à avoir aujourd'hui. - A.-E.Lemoine: Comment faire en sorte que l'école reste un sanctuaire, ce qui n'est plus le cas?

On va se rendre au collège Françoise-Dolto, à Nogent, en Haute-Marne. Une cellule psychologique a été mise en place. Le choc est immense dans cette ville de 3000 habitants où certains élèves ont été témoins du coup de couteau mortel. - Il était dans la cour et il a planté le couteau à Mélanie. - J'étais à 3 m au début de l'action.

Mélanie est tombée sur mon pied. Elle était en panique. Elle disait "je vais mourir" avec du sang sur toute la partie là et la jambe gauche. - Depuis hier, je n'arrive pas à dormir.

Ca tourne dans ma tête. Ca ne veut pas sortir. - J'ai la boule au ventre.

Rien que là, d'être devant, ça fait peur. Je ne me sens pas en sécurité. - Ca t'a traumatisé, alors ça te fait peur.

Tu ne veux plus aller au collège. - Ma fille doit fréquenter ce collège dans quelques années. On se pose des questions.

Tout parent se pose des questions. - On est anxieux que nos enfants retournent dans cet établissement. - A.-E.Lemoine: On entend l'anxiété des élèves et de leurs parents.

Peut-on vraiment sécuriser les établissements scolaires? On a entendu des propositions se multiplier. On a vu que les fouilles inopinées n'empêchaient pas les drames.

Les portiques seraient une solution? - G.Attal: D'abord, j'ai été Premier ministre et je sais que dans un tel contexte, il y a une pression très forte, légitime pour demander des réponses et des actions.

Je ne veux pas faire de leçons à qui que ce soit et au gouvernement. Des pistes circulent très vite, je considère qu'elles sont de fausses bonnes idées. J'ai entendu la question des portiques qui circule.

Quand j'ai été nommé ministre de l'Education nationale, on m'avait dit que des lycées en utilisaient. Je suis allé voir comment ça fonctionnait. C'est un tourniquet avec une badgeuse pour vérifier que ceux qui rentrent dans l'établissement ont vocation à y entrer.

Ca ne scanne pas le sac. S'il y avait des détecteurs de métaux...

Un attroupement à l'heure de l'entrée en cours...

On fait tout pour limiter les attroupements pour éviter les attaques. Il n'y a pas de mesures magiques... - A.-E.Lemoine: L'Etat est démuni? - G.Attal: Des choses peuvent être faites.

Des contrôles de sacs peuvent être faits et ont été multipliés. Le vrai sujet, c'est de se demander comment des jeunes en arrivent là. C'est comme le débat sur la possibilité d'acheter un couteau sur Internet.

Je pense qu'on peut se dire qu'un jeune qui se lève le matin en se disant "je vais tuer une surveillante", le fait de savoir s'il peut acheter un couteau sur Internet, s'il en est là mentalement et psychologiquement, il trouvera un couteau pour le faire. - P.Cohen: Dans sa trousse, il y a des compas, des équerres... - G.Attal: Ou à la maison.

Quand un gamin poignarde une surveillante avec un couteau, je regarde moins le couteau que le gamin. Il faut se demander comment des gamins en arrivent là. - A.-E.Lemoine: Il y a ce rapport désinhibé à la violence.

Comment on la contre? - G.Attal: La violence est une spirale.

Ca commence par des insultes qui, quand elles sont banalisées, deviennent des coups qui, quand ils sont banalisés, deviennent des armes. C'est à la racine, très tôt, dès le plus jeune âge, qu'il faut retrouver une forme de culture qui permette de poser des vrais repères sur ce qu'est le respect de l'autorité et des autres. - A.-E.Lemoine: C'est votre idée du barème, d'accentuer les mesures répressives?

Avec un barème de sanctions pour protéger le personnel éducatif et les élèves? - G.Attal: Oui.

Le fait qu'il y ait des conséquences aux actes, des sanctions quand on ne respecte pas la règle, ça doit s'apprendre dans les familles et à l'école. Malheureusement, il y a des familles où il y a des dysfonctionnements. On assiste, les professeurs nous le disent, à des contestations de l'autorité du professeur, à de la violence entre élèves, très tôt, dès le primaire.

Quand j'ai été nommé ministre de l'Education, la 1re décision que j'ai prise était un décret pour que l'on puisse exclure et changer d'établissement un élève qui faisait peser une menace sur ses camarades ou sur l'enseignant. C'était interdit avant. Je propose qu'on aille plus loin.

J'ai fait des propositions avec mon parti Renaissance pour qu'on ait un vrai barème national de sanctions. - A.-E.Lemoine: Avec un conseil de discipline dès le primaire? - G.Attal: Aujourd'hui, il n'y en a pas.

Il faudrait un équivalent. Le conseil de discipline, c'est assez lourd. Il faut 8 adultes.

Vous n'en avez pas toujours 8 dans une école primaire. Mais il faut une solennisation de la sanction. Le barème serait utile parce que les enseignants me le disent, aujourd'hui, quand ils appliquent une sanction en direction d'un élève, souvent, elle est contestée, parfois par les parents, qui viennent remettre en cause leur autorité et leur légitimité à appliquer cette sanction.

Si vous permettez aux personnels de vie scolaire et aux enseignants de dire que la sanction est édictée au nom d'une institution qui lui demande de l'édicter parce qu'il y a un barème national, vous remportez un rapport de force qu'il y a parfois entre les familles et l'école. C'est une proposition parmi les 82 que l'on a proposées. On a fait de ces questions une priorité. - E.Tran Nguyen: Il faut comprendre comment un adolescent en vient là, vous l'avez dit.

La question qui revient beaucoup depuis hier est celle de la santé mentale, du mal-être des enfants et les adolescents, évoquée hier par F.Bayrou. - F.Bayrou: Repérer les signes qui permettent de penser qu'une personnalité est en danger et fragile, c'est la première chose à faire.

Nous allons avoir une politique de formation de tous ceux qui sont dans la communauté éducative pour que l'on fasse attention à un élève qui se renferme sur lui-même, qui ne parle plus à ses proches, qui a des attitudes...

Et là, on proposera une évaluation psychologique. - E.Tran Nguyen: Mieux évaluer la détresse écologique des élèves, c'est une proposition du Premier ministre.

Ne faut-il pas donner de meilleurs moyens à la médecine scolaire? On a un médecin scolaire pour 13 000 élèves, un psychologue pour 1500, 1 infirmier pour 1300... - G.Attal: C'est notamment ce que j'avais commencé à déployer.

Les infirmières scolaires sont essentielles sur plein de sujets. La santé mentale des élèves, bien sûr, mais la lutte contre le harcèlement, la santé plus générale des élèves...

Il y a un problème d'attractivité. Il faut que les infirmières décident d'aller dans l'Education nationale plutôt qu'ailleurs, même si on en manque partout. Il a été question d'une plus grande valorisation salariale pour rendre le métier plus attractif, 200 euros net de plus par mois.

Il faut que l'on puisse accompagner davantage les jeunes et détecter en prévention des problématiques de santé mentale. Dans les 82 propositions que l'on a faites il y a 2 semaines, il y en a une assez simple. Depuis plusieurs années en France, on a décidé que la santé buccodentaire est essentielle.

On a développé le dispositif M'T dents pour que tous les enfants puissent voir un dentiste. Faisons la même chose pour la santé mentale. 2 consultations de santé mentale pour détecter des troubles en prévention.

La jeunesse est fragile, on le sait. Beaucoup d'études ont été remises, notamment sur l'impact du covid ou l'impact de la situation internationale, des réseaux sociaux...

Il pourrait y avoir une consultation à l'entrée en 6e et une autre à la sortie du collège. Pour ça, pas besoin de loi, pas besoin du Parlement. On dit souvent qu'on ne peut plus rien faire en France... - E.Tran Nguyen: Mais il y a besoin de moyens. - G.Attal: On a déployé des moyens.

On a développé le système Mon soutien psy. Vous pouvez le chercher en ligne. On a donné la possibilité pour tout le monde d'avoir des consultations chez le psychologue prises en charge par la Sécurité sociale.

Il y a eu 2 millions de consultations depuis que le dispositif a été mis en place. On l'a élargi. Ca demande des moyens, ça a un coût, mais c'est une nécessité et une responsabilité pour que la jeunesse aille mieux et demain, le pays.

Tous les investissements que l'on a aujourd'hui pour la jeunesse, pour la protéger, parfois d'elle-même, pour lutter contre le harcèlement et pour lui redonner des repères...

On agit pour les citoyens de demain et pour la société dans son ensemble. - A.-E.Lemoine: E.Macron veut interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, notamment TikTok.

C'est le premier réseau social chez les plus jeunes. Ca fait l'objet d'une commission parlementaire qui est l'objet de la Story de Mohamed. - Je vous invite à lever la main droite et dire "je le jure". - Je le jure... - C'était la main gauche. - Paroles de M.Sardou: "J'ai envie de violer des femmes." En Thaïlande, j'ai vu des éléphants.

J'ai dit: "Un concurrent sérieux." La métaphore de la trompe... - J'ai été étonné, vous avez des chauffeurs. - M.Bouhafsi: C'est l'histoire de 2 mondes qui s'entrechoquent.

Hier, 5 stars décriées des réseaux sociaux étaient auditionnées à l'Assemblée nationale. Au coeur d'une commission d'enquête, les effets psychologiques de TikTok sur les mineurs. Avant d'entrer dans le vif du sujet, un aperçu du contenu des auditionnés. - Je vais tout vous expliquer.

Là, c'est des cartons...

Bip. - J'ai investi 5000 euros sur...

Bip. - Qui est le plus bordélique? - 5000 euros qu'on donne, ils ne sont déjà plus à nous, mais à vous. - Je suis un animal.

Je suis un putain d'animal. D'accord? AD Laurent rugit. - M.Bouhafsi: On reproche à ces personnes du contenu violent, mais pas seulement.

Certains sont considérés comme masculinistes, sexistes et misogynes. Quand un député rappelle à l'un d'eux qu'il a expliqué à ses abonnés que les femmes ne devaient pas sortir après 22h, il claque la porte. ... - On va couper le son de monsieur, si vous continuez.

Je finis mon propos. Je vous disais... *-Au revoir, monsieur.

Bonne journée. Le débriefing sera un peu plus tôt. C'était un passage court mais intéressant.

Je vais vous parler des coulisses. Il y a eu énormément de malhonnêteté. Est-ce que je risque la prison?

Je suis prêt. - M.Bouhafsi: Dans la foulée, Adrien Laurent s'est exprimé.

L'ancienne star de téléréalité devenue acteur pornographique a été bannie de TikTok il y a quelques semaines après un dénoncement d'A.Bergé. Il est accusé de livrer une vision déformée des femmes et de la sexualité et a contre-attaqué. - Adrien Laurent: Si des élèves de CM2 accèdent à cette plateforme, c'est un problème de contrôle parental.

Je refuse d'endosser une responsabilité qui ne m'appartient pas et d'être comptable d'un contrôle qui n'est pas à ma portée. Je suis opposé au monsieur qui est parti avant. Je ne suis ni sexiste, ni misogyne, ni masculiniste. - On a un compte mineur test qui peut accéder aux lives sans problème.

Quand vous dites "ça va, ma puce, il y a du monde au balcon", c'est accessible à des mineurs. - M.Bouhafsi: Il a rappelé que ses vidéos pornographiques étaient sur des plateformes réservées aux personnes majeures...

Nasdas, "le Robin des bois de Perpignan," est connu pour distribuer de l'argent dans son quartier en mettant en scène la pauvreté. Des centaines se déplacent pour se rendre où il va. Il a livré un message. - Je pense que si mon fils, à 15 ans, veut aller voir une personne influente, je ne le laisserais pas.

Il y a toujours une morale, dans mes vidéos. Je le dis et je le redis: "Arrêtez, ne venez pas." J'ai un conseil à donner à toute personne qui veut se lancer sur les réseaux: ne le faites pas. - M.Bouhafsi: La commission d'enquête divise l'Assemblée nationale.

Certains députés ne voient pas l'intérêt de mettre la lumière sur des influenceurs très décriés. - C'est un théâtre Bouglione. - Je ne suis pas sûr que ces ping-pong apportent aux débats. - Ca apporte plus de buzz que de réponses concrètes: tout cela amplifie la théâtralisation. - Il faut faire ce travail parlementaire de contrôle.

Tous ces réseaux ne peuvent pas être dans une situation d'absence totale de régulation. - Il y a une multiplication de commissions d'enquête, au moins 4 en même temps. On ne sait jamais quand elles commencent et finissent.

On a tout juste connaissance des résultats. - M.Bouhafsi: E.Macron propose d'interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans.

Peut-on vraiment le faire en France? - G.Attal: Je veux d'abord réagir à la commission d'enquête pour dire que je la trouve importante.

Elle est à l'initiative d'une députée de mon groupe qui conduit ce travail. C'est important que les influenceurs soient auditionnés. Ils n'ont pas besoin de l'Assemblée nationale pour leur donner de la visibilité.

Ils l'ont déjà par millions sur les réseaux sociaux. Sur les réseaux sociaux eux-mêmes, j'ai publié une tribune et un appel avec le professeur M.Rufo il y a quelques mois pour demander l'interdiction pour les moins de 15 ans.

Je crois profondément que les réseaux sociaux, notamment l'usage débridé des réseaux sociaux chez beaucoup de jeunes, ont un impact sur leur santé psychique, les résultats scolaires aussi. Des études commencent à le montrer. - A.-E.Lemoine: Mais ça paraît tellement inapplicable.

Comment on fait, concrètement? - G.Attal: D'abord, un travail a été engagé.

J'étais hier encore avec le responsable d'un grand réseau social. Je les reçois en ce moment et j'échange avec eux. Il y a les possibilités techniques de le faire.

Avec l'IA et une forme de reconnaissance faciale, on peut estimer l'âge et ça permettrait de vérifier si la personne a l'âge suffisant pour se connecter sur les réseaux sociaux. Il y a d'autres solutions techniques, des API qui sont développées. Techniquement, c'est possible. - P.Cohen: Et faire respecter les restrictions d'âge du réseau TikTok.

Normalement, à moins de 16 ans, on ne peut pas se servir de TikTok. C'est dans la réglementation. Elle est contournée.

En Chine, la patrie de TikTok, l'interdiction est strictement respectée pour les jeunes Chinois. - E.Tran Nguyen: Ils vont plus loin et limitent l'usage de TikTok. - G.Attal: Je propose l'interdiction jusqu'à 18 ans et un couvre-feu numérique à partir de 22h jusqu'à 8h pour les réseaux sociaux.

Une limitation à une heure par jour et qu'à partir de 30 minutes d'utilisation d'un même réseau social, les images basculent en noir et blanc, ce qui est moins attractif. Oui, c'est dur, mais c'est nécessaire. Je ne suis pas pour l'Etat nounou qui s'ingère dans les affaires des familles et la manière dont les gens élèvent leurs enfants.

Ce que me disent beaucoup de parents, c'est que c'est très dur de faire respecter l'interdiction de réseaux sociaux chez son enfant quand vous avez ses camarades à l'école qui utilisent les réseaux sociaux. Derrière, c'est un risque d'exclusion sociale. Le matin, ils se racontent tous la dernière vidéo qu'ils ont vue sur TikTok.

Vous êtes le gamin qui n'a pas le droit à TikTok et vous êtes un des seuls, évidemment que c'est compliqué. Ca fait partie des cas sur lesquels ça mérite qu'on prenne une décision générale et qu'on la fasse appliquer, parce que c'est une catastrophe éducative et sanitaire en puissance si on n'a pas de règles. - P.Lescure: Les hommes politiques devraient montrer l'exemple et quitter TikTok. - G.Attal: Je suis sur TikTok.

S'il y a une décision de bannissement prise, évidemment, je m'y plierai et je le ferai. Des décisions ont été prises ces dernières semaines. Il faut le dire quand des choses sont faites.

Vous parliez d'AD Laurent...

Il y a eu une intervention du gouvernement. Il a été exclu par TikTok de la plateforme. Pour l'instant, dans les rencontres avec Meta, X...

Je vais parler aux responsables de TikTok bientôt. Il faut les pousser à adopter des mesures. "Cherchez-vous à adopter une législation au niveau européen et national pour faire respecter l'interdiction?" Mesurer si cela est bien respecté.

Si ce n'est pas le cas, prendre des décisions plus radicales. - A.-E.Lemoine: C'est une interview, un testament bouleversant.

Il y a un mois, N.Croisille avait exprimé sa volonté de mettre fin à ses jours en Belgique. Elle avait choisi le 4 juin.

Le jour du grand départ, N.Croisille est bien partie, mais à Paris, hospitalisée en urgence après une brutale aggravation de son état. Cela n'enlève rien au messge délivré: le droit à mourir dans la dignité.

Un droit qu'elle défendait avec force il y a 18 mois, au micro de RTL. Quand la maladie prend le dessus...

On aura le droit à ce que les médecins nous aident à disparaître avant que ce soit la catastrophe. Je veux dire physique...

Supporter la douleur, c'est une chose. Je l'ai vu, je l'ai vécu avec des gens, avec ma mère. - A.-E.Lemoine: Bonsoir, M.Ruggieri, journaliste, grand reporter.

Vous avez recueilli les confidences de N.Croisille sur sa volonté de mourir. A vos côtés, docteur A.Vivien, vice-présidente de l'ADMD, l'Association pour le droit à mourir dans la dignité.

N.Croisille tenait à faire savoir son choix. Son objectif était un objectif militant, mais elle souhaitait nourrir le débat, raconter son histoire. - M.Ruggieri: Il n'y avait rien de prosélyte dans la manière dont elle s'est présentée, dans la manière dont elle a mené cet entretien.

C'était la volonté de partager une expérience, et celle d'une femme qui voulait mourir comme elle avait vécu, libre. - A.-E.Lemoine: Elle avait planifié sa mort en Belgique.

Mais elle vous l'avait dit, elle aurait préféré le faire en France. Elle ne comprenait pas pourquoi l'adoption de ce texte traînait depuis tant d'années. - M.Ruggieri: Elle ne le comprenait pas.

Elle avait une petite idée sur le sujet. Elle aurait souhaité le faire en France. Elle ne voulait pas imposer ça à un médecin.

Elle ne voulait pas dépendre des autres et voulait encore moins être un poids pour les autres. C'est pour ça qu'elle avait entamé tout ce protocole pour pouvoir aller en Belgique dans l'idée de mettre fin à ses jours. - A.-E.Lemoine: Vous l'avez rencontrée le 12 mai dans un salon de thé parisien.

On est à la veille de l'ouverture du Festival de Cannes...

Dans "Un homme et une femme", elle interprétait la chanson qui a fait d'elle une femme. Elle vous le dit: "Plus que 21 jours à tenir". - M.Ruggieri: Oui.

Je pense qu'elle souffrait énormément. Elle avait le corps déformé par la maladie. Elle m'a dit: "J'ai l'air d'être enceinte." Ca ne l'a pas empêchée de commander un chocolat chaud et un flan.

Il y avait encore une belle vitalité. Chaque jour, c'était dur. Elle était magnifique, elle avait un visage magnifique, des yeux incroyables, qu'on voyait même à travers ses lunettes fumées.

Par moment, on voyait une espèce de douleur fulgurante qui la traversait. Elle me l'a raconté, après des années de traitements inefficaces, elle était venue à bout de ce qu'elle pouvait souffrir. - A.-E.Lemoine: Elle avait vraiment tout tenté, suivi tous les traitements, mais sa double tumeur au foie résiste à tous les traitements.

La mort, c'est le dernier recours d'un combat? - Dr A.Vivien: Absolument.

Dans tous les pays où cette loi est déjà passée, c'est l'ultime recours. Il faut s'assurer que la personne qui le demande a bien pu bénéficier de toutes les autres possibilités avant d'accepter de l'aider à mourir dans le cadre d'une maladie ou d'un état dans lequel il n'y a plus d'espoir de guérison ni de soulagement pour des souffrances qui, petit à petit, deviennent intolérables pour la personne qui les subit. - A.-E.Lemoine: Vous avez senti que cette décision n'était ni soudaine ni impulsive? - M.Ruggieri: C'était une idée qu'elle avait en tête depuis très longtemps.

Elle m'a dit: "J'ai tout essayé." Elle s'est fait opérer. Elle a fait de la chimiothérapie, a demandé les molécules les plus agressives pour tenter de venir à bout de cette double tumeur.

Elle me disait, presque en rigolant: "En fait, la tumeur résiste. Elle est comme moi, têtue." Ensuite, elle a vraiment fait tous les protocoles.

Rien n'y a fait. A un moment, elle m'a dit: "Pourquoi continuer à souffrir?" - A.-E.Lemoine: Sans peur, sans appréhension... - M.Ruggieri: Aucune.

Elle m'a dit: "Je n'attends que ça." - E.Tran Nguyen: Elle a tout essayé.

Elle a aussi contacté votre association. C'est l'association qui lui a conseillé de se tourner vers la Belgique. Là, il y a tout un processus qui s'enclenche pour vérifier que cette demande est vraiment réfléchie, médicalement justifiée. - Dr A.Vivien: Tout à fait.

En Belgique, il y a des consultations de fin de vie dédiées à ces personnes qui demandent une euthanasie pour la fin de l'évolution de leur maladie. Elles sont vues plusieurs fois. Elles doivent réitérer leur demande.

C'est vraiment considéré comme un acte médical qui aboutit à un parcours de soins partagé entre le médecin, plusieurs autres soignants qui sont consultés et le malade qui décide le moment où il n'en peut plus et où il veut qu'on mette fin à ses souffrances. En général, personne n'a envie de mourir, tout le monde s'accroche à la vie. C'est ce qu'a fait aussi N.Croisille.

Elle n'est même pas partie en Belgique. Elle avait le rendez-vous pour y aller, mais elle voulait, jusqu'au bout, faire le maximum de choses. Il est bien connu que savoir qu'on aura le choix aide à vivre. - E.Tran Nguyen: Il y a une loi à l'Assemblée nationale adoptée en première lecture.

Le volet sur les soins palliatifs a été voté à l'unanimité. Est-ce que la loi discutée en France aurait pu changer des choses pour un cas comme celui de N.Croisille?

Dans tous les cas, elle aurait été contrainte de partir? - Dr A.Vivien: Je pense qu'elle n'aurait pas été contrainte de partir en Belgique.

Si vous voyez les termes de la proposition de loi votée par les députés le 27 mai, elle entrait dans ce cadre. Elle était porteuse d'une maladie grave et incurable. Elle avait été avertie, informée et avait demandé tous les traitements possibles.

Elle arrivait à une impasse thérapeutique et à des souffrances qu'elle ne pouvait plus tolérer. C'est une personne adulte, responsable, qui décidait pour elle-même. - A.-E.Lemoine: A la fin de votre entretien, vous demandez à N.Croisille à quoi elle a l'intention de consacrer ses derniers instants.

Elle dit qu'elle n'a pas pris de dispositions particulières, mais qu'elle s'est arrangée pour donner des livres aux amis croisés au fur et à mesure, en leur demandant si ça les intéressait. Elle a fait ses adieux sans vraiment les faire... - M.Ruggieri: Elle voulait que cette interview soit publiée après sa mort.

C'était la condition sine qua non. D'une part, elle ne voulait pas mettre en péril...

Elle ne voulait pas avoir à commenter tout ça. Elle ne voulait pas avoir à répondre au téléphone, aux sollicitations. Elle avait déjà la tête ailleurs.

Elle était dans une attente. - A.-E.Lemoine: C'est une rencontre qui va vous marquer, Marion.

Sur ce plateau, on a partagé les derniers instants d'un vivant, Pierre Cousein, 48 heures avant qu'il aille mettre fin à ses jours en Belgique. C'est un moment que vous décririez comment? - M.Ruggieri: J'ai retenu 2 choses.

Quand elle m'a parlé de dignité et qu'elle m'a dit: "La dignité, ça n'a pas d'âge." Elle m'a parlé de compassion, d'une gentillesse partagée. C'était quelqu'un qui défendait farouchement sa liberté, qui était assez drôle, assez cash, vivante lors de cet entretien.

Ce que j'en retiendrai, c'est peut-être l'empreinte physique, ce regard, ce corps...

Quand je lui dis au revoir, je la saisis pour l'embrasser comme du bon pain et j'ai senti ses petites épaules frêles. Ca m'a profondément touchée. - A.-E.Lemoine: Un mot, G.Attal?

La loi a été adoptée à l'unanimité à l'Assemblée nationale. - P.Cohen: Sur le volet de l'aide à mourir, c'était 60-40. - A.-E.Lemoine: Merci pour cette précision. - G.Attal: Ca a été adopté. - A.-E.Lemoine: Vous espérez qu'elle ne soit pas détricotée? - G.Attal: Ma vision de la société, c'est une société où on prend soin des autres.

Je considère que le soin, c'est permettre à l'autre de ne plus souffrir. Dans le soin, il y a le fait, quand une personne a une maladie incurable, des souffrances qui ne peuvent pas être apaisées, qu'il n'y a plus d'issue...

Il faut lui permettre...

C'est un sujet difficile. Je salue le fait que l'Assemblée nationale ait adopté ce texte. Il y avait des inquiétudes.

Le président s'y est engagé en 2022. - M.Ruggieri: Ce n'est pas fini... - G.Attal: Le projet de loi avait été présenté par mon gouvernement il y a un an.

La dissolution a fait perdre un an. Elle a pu reprendre les travaux aujourd'hui. Ca part au Sénat.

On espère que l'on pourra cheminer suffisamment rapidement pour qu'il puisse répondre à des situations qui se présentent aujourd'hui. Je reçois beaucoup de messages de Français concernés. - A.-E.Lemoine: Merci.

Ce témoignage est à retrouver dans le magazine "Elle". C'est l'heure du 5 sur 5 de L.Sénéchal.

On vient d'apprendre la disparition d'un des fondateurs des Beach Boys, Brian Wilson. - L.Sénéchal: Il allait fêter ses 83 ans.

Il nous a laissé des monuments de la musique comme "I Get Around". ...

Les Beach Boys, fondés au tout début des années 60, c'est la Californie, le surf qui, au-delà d'un sport-études, est une philosophie de vie. Brian Wilson sera percuté de plein fouet par la dépression. Il en tirera un album, son 11e, sur 29 en tout, le plus riche en arrangements...

C'est une influence immense sur l'histoire musicale et sur peut-être le groupe le plus connu, plus encore que Jésus-Christ, comme disait l'autre, les Beatles. Il avait tenté un come-back en 77. Un jeune journaliste français les avait rencontrés. - Ce qui m'a étonné, c'est que les Beach Boys ont maintenant 35 ans.

Ils ont essayé de faire d'autres chansons, ça ne marchait pas tellement. Alors ils ont essayé de refaire les chansons qui marchaient il y a 15 ans. Voilà un peu les deux extrêmes du groupe.

Le grand, Brian Wilson, fragile...

Le petit à gauche, Al Jardine, bien propre et net qui n'a guère de problèmes existentiels. - L.Sénéchal: J'imagine que vous êtes d'accord avec vous-même, P.Lescure.

Ils ont changé la musique, comme les Beatles. - P.Lescure: Oui.

Et d'abord Brian Wilson, champion de la composition, de la créativité sur le plan de l'harmonie. C'est un cas unique. Il a imprimé le reste de la musique.

Sa bataille de créativité avec McCartney et les Beatles a changé le sens de l'histoire de la musique pop et de la musique rock. On pourrait citer "God Only Knows". Cet album est un sommet. - L.Sénéchal: Il a été introduit au Hall of Fame du rock'n'roll par P.McCartney. - A.-E.Lemoine: M.Amra n'a pas répondu au juge sur son évasion. - L.Sénéchal: Deux agents tués, trois autres blessés dans cette évasion spectaculaire il y a plus d'un an.

Neuf mois de cavale ont suivi. C'est pour être entendu dans l'enquête sur cette évasion que M.Amra a été extrait de la prison ultra sécurisée de Condé-sur-Sarthe pour être conduit jusqu'au tribunal de Paris.

La première partie de ce trajet s'est faite en hélicoptère jusqu'à la base aérienne de Villacoublay. Ensuite, un cortège automobile. Il s'est retrouvé bloqué dans les bouchons avec la surveillance d'un autre hélicoptère de la gendarmerie.

Tout s'est bien terminé. M.Amra avait un casque antibruit, une cagoule pour être coupé du monde.

Il a pu être conduit au tribunal, où il a gardé le silence sur son évasion meurtrière. "Mais ces extractions sont coûteuses et dangereuses", disait hier B.Retailleau, qui se félicite que la loi narcotrafic généralise la vision que G.Darmanin avait défendu.

La loi narcotrafic généralise les visios et doit être validée par le Conseil constitutionnel. Vous êtes plutôt d'accord avec le garde des Sceaux et le ministre de l'Intérieur? - G.Attal: Sur ce point, je considère que développer la visio...

Les magistrats peuvent aussi se déplacer. Je pense que ça demande moins de moyens que des magistrats se déplacent plutôt que de déplacer un prisonnier comme M.Amra. - P.Cohen: C'est l'évidence.

Je comprends que les magistrats soient attachés à leurs habitudes, au cadre solennel et formel qui est celui du bureau du juge d'instruction. Là, en l'occurrence...

Ce déplacement en hélicoptère, avec tous les moyens de l'Etat et les risques pris...

Ca ne me paraît pas très raisonnable. - A.-E.Lemoine: Un an après la dissolution, celle-ci reste difficile à digérer pour une partie de la Macronie. - L.Sénéchal: E.Macron ne s'interdit pas une nouvelle dissolution, mais il préfère l'éviter.

Il continue à assumer sa décision du 9 juin 2024. - E.Macron: Evidemment que j'assume la décision que j'ai prise.

Je l'ai prise il y a un an. Est-ce que je pense qu'elle a été comprise? Est-ce que je pense qu'elle a permis de clarifier les choses?

Non. Ce sont les Français qui ont voté, ce n'est pas le président de la République. Les Français ont fait un choix en conscience, c'est le leur.

C'est ça, la démocratie. - L.Sénéchal: Elle n'a donc pas été comprise par les Français, reconnaît E.Macron, et pas non plus par des dizaines d'élus de son camp et du vôtre.

P.Vignal, ex député de l'Hérault, battu après la dissolution, ne digère toujours pas cette décision. - C'est une décision immature.

La politique se fait avec la tête et pas avec les tripes et l'émotion. Je pense que le président ne s'est pas rendu compte que ce clash, cette déflagration, allait impacter des vies. Un député sortant aujourd'hui, ça n'intéresse pas les gens.

S'il y a une dissolution, est-ce qu'une boîte vous embauche, sachant que vous allez peut-être retourner faire de la politique...

Je ne sais pas Si le terme "dépression" est bien employé, mais je me suis dit: "Qu'est-ce que j'ai fait?" - L.Sénéchal: Il a dû se réinventer.

Il est aujourd'hui sur les bancs de Sciences Po Paris. Comme le racontait franceinfo hier, G.Attal, vous avez reçu environ 80 des perdants de cette dissolution, dont P.Vignal fait partie.

Apparemment, vous leur avez redonné le sourire. - En rentrant, on faisait un peu la gueule. En sortant, tout le monde était heureux.

Ou le vin était très bon ou il nous a convaincus. Le président a oublié les corps intermédiaires. G.Attal a compris que la Macronie n'était pas uniquement des gens sur Internet.

La Macronie, je vois des gens qui viennent afficher avec moi. G.Attal, la dissolution, le fait qu'il ne soit plus Premier ministre, ça lui a fait un coup.

J'en suis ravi. J'avais un très grand club de judo européen...

Le jeune qui perdait des combats est devenu champion d'Europe et du monde. - L.Sénéchal: Champion du monde, c'est l'Elysée... - G.Attal: C'était important pour moi de réunir nos députés battus ou qui ont dû se désister... - L.Sénéchal: Le but, c'est quoi?

Vous faire une garde rapprochée? - G.Attal: Sous prétexte qu'ils ne sont plus députés, on devrait les oublier alors qu'ils ont été élus pour notre parti, qu'ils ont oeuvré pour le pays?

Pour un certain nombre, ils restent engagés sur le territoire. Une centaine étaient là. Je les ai remerciés.

Ils sont allés au combat il y a un an. C'était la campagne la plus difficile pour un parti au pouvoir depuis très longtemps. - A.-E.Lemoine: De la chair à canon... - G.Attal: C'était difficile...

Ils ont été le visage du courage dans un contexte difficile. Leur dire que j'ai encore besoin d'eux. Avec le parti Renaissance, on est en train de profondément créer une nouvelle force politique, en réalité.

On a déployé des réunions partout sur le territoire pour regarder ce qu'on est devenus, ce qu'on a envie de devenir. On a relancé le travail sur les idées. Les partis politiques ne proposent plus d'idées. - L.Sénéchal: Tout le monde dit ça, tous partis politiques confondus. - G.Attal: Nous, on fait des propositions. 82 propositions.

C'est accessible sur notre site. On en fera la prochaine semaine sur le travail, l'écologie...

On va continuer. On a relancé une dynamique sur le terrain. On a des adhésions qui repartent à la hausse.

On a fait une réunion le 6 avril à Saint-Denis à la Cité du cinéma. 9000 personnes sont venues. On a vocation à continuer à agir sur un espace politique sur lequel il y a assez peu de concurrence.

On est pro-européens, libéraux en matière économique, fermes sur les questions régaliennes et progressistes sur les questions sociétales. Je ne connais pas beaucoup de partis politiques qui ont ce projet. En général, ceux qui se dispersent sur les questions de sécurité ne sont pas très progressistes sur la société. - P.Cohen: C'est pour Retailleau... - G.Attal: Ceux qui se disent ambitieux sur l'écologie ne sont pas très fermes sur le régalien.

On a vocation à agir sur l'ensemble de ces sujets. On est assez singuliers. - A.-E.Lemoine: Quelques secondes pour évoquer C.Castaner, qui faisait partie de vos convives.

Il est critiqué pour sa nouvelle vie. - L.Sénéchal: Il dirige le port de Marseille et est lobbyiste au sein de Shein.

Echange hier soir avec E.Macron. - Il travaille pour Shein.

Il est conseiller stratégique de la marque chinoise... - E.Macron: C'est un peu nul, ce que vous faites. - Il a été ministre de l'Intérieur. - E.Macron: Il y a X années.

C'est sa vie, ce n'est pas la mienne. Ce n'est pas parce qu'il est de Shein que ça changera quelque chose. - Vous dites qu'il faut lutter contre Shein et la fast fashion.

Vos anciens fidèles travaillent pour eux. - A.-E.Lemoine: Vous comprenez que ça suscite des critiques? - G.Attal: Quand vous êtes engagé en politique, vous agissez pour le bien public. - L.Sénéchal: C'est ce qu'il fait? - G.Attal: Quand vous n'êtes plus engagé en politique, vous faites des choix professionnels.

Ce n'est pas à moi de juger, de dire ce qu'une personnalité,