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interviewSud Radio (sur YouTube)· 14 mars 2025 22 min

Florian Philippot " L'Union Européenne est la structure la plus corrompue du monde."

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Alexis Poulin, sans réserve, l'invité. Et notre invité, c'est Florian Philippot, président des Patriotes. Bonjour. Bonjour. Alors vous avez organisé il y a de ça quelques jours une manifestation pour la paix dans les rues de Paris, contre finalement cette volonté de l'Union Européenne de faire capoter en quelque sorte les accords de paix entre Trump et Poutine. Quel est votre objectif, vous ?

0:24
Florian Philippot

C'est de mobiliser les Français parce que leur objectivement est grave. C'est-à-dire qu'au moment où on est au plus proche de la paix, enfin en Ukraine, on le voit bien, on a le sentiment qu'effectivement ça dérange l'Union Européenne, Macron, qui fonce vers la guerre, plus que jamais, avec une propagande de guerre qui se développe, qui dégouline sur tous les médias, matin, midi et soir, c'est devenu hallucinant. Et puis ces engagements qui nous font peur. C'est-à-dire que l'idée quand même d'envoyer, même après un cessez-le-feu, des troupes soi-disant de la paix, des troupes françaises et d'autres en Ukraine, il n'y a pas de troupes de la paix, ça n'existe pas.

On sait très bien qu'on est dans un conflit qui est tout sauf terminé, qui a des causes profondes, et qu'on est une puissance nucléaire face à une autre puissance nucléaire. Donc tout ça est d'une grande irresponsabilité. Mais le problème, c'est qu'on voit bien que Macron et l'Union Européenne ne sont pas sur un agenda... L'agenda qu'il nous présente à la télévision n'est pas le vrai agenda. C'est-à-dire que la volonté de, en permanence, raviver la guerre quand la paix devient possible, et je trouve qu'on le voit bien en ce moment, sert un agenda, et Macron a un agenda. Mais lequel ? Il a un agenda à l'intérieur, qui ressemble beaucoup à celui du Covid.

C'est-à-dire qu'il a besoin de faire peur, il ne gouverne pas par la conviction, en entraînant son peuple vers un projet d'espérance, un projet national, non, non. Il gouverne par la peur, en soumettant, en stressant par ses discours, on a vu l'allocution l'autre jour, des discours anxiogènes. Ce qui est un moyen pour lui, de maintenir sous peur un peuple, et de l'entraîner un peu vers ce qu'il veut. C'est-à-dire que, vers la guerre, mais aussi vers, on a vu, on nous a reparlé de la réforme des retraites, peut-être même la retraite à 70 ans pour financer l'Ukraine.

Comme l'auraient fait les Danois, l'épargne, on a des projets assez délirants qui fleurissent ici et là, et puis de l'austérité sur le reste, parce qu'il va bien falloir financer l'Ukraine. C'est la dette, hein. Exactement. Donc ça, on sent qu'il y a un agenda à l'intérieur qui n'a rien à voir avec la paix, ou même le souci du peuple ukrainien. Parce que s'il avait vraiment le souci du peuple ukrainien, il ferait tout justement pour que les combats cessent le plus vite possible. Et l'Union Européenne, elle, son agenda est très claire, c'est de, comme à chaque fois qu'il y a une crise, c'est de piquer une compétence en plus.

Alors pendant le Covid, elle a pris la compétence de la santé, et là, elle veut la compétence des affaires militaires. À terme, l'Union Européenne, c'est Mario Draghi qui avait craché le morceau fin 2023, veut devenir un État. Bon, ben un État a une armée. C'est la définition même d'un État. Un État, il doit avoir une armée, il a déjà... Et une police. Oui, elle a déjà sa monnaie, ses frontières, son droit fédéral, son droit supranational, sa justice de plus en plus avec le parquet européen. Elle veut, effectivement, son armée, et même notre dissuasion nucléaire avec ses projets qui sont très flous, ce qui, quand c'est flou, il y a un loup, comme dit l'autre.

Et donc, on voit bien qu'il y a une volonté à terme de transférer, y compris la dissuasion nucléaire. Voilà. Donc, Macron et l'Union Européenne ont un agenda qui consiste à perpétuer la guerre quand la paix devient possible. Et c'est ça qu'on a voulu dénoncer. Il y avait du monde. On donne la parole à tout le monde. On est, malheureusement, j'ai envie de dire, on est le seul mouvement politique français qui se bouge pour la paix, concrètement, dans les rues de France, et pour faire entendre à Macron, au gouvernement et à l'Union Européenne, un autre discours. Ça fait le tour du monde.

Là, on a des dizaines de millions de vues sur tous les réseaux sociaux de cette manifestation depuis une semaine. Par contre, pas un média français pour venir la couvrir.

3:53
Présentateur

Pas un média français, mais vos affiches ont attiré l'œil quand même du réalisateur Michel Azanavisius, d'OSS117 et de The Artist, qui en parlait sur le plateau de France 2, je crois.

4:06
Invité

Il y a en ce moment des affiches dans Paris, avec marqué, Macron, on ne mourra pas pour l'Ukraine. C'est un groupe que je ne connais pas qui s'appelle Les Patriotes. Il n'y a que des conneries sur cette affiche. C'est-à-dire, c'est l'Ukraine qui est en train de mourir pour nous, et être un patriote, c'est au moins avoir honte de ça, et au minimum les remercier.

4:25
Présentateur

Alors, qu'est-ce que vous pensez ? Qu'est-ce que vous allez dire à Michel Azanavisius sur les conneries sur cette affiche, et que être patriote, c'est dire merci aux Ukrainiens ?

4:32
Florian Philippot

D'abord, je dis bravo à nos militants, parce que si c'est remarqué, je sais que le journal Le Suisse, l'OTAN également, dans son édito, a fustigé ces affiches qui couvrent tout Paris, c'est qu'on a bien fait notre travail.

D'abord, « dans l'idée de dire qu'on ne mourra pas pour une guerre qui n'est pas la nôtre, pour une guerre qui est sciemment entretenue, on ne mourra pas pour donner à l'Union Européenne la compétence militaire, on ne mourra pas pour BlackRock qui veut récupérer les contrats derrière de reconstruction, on ne mourra pas pour ces quelques oligarques qui veulent s'enrichir sur la guerre, on ne mourra pas pour des projets expansionnistes de l'OTAN et de l'Union Européenne, qui ont intérêt encore une fois à la guerre, pour accroître leur emprise.

Non, on ne mourra pas pour cela, moi je suis prêt à mourir pour une guerre quand c'est l'intérêt supérieur de la patrie, de la France, ma patrie, qui est en jeu. Ça oui, ça sans aucun problème, et je sais que c'est le cas en premier lieu de nos soldats et de notre armée française. Mais je ne mourrai certainement pas, et je ne me ruinerai pas non plus, parce qu'avant de mourir, on se ruine. Voilà, en plus on va mourir ruiné. Parce qu'avant d'être tué, on va d'abord être ruiné, on va d'abord nous faire les poches.

On nous fait déjà les poches depuis des années comme contribuables, puisque nous payons l'Ukraine, là Ursula von der Leyen vient d'annoncer 40 milliards supplémentaires, pour l'Ukraine, ça veut dire 8 milliards payés par la France, et maintenant on va nous faire les poches en plus comme épargnants.

5:49
Présentateur

Mais c'est quand même...

5:51
Florian Philippot

On met tous les bobos parisiens, là... Mais monsieur, comment il s'appelle ? Michel Azanavisius. Ah bah c'est lui d'accord. C'est le réalisateur de OSS 117 et de The Artists. C'est dommage, j'aime bien OSS 117. Mais si, monsieur Azanavisius, et puis Nicolas Tenzer, et puis le héros...

6:05
Présentateur

Il a fait un reportage sur les Ukrainiens au front. Donc lui il parle de ces Ukrainiens qui meurent, pas pour BlackRock, mais pour leurs frontières aussi. Eux sont patriotes, les Ukrainiens.

6:14
Florian Philippot

Ah mais que les Ukrainiens se défendent, etc. Moi je ne vais pas leur reprocher, mais on ne va pas nous s'impliquer dans toutes les guerres du monde. Face à la Russie, on voit bien que c'est un match... Vous savez, on avait les moyens de les aider lors des accords de Minsk. C'était même notre devoir, puisque nous étions signataires. C'était François Hollande à l'époque, avec d'ailleurs l'Allemagne, Angela Merkel. Et nous avons sciemment bafoué les accords de Minsk. Pour préparer, c'est Merkel qui avait craché le morceau, et Hollande un peu plus tard, pour aider l'Ukraine à se préparer à la guerre. Donc c'est un jeu de lutte depuis le départ.

Si on avait voulu aider vraiment le peuple ukrainien, on aurait arrêté l'expansion de l'OTAN vers l'Est, comme nos puissances y étaient engagées à la chute de l'Union soviétique au début des années 90. Nous avons bafoué là aussi cette promesse. Donc qu'on ne me fasse pas croire qu'on veut aider les Ukrainiens. Non, non, non, non. On mène une guerre par proxy contre la Russie. C'est ça la réalité depuis le départ. Les Etats-Unis surtout. En réalité, c'était l'ancienne administration américaine. Toutes les anciennes administrations, d'ailleurs. La vraie rupture, c'est Trump.

Mais de manière constante, les Etats-Unis, il y a Brzezinski qui avait expliqué tout ça dans son livre Le Grand Échiquier en 97, et qui avait dit, voilà, il faut séparer la Russie des pays européens, parce qu'avec l'approvisionnement énergétique à bas coût, et cette taxe qui pourrait faire quelque chose en termes économiques, en termes politiques d'intéressant, eh bien, ça pourrait être une concurrence problématique pour les Etats-Unis et pour l'impérialisme américain. Donc, ils ont réussi leur coup jusqu'au sabotage de Nord Stream en 2022. Ça, c'est un acte de guerre. Mais ça ne vient pas de la Russie.

Quand on nous dit qu'il y a une menace russe, menace existentielle, non, foutez, il n'y a aucune menace russe contre la France. Par contre, moi, j'ai vu...

7:51
Présentateur

Pour vous, il n'y a aucune menace russe contre la France ?

7:52
Florian Philippot

Non, il y a zéro menace russe contre la France.

7:54
Présentateur

Tout ce qui est avancé sur les actes d'espionnage,

7:59
Florian Philippot

et les Etats-Unis qui écoutaient nos présidents de la République, et les Etats-Unis qui font sauter un gazoduc, ce n'est pas vieux, c'est en septembre 2022, c'est stratégique pour l'industrie allemande, pour l'industrie française.

8:12
Présentateur

Mais là, les Allemands, par exemple, ne souhaitent pas rouvrir Nord Stream. Les Allemands continuent à être dans la logique des sanctions, alors qu'Amérique et Russes vont reprendre des relations commerciales et diplomatiques. Nous, on est coupés définitivement.

8:26
Florian Philippot

Quand vous avez à la tête de votre pays un traître, il ne va pas œuvrer dans le sens de l'intérêt national. Si Macron défendait les intérêts français, ça se saurait plus longtemps. Alors, toute sa carrière, il a fait quoi ? Il a bradé Alstom, tous nos fleurons, puis il a bradé notre souveraineté, il a continué à le faire de manière accélérée, comme on l'a vu. Il nous emmène dans des guerres qui ne sont pas les nôtres. Il nous a mis mal avec toutes nos zones d'influence, comme l'Afrique. Il a réussi à nous brouiller avec le monde entier. Donc, Macron ne bosse pas pour l'intérêt français. Je pense que le chancelier Merz ne travaillera pas plus dans l'intérêt allemand.

En réalité, vous avez à la tête des pays, alors vous avez des réseaux pour ça, les Young Leaders, etc. Vous avez à la tête des pays...

9:04
Présentateur

Il parle de Kirstarmer aussi, en Grande-Bretagne, qui a signé quand même un accord de 100 ans d'aide à l'Ukraine, plus de 3 milliards par an, alors que l'économie anglaise rentre en récession.

9:11
Florian Philippot

Tous les peuples. Et Kirstarmer, c'est encore plus grave parce qu'il ne respecte même pas le Brexit. Mais il veut revenir dessus. Je vais vous dire, les Britanniques, ils ont fait la moitié du chemin. Au moins, ils ont voté le Brexit. On va en parler. Si demain, vous avez un farage qui arrive à la tête du Royaume-Uni, immédiatement, la politique changera du tout au tout. Sauf si l'élection est annulée. Sauf si l'élection est annulée à la Roumaine, vous me direz. Ça semble être maintenant un peu... Mais ce qu'il faut maintenant, c'est que les peuples, et c'est vraiment le cas dans l'Union européenne, les peuples reprennent la main et chassent les traîtres. Voilà. Macron est un traître.

C'est vous qui le dites. On va en parler dans un instant. C'est moi qui le dis. C'est un traître à la France. Et donc, les Français doivent tout faire pour s'en débarrasser politiquement. Ça serait d'abord le boulot de nos parlementaires parce qu'il y a un article 68 pour le faire. Ça s'appelle la destitution.

9:54
Présentateur

On voit bien qu'à part la France insoumise, personne n'a souhaité aller dans cette voie-là. On va marquer une courte pause et parler, bien sûr, de Frexit également. Et puis, des institutions européennes. Vous allez voir, Nathalie Loiseau est dans une colère noire. Alors, peut-être qu'il va se passer des choses à Bruxelles. A tout de suite sur Sud Radio. Sud Radio, midi 14h, Alexis Poulin sans réserve.

On se retrouve en plateau avec Florian Philippot, président des Patriotes, pour parler à la fois de cette guerre en Ukraine et de la position française, de plus en plus belliciste, et de cette propagande pour aller contre tous les conquis sociaux, les acquis sociaux, pour faire l'effort de guerre. Et la dette, toujours la dette. Autre sujet, on en parlait. Vous disiez que Keir Starmer est en train d'essayer de faire tomber le Brexit. Vous, vous défendez le Frexit, c'est-à-dire la sortie de l'Union Européenne. Une Union Européenne dont les institutions sont quand même souvent sous le feu des médias pour corruption. Encore une affaire au Parlement européen, après le Qatar et après d'autres.

Ce serait Huawei qui aurait corrompu quelques membres de l'auguste Parlement européen. Et alors, ça a mis Nathalie Loiseau dans une colère noire.

11:04
Auditeur

On l'écoute. Je sais que deux bureaux ont été scellés hier à Bruxelles. Nous étions à Strasbourg en plénière. De bureaux de collaborateurs. Je n'en sais pas plus. Je respecte la présomption d'innocence. Mais si vraiment il y a des corrompus dans ce Parlement européen, je suis dans une colère noire à leur encontre.

11:23
Présentateur

Alors, est-ce qu'il y aurait des corrompus au Parlement européen ?

11:25
Florian Philippot

Diantre, diantre ! D'y aurait-il des corrompus au Parlement européen ? Ça met dans une colère noire. Nathalie Loiseau qui va nous voler dans les plumes, c'est ça ? Sans doute, mais... Bon, quel sketch ! L'Union Européenne est la structure la plus corrompue du monde. Je vais vous dire pourquoi. C'est une structure qui a tous les pouvoirs, qui n'a aucun contre-pouvoir, et qui brasse énormément d'argent. Et bien, vous avez le cocktail.

11:48
Présentateur

Le Parlement européen ne sert à rien. On en a très peu. Le Parlement européen...

11:51
Florian Philippot

C'est décoratif. Le Parlement européen ne sert à rien. Et de toute façon, je vais vous dire, ce n'est même pas le débat de élu ou pas élu, parce que la Commission n'est pas élue, le Parlement est élu. Tant mieux que la Commission ne soit pas élue, parce qu'elle aurait une fausse légitimité. Même le Parlement, ce n'est pas un vrai Parlement. Quand un Parlement ne représente pas un peuple, d'ailleurs, au départ, il ne s'appelait pas Parlement. Il s'appelait Assemblée, et c'était des représentants des Parlements nationaux. Ce qui aurait été une meilleure chose, en quelque sorte. C'était des délégations de Parlements nationaux. Voilà.

Là, à partir de Giscard, on est passé à l'élection directe pour faire croire qu'il y avait un peuple européen. Et donc, un Parlement européen, et pour donner une légitimité, un vernis démocratique à une structure qui ne peut pas l'être. Évidemment.

12:27
Présentateur

Et qui ne prend aucune décision. Les lois sont discutées, proposées par la Commission, il y a les trilogues, etc. Mais il y a très peu de décisions qui se prennent au Parlement européen.

12:36
Florian Philippot

Oui, mais à la limite, presque tant mieux, parce que souvent, il est encore plus dingue que la Commission. Je vais vous dire. Parce que je l'ai bien connu. Et il se trouve que la Commission, effectivement, a le monopole de l'initiative des textes. Et ensuite, elle doit faire respecter. Puis il faut y ajouter la Banque centrale européenne et la Cour de justice de l'Union européenne. Enfin, tout est cadenassé. Et bien sûr que c'est l'institution la plus corrompue. Il y a plein d'histoires de corruption. Et puis il y a celles qu'on voit et celles qu'on ne veut pas chercher.

Vous avez tous les réseaux Soros, tous les réseaux atlantistes qui inondent, à mon avis, d'argent bien plus considérable que simplement ces sociétés qataris ou chinoises dont on parle. Et tout ça, on ne le regardera pas. Parce que ça, c'est considéré comme une ingérence pour le bien. Madame Loiseau, elle est dans les réseaux Soros. Je ne dis pas qu'elle est corrompue. Non, c'est public. Mais je dis qu'elle est dans les réseaux Soros. Effectivement.

13:21
Présentateur

Et elle est à la tête de la Commission, justement, du Parlement européen, du bouclier démocratique, qui est à l'origine, par exemple, de dire qu'en Roumanie, un candidat comme Gorguescu n'a pas le droit de se présenter parce qu'il serait le candidat des Russes et qu'il aurait eu une campagne de fermatrol russe. Ce cas roumain, quand même, il est emblématique. Alors, au-delà, bien sûr, de la position politique de M. Gorguescu, on a là affaire à une justice politique, un cas de l'offert, comme on appelle, où on descend un candidat avant même qu'il puisse se présenter.

Enfin, il s'est présenté, il arrive en tête au premier tour, il est en tête dans les sondages, et là, les institutions roumaines font en sorte qu'il n'ait pas le droit de se présenter.

13:59
Florian Philippot

Oui. Et l'Union européenne applaudit. Bien sûr, oui, elle applaudit parce qu'en fait, elle tient derrière la marionnette. C'est elle qui agit. En réalité, c'est un laboratoire, la Roumanie. Il faut bien que les gens le comprennent. Et c'est tellement vrai qu'on commence à voir fleurir des articles en France en disant, 2027, en France, la présidentielle risque d'être sous ingérence russe. Ce qui est exactement l'argument qui a été utilisé pour invalider la première élection présidentielle roumaine, puis la candidature de Georges Escou pour la seconde. Ce bouclier démocratique européen, parce que tout se connecte. En fait, les choses sont simples.

L'Union européenne sait que les peuples en ont ras-le-bol de l'Union européenne. Et qu'il y a un vent de révolte. Pour plein de raisons. Légitime. Ce qu'elle craint, c'est que...

14:42
Présentateur

La paupérisation, maintenant la guerre, enfin, ça fait beaucoup.

14:44
Florian Philippot

Le seul truc qu'elle ne maîtrise pas encore, ce sont les élections nationales qui peuvent arriver au pouvoir, un pouvoir anti-Union européenne. Ce qui était le cas en Roumanie. Pour se prémunir de ça, il y a un argument formidable, c'est de dire que l'élection n'est pas valable parce qu'elle était faite sous ingérence. Ingérence de Musk, de Trump, des Russes, au choix, ils choisiront. Et donc, pour la démocratie, parce que pour l'État de droit, c'est toujours présenté comme ça, on va devoir annuler le scrutin. Et pour cela, on a créé une institution communautaire qui s'appelle le Bouclier démocratique européen.

Et effectivement, c'est l'eurodéputé macroniste, Nathalie Loiseau, qui préside la commission spéciale qui a été instituée en janvier au Parlement européen pour mettre sur pied ce bouclier démocratique européen. Donc tout est ficelé. C'est-à-dire qu'on va vous chercher un argument, on va vous dire il y a eu de l'ingérence, donc le scrutin n'est pas juste, l'État de droit n'est pas respecté, la démocratie n'est pas respectée, donc on annule le scrutin, donc on empêche des candidatures, et donc l'Union européenne aura protégé l'État de droit et la démocratie, ce qui est sa vocation naturelle. La boucle est bouclée. Voilà ce qu'ils sont en train de mettre en place.

Ne pas croire que ça concerne que la Roumanie, ça concernera tout le monde. Thierry Breton avait craché le morceau. Il avait dit on l'a fait en Manille, on le fera évidemment en Allemagne si c'est nécessaire. Ça n'a pas été nécessaire parce qu'il a manqué 5 points à l'AFD pour que ce soit nécessaire, mais si l'AFD avait fait 25 au lieu de 21, je peux vous assurer que ça aurait été nécessaire et qu'il l'aurait fait. Voilà, c'est l'Allemagne, on parle de la première puissance économique de la zone. Donc ils le feront évidemment en France.

16:08
Présentateur

En France, c'est Marine Le Pen qui est... Non mais le REN n'a rien à craindre. Il faut des critiques. Vous pensez que les procès des assistants parlementaires justement du FN, elle va s'en sortir sans... Alors moi je pense que le REN

16:20
Florian Philippot

n'a rien à craindre de l'Union Européenne. C'est devenu... Vous savez, l'AFD a une position quand même rude par rapport à l'Union Européenne. Dans leur projet, il y a le déxit et la sortie de l'euro. Ce n'est pas du tout dans le projet du REN.

16:30
Présentateur

Ça n'y est plus, oui.

16:31
Florian Philippot

Non, ça n'y est plus du tout. Ils veulent même rester dans Schengen, le marché européen électricité. Enfin, rien du tout dans le projet du REN. Donc ce n'est plus une menace pour le système. Ils ne votent même pas l'émotion de censure. Ils votent pour Ferrand. Hier, ils n'ont même pas voté contre la résolution sur l'Ukraine. Enfin, tout ça est délirant. Donc le REN n'est pas un anti-système aujourd'hui. Donc il n'a pas besoin qu'on déclenche le bouclier démocratique européen.

16:51
Présentateur

Même si Marine Le Pen était... Alors en interne,

16:54
Florian Philippot

je crois qu'il y a une vraie guerre actuellement au sein du REN. Vous savez, Bardella est encore plus ralliée au système que Marine Le Pen. Parce qu'il y a des restes encore. Elle a quand même, pendant des années, dit qu'il fallait sortir de l'Union Européenne et de l'euro. Elle a dit que même c'était le premier des combats. Elle avait raison à l'époque. Et puis elle a renoncé. Mais forcément, ça laisse des traces. Alors que Bardella, il ne se préoccupe pas de tout ça. Il est complètement rallié au macronisme. Il y va à fond. La méchante Russie. On reste dans l'OTAN. On reste dans l'UE. On reste dans l'euro. Il fait la bise à Zelensky. Il coche toutes les cases du système.

Donc je pense qu'à l'intérieur du REN, il va y avoir, suite au rendu judiciaire, au délibéré le 31 mars, il va y avoir, à mon avis, une guerre interne qui a déjà commencé en sourdine, mais qui va prendre de l'importance. Et le candidat du système, c'est plutôt Bardella. Plus que Marine Le Pen.

17:45
Présentateur

Qui est très raccord avec tout le discours officiel. Mais vous parliez tout à l'heure des oppositions, justement, qui sont très sages face à Emmanuel Macron, qui étaient pourtant au creux de la vague après la dissolution ratée, qui n'arrivait pas à reprendre, la censure de Michel Barnier. Et là, on a l'impression que tout le monde s'est mis d'accord pour dire qu'on va laisser une chance aux produits qui, à prouver, quand même, est une catastrophe pour la France. Rien qu'à voir les 3 600 milliards de dettes, la désindustrialisation, le chômage, et maintenant, cette stratégie du choc permanente pour faire pousser des lois antisociales. Pourquoi les oppositions sont si faibles ?

Alors qu'elles ont les cartes aujourd'hui pour faire tomber François Bayrou.

18:27
Florian Philippot

Effectivement, le non-vote de la motion de censure nous amène à nous dire pourquoi, à ce moment-là, ont-ils voté la motion de censure en décembre contre Barnier ? Bon, puisque Bayrou fait encore pire. Donc, ça n'a effectivement aucun sens. Bayrou, qu'on ne me dise pas, on va lui laisser sa chance parce qu'on le connaît. On ne le connaît que trop. Il y a 50 ans. Il y a 50 ans de carrière. C'est vraiment, en plus, Bayrou, c'est vraiment un produit du système. C'est-à-dire, c'est quand même le type qui a trouvé à chaque fois un moyen de se raccrocher pour trouver un mandat, un poste, une fonction. Vraiment, c'est vraiment une moule qui s'accroche à son rocher. C'est incroyable.

Il a toujours vécu au crochet du contribuable français, M. Bayrou, sans jamais rien faire, d'ailleurs. Il y a des discours creux. On n'a pas de grande loi Bayrou. Quand il était ministre de l'éducation nationale dans les années 90, il a laissé le souvenir d'un ministre qui ne faisait strictement rien. Il y a une compréable état. En plus, il y a un scandale qui aurait justifié, en plus, une motion de censure. Les oppositions, entre guillemets, à mon avis, il y a plusieurs raisons. D'abord, il y a toute une partie de la pseudo-opposition qui est raccord idéologiquement avec le macronisme. Ça ne leur pose pas de problème. Je pense au PS, tout ça, évidemment.

Après, il y a une partie des oppositions... L'ERN, je pense, n'a plus de colonne vertébrale idéologique. À partir du moment où vous n'avez plus de colonne vertébrale idéologique, que vous n'êtes plus au clair sur la souveraineté nationale, vous ne dites plus les préalables. C'est-à-dire qu'un pays qui, de toute façon, n'a pas sa souveraineté ne changera pas de politique. Il se fera dicter toujours la même politique quelles que soient les alternances. À partir du moment où ils ont lâché ça, ils ont laissé tomber ça, il n'y a plus rien, si vous voulez. C'était le piège de laisser tomber ça.

Je leur avais expliqué en 2017, quand je suis parti, je leur ai dit, vous allez tout laisser tomber et à la fin, vous serez complètement rallié. C'est ce qui s'est mis 7-8 ans, c'est maintenant le cas. Donc, sans colonne vertébrale, ils sont une opposition mollusque. Et en plus, il y a le politiquement et le médiatiquement correct. Si vous voulez continuer à être invité sur BFM TV, sur LCI, sur TF1, à être bien traité, à être gentiment traité, il faut être dans l'opposition, mais pas trop. C'est ce qui explique aussi le fait que vous n'ayez pas d'élu patriote, par exemple.

Moi, si vous arrivez sur un plateau pendant le Covid et vous dites d'emblée non, tout ce qu'ils font, c'est n'importe quoi, ça n'a pas de base scientifique, pas de base sanitaire, pas de base vaccinale, il y a le danger des effets secondaires, etc. Vous venez une fois, vous ne venez pas deux fois. Si vous venez en disant on n'est pas totalement d'accord, certes, il faut encourager la vaccination de masse, mais il faudrait peut-être le faire autrement, etc. Style RN ou LFI, on vous réinvitera. Parce qu'on dira, c'est bien, il y a un semblant d'opposition démocratique pour le théâtre, mais en fait, ce n'est pas dangereux. Pareil sur l'Ukraine.

Si vous arrivez en disant il n'y a pas de menace existentielle russe, tout ça, c'est de la foutaise, vous n'êtes pas réinvités. Et même maintenant, vous n'êtes pas invités tout court. Tout court. Sauf sur Sud Radio. Oui, mais quelques médias, mais c'est très très rare, d'autant que c'est l'ARCOM qui est censé contrôler tout ça et qu'on ne peut évidemment pas faire confiance à l'ARCOM qu'il faudrait supprimer. Et donc, vous faites entendre autrement. Maintenant, il y a des formidables médias indépendants, il y a les réseaux sociaux qui sont très puissants et puis il y a le combat de rue, j'allais dire, entre guillemets, c'est-à-dire la lutte.

21:31
Présentateur

La mobilisation ?

21:32
Florian Philippot

Bien sûr, les mobilisations, les manifestations, il y a plein de choses à faire, il faut se montrer, il faut être dans le combat permanent. On ne peut pas accepter que ces oppositions, entre guillemets, nous représentent puisqu'elles ne nous représentent pas, elles ne représentent aucune opposition sérieuse et réelle.

21:46
Présentateur

Merci beaucoup, Florian Philippot, président des Patriotes, d'avoir été notre invité. Merci à vous. On marque une courte pause et on se retrouve dans un instant sur Sud Radio pour parler de laïcité et entrisme dans le sport.