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InterviewC à vous (sur YouTube)· 9 octobre 2024 52 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesEnvironnement & énergieJustice

Cazeneuve à Matignon : occasion manquée pour la gauche ? - C à vous : l’intégral - 09/10/2024

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 45 %Attaque 30 %Défensif 25 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 10:00OuverteRéponse directe

    Dans la situation politique actuelle toujours conflictuelle et chaotique, B.Cazeneuve pourrait-il être un recours?

  • 15:00OuverteRéponse directe

    Vous avez aussi parlé de B.Cazeneuve comme un possible recours.

  • 20:00RelanceRéponse directe

    Est-ce qu'E.Macron envisageait sérieusement l'hypothèse d'un gouvernement de centre gauche avec vous à sa tête, ou est-ce que c'est le PS, en annonçant qu'ils vous censuraient a priori, qui a empêché cette nomination?

  • 25:00OuverteRéponse directe

    Il faut que le PS change de premier secrétaire comme le souhaite F.Hollande? Est-ce que ce PS profondément remanié pourrait vous voir revenir dans ses rangs?

  • 30:00OuverteRéponse directe

    Sous quelle bannière... Vous dites social-démocratie ou gauche de gouvernement?

  • 40:00RelanceRéponse partielle

    Juste un mot sur le budget. On est dans la discussion budgétaire. Est-ce que le dosage qui consiste à produire des impôts pour les entreprises, les grandes entreprises et les ménages les plus aisés, et des mesures d'économies... Est-ce que ce dosage vous paraît convenir et répondre de façon adéquate à la situation actuelle?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 20:00B.CazeneuvePromesse
    « s'il fallait se résoudre à exercer cette responsabilité, je le ferais avec la plus grande abnégation pour des raisons qui tenaient au contexte particulièrement difficile dans lequel le pays se trouvait. »
  • 25:00B.CazeneuveFait
    « La question est celle de la ligne. Il faut que le PS change de ligne. »
  • 30:00B.CazeneuveFait
    « Cette ligne qui a fracturé ma famille politique, à laquelle je reste très attaché, doit être abandonnée, pour retrouver une ligne de rassemblement qui permette de reconstituer une force politique. »
  • 40:00B.CazeneuveFait
    « Il serait intellectuellement et politiquement malhonnête que d'aller reprocher au Premier ministre d'avoir une copie budgétaire imparfaite au regard de ce qu'elle aurait été s'il avait disposé du temps habituel pour la faire. »
  • 50:00B.CazeneuveFait
    « Le gouvernement est dirigé par un homme pour lequel j'ai de la considération mais qui est issu de la seule formation qui n'a pas participé au front républicain. »
  • 1:05:00B.CazeneuveChiffre
    « Je n'ai pas le sentiment que nous vendions beaucoup d'armes à Israël. »
  • 1:10:00B.CazeneuvePromesse
    « C'est un objectif essentiel. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

... - A.-E.Lemoine: Bonjour.

Bonsoir à tous les 5. Emilie? - E.Tran Nguyen: La France fait face à de nouvelles inondations avec la tempête Kirk, mais ce n'est rien comparé à ce que vit la Floride avec l'ouragan Milton, la pire tempête du siècle. - A.-E.Lemoine: On en parle avec le spécialiste de l'anticipation des catastrophes naturelles, G.Musquet. - M.Bouhafsi: Une enseignante qui a demandé à son élève de retirer son voile a été agressée.

On revient sur l'augmentation de ces actes antilaïcité. - P.Cohen: Dans la situation politique actuelle toujours conflictuelle et chaotique, B.Cazeneuve pourrait-il être un recours? - A.-E.Lemoine: Ca tombe bien, c'est notre invité.

Bonsoir, monsieur le Premier ministre. Merci de votre présence ce soir après un long silence, alors que l'hypothèse de votre nomination au poste de Premier ministre était possible. - L.Sénéchal: E.Macron défend le modèle de financement du cinéma français dans le plus grand magazine culturel américain.

Il s'inquiète d'une remise en cause possible de ce système en cas d'arrivée au pouvoir de l'extrême droite. - A.-E.Lemoine: Pierre? - P.Lescure: Je vais vous présenter le film qui sort aujourd'hui, "The Apprentice", qui raconte les années d'apprentissage de D.Trump. - A.-E.Lemoine: J.-P.Foucault sera là après 20h.

Après 50 ans de carrière, il devient comédien samedi soir sur France 3. Il pourrait bien être le coupable d'un meurtre. Jarry est en tournée.

Un succès phénoménal avec son spectacle. Et R.Alagna, ce grand ténor, fête ses 60 ans et ses 40 ans de carrière à l'occasion d'un grand concert joyeux et festif qui sera diffusé vendredi sur France 5.

Le dîner est préparé par Maxime Lesobre, chef du restaurant du château de Courban. - B.Chameroy: Bonsoir.

Au menu, de la truite. Elle sera préparée de quelle façon? - M.Lesobre: Ce sera de la truite en gravlax.

On va la brûler au chalumeau avec un peu de poire, de citron, des petites fleurs. - A.-E.Lemoine: Merci.

L'Edito. Notre invité, B.Cazeneuve, pourrait-il être un recours? - P.Cohen: Il l'est.

Vous êtes pour l'instant une des figures de l'autre gauche, social-démocrate, républicaine, résolument insoumise aux insoumis. R.Glucksmann a ouvert la voie en juin par le succès de sa liste aux européennes.

Vous avez été ensuite dans la réflexion du président pour Matignon. Une hypothèse de centre gauche. Une ligne incarnée également par C.Delga, par le numéro 2 du PS et maire de Rouen, par le maire de Saint-Ouen qui s'est révélé cet été, et comme cette vague prend de l'ampleur, O.Faure a déclaré qu'il était aussi social-démocrate, tandis que F.Hollande, qui ne vous a pas beaucoup aidé à gagner Matignon, a déclenché les hostilités au PS en réclamant le départ d'O.Faure pour le remplacer par un premier secrétaire ouvert à un parti plus large.

Il y a des idées et une volonté communes. Ce sera une faiblesse si chaque mouvement ou microparti lié à ces personnalités se comporte en écurie présidentielle car il ne faut pas se mentir, l'échéance de 2027 court dans beaucoup de ces têtes. Pour l'instant, les démonstrations sont d'apparence plutôt rauques mais uniques.

Chez C.Delga, il était impossible de rater votre veste autrichienne ou bavaroise. Il y a débat.

En tout cas, veste rouge et cravate rouge. Il y a eu des rassemblements à Saint-Ouen avec K.Bouamrane.

Il y avait aussi celui de R.Glucksmann. Vous n'avez pas été invité à celui de R.Glucksmann. - A.-E.Lemoine: Il faudra une maison commune. - P.Cohen: Il faudra aussi tracer un schéma politique, un contenu, s'opposer à J.-L.Mélenchon, leader maximo mais démocrate "minimo", comme on l'avait dit.

S'opposer à lui ne suffira pas. Comment renouveler une couche sur des sujets qu'elle a abandonnés à l'extrême droite? Vous avez sûrement vu ce sondage... "Qu'est-ce qui fait que la gauche est moins entendue que le RN par les classes populaires?" - A.-E.Lemoine: Vous avez aussi parlé de B.Cazeneuve comme un possible recours. - P.Cohen: Que se passe-t-il si le gouvernement est renversé ou si la coalition au pouvoir se fracasse?

Impossible de retourner aux urnes avant juin. Il resterait l'option d'un gouvernement de centre gauche ou d'une social-démocratie élargie au MoDem, et logiquement, le nom qui a les faveurs des centristes des macronistes de gauche, c'est le vôtre. Le lendemain des rencontres de C.Delga, vous étiez à Guidel, en Bretagne, aux côtés de F.Bayrou et des centristes du MoDem, cette fois dans un costume beaucoup plus classique.

Même si vous allez nous répéter que vous n'êtes candidat à rien, c'est un costume de Premier ministre. - A.-E.Lemoine: Vous êtes peut-être candidat à rien, mais si, en cas de censure du gouvernement Barnier, E.Macron se tournait à nouveau vers vous, vous prendriez vos responsabilités? - B.Cazeneuve: Quand la question a été posée il y a quelques semaines par le président de la République au terme d'un été où beaucoup de noms ont été mis sur la place publique pour le poste de Matignon alors qu'il fallait envisager la constitution d'un gouvernement, alors même que pour des raisons personnelles, je n'étais pas enclin à me placer dans cette perspective, j'ai fini par dire, à la fois au président et à ceux qui m'interrogeaient à gauche, que s'il fallait se résoudre à exercer cette responsabilité, je le ferais avec la plus grande abnégation pour des raisons qui tenaient au contexte particulièrement difficile dans lequel le pays se trouvait.

Si la situation devait évoluer défavorablement dans les semaines et les mois qui viennent, nous serions dans un contexte encore plus grave pour le pays que celui dans lequel il se trouvait quand la dissolution a été décidée. M.Barnier a été nommé.

On ne peut pas avoir à l'esprit la préoccupation de l'Etat national. On ne peut pas être préoccupé de l'état de balkanisation du paysage politique avec des forces très affaiblies. On ne peut pas regarder le jeu parlementaire tel qu'il se déploie depuis quelques jours et quelques semaines sans être conscient du caractère éminemment périlleux de la situation si le Premier ministre venait à échouer.

Je suis dans l'opposition. Je ne partage pas l'orientation globale des choix qui ont été faits, mais je ne souhaite pas l'échec du Premier ministre. J'ai été au gouvernement, donc je mesure la difficulté de la tâche qui lui incombe.

C'est un peu le franchissement de l'Himalaya sans les moufles. Vous parliez des aspects vestimentaires de l'activité politique. M.Barnier est confronté à un Everest de difficultés.

La dette, les déficits...

Les débats sont durs sur ce sujet. La situation internationale est explosive. Les marchés peuvent réagir à la situation budgétaire et à la dette de façon prévisible et difficile pour nous.

La situation des services publics est très affaiblie, etc. Il faut souhaiter que les décisions qui doivent être prises soient prises pour régler ces problèmes et il faut essayer de faire en sorte que l'esprit de responsabilité prévale dans les semaines qui viennent. Si tel n'était pas le cas, je redoute que la situation soit à ce point détériorée en cas d'échec de ce gouvernement et qu'il soit difficile de déterminer une voie qui permette de gouverner convenablement.

Donc j'appelle à l'esprit de responsabilité, qui doit être dicté par une seule considération: l'intérêt du pays et les réponses à apporter aux préoccupations des Français. - A.-E.Lemoine: Est-ce qu'E.Macron envisageait sérieusement l'hypothèse d'un gouvernement de centre gauche avec vous à sa tête, ou est-ce que c'est le PS, en annonçant qu'ils vous censuraient a priori, qui a empêché cette nomination? - B.Cazeneuve: Je me suis beaucoup exprimé sur ces questions.

Je veux bien encore le faire une dernière fois. - A.-E.Lemoine: Et on passera à la suite. - B.Cazeneuve: Je pense que la gauche n'était pas dans la direction dans laquelle le président était spontanément enclin à s'orienter.

Mais c'est depuis 2017. Sinon, je me serais rendu compte de sa pente naturelle. Dès lors que la situation politique suite aux législatives pouvait justifier non pas d'un gouvernement de NFP pur appliquant l'intégralité de son programme alors qu'il était à 100 sièges de la majorité absolue, mais un gouvernement de compromis et de centre gauche, si le président de la République peut poser la question au PS et à la gauche de gouvernement, il valait mieux que la gauche lui apporte une réponse qui n'était pas de nature à le contraindre à nommer un gouvernement plutôt très à droite. - A.-E.Lemoine: Il faut que le PS change de premier secrétaire comme le souhaite F.Hollande?

Il demande un nouveau congrès. Est-ce que ce PS profondément remanié pourrait vous voir revenir dans ses rangs? - B.Cazeneuve: La question est celle de la ligne.

Il faut que le PS change de ligne. La question du premier secrétaire est peut-être éventuellement induite par le changement de la ligne. Mais j'ai vu dans l'éditorial de P.Cohen qu'O.Faure était désormais social-démocrate.

Il pourrait s'accommoder de la ligne nouvelle. Ce serait d'ailleurs une excellente chose. Plus il y aura d'acteurs s'agrégeant à cette ligne pour faire en sorte que la gauche de gouvernement soit puissante, agrégée, coalisée, ce qui est la condition pour que le RN ne gagne pas les prochaines échéances électorales, notamment les présidentielles, sans une force de gouvernement puissante, responsable, crédible, tenant sur la plupart des sujets comme sécurité, immigration, décarbonation de l'économie, transition écologique, production...

Un discours de responsabilité...

Nous aurons l'extrême droite. P.Cohen avait raison de dire que nous ne devons pas avoir d'angle mort.

La gauche, par identité, doit être capable d'embrasser toutes les difficultés auxquelles les Français sont confrontés. J'appelle donc à un changement de ligne. J'appelle d'autant plus à ça que la ligne qui a été choisie en 2022 et qui m'a conduit à quitter la mort dans l'âme le PS... - P.Cohen: C'était celle de la Nupes. - B.Cazeneuve: Avec LFI.

Avec Les Ecologistes et les communistes, il faut maintenir une alliance forte. L'alliance avec LFI me posait problème pour toutes les raisons qu'on a pu constater depuis et qui ont conduit LFI, sur des sujets aussi importants que la relation à l'Europe, démocratie, à l'antisémitisme, au communautarisme, à prendre des positions que je considère comme très éloignées de ce que nous sommes par notre histoire, notre aspiration à l'universalisme, à la laïcité, etc. Cette ligne qui a fracturé ma famille politique, à laquelle je reste très attaché, doit être abandonnée, pour retrouver une ligne de rassemblement qui permette de reconstituer une force politique qui, je l'espère, permettra de résister à la poussée désormais ancienne et puissante du RN. - P.Cohen: Sous quelle bannière...

Vous dites social-démocratie ou gauche de gouvernement? - B.Cazeneuve: Je préfère l'expression de gauche de gouvernement. - P.Cohen: Ca renvoie un peu au passé et pas forcément à des bons souvenirs pour la gauche. - B.Cazeneuve: Ca renvoie à une exigence de responsabilité.

Il y a beaucoup d'hommes et de femmes qui préfèrent se dire socialistes que sociaux-démocrates et qui aspirent à gouverner, qui sont tout à fait raisonnables, crédibles dans leurs démarches. Et il y a tous ceux qui, sans être sociaux-démocrates, sont écologistes et aspirent à gouverner pour changer le cours des choses. Il y a tous ceux qui sont issus de la société civile qui sont solidaristes ou désireux d'une autre manière d'incarner la politique mais qui souhaitent gouverner.

Je préfère la formulation de "gauche de gouvernement" parce qu'elle me paraît beaucoup plus inclusive et beaucoup plus rassembleuse que la social-démocratie à laquelle j'appartiens et qui saurait représenter à elle seule la totalité de la gauche de gouvernement. Vous voyez à quel point je suis unioniste, contrairement à ce que certains prétendent. - A.-E.Lemoine: Ca foisonne du côté des mouvements de gauche de gouvernement.

Mais ça semble pour l'instant partir en ordre dispersé. - B.Cazeneuve: Il va y avoir des échéances.

Chacun se rendra compte que la question n'est pas de savoir derrière qui on va se rassembler. La question est d'abord de savoir comment on va faire ensemble, et surtout ce que nous allons faire ensemble. Il y a des orientations politiques à faire prévaloir.

Ces orientations politiques ne pourront être fortes, puissantes, susciter l'adhésion que lorsqu'il y aura une stratégie de rassemblement. Quels sont ces sujets? J'en vois 4.

Le 1er, c'est celui de l'efficacité économique et de la justice sociale dans un pays qui a le sentiment parfois, et souvent à juste titre, d'avoir des inégalités qui se creusent, d'avoir des problèmes de pouvoir d'achat, que des choses injustes ont été faites sur les retraites, qui a le sentiment, à juste titre, que les services publics s'affaissent, alors que nous avons une dépense consacrée aux services publics et à la dépense publique rapportée au PIB très important en Europe. Donc comment fait-on pour restaurer des services publics de qualité? Comment fait-on pour atteindre tous ces objectifs alors que nous avons un taux d'endettement et de déficit très important?

Comment fait-on pour répartir quand la situation des finances publiques est si dégradée? Nous sommes dans une situation comparable à celle qu'on avait à la fin de la IVe République, quand les situations étaient abaissées, que le pays était enlisé et qu'il fallait, par un effort considérable fait par la classe politique mais aussi par les Français s'engageant derrière elle, une remise à plat... - P.Cohen: Qui a été une purge. - B.Cazeneuve: Sur le plan institutionnel. - P.Cohen: Sur le plan économique aussi. - B.Cazeneuve: Sur le plan économique, une purge qu'on a mise en place, la politique de réindustrialisation...

On a installé le pays dans un état d'indépendance énergétique. C'est sous Pompidou que les grands plans industriels ont été mis en place. C'est le moment où l'Etat s'était armé pour que le pays puisse faire en face aux grands enjeux de son destin.

Si on ne retrouve pas cette volonté de sortir le pays de la difficulté dans laquelle il est en nous éloignant progressivement des dimensions de calcul, de ces histoires d'arrière-boutique qui semblent dominer la vie politique française, nous n'y arriverons pas. Il y a cette question. Il y a aussi celle de la République, des valeurs républicaines qu'il faut réaffirmer avec une force puissante.

La question de la laïcité, du vivre-ensemble, de la sécurité, de l'immigration...

J'ai fait des choses et j'ai mille choses à dire sur ces choses-là. Il y a une politique de gauche sur ces questions qui doit être incarnée et mise en oeuvre. Accueillir ceux qui doivent l'être mais être aussi intraitable avec les réseaux de la traite des êtres humains et pouvoir être en situation de reconduire ceux qui n'ont pas vocation à être accueillis si nous voulons accueillir.

Cette politique doit être verbalisée et assumée. Nous avons à construire une économie décarbonée, c'est-à-dire dans laquelle la préoccupation climatique est prise en compte sans décroissance. Nous devons enfin affirmer la fidélité à nos alliances, à l'UE.

Cela implique que par rapport à nos démocraties, nous soyons capables d'avoir des positions claires. Cette gauche de gouvernement n'est pas simplement des individus qui se propulsent au devant de la scène pour dire "derrière moi". C'est un message qui doit se structurer, s'articuler.

Pour moi, ce qui compte désormais, c'est de faire en sorte que ce message puisse s'exprimer de façon extrêmement claire à travers des propositions concrètes qui doivent être apportées à des mouvements et de ceux que vous venez de désigner en montrant leurs photographies de telle sorte qu'un visage se détache, une dynamique se crée et que nous puissions repartir au combat. - P.Cohen: Juste un mot sur le budget.

On est dans la discussion budgétaire. Le détail sera présenté demain mais on en connaît les grandes lignes. Est-ce que le dosage qui consiste à produire des impôts pour les entreprises, les grandes entreprises et les ménages les plus aisés, et des mesures d'économies mais qui tiennent, pour se condenser, pour l'essentiel, à un coup de rabot, y compris sur les fonctions régaliennes, qui font l'objet de loi de programmation...

Est-ce que ce dosage vous paraît convenir et répondre de façon adéquate à la situation actuelle? - B.Cazeneuve: Quand le pays est dans la situation dans laquelle il est, après qu'une dissolution hasardeuse a été décidée et qu'un gouvernement a été désigné de nombreuses semaines, de trop longues semaines après la dissolution, il serait intellectuellement et politiquement malhonnête que d'aller reprocher au Premier ministre d'avoir une copie budgétaire imparfaite au regard de ce qu'elle aurait été s'il avait disposé du temps habituel pour la faire.

Si on est dans l'esprit de responsabilité, on peut bien entendu, et je le ferai, critiquer certains aspects du budget, mais on ne peut pas taper à raccourci sur tel impôt ou sur telle mesure d'économie, surtout quand on est à l'origine des 6 et quelques pourcents de déficit budgétaire que la France doit désormais accuser. - P.Cohen: C'est pour le Premier ministre sortant, G.Attal. - B.Cazeneuve: C'est pour tous ceux qui ont une responsabilité dans la situation budgétaire à laquelle le pays est confronté, qui sont parfois partis de leurs fonctions en administrant des ordonnances...

Un Premier ministre qui venait d'arriver, qui donnait la preuve qu'il essaierait de faire le mieux possible dans un contexte très difficile et qui essaie de trouver le bon dosage entre impôts et économie...

Je m'attends à des choses précises sur ce sujet. Pour la partie fiscale, si nous devions avoir un budget équilibré basé à 100 % sur l'impôt, nous aurions un problème de recettes. L'impôt ne peut pas peser sur les Français les plus modestes et sur les Français qui, par leur travail, sont déjà à la peine pour des raisons de pouvoir d'achat.

Il faut voir quel sera le contenu précis des mesures de surtaxe. Le discours de politique générale ne nous a pas permis d'avoir le détail des choses. Pour les économies, il en sera de même. - E.Tran Nguyen: Ce Premier ministre, qui essaye de faire au mieux économiquement, a fait face à sa 1re motion de censure, défendue par le NFP. - B.Cazeneuve: Il est dans une situation difficile dont il faut tenir compte.

J'essaie de tenir un discours de rigueur et d'exigence. Taper comme un sourd, prendre des postures à la tribune de l'Assemblée nationale... - E.Tran Nguyen: Vous auriez voté cette motion de censure?

R.Glucksmann dit que si. - B.Cazeneuve: Le gouvernement est dirigé par un homme pour lequel j'ai de la considération mais qui est issu de la seule formation qui n'a pas participé au front républicain, qui est quand même un sujet, lorsque des millions de Français se sont mobilisés pour battre le RN.

Il est placé sous la surveillance du RN, contre lequel nous nous sommes coalisés pour qu'il n'ait pas de responsabilités et qu'il puisse agir sur le cours des choses. Je comprends que nous soyons irrités, qu'on vote une motion de censure vu cette architecture politique, mais je leur dis de faire très attention...

Faisons attention très collectivement à faire en sorte que la censure ne soit pas une posture. Il faut qu'elle tienne compte aussi du contexte extraordinairement difficile. Il faut qu'on puisse expliquer ce que nous ferions si nous étions aux affaires.

Il n'est pas exclu que nous y revenions à un moment ou à un autre. Derrière la détermination à dire ce qui ne va pas, il faut aussi savoir ce qu'on veut proposer. - A.-E.Lemoine: Il y a d'autres sujets à vous soumettre, notamment dans la Story de M.Bouhafsi. - Ce n'est peut-être pas la même chose, mais regardez S.Paty, il y a eu des problèmes pareils et il s'est fait égorger.

Imaginez que ça arrive aussi pour la prof? - M.Bouhafsi: C'est l'histoire d'une nouvelle atteinte à la laïcité qui termine en incident grave.

Lundi, 3 lycéennes décident de quitter leur établissement. Dans la cour, elles revêtent leur voile quand une enseignante les interpelle. Avec la 3e, l'échange devient plus musclé.

S'ensuit une gifle de l'adolescente avant que la professeure ne réplique. - C'est un lycée laïc. Elle aurait dû enlever son voile et le mettre à la sortie du lycée. - L'élève a giflé en première, la preuve. - C'est trop facile d'être choqué. - Elle aurait très bien pu demander à la jeune fille très calmement d'enlever son voile. - C'est une prof super gentille.

On n'a jamais de problèmes avec elle. Elle est tout le temps là pour nous aider. C'est une prof incroyable.

Elle ne mérite pas ça. - M.Bouhafsi: Après cette claque de l'élève, une riposte de la professeure, une bagarre éclate.

L'agression s'est invitée à l'Assemblée nationale hier. L'ex-ministre de l'Intérieur G.Darmanin, également député de Tourcoing, a interpellé le gouvernement. - G.Darmanin: Cette professeure a besoin de vous. - A.Genetet: Je n'accepterai jamais qu'on porte atteinte à l'intégrité physique d'un professeur.

Menacer un professeur, c'est menacer la République. Frapper un professeur, c'est frapper la République. - G.Darmanin: Nous espérons que l'affirmation de la laïcité soit acceptée par tout le monde, y compris auprès des professeurs que vous avez lâchés, malheureusement. - M.Bouhafsi: Hier matin, les enseignants du lycée ont décidé d'exercer leur droit de retrait.

Les cours reprendront demain. Une cellule de crise a été ouverte. Certains élèves se disent choqués.

A Lille, les syndicats évoquent plusieurs actes où les adolescents cherchent à tester des professeurs. - Ils cherchent à contourner les règles. Ca fait partie des choses qu'on gère avec des élèves de cet âge.

C'est inévitable, que ce soit sur le règlement intérieur...

C'est une période de la vie où on teste forcément. Après, est-ce qu'il y avait en l'occurrence une volonté d'intimider? Ce n'est pas de cette manière-là qu'on nous a rapporté les faits. - M.Bouhafsi: Plus surprenant encore, les élèves ont envisagé de se réunir pour soutenir l'élève.

Cette altercation aurait suscité beaucoup de réflexion, de crispation dans l'équipe pédagogique. Des attitudes qui montrent encore les dissensions parfois présentes entre les professeurs pour les atteintes à la laïcité. - La loi du 15 mars 2004 qui porte sur l'interdiction des signes ostensibles à l'école est critiquée par une minorité. 94 % des enseignants de l'école publique soutiennent la loi du 15 mars 2004.

On tombe à 76 % chez les enseignants de moins de 30 ans. Le corps enseignant dans son ensemble doit continuer à être formé sur ces questions, sortir des questions compassionnelles qui font le jeu de gens qui, eux, ont intérêt à ce que l'école de la République, et notamment la laïcité, soit mise à mal. - M.Bouhafsi: Le procès de cette jeune fille a été reporté au 11 décembre.

Elle a présenté ses excuses devant le tribunal. La ministre de l'Education doit se rendre sur place demain. Au 2e trimestre de l'an dernier, les actes antilaïcité ont baissé en France.

On vient d'entendre I.Roder. Le plus inquiétant, c'est que le sujet de la laïcité fasse débat, même au sein des établissements chez les professeurs? - B.Cazeneuve: C'est préoccupant.

J'ai fait mes études secondaires dans un collège de Creil, où s'est posé le problème du voile. J'ai vu ces sujets de très près, quand j'étais dans la période de l'enfance et de l'adolescence. Ce qui était très important, c'est d'abord que les enseignants étaient soudés entre eux et implacables dans l'application des règles de la laïcité, pour des raisons qui tenaient à l'idée qu'ils avaient en partage que l'école était un lieu d'épanouissement, d'accession de chacun à la libre conscience, à la liberté, et que la laïcité, qui consistait à laisser à la porte de l'école toutes les croyances héritées de la famille de la religion ou aux appartenances philosophiques, devaient ne compter pour rien dès lors qu'on accède à la connaissance.

C'est cet accès à la connaissance...

C'est ça, le projet formidable que l'école de la République portait en elle. Lorsqu'il y avait des manquements, ils étaient peu nombreux à l'époque, nous voyions les enseignants, les parents des élèves et le corps d'enseignants faire bloc ensemble pour rappeler aux élèves ce qu'étaient les principes auxquels ils devaient se conformer. Il faut appeler les parents à leurs responsabilités.

Il faut que l'Education nationale protège les enseignants. Il faut être implacable sur ces questions de laïcité. Il ne faut jamais considérer que lorsqu'on demande à un enfant d'enlever un signe religieux dans une école précisément parce que celle-ci porte l'idéal dont je viens de parler, on témoigne à l'égard de cet enfant d'une forme d'islamophobie.

Non. Ce qui engendre l'islamophobie, c'est l'incapacité que la République a en vertu du principe de laïcité de prendre tous ses enfants dans ses bras et c'est l'incapacité dans laquelle on est d'être lucide à l'égard des minorités des musulmans radicalisés qui imposent à la majorité des musulmans une manière de vivre leur religion dont ils ne veulent pas. Il faut protéger les musulmans de cette pression qui s'exerce sur eux. - P.Lescure: Dans l'enseignement supérieur, la police est intervenue ce matin à Sciences Po Paris, bloquée brièvement par une centaine d'étudiants qui manifestaient leur soutien au peuple palestinien.

D'autres mouvements ont eu lieu à Sciences Po Rennes et Lille. Ils font suite à l'appel de J.-L.Mélenchon à brandir des drapeaux palestiniens et libanais dans les universités.

Est-ce que vous pensez qu'il faut laisser les étudiants manifester alors qu'ils se sentent concernés par le contexte international ou faire respecter les principes de neutralité et de laïcité du service public, comme l'a demandé à nouveau le ministre de l'Enseignement supérieur? - B.Cazeneuve: Il y a bien des endroits publics où on peut manifester ses convictions.

J'en profite pour dire que là aussi, la responsabilité, si on est attaché au principe de la paix, à la concorde entre les peuples, c'est de revenir aux principes évoqués par F.Mitterrand en mars 82 au moment du discours de la Knesset, le fait de revenir à 2 Etats. Mais c'est aujourd'hui très difficile compte tenu de l'enchaînement de violences après les crimes abjects du 7-Octobre, qui ont engendré toute une série de violences dont beaucoup d'hommes, de femmes et d'enfants souffrent dans les territoires au Liban et qui constituent une véritable tragédie humaine et humanitaire.

Mais pour ce qui me concerne, appeler à des manifestations avec des drapeaux palestiniens quand on sait le contexte d'extrême tension dans lequel se trouve le pays, le risque d'exportation sur le territoire français du conflit qui se produit dans les territoires, c'est pour ma part tout à fait irresponsable et témoigne de ce qu'est la stratégie de J.-L.Mélenchon et explique les raisons pour lesquelles je combats ces stratégies dans ce contexte particulier dans lequel se trouvent le monde et notre pays. - A.-E.Lemoine: Dans l'actualité, la France est depuis hier en grande partie balayée par la tempête Kirk. 30 départements en vigilance orange.

La Seine-et-Marne est en rouge avec l'équivalent d'un mois de pluie en l'espace de 24 heures. Déjà des dégâts. - Nathalie dormait encore lorsque, tôt ce matin, la façade de son immeuble s'est écroulée, certainement fragilisée par les trombes d'eau qui se sont abattues sur sa commune des Deux-Sèvres.

Dégâts tout aussi importants pour ce concessionnaire de poids lourds en Normandie. Une large partie de la toiture a été arrachée par les bourrasques. - Tout le monde parle d'une mini-tornade, tout s'est engouffré dans le bâtiment. - La rivière est montée.

Je tourne la tête, elle est arrivée ici. Comme une vague. - L'eau a pénétré partout.

Le réfrigérateur est par terre, les meubles...

C'est incroyable. - A.-E.Lemoine: Bonsoir, G.Musquet.

Vous êtes spécialiste des catastrophes naturelles. Si Kirk fait autant de dégâts, c'est qu'à l'origine, c'est bien plus qu'une tempête: un ouragan qui a conservé une partie de sa force. - G.Musquet: C'est un circuit classique des ouragans, ces tempêtes tropicales qui naissent dans les zones tropicales, au large de l'Afrique.

Ce sont des phénomènes naturels qui vont nous ramener de la douceur, en général. Malheureusement, là, on est sur un ouragan qui est devenu un ouragan de catégorie 4. Il est revenu chargé et a créé une rivière atmosphérique.

Ca nous ramène cette instabilité, des précipitations. - A.-E.Lemoine: Les précipitations sont exceptionnelles.

Après un mois de septembre qui a déjà été le plus pluvieux depuis 1989, et des nappes phréatiques qui sont pleines. Les sols ne peuvent plus rien absorber. - G.Musquet: On est dans un tunnel depuis l'automne dernier.

On avait déjà des agriculteurs et des territoires qui avaient déjà ces problématiques de pluviométrie très importantes. Ca a duré toute l'année. On a eu un été pluvieux.

Là, ce sont des pluies qui se rajoutent dans des départements déjà impactés. On passe d'un extrême à l'autre en 2 ans. Une grande sécheresse d'un côté et aujourd'hui, de fortes pluies, des récoltes qui, sur 2-3 ans, subissent de plein fouet ces calamités.

La trésorerie des agriculteurs est très impactée. - A.-E.Lemoine: Un phénomène dopé par le réchauffement climatique? - G.Musquet: Sur leur intensité, c'est certain.

Sur leur fréquence, non. Sur la capacité de ces phénomènes à se renforcer en très peu de temps, ce sont des phénomènes nouveaux qui apparaissent. On est très surpris par les mesures.

Il est important d'avoir de l'investissement sur les moyens de mesure, des stations météo, des satellites et même des avions qui vont dans ces phénomènes. Et il faut des calculateurs, des algorithmes qui vont permettre d'anticiper le plus vite et le plus tôt possible ces phénomènes. - A.-E.Lemoine: Tout en développant la culture du risque climatique, qui n'est pas assez développée en France. - G.Musquet: On a progressé.

Je viens de La Réunion. J'avais 26 enfants de CM2 à Saint-Gilles, à La Réunion. Ils avaient tous dans leur dossier ce guide de la Croix-Rouge qui explique aux enfants ce qu'ils doivent faire.

J'étais là-bas, en plus, car les professionnels du tourisme se réunissaient pour savoir comment se préparer face à ces phénomènes climatiques. Le préfet de La Réunion réunit ses services le mois prochain avec les communautés de French tech. On doit progresser.

Il y a plein d'initiatives. J'ai voulu parler de quelques initiatives surgies de La Réunion, je pourrais parler aussi des Antilles. Ces enfants, qui sont aujourd'hui scolarisés, j'en suis un pur produit.

En 1989, j'ai été victime d'un ouragan, j'avais 9 ans. Les adultes qui ont pris soin de moi m'ont fait rêver. Ils ne m'ont pas dit que c'était fini.

On continue, la vie continue. C'est cette culture du risque qu'il faut avoir, prendre soin des nôtres, de ses administrés quand on est un élu. Mais en même temps, donner un espoir aux enfants, une vision politique.

Il va falloir investir pour tenir la corde. L'argent que l'on n'investit pas aujourd'hui coûtera 15 fois plus cher plus tard. - E.Tran Nguyen: Difficile d'avoir l'espoir quand on voit ce qui se passe aux Etats-Unis.

La pire tempête du siècle en Floride, Milton, et ses vents jusqu'à 270 km/h qui se sont renforcés en un temps record. Un ouragan qui fait peur, à en faire pleurer un présentateur météo. ... - E.Tran Nguyen: Vous comprenez qu'il soit aussi angoissé, ce monsieur? - G.Musquet: Oui.

C'est pour ça que je fais moins ce métier d'urgentiste, que je travaille dans la prévention. J'ai eu des moments difficiles, j'ai vu les miens dans la difficulté à Saint-Martin. J'ai vu Maria au sud de la Guadeloupe.

J'ai 44 ans... - E.Tran Nguyen: La maire en Floride a dit: "Si vous restez, vous allez mourir." - G.Musquet: Effectivement.

Quand j'avais 9 ans, je me suis juré que ça n'arriverait plus. Ces phénomènes vont arriver plus souvent...

Mon espoir, aujourd'hui, je le répète, ce sont les enfants. Evidemment, là, il faut fuir. Sur ces territoires, certaines personnes payent 10 000 dollars leurs cotisations d'assurances.

Ce sont des territoires qui, économiquement, ne vont plus être vivables. En France, on a des exemples. Quand on voit comment le maire de Miquelon organise aujourd'hui...

Il prépare sa population sur près de 50 ans. Politiquement, imaginez ce que ça va demander à des élus... "Il va falloir se déplacer." Le maire de Miquelon se prépare pour déplacer un village.

Ca mettra 10 ans, 15 ans, 20 ans...

Il faudra bouger pour ne pas avoir ces images, cette tension, cette émotion qui nous envahit quand on voit et quand on sait que les gens vont souffrir. - A.-E.Lemoine: Merci.

C'est l'heure du 5/5 de L.Sénéchal. Vous nous parlez ce soir d'un combat, moins connu, mais un combat de B.Cazeneuve. - L.Sénéchal: Le combat contre la maladie de Charcot qui a emmené votre femme.

C'est un combat qui vous tient à coeur. Hier soir, une vingtaine d'artistes chantaient à l'Olympia de Paris pour soutenir l'association d'O.Goy "Les Invincibles contre la maladie de Charcot." "Invincibles", c'est aussi le livre d'O.Goy.

Son histoire, sa force incroyable nous a émus. C'est lui, qui en juin dernier, rendait hommage à votre femme et son courage. Il parlait de sa discrétion légendaire, qu'il avait surmontée pour poser une photo prise quelques jours avant sa disparition.

Aujourd'hui, c'est un flambeau que vous reprenez? - B.Cazeneuve: C'est un combat qu'il mène avec d'autres, mais il est à la tête de ce combat avec un courage extrême.

Son association est une association qui apporte un soutien indispensable à ceux qui sont victimes de cette maladie terrible, face à laquelle il faut garder espoir. Je suis convaincu que la recherche permettra d'obtenir des traitements. Espoir parce que toute l'affection, toute la tendresse que l'on témoigne aussi dans ces circonstances est fondamentale.

Espoir parce qu'ils sont là. O.Goy vient, s'exprime et se bat...

C'est leur combat. Je le partage entièrement. Je continuerai à les aider.

J'appelle tous les Français à aller sur le site des Invincibles pour faire un don. Je les appelle à regarder ce qui se fait de très près autour de cette maladie, une maladie terrible, que l'on surmonte dans l'épreuve d'autant mieux quand on crée autour de soi de la chaleur, de la rencontre, de la tendresse. C'est ce qu'ils font admirablement. - A.-E.Lemoine: Ils seraient touchés par des roquettes du Hezbollah. - L.Sénéchal: Le Dôme de fer est saturé.

Une de ces roquettes est tombée au sol dans le nord du pays. 2 Israéliens sont morts. Plus au sud, dans le centre d'Israël, une attaque terroriste. 6 personnes blessées au couteau.

L'assaillant a finalement été arrêté. Israël, de son côté, poursuit son opération militaire contre le Hezbollah au Liban. Une opération qui a déjà fait 1200 morts et 1 million de déplacés.

Une image a choqué ce matin, ce drapeau israélien érigé par des soldats à la frontière, côté libanais, 24 ans après la fin de l'occupation israélienne. Ce qui choque une partie du monde, y compris chez des amis d'Israël, ce sont les mots du Premier ministre B.Nétanyahou. ... - L.Sénéchal: B.Nétanyahou s'est entretenu pendant plus de 2 heures avec J.Biden.

On ne connaît pas le contenu de leur échange. Les relations sont glaciales entre les 2 hommes. Coup de froid dans les relations franco-israéliennes.

Le chef de la diplomatie revient d'Israël. Il a vu les autorités israéliennes et palestiniennes. Il a accueilli avec inquiétude les mots de B.Nétanyahou. - J.-N.Barrot: Si cette provocation était suivie d'effets, cela entraînerait le Liban, pays ami de la France, dans le chaos.

Cela poserait pour Israël des problèmes de sécurité encore plus que ceux qui prévalaient avant les opérations militaires au Liban. - L.Sénéchal: Il a raison de parler de provocation? - B.Cazeneuve: Ce qui s'est passé dans la région depuis plus d'un an est le résultat de l'attaque du Hamas le 7 octobre dernier, qui a engendré tous les drames, toutes les souffrances qui en ont résulté.

Est-ce qu'Israël a répondu avec la mesure, le discernement...

Pas toujours. Les propos de B.Nétanyahou sont souvent apparus comme provocateurs, de nature à engendrer plus de tension encore et plus de difficultés et de souffrance.

Ce qu'il avait fait avant l'attaque du 7-Octobre en niant la question palestinienne, comme si cette question ne se posait pas, ça a pu contribuer à créer un climat. Je pense qu'en dépit de ce constat, nous devons continuer, malgré l'extrême difficulté du contexte, à nous battre pour la coexistence de 2 Etats. On voit que les terroristes du Hamas et ceux qui les soutiennent veulent la disparition d'Israël. - A.-E.Lemoine: Faut-il geler les exportations d'armes à Israël?

Si elles servent à Gaza? - B.Cazeneuve: Je n'ai pas le sentiment que nous vendions beaucoup d'armes à Israël.

Sur ce sujet, il faut trouver une solution politique. Nous n'allons pas créer des conditions dans un contexte où Israël est agressé de prises de position diplomatique qui donneraient le sentiment que nous abandonnons Israël à son sort. En même temps, ce que nous devons dire sur le contexte doit aussi intégrer l'appel à la mesure, à la modération dans les répliques d'Israël.

C'est cette responsabilité, cet équilibre qu'il ne faut jamais perdre de vue et qui a toujours été au coeur de la politique de la France. La déclaration du président de la République, à la veille de la commémoration des attentats du 7-Octobre, n'était pas tout à fait opportune. - A.-E.Lemoine: La présidentielle américaine: de nouveaux liens entre D.Trump et V.Poutine mis en lumière. - L.Sénéchal: Dans un livre d'enquête du journaliste à l'origine du Watergate.

Il révèle comment D.Trump a envoyé, au début de la crise sanitaire, des tests anticovid à V.Poutine.

A l'époque, ils étaient très rares, y compris aux Etats-Unis. C'est une sorte de cadeau diplomatique que lui a fait D.Trump.

D.Trump entretient une relation avec le dictateur russe. Ces discussions avec Poutine sont évoquées depuis le départ de Trump de la Maison-Blanche. - L.Sénéchal: Il a 80 ans et est à la tâche.

K.Harris profite de la séquence et passe à l'offensive. ... - L.Sénéchal: Elle est applaudie.

La candidate démocrate est en terrain conquis dans l'émission satirique de S.Colbert. - L.Sénéchal: K.Harris était à la maison. - A.-E.Lemoine: Le président, E.Macron, défend le système culturel français dans "Variety". - L.Sénéchal: Selon lui, le modèle français de financement de nos films est "exceptionnel" et permet de résister aux grandes crises.

Il s'inquiète que ce modèle sera remis en cause en cas d'arrivée au pouvoir de l'extrême droite. Il craint des décisions "brutales". "Je ne pense pas que ça plaise à tout le monde que la culture est une culture aussi vivante." E.Macron défend aussi la présence de "Emily in Paris" à Paris. - L.Sénéchal: B.Macron qui fait une apparition dans "Emily in Paris".

E.Macron a aussi eu un mot pour l'organisation des Jeux à Los Angeles. Il raconte quel a été le moment le plus fort de ces Jeux de Paris. - L.Sénéchal: C'est à croire qu'elle attendait la prise de parole d'E.Macron.

C.Dion a publié un tweet énigmatique. C'était il y a quelques heures seulement.

Une date, demain, et un souvenir, le fameux "Hymne à l'amour". ...

Qu'a-t-elle voulu dire en parlant de demain? - A.-E.Lemoine: Ce titre va sortir, va être disponible.

On l'attend depuis tellement longtemps! - L.Sénéchal: B.Cazeneuve, vous aussi, vous craignez qu'une arrivée au pouvoir de l'extrême droite remette en cause le financement?

C'est une crainte qu'il faut prendre au sérieux? Il dit en anglais que c'est un problème. - A.-E.Lemoine: Vous aussi, vous pensez que c'est très important? - B.Cazeneuve: C'est un objectif essentiel. - A.-E.Lemoine: C.Dion lors de la cérémonie d'ouverture? - B.Cazeneuve: C'était un moment où il y a eu beaucoup d'émotions à Paris. - A.-E.Lemoine: A-t-on le temps d'une dernière news?

Il nous reste une minute pour parler de l'IA. - L.Sénéchal: 2 étudiants américains d'Harvard ont détourné les lunettes de Meta.

Des lunettes qui vous permettaient d'avoir des informations sur des personnes...

Ils les ont connectées à une IA qui dope ce que les lunettes captent. On va voir l'exemple que donne ces étudiants. - L.Sénéchal: Ils n'ont pas eu le prix Nobel.

Mais l'IA a été récompensée par le prix de physique. - A.-E.Lemoine: Merci beaucoup.