L'influence américaine dans les organisations internationales (4/4)
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 95 %Défensif 5 %
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Je terminerai avec mon dernier chapitre... C'est un exemple de ce genre de perception management qui est utilisé par les États-Unis d'Amérique. C'est notamment sur l'attribution du prix Nobel de la paix. Vous savez que dans l'esprit public, le prix Nobel de la paix, c'est la plus haute distinction morale. En tout cas dans le public occidental. Ça a pris un sacré coup dans l'aile dans toute une série de zones du monde. Mais dans le monde occidental, quand vous dites que Tartemuche ou Barbemolle a obtenu le prix Nobel de la paix, tout le monde est quasiment... Alors je présente ici une petite analyse de la façon dont ça fonctionne, le prix Nobel de la paix.
Le 12 octobre 2012, ça a été une stupéfaction mondiale : le prix Nobel de la paix a été décerné à l'UE, pour avoir contribué pendant plus de 6 décennies à promouvoir la paix et la réconciliation, la démocratie et les droits de l'Homme en Europe. C'est intervenu évidemment au moment où il y avait la crise de l'euro. Donc ça a été un argument pour dire : « Vous vous rendez compte ? l'UE a eu le prix Nobel de la paix, vous ne pouvez pas vouloir démanteler cette œuvre ». C'est comme si je voulais violer mère Teresa... C'est vraiment ça ! D'un seul coup vous êtes intimidé parce que si l'UE a obtennu le prix Nobel de la paix, circulez, il n'y a plus rien à voir.
On notera au passage un petit truc rigolo. C'est que « l'UE a contribué pendant plus de 6 décennies à promouvoir la paix et la réconciliation ». Mais l'UE, je le rappelle, a été créée en 1992, enfin le 1e janvier 1993, par le traité de Maastricht. qu'ils aient dit que ça avait été décerné à la construction européenne, d'accord. Mais l'UE n'existe que depuis 1993. Ils lui ont attribué 40 ans de bonus de promotion de la paix et de la réconciliation. Je me demande d'ailleurs ce que l'on pense des œuvres de paix et de réconciliation de l'UE quand on habite en Libye, en Syrie, dans la partie orientale de l'Ukraine... Je me demande ce que l'on en pense.
En attendant, ça a été évidemment quelque chose de très impressionnant. Parce que vous avez eu aussitôt le regretté Jacques Barrot qui, sur I-Télé, s'est mis à pleurer de bonheur et d'émotion. Mais c'est vrai... Enfin bon, je vais peut-être retirer ça, parce que le pauvre est décédé entre-temps. M. José Manuel Barroso, président de la Commission, qui n'a plus de secret pour vous, puisque vous connaissez son pédigrée, a dit : « Le prix Nobel de la paix est un grand honneur pour l'ensemble de l'UE, pour ses 500 millions de citoyens ». M.
von Rompuy, président du Conseil européen à l'époque, a dit : « Nous sommes tous très fiers que les efforts de l'UE en faveur de la paix en Europe soient récompensés. » Mme Clinton, secrétaire d'État américaine, a dit : « Nous félicitons l'UE pour l'attribution de son prix Nobel. Il est remarquable de voir comment l'Europe du XXIe siècle est unie et en paix et cela n'est pas le fruit d'une coïncidence. » M. François Hollande... NDLR : il est président de la République française : « L'UE est sans doute la plus grande aventure humaine du XXe siècle après les deux conflits qui ont ravagé l'Europe et le monde. Alors soyons-en dignes ». Enfin bon, « l'Europe, c'est la paix », vous connaissez.
J'ai d'ailleurs fait une conférence spéciale : « L'Europe c'est la guerre ». Je vous suggère d'aller voir sur Internet si vous ne l'avez pas déjà vue. J'en ai fait une autre : « l'Europe c'est la paie », parce qu'il y a beaucoup de gens qui s'en... Mme Angela Merkel, chancelière d'Allemagne : « C'est une décision formidable ». Alors vous allez voir comment on en arrive à l'objectif. Mme Merkel : « Je dis souvent que l'euro »... Tout ça se passe au moment où l'on parlait de l'explosion de l'euro ! « Je dis souvent que l'euro est plus qu'une monnaie et nous devrions ne pas oublier cela, justement durant ces semaines et ces mois où nous travaillons au renforcement de l'euro ». Voyez le cynisme.
Puisque je vous ai montré tout à l'heure que les Allemands n'en veulent plus. Et qu'elle s'est fait taper sur les doigts par Obama, par Timothy Geithner. Tout le monde lui... Elle a servi de punching ball, elle et les dirigeants de la Bundesbank, et ils voudraient... Voilà. Mais en public, elle est obligée de tenir ces paroles. « L'euro est plus qu'une monnaie car il s'agit de l'idée de l'Europe en tant que communauté de paix et de valeurs ». Voilà. Et puis Jacques Delors, ancien vice-président de la Commission européenne : « Tous les chefs de gouvernement, et toutes les populations qui s'intéressent à l'Europe vont prendre cela pour un encouragement.
C'est une grande émotion pour moi car les trois dernières années ont été extrêmement difficiles. Moi, je ne suis plus aux affaires. Mais j'avais prévenu que, faute d'avancer la coopération entre eux, l'Union économique et monétaire ne tiendrait pas. [...] Ce prix montre que les valeurs de solidarité, de confiance peuvent amener à un monde meilleur ! ». Donc on a vraiment ici affaire à une opération de « perception management », de gestion de la perception. C'est-à-dire : il y a une crise très grave sur l'euro avec la Grèce, qui a rebondi ensuite avec Chypre.
Qui en ce moment couve, mais je vous rassure, ou je vous inquiète : Toutes les monnaies plurinationales de l'Histoire ont toujours explosé. Terminé. Donc pour l'euro, je vous envoie à ma conférence « La tragédie de l'euro ». Donc, ça arrive au bon moment que d'un seul coup, les gens aient peur, et se disent : « Je ne peux pas quand même taper sur cette œuvre de paix extraodinaire. Il faut que chacun prenne sur soi.
» Alors que la situation économique, sociale, monétaire et financière de l'Europe prend des proportions de désastre historique dans tous les pays de la zone euro – ça n'a fait d'ailleurs que s'aggraver depuis 2012 –, cette soudaine attribution du prix Nobel de la paix à l'UE revêt une importance politique majeure. Il s'agit d'une décision hautement politique, destinée à tenter de contrecarrer l'explosion de l'euro et de l'UE. Ça fait partie de ces décisions symboliques, jouant sur l'émotivité des populations. Alors, au fait – question que je pose –, qui donc attribue le prix Nobel de la paix ? Parce qu'on vous dit toujours : « Le prix Nobel de la paix a été attribué à... ».
Mais moi, j'aimerais savoir qui a attribué le prix Nobel de la paix à... Est-ce que ce sont 600 délégués du monde entier, représentant toutes les civilisations du monde ? Compte tenu de ce que c'est la plus haute distinction morale mondiale. Normalement, on pourrait concevoir qu'il y ait 600 ou 800 délégués venus de la planète entière qui seraient appelés à départager des lauréats. La réponse est non !
Est-ce que ce sont par hasard – réduisons un peu la voilure –, 120, 130 ou 140 professeurs experts, spécialistes de droit international, qui à l'issue d'un examen extrêmement minutieux du CV, des actions menées viendraient dire : « Eh bien voilà, c'est la personne qui a le plus œuvré pour la paix dans le monde. Incontestablement. » La réponse est non. Est-ce que ce serait par hasard 50 savants émérites sélectionnés pour leurs compétences scientifiques, qui, avec l'honnêteté intellectuelle d'un scientifique de haut niveau, se diraient : « Effectivement, il faut donner ça à ce monsieur, à cette dame ou à cette organisation qui a le plus œuvré pour la paix » ? La réponse est non.
Alors, finalement, qui attribue le prix Nobel de la paix ? Est-ce que c'est 20 militants pacifistes connus pour leur neutralité, qui viendraient de 20 pays différents ? Ce n'est toujours pas eux. Qui attribue ce prix considéré comme la plus haute distinction morale de la planète ? Eh bien, c'est ça. C'est Det norske Nobelinstitut : le Comité Nobel norvégien. Vous savez qu'Alfred Nobel avait créé des prix Nobel de chimie, de physique, de médecine, qui sont attribués à Stockholm en Suède. Ultérieurement il a créé un prix Nobel de la paix, à la demande d'une de ses amies qui lui a dit : « Vous avez inventé la dynamite, ça serait sympa de faire quand même un prix pour ceux qui sont morts ».
Et donc il a dit : « Bien je vais faire le prix Nobel de la paix. Ça sera attribué en Norvège ». Donc c'est le Comité Nobel norvégien, et en fait ce sont 5 personnes. Ce sont 5 personnes qui attribuent ce prix Nobel de la paix, qui a une telle importance planétaire ! On les voit ici rassemblés dans cette chambre, avec une espèce de tapisserie sortie de 1890 d'une maison de campagne. Ce sont les 5 membres du Comité Nobel norvégien. On va les passer en revue rapidement. Le premier, c'est le président : Thorbjørn Jagland. Jørn je crois que ça veut dire l'ours... Thorb, ça veut dire je sais pas quoi. Thorbjørn Jagland, c'est lui. Il est en train de regarder un livre à sa gloire.
Il est né en 1950. C'est un autodidacte, membre du Parti du travail, c'est-à-dire de la gauche norvégienne. En 1990, il a publié un livre : « Min europeiske drøm ». Mon norvégien n'est peut-être pas terrible. C'est en français « Mon rêve européen ». Je rappelle que le peuple norvégien à deux reprises a dit non à l'entrée dans l'UE. On leur a dit : « Vous vous êtes trompés. On va revoter ». Ils ont voté une deuxième fois. Et ce fut toujours non. On leur a dit : « Vous vous êtes trompés. On va voter pour la troisième fois. » Puis est arrivée la crise. Alors, pour l'instant, les Norvégiens ne sont pas dans l'UE.
Alors ensuite, en 1996, il est devenu ministre d'État, l'équivalent du Premier ministre en France. En 2000, il a été nommé ministre des Affaires étrangères. Il est redescendu. En 2005 : président du Storting, le Parlement d'Oslo. 1er janvier 2009 : il a été élu par le Storting président du Comité Nobel norvégien. Parce que les 5 personnes dont je vais vous parler sont en fait élues par le Parlement d'Oslo. Et ce sont des responsables de partis politiques. Le 30 septembre 2009, il a été élu secrétaire général du Conseil de l'Europe, dont je vous rappelle que ça n'a rien à voir avec la Commission européenne.
D'ailleurs, ça a valu à partir de ce moment-là un certain nombre de polémiques sur ces deux évènements concomitants. Les principaux partis d'opposition, Parti du progrès et le Parti conservateur ainsi que des membres de son propre parti exigeant sa démission de la présidence du Comité Nobel, en soulignant le risque de perte d'indépendance du Comité Nobel. Parce qu'il est à la fois président du Comité Nobel, et secrétaire général du Conseil de l'Europe. Et c'est un ardent européen, puisqu'il a écrit « Mon rêve européen ». C'est lui à la tête du Comité Nobel norvégien, qui attribue le prix Nobel de la paix à l'UE.
Alors que l'UE est un vrai sujet de débat au sein du peuple norvégien, puisqu'en gros, 60% des Norvégiens n'en veulent pas. Donc cette affaire a pris une mauvaise tournure en Norvège, mine de rien. Il se fait prendre ici en photo devant le Conseil de l'Europe, qui se trouve avoir à peu près le même drapeau que celui de l'UE. Ce M. Jagland, vous l'avez peut-être vu récemment, car voici une photo datant du 11 janvier dernier, à Paris. Où vous avez eu les grands de ce monde – du monde occidental – qui sont venus manifester à Paris. Vous avez vu d'ailleurs que cette photo était truquée. Ça a circulé sur Internet.
Puisqu'en fait, on n'a pas mis les chefs d'État et de gouvernement à manifester au même endroit que les manifestants. On était – on est toujours d'ailleurs – en vigilance rouge écarlate. Donc, normalement, il n'y a pas de rassemblement humain. Donc l'appareil d'État français a appelé des millions de Français à descendre dans les rues, en période de vigilance rouge écarlate. En attendant donc, ces chefs d'État et de gouvernement ont été mis, comme on le voit ici, dans un coin pour... Et, regardez ici, vous avez notre ami, qui est quand même au premier rang, qui tient le bras à cette chère Anne Hidalgo. Qui elle-même tient le bras à Jean-Claude Juncker.
Qui lui-même ne tient pas le bras, parce que c'est le gorille, de Netanyahou. Il lui aurait retourné une... Netanyahou est au centre. Après ça, il y a le président du Mali qui tient le bras à François Hollande. Lequel tient le bras à Angela. Laquelle tient le bras à Donald Tusk. Qui tient le bras à Mahmoud Abbas. À côté duquel se trouve la reine de Jordanie. Voilà. Eh bien ici, donc nous retrouvons notre M. Jagland, qui était quand même au premier rang de cette manifestation. Et qui a été l'un des principaux responsables de l'attribution à Obama du prix Nobel de la paix. J'y reviendrai dans un instant.
Donc les autres membres du Comité Nobel norvégien : vous avez cette dame, Mme Kaci Kullmann Five. On la voit à droite sur cette photo... Elle est née en 1951, elle est membre du Parti conservateur, ancienne parlementaire jusqu'en 1997. Elle a travaillé ensuite dans différentes entreprises publiques et privées, notamment à la télévision. Elle a été élue par le Storting en 2003 au Comité Nobel norvégien, puis réélue en 2008. Elle en est la vice-présidente. La n°3 de ce truc, c'est Mme Berit Reiss-Andersen. Née en 1954. Avocate et juriste. Ancien membre du Parti du travail, parti de Jagland. Présidente du Barreau de Norvège. Élue au Comité Nobel norvégien sur présentation du Parti du travail.
La quatrième, c'est cette dame – il y a beaucoup de dames – : Mme Inger-Marie Ytterhorn. Qui est née en 1941. Membre du Parti du progrès : un parti conservateur, très à droite. Élue au Comité Nobel norvégien en 2000, réélue en 2005 et 2010. Et puis enfin, le cinquième membre, c'est Mme Ågot Valle. Alors ça c'est deux étoiles dans le Michelin, « vaut le détour ». Mme Ågot Valle est née en 1945. Elle est membre du Parti de la gauche socialiste. Elle a été élue parlementaire en 1997. Elle a été l'une des responsables de l'organisation « Nei til EU », « Non à l'UE ».
Elle a été à la pointe du combat pour refuser lors des référendums notamment du dernier qui a eu lieu en Norvège, l'entrée de la Norvège dans l'UE. Elle a été élue par le Storting en 2009, au Comité Nobel. C'est comme les trois Mousquetaires, qui étaient quatre. Les cinq membres du Comité Nobel norvégien, en fait, sont six. Il y a ce monsieur, que vous avez peut-être vu tout à l'heure, d'ailleurs, lors de la photo de l'annonce de l'attribution du prix à l'UE. Ce sixième membre... Moi j'aime bien regarder dans les photos. Il y a ceux qu'on connaît, puis ceux qu'on connaît pas. C'est comme tout à l'heure Mme Lael Brainard.
Parce que moi, j'ai été souvent dans ces fonctions de haut-fonctionnaire... Alors, il y a le ministre qui est là. Mais en fait, le ministre, il dit ce qu'on lui dit de dire. Du moins les mauvais ministres. Ce monsieur, comme vous le voyez, est en fait à peu près sur toutes les photos. Ici, à côté de Jagland. On le voit aussi ici. Là, c'est lorsque Jagland annonce l'attribution du prix Nobel de la paix à l'UE. Ici on le voit. Et, vous voyez, on a l'impression que le président Obama lui porte plus d'intérêt qu'au président soi-même, Michelle Obama serrant la main de M. Jagland. Alors c'est qui, ce type ?
C'est l'homme de l'ombre, c'est Geir Lundestad, directeur de l'Institut Nobel et secrétaire du Comité Nobel norvégien. Né en 1945. Chercheur à l'Université de Harvard aux États-Unis. Il a ensuite été chercheur au Woodrow Wilson International Center de Washington D.C. Donc il a passé à peu près 12 ans de sa vie aux États-Unis. D'une part à Harvard et ensuite au Woodrow Wilson International Center qui est financé... Oui. J'aurais peut-être dû trouver une autre photo. Je vous prie de m'en excuser. Non... J'ai fait ça vite... Hillary Clinton soi-même, qui est à la tête de... C'est un truc – Woodrow Wilson International Center – qui est piloté par les plus hautes autorités de l'État.
Donc ce monsieur a travaillé pendant 12 ans aux États-Unis. Et notamment pendant deux ans, chercheur dans cet institut extrêmement select. Qui est en fait à l'époque sous la tutelle du département d'État des États-Unis... Et donc en 1990, après avoir passé douze ans aux États-Unis dont deux dans cet institut, il revient comme une fleur. Il est nommé directeur de l'Institut Nobel d'Oslo et secrétaire du Comité Nobel. C'est un expert en droit international. Alors que vous avez vu que les membres de ce Comité, qui sont des députés élus au Comité Nobel... Je vous ai montré leur pédigrée très vite. Eh bien M. Jagland, comme... Enfin lui a quand même été ministre des Affaires étrangères.
Mais les autres, les femmes qui sont avec lui sont des gens... Y en a une qui est responsable du barreau, l'autre qui s'est occupée des affaires sociales... Elles ne connaissent pas spécialement les questions internationales. Et d'un seul coup, elles vont être dans un comité où tout est instruit par ce type. Tous les dossiers sont instruits par toute une administration sous la houlette de cet homme. Cet homme seul est désormais secrétaire du Comité Nobel depuis 25 ans. Si vous ne savez pas quoi faire un jour où il pleut, je vous invite à aller faire un petit saut à Oslo. Et si vous n'avez pas les moyens de vous payer le billet d'avion, vous allez sur Google Maps. Vous allez sur Google Maps.
Vous tapez : « Comité Nobel Oslo », puis vous allez faire une descente progressivement. Donc on va se rapprocher progressivement de la ville d'Oslo, en Norvège. Ça me permet de boire un petit coup. Capitale norvégienne, destinée à le rester et qui se trouve au bord de la mer. Alors nous voici arrivés au Comité Nobel. Voilà. Donc ici nous avons le Comité Nobel, Det Norske Nobelinstitutt. En fait, je ne savais pas... Moi je suis allé une fois à Oslo du temps de ma grandeur, quand j'étais conseiller auprès d'un ministre. On avait été reçu par l'ambassadeur de France à Oslo. On avait vu un ministre norvégien. Puis après, je suis reparti. L'ambassadeur m'avait ramené en voiture.
Eh bien on était passés par là. Et c'est lui qui m'avait mis au parfum. Il m'avait dit : « Regardez ! ». J'ai demandé ce que c'était. Il m'a dit : « C'est le Comité Nobel. Regardez de l'autre côté ». L'autre côté, c'est ici. Et c'est l'ambassade des États-Unis. Il y a exactement 57 mètres – je n'ai pas compté les centimètres – qui séparent l'Institut Nobel... Qui attribue le prix Nobel de la paix, ce qui est quand même très très très important en terme symbolique. Il n'y a aucune récompense au monde qui émeut à ce point les gens. Et vous avez l'ambassade des États-Unis en Norvège... Qui d'ailleurs est un véritable Fort Chabrol, un truc énorme. C'est vrai que la Norvège est un pays important.
Mais enfin, on se demande ce qu'ils font tous là-dedans. Eh bien, à la vue de tout ça, on a parlé du prix Nobel de la paix de l'UE, mais regardons les prix Nobel attribués par le Comité Nobel. En 2009 c'est Barack Obama. Avec, comme vous le voyez ici, son ami Geir Lundestad. Celui qui a été formé au Woodrow Wilson International Center. Le prix Nobel de la paix a été attribué à Barack Obama. C'est quand même... Je pense qu'à part le président Johnson et le président Bush, il arrive en troisième position quant au nombre de morts qu'il a fait par des guerres illégales. Alors si vous allez dans la presse norvégienne, ce que j'ai fait.
Au moment de l'attribution du prix Nobel de la paix, il y a eu ce journal « Nyheter ». Où l'on voit la photo, toujours dans la chambre à coucher, avec le papier peint de 1890, la même photo que celle que je vous ai montrée. Et cet article nous explique quoi ? « Une majorité des Nobel étaient contre Obama ! » C'est-à-dire que les députés en question, les trois notamment entourées d'un cercle rouge... Je n'ai pas retouché la photo, c'est le montage du journal. Il y avait quand même 3 députées, sur les 5 membres, qui étaient contre, en disant : « On ne peut pas donner le prix Nobel de la paix à quelqu'un qui va bombarder les gens. Faut pas exagérer ». Eh bien si.
Alors, si 3 des 5 membres du Comité Nobel étaient contre l'attribution du prix à Barack Obama, pourquoi l'a-t-il obtenu ? Parce qu'à mon avis, à l'évidence, ils ne sont pas 5 mais 6. Il y en a un qui vote pratiquement, c'est forcément Geir Lundestad qui s'est octroyé un droit de vote implicite et qui prévaut en cas de partage des voix, avec la complicité de Thorbjørn Jagland. Alors ça, c'était le prix Nobel de la paix à Obama. Mais le prix Nobel de la paix en 2010 a été attribué au Chinois Liu Xiaobo. La présentation sur France Culture pour le public français relève de la gestion de la perception. Ça, ce sont les agences de presse. Qu'est-ce qu'on apprend ? On apprend : « 1989.
De retour des États-Unis... Il participe au Printemps de Pékin, place Tienanmen, où il y entame une grève de la faim ». Bon, qui pourrait être contre ? « Il tente une médiation avec l'armée pour négocier une évacuation ». « 1989-90 : emprisonné sans avoir été condamné. 1996 : il est envoyé dans un camp de rééducation par le travail après avoir réclamé une réforme politique. 1999 : libéré, il ne peut plus enseigner mais il publie plusieurs livres à Hong Kong. 2008 : il est l'un des auteurs de la Charte 2008 appelant au respect des droits de l'homme et à l'instauration d'élections en Chine. 2009 : Il est condamné à 11 ans de prison pour subversion au pouvoir de l'État.
7 octobre 2010 : le prix Nobel de la paix lui est décerné. Ça c'est la présentation que l'on fait pour le public occidental. Il a l'air très sympathique... En réalité, il faut regarder le revers de la médaille. Il a travaillé comme professeur à l'université d'Oslo en Norvège, justement, d'Hawaii et de Columbia à New York, aux États-Unis, pendant des années. Dans une interview en 1988 avec le magazine hongkongais Liberation Monthly, Lui Xiaobo a estimé que : « S'il a fallu 100 ans de colonisation à Hong Kong pour être ce qu'elle est, alors il faut 300 ans de colonisation à la Chine pour devenir comme Hong Kong mais je ne suis pas sûr que 300 ans suffiraient ».
Donc il veut la colonisation de son propre pays. C'est quand même fort ! Il déclare aussi que « la modernisation est synonyme d'occidentalisation totale », que « choisir de vivre signifie choisir le mode de vie occidental. La différence entre le mode de gouvernement occidental et le mode de gouvernement chinois, c'est la même que celle entre l'humain et le non humain, il n'y a pas de compromis. L'occidentalisation est le choix non pas de la nation mais de la race humaine ». Euh... Moi j'me suis dit : « Ouhhh ! » La notice présentée par France Culture était pour le moins synthétique ! Alors on continue.
En 1996, dans un article intitulé « Leçons de la guerre froide », il affirme : « Le monde libre, sous la direction des États-Unis, a lutté contre tous les régimes qui foulent aux pieds les droits de l'homme. Les guerres importantes menées par le gouvernement américain sont défendables sur le plan éthique ». Wouuh ! Et on continue. Selon Le Quotidien du Peuple – alors c'est vrai que c'est un journal chinois, mais enfin... –, il a commencé à travailler au milieu des années 90 pour le magazine Chine Démocratique, financé par la National Endowment for Democracy, la NED, dont je vous parlais tout à l'heure. Vous voyez que ma conférence, c'est un peu comme une symphonie.
Il y a des trucs qui reviennent... dont les fonds proviennent essentiellement du département d'État américain, et qui agit comme l'un des faux nez de la CIA ». Il en reçoit un salaire régulier, qui aurait été de 23 004 dollars américains en 1995. En 2004, il a publié un article intitulé « Victory to the Anglo-American Freedom Alliance » où il qualifie les guerres menées par les États-Unis après la guerre froide comme étant « le meilleur exemple de la façon dont les guerres doivent être menées dans une civilisation moderne ». il prédit qu' « un Iraq libre, démocratique et paisible va naître ». Il a été prix Nobel de la paix quand même ! Prix Nobel de la paix !
Et il dit : « le meilleur exemple de la façon dont les guerres doivent être menées », « un Iraq libre, démocratique et paisible va naître ». Il y a quand même eu un million de morts ! Je ne sais pas si vous vous rendez compte du problème. Pendant l'élection présidentielle américaine de 2004, il a félicité le président sortant George Buisson, de son effort de guerre en Iraq et reproché au candidat démocrate John Kerry de ne pas soutenir suffisamment les guerres américaines. Vous voyez comment John Kerry, effectivement, est un dangereux gauchiste.
Il a déclaré : « quelle que soit la gravité des risques encourus en abattant Saddam Hussein, l'inaction entraînerait des risques encore plus grands, comme le prouvent la Seconde Guerre mondiale et le 11 septembre ! ». À ses yeux, « la guerre contre Saddam Hussein est juste. La décision du président Bush est la bonne ». De 2003 à 2007, – alors ça c'est pas les informations chinoises, ce sont des faits avérés – il a présidé l'Independent Chinese Pen Center, un organisme basé en Suède et financé annuellement encore et toujours par la National Endowment for Democracy. Donc il existe un faisceau très important d'indices pour que ce soit un agent d'influence américain.
Quand je dis un faisceau très important, je me comprends... Le prix Nobel de la paix 2011, il y en a eu plusieurs. Il y a eu Ellen Johnson Sirleaf. Elle est du Liberia, et où a-t-elle effectué ses études ? Elle est là au World Economic Forum à Davos, vous voyez. Elle a effectué ses études aux États-Unis. Elle a été élue présidente du Liberia en 2005. Vous savez ce que c'est que le Liberia, c'est une espèce d'État avec des anciens esclaves noirs affranchis aux États-Unis qui sont allés se réinstaller au XIXe siècle, avec l'appui du gouvernement de Washington. Le 5 novembre 2007, le président américain George Bush lui a remis la médaille de la Liberté.
Il n'est pas en train de lui faire une mise en pli. J'ai trouvé la photo amusante... Il est en train de lui remettre la médaille de la Liberté. Le prix Nobel de la paix lui a été décerné en pleine campagne électorale pour sa réélection à la tête du Liberia. Peut-être qu'en novembre 2016, François Hollande va recevoir le prix Nobel de la paix... C'est ça qu'il s'est passé quand même ! Au moment où elle était en pleine campagne électorale, alors c'est un agent américain, elle a reçu le prix Nobel de la paix. Pas mal comme argument. Donc il existe un faisceau très important d'indices pour que ce soit un agent d'influence américain. On la voit lors d'une émission « Partners in democracy ».
Elle donne d'ailleurs l'impression de se faire suer... C'est possible. Le prix Nobel de la paix n'a pas été attribué uniquement à Ellen Johnson Sirleaf en 2011, mais également à Tawakkul Karman. C'est une Yéménite, une jeune femme, qui a été reçue par Hillary Clinton au département d'État à Washington le 28 octobre 2011. Elles ont l'air de très bien se connaître. Comme vous voyez, elles se font la bise. Alors, Tawakkul Karman, elle est de nationalité yéménite et turque. Elle est née en 1979. Elle a donc eu le prix Nobel de la paix à 32 ans, ce qui est un record dans l'histoire. Ce qui est quand même notable.
Elle a reçu en 2010 la récompense « Women of Courage », « Femmes de Courage » attribuée par le département d'État américain. Un an avant. Ils ont du flair. Non mais c'est vrai. Ils ont du flair. Son frère Tariq Karman, c'est un poète, l'a accusée publiquement de collaborer avec les Américains, dans un journal du Moyen-Orient. À quoi elle a répondu : – alors ça c'est vraiment trois étoiles dans le Michelin – « J'ai en effet des liens stratégiques avec des organisations américaines impliquées dans la défense des droits de l'homme, avec des ambassadeurs américains, et avec des officiels du département d'État américain. Mais ce sont des liens entre égaux. Je ne suis pas leur subordonnée ».
La nana, elle a 32 ans. Elle est yéménite. Et elle parle d'égal à égal avec les officiels du département d'État américain. Moi, je sais pas comment on fait, franchement. Vous savez, vous? Faudra qu'elle nous donne un mode d'emploi, parce qu'elle sait y faire quand même. Évidemment, elle a soutenu les révolutions du Printemps arabe. Vous pouviez vous en douter. C'est un agent d'influence américain. Le prix Nobel de la paix 2012 – voyez toujours Geir Lundestand – qui donc a été attribué en l'UE. Eh bien je reviens à Mme Ågot Valle dont je vous parlais tout à l'heure. C'était celle qui avait fait la campagne « Non à l'UE ! ».
Donc la presse norvégienne s'est demandée comment elle avait pu donner son accord pour l'attribution du prix à l'UE. Et voilà ce qu'elle a dit : « L'adversaire de l'UE au sein du Comité Nobel était malade lors de l'attribution du prix à l'UE ». C'est quand même pas de pot. Elle a un truc à faire par an. C'est de prendre la décision le jour d'attribution du prix Nobel. 364 jours (bruitage). Elle est tombée malade le jour de la décision. En congé de maladie au moment de l'attribution du prix, Ågot Valle a dit qu'elle n'aurait pas voté en faveur de l'UE.
Ça c'est dans le Aftenposten, c'est le grand grand journal norvégien, comme vous le savez, – vous le lisez certainement – le Aftenposten du 13 septembre 2012. Alors je terminerai, pour vous montrer le cynisme de toutes ces opérations, c'est que Geir Lunderstad, qui est vraiment l'homme des Américains. Ça fait 24 ans qu'il est là-dedans. Qui a suivi la carrière que vous avez vue. Eh bien il a été invité à un grand débat à l'université de Berkeley en Californie le 20 septembre 2005. Le débat portait sur le prix Nobel de la paix et les relations internationales.
Et à Berkeley, ils ont invité non pas le président du Comité Nobel, non pas des membres officiels du Comité Nobel, non pas d'anciens prix Nobel de la paix... Non, ils ont invité Geir Lundestad. C'est la preuve quand même qu'ils savent where is the beef, où c'est qu'il y a le truc concret. Et donc il y a eu un débat d'assez haut niveau d'ailleurs, il faut le reconnaître. Mais M. Geir Lundestand a dit des choses assez extraordinaires. Enfin, elles ne vont pas vous surprendre si vous savez ce que je dis moi-même, mais qui éclairent tout ça d'un jour étonnant. « The United States actually promoted European integration much more strongly than the Europeans did themselves ».
Ça ne vous dérange pas si on parle en européen maintenant. Je vais terminer cette conférence en européen. Sans rire, vous trouverez tout ça sur Internet. J'ai traduit en français. C'est Geir Lundestad qui parle en 2005, c'est-à-dire donc sept ans avant l'attribution du prix Nobel de la paix à l'UE : « Les États-Unis ont promu l'intégration européenne beaucoup plus fortement que les Européens ne l'ont fait eux-mêmes ». On dirait une conférence de François Asselineau. Il est très inhabituel pour une puissance hégémonique – pour user d'un terme de la science politique – d'essayer vraiment de bâtir un second centre, si vous voulez, à l'intérieur même de sa sphère d'influence.
Mais c'est clairement ce qu'ont fait les États-Unis depuis de nombreuses décennies. Les États-Unis avaient des raisons très puissantes pour promouvoir l'intégration européenne. Il s'agissait d'étendre le modèle américain. C'est la façon dont les États-Unis sont organisés. Et c'est donc la façon dont ils ont pensé que l'Europe devait être organisée : un système fédéral d'entités beaucoup plus importantes ». Vous voyez au passage que c'est un type très intelligent. C'est un type blanchi sous le harnais des relations internationales. Ce Geir Lundestad, il est clever, il a tout compris. Et il le dit devant un public américain de haut niveau puisque c'est à Berkeley que ça se passe.
Cette analyse confirme parfaitement que la construction européenne a bien été conçue et promue « depuis de nombreuses décennies », comme il le dit lui-même, par la « puissance hégémonique », comme il le dit lui-même, des États-Unis pour « étendre leur modèle » comme il le dit lui-même, « à l'intérieur de leur sphère d'influence » comme il le dit lui-même. Deuxièmement, le secrétaire général du Comité Nobel norvégien, l'homme qui a fait adopter le prix Nobel à l'UE par le Comité Nobel, est donc le premier à savoir que la prétendue « construction européenne » n'est pas une œuvre de « paix », mais une entreprise de domestication hégémonique décidée par les États-Unis.
Puisqu'il vient de le dire 7 ans avant. Donc vous voyez bien qu'il y a entre la réflexion personnelle du personnage et ses prises de position, il y a un gouffre énorme. Il sert en définitive des intérêts qui sont ceux des États-Unis. Je terminerai ce petit propos en tentant de prévoir ceux qui pourraient bien recevoir les prix Nobel de la paix en 2015, 2016, ou en 2017. Je propose par exemple l'Observatoire syrien des droits de l'Homme. Avec Rami Abulrahman, directeur de l'OSDH. Vous savez, cet organisme installé à Londres qui compte 2 personnes dont lui. Et qui nous ont abreuvés d'informations sur ce qu'il se passait en Syrie.
Ils ont largement contribué aux décisions prises notamment par la France, d'intervenir pour soutenir les « rebelles syriens » contre le régime de Bachar el-Assad. Là on est tout à fait dans la gestion de la perception, dans le perception management avec la fabrication de faits. On pourrait aussi avoir le groupe de musiciennes russes Pussy Riot comme prix Nobel de la paix 2016. Je les propose. On pourrait peut-être aussi avoir en 2017 les Femen. Là on voit effectivement le patriarche Cyrille qui arrive en Ukraine, d'ailleurs. C'est intéressant à savoir. Et il avait été accueilli à l'aéroport par une Femen qui était la poitrine à l'air. Et donc voilà.
Les Femen d'ailleurs qui ont une caractéristique tout à fait particulière, c'est d'être très très conformes à la pensée dominante du choc des civilisations, en s'attaquant tout particulièrement à l'islam. Ou également au christianisme. Ça c'est à Paris que ça se passe. Donc vous voyez qu'il y a de la liberté d'expression. Puisque j'ai fait le compte en regardant minutieusement cette photo, et en fait il y a 9 Femen, et il y a 21 journalistes. Pour passer sur toutes les chaînes de télévision. Pour faire croire qu'il s'agit d'un mouvement de très grande ampleur. Il y a 9 manifestants, 21 journalistes. Nous, on a eu 77 000 électeurs aux élections européennes, et nous n'existons pas.
C'est un peu décevant. J'ai envie pour le coup de me mettre torse nu. [Applaudissements] Et puis il y a ceux auxquels, je pense, le tout-puissant Geir Lundestand ne donnera jamais le prix Nobel de la paix. Julian Assange, que tout le monde connaît. Bradley Manning, qui n'aura pas non plus le prix Nobel de la paix. Je vais passer rapidement. Vous connaissez tout ça. Les prisonniers détenus depuis des années sans jugement sur la base américaine de Guantanamo en violation de toutes les règles du droit international, n'auront pas non plus le prix Nobel de la paix. Ce qui n'a pas empêché Liu Xiaobo, qui était en prison dans le laogaï chinois de recevoir le prix Nobel de la paix.
Et puis n'aura pas non plus le prix Nobel quelqu'un qui le mériterait, je pense, vraiment, qui est United for Peace and Justice. UFP est une coalition de plus de 1 300 organisations américaines. J'insiste parce qu'il y a des gens qui disent qu'on est anti-américains. Non, on n'est pas anti-américains. D'ailleurs moi je dis des choses sur les États-Unis beaucoup moins dures que ce que disent des gens comme Noam Chomsky, comme Paul Craig Roberts, comme William Blum... Il y a aussi des intellectuels Américains qui vont beaucoup plus loin, encore, que ce que je dis moi-même.
UFPJ est une coalition de plus de 1 300 organisations américaines et internationales qui sont opposées à la « politique du gouvernement américain de guerre permanente et de construction d'un empire ». Cette organisation a été fondée en octobre 2002 pendant que les États-Unis préparaient l'invasion de l'Iraq de 2003, par des dizaines de groupes et d'associations, y compris : – l'Organisation nationale des femmes, – le Conseil national des Églises, – Action pour la paix, – les voix noires pour la paix, – Pas en notre nom, – Les Familles du 11 septembre pour des Lendemains pacifiques, – Les Anciens Combattants pour la Paix. Ce sont toutes des organisations américaines !
Et qui se sont regroupées dans ce United for Peace and Justice. Leurs actions consistent à s'opposer aux guerres ou aux projets de guerre des États-Unis en Afghanistan, en Irak, en Iran, en Libye, en Syrie, en Ukraine. Alors évidemment, vous comprenez qu'ils ne peuvent pas avoir le prix Nobel de la paix. On les voit ici manifester, notamment à Washington D.C. « Abolish all nuclear weapons », « Pas de guerre pour l'Iran », « No wars ! ». Ils réclament – ce qui est évidemment de très mauvais effet – une zone non nucléaire dans tout le Moyen-Orient. Et pas seulement en Iran. Alors évidemment, ça fait très très mauvais effet de dire ça. Bref, ils n'auront pas le prix Nobel de la paix.
En conclusion : le prix Nobel de la paix, c'est une imposture. C'est une opération de désinformation, qui fait exactement partie du perception management – reprenez ce que je vous ai montré tout à l'heure. C'est de la gestion de la perception. Ça fait partie intégrante du dispositif hégémonique mondial des États-Unis. Voilà un exemple d'une organisation internationale, qui paraît-il était au-dessus de tout soupçon, le Comité Nobel pour la paix, et qui en fait a été complètement infiltré. Je termine ainsi ma conférence en donnant un petit mot d'espoir. C'est cette espèce de dicton, de Jean-Baptiste Duroselle, qui était un éminent professeur d'histoire français.
Et il avait écrit un ouvrage qui résumait l'histoire mondiale en trois mots : « Tout empire périra ». Et de fait, effectivement, toute l'histoire mondiale a montré que tous les empires ont toujours fini par périr. Les empires, c'est-à-dire des organisations supranationales qui nient l'existence des peuples et des nations. Et ce qui est en train actuellement de se passer... Je vous ai montré la mainmise extraordinaire des États-Unis sur de très nombreuses organisations internationales. Je n'ai volontairement pas parlé de l'OTAN. Il y en a plein d'autres dont j'aurais pu parler. Mais j'allais pas vous tenir jusqu'à la fin de la semaine. Tout empire périra.
On a parlé du FMI, de la Banque mondiale. Eh bien il faudrait parler de ça, ce qui est en train de se produire. C'est-à-dire les BRICS. Le sommet qui a eu lieu il y a quelques mois à Fortaleza, où l'on voit ici le président russe Poutine, le Premier ministre indien M. Modi, la présidente de la République du Brésil Dilma Rousseff, le président chinois Xi Jinping et puis M. Zuma, le président de la République d'Afrique du Sud. Vous savez qu'ils ont décidé d'essayer de bâtir une espèce de banque mondiale qui échapperait à la Banque mondiale à Washington. Qu'ils essaient de développer des relations qui se passeraient du dollar.
– Je n'ai pas voulu parler du rôle du dollar dans cette conférence, mais sans doute ça aurait été allé trop loin dans la compréhension du titre. Mais éventuellement de développer notamment entre la Russie et la Chine des formes de troc. Ou bien une acceptation mutuelle du rouble et du yuan, pour ne plus dépendre du dollar. Vous savez qu'ils ont convenu de développer progressivement des relations commerciales, financières entre eux. Alors, entre les propos, les propositions, les perspectives et les réalisations concrètes, ça ne va pas se faire du jour au lendemain. Et néanmoins, il y a quand même quelque chose qui est en train de se passer.
Qui est que tout empire périra, et une des grandes questions qu'il faut se poser c'est : où est-ce qu'on en est de l'empire américain ? La grande leçon de l'histoire universelle, – et je vous renvoie à ma conférence sur l'histoire de France, si vous ne l'avez pas vue – c'est qu'en effet, tous les empires périssent. C'est une leçon de l'Histoire qui mérite réflexion et que les « collabos » de toutes les époques, – il y en a toujours eu, et en France en particulier, puisque nous sommes des collabos de l'empire américain... Que les « collabos » de toutes les époques n'intègrent jamais dans leurs calculs.
En 52 avant J.-C, les élites gauloises qui ont pris le « parti romain », en particulier la tribu des Éduens, contre Vercingétorix, « grand roi des guerriers » en gaulois, je vous renvoie à ma conférence... Ces élites ne le savaient pas, mais elles avaient en fait 528 ans devant elles avant de voir s'effondrer l'Empire romain qui avait submergé la Gaule. Puisque l'Empire romain d'Occident disparaît en 476 avec Romulus Augustule qui est déposé par Odoacre, qui était le chef des Ostrogoths, qui prend les regalia de l'Empire et qui les envoie à Constantinople. Donc entre -52 et 476, ça faisait 528 ans.
Donc finalement, je parle ici en termes très très cyniques, ce sont les Gaulois qui ont pris le parti de Rome qui avaient raison. Mais si on prend un exemple beaucoup plus près de nous : En 1940, les Gaulois, les Français, qui ont pris le parti de l'étranger, qui ont cru dans ce que disait Adolf Hitler. C'est-à-dire que l'Empire, le Troisième Reich, allait être un empire millénaire, qui allait durer 1 000 ans. Comme l'Empire romain, même s'il n'avait pas tout à fait duré 1 000 ans ou comme le Saint-Empire romain germanique qui d'ailleurs lui non plus n'avait pas duré 1 000 ans.
Vous savez que le propos de l'Allemagne hitlérienne, c'était que le IIIe Reich, venant après le Saint-Empire romain germanique et après l'empire wilhelminien créé en 1871 dans la galerie des Glaces de Versailles après l'effondrement de Sedan en 1870... Que ce 3e Reich fondé par Adolf Hitler allait durer 1 000 ans. Or, en fait, il s'est effondré 5 ans après. Et donc la seule vraie bonne question que l'on doit avoir à l'esprit de nos jours : dans combien de temps la « guerre inconnue » que dénonçait François Mitterrand se terminera-t-elle par l'effondrement de l'Empire américain ? Est-ce que c'est dans 528 ans ? Ou est-ce que c'est dans 4 ans ? Je vous remercie de votre attention.
François Asselineau