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Podcast / conversationAndré Joffre· 28 juin 2026 29 minComplaisantFond programmatiqueEnvironnement & énergieÉconomie & entreprisesEurope & internationalInstitutions & élections

Delphine Batho Terra Nova

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 12:44OuverteRéponse partielle

    Vous parlez de la beauté des paysages et de l'électrification. Qu'en est-il des lignes à très haute tension en Camargue ?

  • 15:35OuverteRéponse directe

    Comment diviser par deux la consommation énergétique ? Faut-il aller vite ? Cibler d'abord les bâtiments ou les transports ?

  • 18:24OuverteRéponse directe

    Repenser le service public de l'énergie comme moyen d'avancer vers une vision commune ?

  • 20:39OuverteRéponse directe

    La gouvernance de l'énergie et de l'écologie en France est-elle au cœur du projet ou laissée à l'autopilotage ?

  • 24:05OuverteRéponse directe

    La stratégie nationale bas carbone (SNBC) prévoit une réduction de 40% de la consommation énergétique d'ici 2050. Est-ce que cette diminution est prise en compte dans l'électrification ?

  • 27:33OuverteRéponse directe

    Faut-il un moratoire sur les data centers ou des choix de souveraineté ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:24Invité politiqueFait
    « On choisit le filet d'eau tiède au lieu du changement de modèle. On entretient l'idée que tous les gouvernements mènent peu ou prou la même politique. »
  • 4:08Invité politiqueFait
    « Je n'ai pas approuvé la loi pour la croissance verte qui s'est substituée à l'engagement d'une véritable loi de programmation pour la transition énergétique. »
  • 7:02Invité politiqueFait
    « Le sujet principal central qui n'est pas abordé dans la note de Terranova, c'est la diminution de la consommation énergétique totale, autrement dit, la décroissance énergétique. »
  • 7:46Invité politiqueChiffre
    « La France importe trois fois plus d'énergie qu'elle n'en produit. »
  • 25:25Invité politiqueFait
    « On organise l'instabilité permanente des dispositifs de politique publique sur les économies d'énergie. »
  • 26:51Invité politiqueFait
    « L'État s'apprête à autoriser quatre nouveaux gigas entrepôts de Amazon en France alors qu'on a déjà 600 avions gros porteurs qui décollent de Chine chaque jour pour l'Europe. »

Temps de parole

  • Delphine Batho100 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:02
Delphine Batho

Donc pour commencer, on va prendre un peu d'avance sur le programme. Delphine Bateau, député des deux Sèvres, candidate de génération écologie à élection présidentielle. Merci. Bon, bonjour. Euh, bonjour et merci à Terranova de cette initiative. Euh merci de vos travaux et je salue toutes celles et tous ceux dans cette salle qui s'intéressent aux réflexions politiques sur l'énergie. Euh toutes celles et ceux qui sont rassemblées, qui nous regardent aussi en streaming, peut-être dans la chaleur d'un certain nombre d'appartements.

Euh évidemment, moi j'ai un regret qu'il ne s'agisse pas d'un débat en tant que tel, mais d'une sorte de speed deting à la suite des uns et des autres, ce que je trouve bien dommage. Ensuite, en en préambule, je voudrais vous demander d'être indulgente et indulgent car je suis en situation d'hypertermie depuis 72h venant du Poitou qui est l'épicentre de la de la canicule. Donc, j'ai volontairement construit un propos relativement simple qui va à l'essentiel et j'espère euh que soit vous pourrez profiter de la relative climatisation de cette salle pour faire vos 2 à 3 heures de rafraîchissement par jour, soit que vous ne vous endormerez pas compte tenu des circonstances.

Le deuxième préambule, c'est que la note de Terranova est très technique et je le dis d'emblé, je ne suis pas candidate à la fonction de ministre de l'énergie. Je l'ai déjà été et je ne je ne peux m'empêcher de penser que la situation de ces derniers jours, de ces dernières années illustre tristement l'importance du débat politique que j'ai voulu soulever il y a plus de 10 ans sur les conséquences de l'austérité budgétaire appliquée à l'écologie et à l'énergie. Il s'agissait d'un débat politique crucial sur la question de savoir si oui ou non on engage la transformation écologique et de la politique énergétique de la France et qui m'a valu d'être démissionné de force.

La voix choisie à l'époque de la politique de correction, d'accompagnement a coûté depuis très cher à la société française car aucun des événements que nous avons vécu depuis en terme de flambé des prix des énergies fossiles avec un impact lourd aussi bien sur le plan social que pour la balance commerciale, mais aussi la situation d'arrêt simultané de plusieurs réacteurs nucléaires où la vulnérabilité face aux canicules telles que nous celles que nous subissons actuellement. Rien de tout cela n'était imprévisible. Cela faisait partie des données fondamentales du débat de l'époque.

S'il y a aujourd'hui une montée des radicalités, des extrêmes, ce n'est pas sans rapport avec le fait que si lorsqu'on est en responsabilité qu'on a la capacité d'agir, on choisit d'accompagner au lieu de transformer. On choisit le filet d'eau tiède au lieu du changement de modèle. On entretient l'idée que tous les gouvernements mènent peu ou prou la même politique. Cet échec pèse lourd car il y avait à l'époque une occasion d'agir avec toutes les cartes en main, tous les leviers institutionnels, une majorité stable à l'Assemblée nationale et même une majorité au Sénat.

C'est la raison pour laquelle je n'ai pas approuvé la loi pour la croissance verte qui s'est substituée à l'engagement d'une véritable loi de programmation pour la transition énergétique engagement qui avait été pris initialement. Nous sommes désormais entrés dans le dur. Nous sommes désormais au pied du mur parce que depuis plus de 10 ans, on vit la continuité de ce moment politique alors qu'il y avait la possibilité d'enclencher un changement de modèle et on comprend en quoi c'est désormais une question de survie pour nos sociétés. J'ai bien compris que l'exercice était de réagir à la note de Terranova. Donc je vais vous livrer les remarques qu'elle m'inspirent.

D'abord bien sûr, j'ai des points d'accord important avec vos travaux sur la sortie des énergies fossiles, sur la dimension évidemment géopolitique de cet enjeu et pas seulement climatique, même si je ne vois pas pourquoi il faudrait en rabattre sur la nécessité climatique. Accord également sur l'électrification d'un certain nombre d'usages. Et d'abord et pour précision, l'enjeu n'est pas seulement de réduire notre consommation d'énergie fossile telle que vous l'écrivez à plusieurs reprises dans le document, mais bien de s'en débarrasser complètement, sauf pour des usages très particuliers.

Je défends de longue date le fait que le débat sur la composition du mixte électrique entre nucléaire et renouvelable occulte l'essentiel à savoir les économies d'énergie et la sortie des énergies fossiles. Néanmoins, ce qui me frappe dans l'approche proposée par Terranova, c'est qu'elle est linéaire. Elle n'évoque pas les causes de l'évolution actuelle de la situation géopolitique qui est directement liée au franchissement des limites planétaires qui structure l'entrée dans ce qu'Anneau rein appelle le capitalisme de la finitude.

Votre approche semble s'inscrire dans une forme de continuité dans le prolongement des orientations de l'État depuis le grenel de l'environnement et des lois successive depuis là où cette politique si elle a donné quelques résultats, n'est ni à l'échelle en terme d'ampleur, ni au niveau de l'urgence en terme de rapidité. En toute franchise, j'ai un désaccord avec cette approche pour trois raisons principales. D'abord, il y a des travaux de référence qui à mon sens doivent guider toute réflexion sur l'énergie. Je pense à l'ouvrage sans transition de l'historien Jean-Baptiste Fressos qui démontre l'interdépendance historique entre toutes les énergies et toutes les matières premières.

J'aurais pu citer aussi le monde sans fin de Jean Covicier Blin ou encore l'énergie du déniuros. Bien sûr, il y a des différences d'approche entre ces trois ouvrages, mais il y a un point commun, c'est qu'il faut raisonner en quantité absolue d'énergie consommée. Autrement dit, le sujet principal central qui n'est pas abordé dans la note de Terranova, c'est la diminution de la consommation énergétique totale, autrement dit, la décroissance énergétique et non le simple transfert d'usage de telle énergie à telle autre qui ne paraît pas une approche réaliste dans un contexte où ce que nous constatons souvent une addition énergétique.

La France importe trois fois plus d'énergie qu'elle n'en produit. L'enjeu n'est pas seulement de substituer une énergie à une autre ou d'électrifier les usages. Je m'inscris en faux contre une approche qui n'interrogerait pas les besoins et qui à nouveau concentre le débat sur les modes de production et d'utilisation. Quelles sont les consommations d'énergie vitale et indispensables pour notre vie quotidienne et pour notre économie ? Laisse- bien raisonnable de tapisser nos villes d'écrans publicitaires lumineux, de nous équiper de sèche-linges, de se lancer sans débat dans la multiplication des data center ou encore dans la 6G après la 5G.

Autant de choix collectifs qui doivent être débattus. La deuxième pour raison pour laquelle je me méfie de l'approche linéaire et de la continuité, c'est qu'elle ne me semble pas tenir compte des scénarios de rupture Covid, guerre en Ukraine, guerre en Iran. canicules spectaculaires. Nous avons changé de régime sur un plan physique, sur un plan économique. C'est un bouleversement historique. Plus rien n'est linéaire ni stable. À quoi devons-nous nous préparer ? Est-ce que dans les années à venir, le monde va évoluer de façon tranquille et linéaire ? J'estime qu'il faut prendre au sérieux la situation géopolitique, le chaos climatique, les menaces de Poutine et de Trump.

La question numéro 1 est donc de réorganiser notre société pour qu'elle soit plus résiliente et qu'elle organise sa sécurité. Je ne souscrit donc pas à l'approche qui consiste à conserver l'organisation actuelle de la société des usages de l'énergie en pensant qu'il serait possible et qu'il se suffirait de tout convertir à l'électricité. Ça ne boucle pas comme dirait Jean-Marc Jean Covici par exemple convertir le parc automobile actuel de 40 millions de véhicules à peu près à l'électrique sans s'interroger sur le poids des véhicules sans interroger la problématique des déplacements contraints. L'aménagement du territoire n'est pas une perspective sérieuse.

Il n'y a aucun scénario de neutralité carbone qui ne commence par diviser par de la consommation d'énergie. Cela plaide là aussi pour aborder la situation en commençant par traiter la quantité totale d'énergie consommée. La 3e objection est que l'approche exclusivement par la décarbonation oublie une donnée physique fondamentale, celle des limites planétaires. Séparer les enjeux de l'énergie, de celui de l'effondrement de la biodiversité, de l'eau, des ressources ne permettra pas à la nation de faire des choix robustes et éclairés.

Cela conduit à prendre de mauvaises décisions comme le fait de faire de la France la plaque tournante des data center pour l'IA sans souveraineté numérique, sans réflexion sur l'empreinte carbone que cela représente, sans sans égard pour la consommation d'eau et d'énergie. Et je ne parle même pas du débat éthique et politique sur un les risques d'un régime de domination de l'humain par la machine. Autre exemple, le projet de défigurer la première zone humide de France, la Camarg. Hot spot d'importance internationale pour des millions d'oiseaux, patrimoine inestimable, réserve de biosphère par une ligne à haute tension alors que des alternatives existent.

Là non plus, je ne suis pas d'accord et je plaide pour une approche intégrée et systémique tenant compte de l'ensemble des limites physiques de la planète et ne considérant pas la biodiversité dont dépend notre santé et notre sécurité alimentaire comme toujours la dernière roue du caros. Dans ces conditions, quelle politique énergétique pour la France ? Notre priorité, je l'ai dit, ça doit être les économies d'énergie. Ce là implique une décroissance de la consommation d'énergie et de matière premières pour réduire notre empreinte carbone et nos dépendance et notre vulnérabilité.

Dans le contexte que j'évoque dans les années à venir, outre cette priorité principale, il y a trois remarques sur lesquelles je voudrais finir par rapport à la note de Terranova. D'abord, à mes yeux, il faut développer davantage la question de l'adaptation et de la résilience des infrastructures critiques, en particulier des réseaux, production, transport, distribution. Tout est affecté par le changement climatique et donc ça doit être une priorité. Deuxièmement, l'enclenchement d'un changement de modèle pour aller vers une sécurité énergétique plus robuste, plus localisé, plus redondante, même moins complexe avec les boucles locales d'énergie partagée.

Ce nouveau modèle participerait d'une défense en profondeur contre la hausse des prix, mais aussi contre les risques de rupture d'infrastructure. C'est l'enjeu de l'autoconsommation collective pour les besoins de base. Elle suscite un engouement sur le terrain et d'après l'observatoire d'édit, on est passé de 77 opérations en 2021 à 1945 début 2026. 3è point, c'est la chaleur et le froid renouvelable. Votre note me paraît trop centrée sur l'électricité, les ENR électriques et le nucléaire et elle occulte à mes yeux l'importance capitale notamment de la géothermie, des réseaux de froid et des réseaux de chaleur qui font l'unanimité là où ils sont déployés.

Et j'espère que j'ai laissé du temps pour les questions. Voilà. Merci beaucoup. Je vous laisse voulais un peu d'eau. Ça va ? Euh, j'avais une première question mais vous avez un peu répondu. Euh, dans dans votre livre, vous parlez de notamment de la beauté et la beauté des paysages et vous expliquez à ce titre. Euh vous comprenez que des Français refusent qu'il y ait une forêt entière de Madolienne près de chez eux et vous plaidez pour si j'ai bien compris plus des petits quoi pas beaucoup pas une forêt mais quelques arbres et j'ai l'impression que sur les les l'électrification parce que c'était aussi en gros pardon je me perd un peu.

Vous dites que les paysages ils les aiment bien tels qu'ils sont et qu'ils ont pas envie qu'ils évoluent. L'électrification, ça a entraîné beaucoup de de lignes à travaille la ligne à très haut de tension en Camarg. Qu'est-ce en aérien ? En aérien mais on peut pas faire des éoliennes des éoliennes souterraines. Mais alors d'abord euh vraiment mais je vais pas répéter ce que j'ai déjà dit. L'approche qui consiste à ne pas avoir une vision systémique qui intègre tous les impacts et qui considère l'ensemble des limites planétaires est erroné.

Et donc croire que la transformation qu'on a à opérer aujourd'hui de façon générale, ce serait seulement une question de décarbonation et qu'on peut continuer avec les pollutions chimiques, la destruction de la biodiversité, la la destruction des paysages et cetera, elle est totalement erronée. Donc ça c'est la première chose.

La deuxième en ce qui concerne l'éolien, c'est qu'en fait on est confronté à une logique de à une logique de marché qui est complètement anarchique et que donc on a dans un certain nombre de territoires une surconcentration d'éolienne sans aucune écriture paysagère et le territoire dont je suis élu a porté et inauguré avec volontarisme les premiers projets éoliens mais ensuite c'est devenu n'importe quoi et ça a échappé complètement à la à la souverainé locale à la démocratie locale. L'État a autorisé des projets contre la vie des habitants, contre les la vie des élus locaux.

Et donc oui, j'assume, on ne peut pas continuer de cette façon et on ne peut pas mettre toutes les éoliennes de France dans les mêmes territoires et sans écriture paysagère. Ça veut pas dire qu'il faille arrêter le développement de l'éolien. Je j'avais une une deuxième question avant de prendre des questions dans la salle. Vous vous dites qu'il faut diviser par de la consommation énergétique euh que la la chaleur actuelle me laisse penser que quand en gros tout le monde dit il faut faire des choses puis on se rend compte quand la canicule arrive que rien ne s'est passé qu'on a très chaud quoi surtout quoi il y a plein de bâtiments qui sont pas adaptés.

Du coup qu'est-ce que comment on peut diviser par de la consommation énergétique ? Euh est-ce qu'il faut aller vite ? Qu'est-ce qu'il faut cibler d'abord ? Est-ce que il y a beaucoup de transport de euh c'est des gens dans leur voiture ? Est-ce qu'il faut les il faut développer encore plus vite des transports en commun ? Comment on on y arrive ? Alors, d'abord, il y a une chose qui est évidente qui sont les travaux d'économie d'énergie dans le bâtiment dont on voit bien qu'ils deviennent des travaux de sécurité civile par rapport aussi aux vagues de chaleur. Donc la transformation de notre habitat, la transformation de nos villes, c'est la première urgence.

Ensuite, en ce qui concerne la mobilité, euh dans le prolongement du propos que je viens de tenir, il faut sortir euh de de ce qu'est la philosophie des politiques publiques depuis le grenel de l'environnement euh qui qui se qualifiait derrière les termes de report modal, c'est-à-dire l'idée que bah, on va passer d'une voiture thermique à une voiture électrique et puis tout continue pareil. C'est-à-dire que la structuration générale des territoires et de l'aménagement du territoire a été faite autour de la voiture et il suffirait de convertir. Ça ça matche pas en fait.

Euh et c'est pareil pour l'ensemble des transports qui est le domaine dans lequel notre pays est le plus en échec en terme de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Donc ce qu'il faut faire c'est interroger le besoin de déplacement. En fait aujourd'hui euh de dans notre vie de tous les jours, on a énormément de déplacements contraints. Des déplacements dans lesquels on perd du temps, des déplacements qui sont une souffrance.

Et donc pour prendre un seul exemple, le forum vie mobile a montré que en France aujourd'hui de façon assez simple millions de salariés pourraient échanger de poste de paire à paire, gagner 35 minutes de temps libre par jour, euh réduire de 47 % leur déplacement contraint et gagner 1500 € dans le porte-monnaie sur une sur une année entière. Donc c'est une autre approche. C'est une approche aussi par l'aménagement du territoire et par le fait de rapprocher euh les endroits où on vit, les endroits où on travaille. Pour prendre un exemple très concret, est-ce que vous avez des questions pour l'instant ? Une question mais c'est moi qui a tous les micros, je crois. Non, c'est bon.

Bonjour et merci Yve Marnac de l'association Ngawat.

Euh en fait vous vous avez commencé par poser le fait que cette note était surtout technique, l'approche de Terranova est appelé à une vision plus politique et comme vous avez ensuite fait allusion au débat national sur la transition énergétique qui avait lieu effectivement quand vous étiez ministre mais revenu le fait que avait émergé dans ce débat la notion peut-être pour poser correctement toutes les questions que l'on pose ici de repenser au fond et je le dis parce que aujourd'hui on va avoir les candidats de la gauche démocratique pour qui je pense que c'est un sujet commun repenser la question du service public de l'énergie qui à mon sens a été dévoyé par différentes politiques ces dernières années.

Donc j'aurais voulu vous entendre sur sur ce point. Est-ce que politiquement reposer les principes d'un service public incluant climatique et cetera est un moyen d'avancer vers une vision commune des politiques à mener ? Merci. Alors, je sais pas s'il y a une vision commune compte tenue du point de vue critique que j'ai énoncé précédemment. Euh je ne crois pas je crois pas que tout le monde soit pour la décroissance énergétique. Euh par contre j'espère que tout le monde Oui.

et pour le service public euh parce qu'en fait on est quels que soient les choix euh devant une ampleur d'investissement dont il n'est pas vrai que le marché la preuve d'ailleurs la preuve le système a été libéralisé et on est dans cette situation là. Donc non, je je ne crois pas à la main invisible du marché pour prendre à sa charge des investissements qu'il considère par définition comme non rentable. Du coup, ça veut dire que il y a une vraie décision démocratique à prendre sur ce qui est pertinent en terme d'investissement et sur la comparaison des différents choix et des différentes options qui sont devant nous.

Ceci renvoie quand même à un problème plus général qui est celui de la conception européenne. Dans un monde qui a changé, dans un nouveau régime économique qui est celui du capitalisme, de la finitude, la religion de la concurrence libre et non et non faussée ne peut plus tenir. Voilà. Et et si elle vise à nous tirer en permanence une balle dans le pied, nous couper les jambes et nous couper les bras, on ne peut pas continuer comme ça. Donc oui, moi je suis favorable au retour à une logique de pôle public ou de service public de l'énergie. Et c'est aussi un des problèmes que j'abordais quand on parlait de l'éolien.

C'est une logique de marché qui aboutit à cette situation parce qu'il n'y a pas de planification, il n'y a pas de programmation. Si ça marche, je veux bien poser une question. Oui. Dern B. Bon, ça fait 32 ans que je suis dans l'énergie, mais je vais pas vous parler de Mégawath, je vais vous parler de gouvernance. La dernière fois que un travail sur la gouvernance dans l'énergie, dans l'écologie, ça remonte même pas à vous même bateau, ça remonte à Nicolas Hul en 2007 quand il a imposé d'une part le premier ministre en charge de la transition écologique et puis surtout de mettre le ministère de l'énergie sous la coupe de l'écologie. Ça a tenu 15 ans dont une année sous votre aide.

Ça a disparu en 2022 dans le la confusion qui s'est en suivie. On est toujours dans ce nouveau système. On a je vais pas être trop méchant mais enfin on a plus vraiment de ministre de l'écologie. Enfin, on a plus vraiment de ministres en général mais plus vraiment de ministres de l'écologie. On a une double tête. La DGEC a joué une des ministres devant. On a une double tête. Je vais pas être très sympa pour la double tête non plus. D'un côté la DGEC, de l'autre côté la Creux. Bon, je ne sais pas très bien à qui elle rencontre et de qui elle dépend. Qui pour les praticien de l'énergie comme moi sort un arrêté tous les 2 jours, 3 jours, 4 jours, ça dépend des semaines.

Généralement contradictoire avec celui de la semaine d'avant. Je suis un peu étonné que la note de Terranova que j'identifiais comme quelque chose d'assez politique ne parle que de technique et parle pas du tout de politique. Est-ce que je sais pas certains candidats contremettent la question de la gouvernance de l'énergie et de l'écologie de façon générale en France au cœur du projet où est-ce qu'on compte laisser le système s'autopiloter comme c'est actuellement en ayant fait un bon gros retour aux années Pompidou et suivantes l'énergie sous la coupe de Beril. C'est parti mon kiki. Merci. Ben je je souscris.

Euh euh je j'ai constaté là ces dernières heures qu'il y avait même un projet de grande réorganisation, autrement dit de démantellement des services du ministère de l'écologie. Euh donc oui, j'ai j'ai porté un regard critique sur tout ce qui a été fait depuis le Grenel de l'environnement. Ça veut pas dire que rien n'a été fait et je considère que la création de ce qui s'appelait le grand ministère par Jean-Louis Borlot était une avancée euh et qui correspond à ce que je disais sur la nécessité d'avoir une approche systémique limite planétaire globale. Voilà. Donc oui, le départ de de la DGEC à Ber à mes yeux pas une bonne chose.

Mais puisqu'on est là, permettez-moi de vous appeler à l'action et à la mobilisation sur le risque encore plus grave qui est celui du démantellement de l'ADEM. Euh l'adèm euh il est il est invraisemblable dans le contexte dans lequel on est d'envisager de d'amputer l'adè de la moitié de ses effectifs pour leur faire le travail des Dréal. C'est extrêmement grave. ce serait extrêmement grave comme régression pour notre pays. Après, sur les sujets de gouvernance, euh vraiment, je pense que l'histoire a largement démontré que le problème n'est pas tellement celui de la personnalité des ministres de l'énergie ou de l'écologie successif, que les choses se jouent à l'Élysée et à Matignon.

Une question ? Oui, bonjour. Bonjour madame Bateau. Merci pour votre intervention et votre conviction. Je pense c'est déjà très intéressant. Moi, je voulais revenir un petit peu sur la philosophie sur le futur énergétique, c'est-à-dire la sobriété ou la diminution de la consommation. Évidemment, je pense que enfin personne dans cette salle et en dessous n'ira contre l'idée de dier la consommation. Là où je vous suis moins, c'est qu'on a l'impression que c'est pas pris en compte aujourd'hui.

Or, j'ai sous les yeux un document qui s'appelle la stratégie nationale bacarbone SNBC que vous devez connaître qui a fixé il y a déjà plusieurs années la diminution de la consommation des jartiques totale de la France de 40 % à l'horizon 2050. Alors, c'est pas divisé par 2, je vous l'accorde, mais c'est passé 2600 TWh sans faire trop de chiffres à 930 TWh. Et tout ça sont dans les documents publiés par le RTE qui est le gestionnaire du réseau qui est en charge de la traduction.

Donc, je voulais vous questionner simplement de ma mon impression, cette diminution de la consommation, elle est bien prise en compte dans la stratégie de la France et elle est bien prise en compte dans l'électrification. L'un ne va pas contre l'autre. Or, vous aviez l'air de de laisser entendre que c'était pas du tout le cas. Donc je voulais vous entendre sur le sujet. Merci. Bah oui, parce qu'en pratique c'est pas du tout le cas.

Quand on prend la décision de stopper ma prime rénuve, quand vous avez parlé tout à l'heure des arrêté qui change tous les deux jours là, quand on organise l'instabilité permanente des dispositifs de politique publique sur les économies d'énergie, qu'on change les règles du jeu tout le temps pour que les citoyennes et les citoyens ne savent plus comment ça marche. Les artisans ne savent plus quels sont les travaux qui sont éligibles et pas éligibles. le la question de des moyens consacrés, elle est elle est pas du tout au niveau des besoins, ni en terme de rapidité, ni en terme d'ampleur.

Donc oui, il suffit pas d'écrire, vous savez le bilan qu'on doit faire quand même depuis le grenelle de l'environnement. On a fait plein de lois. Dans les lois, il y a écrit "La France se fixe pour objectif patati patata". Donc on a plein d'objectifs. Les documents cadres SNBC, PPE et cetera, c'est pareil. Il y a plein d'objectifs. Alors il faut avoir des objectifs. Je suis pas en train de dire qu'il faut pas avoir des objectifs, mais la question qui est posée, c'est les moyens concrets de les atteindre. Est-ce qu'on a éradiqué les logements passoirs dans notre pays ? La réponse est non.

Est-ce qu'on a éradiqué dans notre pays les logements bouilloirs qui sont les mêmes que les logements passoirs ? La réponse est non. Et on en paye les conséquences aujourd'hui en terme de sécurité civile. Donc non. Je considère pas aujourd'hui qu'il y a une politique tambourbattant pour les économies d'énergie, sinon onoriserait pas par exemple je ne sais pas moi où ou de une approche systémique sur l'empreinte carbone. Vous voyez quand l'État s'apprête à autoriser quatre nouveaux gigas entrepôts de Amazon en France alors qu'on a déjà 600 avions gros porteurs qui décollent de Chine chaque jour pour l'Europe. Voilà.

Donc on n'est pas aujourd'hui dans cette logique de réduction de la consommation d'énergie et de matière du première du pays dans la dimension intérieure et aussi dans la dimension importation. Je vais finir avec une question sur vous avez parlé d'électrification et dans toute la stratégie d'électrification de du premier ministre, il y avait un volet sur le numérique avec l'accompagnement et la facilitation des implantations des data center. Vous avez quel sujet ? Quel est pour vous le est-ce qu'il faut faire des choix sur quelle base ? Est-ce qu'il faut un moratoire complet ? Est-ce que il faudait que des acteurs français ?

Est-ce que Bah pour moi, il y a d'abord une question de débat préalable sur l'IA, voilà. Euh au service au service de quelle société, dans quel domaine ? va pas désinventer l'IA, hein. Euh mais est-ce qu'on veut laisser toute la création artistique être vampirisé par l'IA générative ? Est-ce que tous les emplois dans tous les domaines doivent être vampirisés par l'IA ? Euh non, moi je suis désolé, il y a un choix de société et donc je comprends la problématique de concurrence internationale et de course à mais nous nous devons faire valoir un un modèle européen et un modèle français. Et donc oui, les data center annoncés, c'est au service de qui en fait ?

De quelle intelligence artificielle sous souveraineté de quel pays et avec quelle consommation d'énergie, quelle consommation d'eau, quelle consommation de terre agricole et cetera et cetera. Donc oui, pour moi, il y a des choix préalables et je souhaite que la question de l'intelligence artificielle soit un des éléments importants du débat de la prochaine élection présidentielle. Merci beaucoup. Hm.