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Podcast / conversationClémentine Autain· 8 décembre 2023 15 minComplaisantActualité / polémiqueInstitutions & électionsEnvironnement & énergieÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

Des clics et des clashs : l'overdose

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 4:53Invité politiqueFait
    « le réchauffement à 3 degrés d'ici la fin du siècle c'est pas un délire c'est de plus en plus réaliste malheureusement »
  • 5:35Invité politiqueFait
    « c'est comme si on demandait à l'industrie du tabac de faire une grande conférence pour lutter contre le cancer »
  • 7:39Invité politiqueFait
    « les actes perpétrés par le Hamas sont terroristes »
  • 8:21Invité politiquePromesse
    « il faut un cesser le feu immédiat et il faut l'arrêt de la colonisation la reconnaissance des droit des Palestiniens »

Temps de parole

  • Clémentine Autain100 %

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

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Clémentine Autain

bonjour à toutes et tous pour ce 25e point d'actualité et aujourd'hui ce dont je veux vous parler c'est de cette overdose maximale en tout cas pour moi c'est maximal de ce débat médiatico-politique qui finit par tourner à vide et qui est polarisé par euh les clics et les clashes et le dernier en date c'est Gérard Larcher 3e personnage de l'État qui a carrément insulté Jean-Luc Mélenchon donc c'est-à-dire l'un des principaux leaders de l'opposition avec ce ces mots d'une très grande élégance ferme ta gueule ce qui est inoui de demander à encore une fois un membre de l'opposition de se taire et je pense que là on touche vraiment le fond en tout cas je me dis souvent qu'on touche le fond et en fait c'est pas vrai c'est un puissant fond n'arrête pas de descendre de descendre de descendre et et de voir que par exemple cette polémique qui est née de ce ces mots de Gérard Larcher c'est hier en top tweet et ensuite c'est 40 articles qui sont consacrés à ça ce qui est insupportable parce que ensuite moi je reçois des tonnes de messages de journalistes qui demandent à commenter le dernier clash qui vient d'être en top tweet sur Twitter et cetera d'ailleurs les journalistes font de plus en plus leur miel choisissent de plus en plus leurs angles à partir de Twitter de ce qui se passe sur Twitter et ça fait partie du problème politique et médiatique devant lequel nous sommes alors c'est vrai que on le voit même dans dans dans les les moi les débats dans lesquels je vais à la télévision souvent on on est on est enfermé sur des questions qui sont pas les questions que moi en tout cas j'ai envie euh sur lesquelles moi j'ai envie d'être interrogé mais plutôt des questions qui sont liées à ces buzz à ces clashes à ce débat qui tourne en boucle sur des des questions qui sont pas au cœur des préoccupations des Français et il y a des moments où je boue même si on me dit que je suis calme en fait il y des moments où je n'en peux plus absolument plus je reste calme parce que je pense que l'agressivité ne permet pas ou de s'énerver et cetera je suis pas sûr que on arrive à atteindre le PU public en faisant comme ça et ça monte ça monte ça monte en régime c'est une attitude en tout cas à laquelle je tiens et qui peut-être discutable et d'ailleurs sur le le piquet de grève de transdè il y a il y a 2 jours à Villepinte un homme me disait encore ah bravo vous arrivez à nous défendre en restant calme face à eux mais tout tout est dans le face à eux c'est-à-dire que il y a l'idée que on nous empêche de parler et que on nous enferme dans des caricatures et le débat est polarisé avec les termes de l'extrême droite et enfermé encore une soit dans ces extrêmes ces extrêmes où on entend plus rien c'est du bruit et on perd le fil alors tout ça vient vient de loin c'est une situation qui en réalité vient de loin parce qu'elle est elle est le fruit d'un espèce de combo de différentes différentes choses euh d'abord il y a ce que je vous disais tout à l'heure sur sur Twitter ensuite il y a la concentration des médias concentration des médias qui nuit au pluralisme c'est évident aussi la place des influenceurs qui euh ne permett pas l'un plus l'autre de garantir à la fois le pluralisme de l'information mais aussi sa qualité sa qualité elle est liée au fait que les médias ont de moins en moins d'argent pour faire leur travail avec des journalistes qui eux-mêmes n'ont plus le temps de réfléchir le temps de parfois aller dans une conférence de presse à un événement sans faire immédiatement un papier du rendement eux-mêmes sont soumis au clic il faut mettre des mots clés il faut aller vers la polémique parce que c'est comme ça que les gens cliquent et cetera on a aussi la accélération de nos vies ça cette accélération qui a notamment été très très bien explicité par un grand intellectuel qui s'appelle artmund Rosa que je recommande si vous aimez si vous aimez lire et lui il nous embarque dans une espèce enfin il nous explique comment on est embarqué dans une espèce de course où on veut aller au plus vite et au plus court voilà donc on comme ça rapidement et enfin la 5e République parce que c'est parce qu'il y a cette 5e République qu'on a une vie politique qui est très rabougri et une source de petits chevaux pour la présidentielle qui elle-même donne un prisme dans le regard que on peut avoir sur la la vie politique et donc tout ça c'est totalement indigeste ça crée ce combo indigeste et les grands perdants bah les grands perdants ce sont les citoyennes et les citoyens parce que c'est le débat démocratique lui-même qui est empêché et qui est rendu très difficile et les réponses pour faire face au défis contemporains bah on a l'impression que ça s'évanouit que c'est perdu dans les limbes et on sait plus on sait plus au fond où sont les grands choix exemple je va prendre quelques exemples mais euh premier exemple qui me vient en tête c'est par exemple la COP 28 COP 28 c'est quand même un événement qui devrait euh être au cœur du débat public ça a disparu totalement des radars ce qui se passe est pourtant énorme cette COP 28 elle intervient dans un moment où on voit que euh le réchauffement à 3 degrés d'ici la fin du siècle c'est pas un délire c'est de plus en plus réaliste malheureusement parce que euh les les États ne euh sont pas capable de changer leur modèle de développement et ne sont même pas capables de répondre à leurs propres engagements c'est-à-dire de faire de de il signent des engagements et ils font autre chose donc là on a des multinationales qui continuent très tranquillement très tranquillement à projeter des ouvertures d'infrastructure d'hydrocarbur avec la bénédiction de la majorité des États et ça c'est ce qui nous conduit terriblement dans le mur cette panne internationale l'échelle internationale pour résorber cette réchauffement climatique alors qu'on connaît les solutions alors qu'on sait très bien quelles pourrai être les voies à emprunter mais on a un monde qui tourne autour de la logique du profit et qui qui n'y arrive pas mais cette COP 28 elle se déroule aux Émirats arabes unis ce qui est assez délirant c'est comme si on demandait à l'industrie du tabac de faire une grande conférence pour lutter contre le cancer c'est à peu près le même niveau de délire et c'est une COP dans laquelle on n jamais vu autant autant de lobby euh des lobbyes des énergies fossiles et aussi peu de représentant des ONG donc c'est très particulier quand même cette COP 28 et quand on cherche quand vous faites juste Google vous tapez COP 28 et vous faites Google vous tapez Gérard Larcher vous allez voir l'écart d'audience et c'est là où on se dit que on a perdu totalement pied ça c'est sur les grands enjeux mais je dirais qu'il y a aussi un autre problème c'est les angles de vue euh les angles de vue ils sont eux aussi totalement biaisés par cette forme de trumpisation du débat public et là je pense au débat sur le conflit israelo paltinien parce que ce qui est frappant c'est de voir le deux poids de mesure dans lequel est embarqué la France à la fois le président de la République la la politique de la France mais aussi le débat politique et publi sur sur cet enjeu majeur sur le plan international les horreurs qui sont commises aujourd'hui à Gaza et qui sont très renseignés très informés on a l'impression que l'empathie manque chez beaucoup de leaders politiques etitorialistes qui pourtant nous ont fait beaucoup de leçons sur le manque d'empathie aurait eu la la France insoumise à l'égard de des crimes du Hamas le 7 octobre et ce manquement le 7 octobre moi vous savez je pense que on aurait dû être plus empathique et euh dire ce mot de terrorisme parce que les actes perpétrés par le Hamas sont terroristes et le dire immédiatement certes mais on voit bien maintenant la pelote que voulait dérouler celles et ceux qui intimé l'ordre à la France insoumise de dire le mot terroriste c'estd que cette pelote c'est le choc des civilisations et c'est là où où le débat est absolument biaisé parce que au nom du choc des civilisations on a une lecture des événements qui légitime la réplique d'Israël puisque c'est le monde barbare contre l'Occident et Israël défend les intérêts de l'Occident contre la barbarie avec le Hamas qui est qualifié comme si c'était daesh au fond or les choses sont évidemment plus complexes et le Hamas ne peut pas être confondu avec daesh et il n'y a pas de solution pacificatrice sans respect du droit international or aujourd'hui Israël est dans la violation totale du droit international massacre les Gazaouis et un sondage vient de donner à voir que en France la majorité des Français finalement soutient Israël dans son droit à se défendre vis-à-vis du Hamas et des Palestiniens et ça c'est une lecture c'est une lecture qui nous emmène absolument dans le mur parce que il faut un cesser le feu immédiat et il faut l'arrêt de la colonisation la reconnaissance des droit des Palestiniens parce que c'est la condition sinequanon pour que cette région s'apèse les Israéliens sont un peuple ils doivent avoir un état les Palestiniens sont un peuple ils doivent avoir un état or là le débat public il est complètement euh dans une forme d'occultation de cette réalité coloniale dans laquelle s'inscrit bien le conflit israelllo-palestinien et même la séquence même si le Hamas a changé de stratégie même si ce sont en effet des actes de nature terroriste qui ont été perpétrés par le Hamas ça c'est l'évidence même s'il y a il y a un fondamentalisme islamiste du côté du Hamas et pas seulement du côté du Hamas la revendication des droits des Palestiniens avoir un état même si on regarde tout cela avec lucidité on ne peut pas soustraire cette histoire enfin soustraire ce qui se passe à cette histoire au long cours de 75 ans de colonisation or c'est la manipulation aujourd'hui qui est faite dans les médias et que je trouve euh une insulte à la pensée en réalité et une insulte aussi dangereuse parce que elle ne permet pas de voir les solutions pacificatri et puis alors dernier sujet pour j'en prends juste trois c'est la question majeure pour les Français de la hausse des prix tout le monde peut aller faire un tour sur le marché tous les militants tous les élus sur les marchés de de toute la France moi je vois à ce Vran je pose le pied et la question dont on parle prioritairement c'est la question de la hausse des prix et et du fait que les gens n'arrivent pas à remplir leur frigo sautent des repas c'est c'est c'est ça le cœur de la discussion en tout cas des des des Français des préoccupations aujourd'hui c'est c'est fondamental ça va avec aussi des des questionnements sur les services publics qui sont très importants dans la tête des Français l'état des hôpitaux les transports beaucoup de sujets autour des services publics ça c'est c'est le cœur du cœur je dirais des préoccupations de la majorité des français on le voit dans toutes les enquêtes d'opinion et ben ça c'est en bas de la pile des sujets de la conversation publique totalement en bas de la pile et un exemple tout à fait frappant la niche parlementaire de la France insoumise la semaine dernière où nous avions plusieurs textes soumis puisqu'on fait l'ordre du jour hein de l'Assemblée nationale le jour de notre niche et on avait notamment un texte défendu par Manuel Bompard sur la les marches dans la grande distribution donc vraiment un sujet pilepoil sur les enjeux de l'inflation de la hausse des prix et qu'est-ce qui s'est passé il s'est passé que on a eu d'autres victoires on a eu deux victoires une victoire sur euh le une enquête sur les outresmers et euh une victoire sur euh la dématérialisation dans les services publics pour le fait qu'il y ait plus d'humain donc ça c'était bien deux belles victoires et puis un beau débat sur l'inflation puisque les macronistes n' nont pas voulu et et c'est tout à fait symptomatique hein de de de leur logique économique mais bref tout ça a été très intéressant belle niche calme efficace sur le fond or le soir alors qu'on devait en fin de journée alors qu'on devait avoir un vote il y avait la commission des lois qui se réunissait et Hugo bernalicis notre collègue a voulu que le débat en commission s'arrête pour pouvoir aller voter dans l'hémicycle donc ça a donné lieu à un clash c'est comme ça qu'on appelle ça c'est-à-dire qu'ugo bernalicis s'est énervé et le lendemain matin de quoi on a parlé et du clash dans la Commission et certainement pas de tout ce que nous avions fait dans la journée et notamment euh de ces enjeux sur l'inflation donc c'est très très énervant parce que euh pour se faire entendre on a l'impression qu'il faut faire le clash mais que le clash il finit par faire perdre le fil du contenu que l'on veut défendre donc c'est infernale c'est une situation qui est tout à fait infernale c'est une spirale et cette spirale je trouve qu'elle est en train d'avaler absolument tout cru l'intelligence collective et euh et la démocratie c'est ça qui est en train de de se passer on vit dans une société qui est en train de dévorer les attentions les désirs les idées et il faut qu'on trouve le le le moyen de déjouer ce piège dans lequel on est parce que c'est un un mouvement qui est favorable à la trumpisation en fait du débat politique parce qu'à partir du moment où tout vaut tout où euh le fond est totalement détourné que euh la la rationalité on perd le fil de la rationalité pour aller vers des fake news qui sont abondamment relayé aussi une ambiance qui est très viriliste une démagogie qui est qui est qui est très forte et que tout le monde s'obsède à faire un maximum de clics avant de réfléchir à savoir si ce qu'on a dit est juste mais qu'on va aller dans l'outrance parce que c'est l'outrance qui fait le nombre de clics et donc l'audience et et et voilà et il y a un fil qui qui s'emballe et je pense que ce fil malheureusement il il est contraire à l'élévation de l'intelligence collective à la rationalité qui sont les fondements quand même de de ce sur quoi peut prendre un discours de gauche me semble-t-il et ça c'est la difficulté dans laquelle dans laquelle on est je crois qu'on a quand même des point d'appui parce que de plus en plus de gens sont dans une fatigue informationnelle comme on dit on on absolument ralbol de tout ça se mettre à distance de ce de ce toubohu infernal de cette tempête permanente donc je crois qu'il y a une prise de conscience que ça tout ça nous éloigne des enjeux j'ai l'impression qu'il y a une envie de format plus long plus calme qui est en train de poindre mais c'est une question est-ce qu'on on tourne le dos oui ou non à l'air du clash tel que décrit par l'intellectuel écrivain Christian Salmon passionnant livre sur l'air du clash il a très bien décrit ce ce ce phénomène et est-ce qu'on est-ce qu'on en sort ou est-ce que au fond on est toujours dedans et il faut nous-même rentrer partici parciper de cette are du clash moi ma conviction c'est que on n pas intérêt à participer de de ce climat parce que infin il profite à ceux qui sont du côté de la démagogie à ceux qui sont côté du côté aussi de l'obsession identitaire à ceux qui sont du côté de de de de la fin de la rationalité voilà je pense que tout ça est plutôt favorable à des trajectoire trumpiste absolument trumpiste donc il faut qu'on trouve une autre manière de le faire avec ce point d'appui qui est un point d'appui encore une fois sur cette fatigue informationnelle et sur ce ralebol du clash et des gens qui cherche à à la voix pour euh s'élever comprendre les enjeux apprendre et et et je suis convaincu que à gauche nous avons là quelque chose de précieux qu'on doit pouvoir faire grandir mais ça suppose de prendre un peu ses distance avec avec ce euh cet état du débat de de ne pas participer et de et de comprendre qu'il y a un dégoût et que pour répondre à ce dégoût on a besoin de sortir des logiques qui sont des logiques de clash permanent et d'avancer vers une aspiration et et nous de correspondre davantage à cette aspiration à sortir de ce climat qui est à la fois violent viriliste réducteur et très anxiogène donc bref un peu de calme