L'invité politique Sud Radio - David Amiel, Ministre de l’Action et des Comptes publics, est l'invité politique
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Questions et réponses
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- 0:26FerméeRéponse partielle
Est-ce que c'est également les chiffres que vous avez ?
- 0:39OuverteRéponse directe
C'est une mauvaise nouvelle pour les finances publiques ?
- 1:19FerméeRéponse partielle
Combien de milliards de recettes fiscales en moins pour l'État ?
- 1:39OuverteRéponse directe
Des coups de rabot à venir, y compris cette année ?
- 2:03OuverteRéponse directe
Vous confirmez également qu'il n'y aura pas de nouvelles aides à la pompe pour les Français ?
- 2:36FerméeRéponse directe
On ne touche donc pas à la taxe ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:55Invité politiqueChiffre
« La France emprunte désormais à plus de 4,4%. »
- 1:03Invité politiqueFait
« La France est la dernière élève de la zone euro en matière de taux d'intérêt. »
- 4:11Invité politiqueChiffre
« On était à 5,1% de déficit en 2025. »
- 4:37Invité politiqueChiffre
« L'indexation de l'ensemble des retraites sur l'inflation, ça coûterait plus de 6 milliards d'euros l'an prochain. »
- 4:44Invité politiqueFait
« De ces 6 milliards d'euros, on n'a pas aujourd'hui le premier euro. »
- 5:22Invité politiquePromesse
« Ça implique de supprimer l'abattement à 10% pour frais professionnels à l'impôt sur le revenu dont bénéficient les retraités. »
- 8:46Invité politiquePromesse
« Le crédit impôt recherche, il sera sanctuarisé. »
- 16:21Invité politiquePromesse
« Il n'y aura aucune sanction pour aucune entreprise avant la fin de l'année 2026. »
- 19:01Invité politiqueFait
« Il n'y a pas dans le budget qui sera déposé de nouvelles hausses de la fiscalité. »
Temps de parole
- David Amiel59 %
- Présentateur27 %
- Locuteur non identifié5 %
- ?4 %
- Locuteur non identifié 23 %
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Sud Radio, l'invité politique,
Jacques
Cardoze. 8h29 à l'écoute de Sud Radio, l'heure du grand entretien politique. Aujourd'hui, Jacques, vous recevez David Amiel, ministre de l'Action et des Comptes Publics. Bonjour David Amiel. Bonjour. Commençons bien sûr par les chiffres de l'INSEE dévoilés hier et ils ne sont pas bons. L'INSEE ramène sa prévision de croissance pour 2026 à plus 0,4 contre plus 0,7. Est-ce que c'est également les chiffres que vous avez
? Le
ministre Roland Lescure aura l'occasion aujourd'hui, ministre des Finances, d'actualiser les prévisions de croissance. Donc je ne
vais
pas
lui
enlever la primeur
de ces années. C'est une mauvaise nouvelle pour les
finances publiques ? Évidemment, quand la croissance baisse,
c
'est une mauvaise nouvelle pour les finances publiques. Ça a un impact sur le déficit, mais ce n'est pas une raison pour relâcher l'effort budgétaire. Au contraire, c'est une raison de l'accentuer parce que ce qu
'on
voit dans le même mouvement, c'est que les taux d'intérêt augmentent très fortement. La France emprunte désormais à plus de 4,4%. Il faut se rendre compte de ce que ça veut dire. Ce sont des taux qu'on n'avait pas vus depuis la crise financière. Et plus préoccupant encore, la France est la dernière élève de la zone euro en matière de taux d'intérêt. Et tout ça nous oblige à poursuivre les efforts budgétaires. Les crises successives ne peuvent pas servir d'alibi à relâcher l'effort. Au contraire, elles doivent nous pousser
à l'intensifier. Moins de croissance, donc moins de recettes fiscales. Combien de milliards de recettes fiscales en moins pour l'État ?
On aura l'occasion là aussi dans les prochains jours d'actualiser l'ensemble de ces chiffres. L'essentiel, c'est de tenir la dépense publique. Et c'est ce que nous faisons depuis le début de l'année avec des mesures d'annulation de dépenses qui avaient été prévues dans la loi de finances initiales, mais qui ne sont plus possibles au vu de la dégradation économique.
Alors on se dirige clairement vers de nouvelles économies avant la fin de l'année. Des coups de rabot à venir, y compris cette année ?
Il
y aura
encore effectivement des baisses de dépenses publiques en cours d'année.
Ce
matin même, 500 millions d'euros ont été annulés au sein des ministères en demandant à l'ensemble des ministres concernés de continuer à faire des efforts tout en demandant évidemment de pouvoir financer des aides indispensables face aux crises. Je pense évidemment en ce moment aux agriculteurs.
Alors vous confirmez également, parce que c'est l'un des sujets de préoccupation des Français, qu'il n'y aura pas de nouvelles aides à la pompe pour les Français qui souffrent et qui tirent la langue quand ils doivent faire le plein.
L
'aide au carburant qui avait été annoncée au printemps est ouverte jusqu'au 30 septembre. Je pense évidemment à tous les Français qui prennent leur voiture pour se rendre au travail, pour emmener leurs enfants, pour vivre tout simplement. Mais nous sommes dans une situation budgétaire extrêmement difficile. Et pour ne
pas
que ça se traduise par une avalanche d'impôts pour les Français, effectivement nous devons avoir des aides qui sont temporaires.
Mais on ne touche donc pas à la taxe.
C
'est-à-dire que Michel-Édouard Leclerc dit par exemple qu'il faudra un plafonnement des prix à un moment donné. Je crois qu'il n'en est pas question. Ça a été dit en tous les cas par Bercy ces dernières heures. Vous, de votre côté, vous ne touchez pas à la taxe, à cette part que prélève l'État. D'abord, il faut être
très clair, l'État ne gagne rien sur la hausse des prix du carburant. Beaucoup l'ont dit au début de la crise. On voit d'ailleurs depuis que tous les chiffres le démentent. Pourquoi ? Parce que les prix augmentent, mais évidemment la consommation baisse. Et quand la consommation baisse, les recettes qui sont assises sur
la
consommation de carburant reculent aussi quand on compare ce que l'État a perçu depuis le début de l'année par rapport à l'année précédente, avant la guerre dans le L3 d'Hormuz. Il n'y a aucun bénéfice pour l'État. Au contraire, on voit par contre tous les impacts qu'a la croissance sur les recettes fiscales. Vous-même, vous m'interrogiez dessus.
Mais sur le prix du carburant lui-même, David Amiel, lorsqu'on paye notre gasoil 2,40 euros au lieu de le payer 1,80, même si ça remonte, il y
a
une part qui est plus importante et qui est prélevée par l'État.
Non, parce que vous parlez là de la TVA, mais le principal impôt qui pèse sur le carburant, c'est ce qu'on appelle la TICPE, la taxe sur la consommation des produits pétroliers. Et elle baisse beaucoup et les deux se neutralisent pour les comptes
publics. Alors, on le voit bien, la perspective, c'est le budget 2027. On se pose la question de savoir qui va passer à la caisse. Est-ce que les retraités ont du souci à se faire
? Les
efforts devront être partagés. La situation budgétaire, je le disais,
est
extrêmement difficile. Il faut impérativement réduire le déficit public. On était à 5,1% de déficit en 2025. Il faut évidemment qu'on continue à le réduire. Et pour ça, ça impliquera d'avoir un budget honnête. Et un budget honnête, ça veut dire un budget qui, effectivement, implique des efforts et des choix.
Et
vous parlez de la question des retraités. Souvent, les politiques n'aiment pas en parler. Vous savez pourquoi ? Parce que les retraités sont très nombreux et qu'ils votent beaucoup. Absolument. Mais justement, on n'a pas le droit de mentir aux retraités. L'indexation de l'ensemble des retraites sur l'inflation, ça coûterait plus de 6 milliards d'euros l'an prochain.
De
ces 6 milliards d'euros, on n'a pas aujourd'hui le premier euro. Alors, il faut dire les choses.
Ou
bien, on augmente toutes les retraites à hauteur de l'inflation. On indexe 100% des retraites à hauteur de l'inflation. C'est possible. Ça implique une chose. Ça implique de supprimer l'abattement à 10% pour frais professionnels à l'impôt sur le revenu dont bénéficient les retraités.
Ou
bien,
on
dit, on augmente,
on
indexe qu'une partie, les plus petites pensions, par exemple à hauteur de l'inflation, mais ça implique de baisser très fortement l'abattement à 10% pour frais professionnels dont bénéficient les retraités à l'impôt sur le revenu à l'euro près. Mais celui qui vous dit qu
'il
peut augmenter, ne serait-ce que les petites pensions à hauteur de l'inflation, sans réformer à l'euro près l'abattement de 10% pour frais professionnels, celui-là ment ou bien fera exploser
le déficit public. David Amiel, pour que ce soit bien clair, ça veut dire que la piste qui est envisagée, c'est plus l'abattement de 10% pour frais professionnels qui pourraient être revus
? Ce
qui est certain, c'est qu'il faudra choisir entre les deux. Il ne
peut
pas y avoir de demi-mesure. Ce
serait mentir
aux retraités. Le Premier ministre arbitrera entre les différentes options. Il y a une chose qui est certaine, on ne peut pas avoir de demi-mesure. Et toute indexation, même partielle, des pensions sur l'inflation, devra être financée par une baisse à proportion de l'abattement à 10%. Et si jamais on voulait indexer toutes les pensions sur l'inflation, ça impliquerait d'aller jusqu'à la suppression de l'abattement à 10%.
C'est clair. S'il y a des indexations, à partir de quel niveau de pension pensez-vous que ce serait raisonnable ? Il y a eu des chiffres qui ont été cités. Vous-même, vous aviez évoqué la ligne de crête de 3 000 euros. D'autres ont dit 2 500 euros. Quelle serait l'idée la plus raisonnable, selon vous
?
Tous les débats en la matière sont évidemment difficiles. Et donc, c'est la raison pour laquelle il faut aussi trouver l'équilibre, j'évoquais, entre la question de l'abattement, la question de
l
'indexation des petites pensions.
Je
n'annoncerai pas ce matin un seuil. L'essentiel, c'est d'avoir vraiment ce principe-là. Il n'y a pas aujourd'hui 1 euro pour augmenter les pensions de retraite à hauteur de l'inflation. Évidemment, il ne s'agit pas de les baisser. Je parle de l'augmentation. Et donc, tout ce qu'on fera en matière de pensions de retraite devra être financé par des réformes de l'abattement à
10%.
Mais vous êtes clair, ce matin, au micro de Sud Radio, David Amiel, ministre de l'Action et des Comptes Publics, vous nous dites qu'il y aura un choix à faire entre l'abattement de 10% et la désindexation des plus grosses
pensions.
Tout à
fait. On
est clair là-dessus. Tout à fait. Et le choix n'est pas encore totalement arbitré, mais on se dirige vers ce choix-là. Exactement. Merci d'avoir précisé ce point. Alors, il y a un autre point qui est en débat aujourd'hui, c'est celui des arrêts maladie. La durée d'une première prescription est plafonnée à 31 jours. Est-ce qu'on peut la raccourcir encore, cette période-là
?
La période, non. En revanche, il faut pouvoir continuer à faire des économies sur les arrêts maladie ou plus exactement d'éviter l'explosion des arrêts maladie qui se poursuit. C'est un travail auquel la ministre de la Santé, le ministre du Travail sont entièrement dévoués avec les organisations syndicales, avec les organisations patronales. Il y a évidemment la question du contrôle aussi des arrêts maladie qui est importante parce qu
'il
ne
s
'agit évidemment pas de jeter l'oppreuve sur les personnes qui sont malades et qui ont bien besoin de pouvoir être indemnisées. Donc, le travail se poursuit sur la question. Est-ce que vous pourriez envisager de toucher au délai de carence qui est actuellement de trois jours ? Il y aura des débats, mais je le dis aujourd'hui,
la
concertation se poursuit autour du ministre du Travail. Je n
'ai
vraiment pas d'annonce à faire en la matière. Ce sont des questions d'ailleurs qui dépassent entièrement le budget 2027.
Concernant le crédit d'impôt recherche aujourd'hui qui nous coûte près de 8 milliards d'euros par an, est-ce qu'on peut imaginer qu'il soit lui-même raboté au moment où on cherche
30
milliards ? D'ailleurs, j'en profite pour vous reposer la question, David Amiel.
On
recherche 30 milliards, mais c'était avant les mauvaises prévisions qui ont été annoncées hier. Est-ce qu'on cherche encore 30 milliards ou plus ?
C
'est pour ça
qu'on aura l'occasion d'actualiser les prévisions macroéconomiques et donc celles des finances publiques. Mais vous m'interrogiez sur le crédit impôt recherche. Le crédit impôt recherche, il sera sanctuarisé parce que c'est extrêmement important dans la bataille industrielle que nous menons, dans la bataille pour la compétitivité de l'économie française, de ne pas céder du terrain. Regardez tous les jours, on voit la déferlante de l'intelligence artificielle, on voit les innovations qui explosent aux Etats-Unis, en Chine. On ne peut pas pénaliser nos centres de recherche en France.
D'une façon plus générale, pouvez-vous nous dire et nous redire et nous garantir d'une certaine façon qu'il n'y aura pas de hausse d'impôts pour financer tout cela ? Parce qu'on voit bien, avec les mauvais chiffres d'hier qui ont été annoncés, c'est que les 30 milliards, ce sera peut-être 35 ou 40 milliards. Vous aurez l'occasion de préciser le chiffre un petit peu plus tard. Mais je repose ma question, est-ce que les Français aujourd'hui peuvent avoir la garantie qu'il n'y aura pas de hausse d'impôts
? Le
but précisément des économies que nous engageons, des économies difficiles, on vient d'en évoquer certaines, c'est d'éviter une avalanche d'impôts sur les Français, des classes populaires, des classes moyennes, des travailleurs.
Il
y aura en revanche un débat sur les niches fiscales parce que, vous en conviendrez avec moi, personne ne comprendrait qu'on demande des efforts importants aux Français, à l'ensemble de la population, aux retraités. On en parlait sans demander aussi un effort aux plus aisés. C'est la raison pour laquelle j'ai proposé au Premier ministre des réformes de certaines niches fiscales qui bénéficient uniquement aux plus fortunés.
Et
là aussi,
on
aura l'occasion de pouvoir rendre les arbitrages prochainement.
On
parle par exemple des ruptures conventionnelles qui aujourd'hui pourraient être revues ? On parle de choses différentes.
On parle de choses
différentes. D'abord, il y
a
une réforme des ruptures conventionnelles qui a été portée par le ministre du Travail qui va maintenant livrer ses fruits.
C
'est important aussi parce qu'on voit bien que c'est un outil qui est utile, mais c'est un outil qui a pu aussi être dévoyé. Mais c'est une question différente de celle de la justice dans l'effort dont je parlais qui, pour le coup, est une question de bon sens. On ne peut pas demander des efforts à l'ensemble des Français en en exemptant les plus fortunés. Il ne
faut
pas le faire en pénalisant la compétitivité. Il ne
faut
pas le faire en pénalisant les entreprises. Mais on peut le faire en réformant certaines niches fiscales. C'est ce que j'ai proposé au Premier ministre.
Je
repose ma question peut-être un peu différemment. Est-ce que vous allez revenir sur ces exonérations qui s'appliquent aux ruptures conventionnelles ? Donc les licenciements, les retraites pour les plus hauts revenus. Est-ce que ça, ça fait partie des pistes envisagées
?
La vraie question qui est posée, c'est celle des ruptures conventionnelles de manière générale et parfois des abus qui peuvent y avoir. Là aussi, les travaux se poursuivent pour voir comment on peut les endiller.
Alors Sébastien Lecornu dit qu'il n'y aura pas d'impôts nouveaux. Mais il ne parle que d'impôts nouveaux. Il y a les impôts existants. Est-ce que sur les impôts existants, il pourrait y avoir une répercussion et une augmentation
?
C'est ce que j'évoquais à l'instant.
Il
n'y
aura
pas de création d'une nouvelle TVA, d'une nouvelle CSG, enfin que sais-je, c
'est
ce que vous évoquez un peu là. Ça n'empêche pas que quand il y a des niches fiscales qui sont détournées ou il y a des abus, qu'on puisse évidemment les réformer.
Alors David Amiel, ministre de l'Action et des Comptes Publics, voyons quelles répercussions il pourrait y avoir sur le Parlement parce qu'il va falloir le voter ce budget. Les socialistes aujourd'hui sont en campagne. J'ai envie de dire qu
'ils
vous ont fait un petit cadeau il y a un an. Ils n'ont aucune raison de faire un cadeau cette année. Vous êtes confiant sur le vote de ce budget ?
Je pense qu'ils ont quand même une grande raison de pouvoir discuter et de négocier avec nous.
C
'est le sens de l'État.
Parce
que s'il n'y a pas de budget pour l'année prochaine,
ce
n
'est
pas un problème pour le gouvernement, c'est un problème pour le pays.
Parce
que le déficit public explosera, l'économie sera extrêmement sévèrement affectée, les données sont publiques, ce n
'est pas
le ministre du Budget qui le dit, c'est le Conseil d'État et l'Inspection Générale des Finances tout est en ligne. Sauf que
vous dévoquez la grèce. Soutien aux
agriculteurs, soutien aux entreprises, commandes militaires, etc. Tout cela s'effondrera. Donc il faut que tous ceux qui ont à cœur les intérêts du pays puissent se mettre autour de la table, puissent travailler à un budget. Je pense évidemment au Parti Socialiste, je pense aux Républicains et je pense au Bloc Central. Et puis ensuite, il y
aura
une élection présidentielle pour
régler les grands
désaccords idéologiques. Et rien n'empêchera d'ailleurs celui qui gagne l'élection présidentielle au mois de mai de pouvoir, s'il le souhaite, faire un budget rectificatif à l'été pour
corriger ce qu'il souhaitera. Mais David Amiel, les socialistes, ça risque d'être un casus belli pour eux. Vous allez toucher aux retraites, on l'a bien compris.
Mais
les socialistes ont eux-mêmes fait des réformes courageuses. Je pense à la réforme de Marisol Touraine, pense à des mesures qui avaient été prises sous le quinquennat de François Hollande. Et à nouveau, tout cela est réversible, puisque tout cela pourra être, après l'élection présidentielle, modifié par celui qui la gagnera. En revanche, ce qui serait irréversible, c'est d'envoyer le pays dans le décor.
Yael Brown-Privé plaide pour l'adoption du budget par 49,3 la présidente de l'Assemblée en l'absence d'un compromis. Si ce compromis n'arrivait pas, est-ce que vous pensez que ce serait la voie prioritaire ? C'est
une voie évidemment possible. On l'a vu ces dernières années. Il a été utilisé à plusieurs reprises. Mais ce qui compte aujourd'hui, c'est de pouvoir au plus vite avoir une discussion avec la gauche républicaine, la droite républicaine et le bloc central autour de, au fond, ce qui fait quand même nos convictions communes, c'est-à-dire la nécessité de pouvoir réduire le déficit public pour éviter de mettre le pays dans le mur, de pouvoir laisser à
la campagne présidentielle le soin.
Sachant qu'avec le 49,3, il y
a
un vrai
risque de censure. C'est pour
ça que je
ne viens pas sur les méthodes. Et
que tout le monde est en campagne
électorale.
Mais c'est pour ça que la question de la méthode, elle est secondaire. Ce qui compte aujourd'hui, c'est l'état du pays. On ne peut pas, parce qu'il y
a
une campagne présidentielle, se dire on s'en lave les mains de l'impact sur l'économie, on se lave les mains de la situation financière de la France. On peut en veiller tout ça dans le mur. Et je peux vous dire, je pense que ce serait un très mauvais calcul pour ceux qui sont candidats à l'élection présidentielle, parce que je ne vois pas comment on peut aller expliquer aux Français qu'on souhaite présider un pays quand, dans le même moment, on ferait tout
pour le déstabiliser. Est-ce que la meilleure solution, ce ne seraient pas les ordonnances qui vous permettraient de faire ce que vous souhaitez, d'assumer les décisions et d'éviter, pardon, mais un nouveau psychodrame à l'Assemblée
? Mais, dans
tous les cas, l'Assemblée nationale a tous les moyens constitutionnels de pouvoir renverser ou pas un gouvernement, de pouvoir amender un budget. Il n'y aura pas, il n'y a pas, je le dis, d'échappatoire à la nécessité de forger un compromis. Et ce compromis, il doit être fait entre la droite républicaine, la gauche républicaine et le bloc central. Ce n
'est
pas facile, ce n
'est
pas facile de faire des compromis, ce n
'est
pas facile de le faire en période de campagne présidentielle, mais c'est encore plus nécessaire. Et à nouveau, les désaccords idéologiques, ils seront tranchés au mois de mai prochain. Ce ne serait pas plus simple quand même avec les ordonnances
? Mais,
je vous le répète, il n'y
a
pas d'échappatoire à la nécessité d'avoir un compromis quel que soit l'outil constitutionnel que vous évoquez.
Dans la deuxième partie, vous réagirez à l'actualité des réseaux, la question d'un auditeur et vous pourrez également développer votre carte blanche autour de la facturation électronique.
A
tout de suite. Le Grand Matin Sud Radio, 7h10h, Jacques Cardoze. David Amiel est l'invité de Sud Radio ce matin. David Amiel, vous êtes ministre de l'Action et des Comptes Publics. Dans la deuxième partie de cet entretien, vous allez réagir à l'actualité des réseaux sociaux de Benjamin Gleis dans un instant. On aura la question d'un auditeur et puis, vous allez développer votre carte blanche puisque nous proposons que vous puissiez développer un thème de votre choix et vous avez choisi de parler de la facturation électronique qui en effet inquiète beaucoup aujourd'hui les chefs d'entreprise et les artisans.
C
'est à vous.
Sur la carte blanche ?
Sur la carte
blanche, c'est à vous.
Il y a
même le petit chrono
qui vous accompagne. Très bien, excusez-moi. Je voulais effectivement utiliser ces quelques minutes d'abord pour rassurer
ce
qui concerne la facturation électronique. Évidemment, il n'y aura aucune sanction pour aucune entreprise avant la fin de l'année 2026 parce que c'est un changement qui prend du temps. C'est un changement qui est à l'œuvre puisqu'on a aujourd'hui 70% des entreprises qui déclarent la TVA qui
sont
rentrées dans la démarche, qui ont adopté une plateforme de facturation. C'est au-delà
de
ce qu'on anticipait au vu des exemples des pays voisins. De combien ? Pays voisins qui ont pensé à être plusieurs points en dessous. Pays voisins où la réforme de la facturation électronique a très bien marché. Je pense à la Belgique depuis le début de l'année. Je pense à l'Italie. Et tout cela est au service de notre économie parce que derrière, ça veut dire quoi ? Ça veut dire moins de paperasse. Ça veut dire moins de délai de paiement. Ça veut dire une simplification pour les entreprises qu'on a observées, je lis, dans les autres voisins européens.
Mais
évidemment,
la transition.
La transition, bien sûr. Une chasse à la fraude qui permet de détecter mieux la fraude à la TVA sans aller précisément embêter l'immense majorité des entreprises qui respectent les règles avec des contrôles tatillons, des demandes incessantes de documents. Tout ça grâce à la facturation électronique, il n'y
en
aura plus besoin. Donc c'est une réforme très efficace mais évidemment, le passage, il prend du temps. Il faut de l'accompagnement. D
'ailleurs,
je remercie beaucoup les organisations patronales qui soutiennent cette réforme, sont très mobilisées. Les experts comptables, les banques, les chambres de commerce, tout ça doit nous permettre d'accompagner progressivement chacun.
C'est pour quelle catégorie de profession que c'est le plus problématique j'imagine ? Les artisans, ceux qui sont peut-être seuls face à leur ordinateur et qui n'ont pas forcément l'habitude de fonctionner comme cela ?
Mais c'est d'ailleurs pour cela que pour les plus petits artisans notamment, il n
'y a
pas d'obligation aujourd'hui
d
'émettre des facturations électroniques.
Il
y
a
simplement une demande de pouvoir les recevoir et je le dis avec beaucoup de temps et c'est la raison pour laquelle évidemment, il n
'y
a aucune sanction pour aucune entreprise avant la fin de l'année.
Ça valait le coup d'être précisé. On va passer à la question auditeur puisque c'est aujourd'hui un auditeur qui veut vous interroger je crois sur la problématique des buralistes. On l'écoute.
Bonjour M. Amiel, moi c'est Romain, buraliste à la Tour du Pain en Isère. Je souhaite vous poser une question par rapport aux taxations et au prix des cigarettes. Est-il possible d'avoir un moratoire par rapport à toutes ces taxes pour le futur car nos commerces sont en difficulté et en péril ? Voilà, merci à vous.
Question de Romain donc à vous M. le ministre. Oui, d'abord j'en profite à travers l'auditeur qui m'interroge pour saluer l'ensemble des buralistes parce que ce sont des commerçants courageux qui traversent des années je le sais aussi difficiles particulièrement liées à la contrebande aussi qu'on voit à la fois de pays étrangers de cigarettes en circuit etc. J'aurai l'occasion d'y revenir. Il n'y a pas dans le budget qui sera déposé
de
nouvelles hausses de la fiscalité en revanche il n
'y
a pas de gel
par
rapport à l'inflation ce que certains ont demandé donc
pas
de nouvelles mesures mais effectivement pas de gel en revanche il y
a
un renforcement considérable des moyens de la douane dans le prochain budget notamment pour pouvoir lutter contre la contrebande de cigarettes qui coûte extrêmement cher à notre économie qui d'ailleurs est dangereuse pour la santé des français et qui évidemment déstabilise profondément le
réseau C
'est une
concurrence déloyale d'une certaine façon
Exactement C'est une concurrence déloyale pour tous nos pluralistes
On
va passer au regard sur les réseaux sociaux de Benjamin Glaze Benjamin vous nous avez rejoint vous avez souhaité reparler de cette polémique soulevée par la ministre Aurore Berger
Reparler en tout cas on continue d'en parler énormément sur les réseaux sociaux cela fait suite à des propos qu'Aurore Berger a tenu au sujet de la thèse du grand remplacement une thèse qui nous vient de l'écrivain d'extrême droite Renaud Camus ce dernier assure que les français dits de souche sont en train d'être remplacés par une population étrangère non européenne et ce avec la complicité des élites mercredi sur CNews Aurore Berger a indiqué alors qu'elle était interrogée pour dire si cette thèse est raciste ou pas elle a dit je ne pense pas que ce soit une théorie et donc sur France Info hier la ministre chargée de la lutte contre les discriminations a été invitée à préciser sa pensée
je
crois que ce sont et je considère que cette théorie est une théorie mensongère qu'elle est fausse qu'elle attise les peurs qu'elle ne se base sur aucune donnée statistique parce qu'en fait au départ ça devrait être des éléments statistiques est-ce que oui ou non la population française qui est déjà diverse dans sa composition et dans son histoire est-ce que oui ou non elle serait remplacée par des populations venues de l'étranger c'est faux et c'est mensonger
et ça joue avec les peurs mais c'est raciste
en revanche comme on m'interrogeait sur la question de la liberté d'expression est-ce que quelqu'un demain sur votre antenne a le droit de défendre cette idée-là je crois que ça fait partie du combat politique je crois que ça fait partie de la liberté d'expression à gauche on s'indigne mais également dans votre camp monsieur le ministre sur Twitter Priska Thévenot l'interpelle directement elle indique que le grand remplacement n'est pas un débat c'est une théorie complotiste écrit-elle qui a motivé des attentats terroristes David Amiel est-ce que vous condamnez tout d'abord les propos d'Aurore Berger ou est-ce que vous soutenez votre collègue dans cette affaire
? Non
mais je crois qu'il faut revenir à l'essentiel le grand remplacement entre guillemets
c
'est une thèse à la fois absurde ignoble qui alimente évidemment la haine raciale dans notre pays donc moi je suis un membre du gouvernement je suis élu comme parlementaire à l'Assemblée Nationale je la combats politiquement la
combats idéologiquement elle ne dit pas autre chose
elle dit que c'est de la liberté d'expression en gros que la thèse du grand remplacement a sa place dans le débat public dans les médias c'est ce que vous pensez vous-même David Amel je pense
qu'il
faut combattre cette thèse
partout
où elle est exprimée c'est le sens même y compris dans les médias
évidemment
qu'il faut quand on est élu généralement en combat ou bien combat verbalement ou bien sur les marchés ou bien dans l'Assemblée Nationale ou bien au Sénat ou bien dans les médias donc évidemment qu'il faut pouvoir le faire après il
y a
une question judiciaire qui est une question différente ça il appartient aux tribunaux de le trancher en fonction des propos précis qui sont tenus mais il est évident que politiquement
idéologiquement culturellement il faut les combattre et je ne crois pas qu'Aurore Berger
ait dit
autre
chose non mais
elle a eu raison de dire cela en tout cas
je
trouve surtout qu'on a affaire à une fausse polémique si vous me pardonnez parce que ce qui compte quand on est responsable c'est de savoir ce qu'on combat politiquement et en l'occurrence il n'y a aucune ambiguïté sur le fait que
ces propos
doivent être fermement
défermement on
voit bien qu'on est en campagne électorale puisque tout le monde s'est jeté sur les propos d'Aurore Berger pour vous il n
'y a
pas de sujet c'est à dire que évidemment vous n'êtes pas d'accord sur cette thèse et vous nous l'avez expliqué Aurore Berger dit la même chose en revanche vous nous le redites ici à ce micro ça fait partie des thèses qui doivent être combattues j'ai envie de dire politiquement de la part de votre camp on est bien d'accord
c'est l'évidence même c'est tout le sens d'ailleurs du combat que nous menons contre l'extrême droite de manière générale et donc je traduis c'est une fausse polémique selon vous David Amiel ce que je dis c'est qu'il faut combattre l'extrême droite partout où on le peut politiquement ensuite il y
a
des choses qui relèvent de la justice c'est au tribunal
c'est ça
la question qu'est-ce qui relève du combat politique qu'est-ce qui relève des tribunaux moi je m'exprime sur ce qui relève du combat politique et ensuite des juges pour trancher sur le plan judiciaire
merci infiniment David Amiel d'avoir été notre invité ce matin vous êtes ministre de l'action et des comptes publics on imagine donc que les journées sont très longues en ce moment pour l'élaboration de ce budget 2027 j'espère que vous aurez l'occasion de revenir à ce micro très belle journée à vous dans la prochaine heure on reviendra précisément sur à la fois le budget et les annonces que vous nous avez faites ce matin concernant les retraites monsieur le ministre et puis bien sûr on évoquera également la polémique autour des propos d'Aurore Berger à tout de suite
David Amiel