L'invité politique Sud Radio - Ian Brossat, sénateur PCF de Paris et directeur de campagne de Fabien Roussel, est l'invité politique
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 40 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:31OuverteRéponse directe
Quelle est votre réaction aux résultats des élections sénatoriales et à la poussée du RN ?
- 1:54OuverteRéponse partielle
Est-ce que vous allez travailler avec les nouveaux sénateurs LFI ?
- 3:09OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous inspire le revirement d'Emmanuel Macron sur la messe du pape ?
- 4:27RelanceRéponse directe
Fabien Roussel a préféré la marche pour le climat à la messe. Est-ce une erreur ?
- 5:58OuverteRéponse directe
Qu'avez-vous pensé du message de paix du pape ?
- 7:29RelanceRéponse directe
Vous le dites pour des raisons stratégiques ou parce qu'on n'a plus les moyens d'aider l'Ukraine ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:57Invité politiqueFait
« La création d'un groupe du RN, c'est quelque chose qui est nouveau, puisqu'il n'y en avait pas avant. »
- 1:59Invité politiqueFait
« C'est trop tôt pour le dire. »
- 2:14Invité politiqueFait
« Il va bientôt y avoir un débat budgétaire. »
- 2:23Invité politiqueFait
« Un gouvernement qui veut taper sur les retraités, qui veut taper sur les fonctionnaires. »
- 3:44Invité politiqueFait
« Le pape est venu dans le 18e arrondissement de Paris, qui est mon arrondissement, et il a visité la maison Bakhita, qui est un lieu d'accueil des réfugiés. »
- 6:10Invité politiqueFait
« En tout cas, ce qui est sûr, c'est qu'on nous prépare, depuis maintenant des mois, à coups de discours bellicistes à la guerre, partout. »
- 6:42Invité politiqueFait
« Il y a évidemment un agresseur, un agressé. Les choses sont très claires. »
- 7:02Invité politiqueFait
« La France doit dialoguer avec la Russie. La France doit dialoguer avec tout le monde. »
- 7:57Invité politiqueFait
« On a un budget qui est voté année après année. Et au sein de ce budget, le seul qui augmente, c'est le budget militaire. »
- 9:29Invité politiqueChiffre
« Les bénéfices de Total sur le premier semestre 2026, c'est 11 milliards d'euros. »
- 9:33Invité politiqueFait
« Total ne paye pas d'impôts sur les sociétés en France. »
- 9:44Invité politiqueChiffre
« Un quart des bénéfices de Total sont localisés à Singapour et en Suisse. »
- 10:00Invité politiqueFait
« Total est d'ailleurs un groupe qui a été créé par l'État français dans les années 20 pour assurer sa souveraineté. »
- 10:06Invité politiqueChiffre
« Total touche chaque année plus de 400 millions d'euros d'aides publiques. »
- 11:55Invité politiqueChiffre
« Il faudrait revenir à un prix qui soit de 1,70. 1,60, 1,70. »
- 12:09Invité politiqueFait
« La moitié du prix, c'est des taxes. »
- 15:11Invité politiqueFait
« C'est nous qui sommes à l'initiative de la commission d'enquête sur les aides publiques aux entreprises. »
- 16:56Invité politiqueFait
« L'encadrement des loyers depuis 2019. »
- 17:20Invité politiqueChiffre
« Certains disent que ça n'a pas eu les effets escomptés, seulement une limitation de 2 à 3 %. »
Temps de parole
- Ian Brossat69 %
- Présentateur22 %
- ?3 %
- Locuteur 63 %
≈ 13,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Sud Radio, l'invité politique,
Jacques
Cardoz.
Il est 8h28, vous êtes bien sur Sud Radio. C'est l'heure du grand entretien politique. Et aujourd'hui, Jacques, vous recevez Yann Brossat, sénateur du Parti communiste français de Paris et directeur de campagne de Fabien Roussel. Bonjour Yann Brossat. Bonjour. L'actualité, ce sont les élections sénatoriales qui confirment la tendance et la poussée du RN. Le parti de Marine Le Pen sera en capacité de former un groupe avec 10 sénateurs au moins. Quelle est votre réaction ?
D'abord,
c
'est le reflet du résultat des élections municipales, puisque ce sont les élus qui votent aux élections sénatoriales. Donc il y a une logique que les résultats des élections sénatoriales reflètent celui des résultats municipales. Pour le reste, moi je me satisfais en tout cas que les communistes sont confortés au sein du Sénat, puisque nous sommes le deuxième groupe de gauche au Sénat, que nos quatre sénateurs ont été brillamment réélus, tant mieux pour eux. Pour le reste, évidemment, la création d'un groupe du RN, c'est quelque chose qui est nouveau, puisqu'il n'y en avait pas avant. Ça va changer le rapport de force
? Ça va changer les
discussions ?
Moi je préfère le dire honnêtement, ça fait longtemps qu'un certain nombre d'élus de droite, dits élus républicains, avaient épousé les thèses de l'extrême droite. Donc d'une certaine manière,
l
'extrême droite, par les idées, était déjà présente au Sénat. Vous savez, moi je suis membre de la commission des lois. On avait déjà des propositions qui émanaient de Bruno Retailleau et de ses amis, qui ressemblaient comme deux gouttes d'eau aux propositions de l'extrême droite. Donc tout ça ne change pas fondamentalement la donne. En tout cas, ce qui est sûr, c'est que pour ce qui
nous concerne... Ça ne nous inquiète pas.
En tout cas, pour ce qui nous concerne, nous, le groupe communiste, nous nous battrons évidemment contre ces idées, et nous ferons preuve d'une grande détermination, comme toujours.
Alors,
Yann Brossat, il y a également deux nouveaux sénateurs, la France Insoumise, qui vont donc faire leur entrée au Sénat. Est-ce que vous allez travailler avec eux
?
C'est trop tôt pour le dire. Moi, ce que je souhaite globalement, c'est que les sénateurs de gauche puissent travailler ensemble. Il faut dire la vérité, c'est que le rapport de force est très défavorable à la gauche au sein du Sénat, et nous ne serons pas de trop pour défendre le service public, la justice sociale, la justice fiscale. Il va bientôt y avoir un débat budgétaire. Moi, ce que je souhaite, c'est que l'ensemble des sénateurs de gauche puissent, de concert, refuser les régressions proposées par le gouvernement. Un gouvernement qui veut taper sur les retraités, qui veut taper sur les
fonctionnaires. Ça veut dire que vous
n
'écartez pas la possibilité de travailler avec deux sénateurs et la vie ? Moi, je souhaite qu'on travaille avec l'ensemble des sénateurs de gauche, notamment eux. Ça ne veut pas dire... Pour intégrer votre groupe
?
Je crois que pour l'instant, ça n'est pas une demande qu'ils ont faite. Oui, parce que les écologistes disent non. J'ai vu. Mais pour l'instant, aucune demande ne nous a été adressée.
Mais quelle sera votre réaction, si c'est le cas ? Je
les félicite pour leur élection. Je prends les échéances les unes après les autres. La constitution des groupes, c'est lundi prochain. Et s
'ils en font la demande
aussi
? On
verra bien, on étudiera la demande. Mais pour l'instant, elle n'a pas été faite.
Alors, Yann Brossat, sénateur communiste de Paris et directeur de la campagne de Fabien Roussel. L'actualité, c'est également la visite du pape en France. Emmanuel Macron, finalement, a décidé d'assister à la messe. Il avait dit qu'il n'assisterait à aucune messe. Qu'est-ce que ça vous inspire, ce revirement ?
Le
président de la République fait ce qu'il veut. Moi, je n'étais pas à la messe. J'étais la veille devant le parvis de Notre-Dame avec le maire de Paris. Pour accueillir le pape. En l'occurrence, la ville de Paris a contribué aux travaux qui ont eu lieu à cet endroit. Et donc, il était important que nous soyons là. Moi, j'ai surtout été sensible au message du pape. J'étais d'ailleurs frappé par le décalage entre le contenu de ce que dit le pape sur la paix, sur l'accueil des réfugiés et les personnes qui étaient devant lui et qui, pour une part, comme Marine Le Pen ou Jordan Bardella, sont très, très éloignées de ces thèses-là.
Moi, je suis heureux qu'une grande voix comme celle du pape puisse dire qu'on a besoin d'un monde qui soit plus pacifique et d'un monde dans lequel on tende la main aux réfugiés. J'étais notamment très sensible au fait que le pape est venu dans le 18e arrondissement de Paris, qui est mon arrondissement, et il a visité la maison Bakhita, qui est un lieu d'accueil des réfugiés, que la ville de Paris a d'ailleurs soutenu au moment de sa fondation. Donc tout ça,
c
'est un propos qui, moi, m'intéresse, qui me touche et qui, je trouve, est rafraîchissant dans une période où on entend trop peu ça.
Votre candidat, Fabien Roussel, à la présidentielle, a préféré la marche pour le climat à la marche à la messe de samedi. C'était pas une erreur de tourner le dos à cette ferveur populaire
? Non, il n'y a pas tourné le dos. J'ai vu d'ailleurs qu'il a partagé sur ses réseaux sociaux un certain nombre de propos tenus par le pape, notamment sur cette question de la paix, dans un monde où on n
'a
jamais eu autant de guerres, autant de déplacés, autant de morts à cause des guerres.
Et
donc, non, non, nous avons été sensibles à ce discours. Après, je n'aime pas beaucoup la récupération politique à laquelle on a assisté, de la part d'un certain nombre de responsables politiques d'extrême droite, qui, une fois de plus, défendent des thèses qui sont aux antipodes de ce que dit le pape. Et donc, tout ça a quelque chose d'un peu ridicule, a fortiori à quelques mois d'une élection présidentielle, et il ne s'en dégage pas une grande sincérité. Vous pensez à quoi, précisément ? Par
exemple, lorsque
le pape dit qu'il faut accueillir les réfugiés, les accueillir dignement, et que vous avez des responsables du Rassemblement National qui sont là, devant lui, à la messe, et qui en dressent les loges, il y a quelque chose d'un peu contradictoire ou d'un peu paradoxal. On
pourrait vous opposer aussi qu'il a aussi un message sur l'affirmation catholique face à d'autres religions, et on pense évidemment à l'islam. Donc là, on pourrait imaginer que ce soit raccord avec, finalement, le discours de l'extrême droite.
Il n'y a rien dans le discours du pape qui parle négativement ou en des termes défavorables des autres religions. Pas du tout ! Et en l'occurrence, ce que j'ai trouvé positif dans la visite du pape, c'est précisément qu'il n'y a aucune haine contre les autres religions, et notamment contre la religion musulmane. Pas du tout, et tant mieux. Et je pense qu'on a besoin de cette concorde-là en ce moment.
Qu'avez-vous pensé du message de paix précisément porté par le pape ? Je pense à la citation des bruits de bottes. Est-ce que le président de la République devrait mieux tenir compte des messages papaux et ne pas envoyer de troupes en Arabie Saoudite, par exemple, précisément
? En tout cas, ce qui est sûr, c'est qu'on nous prépare, depuis maintenant des mois, à coups de discours bellicistes à la guerre, partout. Et je pense que, oui, ce discours qui consiste à dire qu'il faut travailler à une perspective de paix est un discours qui est positif, qui rejoint d'ailleurs ce que nous disons nous, ce que Fabien Roussel dit. Aujourd'hui, vous prononcez le mot paix et vous êtes directement au banc des accusés. Aujourd'hui, lorsque vous dites qu'il faut travailler à une solution diplomatique, évidemment qu'il faut soutenir l'Ukraine, et pour ce qui nous concerne, ça ne nous a jamais posé de soucis. Moi, je le dis, il y a évidemment un agresseur, un agressé.
Les choses sont très claires. Simplement, au bout de cinq ans de guerre, de morts qui s'accumulent, travailler à une perspective diplomatique, à une perspective de paix, ça devrait s'imposer comme une évidence. C'est ce que Fabien Roussel a dit. Certains l'ont d'ailleurs beaucoup critiqué pour ça. De mon point de vue,
il a raison.
La France doit dialoguer avec la Russie. La France doit dialoguer avec tout le monde. Et la force de la France, c'est d'être capable de dialoguer avec tout le monde. Ce que je trouve absurde, c'est que l'Ukraine, c'est en Europe. Et aujourd'hui, les Européens sont complètement absents du paysage diplomatique. Il n'y a que les Etats-Unis pour discuter avec les deux camps. Alors même que cette guerre, elle se déroule sous nos yeux, sur notre continent. Et donc oui, la question diplomatique, elle doit être posée. Et tant mieux si le pape y contribue. Vous
le
dites pour des raisons stratégiques ou vous le dites parce que, selon vous, on n'a plus les moyens d'aider l'Ukraine
? Non, ce
n
'est
pas une question de moyens. C'est simplement que la guerre, c'est un désastre pour tout le monde. C'est un désastre pour les Russes. C'est un désastre pour les Ukrainiens. Et à un moment donné, travailler une perspective de paix, oui, cela devrait s'imposer parce qu'il n'y a pas de solution militaire. Il y a une solution diplomatique. Encore faut-il qu'on y travaille et qu'on souhaite y travailler. Et par ailleurs, puisque vous posez la question des moyens, oui, il y
a
quand même une question à se poser. On a un budget qui est voté année après année. Et au sein de ce budget, le seul qui augmente, c'est le budget militaire. Et on nous explique en permanence qu'il faut tout sacrifier, l'hôpital public, l'école, parce qu'on a la perspective d'augmenter sans cesse le budget militaire. À un moment donné, il y
a
des choix politiques. Est-ce que le seul budget qu'on souhaite augmenter dans ce pays, c'est le budget des armées ? Ou est-ce qu'on considère que l'hôpital, que l'école, ça doit aussi être des priorités ? Ça fait
partie des débats dont on doit parler. Donc vous rejoignez les positions de Marine Le Pen qui estiment qu'on n'a plus les mêmes moyens et qu'on doit cesser cette guerre et qu'on doit cesser d'aider les Ukrainiens
et parler
à Poutine. Non, moi je ne pose pas les termes de cette manière-là. Pour ce qui nous concerne, nous avons toujours été clairs. L'agresseur, en l'occurrence, c'est la Russie. L'agressé, c'est l'Ukraine. Il faut être capable de soutenir
l'Ukraine. Mais ce que vous dites, par exemple, au président de
la République, il faut prendre langue avec Vladimir Poutine et reparler
avec lui. Il
faudra, à un moment donné, prendre des initiatives diplomatiques qui nous permettent de sortir de cette crise. Oui, ça, bien sûr. Alors,
sur les carburants, Yann Brossard, lorsque Fabien Roussel dit que Total profite de la guerre pour gagner de l'argent, comme Renault pendant la Seconde Guerre mondiale, et qualifie même le patron de Total, de Collabo. Faire ce comparatif avec la Seconde Guerre mondiale, ce n
'est
pas exagéré.
En tout cas, il y a une réalité que les Français constatent.
C
'est que Total, contrairement à ses allégations, voit ses marges, notamment sur le raffinage, littéralement exploser depuis le début de la crise. Et non, mais quand même, quand on se pose deux secondes, ils font des bénéfices records depuis six mois. Puisque, en l'occurrence, les bénéfices de Total sur le premier semestre 2026, c'est 11 milliards d'euros. Ces gens ne payent pas d'impôts sur les sociétés en France. Total ne paye pas d'impôts sur les sociétés en France. Pourquoi ? Pas parce qu'ils ne font pas de thunes en France, mais parce qu'ils se débrouillent pour faire de l'optimisation fiscale.
Vous vous rendez compte qu'un quart des bénéfices de Total sont localisés à Singapour et en Suisse. Comme toutes les entreprises internationales. Oui, mais c'est une honte. Quand on est un groupe français,
on
doit faire preuve de solidarité à l'égard du pays dans lequel on se trouve. Total est d'ailleurs un groupe qui a été créé par l'État français dans les années 20 pour assurer sa souveraineté. Et on a aujourd'hui une entreprise qui touche des aides publiques. Total touche chaque année plus de 400 millions d'euros d'aides publiques. Fait des bénéfices records sur le dos de la guerre et ne paye pas d'impôts sur les sociétés en France. C'est quand même scandaleux. Et donc oui, à un moment donné, c'est une forme de trahison. Vous savez, quand j'écoute M. Pouyanné, j'ai l'impression que c'est Judas qui veut se faire passer pour le bon samaritain.
C'est-à-dire que vous avez quelqu'un qui vous fait croire qu'il rend service aux Français en bloquant les prix. La réalité,
c
'est que le blocage
des
prix à 1,99, ça représente pour lui un effort qui représente 4% sur ses bénéfices. Il n
'est pas obligé de le faire. Il
ne
sait
pas qu'il le fait. Ça ne le met pas tout à fait sur la paille. Et par ailleurs, quand on touche des aides publiques et qu'on ne verse pas d'impôts dans le pays où l'on se trouve, c'est une honte absolue. Et donc, oui, Fabien Roussel a raison de dire que ce groupe devrait être nationalisé et revenir dans le giron public. Ce serait quoi, la solution ? La solution, c'est une nationalisation. C'est faire en sorte que ce groupe redevienne public, qu'au lieu d'être dans une logique qui est une logique de pure rapacité au service des actionnaires, soit un groupe au service de l'intérêt général. Ça nous changerait, parce que le moins qu
'on
puisse dire, c'est qu'aujourd'hui, ça n'est pas le cas.
Avec la nationalisation, ça veut dire aussi avec l'argent des Français ?
Oui, bien sûr,
ça veut dire un effort. Ça veut dire un effort qui peut être lissé sur plusieurs années. Ça ne veut pas dire qu'on verse l'ensemble de la somme d'un seul coup. Mais en tout cas, ça me paraît indispensable si on souhaite sortir de cette logique qui, une fois de plus, prend les Français à la gorge. Je pense évidemment à ceux qui nous écoutent et sont aujourd'hui étranglés par l'évolution du prix des carburants.
Emmanuel Macron a laissé entreouverte la porte d'une taxation des super profits des entreprises pétrolières. Vous aimeriez que ça devienne réalité ?
Oui, mais il est président de la République depuis dix ans. Et surtout, il aurait la possibilité, là, tout de suite, immédiatement, de baisser les taxes sur les carburants.
Il faut le faire maintenant ?
Oui, bien sûr, il faut baisser les taxes sur les carburants. Il faut baisser la TVA. De
combien ? Il faut
supprimer le certificat d'économie d'énergie. Il faudrait revenir à un prix qui soit de 1,70. 1,60, 1,70. Mais qu'on n'en soit pas à cette situation-là. Vous vous rendez compte qu'au moment du mouvement des Gilets jaunes, on était à 1,50 et qu'on a aujourd'hui, depuis, vu le prix des carburants exploser, la moitié du prix, c'est des taxes. Et donc, la première possibilité que l'État a, c'est de baisser les taxes. C'est pour ça que vous appelez toujours la mobilisation
sur les repos. Oui, bien sûr, il
faut une mobilisation parce que beaucoup de Français, notamment de travailleurs qui utilisent leur voiture pour aller au boulot, n'ont pas la possibilité d'attendre les élections présidentielles. Les élections présidentielles, c'est dans longtemps,
c
'est dans huit mois. Et donc, on a besoin de solutions tout de suite. Et tout ce qui permet de faire pression sur le gouvernement pour baisser les taxes,
c
'est bienvenu.
Alors, à propos de la présidentielle, Yann Brossat, vous êtes sénateur communiste de Paris, mais aussi directeur de la campagne de Fabien Roussel. Avec les 2,28% de 2022, les Insoumis vous considèrent responsables du fait que Jean-Luc Mélenchon ne se soit pas retrouvé au second tour. Les mêmes Insoumis qui, on s'en souvient, ont chanté à la fête de l'Huma, non, Roussel n'est pas un camarade. Est-ce que Fabien Roussel ira jusqu'au bout ? Ou bien est-ce que, même à 2 ou 3%, il ne
vaut
pas mieux qu'il les donne à Jean-Luc Mélenchon ?
D
'abord, quand on est candidat, c'est pour aller au bout. Et pour le reste, j'ai entendu d'autres propos de Jean-Luc Mélenchon, qui a manifestement changé d'avis, puisque lors de son université d'été à Valence, il disait que le problème, ce n
'est
pas le nombre de candidats, c'est le nombre d'électeurs pour la gauche. La réalité, c'est qu'on a une gauche qui, ces dernières années, j'espère que ça va évoluer, mais qui, ces dernières années, était trop faible, globalement, puisque tout candidat confondu, elle était à 30-35% des voix. On ne gagne pas une élection présidentielle quand on est à 30-35% des voix. Et donc, la question, c'est comment la gauche se renforce. Et Fabien Roussel, il n'est pas candidat pour faire trébucher un autre candidat de gauche. Il n
'est
pas candidat pour fragiliser la gauche. Il est candidat pour faire en sorte que le socle électoral de la gauche augmente, qu'on ait plus de gens qui votent à gauche. Aujourd'hui, vous avez des tas de gens qui sont désespérés, et je les comprends, qui ne voient pas d'espoir du côté de la gauche. Et bien, nous, notre rôle, c'est de les faire revenir aux urnes et de les faire voter pour la gauche. C'est ça, le sujet.
Donc,
le travail de Fabien Roussel et le vôtre, Yann Brossat, c'est d'élargir l'assiette
d'électeurs de gauche.
Exactement. Et pour que la gauche puisse être victorieuse demain. Nous n'avons qu'un seul objectif, c'est que la gauche gagne. Aujourd'hui, on n'y est pas. Et donc, on a besoin de faire ce travail. Et que notamment, ceux qui travaillent, ceux qui produisent des richesses, qui se sont éloignés quand même de la gauche ces dernières années, puissent se dire qu'il y
a
au moins quelqu'un qui nous comprend et qui fait des propositions qui vont dans notre sens. Et
donc, au final, vous estimez votre résultat à combien ? Plus que les 2,28 de 2022 ?
Bien sûr, plus, beaucoup plus, le plus élevé possible. Et vous savez, chaque pourcentage de plus, chaque voix de plus pour le Parti communiste, ce sera utile pour faire grandir des idées de progrès social. Utile pour les
donner ensuite
à la France insoumise
?
Utile pour faire gagner la gauche.
On
verra bien quel
candidat de gauche est de second tour. Mais si c'est Jean-Luc Mélenchon, qui vous est donné dans un sondage
qualifié au second tour,
à l'instant, ce
matin. De toute façon, nous ferons toujours le choix de la gauche. Ça, il n
'y a
aucune ambiguïté
là-dessus. Y compris avec Jean-Luc Mélenchon.
Mais surtout...
Y compris avec Jean-Luc Mélenchon. Ce
qui me frappe, c'est
que
nous...
Yann
Brossat, y compris avec Jean-Luc Mélenchon. Avec le candidat de gauche qui sera au second tour parce que les électeurs de gauche l'auront choisi. Mais juste, je voudrais revenir sur un mot. Vous l'avez dit, je suis sénateur. Au sénateur, les communistes, ils sont minoritaires. Même si nous sommes minoritaires, nous réussissons à faire évoluer des choses. Vous savez, par exemple, c'est nous qui sommes à l'initiative de la commission d'enquête sur les aides publiques aux entreprises. C'est Fabien Guay, sénateur de Seine-Saint-Denis, qui l'a mis en oeuvre. C'est comme ça qu'on a appris que Total coûtent... Touche, pardon, 400 millions d'euros d'aides publiques chaque année.
Donc vous voyez, même minoritaires, les communistes arrivent à obtenir un certain nombre de choses. Et donc chaque voie de plus pour le candidat communiste,
c
'est une voie qui sera utile pour faire progresser des idées qui vont dans le sens de l'intérêt général.
Yann Brossat, sénateur communiste et directeur de campagne de Fabien Roussel est notre invité ce matin dans la deuxième partie de cet entretien. Un auditeur vous interpellera sur le racisme anti-blanc. Il y aura le hashtag de Benjamin Glaze. Et puis vous aurez trois minutes pour nous convaincre de vos idées en matière de logement, qui est l'un de vos sujets de prédilection. A tout de suite.
Le Grand Matin Sud Radio, 7h10, Jacques Cardoze.
Yann Brossat, sénateur communiste et directeur de campagne de Fabien Roussel est notre invité. Dans quelques secondes, un auditeur vous interrogera, M. Brossat, sur le racisme anti-blanc. Il y aura également l'actualité des réseaux sociaux qui nous emmènera du côté de la primaire socialiste avec vous, Benjamin Glaze, dans un instant. Mais d'abord, vous avez souhaité imposer une régulation sur le logement. Vous avez trois minutes pour nous convaincre du bien fondé de cette mesure parce que vous souhaitez qu'elle soit prolongée.
Oui, bien sûr. À Paris, nous nous sommes battus pour encadrer les loyers. Je sais que ça s'est fait dans d'autres grandes métropoles, notamment dans la métropole lyonnaise. L'objectif, c'est quoi ? L'objectif, c'est de dire qu
'on
ne peut pas avoir des prix délirants. Quand vous voyez que vous avez des studios, parfois de 15 mètres carrés, qui sont loués à 1 000 euros par mois, ça n'est pas acceptable. Et donc, le rôle des pouvoirs publics, à un moment donné, c'est de mettre un certain nombre de bornes, de mettre des règles, de dire qu'on n'a pas le droit de dépasser un certain niveau de prix au mètre carré. Et donc, nous avons mis en place, effectivement, l'encadrement des loyers depuis 2019. C'est une expérimentation qui doit prendre fin au mois de novembre, le mois prochain.
Et moi, ce que je souhaite ardemment, c'est que le gouvernement, puisque ça relève de la loi, nous permette de poursuivre l'encadrement des loyers. Le risque, si l'encadrement des loyers s'arrête le mois prochain, c'est que le niveau des loyers dans nos villes, et il est déjà sacrément élevé, explose littéralement, puisqu'il n
'y
aura plus de bornes, il n
'y aura
plus de limites. Et donc, les propriétaires pourront appliquer des loyers complètement abusifs. Certains disent que ça n'a pas eu les effets escomptés, seulement une limitation de 2 à 3 %. D'abord, 2 à 3 %, c'est déjà ça de pris. Et par ailleurs, ce que je constate, c'est que beaucoup de locataires ont saisi la ville de Paris pour faire en sorte que leurs propriétaires respectent l'encadrement des loyers. C'est-à-dire qu
'ils
se sont aperçus que leurs propriétaires abusaient. Ils se sont tournés vers la ville de Paris. Il y
a
un dossier à remplir sur le site internet de la ville. Et la ville de Paris fait tout ce qu'il faut pour que le propriétaire revienne dans les clous. Et il y a des milliers de locataires qui, de cette manière-là, se sont vus rembourser des sommes absolument considérables. Donc, c'est un dispositif qui fonctionne. D'ailleurs, je le dis, si un certain nombre d'auditeurs sont concernés ou si leurs enfants ou leurs petits-enfants sont concernés, qu'ils n'hésitent pas à leur conseiller d'aller sur le site de la ville de Paris pour faire valoir leurs droits. Ce que je dis surtout, c'est que si ça s'arrête, les loyers vont littéralement exploser.
Et ce serait très, très mauvais dans une période où il y a déjà beaucoup de difficultés de pouvoir d'achat.
On dit aussi que cette loi a bloqué un certain nombre de propriétaires et à ne pas mettre d'une certaine façon leur logement sur le marché et que vous avez, du coup, contracté le marché avec cette loi.
J'entends ça, c'est faux. Quand vous comparez, par exemple, la situation à Paris à la situation à Nice, vous savez, à Paris, il y
a
l'encadrement des loyers. À Nice, il n'y a pas l'encadrement des loyers. Il y a une raréfaction de l'offre locative plus élevée à Nice qu'à Paris. Donc, on ne peut pas lier les deux.
Et l'autre point qui frappe beaucoup, ceux qui passent par la capitale, c'est ces affiches qui disent qu'il faudrait réquisitionner un certain nombre de logements.
Pas exactement. Ce sont des affiches qui disent que les logements vides seront plus taxés à partir de l'année prochaine. Et moi, ça me paraît juste. Si on est capable de laisser son logement vide depuis trois ans, c'est normal qu'on soit taxé parce qu'on a aujourd'hui trop de logements vides et qu'on aurait besoin qu'ils soient remis en location ou remis à la vente, d'ailleurs. C'est-à-dire ? Comment ça pourrait se
traduire ? C
'est-à-dire que c'est une taxe qui est fixée par la collectivité.
Par la mairie de Paris qui s'agirait ?
Oui, tout à fait. La mairie de Paris a décidé de taxer de manière plus forte les logements vacants. Une fois de plus, ça me paraît juste. Si vous mettez votre logement en location pour permettre à des travailleurs de vivre à Paris, vous devez payer moins cher en taxe que si vous laissez votre logement vide et qu
'il
ne sert à rien. Yann Brossat,
on passe à la question d'un de nos auditeurs qui a souhaité vous interroger à propos du renvoi pour meurtre aggravé concernant l'affaire de Crépaule des 11 accusés dans cette affaire et des propos portant atteinte à la race blanche selon lui et la nation française.
On
l'écoute.
Bonjour M. Brossat. Moi, j'avais une question à vous poser. Suite à l'assassinat du jeune Thomas Crépaule, j'aurais voulu savoir si vous considérez que le racisme anti-blanc en France existe réellement. Merci.
En
réalité, il y
a
deux choses qui sont différentes. Vous avez des propos racistes qui peuvent être tenus, des actes qui peuvent cibler des Blancs.
Évidemment,
ça doit nécessiter condamnation.
Ce
qu'il n'y a pas en revanche,
c
'est dans notre pays, une discrimination systémique liée au fait d'être Blanc. Vous n'avez pas plus de difficulté à avoir un logement si vous êtes Blanc. Vous n'avez pas plus de difficulté à avoir un emploi si vous êtes Blanc. En revanche, quand on est noir ou qu'on est maghrébin, ça a été prouvé. On a plus de difficulté à accéder à un logement ou à un emploi. Donc, il y a deux choses différentes. Et donc, tout dépend de ce qu'on met derrière le terme de racisme anti-blanc.
Vous avez
été surpris par cette décision de renvoi pour meurtre aggravé par des propos portant atteinte à la race blanche. Il
y a un principe fondamental dans notre République. C'est la séparation des pouvoirs. En l'occurrence, ça relève du pouvoir judiciaire. Et il ne me revient pas à moi de contester... Une partie de la
gauche a
largement contesté le fait qu'il pouvait y avoir une action
anti
-Blanc.
Je vous dis, il y a deux choses différentes. Ce qui est vrai, c'est qu'en France, on n'est pas discriminé à l'emploi ou au logement parce qu'on est Blanc. En revanche, qu'il y ait des insultes ou qu'il y ait des actes qui puissent cibler des Blancs, en l'occurrence, les juges en statuaient ainsi, ça, oui, ça peut exister et ça mérite condamnation.
Yann Brossat, on passe à l'actualité des réseaux sociaux vus par Benjamin Glaze. Bonjour Yann Brossat. Bonjour. Benjamin nous a rejoint et vous avez bien sûr voulu nous parler de cette primaire socialiste qui fait beaucoup parler.
Oui, le premier tour, ce sera les 9 et 10 octobre prochains.
En
attendant, hier, Raphaël Luxman a obtenu un soutien inattendu. Vous me voyez venir, Yann Brossat, un soutien dont il se serait en tout cas sans doute bien passé, à savoir celui du vice-président LR, François-Xavier Bellamy. Alors l'eurodéputé n'a pas viré à gauche, il est toujours de droite, soutient Bruno Retailleau pour 2027, mais il n'a pas hésité quand le journaliste Marc Fauvel lui a posé la question suivante. Si on vous obligeait de voter à la primaire socialiste, vous voteriez pour qui ?
Si on vous obligeait à voter à la primaire socialiste dans quelques jours, vous voteriez pour qui ? Je voterais, je ne
sais
pas si ça va l'aider si je dis ça. Allez-y, on verra. Je voterais pour Raphaël Glucksmann, parce que Raphaël Glucksmann, on ne pense pas du tout la même chose sur la plupart des sujets. Il est de gauche, je suis de droite, on a des désaccords immenses. Mais je lui reconnais un courage qui me paraît fondamental, c'est que lui a toujours refusé la soumission de la gauche à l'extrême gauche.
Yann Brossat, même question, peut-être pas forcément la même réponse. Si on vous obligeait à voter pour la primaire socialiste, vous voteriez pour qui ? D'abord, c'est
vraiment le baiser de la mort. Je ne
suis
pas persuadé que ça rende vraiment service à Raphaël Glucksmann et j'ai le sentiment que quand François-Xavier Bellamy répond, il en est conscient. Je ne répondrai pas la même chose que lui, ça ne vous étonnera pas. Pour le reste, comment dire ? Je suis communiste, je n
'ai
pas vocation, je ne
suis
pas comme François-Xavier Bellamy, je ne me mêle pas des affaires des autres. Il a été peut-être courageux de
donner un nom. Oui, il
n'a pas proposé celui qui est le plus à gauche de la bande. C
'est pour ça que j'ai dit peut-être que vous n'auriez
pas la même réponse, sans doute.
En tout cas, ce
que je souhaite, c'est que le Parti Socialiste puisse être un partenaire pour nous, les communistes, et ça suppose qu'il soit ancré à gauche. Voilà, ça vous va comme réponse ?
En
tous
les
cas, plus à gauche, sans
doute. Olivier Faure,
je traduis ? Enfin, je ne dirais pas non, mais en tout cas, je ne souhaite pas que le Parti Socialiste tombe, retombe dans ses vieux travers et regarde du côté de la Macronie. Voilà, ça
vous va ? Pas
forcément, il manque un nom, je ne
sais
pas.
Ségolène Royal
?
Non mais en tout cas,
Moi, ce
que je ne voudrais pas,
c
'est que le Parti Socialiste regarde sur sa droite plutôt que de regarder sur sa gauche. Moi, ce que je souhaite, c'est... Moi, je ne crois pas aux gauches irréconciliables. Voilà, je réponds d'une certaine manière à votre question. Je ne crois pas aux gauches irréconciliables. Je ne crois pas qu'à gauche, il y
ait
des frontières infranchissables entre nous. Et donc, à un moment donné, il va bien falloir qu'on travaille tous ensemble. Et donc, ça suppose d'avoir, y compris au Parti Socialiste, des gens qui sont prêts à travailler avec tout le monde et pas des gens qui créent des frontières artificielles
tous les jours. Donc,
n'importe qui, sauf Raphaël Glucksmann.
Non, j'essaye de
comprendre.
Je traduis,
je traduis. Vous êtes seul responsable des propos que vous tenez, Benjamin Glet. Ce sera une nouvelle nupesse, d'une certaine façon ? Non, parce que je ne pense pas qu'à l'époque, la recette ait été bonne. Et de fait, nous n'avons pas gagné avec la nupesse.
Ce
qu'il faut surtout, une fois de plus, c'est qu'il y
ait
plus de gens qui votent à gauche. Et donc, en l'occurrence, que le monde du travail revoit dans la gauche des gens qui les défendent. Et c'est ce que nous essayons de faire avec Fabien Roussel lors de cette élection présidentielle. Qu'est
-ce
qui se
passera précisément si c'est Raphaël Glucksmann qui l'emporte et que ça n'est pas votre choix puisqu'il n
'est
pas suffisamment à gauche ? Je soutiendrai Fabien Roussel, mais de toute façon, c'est ce qui se passera
quoi qu'il arrive à la primaire
socialiste.
Il sera candidat quoi qu'il arrive à Fabien Roussel ?
Il
sera candidat
jusqu
'au bout. Il est candidat à l'élection présidentielle. Il aura les 500 parrainages qui permettent d'être candidat.
Yann Brossat, d'avoir été notre invité ce matin sur Sud Radio. Yann Brossat, donc, sénateur communiste et directeur de la campagne de Fabien Roussel. Très bonne journée à vous. On va se retrouver dans quelques instants pour la vérité en face. Dans l'un de nos débats, on parlera de la visite de Léon XIV en France. Quel message retenez-vous de la visite de Léon XIV en France ? L'appel à la paix et aux racines chrétiennes de l'Europe. L'importance de l'accueil des plus fragiles. On en parlait à l'instant, notamment les migrants ou les malades. La nécessité de réguler l'intelligence artificielle ou bien encore l'encouragement à vivre sa foi avec joie.
Vous pouvez également nous parler des positions du pape sur l'aide à mourir. Et on se retrouve, bien sûr, dans quelques instants. A tout de suite.
Ian Brossat