Edouard Philippe, le démineur ? - Les questions SMS #cdanslair 28.09.2018
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 50 %Défensif 40 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 75 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:19OuverteÉludée
Pourquoi la chute d'Emmanuel Macron et d'Édouard Philippe ?
- 0:49OuverteÉludée
Pourquoi un tel retournement sur le pouvoir d'achat ?
- 2:24OuverteRéponse partielle
À quel point la limitation de vitesse à 80 km/h a-t-elle plombé le Premier ministre ?
- 2:55FerméeRéponse directe
C'est en combien de Français ont été convaincus par la prestation d'Edouard Philippe ?
- 4:27OuverteRéponse directe
Que pensent les Républicains d'Edouard Philippe ?
- 6:06OuverteRéponse directe
Alain Juppé hésite-t-il à rallier Emmanuel Macron ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:15Invité politiqueChiffre
« la faible revalorisation des pensions à peine 0,3%. »
- 0:39PrésentateurChiffre
« 44% des Français qui nous disent que la situation sera moins bonne à la fin du mandat et 22% sera meilleure, 20 points d'écart. »
- 1:20PrésentateurChiffre
« 25% dans nos enquêtes, c'est-à-dire le niveau en gros, même un peu plus bas, qu'avait François Hollande. »
- 3:00PrésentateurChiffre
« 47% l'ont déclaré convaincant. »
- 3:39Invité politiqueFait
« ce qui s'est passé à la principale difficulté, c'est qu'il n'y a plus d'argent. »
- 3:46InvitéFait
« le ralentissement de la croissance. »
- 3:51InvitéFait
« Il faut prendre des mesures douloureuses pour les retraités, douloureuses pour ceux qui touchent les allocations familiales, logements. »
- 4:37PrésentateurFait
« ils estiment que si les législatives ont été si douloureuses pour les Républicains, qui ont perdu la moitié de leurs députés, ils étaient de 100, ils sont 100, c'est notamment parce qu'Edouard Philippe, avec Gérald Darmanin, avec Bruno Le Maire, ont rejoint le camp présidentiel. »
- 5:35PrésentateurFait
« Cette frange-là de la droite qui a rejoint Edouard Philippe face à cette droite de Laurent Wauquiez, qui est d'ailleurs en cours de définition elle aussi. »
- 5:51InvitéFait
« on va d'abord tout de suite voir si le pari d'Edouard Philippe, finalement de ramener dans les filets du président les Juppéistes, Juppé en tête, et ceux qui l'entourent, seront là. »
- 6:10InvitéFait
« Il laisse toujours trois hypothèses sur la table. Rallier la majorité présidentielle, rester lui-même ou rejoindre plus les Républicains, même s'il en fait toujours partie. »
- 7:11InvitéFait
« la question sur « mais vous ne lui avez rien proposé », il a un peu passé vite, Edouard Philippe. »
- 7:24Invité politiqueFait
« À quoi sert le Premier ministre ? »
- 8:53PrésentateurChiffre
« Emmanuel Macron est à 25% et le Premier ministre à 26%. »
Temps de parole
- Présentateur28 %
- Invité24 %
- Édouard Philippe20 %
- Présentateur 216 %
- Invité 212 %
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Édouard Philippe, le démineur, c'est le titre de l'émission, ou le canardeur des retraités. Ça risque de rester gravé comme au fer rouge, cette attaque causée sur la CSG, et la faible revalorisation des pensions à peine 0,3%.
C'est un des éléments les plus déterminants de la chute d'Emmanuel Macron et d'Édouard Philippe aussi. C'est sur des questions de pouvoir d'achat. Les Français aujourd'hui ne projettent plus la réussite du gouvernement dans les mois ou les années à venir, comme ils le faisaient il y a encore 3 ou 4 mois. On a 44% des Français qui nous disent que la situation sera moins bonne à la fin du mandat et 22% sera meilleure, 20 points d'écart. C'est surtout l'inverse qu'ils nous disaient il y a encore 6 mois. Ils nous disaient qu'il n'y a pas de résultat maintenant, mais une majorité pensait qu'ils arriveraient à la fin du mandat. Pourquoi est-ce qu'on a un tel retournement ?
Parce que sur un certain nombre de mesures, dont ces mesures autour de la CSG, il y a quelque chose qui s'est cassé, et qui s'est cassé dans la structure même qui était la plus en soutien du gouvernement. Donc c'est la question du pouvoir d'achat, c'est la question des inégalités aussi, qui revient en force à travers le Macron président des riches. Et oui, ce qu'il s'est produit depuis 2 mois constitue l'élément déterminant parmi d'autres, mais un des plus déterminants, du niveau actuel d'Edouard Philippe et d'Emmanuel Macron. 25% dans nos enquêtes, c'est-à-dire le niveau en gros, même un peu plus bas, qu'avait François Hollande.
Donc il s'est passé au cours des 2 derniers mois quelque chose d'absolument déterminant.
Il n'y a qu'une insuffisance d'explication, d'urgence, et même pour l'instant l'incompréhension que le président de la République ne soit pas intervenu. Parce que là, il y a vraiment besoin... Hier, Edouard Philippe, il a été assez... Oui, mais Edouard Philippe a fait plutôt le métier depuis la rentrée.
Il y a de moins en moins d'actifs.
Mais Edouard Philippe, il est pratiquement toujours allé sur ces mesures difficiles, il y va. Enfin là, hier, il s'est expliqué, il l'a déjà fait dans plusieurs émissions. Pour le coup, ça relève aussi du président de la République qui ne s'est peu expliqué depuis 2-3 mois, notamment sur ce dossier. Alors, Brice Tinturier.
Juste très rapidement, mais il y a aussi un discours qui a été utilisé et qui oppose les actifs aux inactifs. Et ça, je pense que pour les retraités, c'est très mal vécu parce qu'ils se considèrent comme ayant travaillé pendant 40 ans aussi.
J'en profite pour faire une petite correction. Contrairement à ce que j'ai dit, Nicolas Dupont-Aignan n'est pas pour le Frexit. Voilà, c'est dit et c'est correct. Alors, on parlait justement d'Edouard Philippe avec des mesures impopulaires. Question de téléspectateurs. À quel point la limitation de vitesse à 80 km heure très impopulaire a-t-elle plombé le Premier ministre ?
Justement, chez les élus, ça a été un des marqueurs aussi de ce divorce puisque les élus ont dit mais laissez-nous vous montrer quelles sont les routes accidentogènes. Mais nous, on le sait dans nos territoires. Donc, n'imposez pas quelque chose de Paris qui se révèle de toute façon non productif sur le terrain. Donc là, ça a été vraiment un dossier. Et en plus, comme Edouard Philippe l'a porté, un dossier compliqué pour le gouvernement.
C'est en combien de Français ont été convaincus par la prestation d'Edouard Philippe ? Alors, vous le disiez, Brice Tinturier.
Oui, 47%. Ça, pour le coup, donc on l'a mesuré en temps réel à partir d'un échantillon représentatif de Français qui regardaient l'émission. Et 47% l'ont déclaré convaincant. J'insiste, c'est pas convaincu. Ils l'ont trouvé convaincant. Ça ne veut pas dire qu'ils sont...
Cet échantillon, il n'est pas neutre. Les gens qui regardent Edouard Philippe, ce sont des gens qui sont plus impliqués en politique.
Non, parce qu'on a quand même des quotas. Donc, c'est un échantillon représentatif de Français qui regardent l'émission. Ça veut dire qu'on a aussi des Français de gauche, de droite, et qu'on tient compte de toutes ces variables. Voilà pour la méthodologie.
Laborieux et difficile de convaincre pour le Premier ministre quand les caisses de l'État sont vraiment à sec. Parce que ce qui s'est passé à la principale difficulté, c'est qu'il n'y a plus d'argent.
C'est que la rentrée, évidemment, économique est très compliquée pour le gouvernement avec le ralentissement de la croissance. Moins de rentrée fiscale. Un budget compliqué à boucler. Il faut prendre des mesures douloureuses pour les retraités, douloureuses pour ceux qui touchent les allocations familiales, logements. Évidemment, tout ça n'est pas très populaire. D'où le besoin de s'expliquer. Alors, Edouard Philippe l'a fait. Encore une fois, je pense que c'est une rentrée compliquée, mais c'est une rentrée. Ils ne peuvent pas faire l'impasse sur la communication. Or, on en a beaucoup parlé avec l'affaire Bénat, la démission de Hulot, la grogne de Gérard Collomb.
Tout ça a parasité totalement cette rentrée. Mais les Français n'ont pas perdu de vue qu'ils pensaient que ça irait mieux à la rentrée. Ils pensaient qu'il y aurait déjà un petit peu d'amélioration.
Ce n'est pas le cas. Que pensent les Républicains, cadre du parti et militant d'Edouard Philippe ? C'est un traître ? C'est un sous-marin ?
Les gens qui sont restés aujourd'hui républicains, oui, ils pensent plutôt que c'est un traître. C'est quelqu'un qui a... Oui, parce qu'il faut bien voir qu'ils estiment que si les législatives ont été si douloureuses pour les Républicains, qui ont perdu la moitié de leurs députés, ils étaient de 100, ils sont 100, c'est notamment parce qu'Edouard Philippe, avec Gérald Darmanin, avec Bruno Le Maire, ont rejoint le camp présidentiel. Et donc, il y a un sentiment de trahison extrêmement fort. Et effectivement, là, c'est un aller sans retour. Il n'y a pas de sujet là-dessus. Aujourd'hui, les ponts sont complètement rompus.
C'est d'ailleurs ça qui est très intéressant dans la géographie qui est en train de se mettre en place. C'est-à-dire, historiquement, il y a toujours eu deux droites qui pouvaient se combattre, mais elles se rassemblaient pour les élections quand l'exercice du pouvoir était là.
Oui, UDF, RPR. Par exemple, voilà.
Là, qu'est-ce qui va se passer ? Cette frange-là de la droite qui a rejoint Edouard Philippe face à cette droite de Laurent Wauquiez, qui est d'ailleurs en cours de définition elle aussi, parce qu'on ne sait pas encore tout à fait quelle droite veut incarner Laurent Wauquiez. On voit bien qu'il la redroitise, mais jusqu'où veut-il aller ? Il y a encore des inconnus là-dessus. Donc, tout ça fait que la géographie est extrêmement mouvante et pose beaucoup de questions pour les années qui viennent, pour les scrutins qui viennent. Qu'est-ce qui va se passer aux élections municipales ? Quelles alliances vont se nouer ?
C'est encore vraiment très tôt, très précoce pour pouvoir répondre à ce genre de questions.
J'ajoute qu'aux européennes, on va d'abord tout de suite voir si le pari d'Edouard Philippe, finalement de ramener dans les filets du président les Juppéistes, Juppé en tête, et ceux qui l'entourent, seront là, parce que ça, c'est très important pour le président. Aujourd'hui, on voit bien que la liste, la République en marche.
Alain Juppé, il hésite de plus en plus à rallier Emmanuel Macron en vue des élections européennes ?
Il laisse toujours trois hypothèses sur la table. Rallier la majorité présidentielle, rester lui-même ou rejoindre plus les Républicains, même s'il en fait toujours partie. Pour l'instant, on sent que rallier la majorité présidentielle perd un peu de force. Sa décision sera suivie. Il a beaucoup d'influence au sein de... Non, ce n'est pas sûr que les Juppéistes fassent tous la même chose. Il peut y avoir des Juppéistes un peu sur l'État.
C'est une question à l'intérieur des Juppéistes.
Pour compliquer un peu le jeu. On peut juste noter qu'hier soir, après l'émission politique, Alain Juppé a fait un petit tweet de félicitations à son ancien lieutenant. Il y a eu Manuel Valls aussi,
qui était très touché apparemment du compliment.
Il est très touché par chaque marque d'affection, de soutien des membres du gouvernement.
Parce que hier, Edouard Philippe a dit que c'était quelqu'un de solide, même s'il n'était pas du même bord. Et c'est vrai qu'il a rendu un hommage appuyé à Manuel Valls. Ça vous a surpris ? C'est quoi ? C'est entre Premier ministre ?
Le Premier ministre, ça c'est assez classique. Je trouve que c'est très élégant et fair-play de la part d'Edouard Philippe. En revanche, quand même, la question sur « mais vous ne lui avez rien proposé », il a un peu passé vite, Edouard Philippe. Parce que la vérité, c'est que cette majorité n'a pas proposé grand-chose à un ancien Premier ministre qui rarillait « La République en marche » et qui aurait sans doute été ravi. Mais là, pour le coup, ça ne dépend pas d'Edouard Philippe, mais d'Emmanuel Macron. Macron décide de tout.
Alors, à quoi sert le Premier ministre ? À mettre en musique ?
Oui, à mettre en œuvre, à incarner dans le quotidien, à travailler aussi avec tout simplement la majorité, donc avec la capacité à faire passer concrètement toutes ces lois pour qu'elles deviennent effectives. Donc c'est ça, son travail. Et sa feuille de route, telle qu'il l'a théorisée, telle que les Français globalement l'ont comprise, c'est qu'il n'y aura pas une feuille de papier à cigarette entre le Président et moi. Ils ne sont ni en rivalité potentielle, ni en doublure non plus exacte parce qu'il y a un jeu de personnalité qui est un petit peu différent. Et simplement, il est sans état d'âme. Il a pris cette figure.
Alors, justement, cette question. Connaît-on précisément les relations qu'entretiennent Macron et Edouard Philippe ?
C'était juste ajouté sur le rôle, c'est aussi de servir de paratonnerre. Et on l'a vu au moment de l'affaire Benalla. Edouard Philippe, lui, était dans l'hémicycle et pouvait répondre. Donc, il était un des premiers à défendre le Président. Mais sinon, leurs relations sont plutôt bonnes.
On le reproche, justement, de ne pas avoir joué le rôle de paratonnerre lors de l'affaire Benalla. Il est quand même un des premiers à être monté. On ne lui reproche pas à lui.
Parce qu'il était au front. D'autres ministres ont un peu disparu à ce moment-là, mais lui est plutôt... Le Président a plutôt trouvé que certains s'étaient un peu planqués pendant cette période-là. Honnêtement, Edouard Philippe est allé quand même au front, notamment dans les questions d'actualité.
La popularité de Macron diminue-t-elle plus que celle de son Premier ministre,
Brice Tatureillet ? Il est légèrement en dessous. Elles sont très indexées. De toute façon, elles sont tout à fait parallèles. Elles sont dans le même bateau. Emmanuel Macron est à 25% et le Premier ministre à 26%.
Ce qui est différent de l'époque de Nicolas Sarkozy et François Fillon, par exemple. Ah oui, parce que... Où là, il s'était vraiment divers.
Ça s'explique par le positionnement qu'a choisi Edouard Philippe qui est de coller au Président. Donc c'est normal qu'ils montent ensemble ou ils baissent ensemble. Alors que tout le monde savait qu'entre François Fillon et Nicolas Sarkozy, il y avait quand même quelques antagonismes de fond et de personnalité.
Allez, juste un mot. Oui, non. Edouard Philippe, peut-il jeter l'éponge ? Non. Pas tout de suite. Pas du genre à jeter l'éponge. Bon. C'est tout pour un amateur de boxe. Oui. Ça serait jeter les gants.
Merci beaucoup d'avoir suivi cette émission à la soirée diffusée ce soir à 23h15. Et nous, on se donne rendez-vous demain à la même heure pour un nouveau C'est dans l'air. Bonne soirée. à l'heure.
Édouard Philippe