Indemnité inflation : "Tous ceux qui nous expliquent que c'est électoraliste sont ridicules", réagit Amélie de Montchalin
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Le 8.30 France Info sur France Info Radio et le canal 27 de la TNT avec Myriam Ancawa de la chaîne LCP. Bonjour Myriam. Bonjour Hercine, bonjour à tous. Notre invitée ce matin est la ministre de la Transformation et de la Fonction Publique, Amélie de Montchalin. Bonjour à vous. Bonjour. 38 millions de Français vont donc toucher une indemnité inflation, cette prime exceptionnelle de 100 euros. Tous ceux qui gagnent moins de 2000 euros net par mois, à peine annoncés. Toutes les oppositions ont dénoncé cette mesure comme étant une mesure électoraliste, mal ciblée. Écoutez ce qu'a dit Marine Le Pen hier.
Ces annonces relèvent de la manipulation. Le gouvernement propose un chèque de 100 euros de manière indifférenciée. Je note d'ailleurs que la famille monoparentale de deux enfants avec la mère de famille qui gagne 2100 euros par mois n'aura pas le droit à son chèque de 100 euros. En revanche, l'étudiant qui n'a pas de voiture et qui habite à Paris et qui peut prendre des transports en commun, lui, aura son chèque de 100 euros. Je considère que pour le coup, cette mesure proposée par le gouvernement tape totalement à côté de la plaque.
Amélie de Montchalin, mesure à côté de la plaque avec des effets d'aubaine à craindre.
D'abord, je pense qu'il faut être bien clair. Tous ceux qui nous expliquent que ce serait de l'électoralisme sont assez ridicules. Je leur propose d'aller voir les 38 millions de Français et leur dire que ça ne va pas les aider dans leur vie et qu'au fond, il ne faudrait pas le faire pour des raisons politiciennes. Pourquoi ces attaques et pourquoi cette mesure, d'abord, elle est bien ciblée ? On observe deux choses. Tous les pays européens autour de nous font la même chose. Et ils ne la font pas parce qu'il y a des élections qui arrivent, ils ne le font pas parce qu'il y aurait des intentions cachées.
C'est-à-dire qu'ils donnent maintenant une prime.
Ils le font parce que les suites de la crise sanitaire, économique que nous vivons, a créé un choc soudain, inflationniste, qui fait que pour certains Français, et en particulier les classes moyennes... Qu'on ne pouvait pas anticiper. Ce choc, il n'a pas été anticipé. Il est vécu dans tous les pays occidentaux de la même manière et il appelle partout des réponses majeures. La deuxième chose, c'est que nous sommes très clairs. C'est une mesure d'urgence qui répond à un choc soudain. C'est ce qu'il faut faire. D'ailleurs, tous les économistes, tous les experts vous le disent, pour que nous puissions réagir précisément à une donnée économique.
Vous reconnaissez que sur les 38 millions, tous n'ont pas de voiture. Il n'y a pas que les prix du carburant qui ont augmenté. On a parlé des prix du gaz, on a parlé des prix de l'alimentation en certains domaines, on a parlé d'autres prix qui augmentent. Et notre enjeu, c'est quoi ? C'est d'avoir, face à une donnée qui n'est pas de notre maîtrise, les prix de l'énergie, les prix de l'alimentation, les prix d'un certain nombre de biens, parce qu'il y a des pénuries qui augmentent, ça, nous répondons dans l'urgence et nous répondons avec l'efficacité. Après, on a toute une politique de plus long terme.
Notre enjeu sur l'énergie, sur les prix du carburant, c'est de sortir de la dépendance aux énergies fossiles. Sur cette politique de long terme, parce que nous savons qu'à long terme, les prix de l'énergie vont augmenter, parce que la transition écologique va amener des bouleversements. Nous avons aussi résolument, depuis maintenant 4 ans, pris des mesures très fortes sur la rénovation énergétique des bâtiments. Mais restons sur ces 100 euros. Le montant est significatif. Il faut bien voir qu'il y a la réponse à un choc soudain.
Est-ce que cette réponse est significative ? C'est la question que nous reposons.
Évidemment, significative. Moi, je prends l'exemple des fonctionnaires. Je suis la ministre de la fonction publique. Le fait qu'on puisse toucher tous les agents publics qui ont moins de 2000 euros par mois, qu'ils soient des stagiaires, qu'ils soient des jeunes recrutés, qu'on puisse toucher, ça va être des millions de personnes.
Mais alors, expliquez-nous pourquoi ils toucheront plus tard que les autres. C'est une prime déjà qui sera perçue fin décembre pour les salariés du privé. Apparemment, pour les fonctionnaires, elle est décalée un mois après, fin janvier.
Elle est touchée, cette prime, par 38 millions de personnes, entre le 15 décembre et début février. Les retraités, c'est plus tard encore. Mais pourquoi si tard ? On a fait un choix. C'est d'abord de clarifier les perspectives. Où est-ce qu'on va ? Cette prime, elle est annoncée, elle va être financée, elle va être versée. Deuxièmement, on a choisi de faire très simple. Pas d'imaginer une usine à gaz où chacun doit venir se présenter, apporter des justificatifs. Et donc, on passe par les tuyaux des paiements, des feuilles de paye. Et quand vous avez la fonction publique, nos tuyaux de feuilles de paye, on peut très efficacement toucher beaucoup de monde. Et c'est ce qu'on va faire.
Simplement qu'on veut le faire de manière fiable. Et donc, on l'a annoncée, elle sera versée. Ce qui compte pour moi, c'est aussi les retraités, les étudiants.
En dernier, les retraités, pourquoi ?
Mais là aussi, c'est une question de tuyaux, c'est une question d'efficacité. Et je pense que l'enjeu, c'est, contrairement d'ailleurs, le président de la République et tout le gouvernement l'avaient très bien reconnu au moment des gilets jaunes. Plutôt que de définir en chambre la bonne manière de faire et de laisser au fond les Français dans l'incertitude, nous avons pris le choix d'annoncer et, évidemment, le plus efficacement et avec la plus grande fiabilité possible, verser.
Ce que j'aimerais aussi dire. Je voudrais qu'on parle du coût, parce que c'est important le coût de cette mesure, 3,8 milliards sur les finances publiques. On a l'impression que, franchement, un problème, un chèque. Emmanuel Macron avait dit, il n'y a pas d'argent magique. Ça veut dire que si les prix continuent à augmenter fortement, et c'est un scénario possible, le président l'a même laissé entendre hier à Bruxelles, vous allez continuer à aider ? Ou après cette prime exceptionnelle, c'est fini ? Attends, plusieurs choses.
Le quoi qu'il en coûte, c'était la réponse à une crise profonde qui a permis, quand même, dans sa gestion, d'être en France l'un des pays qui est la plus grande reprise et qui a réussi, et c'est notre enjeu, à faire de l'investissement. Quand j'entends François Hollande, aujourd'hui, nous donner des leçons de bonne gestion, alors qu'il a laissé le pays, en 2017, avec un budget insincère, des milliards dans les tiroirs qu'il a fait le gérer, on se parle. Mais est-ce que l'État est dans son rôle à réagir comme ça ? Est-ce que vous ne vous entrez pas dans un engrenage ? Notre rôle, c'est quoi ? D'abord, c'est de présenter au Parlement un budget solide, fiable, avec une trajectoire.
Une trajectoire, d'ailleurs, de dette publique qui va baisser entre 2021 et 2022. Ensuite, c'est de dire, on est dans cette situation-là. Ces prix, d'ailleurs, augmentent. Pourquoi ? Parce que nous avons vécu une crise économique très profonde, inédite. Nous avons répondu à l'urgence, les prêts garantis, le soutien aux indépendants, aux entreprises. Nous avons répondu à la relance, qui fait qu'aujourd'hui, nous sommes le pays d'Europe qui a la plus grande croissance.
Mais vous pouvez nous dire, ce matin, si les prix continuent à augmenter, on pense aux biens alimentaires, le prix du pain, cette aide, c'est la dernière.
Voilà, c'est ce qu'on entend sur France 1 ce matin.
Il y aura d'autres aides où vous pouvez nous dire, ça sera la seule aide jusqu'à l'élection présidentielle.
Notre ligne, depuis le départ, c'est de ne pas avoir d'idéologie, mais d'avoir beaucoup de sérieux. Nous avons, dans notre pays, aujourd'hui, une crise qu'il nous faut gérer. On l'a gérée quand c'était la crise. On a géré la sortie de crise. Nous devons, vis-à-vis des Français, être en responsabilité, et ne pas considérer que parce que nous aurions décrété la fin de la crise, il n'y avait plus de crise. Et donc, nous répondons, budgétairement, et je tiens vraiment à regarder les choses, qu'est-ce que les oppositions nous disent aujourd'hui ? C'est quoi les alternatives ? Parce qu'il y a ce qu'on fait, et puis il y a ce qu'on pourrait faire d'autre.
Vous avez une alternative de droite qui consiste à dire, eh bien, au fond, si on écoute bien, l'austérité doit revenir, les investissements, c'est fini, investir pour l'avenir, c'est coûteux, et donc revenons à nos bonnes vieilles recettes, ce qu'ils avaient fait en 2008, c'est-à-dire qu'on fait de l'austérité, on casse la croissance, on amène le chômage à 11%, et ensuite, on regarde ce qui se passe. Vous avez une autre alternative qui est de dire, au fond, il faudrait remplir les caisses. Qu'est-ce qu'on fait ? On augmente les impôts ? Au moment où les Français ont des problèmes de pouvoir d'achat ? Donc, le sérieux, c'est quoi ?
C'est d'avoir un cap, c'est de le tenir, c'est d'être transparent devant le Parlement, et c'est de dire que nous gérons une crise, le quoi qu'il en coûte d'urgence, il est bien sûr terminé, mais que quand vous avez un choc... Voilà, les milliards s'accumulent. Non, mais tout ce qui est annoncé tiendra dans l'enveloppe qui a été fixée, c'est que le déficit public en 2022 ne dépassera pas 5%.
Allez, on fait une petite pause.
Alors qu'il était de plus de 8% en 2021, et plus de 9% en 2020.
Amélie de Montchalin, le fil info avec Yann Ferchit.
La figure des milieux complotistes, Rémi Daillet, mise en examen pour association de malfaiteurs terroristes criminels pour des soupçons de projet d'attentat. Il est à nouveau en détention. Rémi Daillet est déjà mis en examen dans l'affaire de l'enlèvement de la petite Mia au printemps dernier. A l'unanimité, l'Assemblée nationale adopte la prise en charge intégrale de la contraception pour les jeunes femmes âgées de 18 à 25 ans, mesure dans le cadre du projet de budget 2022 de la Sécurité sociale. La contraception était déjà gratuite pour les mineurs.
Comment les Français perçoivent-ils Anne Hidalgo, la candidate socialiste à la présidentielle, expérimentée mais trop parisienne, courageuse mais pas assez crédible ? C'est ce qui ressort de notre sondage Ipsosoprasteria pour France Info. Et le Parisien aujourd'hui en France, alors que la famille socialiste se réunit à Lille aujourd'hui pour investir la mer de Paris. Le renforcement de l'Europe de la défense au cœur de la conversation téléphonique hier entre Emmanuel Macron et Joe Biden. Le président français a fait du sujet une priorité pour ses six derniers mois de mandat. Un projet lancé il y a 30 ans mais qui peine à véritablement se mettre en place.
Le match Saint-Etienne-Angers, match de Ligue 1 marqué hier soir par des tirs de fumigène de supporters stéphanois. Il demande le départ de l'entraîneur Claude Puel. La rencontre a débuté avec une heure de retard et s'est conclu par un match nul de partout. Deux rencontres sont à suivre ce samedi. Nantes-Clairmont c'est à 17h et Lille-Brest à 21h.
France Info. Amélie de Montchalin est l'invité du 8.30 France Info ce matin, Myriam Ancawa.
Alors on va parler de la réforme de l'État et de la fonction publique dans un instant mais le sujet dont on parle finalement c'est le pouvoir d'achat. Pour les fonctionnaires, puisque c'est votre portefeuille, où on en est, qu'est-ce que vous proposez très concrètement pour augmenter leur rémunération ? Est-ce qu'il ne faut pas déjeler le point d'indice ?
Alors là vous me posez une question qui me permet de rappeler combien ce gouvernement a fait des choses qu'aucun des gouvernements précédents au fond n'a fait de manière lucide. Nous sommes le gouvernement d'abord qui a revalorisé des métiers, je pense notamment au Ségur la Santé, aux enseignants en début de carrière, aux enseignants chercheurs, qui étaient des métiers qui avaient été délaissés. Première action.
Deuxième action, je suis la ministre qui a annoncé non pas l'augmentation du point d'indice pour tout le monde de la même pourcentage, ce qui fait qu'à la fin vous avez, quand vous êtes moins bien rémunérés, 8 ou 9 euros de plus par mois, et puis il y a des centaines d'euros quand vous êtes très bien payés. J'ai pris la décision avec le soutien du président de la République et du Premier ministre de faire une chose qui va changer véritablement le quotidien de 1,2 million de fonctionnaires qui sont ceux qu'on appelle le catégorie C, qui sont les moins bien rémunérés. Et là la hausse au 1er janvier 2022, c'est des hausses de 40 à 100 euros par mois.
Et donc c'est un choix, c'est un choix d'équité, c'est un choix de justice, de dire, eh bien nous investissons de l'argent pour rémunérer ceux qui étaient en première ligne.
Et puis la troisième, on entend aussi dans les collectivités locales
que vraiment il y a un problème de rémunération. Le Ségur la Santé c'est 9 milliards d'euros de revalorisation de salaire. La mesure que je prends là, c'est 1,2 million d'agents qui vont avoir leur salaire augmenté de 40 à 100 euros. Et puis troisième mesure que j'ai prise très forte, c'est de régler une inégalité qui existait maintenant depuis des années, voire des décennies, sur la mutuelle santé. Aujourd'hui, peu de Français le savent, mais les fonctionnaires, ils payent tout seuls leur mutuelle. Là où dans le privé, c'est votre employeur qui paye la moitié.
Dès le 1er janvier 2022, quand vous travaillez pour l'État, c'est 15 euros par mois et par agent, pour tous les agents, qui sera pris en charge par l'employeur. Et d'ici à 2025, 2026, c'est tous les agents. Et ça, c'est du pouvoir d'achat tangible, réel, qui change la vie, plutôt que de faire des grandes mesures indifférenciées.
Amélie Monchalin a beaucoup de revendications sur les salaires en général. Est-ce que vous pensez qu'il est possible d'augmenter les salaires pour beaucoup plus de gens que ce que vous dites ?
La première mesure de pouvoir d'achat que nous défendons depuis 2017, c'est le travail. Quand vous baissez le chômage, vous redonnez du pouvoir d'achat aux Français.
Donc on n'augmente pas les salaires.
Deuxième chose, c'est le travail qui paye. C'est la prime d'activité qui a augmenté de 90 euros quand vous êtes au niveau du SMIC. C'est s'assurer que quand on travaille, on a un vrai plus par rapport à la situation où on ne travaille pas.
Donc vous dites, si vous voulez gagner plus aux Français, travaillez plus.
Et donc ce que nous faisons depuis 2017, c'est que nous avons baissé le chômage. Nous avons combattu pour le pouvoir d'achat avec la prime d'activité plus 90 euros. Nous avons combattu pour le pouvoir d'achat avec la suppression pour 80% des Français déjà aujourd'hui de la taxe d'habitation. Et ça, c'est une mesure de classe moyenne pour beaucoup de Français. Ce qui a fait une vraie différence, c'est les centaines d'euros par an. Nous avons aussi combattu pour le pouvoir d'achat en baissant de 5 milliards d'euros les impôts pour les Français qui sont... Les augmentations de salaire, vous énumérez tout un tas de mesures, mais... Le salaire, ça ne tombe pas du ciel.
Pour qu'il y ait salaire, il faut avoir de la croissance.
Il y a 100 euros qui vont arriver.
Pour avoir du salaire, il faut avoir un travail. Nous baissons le chômage. Pour avoir du pouvoir d'achat et pouvoir avoir le pouvoir d'achat, vous ne voulez pas toucher au SMIC. Le SMIC a été revalorisé au mois d'octobre de plus de 2%. D'ailleurs, je tiens à dire qu'une autre mesure que j'ai prise dans la fonction publique, qui n'avait pas été prise depuis 2013, c'est de m'assurer que l'intégralité des agents publics soit au SMIC. Ça vous semble peut-être aujourd'hui bizarre que je vous dise ça. Il y avait 500 000 personnes, si je n'avais pas pris la mesure que j'ai prise en Conseil des ministres, au début du mois d'octobre, qui auraient été payées sous le SMIC.
Et ce ne sont pas les mesures acceptables. L'autre versant, c'est comment on finance ? Il n'y a pas d'argent magique, c'est la phrase du Président. Je ne suis pas le Père Noël. Il faut donc commencer à réfléchir, si on veut augmenter les bas salaires dans la fonction publique et de tous les Français, à réduire les déficits. Valérie Pécresse a fait des propositions cette semaine pour faire des économies en réformant l'État. Elle veut supprimer 200 000 postes de fonctionnaires. Lesquelles ? Écoutez-la, elle était l'invité de France Info cette semaine. Il faudra revoir complètement toutes les politiques publiques. C'est ce que j'ai fait dans ma région. Comment ça marche ?
Eh bien, on arrête les doublons. On arrête tous les doublons. Aujourd'hui, l'État, les régions, les départements, les communes font tout en même temps, avec des services qui se concurrencent. Voilà, on arrête les doublons. Je précise que par ailleurs, Valérie Pécresse veut recruter dans l'éducation nationale, dans la justice et à l'hôpital. Ça semble plutôt intelligent. Pourquoi ne pas l'avoir fait ?
Alors, d'abord, j'aimerais juste dire qu'il y a eu une surenchère à droite depuis quelques jours entre ceux qui parlent beaucoup du nombre de fonctionnaires. Et puis dans le même camp, d'ailleurs, j'ai observé que Michel Barnier et Xavier Trance sont beaucoup plus prudents parce que la vision de l'État, ou bien elle n'est pas claire pour eux, ou bien ce n'est pas la même que ce que M. Ciotti ou Mme Pécresse ont pu dire. Moi, j'aimerais juste revenir sur ce que Mme Pécresse cite comme étant la révision générale des politiques publiques. C'est une révision qu'elle a menée en tant que ministre du Budget en 2011. Ça aboutit à 40% de moins de fonctionnaires sur le terrain.
Ça aboutit à des coupes sombres. Ça aboutit à ce qu'aujourd'hui, avec le Président de la République, nous investissons massivement pour remettre des services publics en proximité des Français. Hier, j'étais dans le Lot, à Saint-Séret, une petite commune de 3 000 habitants. Et bien quand vous ouvrez un espace France Service, où vous pouvez faire toutes vos démarches, vous n'êtes pas en train de faire l'État obèse, l'État des doublons. Vous êtes en train de faire l'État efficace de proximité que les Français demandent.
Donc vous nous dites ce matin, après les gilets jaunes, après la crise sanitaire, on arrêtera, si Emmanuel Macron est réélu, de supprimer des postes. Est-ce que c'était quand même une promesse de campagne ?
120 000 postes supprimés. Le Président de la République, en 2017, il dit quoi ? Il dit que nous devons avoir une boussole, c'est l'efficacité. Et donc, au vu de cette fameuse révision des générales des politiques publiques... Vous savez, Mme Pécresse nous parle aussi du comité de la hache. Le comité de la hache, c'est une invention de Daladier dans les années 30, qui n'a jamais marché, qui est une vision de la fonction publique où vous prenez de manière aveugle des décisions. Ça ne marche pas. Mais là, 200 000 fonctionnaires ont bien... Juste pour revenir sur les fonctionnaires, puisque vous me posez cette question-là.
En 2017, le Président de la République, il a dit, on supprime des postes dans les ministères parisiens et on réalloue une partie dans les territoires, sur le terrain.
C'est un petit peu ce que dit Mme Pécresse,
les doublons entre l'État et les collectivités. Mais ce n'est pas ça dont je vous parle. Je vous parle de remettre des fonctionnaires de police sur le terrain, je vous parle de mettre des greffiers dans les tribunaux.
Il avait dit 120 000 postes supprimés, ce n'est pas uniquement des gens dans les ministères, ça.
Non, le but de tout ce qu'on fait, c'est l'efficacité, c'est de regarder la France du réel. Aujourd'hui, moi je suis la ministre qui vous dit deux choses très sérieuses, nous n'augmentons pas le nombre de fonctionnaires. Tout ce que vous entendez quand vous entendez qu'il y a plus de monde sur le terrain pour la police, qu'il y a plus de greffiers, qu'il y a plus d'enseignants, qu'il y a plus de soignants, c'est le fruit de la réallocation de nos moyens. C'est-à-dire qu'il y a des endroits où on fait de l'efficacité, on réalloue nos forces. Il n'y a pas plus de fonctionnaires aujourd'hui qu'il y en avait il y a deux ans et qu'il y a cinq ans.
Il est assez rare qu'on entende qu'il y a plus de greffiers, plus d'infirmières.
Il y a plus de greffiers, il y a plus d'infirmières, il y a plus de policiers. Il y a 5 000 fonctionnaires, je peux vous dire. Ah si, c'est pas possible. Il y a 6 000 recrutements dans le ministère de la Justice qui sont arrivés depuis l'année dernière. Je suis en train, moi, de mettre 5 000 fonctionnaires de proximité dans les services de l'État, des sous-préfectures et des préfectures, qui sont le résultat d'une réorganisation des services centraux.
On entend ce matin le souci que vous avez sur les services publics,
ça se fait avec un grand sérieux. Je vous ai dit, on n'augmente pas le nombre total. Ça veut dire qu'on se réorganise et qu'on a l'efficacité. Deuxième chose, c'est que les 35 heures dans la fonction publique territoriale, ça fait 20 ans qu'on en parle, d'ailleurs ça fait 20 ans que ça a été voté. Qui est-ce qui va le faire appliquer ? C'est nous. Et vous savez que ça m'amène d'avoir un bras de fer assez d'ailleurs étonnant, dur, avec Mme Hidalgo, qui ne veut pas respecter la loi, qui nous explique que sa vision à elle, c'est les 32 heures de travail dans la fonction publique. Moi, je préfère, voyez, augmenter les salaires des catégories C.
Je préfère que le travail paye, mais je vais évidemment faire appliquer les 35 heures dans les collectivités locales. Et puis, dernier élément, ce que nous faisons, c'est beaucoup de sérieux, c'est de l'efficacité, c'est de s'adapter aussi à un pays. La politique, ce n'est pas l'idéologie.
Amélie Monchala, la hausse des prix du carburant, quelques gilets jaunes qui réinvestissent les ronds-points. Aujourd'hui, c'est la grève surprise que personne n'avait vu venir à la SNCF atlantique avec un peu moins de train ce week-end, le jour des départs en vacances. Vous craignez, au fond, ce climat social ?
On n'est pas dans la crainte, on est dans la responsabilité. Notre enjeu avec le président de la République, ce n'est pas d'avoir, comme certains qui clament partout, des idéologies fixes. Ce n'est pas d'avoir, sous prétexte qu'on a une idéologie, de prendre des mauvaises décisions. Je reviens au service public. On investit, donc, pour le numérique. Les Français savent très bien, par exemple, que France Connect, ça a changé leur relation à l'administration. Et puis, pour ceux qui ne veulent pas du numérique, on fait France Service. 1700 lieux d'accueil à moins de 15 ou 20 minutes de chez vous. Et puis, l'efficacité, c'est aussi de se dire les doublons.
Quand Mme Pécresse nous parle des doublons, mais il faudrait qu'elle le regarde devant sa porte, elle nous a proposé de faire une agence régionale des travaux d'intérêt général. Ça tombe bien, il y a une agence nationale. Quand Éric Dupond-Moretti lui propose de venir plutôt nous aider à la faire fonctionner, elle nous dit, je vais faire mon affaire. Moi, je pense que les Français, aujourd'hui, ils ne veulent pas des propositions éculées, ils ne veulent pas des propositions ringardes. Il parle que Mme Pécresse pense que pour faire réussir le président de la République, il faut le ringardiser. Mais est-ce qu'elle n'est pas en train de parler de sa campagne à elle ?
De ces propositions qui ont des années et des années qui ne correspondent plus aux besoins de la France d'aujourd'hui ?
Moi, je me pose cette question-là, quand même. Invité du 8.30 France Info ce matin, le fil info avec Diane Ferschit à 9h moins 10.
Léger regain du côté de l'épidémie de coronavirus, plus de 6300 nouveaux cas ces dernières 24 heures. Si on garde notre avance sur le virus en étant majoritairement vaccinés, on devrait échapper à une nouvelle flambée, estime sur France Info l'infectiologue Benjamin Davido. Mais il faut rester vigilant, dit-il. Et en Nouvelle-Calédonie, première vague de l'épidémie dans l'archipel. L'armée va dépêcher lundi une quarantaine de soignants et de logisticiens sur place. Premier meeting des socialistes autour de leur candidate à la présidentielle. Anne Hidalgo, aujourd'hui, elle va être investie par le PS pour la campagne de la maire de Paris.
Et au ralenti, les candidatures à gauche, elles sont nombreuses, alors qu'une nette majorité de sympathisants de gauche souhaitent une union de cette gauche, selon notre sondage Ipsos-Soprasteria pour France Info et Le Parisien, aujourd'hui en France. Mais ils sont 64% à penser qu'une telle union est impossible. La prise en charge totale de la contraception pour les femmes de 18 à 25 ans, mesure adoptée cette nuit à l'unanimité par l'Assemblée nationale. Une gratuité qui avait été annoncée par Olivier Véran en septembre dernier. Le ministre de la Santé soulignait un recul de la contraception chez les jeunes femmes, d'après lui, pour des raisons financières.
Les départs en vacances pour la Toussaint et des perturbations sur l'axe TGV atlantique. Les conducteurs sont appelés à la grève. La SNCF revoit à la hausse des prévisions de trafic pour aujourd'hui. Comptez 8 trains sur 10. Ce samedi, le mouvement de grève va se poursuivre jusqu'à lundi midi.
France Info. Amélie de Montchalin, invitée du 8.30 France Info ce matin. Myriam Ancawa.
On va parler de la campagne présidentielle. Lui n'est pas en campagne pour 2022, mais parfois, on peut en douter. Écoutez la charge de François Hollande contre Emmanuel Macron sur France Inter cette semaine. Il n'a pas de doctrine. A partir de là, il avance, il est pragmatique, il est intelligent, il saisit les occasions et les opportunités, il change au gré des événements. Ce n'est pas le « en même temps », c'est l'air du temps.
Un président caméléon sans conviction. Attendez, il nous parle de qui, là, François Hollande ? Un quinquennat sans cohérence ? C'est le sien ou c'est le nom dont il parle ? C'est un président qui a comme fini son quinquennat sans majorité au Parlement. Il n'a pas pu ni su présenter un bilan. Nous, je ne vous dis pas que tout ce qu'on a fait est parfait.
Je vous dis juste qu'aujourd'hui, on a un bilan authentique, qu'on peut présenter département par département aux Français, parce que nous avons travaillé sur des enjeux de la vie quotidienne, parce que je pense que, vous voyez, les élections présidentielles, la politique, ça ne consiste pas juste à parler de la grande France, de grands concepts. Ça consiste à mailler, au fond, d'un côté votre récit personnel et le récit national. Et le bilan. Je serai vendredi avec Gabriel Attal à la rencontre des Français dans un département pour échanger sur ce qu'il y avait avant, ce qu'il y a aujourd'hui, et le faire de manière authentique, que les gens puissent juger par eux-mêmes.
Et moi, je ne suis pas sûre, vous voyez, qu'en 2016, les ministres de François Hollande pouvaient aller sur le terrain, faire ce qu'on est en train de faire.
Est-ce que vous lisez en ce moment les livres politiques qui font en quelque sorte le bilan de ce quinquennat, celui de Gérard Davé, Fabrice Lhomme, celui de Jean-Michel Apathy, les amateurs ?
Je ne suis pas en train de lire des livres sur un bilan, alors que nous sommes toujours en train d'agir et en train de regarder, point à point, département par département, ce qui compte dans la vie des Français, et la manière de nous utiliser, comme l'a dit le Président, jusqu'aux dernières minutes, les minutes d'action que nous avons. La responsabilité politique, ce n'est pas de considérer que, sous prétexte que l'élection arrive dans six mois, vous n'êtes plus en capacité de faire. D'ailleurs, François Hollande, à l'époque, n'était plus en capacité de faire. Et donc, moi, je ne vais pas rentrer dans le commentaire d'un bilan qui n'est pas terminé.
En revanche, ce que je vois, c'est que vous avez aujourd'hui beaucoup de commentateurs qui, au fond, je pense notamment, par exemple, à Éric Zemmour, qui ont un discours sur la politique qui confonde audimates et élections, téléspectateurs et électeurs, et qui vous parlent de la France comme d'un concept, qui vous parlent de ces grands problèmes, de ces grandes questions, et au fond, ce serait ça qu'il faudrait mettre dans le débat. Moi, j'ai fait un débat avec Éric Zemmour il y a quelques mois, et on a eu une grande différence. Il m'a dit, moi, je m'en fiche des résultats, je m'en fiche de la vie quotidienne.
Moi, ma conviction personnelle politique, c'est que ce qui se passe dans un isoloir, c'est que, oui, vous votez parce que vous avez des convictions, mais vous votez aussi parce que vous voyez des choses dans votre vie.
Mais alors, comment vous expliquez son succès ? Parce que, quand même, regardez, la dynamique, elle est spectaculaire dans les intentions de vote. Sur un panel de 16 000, il serait qualifié Ipsos Soprasteria pour le Cevipov au second tour à 16 %. S'il ne s'occupe pas des Français et qu'il n'a rien à dire, ça fait beaucoup, quand même. Ce que je vous dis, c'est qu'il joue, là, on a l'impression d'être
un concours de célébrités. Il joue de la notoriété. C'est une bulle médiatique, pour vous ? Non, il confond au dimat et à l'élection. Mais vous savez, il cite, d'ailleurs, on a l'impression qu'il confond un peu le recueil des citations de De Gaulle. Oui, mais les Français
qui sont sondés sont sûrs
d'aller voter pour lui, donc... Et il confond les citations de De Gaulle et la vision pour la France. Il y a une citation de De Gaulle, d'ailleurs, qui, je pense, montre une grande différence entre ce qu'il fait et ce qu'il clame. De Gaulle disait, on ne fait de la politique que sur des réalités. Mais aujourd'hui, je peux vous dire, c'est bien une chose que, d'ailleurs, Éric Zemmour assume, c'est que lui, il veut parler du grand emplacement, du grand déclassement et qu'au fond, toute cette vie quotidienne, ce n'est pas son sujet. Donc, il ne parle pas des Français, il ne parle que de la France, pour vous ?
Et moi, je pense, c'est ma conviction politique et je pense que beaucoup de Français le pensent aussi, que ces enjeux de la vie quotidienne, c'est ça qui fait qu'à la fin, on se déplace pour les voter. C'est parce qu'on pense que ça va changer les choses. Quand vous regardez
le poids électoral, aujourd'hui, du bloc d'extrême droite, il est à 34%. C'est énorme. Il n'y a pas une part de responsabilité de ce gouvernement qui devait apaiser,
qui devait réconcilier. D'abord, j'ai beaucoup de distance avec ces sondages puisque d'un côté, on sonde des gens qui ne sont pas encore candidats.
Si on additionne les intentions de Marine Le Pen et d'autres, on sonde aussi des gens
qui ne le seront peut-être plus une fois qu'ils auront passé le congrès de leur parti. Donc, je ne vais pas me lancer dans des commentaires hasardeux de sondages. Ce que je sais, c'est que tous les sujets que nous prenons à bras le corps, qui étaient parfois des enjeux délaissés depuis des années, sur l'accès à la santé, sur l'accès aux services publics, sur l'éducation, sur le dédoublement des classes, sur des politiques sociales qu'on a menées avec, je crois, une détermination que les acteurs eux-mêmes de la plan contre la lutte contre la pauvreté et de l'accès aux droits reconnaissent comme étant des progrès. C'est ça, notre combat.
Nous voulons le défendre authentiquement, département par département, auprès de chaque Français et le faire en plus grande proximité pour que les Français jugent par eux-mêmes. C'est ça, pour moi, la politique. Et je crois que dans les prochaines semaines, c'est l'énergie que je vais y mettre, avec moi.
Merci Amélie de Montchalin, ministre de la Transformation et de la Fonction Publique, invitée du 830 France Info, ce matin. Si vous aimez le 830 France Info, on vous conseille Élisée, la bataille, le podcast du service politique de France Info pour tout savoir sur la présidentielle et ses coulisses. A découvrir sur votre appli de podcast préféré et sur franceinfo.fr.
Amélie de Montchalin