Le Pen se lance, Zemmour s'avance #cdanslair 13.09.2022
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Bonsoir à toutes et à tous. Nous attendons vos questions au SMS, Internet et réseaux sociaux pour alimenter notre discussion. Elle a fait une entrée en campagne sur des tons pastels. Marine Le Pen, pour sa rentrée politique, a choisi le thème des libertés et poursuit sur sa ligne, tentée de démontrer qu'elle peut rassembler au-delà de son camp. Mais un imprévu vient bousculer ses plans sur sa droite. Éric Zemmour capte l'attention et lâche ses coups. Pas encore candidat, mais déjà en campagne. L'éditorialiste privé de télé va partir à la rencontre des Français et faire la promotion de son livre.
Un week-end politique aussi pour les Républicains qui parviennent à afficher une photo de famille à Nîmes. Et puis à gauche, Anne Hidalgo a franchi le pas hier à Rouen, à 135 kilomètres de Paris, avec un objectif construire une France plus juste et s'imposer à gauche où six candidats sont déjà entrés en campagne. Le Pen se lance, Zemmour s'avance. C'est le titre de cette émission. Avec nous, pour en parler ce soir, Dominique Reynier, vous êtes directeur général de la Fondation pour l'innovation politique. Raphaël Baquet, vous êtes grand reporter au journal Le Monde. Le Monde qui fait sa une aujourd'hui avec ce titre. Macron, Hidalgo, Le Pen, l'entrée en campagne.
Naila Latrousse, vous êtes journaliste politique pour France Info. On vous retrouve tous les matins pour votre brief politique dans la matinale de votre radio. Enfin, Jérôme Fourquet, vous êtes directeur du Pôle Opinion et Stratégie d'entreprise de l'IFOP. Citons votre sondage dans le JDD ce week-end qui analyse justement la crédibilité des candidats de droite. Et puis naturellement, votre livre, l'archipel français aux éditions du Seuil. Bonsoir à tous les quatre. Bonsoir. Merci de participer à ce C'est dans l'air en direct. On va commencer avec cette entrée en campagne qui était quand même assez attendue, celle de Marine Le Pen. Je me tourne vers vous, Naila Latrousse.
Qu'est-ce qu'on peut en dire de cette entrée en campagne ? On a l'impression qu'il y a certains codes qui ont un peu changé. Alors très léger, la tenue, elle est effectivement passée au bleu turquoise, là où avant elle faisait sa rentrée en blanc. Mais pour le reste, ça reste quand même une entrée très classique pour Marine Le Pen. Sur le fond, ce qu'elle a scandé à plusieurs reprises à Fréjus, ce n'est pas un enjeu de société, c'est un enjeu de civilisation. Elle l'avait déjà dit en 2016. Le fait de vouloir faire cette rentrée en extérieur pour dire « on s'ouvre sur le reste, l'ensemble de la France ».
Pour l'anecdote, c'est ce qu'elle voulait déjà faire en 2016, à ceci près que lors de la répétition, la bâche qui était derrière elle s'était déchirée. Donc il s'était retranché dans un hangar, mais c'était déjà le plan en 2016. Le discours ressemble énormément aussi à celui qui avait été prononcé à Fréjus. La seule différence peut-être, c'est qu'elle fait une rentrée sur les libertés, là où en 2016, elle faisait une rentrée sur l'ordre et sur la protection. Donc elle a compris que sur cet item-là, peut-être, les Français lui créditaient une certaine crédibilité. Qu'en revanche, sur le libéré, elle avait besoin de faire un effort supplémentaire.
Et puis l'autre différence, c'est qu'elle se défait de la présidence du Rassemblement national beaucoup plus tôt. Elle avait attendu le dernier moment pour le faire lors de la campagne précédente. Là, elle le fait dès septembre pour pouvoir être aussi un peu plus libre elle-même et de ses mouvements et de son agenda. C'est vraiment le cas ? Elle n'est plus la patronne du RN ou c'est juste un affichage qui permet de dire « je vais au devant des Français ? » En réalité, la direction du RN, les instances principales, le bureau national, le bureau exécutif, enfin l'ensemble des instances... C'est la patronne, juste. ... sous le contrôle de Marine Le Pen avec des normes proches.
Et puis surtout, il faudra voir ce que sera le Rassemblement national dans les prochains mois. Est-ce que ce n'est pas l'équipe de campagne qui prend la main ? Raphaël Baquet, lancer une campagne sur les libertés, c'est visiblement le parti pris de Marine Le Pen. Elle dit que si des centaines de milliers de personnes scandent le mot « liberté », c'est qu'il existe un malaise et qu'il faut l'entendre. Plus qu'un autre candidat ou une autre candidate, elle est prise par sa base qui nourrit beaucoup les manifs anti-vax depuis cet été. Et donc, ces manifs scandent « liberté ». C'est le mot qui les rassemble.
Or, depuis tout le début de ces manifestations, elle est en porte-à-faux, moins radicale, au fond, que cette base-là, qui est beaucoup plus dure. Elle-même, elle n'a pas été le fer de lance des anti-vax. Elle s'est montrée plus rationnelle, plus raisonnable, d'une certaine façon. Or, elle a une base qui est beaucoup plus engagée. Et évidemment, elle se fait mordre les mollets par... Éric Zemmour ? Oui, et Philippot, qui était quand même son ancien conseiller. Donc, elle est obligée de changer un tout petit peu ses mots d'ordre, même si Leïla a raison. Elle reste quand même sur les fondamentaux du Rassemblement national. Dominique Reynier, sur cette rentrée de Marine Le Pen.
Et puis, ce qu'on peut en tirer, elle dit, cette présidentielle, sur un choix de civilisation. C'est vrai que ça, on l'a beaucoup entendu prononcer ce genre de phrase.
Sur l'aspect des libertés, ce qui est intéressant, c'est que si on prend les libertés comme un univers qui fait référence à des libertés économiques, c'était le terrain de son père, Jean-Marie Le Pen, qu'elle avait abandonné, elle, quand elle avait pris la tête du Front national en 2011. Et donc, il y a eu un virage, puisque Jean-Marie Le Pen, on l'a oublié, mais était à la fois sur le plan intérieur, avait tenu des propos extrêmement durs qu'elle ne le tiendra pas, mais sur le plan économique, était sur un modèle qu'on qualifierait de réganien ou de ce type-là. Plus à droite. Oui, plus libéral au sens économique du terme. Donc, ça peut faire référence à ça, parce que c'est un aspect.
Mais il y a un autre aspect, qui sont les libertés, comme moi ce que j'appelle un patrimoine immatériel, la liberté, par exemple, de caricaturer, qui fait référence au contentieux avec l'issamisme. La liberté d'opinion, qui peut faire écho à un sentiment qui est souvent présent sur les réseaux sociaux, selon lequel on ne peut pas en France dire ce que l'on veut. Il y a des médias officiels qui empêchent certaines opinions de s'exprimer. Et donc, c'est une façon de... Et puis, bien sûr, comme ça a été dit, elle l'a évoqué à propos des antivax et des antipasses sanitaires. Elle l'a dit elle-même. Elle a rangé de ce côté-là la revendication de la liberté.
Donc, c'est un thème qui peut l'amener à accueillir plusieurs types de protestations ou de frustrations, qui pour la plupart s'enracinent à droite ou très à droite, mais pas toutes. Ça peut aussi faire écho à certaines demandes, qui, y compris si les chefs d'entreprise, PME ou autres, ont des raisons.
Vous avez l'air de dire que c'est un pari judicieux de sa part, avec une forme d'habileté politique pour ramasser au-delà de son camp, de ceux qui, traditionnellement, ont l'intention de voter pour elle, peut-être toucher une population qui arrive avec d'autres revendications.
Bon, l'appréciation, ce serait que c'est un pari très risqué pour elle. Ce n'est pas le terrain sur lequel on l'attend. On n'a pas l'habitude de voir cette famille-là s'exprimer comme ça sur ce sujet. Liberté, c'est quand même toujours plus ou moins une sorte de luxe pour personnes qui ont déjà beaucoup de choses. Enfin, je ne sais pas, je trouve que c'est un sacré pari qu'elle fait. Sans doute qu'elle estime qu'elle a une distance suffisante par rapport à ses concurrents de droite pour se permettre d'aller aussi sur ce thème-là, mais de le mettre ainsi en avant et d'y inclure la liberté de ne pas se faire vacciner au moment où on espère sortir de la pandémie.
Je trouve que c'est périlleux comme choix en réalité.
Et d'ailleurs, ça l'a obligé à préciser que la liberté, ce n'était pas le désordre. Elle a eu un discours d'accompagnement en disant que, évidemment, c'était aussi la candidate de l'ordre public. Qu'en disent les sondages, Jérôme Fourquet ? On a l'impression, et peut-être c'est une impression, vous allez nous le dire, que cette rentrée, elle est plus compliquée qu'elle l'avait imaginée Marine Le Pen. Est-ce que cela se voit dans les enquêtes d'opinion ? Alors, effectivement, d'abord, il faut voir que cette rentrée politique, elle s'opère après la déconvenue pour le Rassemblement National des élections régionales.
Alors, on a dit que le Rassemblement National avait enregistré une contre-performance. Effectivement, ils n'ont gagné aucune région, même celle qu'ils convoitaient entre toutes, à savoir la région PACA. Ils ont fait à peu près 19% au premier tour, donc c'est quand même un score qui n'est pas déshonorant. Mais ça n'a pas été l'occasion d'un tremplin ou d'une dynamique. D'ailleurs, Éric Zemmour, on va en parler tout à l'heure, joue beaucoup là-dessus, en disant, voilà, Marine Le Pen, ce n'est plus le parti de la gagne, et ça ne pourra pas gagner. Donc, il n'y a pas de tremplin, d'une part. Il y a une concurrence à laquelle elle ne s'attendait pas, celle d'Éric Zemmour.
Il y a ce mouvement anti-pass sanitaire, où un certain nombre de ses concurrents, Nicolas Dupont-Aignan, Florian Philippot, sont assez actifs, et terrain sur lequel elle ne peut pas complètement les suivre, parce qu'il y a quand même un problème de crédibilité. Et donc, ce scénario d'un face-à-face joué d'avance entre elle et Emmanuel Macron apparaît un peu moins évident à l'heure où on se parle.
Et donc, peut-être aussi, la volonté de mettre en avant ce thème des libertés
renvoie à deux choses. D'une part, une liberté vis-à-vis des instances européennes, en disant, il faut qu'on reprenne le contrôle sur nos vies, il faut qu'on reprenne nos destinées. Et donc, si le peuple français tranche par référendum sur un certain nombre de grandes orientations, notamment sur l'immigration, il est le seul et unique souverain. Donc, je pense que c'est aussi dans ce sens-là qu'il faut entendre le terme de liberté. Et dernier point sur les libertés, le fait aussi de jouer le camp de la liberté contre un pouvoir macronien qui est dépeint par Marine Le Pen et ses proches comme un pouvoir autoritaire.
Vous entendez, dans les manifestations, on dit qu'il y a une dictature sanitaire. On a vu, on se souvient, au moment de la crise des Gilets jaunes, que le Rassemblement national, par exemple, s'était opposé à l'usage des flashballs par les forces de l'ordre, en disant que la police avait été utilisée comme garde prétorienne d'un système. Et donc, elle joue aussi, en utilisant cette thématique des libertés, cette carte-là, en essayant de caricaturer Emmanuel Macron comme un pouvoir qui serait un pouvoir autoritaire et liberticide. Quel électoral doit aller chercher maintenant ? Déjà, convaincre le sien d'aller voter. On a vu qu'au régional, il manquait du monde.
Et ça amène là à peu près à 20-21%. Et puis, essayer d'élargir, avec la difficulté d'une concurrence qui n'était pas forcément inattendue. On verra ce qui se passera du côté d'Éric Zemmour. Dominique Régnier parlait de l'histoire de ce parti. Pendant assez longtemps, Marine Le Pen a voulu rassembler le camp du non, la France du non au référendum de 2005. Donc, c'était un discours qui était plus à gauche, qui était plus social. Là, aujourd'hui, manifestement, elle tente une autre synthèse, c'est celui des libertés, en disant, voilà, nous sommes le pôle qui va rassembler tous ceux qui s'opposent à la dérive autoritaire jupitérienne du pouvoir macronien. Donc, c'est un sacré pari.
C'est plus puissant que les préoccupations liées au pouvoir d'achat ou liées à cette France des oubliés qu'elle a souvent évoquée. Elle pense peut-être que tout ça est déjà dans les courbes. Et elle a tort ? Mais il faut toujours le rappeler. Elle commence quand même son discours sur la question de la nationalisation. des autoroutes. Et donc, on va les entendre aussi sur le prix du gaz et de l'essence. Mais elle veut élargir sur cette critique un peu philosophique du macronisme. En tout cas, pas de logo, naturellement, du Rassemblement national. Une ambiance bucolique et une ode aux libertés. La nouvelle affiche de campagne de Marine Le Pen donne le ton à Fréjus pour sa rentrée politique.
La candidate du RN a poursuivi sa stratégie, on va dire, de normalisation. Mais un imprévu de taille bouleverse cette entrée en piste. Sur sa droite, Éric Zemmour la prend pour cible et capte l'attention. Julien Lemay.
Jour de marché. Éveille de rentrée politique pour le Rassemblement national.
Bonjour, messieurs, dames. C'est Marine au Théâtre Romain demain matin. Si vous venez la voir, vous pouvez écouter. La section du RN à Fréjus est en pleine opération séduction. L'enjeu est de taille. Marine Le Pen s'apprête à donner un coup d'accélérateur à sa campagne.
C'est beaucoup d'excitation. Vous savez, les présidentielles, c'est l'élection maire de notre pays. Donc beaucoup de Français s'y intéressent. Et pour nous, c'est un moyen de véhiculer nos idées encore plus fort que d'habitude.
En ordre de marche, dans un contexte particulier, les élections régionales se sont soldées
par une déception, notamment ici en Provence-Alpes-Côte d'Azur. Pas de quoi décourager, semble-t-il.
Il y a un moment, il faut défendre ses idées. Et si on se pose la question qu'on va encore perdre, et si on écoute ces questions récurrentes qui terminent par faire un conditionnement, on va perdre, on ne fait plus rien.
Place au rendez-vous tant attendu pour lancer les grandes manœuvres en perspective de 2022. Marine Le Pen, candidate pour la troisième fois, a choisi de s'afficher sans le logo du RN ni son nom.
Persuadée d'avoir la combinaison gagnante cette fois-ci. On n'a pas le droit de perdre. Amis nationaux, l'élection présidentielle de 2022 est de celle-là. Et parce que nous n'avons pas le droit de la perdre, nous allons la gagner. Et à la tribune, Marine Le Pen décline son slogan « Liberté », l'occasion de s'adresser à une frange contestataire de la population, celle qui s'oppose au pass sanitaire. Si samedi, après samedi, des centaines de milliers de personnes scandent le mot « Liberté », c'est qu'il existe un malaise qu'il faut entendre.
L'heure n'est pas encore à présenter le programme, mais déjà plusieurs propositions dévoilées, comme la nationalisation des autoroutes et la privatisation de l'audiovisuel public. Ses partisans espèrent surtout qu'elle réussira à fédérer le plus possible.
Il faut rester sur les fondamentaux qui sont, bien entendu, l'immigration, l'islamisme et l'insécurité, mais il faut élargir l'assiette. Et donc, par conséquent, elle a raison de vouloir dédiaboliser pour attirer les électeurs de droite, ce qui est normal.
J'espère qu'on le cassera un jour, ce platan de verre. Et puis, si ce n'est pas Marine, ce sera peut-être Bardella. Après, par la suite, on fait beaucoup de projets sur Bardella.
Jordan Bardella, nouveau président du parti. En attendant, c'est un autre homme qui focalise l'attention, Éric Zemmour. Le polémiste n'est toujours pas candidat, mais multiplie les sorties médiatiques, et parfois même contre Marine Le Pen.
Éric Zemmour est crédité de 5 à 7 % d'intention de vote.
Ça vous agace qu'il occupe autant d'espace, Éric Zemmour, et qu'il peut-être piétine les plates-bandes du rassemblement ?
Non, mais ce qui est problématique, c'est que je suis devant vous depuis un quart d'heure et que depuis un quart d'heure, vous m'avez posé dix fois la même question, tournée de manière différente.
Zemmour omniprésent, même si officiellement ici, personne n'est inquiet.
Nous, on veut rassembler. Si Éric Zemmour a envie de faire son tour de piste, vous savez, d'autres l'ont fait avant lui, Dupont-Aignan, Philippe Devilliers, Bruno Maigret, il y a toujours eu quelqu'un dans un couloir à la droite du Rassemblement National qui s'est présenté avec des résultats qui n'ont pas toujours été à la hauteur, des espérances des intéressés. Donc si Éric Zemmour a envie de se faire ce tour de piste, il le fera.
L'ombre pesante d'Éric Zemmour, qui vient d'être privé de sa caisse de résonance sur CNews. Malgré ce retrait de la chaîne d'information, il n'a pas fini d'alimenter les conversations au RN.
Et c'est vrai qu'on se faisait la remarque en regardant ce reportage, c'est que pour la première fois, le Front National se retrouve au fond dans la même situation que les autres partis pendant des années où on leur parle désormais d'Éric Zemmour comme avant on leur parlait du Rassemblement National.
Oui, et de Jean-Marie Le Pen, donc cette obligation de se situer par rapport aux responsables du FNRN, maintenant, leur est renvoyée à propos d'Éric Zemmour. Ce qui est frappant aussi, c'est de voir que Marine Le Pen, et ce n'est pas la seule populiste à être en cette situation, elle est dans une difficulté quand même parce que les Français ne veulent pas quitter l'Europe, ne veulent pas quitter l'euro. C'est spectaculaire de voir ça, étude après étude, d'ailleurs c'est vrai pour toute la zone euro. Et donc pour les populistes, il y a une rupture majeure qui ne peuvent plus promettre. Le Frexit, c'est un...
Aujourd'hui en tout cas, et je pense que ça ne bougera pas d'ici la présidentielle, c'est quelque chose dont les Français ne veulent pas. Ça les inquiète, ça les angoisse. Elle n'en parle plus. Donc elle n'en parle plus. Du coup, qu'est-ce que c'est son événement, je dirais, saillant pour dire « je ne suis pas comme les autres ». Jusqu'ici, elle avait au moins un discours sur, je dirais, l'immigration, l'islam, qu'elle avait adoucie et qui la mettait quand même un peu à l'écart.
Mais maintenant, dans la mesure où il y a un discours plus marqué, plus radical sur ces questions-là, elle se retrouve dans une position de normalisation qui va au-delà de ce que ses propres troupes peuvent supporter.
Justement, cette question, grâce à Éric Zemmour, Marine Le Pen pourra-t-elle se dédiaboliser plus efficacement encore, Raphaël Baquet ? Oui, mais pour elle, la dédiabolisation est un danger quand même. Parce que ce qui fait son succès, c'est justement ses excès. C'est le fait qu'elle fédère les protestations, les exaspérations d'une partie de l'électorat. Or, si elle... Et le côté anti-système, si elle rentre dans le système et si elle est dépassée sur sa droite, sur son extrême droite... Ça déstabilise sa stratégie en cette rentrée, vous le diriez comme ça, ce qui est en train de se passer autour de la candidature éventuelle d'Éric Zemmour ?
La normalisation, c'est à la fois son rêve depuis toujours. Je ne veux pas faire de la psychologie de comptoir, mais c'est quand même son rêve depuis toujours. Elle a d'une certaine façon toujours voulu être moins détestée que ne l'était son père. Et en même temps, c'est ce qui fait le cœur du Rassemblement national. Donc, pour elle, c'est vraiment très difficile d'être sur cette ligne de crête. C'est ce qu'a bien compris Éric Zemmour, d'ailleurs, qui ne va pas la remplacer, mais qui peut, en revanche, la déstabiliser gravement en laissant supposer qu'au fond, elle s'est rangée, qu'elle n'est pas capable.
C'est d'ailleurs là-dessus, tout de suite qu'il l'a attaqué et que ce qu'elle a montré lors du débat contre Emmanuel Macron en 2017, c'est ce qu'elle est profondément. Comment est-ce qu'il réplique au Rassemblement national face à une éventuelle candidature d'Éric Zemmour ? On a vu quelques éléments de langage dans ce reportage. Il y a aussi une autre phrase qu'on entend beaucoup, c'est Jordan Bardella qui dit ce matin la différence entre nous et Éric Zemmour, c'est que lui, il est fataliste. Nous, on peut incarner un vrai changement et arriver aux responsabilités avec un autre projet. Qu'est-ce qu'ils disent ?
On voit que depuis la percée d'Éric Zemmour comme nouveau phénomène politique, médiatique, on le qualifiera sans doute a posteriori, la stratégie du Rassemblement national ou en tout cas les éléments de langage qui ont été utilisés à son encontre ont beaucoup varié. Donc au départ, c'était un polémiste, on ne va pas répondre à un polémiste ou à un éditorialiste. Puis il y a eu la question des temps de parole où au sein même du Rassemblement national, on commençait à être un peu gêné par cet éditorialiste qui a une heure tous les soirs sur une chaîne où il peut dire tout le mal qu'il pense de Marine Le Pen. Alors ça, c'est fini du coup ? Ça a priori, c'est fini. Depuis aujourd'hui ?
On a entendu des porte-paroles du Rassemblement national expliquer qu'Éric Zemmour avait vocation à terme, pourquoi pas, à rejoindre ce camp des nationaux pour reprendre le terme de Marine Le Pen. Donc, une forme de main tendue à Éric Zemmour en disant viens travailler avec nous. Quand dans le même temps, d'autres porte-paroles disaient mais on n'a rien à voir avec lui, il est plus extrémiste que nous, etc.
Aujourd'hui, il semblerait effectivement que, vous le disiez comme Jordan Bardella l'expliquait ce matin, qu'au final, c'est un problème de méthode, qu'il est plus fataliste ou alors qu'il n'a pas l'expérience d'eux mais au final, on voit bien qu'il déstabilise complètement l'entrée en campagne de Marine Le Pen et en interne et en externe. En interne, parce que le parti n'est pas capable d'avoir une réponse unifiée face à la menace qu'il représente et en externe, parce qu'il crédibilise ce débat en fragilité de Marine Le Pen parce qu'il fait exploser effectivement cette stature anti-système.
Il dit, regardez, je suis plus anti-système qu'elle, je me permets de dire encore plus de choses et c'est là que Marine Le Pen se retrouve dans un étau, c'est que d'un côté, elle veut se défaire de ses habits d'anti-système pour gagner en crédibilité et de l'autre, c'est le même Éric Zemmour qui l'attaque en crédibilité en disant qu'elle ne gagnera pas. Dans un piège, Raphaël Baquet, ce qu'explique. Le seul élément où elle a attaqué de façon subliminale presque, Éric Zemmour, c'est sur les femmes. C'est intéressant. D'abord parce que c'est une candidate, elle n'a pas tant que ça, en tout cas, Éric Zemmour, lui, il a une position sur les femmes, il retarde de plusieurs siècles.
Il assume une forme de misogynie. Une forme de misogynie qui n'est vraiment pas dans l'époque. Et donc, elle l'a attaqué là-dessus. Elle a d'abord fait un bon petit moment sur les femmes, sur leur sécurité, sur leur liberté à circuler dehors, mais c'était aussi à l'attention d'Éric Zemmour. Et donc ça, c'est intéressant parce que c'est un des points difficiles pour Éric Zemmour. S'il veut rassembler un électorat, il faut qu'il pense quand même à la moitié de cet électorat qui sont les femmes. Quand même. Jérôme Fourquet.
Sachant que, historiquement, Jean-Marie Le Pen avait un score qui était beaucoup plus faible dans l'électorat féminin que dans l'électorat masculin et que sa fille était parvenue ces dernières années à combler cet écart. Et donc là, on va peut-être retrouver, si Éric Zemmour se présente, de nouveau cet écart homme-femme qui est très marqué. Alors, avec vous, Jérôme Fourquet, sur la crédibilité de Marine Le Pen, puisque vous avez testé, vous avez fait ce sondage pour le JDD.
Est-ce que cette stratégie de normalisation, je ne sais pas d'ailleurs quel mot il faut mettre là-dessus, mais enfin bon, c'est comme ça qu'il l'appelle, lui a permis de gagner en crédibilité puisque ça a toujours été son sujet à un moment donné d'arriver à faire 50% plus une voix. Alors, ça dépend par rapport à quelle époque on compare. C'est-à-dire qu'elle a repris des parts de crédibilité depuis l'après 2017 et depuis son échec dans le débat d'entre-deux-tours. Mais elle se situe peu ou prou à peu près dans le même étiage qui était le sien avant ce fameux débat raté.
Alors, c'est assez cohérent ces résultats avec ce que donnent les intentions de vote qui, dans un paysage très fragmenté, la donnerait encore parce qu'on spécule sur la candidature éventuelle d'Éric Zemmour. Pour l'instant, il n'est pas candidat et dans les intentions de vote, même quand il est testé, c'est Marine Le Pen qui arriverait en position de qualification pour le deuxième tour avec Emmanuel Macron. Donc, elle est bien dans le paysage mais Éric Zemmour va lui donner beaucoup de fil à retordre.
Alors, un autre élément qu'on a entendu dans votre reportage de la part de ses lieutenants, c'est de reprendre l'histoire et de dire, en fait, il n'y a pas de place pour des dissidents du Front National. Sauf que lui, il n'est pas dissident. Donc, on rappelle Bruno Maigret, on rappelle Florian Philippot, on dit, voilà, tous ceux qui sortent du FN, la marque est plus forte, la marque Le Pen, la marque RN est plus forte et il n'y a pas de place. Là, c'est différent parce qu'Éric Zemmour n'est pas dissident.
Et puis, on fait aussi entendre un autre argument, on lui dit, il sera potentiellement le Christiane Taubira du camp national, c'est-à-dire un petit candidat qui, en grabillant quelques voix, fait perdre le camp dont il est le plus proche. Il y a une dynamique, Éric Zemmour, dans les enquêtes d'opinion, est-ce que vous voyez quelque chose qui est en train de se passer ? Même si vous avez raison de le rappeler, il n'est pas encore candidat, mais est-ce que, quand vous le testez, il fragilise la dynamique, si tant est qu'il y en ait une, en tant est quoi, la candidature de Marine Le Pen ?
Si on regarde le premier sondage où il a été testé, c'est l'IFOP qui l'a réalisé il y a quelques mois maintenant, avant la période estivale, il était à 5% au premier tour. Là, dans les dernières enquêtes, il est entre 7, 8, voire 9, selon les scénarios. Donc, il y a eu une légère progression, une progression de quelques points, mais qui est en partie, quand même, à mettre en balance, ou en regard, avec l'extraordinaire couverture médiatique, dont il bénéficie depuis plusieurs semaines.
Alors, c'est consécutif ou corrélé à la sortie de son livre, à sa campagne qui est assez habile de teasing en faisant durer le suspense, aussi au fait que la sphère médiatique a envie de raconter une histoire, en disant il va y avoir quelque chose, est-ce qu'il va y avoir un trouble fait ? Donc, lui, il arrive et il répond présent. Et on voit que Marine Le Pen ne se hâtait pas de se lancer en campagne. Donc, il y a quand même ce phénomène-là à prendre en compte pour peut-être un peu relativiser cette dynamique, mais qui est quand même non négligeable. À 7 ou 8%, il est aujourd'hui au niveau d'Anne Hidalgo ou d'Yannick Jeannot dans le paysage qui est complètement fragmenté.
Et alors, à qui prend-il ? Eh bien, à peu près autant de voix qui viennent de l'électorat de François Fillon de 2017 et de celui de Marine Le Pen de 2017. Donc, il mort sur deux électorats et il joue aussi d'une Marine Le Pen qui est assez peu visible, qui a subi le contre-coup des régionales et d'un camp républicain des républicains qui est aujourd'hui englué dans sa procédure de départage. Et donc, lui, occupe le terrain et répond aussi à une appétence médiatique pour quelque chose de nouveau. Alors, il joue avec ça, vous avez raison de le dire, en disant, en laissant planer un peu le suspense sur ses intentions.
Il était interrogé par Léa Salamé et Laurent Ruquier samedi soir et il a joué avec une forme d'ambiguïté sur ses intentions. Il s'avance, mais il s'avance avec un logiciel qui est toujours le sien. Est-ce que vous avez appris des choses dans ce qu'il a dit, ce qu'il a pu dire Dominique Régnier samedi soir ? Donc, c'est toujours les thèmes qui sont les siens ?
Oui, c'est son sillon et c'est ce qui fait l'écho qu'il rencontre et le succès qu'il rencontre auprès de ses supporters aujourd'hui. Par contre, j'ai trouvé que la manière de l'interroger montrait qu'on n'avait pas appris grand-chose de la manière de s'opposer à Jean-Marie Le Pen autrefois. Pourquoi ? Parce que c'était du rentre-dedans. Et je pense que ça m'a frappé parce que je pense que c'est une incompréhension de ce phénomène comme l'était le pénisme.
Les gens qui sont en soutien de Jean-Marie Le Pen autrefois, aujourd'hui, d'Éric Zemmour, ne voient que des raisons de se conforter dans une telle confrontation et nous ne savons pas dans nos démocraties, nous ne parvenons pas, en tout cas dans la démocratie française, à traiter ces discours par une approche critique qui les mettrait en difficulté. Si vous rentrez dans l'art d'Éric Zemmour, il est plutôt à l'aise.
Par exemple, il faudrait le cibler sur la remigration parce que, par exemple, c'est ce qu'il souhaite faire.
Est-ce qu'on raconte des sornettes ou est-ce qu'il y a des possibilités ? S'il y a des possibilités, ça se passerait comment ? Qu'est-ce qui aurait lieu réellement ? Quelles conséquences ? C'est ça. Si c'est l'idée d'avoir, au fond, une supériorité morale, ça ne marche pas,
c'est très compliqué à la décharge de mes confrères. C'est très compliqué parce que c'est vrai que c'est un discours qu'on n'avait plus entendu depuis très longtemps. Je ne sais pas si Jean-Marie Le Pen allait aussi loin dans ses propos. On l'a peut-être oublié. C'est vrai qu'il a promené la remigration. Il martèle que l'islam génère la violence. Il prophétise la guerre civile. Il déflamme clairement l'idée de français de souche. Il interdit, par exemple, le fait qu'on puisse appeler son fils Mohamed. C'est vrai que depuis quelques années, ça avait un peu disparu de l'essence publique.
Vous avez raison. Absolument. Vous avez fait raison. Il y avait une... Je suis d'accord avec vous, le mot dédiabolisation, on ne sait pas trop comment on l'utilisait. Il y a une sorte de modération et banalisation. Mais ça, c'était le fait de Marine Le Pen parce que Jean-Marie Le Pen a tenu des propos épouvantables et on les a oubliés. Il a été jugé pour ça. Il y a des effets de génération. Mais même, moi, je me souviens à la télévision, il disait des choses qui étaient profondément choquantes. Souvenez-vous, sur les personnes qui étaient atteintes du SIDA, enfin, sur les... Il y a des choses atroces, vraiment atroces, qui ne sont plus dites aujourd'hui.
Éric Zemmour, lui, réinstaure, et ça aussi, c'est juste de le dire, réinstaure un discours extrêmement clivant qui fait que vous sursautez. Et de toute façon, ça produit une forme comme de jouissance, de satisfaction d'une partie de la population ou de l'électorat qui a envie d'en découdre. Mais en même temps, ça borne votre horizon parce que ça n'est pas considéré comme prometteur d'une paix civile. Et si c'est une guerre civile, on n'est pas sûr de pouvoir la gagner. Donc, ce n'est pas forcément très rassurant de s'engager dans la bataille. Bref, c'est un grand combat qu'on va mener. Mais enfin, on aimerait plutôt l'éviter. C'est ça aussi que ça peut susciter comme sentiment.
Raphaël Baquet, sur le discours d'Éric Zemmour qui déboule d'une certaine manière dans cette campagne et dans ce début de campagne. Oui. Alors, c'est vrai qu'il produit le choc et d'une certaine façon, il fait apparaître Marine Le Pen comme plus modérée. Donc, c'est à la fois ce qu'elle recherche depuis des années et en même temps, comme on l'a dit tout à l'heure, c'est un danger car elle a quand même un électorat dont une partie est très radicale. Est-ce qu'il pourrait faire tout ça juste pour vendre des livres à Raphaël Baquet ? Ou est-ce que vous avez entendu des informations que vous avez les uns et les autres ?
Quelqu'un qui est en train réellement de se préparer pour être candidat à l'élection présidentielle ? Je pense qu'autour de lui, il y a beaucoup de gens qui le poussent, qu'il est suffisamment narcissique aussi pour en être flatté et que le succès de ses livres, qui est réel, lui donne l'idée qu'il peut passer dans un autre domaine. Or, on l'a vu, le succès des livres ne fait pas forcément un électorat. Nicolas Sarkozy aussi vendait beaucoup de livres et puis il a échoué en 2012. Le fait qu'il ne puisse plus faire ses chroniques sur CNews change quelque chose ? C'est un gros pépin, oui, pour lui. C'est un pépin. Allez-y, expliquez-le. Il pensait que ça arriverait plus tard.
Il savait bien qu'à partir du moment où il commençait, plus il s'avançait vers la candidature, plus il serait obligé de lâcher son poste de polémiste à la télé. Mais il pensait que ça arriverait plus tard. Là, pour l'instant, en même temps, il est invité partout. C'est même très étonnant. Jean de Fourquet. Est-ce qu'il sera candidat ou est-ce qu'il veut vraiment... On ne le sait pas. On verra bien. Je pense que là, pour l'instant, il peut courir deux lièvres en même temps, c'est-à-dire faire la promotion de son livre et se préparer éventuellement à une campagne.
Et puis, il y a un troisième objectif, c'est même s'il ne va pas au bout de sa démarche de candidat, plus longtemps il sera dans le jeu, plus longtemps il pourra perturber le paysage électoral et idéologique et essayer d'installer ces thèmes comme étant au cœur du débat. On va voir... C'est ce qu'il dit d'ailleurs, c'est ce qu'il veut faire. Voilà. Et donc, moi, je ne suis qu'un véhicule, je ne suis qu'un messager. Alors, il y a le côté narcissique, si jamais les sondages me sourient, pourquoi pas être moi-même le porteur de ce message ? Mais, à minima, faire en sorte que les autres soient obligés de venir sur mes positions.
Et de ce point de vue, quand vous entendez les propos des dirigeants des Républicains, vous voyez que, pour l'instant, si au Rassemblement national, Marine Le Pen reste droite dans ses bottes, pour reprendre l'expression, ça commence à bouger pas mal chez les Républicains. On a quelqu'un comme M. Barnier, européen de toujours, qui, devant les parlementaires LR, dit, il y en a marre, peut-être le thème de la liberté, que toutes nos décisions soient passées sous les fourches codines de la juridiction européenne. Je ne pense pas qu'il aurait dit ça si Éric Zemmour n'avait pas été là, n'avait pas rencontré un écho.
Vous voyez que Valérie Pécresse commence tous ses discours sur « je suis présidente de la région la plus communautarisée de France ». Il y a un problème de… Elle le faisait avant, les uns et les autres, justement, dans l'idée de parler aussi à un électorat qui avait rejoint les rangs du Rassemblement national. Elle, surtout, pour se démarquer d'Emmanuel Macron. Mais la tonalité a quand même, de mon point de vue, un peu changé depuis quelques semaines. et j'y vois un lien avec ce qui se passe autour d'Éric Zemmour.
On peut faire aussi l'hypothèse qu'Éric Zemmour a dans l'idée que c'est la dernière présidentielle de Marine Le Pen d'essayer de la lui compliquer au possible pour ensuite participer à la reconstruction de cette offre politique. C'est quelque chose qui doit commencer inévitablement aujourd'hui. On y pense à la droite de la droite sur l'après-Marie de Le Pen.
Mais elle a l'atroce. Autour d'Éric Zemmour, on commence aussi à percevoir la difficulté à être candidat. C'est-à-dire qu'effectivement, il y a un écho médiatique. Il y a ce livre qui vraisemblablement va fonctionner avec des réservations pour... Il y a un programme dans ce livre ? Il y a des idées un peu novatrices ou c'est les thèmes habituels d'Éric Zemmour ? C'est les thèmes habituels d'Éric Zemmour entrecoupés d'anecdotes où, par exemple, il explique à Nicolas Sarkozy qu'il ne fallait pas appeler sa fille de Julia parce que ce n'est pas un prénom complètement français. Donc, c'est un objet un peu hybride.
Il reconnaît d'ailleurs complètement, pour le coup, samedi soir sur France 2 qu'il s'est inspiré de Donald Trump pour l'affiche. Donc, il reconnaît qu'il est dans cette inspiration populiste. Mais enfin, ça ne suffit pas dans le système français. Il faut quand même une logistique, des comptes de campagne, un directeur de campagne, des signatures. Et ne serait-ce que sur la question des signatures... Et des sous... Si j'en pour cas, il y a des sous... Il dit que les premiers dons commencent à arriver, les premiers chèques commencent à arriver pour financer la campagne d'Éric Zemmour. Mais sur la question des parrainages, c'est extrêmement compliqué.
Une personne comme Gérard Larcher, par exemple, le président du Sénat, dit « Moi, en tant que représentant des territoires, je ferai campagne pour qu'il ne les ait pas. » Et je peux vous dire que dans l'équipe d'Éric Zemmour, on est absolument en train de tout tenter. On est allé regarder quels sont les maires qui avaient signé, vous savez, pour ceux qu'on appelait les petits candidats, les Nathalie Arthaud, les Philippe Poutou, etc. On reprend tous les listings des signatures pour essayer d'aller contacter ses maires en disant « Vous qui voulez faire vivre le pluralisme, signez-nous des parrainages. » Bon, ça ne fonctionne pas, ça plafonne pour l'instant.
Donc, c'est là-dessus sur la logistique de campagne, sur les idées, très bien. Il a compris comment marteler et comment être repris et comment troubler le jeu politique. Après, il y a quand même une organisation dont on ne peut pas se dépasser. Ça traduit en tout cas ce que vous nous racontez avec beaucoup de précision et je vous remercie, une vraie volonté et une vraie organisation qui est en train de se mettre en passe derrière Éric Zemmour, précisément.
Et juste, puisqu'on fait souvent le parallèle ou la comparaison avec Donald Trump, Donald Trump, en remportant la primaire des Républicains aux États-Unis, a eu derrière lui tout, pas tout, mais la grande partie de la machine électorale des Républicains, ce qui a considérablement joué en sa faveur. Là, Éric Zemmour doit construire un appareil politique ex nihilo. Alors, on dira Emmanuel Macron n'en avait pas. Mais vous vous souvenez de tous les ralliements. Il n'y a eu aucun problème de signature. Il y avait plusieurs centaines de maires qui avaient signé, des grands élus, des grands barons. Là, pour l'instant, Éric Zemmour, il est relativement seul.
Vous voulez dire un mot très vite ? L'absence de signature pour sa candidature posera un problème à la perception par les Français de cette élection. C'est une modalité contestable d'élimination d'un candidat.
En tout cas, après avoir pris le large, ils reviennent au Bercail. Ce week-end, Valérie Pécresse et Xavier Bertrand sont venus tous les deux dire leur attachement aux députés LR réunis à Nîmes. Alors, primaire ou pas primaire, en tout cas, tous les candidats de droite avaient un seul objectif donné aux militants. L'image d'une famille unie. Magali Lacrosse, Pierre de Horde.
Elle connaît tout le monde
chez les républicains Valérie Pécresse et elle le montre. À Nîmes, ce jeudi, les parlementaires auditionnaient les candidats à l'investiture de leur parti pour l'élection présidentielle. Opération séduction à droite. Une heure pour convaincre qu'elle seule pourrait faire gagner la droite sous les couleurs de son ancien parti.
La France n'a jamais été aussi à droite qu'aujourd'hui et dans le même temps on voit qu'il y a encore une partie d'électorat de droite qui reste malheureusement vers Emmanuel Macron, une autre qui serait tentée par Éric Zemmour. Comment on fait nous pour là-dedans émerger ? Les gens ne veulent plus
de Macron, ils ne veulent pas de Le Pen.
Donc, il y a un boulevard pour nous, une troisième voie à construire, quelque chose. Mais il faut qu'on soit, il faut qu'on vente de l'espoir.
Il faut qu'on envoie du rêve. Il faut remettre de l'ordre, c'est une priorité. Donc, il faut qu'on soit très ferme sur la remise en ordre, très plein d'autorité et qu'on dise comment on va faire surtout. À quelques pas des arènes de Nîmes, tout un symbole. Les parlementaires LR se cherchent donc un chef. Et pour rassembler les troupes, un meeting est donné le soir même devant des militants un peu circonspect. Comme beaucoup, comme beaucoup. C'est malheureux. C'est perdu ?
Oui. C'est perdu.
Je ne sais pas s'ils arrivent à se comprendre eux-mêmes. C'est même pas si eux-mêmes ils pourront arriver à déterminer quelqu'un. Madame Valérie...
Grand soir des candidats un à un ovationnés par la foule mais rappelés à l'ordre par le président du parti, à la fin, il n'en restera plus qu'un.
On ne pourra gagner que dans le rassemblement et avec un seul candidat. Et un seul candidat, ça veut dire que tous ceux qui aspirent à l'être soient rassemblés derrière. Sinon, ça ne marchera pas, ça ne tiendra pas et on ne gagnera pas.
Ça voulait dire tout sauf une nouvelle guerre des chefs s'il vous plaît. Alors, on affiche sur scène l'image d'une famille recomposée qui réunit ses candidats et même davantage. Loin du public et des caméras, Xavier Bertrand retrouvera plus tard ce soir-là ses adversaires à l'investiture LR. Bonjour Xavier Bertrand, comment ça s'est passé le dîner hier soir ?
Franchement bien. Franchement bien. Merci à tout de suite.
Devant les parlementaires de son ancien parti qu'il appelle toujours sa famille, Xavier Bertrand pose ses conditions. pas question de participer à la primaire.
Je n'imagine pas gagner cette élection présidentielle sans le soutien et l'aide de ma famille politique. J'ai vraiment la conviction que nous allons emporter cette élection présidentielle mais que pour ça, il faut que nous soyons unis et que nous nous respections. Je respecte la position des uns et des autres, je demande de comprendre la mienne.
Un coup de poker que certains militants ont du mal à entendre.
Voilà, en fait, j'ai retrouvé mes cartes comme on disait. J'ai adhéré en 2012
après l'élection de François Hollande donc à l'époque juste après Nicolas Sarkozy.
Son engagement, c'est d'abord un espoir, le retour de Nicolas Sarkozy et puis le regret de la figure du chef.
Au paix Fillon, je vais être franc avec vous. J'ai été à deux doigts de dire de toute façon on n'y arrivera jamais et voilà. Bon, je ne l'ai jamais fait.
Jeudi soir, il était au meeting de son parti à Nîmes. Il avait presque fait son choix pour Xavier Bertrand mais sa position hors du parti, loin des militants, lui fait craindre le pire. Avec ses valeurs, on va dire, un peu plus modérées, un peu plus... Xavier Bertrand ?
Oui, Xavier Bertrand. Un peu plus centriste, un peu plus humaniste même, je dirais. J'aurais pensé qu'il pouvait embarquer, parce qu'on dit toujours la présidentielle, c'est la rencontre du peuple français. Ce n'est pas la rencontre juste des républicains. donc si un moment il veut être écouté, je ne crois pas pourquoi il réagit
comme ça avec les militants parce que sans appareil, en même temps, Macron a réussi à y aller sans un appareil
et aujourd'hui, il est président de la République.
Sauf que pour l'instant, Xavier Bertrand est crédité de 15 à 17% des voix au premier tour, insuffisant pour se qualifier au second tour. Raphaël Baquet, on sent un peu d'abattement chez ces militants. Oui, parce que le risque effectivement pour l'électorat de droite, c'est encore une fois de voir soit un trou plein de personnes ne s'imposent à vrai dire et effectivement entre Malérie Pécresse qui peut aller à la primaire si la primaire a lieu, elle peut en sortir vainqueur et Xavier Bertrand. Il a dit qu'il n'y aurait pas deux candidats. Mais enfin bon, ça veut dire qu'une droite est encore divisée. Est-ce que ça veut dire que ce week-end les choses se sont un peu clarifiées ?
On est là la trousse. Enfin, les voir tous unis, ce n'est qu'un repas. Mais ils ont en tout cas la volonté clairement affichée de dire on ne peut pas y aller sans le parti. Xavier Bertrand l'a dit à l'instant dans ce reportage qu'on vient de voir parce qu'ils ne peuvent pas. Ils ne peuvent pas et puis les Républicains l'ont rappelé quand même qu'une campagne ça coûtait extrêmement cher. Ça coûtait en gros 22 millions si on va au second tour et qu'aujourd'hui aucun des candidats ou aucun des prétendants à droite ne les a. Et les Républicains en revanche, eux, ils ont une sacrée cagnotte.
Ils ont 10 millions à mettre au pot du futur candidat donc ils disent nous on veut des preuves d'amour et puis quand on aura des preuves d'amour quand nos militants considéreront qu'ils sont traités avec les égards qui leur sont dus ils choisiront quelqu'un alors dans une primaire plus ou moins ouverte mais ils cherchent le moyen de convaincre les militants qu'ils ne seront pas dépossédés de ce choix et puis quand ils auront choisi celui qui aura la cagnotte fera ce qu'il voudra. Donc c'est le problème qui se pose à Xavier Bertrand aujourd'hui. C'est que souvenez-vous en 2017 ? La primaire désigne François Fillon et puis les affaires éclatent. Impossible de le débrancher.
Impossible de lui retirer l'argent qui a été versé à son compte de campagne. Celui qui est désigné qui est investi c'est fini. Il fait ce qu'il veut avec et l'investiture et l'argent. Xavier Bertrand se retrouve un peu en dehors de ce processus-là avec peut-être une marge de manœuvre limitée à l'avenir si la droite va au bout de son processus de choix et de désignation de candidats. Pour revenir à Éric Zemmour qui nous a préoccupés depuis le début de l'émission il a dit je suis de cette droite-là je suis de cette droite gaulliste le RPR. Il a cité le RPR est-ce que c'est le cas ?
Est-ce que quand on étudie ce qu'il dit aujourd'hui et qu'on se souvient de ce qu'était le RPR est-ce qu'il a raison ? Éric Zemmour ?
Alors j'essaie de faire un effort comme ça de mémoire de ce qui a pu se dire mais non je ne crois pas non il y a des je vois ce que ça veut dire c'est-à-dire ça fait référence à une droite plus dure que ne sont les LR ou que ne fut même l'UMP une droite qui pouvait parfois franchir des lignes rhétoriques mais malgré tout il n'y a pas dans l'origine de cette droite-là il n'y a pas de je dirais de tradition philosophique surtout en se raccrochant au gaullisme qui renvoie à des propos de ce type
Il le fait souvent comme pour banaliser une partie de
la militation de Pétain dans ses livres oui voilà c'est ça exactement mais il le fait souvent car vous avez raison parce qu'à la fois si vous voulez il perçoit son opposition constructive pour lui bénéfique pour lui à Marine Le Pen mais aussi les électeurs orphelins de droite et donc il leur envoie des signaux parce qu'il imagine qu'il pourrait aussi constituer pour eux une sorte d'alternative et on voit d'ailleurs ici ou là sur les réseaux sociaux des électeurs peut-être des militants je ne sais pas qui font état de leur réflexion à ce sujet parce qu'au moins au moment c'est vrai où les LR sont en train de discuter même de la procédure même pas encore de qui ou de quel programme mais de la procédure on est quand même bientôt à 6 mois de l'élection le fait de dérouler comme ça des propos extrêmement saillants et en rupture donne le sentiment que c'est là que ça se passe et non plus au RN mais là il peut espérer comme cela progresser dans les sondages
Jérôme Fouquet une question pour vous Éric Zemmour chasse-t-il également sur les terrains des républicains ?
C'est ce qu'on disait tout à l'heure c'est-à-dire que sur les 5 à 8 points qu'il obtiendrait aujourd'hui vous avez à peu près autant qui vient du Rassemblement National que d'un électorat filloniste et donc pour compléter ce qui a été dit sa grande sa grande thèse c'est dire moi je suis resté fidèle au logiciel du RPR des années 70-80 alors les années 70-80 c'est le Jacques Chirac et l'appel de Cochin sur le parti de l'étranger quand même je pense qu'il renvoie aussi peut-être à Chirac et au bruit et au l'odeur au charter de Pascua donc c'était quand même une droite qui sur l'immigration l'intégration se mouchait pas avec le revers de la main et il dit mais moi j'ai pas bougé en fait c'est toute cette droite qui a dérivé et donc c'est juste une question de revenir à nos fondamentaux et il n'y a pas de transgression il n'y a pas de radicalisation c'est juste nous qui sommes restés fidèles à ce que nous avons été et ce faisant il veut envoyer un message à cette droite orpheline qui se retrouve pas forcément dans les programmes qui sont aujourd'hui proposés et qui cherche un chef ce qu'on a entendu dans ce reportage on voit bien que c'est très déstabilisant pour cette famille politique qui a un côté très bonapartiste comme ça et qui s'est toujours construit comme ça avec des militants qui sont un peu perdus deux choses il y a le côté bonapartiste et puis le côté aussi c'est plus très à la mode aujourd'hui d'être militant mais il y a encore des gens qui prennent leur carte on l'a vu qui payent une cotisation et il ne faut pas leur demander autre chose que de soutenir quelqu'un qui appartient à leur famille là aujourd'hui ceux les deux qui sont le moins mal placés Xavier Bertrand comme Valérie Pécresse leur ont dit au revoir n'adhèrent plus n'appartiennent plus aux Républicains donc c'est quand même un peu compliqué de dire on va les coller les affiches donner les 10 millions pour des gens qui se sont affranchis quelque part de la règle commune Avec ce sondage que vous avez fait encore une fois pour le JDD où on voit que sur certains thèmes comme relancer l'économie Xavier Bertrand apparaît plus crédible sur la gestion de la crise sanitaire également alors après sur l'immigration et sur la sécurité c'est Marine Le Pen qui creuse l'écart mais est-ce que là aussi il y a quelque chose qui est en train de se dessiner dans cette bataille entre Valérie Pécresse et Xavier Bertrand Alors Xavier Bertrand sondagèrement parlant a toujours une avance mais sa stratégie du fait accompli en disant moi je n'irai pas à la primaire et bien s'appuyait sur le pari que pendant l'été il allait faire le trou faire le break avec sa principale concurrente et qu'on allait mettre un petit peu tout le monde d'accord sauf que c'est pas ça qui s'est passé les écarts ne se sont pas creusés ils sont peut-être même dans certaines enquêtes plutôt resserrés même s'il a toujours une petite avance et donc on se retrouve avec ce dîner de famille ces photos où tout le monde est bien embarrassé parce que Xavier Bertrand ne peut pas se déjuger en disant je rentre dans la primaire et les sondages ne montrent pas un écart suffisant pour qu'ils puissent faire cavalier seuls donc tout le monde essaye de gagner du temps de faire en sorte que les choses se décantent mais pour l'instant ça ne se décante pas Raphaël Bac a oublié de dire un mot oui juste il faut revenir à ce qu'était Éric Zemmour avant avant quoi les journalistes avant qu'il veuille faire de la politique oui les journalistes t'en connu comme journalistes journalistes politiques ils suivaient qui la droite il les connaît par cœur il connaît tous les cadres des républicains il était proche de Pasqua et de Philippe Séguin il le dit souvent il le dit souvent et c'était vrai il était même d'ailleurs énamouré devant Philippe Séguin Philippe Séguin c'est le mentor de Xavier Bertrand donc il connaît il connaît bien à vrai dire de l'intérieur les réflexes de cette famille politique et c'est aussi pour ça qu'il fait cette provocation d'une certaine façon sauf qu'il a quand même il s'est énormément droitisé entre les émours journalistes qui faisaient une campagne à peine déguisée contre le pour le nom référendum de la constitution européenne avec Pasqua et Séguin pour le nom à Maastricht avec Pasqua et Séguin aujourd'hui il s'est beaucoup plus droitisé sur les questions liées notamment à l'immigration je ne vais pas faire parler les morts mais je doute que Philippe Séguin aurait adhéré à ses positions racistes et contre l'immigration donc il a beaucoup changé et en même temps il s'est énormément droitisé c'est très clair et en même temps il connaît les codes de l'intérieur du parti républicain ça lui donne un avantage ça lui donne un petit avantage en tout cas pour pouvoir leur parler maintenant je pense que ce qui compte c'est aussi son programme il connaît les codes du parti mais aussi de l'électorat il est journaliste dans Figaro Figaro magazine il a énormément sillonné la France lors de conférences et donc il connaît par cœur cette base électorale et électorale alors c'était un week-end très politique il y avait aussi le lancement de campagne d'Anne Hidalgo qui a déjà réussi à faire le débat puisqu'elle a fait une proposition doublée le salaire des profs sur un quinquennat Jean-Michel Blanquer cible la démagogie Jean-Luc Mélenchon lui moque un PS qui aurait perdu sa culture de gouvernement la candidate à une urgence elle désormais se faire entendre des français et pas seulement des parisiens Léa Dermidjan David Lemarchand et Laura Arado loin de Paris sur le port de Rouen Anne Hidalgo entourée de son équipe de campagne une mise en scène soigneusement préparée pour plonger officiellement dans l'arène présidentielle
chères françaises et chers français je veux que tous les enfants de France aient la même chance que celle qui m'a été donnée je suis candidate pour offrir un avenir à nos enfants à tous nos enfants à 62 ans Anne Hidalgo met donc fin au faux suspense et si elle prend bien soin de s'adresser à tous les français c'est bien son expérience
de maire de Paris que ses lieutenants mettent en avant
cette alliance entre la vie quotidienne et la voix de la France en Europe et dans le monde c'est exactement ce qui est indispensable pour prétendre être présidente de la République et Anne Hidalgo incarne donc parfaitement cet objectif donc être maire de Paris c'est un atout pour l'élection présidentielle
une campagne présidentielle qui démarre par une tournée des médias et la traditionnelle publication d'un livre une femme française en librairie ce mercredi pas encore un programme mais déjà la socialiste pose ses fondations transition écologique lutte contre les inégalités éducation sa première proposition fait déjà réagir doubler le salaire des enseignants d'ici 2027
il y a des fonctions essentielles dans la société celle de l'éducation et celle de la santé sont deux piliers deux piliers et on maltraite les gens qui sont chargés de ces missions essentielles et on se pose la question on dit que c'est de la démagogie mais moi ce que je trouve démagogique c'est de vouloir faire croire qu'on s'intéresse à eux qu'ils sont très importants en les rémunérant d'une façon aussi faible si le soutien de son parti s'apparente à une formalité
les premiers obstacles se profilent pour l'écolo-socialiste
c'est sûr que la gauche va perdre s'ils s'allument pas et comme ils vont pas s'unir
l'éternel débat autour de l'union de la gauche sixième candidate à se déclarer après Jean-Luc Mélenchon Fabien Roussel ou Arnaud Montebourg Anne Hidalgo devra sans nul doute discuter avec le vainqueur de la primaire écologiste à deux jours du scrutin plus de 120 000 personnes sont inscrites cette fois plus qu'en 2016 et une conviction semble s'imposer parmi les candidats moi juste pour que les choses soient claires il n'y a pour moi aucun scénario envisageable dans lequel il y aurait un retrait non mais moi il n'y a pas de retrait il faut que les choses soient extrêmement claires de même pour Yannick Jadot donné favori par 69% des sympathisants écologistes pas question de se ranger derrière le candidat socialiste comme en 2017
le seul projet qui permet de réconcilier les françaises et les français entre eux c'est le projet de l'écologie alors moi ma conviction absolue c'est que c'est évidemment ce projet là qui peut gagner et qui doit gagner en 2022 et ma conviction absolue c'est que c'est autour de la candidature écologiste que ça doit se faire les autres ont trop transigé avec les réformes indispensables
qui alors
pour incarner le leadership
à gauche aucune candidature évidente ne se dégage pour le moment à 7 mois de la présidentielle ni Yannick Jadot ni Anne Hidalgo ne sont encore parvenus à dépasser la barre des 10% au premier tour dans les sondages et cette participation à la première écolo ce n'est pas forcément une très bonne nouvelle pour Anne Hidalgo non pas forcément 122 000 ça veut dire que en gros les écologistes ont réussi c'est plus de 10 fois en fait le vote de la dernière primaire sachant que le parti socialiste fait le choix cette fois de faire voter le congrès donc a priori 20 000 adhérents les écologistes commencent déjà à beaucoup en jouer en disant nous à 122 000 inscrits c'est à dire qu'en fait on part avec une légitimité plus grande cela dit bon attention quand même avec ces chiffres parce que vous savez Jean-Luc Mélenchon de son côté qui dit oui bah moi j'ai plus de 250 000 personnes qui sont abonnées à mon site etc donc après on peut faire dire à peu près ce qu'on veut à ces chiffres là et puis surtout le nombre d'inscrits en réalité comme on ne sait pas exactement qui s'est inscrit est-ce qu'il y a des perturbateurs ou pas on peut découvrir des surprises à l'issue on n'a aucune visibilité sur ce vote alors aucune alors pour le coup comme ça c'est bien on ne sait pas enfin il faut savoir vous ne mettez ni votre ni votre date de naissance ni votre l'endroit où vous habitez enfin on ne sait pas quel âge vous avez où vous habitez qui vous êtes si votre nom est le vrai ou pas enfin on peut mettre nom prénom tant que vous avez une adresse mail valide un téléphone portable valide et une carte bleue qui fonctionne vous pouvez vous inscrire
voilà juste c'est pareil pour Jean-Luc Mélenchon il revendique des chiffres importants mais c'est une pétition électronique on ne sait pas qui a signé etc
cette question en France en dehors de Paris quelle est l'image d'Anne Hidalgo ?
Raphaël Baquet ça va être son sujet en tout cas de montrer qu'elle n'est pas que la maire de Paris naturellement là tout son lancement de campagne a consisté à se déparisianiser donc on voit bien elle est entourée de maires justement de provinces des régions il n'y a pas du tout son équipe parisienne et donc oui c'est un sujet surtout on voit bien que là ces dernières années le conflit Paris-Province s'est encore accentué il a toujours été important en France mais mais il s'est encore accentué donc la maire de Paris elle n'a pas l'ancrage qu'avait Jacques Chirac en Corrèze donc ça va être plus difficile et il était intéressant aussi ce reportage avec ce militant qui disait mais moi je vais voter pour vous au second tour mais vous n'y serez pas parce qu'ils ont son problème ils ont conscience que évidemment l'offre à gauche est très morcelée ça va être une des urgences sans doute d'Anne Hidalgo dans les prochaines semaines peut-être essayer de faire la différence de créer une dynamique autour de sa candidature soit créer une dynamique soit essayer de faire en sorte que les écologistes n'y aillent pas les écologistes ont déjà passé leur tour en 2017 il y a ces chiffres ils sont tout surpris d'avoir 120 000 personnes qui se sont inscrites à leur primaire et puis à leur élection et puis il y a comment dire un débat d'interprétation sur les régionales Olivier Faure qui dirige le parti socialiste avant ces élections était prêt éventuellement à un accord avec les écologistes ce qui lui était beaucoup reproché par les proches de François Hollande en disant il est en train de brader ou de dissoudre la vieille maison et puis quand les résultats des régionales sont tombés avec des bons scores pour les présidents de régions sortant socialistes Olivier Faure a changé un petit peu de discours en disant mais en fait les écolos il y a un plafond de verre en faisant un bon jeu de mots et donc ils n'arriveront jamais à gagner sauf que dans les trois régions Île-de-France Auvergne-Rhône-Alpes et Pays de la Loire où la gauche n'était pas sortante ce sont les listes écologistes qui sont arrivées devant les listes du parti socialiste et dans les sondages pour la présidentielle aujourd'hui Yannick Jadot est au coude à coude voire souvent un peu un ou deux points devant Anne Hidalgo et donc personne ne va un peu comme Valérie Pécresse et Xavier Bertrand tout le monde est pour l'union mais à son profit et donc on ne va pas réussir pour l'instant à les mettre d'accord Très vite Naïla Latrous on passe aux questions Le calcul mental rapidement c'est 8 fois plus que la dernière fois et non pas plus de 10 fois plus pour la primaire écologiste C'était une correction On n'avait pas du tout suivi nous Merci On passe maintenant aux questions à les téléspectateurs Le soutien d'Edouard Philippe est-il gage de succès pour Emmanuel Macron aux prochaines élections ?
C'est l'un des événements aussi politiques du week-end Edouard Philippe a dit qu'il serait loyal Là on voit dans toute la stratégie de campagne d'Emmanuel Macron c'est de montrer que lui est aux responsabilités qu'il est à la manœuvre soit sur le plan international l'Afghanistan l'Irak soit au plan national avec la pandémie le plan de relance et pendant que ces oppositions sont engluées dans des des chicaïas internes et autre élément qui va accréditer ou créditer ce discours c'est le fait de montrer qu'il a une famille politique qui est en ordre de marche derrière lui puisque la principale personnalité qui a émergé dans ce quinquennat à ses côtés c'est Edouard Philippe certains de vos confrères disaient mais est-ce qu'il ne serait pas candidat etc il a sorti un livre et donc là le débat est clos et donc c'est un avantage effectivement pour Emmanuel Macron
oui ça me frappe ça me frappe beaucoup depuis en fait ça contient même l'émission parce que jusqu'à présent on avait une espèce de face à face entre deux blocs qui résistaient bien Macron et Le Pen avec le soutien d'Edouard Philippe le bloc Macron apparaît encore plus solide tandis que tous les autres blocs sont fragmentés y compris le bloc d'extrême droite avec Éric Zemmour donc la situation paraît être encore plus dynamité qu'en 2017 et sans toucher au fond ce bloc central tenu par le président Macron
le soutien d'Edouard Philippe est-il gage de succès pour Emmanuel Macron aux prochaines élections bon celle-ci est-ce que ça aide ?
oui ça aide et en tout cas c'est une dynamique de campagne puisqu'il n'y a pas de perturbation on l'a dit allez Éric Zemmour est un bon orateur mais saura-t-il soutenir le débat face aux vrais hommes politiques et femmes politiques pour l'instant il s'est prêté à l'exercice dans son émission le soir sur CNews la fameuse émission qui va s'arrêter à compter de ce soir et pour l'instant il tient plutôt la longueur plusieurs ministres se sont prêtés au jeu il y a Jean-Luc Mélenchon qui dit pourquoi pas aller débattre avec lui il y a une forme d'habileté dans ces débats c'est qu'en réalité il ne rentre jamais dans le fond des questions lorsqu'il est interrogé par exemple sur la non-faisabilité d'une mesure quand on dit mais attendez monsieur Zemmour moi je suis ministre concrètement voilà comment je fais vous faites comment oui mais non mais c'est des questions de principe donc il arrive encore à échapper à ces sujets-là après il est chez lui c'est-à-dire qu'il reçoit à domicile dès lors qu'il sera un homme politique et sur d'autres plateaux et qu'il devra se confronter à d'autres chiffres il ne pourra plus expliquer qu'en tant qu'éditorialiste il n'a pas apporté des réponses ou des solutions clés en main et c'est là-dessus qu'effectivement il peut y avoir un problème son équipe pense aussi que sur les meetings il peut aussi avoir un problème de gestuel de voix en disant c'est pas le même exercice que les plateaux est-ce qu'il saura transcender une foule s'il est sur scène il est peut-être en train de vivre la partie la plus agréable et la plus facile de sa campagne sans doute une question d'Alain dans l'Essonne au nom des libertés Marine Le Pen est-elle contre le pass sanitaire ?
Elle l'a dit elle l'a dit elle l'a dit elle l'a dit que sur le vaccin elle avait rien à redire mais qu'il fallait laisser la liberté vaccinale et qu'elle était opposée au pass sanitaire Question de Bernard à Paris Est-ce légal que le CSA décompte le temps de parole d'Éric Zemmour alors qu'il n'est même pas candidat ? Alors apparemment ils ont commencé déjà à décompter avant l'été le temps de parole de certaines personnalités dont différents signaux avaient laissé supposer qu'il pourrait être candidat et donc ils disent qu'ils appliquent à peu près la même jurisprudence Anne Hidalgo a-t-elle assez de soutien pour espérer rallier la gauche ?
Elle a son équipe des maires pour l'instant donc elle a a priori le parti socialiste avec une petite dissidence mais elle sera la candidate du PS reste à savoir est-ce qu'elle peut rallier à elle effectivement d'autres figures pourquoi pas le futur candidat écologiste je sais que son équipe réfléchit à différents scénarios en disant bon bah si conforme à leur tradition les écologistes choisissent le plus inattendu ou la plus inattendue comme Sandrine Rousseau peut-être qu'il y aura des possibilités pour discuter mais bon pour l'instant c'est beaucoup de spéculation
en même temps elle sera c'est peut-être la seule qui sera interrogée sur son bilan parce que Paris c'est quand même quelque chose et comme c'est un sujet de contestation elle aura là-dessus des comptes à rendre elle sera pas exactement dans la position d'un challenger qui est plutôt tranquille de ce côté-là
le pire des scénarios pour Anne Hidalgo c'est évidemment le fait que Yannick Jadot sorte gagnant de cette primaire c'est le candidat dont l'équipe d'Anne Hidalgo ne veut pas il se rendra jamais derrière elle il se rendra jamais trop similaire sur le profil et puis pour l'instant dans les sondages c'est lui qui mène la danse de surcroît s'il est bien élu c'est-à-dire qu'il fait 70% contre son challenger et là il a une vraie légitimité Marine Le Pen Eric Zemmour Nicolas Dupont-Aignan pourrait-il s'entendre au second tour ? ça ne vous inspire pas cette question Marine Le Pen et Dupont-Aignan ils se sont entendus l'espace d'un deuxième tour et puis le lendemain c'était terminé
en fait ils peuvent s'entendre au second tour ça dépend de l'écart qu'il y a au premier tour est-ce qu'ils ont est-ce qu'elle aurait ce serait elle au second tour j'imagine est-ce qu'il y aurait suffisamment d'avance par rapport à ses autres candidats pour qu'elle puisse espérer emporter l'élection à ce moment-là tous les accords sont possibles mais si
ça dépend des mots qui se sont dits pendant la campagne
oui c'est vrai
parce que là quand même Zemmour a commencé très fort contre Marine Le Pen Agnès Buzyn est-elle le parfait il s'agit d'un autre sujet on parle de la gestion de la crise sanitaire et de cette décision de la Cour de justice de la République de la mettre en examen
mais là c'est pas Caroline Roux vous nous laissez c'est l'émission c'est comme ça et la question vient mais c'est trop peu de temps pour dire vous avez raison c'est particulièrement choquant je trouve moi de mettre au pénal des responsabilités qui relèvent de la politique
on en fera peut-être une émission mais ça vaut le coup d'y passer du temps et vous avez raison et c'est vraiment l'esprit même de s'être dans l'air de prendre du temps pour répondre aux questions alors on la reposera mais on prendra le temps pourquoi Marine Le Pen veut-elle nationaliser les autoroutes ?
parce que c'est montrer quand même toujours son côté social et étatiste et de dire aussi on renvoie un message aux Français sur la question du pouvoir d'achat sur la question des prix des carburants c'est aussi pour les gilets jaunes voilà c'est ça est-ce que c'est pas curieux d'entrer en campagne avec une proposition comme celle-ci ou avec l'autre proposition qu'elle a faite dans le Figaro de privatiser le service public est-ce qu'il y avait une attente ? il y a les prix des carburants qui augmentent mais cette mesure avait été déjà annoncée par M.
Montebourg il y a quelques jours là aussi lors de son entrée en campagne après c'est assez curieux de faire et d'un côté toute une campagne sur le thème des libertés et de l'autre de commencer par une nationalisation et c'est là-dessus qu'il y a peut-être un paradoxe chez Marine Le Pen qu'on évoquait tout à l'heure sur ce nouveau slogan on sait que son état stratège inquiète beaucoup parce qu'on dit quid des libertés économiques on ne pourra plus investir etc la première proposition qu'elle met sur la table c'est je vais nationaliser les autoroutes dans son discours elle dit on donnera des grandes orientations aussi en matière d'investissement ça va être toute sa complexité de montrer en quoi elle incarne les libertés économiques en étant très interventionniste sur le fond quand même
parce que nationaliser les autoroutes ça résonne Raphaël Baquet le disait pour les gilets jaunes comme la liberté de circuler en voiture et c'est quand même référer à la liberté pour l'usager pour reprendre le contrôle
et le ministre de l'économie le ministre de l'économie qui a lui précisé Bruno Le Maire que c'était ce début de campagne c'était le désert des idées a expliqué que ça coûterait 40 milliards d'euros de nationaliser les autoroutes comment Eric Zemmour compte-il mener campagne sans argent ni parti alors sans argent a priori donc si l'on en croit ce que dit son équipe pour l'instant on n'est que dans les mots on n'a rien vu de concret il y a des chèques qui arriveraient des donations on sait qu'il y a des jeunes de banque d'affaires qui travaillent avec lui et qui disent qu'ils rencontrent des grands patrons sans partie ça va être la grosse difficulté encore une fois on ne s'improvise pas candidat et bien c'est la fin de cette émission qui sera rediffusée ce soir à 23h35 je vous rappelle que vous pouvez retrouver C'est dans l'air quand vous le souhaitez c'est gratuit en replay et en podcast parce que C'est dans l'air est aussi une émission qui s'écoute on se retrouve demain 17h50 tout de suite c'est à vous
Marine Le Pen