Le neveu de Macron, un maire, une haine sans limites ? #cdanslair Archives 2023
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 74 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:53OuverteRéponse directe
Que sait-on des conditions de l'agression à Amiens ?
- 3:32OuverteRéponse directe
Que sait-on du profil des 8 personnes, dont 3 en comparution ?
- 4:51OuverteRéponse directe
La chocolaterie familiale était-elle déjà prise pour cible ?
- 5:51OuverteRéponse directe
Comment Brigitte Macron a-t-elle réagi à cette agression ?
- 7:14OuverteRéponse directe
A-t-on franchi un seuil avec l'agression d'un proche du président ?
- 9:11RelanceRéponse partielle
Peut-on renvoyer les extrêmes dos à dos dans cette affaire ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 8:49PrésentateurFait
« Certains Gilets jaunes avaient essayé de s'approcher de la propriété familiale au Touquet. »
- 11:27InvitéFait
« Je suis en solidarité totale avec ma famille et en rapport constant depuis hier 23h avec Jean-Baptiste et Jean-Alexandre. »
- 11:52InvitéFait
« En tant que président de la République, elles sont inqualifiables. »
- 12:27InvitéFait
« On commençait à le traiter de différents noms d'oiseaux. Et les coups ont commencé à pleuvoir. »
- 18:47InvitéFait
« Il ne faut pas s'étonner ensuite que certains, désinhibés, passent à l'acte. »
- 19:56InvitéFait
« Il y a un climat et un vocabulaire révolutionnaire. »
- 28:55InvitéFait
« Non, il y a déjà eu cette violence, elle a toujours existé. »
- 36:09PrésentateurFait
« L'État n'a jamais informé les habitants. Personne n'a informé la directrice de l'école. »
- 41:03PrésentateurFait
« Il y a une loi qui a été votée le 23 janvier 2023. »
- 41:10PrésentateurFait
« Une proposition de loi de la sénatrice Delattre qui renforce les mesures suite à la mort du maire de Signe en 2019. »
- 41:50InvitéChiffre
« Là, depuis 2020, il y a eu 275 maires, 913 adjoints et 3563 conseillers qui ont démissionné. »
- 43:36PrésentateurFait
« Résultat des coups, c'est pas simple d'installer des cadas, ça s'appelle des cadas, des centres d'accueil. »
- 44:50InvitéFait
« Ils avaient changé mon arbre généalogique. »
- 45:14InvitéFait
« Le tribunal judiciaire de Paris l'a annulée en raison d'une mauvaise qualification des faits. »
- 46:52InvitéFait
« La présidente du groupe Renaissance publie sur son compte Twitter une lettre de menace qu'elle a reçue et qui vise son bébé de 4 mois. »
- 47:13InvitéFait
« La présidente de l'Assemblée nationale, Yael Brunpivé, révèle à son tour avoir reçu une lettre d'insulte à caractère sexiste et antisémite. »
- 56:41PrésentateurFait
« François Hollande s'était effondré bien davantage. »
Temps de parole
- Présentateur80 %
- Invité8 %
- Invité 24 %
- ?4 %
≈ 25,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Bonsoir à toutes et à tous, nous attendons vos questions, SMS, Internet et réseaux sociaux pour alimenter notre discussion.
On
finit parfois par se demander jusqu'où ça ira. Cette fois-ci, c'est le petit-neveu de Brigitte Macron qui a été roué de coup à Amiens devant la chocolaterie familiale quelques minutes après la prise de parole du président de la République en marche d'une casserole-ade. Une agression insupportable, inqualifiable pour le chef de l'État, rejoint dans cette condamnation, une fois n'est pas coutume, par toute la classe politique. La violence, toujours, qui s'est exprimée contre le maire de Saint-Brévin-Lépin, l'élu a été auditionné aujourd'hui au Sénat. Il sera reçu en fin d'après-midi par Elisabeth Borne et il raconte le harcèlement, les menaces.
Il parle d'attentats criminels avec l'incendie de son domicile et cible l'État qui l'a en quelque sorte laissé tomber face aux pressions notamment de l'extrême droite. Alors pourquoi ce climat de violence incontestable dans le pays, comme le dit ce matin le ministre de l'Intérieur qui est responsable ? Peut-on renvoyer les extrêmes, dos à dos, le petit neveu de Macron, un maire, la haine sans limite ? C'est une question, c'est le titre de cette émission. Avec nous pour en parler ce soir, Bruno Jeudy, vous êtes éditorialiste politique. On peut vous retrouver et retrouver votre interview politique de Gérard Larcher cette semaine dans le journal La Tribune.
David Doucan, vous êtes rédacteur en chef du service politique du Parisien Aujourd'hui en France. Merci d'être avec nous ce soir. Anne Fulda, vous êtes grand reporter au journal Le Figaro. Vous avez participé à l'ouvrage collectif Femmes d'État, publié chez Perrin. Et je rappelle aussi votre dernier livre, Emmanuel Macron, Un jeune homme si parfait, publié chez Plon. Enfin, Jérôme Fourquet, vous êtes directeur du département Opinion de l'Institut de sondage IFOP. Et vous êtes également de l'auteur de La France sous nos yeux, publié aux éditions du Seuil. Bonsoir à tous les quatre. Bonsoir. Merci de participer à ce C'est dans l'air en direct. Pour débuter cette émission,
je
voudrais qu'on revienne sur les faits. Peut-être avec vous, Bruno Jeudy, que sait-on des conditions dans lesquelles cette agression s'est passée à Amiens, je le disais, devant la chocolaterie familiale ? C'est produit lundi soir. Ça s'est produit lundi soir après l'intervention du président de la République.
Il
y avait des personnes qui s'étaient rassemblées pour une casserole-lade, comme ils le font assez régulièrement. Et puis, vous êtes dans le centre d'Amiens, il y a la chocolaterie Tronieu, qui est la chocolaterie familiale de la famille Tronieu. Brigitte, c'est le petit neveu de Brigitte Macron qui maintenant dirige cette chocolaterie, très connue à Amiens. Et puis, le petit neveu sortant ou étant devant sa chocolaterie, il y a eu une altercation avec un groupe de personnes, 8 personnes. Et il y a une bagarre qui a surgi. Trois personnes ont tabassé M. Tronieu, qui a été blessé à la tête, au genou, qui a des hématomes. Et puis, une ou deux côtes cassées, je crois.
Il
a
eu
4 jours d'ITT. Il
n'a
pas été hospitalisé, mais c'est le médecin traitant qui l'a pris en charge.
Il
y
a
3 personnes qui ont été rattrapées. Interpellées, donc 3 comparutions immédiates mercredi. Juste une question.
L'idée
aux surveillants, ce qui a permis rapidement à la police
de les
identifier. Et ensuite d'établir les faits. Et ils répondront devant la justice de leurs faits. Début juin. Début juin. Pour le rendez-vous avec la justice. Non, juste David Ducan, que sait-on du profil de ces 8 personnes, mais 3 comparutions immédiates ce jour ? Qui n'ont donc pas eu lieu, puisque les avocats de la défense de ces 3 personnes ont demandé du temps pour préparer leur défense. Donc c'est, je crois, le 5 juin que les procès
ont eu lieu. Oui,
c'est ça. Alors les profils sont intéressants, puisqu'on constate que pour l'un d'eux, il est considéré comme salarié en situation de handicap pour illettrisme. Pour un autre, il est sous curatel, ce qui veut dire qu'il n'a pas sa propre responsabilité.
C
'est quelqu'un d'autre qui... Donc
pour
l'instant de ce que l'on sait, on perçoit des profils, comme on dit, de fragilité. On dit souvent ça. La troisième est
une
mineure. Et la troisième,
16 ans, alors
elle, enfin... C'est pas la
troisième, c'est une quatrième.
Mais donc elle,
elle
passera devant un juge des mineurs.
C
'est
ça.
Mais donc on voit bien, et d'ailleurs le procureur l'a signifié. Il a dit attention à ces personnes fragiles qui peuvent, à un moment donné, basculer dans une forme de violence. Le procureur qui a dit, il faut que cesse le bal des hypocrites, ceux qui le matin, la main sur le cœur, jurent leur opposition à la violence, mais qui depuis des semaines allument des mèches. On y reviendra sur cette phrase du procureur qui laisse entendre que dans la classe politique, il
y a
une espèce de double jeu. C'est pas la première fois, peut-être toujours avec vous, David Doucan, que la chocolaterie familiale avait été prise pour cible. Oui, en fait, depuis 2017, régulièrement, il peut y avoir en marge comme ça de manifestations, des gestes ou des actes, de tentatives de dégradation ou autre sur cette chocolaterie. C'est,
au
fond, et on entre peut-être dans le vif du sujet politique, c'est le symptôme d'une haine comme ça qui se développe, qui se déploie. Contre Emmanuel Macron ? Contre Emmanuel Macron.
Bon,
depuis quelques années, on l'avait vu avec les Gilets jaunes, souvenez-vous aussi de ces effigies, de ces pantins qui avaient pu être brûlés à un certain moment, sur certains ronds-points, etc. Et on voit une résurgence, là, sans doute, au terme de cette bataille des retraites qui est en train de se terminer, peut-être, nous verrons, une résurgence de cette détestation, au fond, qui s'exprime. Détestation, dites-vous, on a utilisé ce soir le mot de haine, on a beaucoup parlé ces derniers jours également de violence, et on va beaucoup en parler ce soir. Un sentiment qui traverse la société française dont est parfaitement consciente
Brigitte
Macron, puisque, avec vous, Anne Fulda, elle s'est à plusieurs reprises exprimée sur ce sujet-là. Là, c'est sa famille qui est directement touchée. Elle a réagi hier à l'AFP. On peut peut-être dire ce qu'elle a dit. Elle était visiblement sous le choc. En tout cas, elle a vraiment conscience
que
cette violence peut arriver jusqu'aux portes de l'Elysée. On en avait parlé avec les Gilets jaunes. Et maintenant, jusqu'à sa famille.
Oui, elle en a conscience. Elle en a eu la preuve. Et on l'a vu. Il y a une image, moi, qui m'avait marquée. C'est le jour de la réélection d'Emmanuel Macron. Elle était au bras d'Emmanuel Macron. Et elle avait un visage grave, inquiet. Alors, on savait qu'a priori, elle n'avait pas très envie qu
'il
se représente, pour des raisons personnelles. Mais je pense aussi à cause de ce climat qu'elle percevait déjà et de cette haine qui était déjà présente lors du premier mandat. Donc, elle a toujours... Enfin, ça fait quelques temps qu'elle a cette inquiétude. Elle est, malgré tout, même si on ne la voit pas beaucoup, elle est très discrète depuis quelques temps. Elle n
'a
jamais été extrêmement présente. Mais elle est de plus en plus discrète. Néanmoins, elle rencontre pas mal de gens. Et je pense qu'elle perçoit plus qu'Emmanuel Macron, comme très souvent les femmes de chefs d'État, ce climat qu'il y a dans le pays. Et c'est en connaissance de cause qu'elle est inquiète.
Jérôme Fourquet, on entend beaucoup dans les commentaires, y compris ce que disait Olivia Grégoire tout à l'heure, on a franchi un seuil.
Et
le fait qu'on s'en prenne à la famille, indirecte, à un petit neveu, dans une chocolaterie, on marche d'un rassemblement, on a atteint encore autre chose. Est-ce que vous êtes d'accord avec cette lecture-là ? Et quelle est votre lecture à vous, à la place qui est la vôtre, des mères, en première ligne, des élus qui ont choisi la famille ? Alors, effectivement, il faut faire la part des choses. L'Association des maires de France, par exemple, alerte depuis un moment sur la montée des violences vis-à-vis des élus, notamment des élus des maires. Et donc, on en parlera tout à l'heure avec ce qui s'est passé à Saint-Brévin. Là, on est sans doute dans un autre registre, parce que c'est la famille,
j
'allais dire, par alliance du président de la République. Mais tout ça a commencé, vous l'avez dit, dès 2017, avec les premières ordonnances sur le travail, puis la crise des gilets jaunes, où des gens s'arrêtaient pour cracher sur cette vitrine de cet établissement, insultaient les vendeuses, à tel point qu'on avait déjà installé des policiers devant cette chocolaterie. Et donc, on a eu cette espèce de continuum
qui
est monté en puissance. Alors, ce président de
la
République, il cristallise une forme de ressentiment dans toute une partie de la population. On rappelle qu'il a été giflé, atteint l'ermitage par un individu lors du précédent mandat. On rappelle aussi que durant la crise des gilets jaunes, certains gilets jaunes avaient essayé de s'approcher de la propriété familiale au Touquet. Et donc, ça fait longtemps déjà qu'il
y
a un ressentiment qui est très fort. Mais manifestement, aujourd'hui, il déborde,
y
compris sur l'entourage et les personnes qui sont proches.
C
'est quand même la première fois qu'une personne est agressée en raison de son lien de parenté avec le président de
la
République. C'est la première fois sous la 5e République. C'était le sens de la question. C'est en ça qu'on a franchi un cran, parce que M. Tronieu, père et fils, n'ont aucune activité politique. Il faut dire aussi, parce que ça fait partie des fake news qui traînent, que M. et Mme Macron, Brigitte Macron, première dame, n'a aucun lien financier avec l'entreprise familiale. Effectivement, ça a été fondé par la famille Tronieu, donc sa famille. Mais elle, ce que vous pouvez lire sur nombreuses bêtises sur les réseaux sociaux, c'est qu'en gros, vous achetez un macaron dans la maison Tronieu et vous enrichissez Brigitte.
C
'est ça qui...
D
'accord, oui.
Non,
ça fait partie des choses qui sont fausses. Et c'est vrai que M. Tronieu qui a témoigné, donc son neveu, il dit, « Oui, notre vie est devenue impossible parce que les gens viennent et s'en prennent à notre commerce, parce qu'ils pensent s'en
prendre à la famille Macron. » On va poursuivre cette
discussion. Je voudrais juste citer cette réaction de François Ruffin, qui a dit « On ne défend pas la démocratie en s'attaquant à un chocolatier ». Et nous allons venir sur les réactions de l'ensemble de la classe politique sur ce sujet. En tout cas, les trois personnes suspectées d'avoir agressé le petit neveu de Brigitte Macron, on le disait tout à
l
'heure, ont été placées en détention provisoire, âgées de 20 à 34 ans. Ils seront donc jugés le 5 juin prochain. Ce n'est pas la première fois que la chocolaterie familiale, on l'a dit, Damien, est prise pour cible. Mais cette fois, toute la classe politique a condamné les violences contre Jean-Baptiste Tronieu. Magali Lacroze et Christophe Roetick. C'est intolérable, tout le monde doit le condamner, unanimement ce qui a été fait. C'est une ignominie. On ne répond pas à la violence politique, quelque part sociale du président de la République, par de la violence physique. J'espère que la justice y apportera une réponse extrêmement ferme.
Je suis horrifié. Ça participe de la dérive auquel on assiste aujourd'hui.
Quand on combat des idées, on le fait par les idées, pacifiquement, et c'est le meilleur moyen de les défendre.
À la télévision, à la radio ce matin, de droite à gauche, c'était donc chacun sa formule, chacun suivant sa ligne politique. Condamnation unanime de l'agression de Jean-Baptiste, fils de Jean-Alexandre,
petit-neveu de la Première Dame, à Amiens, lundi soir.
Je
suis en solidarité totale avec ma famille et en rapport constant depuis hier 23h avec Jean-Baptiste et Jean-Alexandre. J'ai à plusieurs reprises dénoncé cette violence qui ne peut que mener au pire. Il a été agressé parce que c'est notre petit-neveu. En tant que concle, je considère ses actions comme absolument
inacceptables.
En tant que président de la République, elles sont inqualifiables.
Alors
que le président achève une interview au 20h de TF1 lundi soir, dans les rues d'Amiens, un rassemblement se forme contre l'adoption de la réforme des retraites et contre le président. Son
petit-neveu Jean-Baptiste Tronieu, propriétaire de la chocolaterie, rentre chez lui et croise sur sa route des manifestants. La suite est racontée par son père.
Il est tombé sur eux devant le magasin. Il commençait à tambouronner sur les portes et sur les vitres.
Et
ils ont reconnu mon fils. Une dizaine d'individus d'entre eux s'est rapproché de lui. On commençait à le traiter de différents noms d'oiseaux. Et les coups ont commencé à pleuvoir.
Huit personnes sont interpellées, trois sortiront libres de garde à vue. Face à la presse, leurs proches avancent leur propre version des faits.
Il
y a eu juste des poubelles posées,
il
y
a
eu juste un sac lancé.
C'était vraiment, voilà, juste pour embêter, on va dire, le monde. Il n
'a
pas été non plus tabassé, tabassé,
à
être à terre, etc. Il a juste reçu deux coups de poing.
Depuis le premier mandat du président, les chocolateries de son petit-neveu sont prises pour cible. Particulièrement en période de haute tension sociale. Le procès des trois agresseurs présumés est renvoyé au 5 juin.
Oui,
le 5 juin, ce procès, alors qu'il
y
a un rendez-vous politique début juin à l'Assemblée. D'ailleurs, il
y
a un rendez-vous social, le 6, avec une mobilisation à l'appel de l'intersyndical. Et le 8, effectivement, selon toute vraisemblance, la proposition de loi du groupe Liotte, qui vise à abroger le passage aux 64 ans, ainsi que l'augmentation de la durée de cotisation, d'ailleurs, devrait être examinée dans le cadre de leur niche parlementaire absolument. Jean-Pourquet, vous voulez réagir à ce reportage ? Oui, on voit un peu plus le profil de ces agresseurs, mais qui encore s'inscrit dans un continuum. Il y a eu plusieurs dégradations de ce bâtiment, de cette chocolaterie. Des comités d'entreprise avaient arrêté de travailler en termes de commandes pour cette chocolaterie.
Donc il y a tout un climat
qui
s'est progressivement installé. Et on parle souvent d'un mouvement social, mais il
y a
un autre terme qui est celui de conflit social. Et donc ça fait maintenant trois mois que la France est chauffée à blanc et en tension. Et on voit que des éléments, des individus psychologiquement fragiles, peuvent en marge se laisser aller à ce type d'exaction en justifiant leurs actes face caméra. Là, on a des verbatims qui disent « voilà, il faut un nouveau mai 68, on ne peut pas rester comme ça, etc. » Et on retrouve un peu le climat qui prévalait au moment de la crise des Gilets jaunes. Souvenez-vous, quand des manifestants avaient incendié la préfecture du Puy-en-Velay,
alors
même que des fonctionnaires étaient dans cette préfecture, le président de la République et sa femme s'étaient rendus le lendemain ou le surlendemain au Puy-en-Velay. Et le convoi présidentiel avait été de nouveau pris à partie.
Et
des enquêtes qui avaient eu lieu après, des reportages journalistiques, avaient montré qu'un certain nombre de gens qui avaient pris ce cortège présidentiel à partie, en allant jusqu'à taper sur les vitres de la voiture présidentielle, avaient dit que si le président était sorti à ce moment-là, il l'aurait lynché. Donc on retrouve ce climat-là. Nos confrères de Elab ont réalisé un sondage hier qui indique que pour 68% des Français, Emmanuel Macron est quelqu'un de méprisant. Donc le président s'est lui-même défendu de cette... Il a récusé ce qualificatif. Mais on voit bien le climat
dans
lequel tout ça s'inscrit. Et ces tensions qui se sont exacerbées depuis des mois peuvent faire passer à l
'acte
un certain nombre d'individus sous le coup de la colère, de la boisson ou
autre.
Avec certains propos, à votre avis, utilisés dans le débat politique qui peuvent trouver une résonance particulière chez des gens à
qui
on appelle parfois l'insurrection, le soulèvement... Alors, on peut voir les choses comme ça. Moi, je ne
vais
pas jusqu'à imputer une responsabilité à quiconque. Néanmoins, il
y
a un climat. Et vous avez des individus. Bruno a rappelé le contexte. Il était 22h
après
une casserole-lade. Vous voyez le profil des individus en centre-ville.
Il faut faire blanc,
c
'est ce que vous disiez. Vous citiez un sondage,
je voudrais en citer un autre. Ce n
'est
pas de chez vous, mais ce n
'est
pas grave. Si, je crois que c
'est
de chez vous, d'ailleurs. Pour 35% des Français, il est parfois nécessaire de recourir à des actions violentes pour faire avancer ces idées. C'est-à-dire que... C'est IFAP, je crois. Et du coup, ça veut dire que c'est presque une violence légitime assumée par une partie des Français qui disent de toute façon qu
'il
ne nous reste plus que ça. Voilà. Alors, jusqu'à présent, cette violence, elle s'exerçait vis-à-vis de bâtiments publics. Oui. Voir vis-à-vis des représentants de l'ordre. On l
'a
vu dans les manifestations. Mais là, on a franchi un cap. Ça peut être des élus et maintenant des proches ou des membres de famille. Et des symboles. Donc, cette chocolaterie. Et puis, on parlait pendant le reportage de l'endroit où Emmanuel Macron avait fêté sa victoire, qui aujourd'hui ne peut plus... C
'est
la coupole ? Oui, c
'est la Rotonde. La Rotonde,
pardon.
La Rotonde,
c'est une brasserie dans le quartier de Montparnasse, pour ceux qui connaissent, qui s'appelle La Rotonde. C'est là que le président avait fêté son accession au deuxième tour de la présidentielle en 2017. C'est rapidement devenu un peu le symbole d'une grande brasserie, alors que c'est une brasserie très sympathique, mais qui n'a rien d'un resto trois étoiles. Et la vie de ces restaurateurs, qui sont originaires du Cantal, qui travaillent dur, elle est devenue infernale.
C
'est-à
-dire
que leur établissement, à chaque manifestation, est protégé par quasiment une compagnie de CRS. Et toujours pris pour cible. Toujours pris pour cible. On a mis le feu dans ce restaurant pendant les Gilets jaunes. Il y a encore une tentative d'incendie lors des manifestations contre les retraites. Et c'est vraiment incroyable. Et je peux même vous citer un troisième exemple. Le président est allé boire un verre dans un petit village qui s'appelle Pérole, dans l'Hérault, il y a quelques semaines lorsqu'il a fait ses premières sorties. Le fait de s'être attablé dans cet établissement de boire un verre, depuis l'établissement, est régulièrement harcelé.
Les responsables sont harcelés parce que le président est venu boire un
verre.
Donc il y a quelque chose de totalement irrationnel. Jérôme disait que des gens sont chauffés à blanc. Mais ils sont chauffés à blanc par qui et comment ? Ils sont chauffés à blanc aussi par des responsables syndicaux, des responsables politiques. les réseaux sociaux qui amplifient tout ça et qui évidemment chez des esprits un peu plus faibles, des esprits parfois sous différents... l'alcool ou je ne
sais
pas quoi. Oui, enfin vous qui ont nourri une colère depuis des années.
Et puis
qui vont tabasser une personne en raison de son lien avec le président de la République. Il y a dans la violence symbolique, elle finit tôt ou tard par se transformer par une violence tout court. On y est, on y est déjà. C'est ce
qui est
en train de se passer. Et les hommes politiques qui tweetent, qui incitent l'insurrection, qui tweetent, qui posent avec un ballon à la tête, à l'effigie d'Emmanuel Macron, le député Thomas Porte, ceux qui sont allés manifester, applaudir la décapitation de Louis XVI pour dire « on fera comme pour Macron ». Eh bien, il ne
faut
pas s'étonner ensuite que certains, désinhibés, passent à l'acte. Anne Fulda, vous disiez que c'est une façon naturellement d'atteindre, en s'en prenant un
restaurant, à une enseigne, à
une chocolaterie, c'est une façon de s'en prendre,
évidemment, à Emmanuel Macron.
Oui, un membre, un peu cette fameuse théorie du corps du roi, lui-même a théorisé, d'ailleurs c'est un peu ironique, lui-même, sa première grande interview, alors qu'il était candidat au magazine 1, où il avait tellement théorisé sur cette absence de la figure du roi, avec laquelle il a une relation très contrastée et étonnante, parce que d'une certaine façon, il a voulu la remplacer, cette figure du roi. Et il la remplace, mais de façon terrible. C'est-à-dire que ses opposants politiques s'en servent, parce qu'effectivement, il y a un climat et un vocabulaire révolutionnaire. Ça a été évoqué à l'instant, on parlait de ce député qui a posé, effectivement,
avec
la tête sur le pied,
sur
la tête d'Olivier Dussopt. Évidemment,
c
'est difficile de ne pas parler, même si ça s
'en
énervera obligatoirement, du fait que le communiqué de Mélenchon, de Jean-Luc Mélenchon,
il
dit que ce n
'est
pas bien.
Vous trouvez qu'il est ambigu dans sa réaction ? Oui,
même son vocabulaire, il parle du chocolatier trop nu. On a l'impression, c'est comme au temps
des tribunaux révolutionnaires, le
chocolatier avec le citoyen trop nu. Ce n'est pas neutre, tout ça, c'est un climat.
Mais il condamne.
Il condamne tout en disant, mais il
y
a eu d'autres agressions. Nous, on a des candidats qui ont été agressés, on ne dit rien, il n
'y a
pas les mêmes condamnations, etc. Donc, c'est une manière de dire, oui, bon, c'est grave, mais ce n
'est
pas si grave que ça. C'est une manière de relativiser.
Justement, cette question de Régis en Côte d'Or, Jean-Luc Mélenchon n'aurait-il pas mieux fait de se taire plutôt que de réagir ainsi à l'agression de Jean-Baptiste Trogneu ? Visiblement, ce téléspectateur considère qu'il était à côté. Il y a quand même une partie, pardon, ils ne sont peut-être pas là autour de la table, il y
a
une partie de la classe politique et des gens qui parfois vont manifester qui disent, il y a une autre violence qui est exercée contre le pays parce qu'on ne nous a pas écoutés, parce qu'on a manifesté sereinement et que l
'on
ne nous a pas entendus. Et cette violence sociale-là débouche sur une violence réelle et sur une forme de colère. On entend aussi cet argument porté d'ailleurs par les amis de Jean-Luc Mélenchon notamment. – On ne pourra pas fonctionner ensemble avec ces arguments-là. Ce n'est pas tenable, ce n
'est
pas durable. Le fonctionnement de nos sociétés civilisées et démocratiques, c'est nous sommes en désaccord, nous discutons, nous débattons et puis quand on n'arrive pas à se mettre d'accord, nous votons. Et puis ensuite, une fois que nous avons voté, il y a des règles institutionnelles qui s'appliquent et ces règles institutionnelles, nous les chérissons parce qu'elles garantissent l'état de droit. Ce qui permet, l'état de droit permet que la loi du plus fort ne s'applique pas et donc est censée protéger aussi, en particulier les plus modestes d'entre nous et les plus fragiles. Donc l'argument qui consiste à dire, il
y
a une violence politique parce qu'on mène une politique avec laquelle je ne suis pas d'accord et que j'ai dit que je n'étais pas d'accord et donc on ne m
'a
pas écouté et donc je suis violent, ça ne fonctionne pas. Non oui, mais ça, ça ne peut pas fonctionner. On l'entend beaucoup. On l'entend beaucoup, mais je ne vois pas le débouché fonctionnel pour que nous continuions à vivre ensemble avec ces arguments-là. L'insurrection à laquelle appelle Jean-Luc Mélenchon le 14. Voilà,
mais
sur la question de votre téléspectateur, est-ce qu'il aurait dû condamner, pas condamner
?
Moi, je voudrais pointer quelque chose. Depuis hier soir, l'ensemble des responsables insoumis s'est précipité pour condamner cette agression. J'ai vu notamment Thomas Porte, celui qui avait mis le pied sur le ballon de football à l'effigie d'Olivier Dussopt, foncer à la télévision dans une chaîne d'info en continu pour condamner très sérieusement et très fermement cette agression. Pourquoi
? Sans
doute parce qu'il y a là un risque
de
retour de bâton, de retour de boomerang dans l'opinion. Et les macronistes, d'ailleurs, le camp Macron l'a bien perçu, qui pointent et qui accusent la France insoumise d'avoir une part de responsabilité dans le déploiement de cette violence en disant, ce que disait Bruno tout à l'heure, en disant, à force de manier cette violence symbolique dans les mots, il peut y avoir des conséquences réelles dans la vie réelle. C'est exactement ce que Gérald Darmanin a dit ce matin à la radio. Il l
'a
dit très clairement.
Mais
ça,
ça
peut fonctionner. J'observe dans le baromètre IFOP publié aujourd'hui ou hier qu'Emmanuel Macron gagne un point de popularité, mais qu'il gagne, sur le mois qui vient de s'écouler, 8 points chez nos concitoyens de plus de 65 ans. Pourquoi ? Parce que depuis le 49-3,
on
constate une forme de désordre.
Il
y
a
eu des nuits un peu agitées, un
peu
partout en France.
Il
y
a
des casserole-lades qui peuvent tourner mal, etc. Et sur ce point-là, Emmanuel Macron, sa stratégie,
c
'est d'incarner ce qu'on appelle le parti de l'ordre. C'est de dire, bon, j'ai fait une réforme difficile, mais enfin, il faut qu'on continue à vivre en société. Donc, on ne
s
'attaque pas, on ne met pas le feu à la rotonde, on ne met pas le feu à ceci, cela. Et il a cette stratégie-là, totalement assumée. Et
je
constate, en tout cas en observant cette enquête-là, qu'auprès de nos concitoyens les plus âgés, ça fonctionne, y compris, et aussi, ça fonctionne très fortement auprès de ceux qui ont voté pour lui au premier tour. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'il consolide son socle. Oui. Consolide son socle. Donc, quand il attaque les insoumis, plutôt qu'il fait attaquer les insoumis, sur le thème, attention à
ce
que vous dites, parce qu'ensuite, il y
a
des actes qui peuvent intervenir, il parle à toute une partie de la population, et il lui parle en la convaincant. On a parlé des insoumis, on va parler aussi du Rassemblement National dans un instant. On peut juste s'arrêter sur le fait que cette fois-ci, même s'il y a des nuances, l'ensemble de la classe politique a quand même condamné ce qui s'est passé. Ils sont sensibilisés quand même à cette violence qui s'exprime contre l'ensemble des élites. Il y a des mets quand même. Ah bon, il y a des mets ? C'est-à-dire qu'on voit bien, par exemple, vous citiez tout à l'heure la réaction de François Ruffin. Très bien, François Ruffin change de ton quand même.
C'est le même homme qui, en 2018, est allé quasiment aux portes de l'Élysée pour promettre, dans une lettre qu'il a lue au moment de la crise des Gilets jaunes, le même sort que Kennedy à Emmanuel Macron. Il l'avait dit, il finira comme il l'avait dit. Alors, on voit bien que François Ruffin, qui est dans une mue intéressante,
c
'est-à-dire qu'une possible candidature à l'Élysée se profilant, il est en train de peut-être trouver un peu de sang-froid et de mesures. Tant mieux ! Mais moi, j'ai entendu d'autres responsables, certains, comme Alexis Corbière, ils ont condamné sans nuance. Jean-Luc Mélenchon, il est quand même tordu, son tweet. Et Mme Rousseau...
Qu'est-ce qui
est tordu ? Ce que
disait Anne.
Il met en parallèle le fait que, oui, on me somme, les commentateurs me somme de réagir à l'agression contre le chocolatier trop mieux. Passons sur l'expression révolutionnaire. Pour dire derrière, mais j'entends pas les mêmes condamnations pour des membres et collaborateurs de députés insoumis. Mais il n'y a pas à faire de nuance. On condamne nettement ou on ne condamne pas. Jean-Luc Mélenchon, il essaie toujours de... Voilà, c'est toujours un petit peu la remise en cause au fond de la démocratie telle qu'elle doit fonctionner. Ça veut dire que cette violence à l'encontre des élus n'inquiète pas, y compris les élus de la France insoumise ?
Ils
n'en font pas l'objet. Ils ne font pas l'objet de harcèlement. Ils ne font pas l'objet de violences de la même manière, non ? On sait aussi que Jean-Luc Mélenchon, à un moment donné, était la cible d'extrême droite, y compris avec des menaces de mort. Et que les services de sécurité français s'étaient emparés de ce sujet-là. Donc oui, ça existe aussi dans
le... Est-ce
que l'exercice des responsabilités a changé, par exemple, ces dernières semaines pour Emmanuel Macron ? Est-ce que sa sécurité a été renforcée ? Est-ce que les ministres sortent moins ? Que savez-vous, justement, des dispositions qui sont prises pour
les protéger ? Sur la sécurité de
Emmanuel Macron, elle n'a pas changé.
Elle
est déjà, de toute façon, très renforcée depuis quasiment son accession à l'Elysée, la crise des Gilets jaunes, les crises successives. Pour les ministres, il y
avait
eu une consigne qu'ils ne sortent pas pendant la réforme des retraites. Ils avaient diminué les déplacements. Ils ont à nouveau été incités à reprendre les routes de province justement pour aller défendre la réforme des retraites une fois qu'elle a été promulguée. D'où les casserole-là, les multiples manifestations qui entravent les déplacements de certains. Quant à Brigitte Macron, par exemple, depuis l'agression dont a été victime son petit-neveu, elle n
'a
pas modifié son agenda. Hier, elle a fait ses déplacements. Cet après-midi, elle était à Beauval où il y avait beaucoup de gens qui lui ont apporté son soutien. Elle n
'a
pas changé son mode de fonctionnement, même si ces derniers temps, elle s'était faite un peu plus discrète parce que le climat était quand même extrêmement tendu. Est-ce que, j'allais dire que c'était mieux avant, les uns les autres qui étaient sur le terrain avec d'autres chefs d'État, est-ce qu'on assiste vraiment à un renforcement de cette violence à l'endroit du président de la République principalement ? Ou est-ce que lorsqu'on suivait à l'époque Jacques Chirac, François Hollande, Nicolas Sarkozy, il y avait aussi cette haine dont nous parlons ce soir ?
Est-ce qu'on refait le match à chaque fois en ayant peu de mémoire ou est-ce qu'on assiste vraiment à quelque chose qui est différent, qui est singulier et qui prend de l'ampleur ? Un peu des deux. Parce que si on se remémore, vous nous invitez à être nostalgiques et à se
tenir nos
données de terrain. Souvenez-vous que Manuel Valls aussi avait été giflé une fois dans un déplacement. Il y
a
eu l'enfarinage de François Hollande. Ça reste quand même un
moment
violent parce qu'on ne sait pas ce que c'est à ce moment-là, cette farine. Ça peut être quelque chose de toxique. Jacques Chirac a
y accès. Jacques Chirac,
on lui a craché.
Bien sûr. Jacques Chirac,
on l'a tiré dessus au 14 juillet, en extrême droite. Donc, à la question, est-ce que ça n'a jamais existé, c'est tout à fait nouveau ? Non. Il y a déjà eu, cette violence, elle a toujours existé. Qu'est-ce qui est nouveau
? Un,
les réseaux sociaux, l'information en continue. Le tambour. Donc, forcément, les choses prennent une dimension supplémentaire. Deux, peut-être le degré quand même de violence.
Et
là, j'évoque un instant le maire de Saint-Brévin. C'est quand même son domicile qu'on incendie.
Oui, bien sûr, on va en parler. C
'est sa maison. Vous imaginez
votre maison.
Avec sa
femme et ses enfants.
Il y a des gens qui ne
sont
pas d'accord avec votre émission de la veille.
Il
faut brûler votre maison. C'est quand même très choquant.
Et
donc, ce niveau-là de... Parce qu'effectivement, tentative de tirer sur Jacques Chirac,
c
'est extrêmement violent. Là, il y a une volonté de pression politique extrêmement lourde. Là, dans le cas du maire de Saint-Brévin, donc là, c'est plutôt les réseaux d'extrême droite, en l
'occurrence.
On va en parler. On
va parler
que les gilets jaunes, c'était quasiment une tentative de lynchage. Tout à fait. Pour contrer Emmanuel Macron. Donc, pour finir de répondre à la question, oui, il y a aussi une montée en puissance de cette violence. Et elle s'explique aussi, je pense, en un mot, parce que notre paysage politique a explosé. En 2017, Emmanuel Macron a dynamité le paysage politique. Et donc, dans cette restructuration-là, peut-être que certains sont un peu perdus. Et vous parliez d'intimidation. C'est une notion que je retiens quand on voit ce qu'a dit le maire de Carnac,
qui
s'appelle Olivier Pépic, qui avait dû annuler un concert dans une église. Et il a dit, je ne sais, je sais. Il regrettait de l'avoir annulée. Il dit, je sais que c'est leur donner une victoire qu'ils ne méritent pas. Mais ils étaient prêts à aller jusqu'à la violence. Donc, il y a cette volonté aussi, ce que vous expliquez à l'instant, d'intimider, de faire pression, pour parfois peser sur des décisions. Ou même, on l'a vu, et on pourra en reparler dans un instant, sur des votes à l'Assemblée nationale. Mais ceux qui sont le plus souvent en première ligne confrontés à la violence, ce sont les élus.
Le maire de Saint-Brévin, vous en avez parlé à l'instant, à Saint-Brévin-les-Pins, qui a présenté sa démission, a raconté aujourd'hui son sentiment d'abandon et les menaces quotidiennes. Il évoque même un attentat criminel. Il était auditionné au Sénat aujourd'hui. Dans le viseur de la majorité, les extrêmes renvoyaient dos à dos et accusés de faire monter la violence dans le pays. L'Asso Gélabert et Quentin Gilles.
Après
deux refus, il a enfin trouvé un restaurant qui a accepté de l'accueillir. Séance de dédicaces pour Éric Zemmour au son des casseroles. Interdiction de filmer à l'intérieur de l'établissement, mais devant,
pas
sa face tendue entre opposants du polémiste.
Je
suis là contre le fascisme, qui distille la haine et la violence. Voilà pourquoi je suis là.
Et
pro
Zemmour.
Je
ne
suis
pas un facho du tout. Mais eux, ils ne savent pas trop ce qu'ils font.
Ils ne ressemblent à
rien. Et ils sont
ridicules.
L
'ancien candidat à la présidentielle aux 7% des voix n'a pas voulu répondre à nos questions. Dans un contexte où le climat de violence fait la une de l'actualité.
Comme
à Saint-Brévin-les-Pins, théâtre de manifestation contre la création d'un centre d'accueil pour réfugiés, encouragé par certains membres du parti Reconquête.
Le
22 mars dernier, à 5h du matin, le maire Yannick Moraise est victime d'un acte criminel.
La
façade de sa maison et ses deux voitures sont incendiées. L'élu annonce vouloir démissionner et fait réagir, certes à contre-temps, le plus haut sommet de l'État. Ça montre qu'il y a une montée de l'extrémisme dans notre pays. Et évidemment, il faut qu'on soit très, très vigilant sur ce sujet. L'extrémisme, il vaut des deux côtés. Auditionné au Sénat aujourd'hui, Yannick Moraise dénonce la présence systématique de l'extrême droite dans les manifestations organisées sur sa commune de 14 000 habitants.
Le
15 octobre 2022,
une
première manifestation est organisée par ce collectif de la Pierre-Atlé.
Elle
réunit à peu près une quarantaine de personnes dont la majorité
proviennent
déjà de l'extérieur de la commune. Puisque sur Saint-Brévin,
il
y
a
quand même relativement peu de personnes qui sont à l'extrême, notamment l'extrême droite.
Des démonstrations de force qui peuvent embarrasser certaines personnalités politiques. Lorsque le GUD, groupe d'extrême droite réputé pour ses actions violentes, déambule en plein Paris, Marine Le Pen s'empresse de nier tout lien avec certains de ses membres.
Tous
les gens qui, à un moment ou à un autre, dans leur existence et dans les 50 ans d'existence du Front National, ont eu une responsabilité de comptable ou même d'élu, ne font pas partie de mes proches. Il faut arrêter avec ça.
De
l'autre côté de l'échiquier politique, l'extrême gauche est, elle aussi, accusée de participer au climat de violence.
En
pleine protestation contre la réforme des retraites, Thomas Porte, député LFI, s'affiche sur les réseaux sociaux avec un ballon sous le pied, à l'effigie du ministre du Travail.
Et
devant le siège de Renaissance, plusieurs élus LFI scandent un slogan polémique.
Luce, Luce, on a décapité
Macron ! La
provocation, un reproche régulièrement fait au chef de file des Insoumis, Jean-Luc Mélenchon. Ah bah la mauvaise République ! Et c'est bien heureux
qu
'Emmanuel Macron ait choisi de se donner on ne sait pourquoi, sans jour, que nous ne lui donnons pas,
dont
la conclusion serait le 14 juillet, et nous lui apprendrons à cette occasion à bien comprendre toute la signification d'insurrection contre l'arbitraire et l'ancien régime que signifie aujourd'hui et pour toujours et pour la terre entière le 14 juillet et la marseillaise.
Des
propos condamnés par la majorité présidentielle comme par d'autres responsables politiques dans une atmosphère de contestation sociale très élevée en France.
Sans
compter l'omniprésence des réseaux sociaux, entre joutes verbales, provocations et pour certains appels à la haine, la frontière semble fine, de plus en plus fine.
Je
voudrais qu'on revienne un instant sur cette audition au Sénat de ce maire qui a raconté à quel point il était, Bruno Jeudy, seul. Oui. Et à quel point il avait appelé au secours, notamment, évidemment, l'État. Écoutez, cette audition du maire de Saint-Brévin-les-Pains, Yannick Moraes, Yannick Moraes est assez édifiante et accablante pour l'État. Ça a duré deux heures et j'ai trouvé qu'il y avait un condensé de tout ce qui dysfonctionne pour un maire. Ils sont 35 000 en France et beaucoup se sentent aujourd'hui... Ils sont au bout de la chaîne.
C
'est-à-dire que tout ce qui se passe dans le pays, à un moment ou à
un
autre, tout ce que l'État ne fait pas, toutes les petites lâchetés, toutes les normes qui s'empilent, c'est les maires qui arrivent. Et là, avec ce qui s'est passé à Saint-Brévin-les-Pains, avec ce maire qui a fait la chronologie de ce qui s'est passé,
c
'est-à-dire depuis, au fond, le démantèlement de la jungle de Calais en 2016, l'ouverture d'un centre transitoire d'accueil de réfugiés dans sa petite ville de 14 000 habitants, c'est l'État qui a décidé,
c
'est pas lui. C'était des centres, au début, qui étaient provisoires, des mini-Calais, en quelque sorte. Il y
en
avait un peu partout qui avaient été faits de l'époque de Bernard Cazeneuve, vous voyez. Et puis, en 2021, ce centre devient définitif. Et là, le maire, que dit le maire ? Il dit, l'État n'a jamais informé les habitants. Personne n'a informé la directrice de l'école. Et au fond, c'est moi, le conseil municipal et la directrice de l'école, qui a dû informer les habitants, les riverains.
Il dit, le préfet n'a
jamais mis en
place une
réunion publique sur place. Et ensuite, c'est là que ça a commencé à dérailler.
C
'est-à-dire que d'abord, j'allais dire, sa population a compris.
Il
y
a
eu un collectif qui s'est monté, mais il n'était pas non plus des centaines. Et ce collectif est allé recruter, parmi l'extrême droite, parmi les groupuscules reconquêtes. Il y
a
même un candidat au législatif qui était dans une commune des Côtes d'Armor, où il y avait le même problème, à Calac, je crois, ça s'appelle. Et il est venu faire... Comme il faisait à Calac, c'est-à-dire pression sur les maires, il est venu avec des militants en conquête et des militants du Rassemblement National et des groupuscules, il est venu faire des manifestations, des manifestations qui sont devenues plus importantes à chaque fois. Et il a été menacé.
Et il a reçu... Il a été menacé. Il
le dit, j'ai reçu des tracts ignobles. À chaque fois que j'allais voir la gendarmerie, on m'imposait la liberté d'expression. Et il dit, le procureur ne nous a jamais répondu. Il demandait des sanctions, car il se sentait menacé. Absolument, lui, il a demandé. Il a tiré le signal d'alarme auprès du sous-préfet, auprès du préfet. Rien n'est venu. Olivier Véran lui a écrit. Le président de la République lui écrit le 3 mai après l'incendie de sa maison. Sa maison est incendiée, on l'a vu dans votre reportage, fin mars. Le président lui écrit une lettre pour apporter son soutien. Véran lui écrit aussi. Mais au fond, il ne
se
passe rien. C'est-à-dire qu'il n'a pas plus de soutien et il est tout seul à se débrouiller pour essayer de faire face, en plus, à ce harcèlement de l'extrême droite.
Et il aurait
fallu simplement peut-être mettre en place une protection policière, non ? Ou je ne
sais
pas, peut-être qu'elle était là, elle
existait,
non ? Vous mener des enquêtes, mais
les
propos de ce maire rappellent ce qu'on a entendu à propos de l'affaire Samuel Paty.
En
fait, c'est des fantassins de la République qui sont aux premières lignes. Ceux que les extrêmes testent en permanence, qu'il s'agisse de l'extrême droite ici, des islamistes ou de l'ultra-gauche.
Et
l'État central, derrière,
ne
les protège pas. Et donc, les remparts tombent les uns après les autres. Et donc, moi, ça m'a fait penser très fortement à cette affaire où, quand on a fait la chronologie de la sympathie, on était exactement dans la même chose. Donc, on a un climat général de désinhibition des formes de violences.
On
a un climat particulier, depuis quelques années, de conflictualité politique plus importante. Et on a parallèlement un État central, un État régalien,
qui
ne protège pas ou qui protège mal
ses
représentants, surtout ceux qui sont désarmés, un maire, un enseignant, avec, dans l'audition cet après-midi au Sénat, la ministre en charge des collectivités locales qui a dit qu'on va mettre en place un observatoire. Oui. Alors, voilà, j'allais demander que va faire l'État, effectivement.
Un
observatoire.
Un observatoire, des violences pour les élus.
Quand il
y
a un problème, on crée une commission. Donc, maintenant, on crée un observatoire. Tout ça est documenté. On sait exactement l'état des menaces,
l
'état des violences. Maintenant, c'est des réactions
dont
on a besoin. Avec l'idée que les sanctions à l'endroit des élus sont d'ores et déjà, dorénavant, plus réprimées. C'est une circonstance aggravante de s'en prendre un élu. Là, pour le coup, c
'est
un problème politique pour Emmanuel Macron. Oui, c'est un problème politique. Le témoignage du maire de Saint-Brévin, pour le coup, pointe un désordre. Je vous expliquais tout à l'heure que ce qui est très fonctionnel comme levier pour Emmanuel Macron,
c
'est justement d'incarner le parti de l'ordre. Là, c'est un désordre. Ce n
'est
pas normal que les gendarmes prennent le sujet un peu, en tout cas selon son témoignage, à la légère, que le sous-préfet ne le rappelle pas, que le préfet... Bon, ça, c'est un dysfonctionnement. Et nous sommes dans une situation un peu de blocage politique parce qu'il n
'y a
pas de majorité absolue à l'Assemblée nationale. Bon, très bien. Donc, c'est difficile de faire passer des
lois.
Mais là, sur
ce sujet-là, il n'y a pas besoin de faire
passer une loi.
Il
faut juste décider d'interdire une manifestation d'extrême droite ou de protéger un maire qui se sont menacés. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire réinsuffler un peu d'énergie dans les administrations. Ça veut dire qu'il faut tenir ces administrations, il
faut
les diriger. Je pense que Gérald Darmanin dirige son administration. Je ne pense pas qu'il soit face à un ministre faible.
Loin
de là. Toutefois, de manière générale, est-ce que ce gouvernement-là n'est pas un peu fatigué ?
Regardez à
cette question d'Olivier Danlen qui fait écho à ce que vous
dites.
On n
'a
jamais connu un tel climat de violence en France. Darmanin est-il celui qu'il faut à l'intérieur ? Sur cette affaire,
il
se planque. Il se planque ? Sur cette affaire, il se planque. Sa ministre déléguée, Dominique Faure, qui dans un premier temps a dit « Nous étions à côté du maire ». Le maire dit exactement le contraire. Ce qui se passe, c'est qu'il y a des textes. Il y a une loi qui a été votée le 23 janvier 2023. Un texte, une proposition de loi de la sénatrice Delattre qui renforce les mesures suite à la mort du maire de Signe en 2019. renforce
les mesures
qui aggravent les peines quand on s'en prend à un élu. Vous
l
'avez, il faut les appliquer.
Anne Fulda.
Ce qui est intéressant,
c
'est qu'au-delà du cas de ce maire qui est évidemment dramatique, il
y
a plein d'autres maires qui sont désemparés, qui ont été l'objet d'attaques. Il y a de plus en plus de démissions. J'ai retrouvé des chiffres de l'Association des maires de France qui est présidée, rappelons-le, par David Lissnard, qui est quand même un concurrent potentiel d'Emmanuel Macron et qui pourra se servir à un moment de ces termes-là parce que le maire reste quand même l'élu qui a toujours été le plus populaire pour les Français. Il y
a
de plus en plus de... Là, depuis 2020,
il
y a eu 275 maires, 913 adjoints et 3563 conseillers qui ont démissionné. Alors, ce n
'est
pas toujours pour des raisons non pas qu'ils ont été menacés, c'est aussi pour des emplois du temps chronophage, l'impression d'être seul, d'être abandonné dans des tâches difficiles, d'être pris à partie, attaqué par leurs administrés, etc. Mais c'est extrêmement important, c'est le signe vraiment d'un malaise et d'un dysfonctionnement démocratique.
Je suis d'accord avec
vous, Anne Fulda, j'ai l'impression que ce diagnostic-là, il est fait depuis longtemps. Et quand on entend la première ministre dire « Derrière chaque élu, c'est la République elle-même
qui est
attaquée
»,
l'indignation, on l
'a déjà entendue. On l'a déjà entendue,
on l'a entendue en 2019 quand il y
a
eu le maire de Signe qui est mort à la suite d'un problème de décharge. Là, cette fois-ci, c'est le maire... Alors là, heureusement, il y a une tentative d'assassinat, c'est parce que c'est quand même une tentative d'assassinat, c'est ce qu'il dit,
lui. C'est ce qu'il dit, c'est un attentat.
Bon, il s'en sort, mais il va quand même quitter la commune, ça fait 32 ans qu'il y vit.
Il ne veut
plus
vivre dans cette
commune. Il ne veut plus vivre dans cette
commune, il en
a décidé. Il part en bateau. Il part après 32 ans. Pour la République, ça veut dire quelque chose. C'est un désastre de bout en bout. Il y a eu non-assistance à maire en danger dans cette affaire. C'est aussi simple que ça. Vous êtes d'accord avec ce que disait David Ducan si en gros, la solution passe aussi par réinsuffler une forme d'énergie, de volonté politique dans les services, dans les préfectures pour qu
'à
un moment donné, ces affaires-là soient prises très au sérieux. Je pense qu
'il
y
a
un empilement des normes et que là, manifestement, le préfet, le ministère de l'Intérieur, il y a quelque chose qui a dysfonctionné. On n'a pas pris, on a sous-estimé cette affaire de Saint-Brévenement. Pourquoi ? Parce que c'est aussi une politique migratoire que l'État n'assume pas. Emmanuel Macron, il
y
a quelques années, nous a dit, nous allons mettre des migrants, nous allons envoyer des migrants un peu en province. Résultat des coups, c'est pas simple d'installer des cadas, ça s'appelle des cadas, des centres d'accueil. C'est pas simple d'accueillir des cadas. Mais c'est pas là, ça relève pas des maires. Donc il faut que l'État assume sa politique aussi. Et là, il n'a pas assumé. Hélène, elle s'exprime parfois bien souvent d'abord sans aucune retenue sur les réseaux sociaux et les femmes d'une manière générale. C'est ce que nous disait tout à l'heure Olivia Grégoire qui était mon invitée. On font souvent les frais, quelle que soit leur appartenance politique, leur parti politique.
Elles font face à des campagnes de harcèlement, d'insultes et même de désinformation. Là encore, Brigitte Macron, on a fait les frais. Mais désormais, vous allez le voir, la justice sanctionne. Juliette Perrault et Benoît Thébault.
C
'est une rumeur délirante qui a pourtant tourné en boucle sur Internet. Brigitte Macron serait un homme et pas n'importe lequel. Son propre frère, Jean-Michel Tronieux. Une fausse information diffusée par la sphère complotiste, associée à l'extrême droite. Les contenus en question ont aujourd'hui été retirés du web. Interrogée à ce sujet des mois plus tard, Brigitte Macron répond.
C
'est-à-dire, au début, j'ai regardé ça d'un petit peu loin. J'en entendais parler, mais bon. Et puis, à un moment donné, je me suis rendu compte qu'ils étaient en train de bouleverser ma généalogie. Comment ça ? C'est-à-dire, ils avaient changé mon arbre généalogique.
C
'est-à-dire, les trois quarts de la famille, c'était bien. Puis d'un seul coup, on arrive à mon frère. Je suis mon frère. Et là,
on
touche à la généalogie de mes parents.
Et
là, c'est impossible.
L
'épouse du président a intenté une procédure contre deux femmes qu'elle accuse d'avoir propagé cette rumeur. Le tribunal judiciaire de Paris l'a annulée en raison d'une mauvaise qualification des
faits.
Brigitte Macron prise pour cible. Moquée et insultée aussi lorsqu'elle intervient dans le débat public. Sur la question de l'écriture inclusive, par exemple. Il y
a deux pronoms. Il et elle.
La langue est si belle. Et deux pronoms,
c'est bien. C
'est fou de dire autant de conneries en une phrase. Brigitte Macron considère que le pronom, il et elle, n'a pas sa place dans la langue française. On lui dit que les Français considèrent que Brigitte Macron n'a pas sa place dans le débat public.
Même chose sur le port de l'uniforme à l'école, auquel l'ancienne professeure de français se dit favorable.
Cela
gomme les différences. On gagne du temps.
Plus
c'est réac, plus Brigitte Macron est contente. Brigitte Macron est favorable à l'uniforme et nous, nous sommes favorables aux femmes de président qui la ferment.
Une femme de président, mais aussi sa famille, directement visée.
Avec
un symbole, la chocolaterie d'Amiens. Régulièrement attaquée en 2018 pendant le mouvement des Gilets jaunes et dont le directeur, le petit-neveu de Brigitte Macron, s'est donc fait agresser lundi soir.
Un acte
de violence largement condamné.
Il
faut qu'il
y ait
une limite très claire qui soit posée. Déjà, la violence n'est pas une réponse à une opposition à un projet et que toucher à nos familles devrait être une ligne rouge absolument infranchissable. et Aurore Berger
connaît
bien le sujet.
Fin
mars, la présidente du groupe Renaissance publie sur son compte Twitter une lettre de menace qu'elle a reçue et qui vise son bébé de 4 mois.
Il
est si petit son rejeton, il ne pourra pas s'enfuir. Feu, batte de baseball, barre de fer, tout sera... Non, tout est bon pour vous éradiquer. Alors prenez garde tous les jours et surtout la nuit.
Le
lendemain, la présidente de l'Assemblée nationale, Yael Brunpivé, révèle à son tour avoir reçu une lettre d'insulte à caractère
sexiste
et antisémite. Vous voyez, ça commence très aimablement par « Salut la grosse truie juive
!
»
«
Cinq bâtards youpins, tu nous files du boulot !
» «
On n'a plus de ziklons, hélas, mais des barres de fer pour éliminer cette saloperie de youd.
» «
Cinq, quel plaisir de les éradiquer ! » « Jamais,
je
n'aurais imaginé, jamais, qu'en m'engageant en politique, j'aurais à subir l'antisémitisme, le sexisme, la violence verbale.
»
Des menaces qui ne visent pas que les femmes de la majorité présidentielle. La députée écologiste Sandrine Rousseau est elle aussi régulièrement la cible d'attaques. Elle affirme avoir déjà obtenu trois condamnations de la part de la justice pour des menaces de mort ou de viol.
Anne
Fulda, votre réaction sur le reportage
?
C'est vrai que c'est effarant. Et en fait, pour revenir à ce qui touche la Brigitte Macron, ça me fait repenser au... Vous savez, au début de son premier mandat, Emmanuel Macron avait voulu instituer un statut de la première dame pour la protéger et pour que... Bon, je ne
sais
pas si ça aurait changé quelque chose dans la violence, des agressions, parce que finalement, on en revient toujours à la même chose. On en revient toujours à la responsabilité des réseaux sociaux qui amplifient de manière incroyable la moindre fausse information.
Alors
là,
il
y
a
des choses un tout petit peu différentes dans le reportage tel que ça a été présenté. Il y
a à la fois le fait qu'on s'en prenne
à son identité de genre en disant qu'elle n'est pas une femme et de l'autre côté, le fait qu'elle soit critiquée, ça paraît plus légitime. On prend
la
parole
dans le
débat public, on a le droit de critiquer
la première
dame. avant elle. Mais c'est vrai que je n'ai pas souvenir d'attaques aussi violentes et touchant à ça. Parce que par exemple, on se souvient d'une polémique qui avait marqué à l'époque de Bernard de Chirac. Mais c'était des humoristes qui s'étaient moqués d'elle avec son sac. Ce n'était pas dramatique. C
'est
plutôt comparable à ce qu'a subi Michel Obama ou Hillary Clinton.
Ou Madame
Pompidou d'une certaine
façon. à
l'époque, on remonte à loin. Mais finalement, plus près de nous, il n
'y a
pas eu d'attaque comparable d'une telle violence et surtout d'une telle portée. On est dans le domaine aussi du faux plotisme, des fake news, etc. Que faire de ça ?
Quand
vous allez voir Brigitte Macron, son collaborateur, vous montre toujours d'abord un gros dossier dans lequel figurent toutes les fake news, tout ce qui
traîne
sur elle, sur les réseaux sociaux. Et c'est assez impressionnant de voir tout ce qui peut se dire, s'écrire, les délires, les fantasmes, les fake news, les propos complotistes. Et c'est assez sidérant. Et ça, ça a commencé dès son arrivée à l'Élysée avec son mari qu'elle est devenue première dame. Et c'est vrai que, par exemple, là, récemment, dans les derniers propos complotistes, son conseillif s
'est
remarqué que là, tout à coup, dès qu'il y a eu dans un premier temps, les trois personnes devaient être déférées devant le tribunal aujourd'hui. finalement, ce sera délément. Et il y avait immédiatement, tiens, comme par hasard, pour les agresseurs de Tronieu, ça
va très vite.
Et il me faisait remarquer que Mme Macron, justement, elle, ça fait plusieurs... Ça fait longtemps qu'elle a déposé une plainte pour diffamation contre un médium, le fameux médium et la fausse journaliste qui ont fait courir le fait qu'elle
n'était pas
une femme. et à ce jour, elle n
'a
toujours pas réussi à les envoyer au tribunal. David Ducamp. Oui, il y a quelques semaines, j'ai organisé, vous savez, ce fameux
face au lecteur
du Parisien qui est très connu. Alors, il y a quelques semaines, j'en ai animé un avec Mme Macron. Et il fait aujourd'hui écho dans mon esprit par rapport à l'agression d'hier puisque à cette occasion-là, les lecteurs avaient beaucoup interrogé la première dame sur sa vie quotidienne, sa perception aussi de tout ce qui peut être relayé sur ses réseaux sociaux et elle nous avait confié avoir peur.
Elle
avait dit, moi j'ai peur.
J
'ai peur pour mon mari, elle le disait comme ça. J'ai peur pour mon mari, j'ai peur pour moi, mais moi j'étais témoin de cet échange. Il y avait une vraie sincérité. Elle exprimait un sentiment de peur et on percevait qu'elle le ressentait vraiment.
Ce
n'était pas une tentative comme peuvent le faire parfois les responsables politiques. Il y
a
eu de la sincérité dans cette expression. Il y a la première dame, mais il y a aussi Aurore Berger, il y a aussi la présidente de l'Assemblée nationale. On entendait tout à l'heure Olivier Grégoire qui nous dit que son bébé est aussi menacé désormais sur les réseaux sociaux. Est-ce qu'il y a, j'allais dire, vis-à-vis des femmes, vous qui suivez de très près l'avis politique les uns les autres, est-ce qu'il
y a
vis-à-vis des femmes une espèce de surenchère ?
On
pourrait parler aussi de madame... Rousseau ? Oui, madame Rousseau, évidemment, qui a réussi à faire condamner...
Condamner, c'était dit dans le...
Exactement. Est-ce qu'il
y a
vis-à-vis des femmes un harcèlement qui dépasse les bornes ? Est-ce qu'elles ont un traitement singulier ? Indéniablement, oui. C'est clair. Bien sûr que c'est beaucoup plus dur. Bien sûr que, au fond, le sexisme, il est là, est bien là, est bien installé et malgré les progrès considérables qui ont pu intervenir, ça continue. Et ça les affecte les élus
?
Oui.
C
'est aussi parce qu'il y
a
une
amplification... Ou est-ce qu'ils se disent bon, c'est les réseaux
sociaux,
c'est pas grave, au bout d'un moment... Ça fait partie du job. Non,
parce qu'au bout d'un moment, quand en plus c'est ciblé sur les enfants, c'est quand même... Au fond, c'est abject. Voilà. C'est abject. C'est tout. Et donc, oui, un responsable politique, qu'il soit un homme, une femme, en l'occurrence les femmes, elles ont tout à
fait
la légitimité d'être affectées
par ça. Mais je vais
vous
dire
quelque chose. Aujourd'hui, la première ministre, Matignon, c'est une femme. La présidente de l'Assemblée nationale, c'est une femme. La présidente du groupe majoritaire, du groupe
présidentiel,
de la majorité de l'Assemblée nationale, c'est une femme. Et
voilà.
Et ça, tous ceux qui sont dans cette haine, dans cette détestation, eh bien... La réponse, c'est qu'elles arrivent à des postes de
responsabilité.
Ils ont allumé la télévision et tous les jours, ils les voient en direction. Alors, Elisabeth Borne est peut-être un peu fragilisée politiquement. Enfin, en tout cas, pour l'instant, elle est
là.
Elle fait la cible des attaques, elle aussi, elle est, oui, aussi comme les autres. Ou pas moins. Y compris sur la vie privée, récemment. Oui, effectivement.
Là, pour
le coup,
ce
n'était pas sur les réseaux sociaux, c'était dans un livre. Jérôme Fourquet. Et on peut comprendre la peur parce que même si, comme vous disiez, on tourne la page, ce ne sont que les réseaux sociaux, c'est des milliers, voire des dizaines de milliers de messages que vous recevez.
Et
donc, on appelle ça des trolls. Et donc, vous recevez des attaques comme ça. Et donc, n'importe quel être humain, je pense, ne peut être qu'être affecté. Regardez ce qui s'était passé. On est en marge de la politique avec la jeune Mila qui a été mise sous protection policière. Là, c'était par dizaines de milliers
de
messages. Et donc, c'est en voie
de
jour et de la nuit, dès que vous ouvrez votre téléphone ou votre ordinateur.
Que savez
-vous les uns les autres de l'organisation ? Là, pour le coup, Mila, on savait exactement d'où venaient les pressions, le harcèlement. Est-ce que là, il y a des organisations d'une certaine manière, nous avons ce soir parlé des extrêmes, de ces groupuscules qui agissent parfois dans les manifestations et aussi parfois sur les réseaux sociaux. Est-ce que c'est organisé pour à un moment donné se dire sur tel texte, on va cibler tel était l'élu ? Parce qu'à un moment donné, on veut soit les impressionner, soit les intimider. Dans l'affaire de Saint-Brévin-les-Pains, clairement, là, il
y
a un pilonnage sur le maire pour l'impressionner et le faire renoncer. Donc là, il y a eu... Et c'est le cas de plein de maires actuellement dans ces affaires-là. Mais les députés sur les retraites, on peut peut-être nous
dire un mot sur le
fait qu'ils allaient rentrer sur le terrain et qu'ils étaient soumis à une énorme pression sur les réseaux sociaux et sur
le marché.
On avait attaqué des permanences électorales. Au moment de la crise des gilets jaunes, à côté de Montpellier, des individus s'étaient introduits de nuit
dans
le jardin d'une députée. De nuit. Cagoulé, etc. Donc on voit qu'il y a un continuum comme ça et que dans les périodes de tension, il y a une espèce de chambre d'écho entre les réseaux sociaux et ce qui se passe sur le terrain. Alors ça peut être soit fomenté par des groupuscules, mais les réseaux sociaux, vous avez vu la masse de gens qu
'il y a,
il y a toujours, comme on disait tout à l'heure, 30% des gens qui considèrent que parfois il faut aller à la violence. C'est des millions d'individus et là-dessus, vous pouvez toujours retrouver des gens qui peuvent être mobilisables et qui s'allument tout seuls pour déverser leur haine du moment sur telle ou telle personnalité. Et nous revenons maintenant à vos questions.
On
se posait d'ailleurs cette question en début d'émission. En s'attaquant à la famille du chef de l'État, n'a-t-on pas franchi une nouvelle limite ? Oui, incontestablement, puisque c'est sans doute la première fois qu'une personne est agressée en raison de son lien de parenté avec la famille, avec le couple présidentiel. Et là, c'est incontestablement un cran.
D'ailleurs, on voit bien que les réactions sont allées à peu près dans le même sens, y compris de la part des opposants les plus farouches d'Emmanuel Macron, parce que là, les Insoumis ont baissé d'un cran la critique jusqu'à François Ruffin qui est élu d'Amiens, élu de la Somme par ailleurs, qui dit qu'on ne défend pas la démocratie en s'attaquant une chocolaterie. Pourquoi Emmanuel Macron suscite-t-il autant de haine ? Là aussi, est-ce qu'il
y
a une spécificité d'Emmanuel Macron où on a oublié la haine que pouvaient susciter un Jacques Chirac, un Nicolas Sarkozy ou un François Hollande ? Oui, alors d'abord,
oui,
on a oublié. Si on regarde les baromètres d'opinion, François Hollande s'était effondré bien davantage. Là, il
est à 30... C'est du
mécontentement.
C'est pas la mécontentement. Tout à
fait. Nicolas Sarkozy pouvait générer un peu aussi parfois de détestation, notamment dans le peuple de gauche à l'époque. Sur Emmanuel Macron, moi, je le distinguerais de deux choses. Il y a ce qui relève de sa politique, la politique qui l'entreprend depuis 2017. Si on devait la caractériser très rapidement, elle bouscule. Il y
a
quand même des réformes qui ont été faites. Il y
a
des réformes qui ont
été
faites dans le premier quinquennat et là, il y a eu une réforme très dure, très contestée par les Français qui a été adoptée. Donc ça, vous avez un premier élément de réponse. Ensuite, il
y
a un deuxième élément de réponse et ça, il en a lui-même fait l'analyse. C'est certaines phrases qu'il a pu prononcer, son style, au fond, qui fait à la fois son succès auprès de ce fameux socle que nous évoquions tout à l'heure, c'est-à-dire cette énergie, cette volonté toujours d'aller à la bataille, à la bagarre, mais qui, de temps en temps, aboutit à des phrases qu'il a pu regretter, celles qu'il a vraiment regrettées et d'ailleurs lui-même
le disait
récemment, là encore, devant les lecteurs du Parisien, pardonnez
-moi, mais c'était
récemment. Mais il a vraiment insisté sur le fait, celle dans la gare là.
Ceux qui ne sont rien.
Elle était terrible.
Elle était terrible. Elle a marqué au ferroux, cette
phrase. Mais voilà, donc vous avez ces deux piliers, au fond,
qui
peuvent peut-être permettre de comprendre pourquoi il y a cette réaction
-là.
Jérôme Fourquet. Pour ajouter un troisième pilier, mais qui fait écho aux deux premiers, notamment au deuxième, c'est aussi son parcours personnel.
Premier
de la classe, président, jeune élu, à qui tout a réussi et qui suscite
une
forme de ressentiment dans toute une partie de la population. Donc les phrases qu'il peut prononcer font écho pour certains. Et donc on arrive ensuite au résultat du sondage que j'indiquais tout à l'heure. Pour 68% des Français, il est méprisant. Le passage par la banque, etc. La start-up nation. Il s'en défend dès qu'il
le peut. Et quand il va
au contact des Français, qu'il les comprend.
Vous vous souvenez,
l'entre-deux-tours de l'élection présidentielle de 2017, on était encore à Amiens, l'usine Whirlpool qui était en train de fermer et l'équipe d'Emmanuel Macron apprend que Marine Le Pen va faire le déplacement. Donc il lui grille la politesse, il va sur le site et il y a un piquet de grève. Il va serrer la main à des ouvrières qui étaient en train de tenir le piquet de grève et une des ouvrières lui dit « Ah mais vous serrez la main ?
»
Et alors il avait pris la mouche et donc ça a été raconté parce que dès l'époque, on considérait qu'il était méprisant. Il y avait un montage qui avait été fait, on le voyait se laver les mains alors qu'en fait on avait vu qu'il était dans un déplacement dans l'héros où il avait attrapé une anguille et ensuite on a fait des montages comme s'il se lavait les mains après avoir été
au
contact. Et
donc
cette image-là est restée et donc ces petites phrases et la politique qui est menée ont contribué à alimenter cette éducation.
J'ajouterai en plus de cela qui reste marqué pour lui un peu comme Giscard le syndrome du premier de la classe il est énarque, il est banquier d'affaires, enfin pour Pompidou l'était mais on ne lui reproche pas la même chose. Et puis aussi ce qu'on lui reproche et en tout cas ce qu'il se perçoit dans sa manière de faire la politique, le fait qu'il n
'ait
pas été élu avant, c'est quelque chose qui revient, on le dit à chaque fois mais obligatoirement il n'a pas fait comme ses prédécesseurs, la plupart de ses prédécesseurs le Tour de France, il ne connaît pas tous les maires si bien que ça intimement, il n
'y a
pas des renvois d'ascenseurs, ça s'est créé après.
Loir-et-Cher, il semblerait que la violence et les coups aient remplacé les bonnes vieilles engueulades, c'est ça, nouveau dialogue
?
On
s
'engueule encore
à l'Assemblée nationale. Alors à l'Assemblée nationale, on
s
'est toujours engueulé,
sans doute probablement plus cette fois-ci que peut-être les deux, trois, les mandatures précédentes. Non mais globalement, il y a une violence, je l
'ai
dit, la violence symbolique à monter d'un cran, elle est amplifiée par les réseaux sociaux, c'est ça la grande... Il y a un effet démultiplicateur. C'est vrai que c'est aujourd'hui le risque que prennent certains élus en poussant à la révolution, en poussant à l'insurrection, ça vaut pour la partie gauche de l'échiquier, mais enfin, il
y
a aussi d'autre côté à droite où dans les affaires qu'on a vues avec le maire de Saint-Brévin, il y a aussi une responsabilité. Donc c'est vrai que les
élus... C'est juste
de renvoyer extrême droite et extrême gauche dos à dos, ça a beaucoup choqué cette phrase-là prononcée par Elisabeth Borne en disant en gros tous responsables de la flambée, de la violence.
Oui,
moi je dirais que le style employé par les insoumis, forte outrance, beaucoup de... Vos reportages l'ont à nouveau démontré, peut avoir un effet de courte échelle
pour
Marine Le Pen. Ça participe par comparaison de lui offrir comme ça sur un plateau un badge de respectabilité. Donc ça, il peut y avoir cette conséquence-là. Ça c'est sur Marine Le Pen. Mais ensuite, sur l'extrême droite, les militants, les réseaux d'extrême droite, les... Voilà,
ce qu'on a vu... Ce
qu'on a vu à Saint-Brévin, qu'on a vu dans la manifestation à Paris, masqué, voilà. Alors là, ça peut avoir pour effet une surradicalisation.
Parce
qu'ils observent une gauche
plus
dure, en tout cas plus agitée, on le voit à l'Assemblée nationale, et il peut y avoir aussi un phénomène de surradicalisation aussi de l'extrême
droite.
Et regardez cette question, pardonnez-moi, des manifestants pacifiques se font souvent gazer, voire frapper. L'État ne participe-t-il pas à la montée de la violence
?
Jean-Bourquet. Alors, on a vu dans les dernières manifestations sur la réforme des retraites, notamment à Paris, que la doctrine de maintien de l'ordre avait un peu évolué
et
que notamment sous l'égide du préfet Nunez, les forces de l'ordre étaient systématiquement à distance des cortèges. Et donc, on n'a pas eu ce qu'on appelait de nassage et de gazage systématique comme on avait il y a quelques temps. Et les reportages que vous avez montrés lors des précédents Sénan Lair ont montré que quand il y a eu des tensions, c'est plutôt de la part d'éléments violents qui étaient en tête de cortège qui allaient volontairement en contact
que
de ça. Il y a eu quelques procédures, notamment des Braves M, qui
ont fait quelques... Voilà, c'est ça. C
'est
des cortèges
interdits le soir, etc. Donc, il peut aussi susciter... Mais là, le maire de Saint-Brévin n'y était pour rien et le chocolatier de... Non plus.
Non
plus. Allez, Gauthier, dans les Hauts-de-Seine. Absence de soutien de l'État pour les élus comme pour les enseignants, le personnel des urgences, les policiers, etc. C'est la grande... C'est...
C
'est aujourd'hui la grande difficulté d'un État qui, effectivement, s'est éloigné du terrain et on voit bien que sans doute qu'il manque un échelon intermédiaire d'un parti peut-être qui est plus enraciné sur le terrain. Et cette réflexion d'Elsa dans les Yvinkis, demain sera à l'abri d'un lâche qui ne supportera pas qu'on ne pense pas comme lui. Effectivement, on est un peu entré dans autre chose dans le débat public, ce que vous avez essayé d'analyser ce soir. Merci à vous tous. C'est la fin de cette émission. Il est l'heure de trouver Émilie Tran-Gouillen et toute l'équipe de CETA. Bonsoir Émilie au programme ce soir.
Bonsoir Caroline. Peut-être une excellente nouvelle pour les Français ce soir. Les 75 plus gros industriels ont accepté de revenir à la table des négociations avec les distributeurs. Alors, cela devrait bientôt se voir sur les prix des étiquettes dans nos supermarchés, mais on ne sait pas encore de quand ni de combien sera cette baisse.
C
'est justement ce qu'on va demander à Jean-Philippe André, le président de l'association nationale des industries alimentaires, l'ANIA. Il l'a annoncé tout à l'heure après sa réunion à Bercy et il est notre invité dans quelques minutes. Merci à vous.
Bonne
émission. On se
retrouve
demain dès 17h30 pour un
nouveau C'est dans l'air. Belle soirée.