Aller au contenu
Tous les transcripts
Discours / meetingMathilde Panot· 5 novembre 2018 5 minAutoproduitActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesEnvironnement & énergieTransportsSolidarités & famille

«CARBURANTS: PLUTÔT QUE NOUS FAIRE LES POCHES, FAITES PAYER CEUX QUI DOIVENT» - Mathilde Panot

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 80 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:00Invité politiqueChiffre
    « Monsieur Bruno Le Maire fait partie des Français les mieux payés du pays, avec plus de 9 440 euros bruts mensuel. »
  • 0:00Invité politiqueChiffre
    « La moitié de nos concitoyens ont gagné, selon les dernières statistiques de l’INSEE, 1772 euros net par mois. »
  • 0:42Invité politiqueChiffre
    « Au 1er janvier 2019, les Français verront le diesel augmenter de 6,5 centimes et l’essence de 2,9 centimes. »
  • 0:42Invité politiqueChiffre
    « En l'espace d'un an, les tarifs des carburants ont flambé : 10 à 12 euros en plus pour un plein de 50 litres. »
  • 1:25Invité politiqueFait
    « La hausse du prix du carburant est due pour 60% aux taxes française, pas au marché mondial comme le voudrait votre enfumage. »
  • 2:05Invité politiqueChiffre
    « En 2019, seuls 19% des recettes de la TICPE sera consacrée à la transition énergétique, contre 21 % en 2018. »
  • 2:05Invité politiqueChiffre
    « Avec 37,7 milliards de recettes attendues, vos entendez augmenter les crédits du ministère de l'écologie de seulement 0,22%. »
  • 2:47Invité politiqueChiffre
    « La hausse du carburant en 2019, c’est presque 4 milliards sur le dos des Français, exactement ce que l’on aurait pu récupérer si l’on avait supprimé les niches fiscales de vos amis les riches industriels. »
  • 2:47Invité politiqueChiffre
    « 3 milliards de cadeaux fiscaux offerts au kérosène aérien et 1,1 milliards au transport routier. »
  • 3:27Invité politiqueFait
    « L’ouverture du fret à la concurrence en 2006 : les tonnes transportées par kilomètre ont été divisées par deux en quatre ans ! »
  • 3:27Invité politiqueFait
    « L’année dernière, les émissions de GES ont progressé de 3%, alors qu’elles devaient baisser de 5% pour suivre l’accord de Paris. »
  • 4:10Invité politiqueFait
    « Une première liste partielle des réparations envisagées a été rendue publique fin septembre : elle ne concerne que 164 ouvrages. »
  • 4:10Invité politiqueChiffre
    « Un rapport de 2016 note une hausse de 25 % des bénéfices des entreprises autoroutières, et des dividendes pour les actionnaires en hausse de 41%. »

Temps de parole

  • Mathilde Panot100 %

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Mathilde Panot

Merci monsieur le Président, Madame le ministre, cher collègues, Ce matin, Bruno Le Maire nous a appris une grande nouvelle, à la hauteur du débat : il paie aussi son plein. Veut-il une médaille pour cet exploit ? Monsieur Bruno Le Maire fait partie des Français les mieux payés du pays, avec plus de 9 440 euros bruts mensuel. Je le rappelle : la moitié de nos concitoyens ont gagné, selon les dernières statistiques de l’INSEE, 1772 euros net par mois. Eux ne profitent pas, comme sa collègue Muriel Pénicaud, de la fin de l’impôt sur la fortune. La communication de ce matin était une honte. La colère de nos compatriotes s’explique par un deux poids deux mesures.

Il y a l’écologie punitive pour les pauvres et la liberté de détruire et de polluer pour les riches. Votre budget en est d’ailleurs la preuve flagrante. Au 1er janvier 2019, les Français verront le diesel augmenter de 6,5 centimes et l’essence de 2,9 centimes. Cela va peser sur le pouvoir d’achat des ménages en situation de précarité énergétique, isolés ou habitant des zones mal desservies par les transports en commun. En l'espace d'un an, les tarifs des carburants ont flambé : 10 à 12 euros en plus pour un plein de 50 litres. Vous savez très bien que la hausse du prix du carburant est due pour 60% aux taxes française, pas au marché mondial comme le voudrait votre enfumage.

Qu’on nous comprenne bien : pour nous, le problème n’est pas la fiscalité écologique. Le problème est que vous inscrivez dans votre méthode habituelle : ce sont toujours les mêmes qui paient. De la même façon que vous n’allez pas chercher les 80 milliards de fraude fiscale, vous laissez tranquilles Total, le kérosène et les banques qui investissent dans les énergies fossiles ! Vous culpabilisez les gens pour protéger vos amis ! Arrêtez donc de faire croire que c’est pour l’écologie que vous entamez une nouvelle fois le pouvoir d’achat de nos concitoyens. Quand vous le dites, vous mentez.

En 2019, seuls 19% des recettes de la TICPE sera consacrée à la transition énergétique, contre 21 % en 2018. Avec 37,7 milliards de recettes attendues, vos entendez augmenter les crédits du ministère de l'écologie de seulement 0,22%. Vous vous glorifiez d'une hausse globale de 1 milliard d'euros en faveur de la transition écologique. Quand on connaît le montant total des recettes, cela est insignifiant et surtout insuffisant.

Sans parler du démantèlement des opérateurs publics de l’Etat nécessaires à la transition écologique : Emmanuel Macron déclarait récemment qu’il « préfère la taxation du carburant à celle du travail », comme si ce n’était pas taxer le travail que taxer le carburant dont beaucoup de Français ont besoin pour se rendre sur leur lieu de travail. Il y a souvent plus qu’une rue à traverser pour y aller, quoi qu’il en pense depuis l’Elysée. Une idée pour M. Macron : il faut taxer le capital. La hausse du carburant en 2019, c’est presque 4 milliards sur le dos des Français, exactement ce que l’on aurait pu récupérer si l’on avait supprimé les niches fiscales de vos amis les riches industriels.

Rappelons les chiffres : 3 milliards de cadeaux fiscaux offerts au kérosène aérien et 1,1 milliards au transport routier. Vous n’êtes que des tartuffes de l’écologie. Quand il s’agit de toucher ceux qui polluent, il n’y a plus personne ! En même temps, vous ouvrez à la concurrence tous les secteurs clés que nous revendiquons comme biens communs, nécessaires à la transition écologique, notamment dans le domaine du transport : je pense bien évidemment à la SNCF. L’ouverture à la concurrence a toujours été catastrophique dans ce secteur. Rappelez-vous l’ouverture du fret à la concurrence en 2006 : les tonnes transportées par kilomètre ont été divisées par deux en quatre ans !

L’année dernière, les émissions de GES ont progressé de 3%, alors qu’elles devaient baisser de 5% pour suivre l’accord de Paris. Voici le résultat concret de vos manuels d’économie archaïques, désarticulés du plus grand enjeu de notre époque : l’enjeu écologique. Mais l’incohérence de votre politique en matière de transport ne s’arrête pas là. Parlons maintenant des ouvrages d’arts que vous laisserez en piteux état, alors que les sociétés d’autoroutes se gavent. On sait déjà que sur les 12 000 ponts non-concédés que compte le réseau, 4000 nécessitent des réparations.

Une première liste partielle des réparations envisagées a été rendue publique fin septembre : elle ne concerne que 164 ouvrages. Où est l’État ? Où sont les concessionnaires ? Quand il s’agissait de financer en partenariat public privé des grands chantiers inutiles comme le grand contournement autoroutier de Strasbourg, il y avait du monde, pourtant. Un rapport de 2016 note une hausse de 25 % des bénéfices des entreprises autoroutières, et des dividendes pour les actionnaires en hausse de 41%. Par contre, quand il s’agit d’entretenir nos routes, les sociétés privées en charge des autoroutes sont bien avares.

En outre, les seuls fonds adressés au rail sont réservés aux lignes à grande vitesse, alors que vous fermez simultanément les petites gares. Vous sacrifiez la population des campagnes au nom de l’attractivité des grandes villes, avant de taxer leur essence pour les punir d’habiter là où vous les avez privé de transport en commun. Mais la concurrence n’est pas tout : vous privatisez aussi le patrimoine ferroviaire. La Gare du Nord à Paris et une partie de ses bénéfices sont confiés au groupe Auchan ! Faut-il être une famille de fraudeurs fiscaux patentés dans ce pays pour recevoir quoique ce soit de l’État ?

Faites payer ceux qui doivent payer plutôt que d’aller faire les poches à nos concitoyens !