Attaque au couteau à Arras : l'Assemblée nationale exprime sa solidarité avec les victimes
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Les événements qui ont eu lieu ce matin dans un lycée à Arras nous ont tous saisis d'effroi. Un professeur a été tué, plusieurs personnes sont blessées. J'exprime une nouvelle fois et en votre nom à tous l'émotion de la représentation nationale face à l'horreur de ces actes ainsi que d'adresser notre solidarité envers les victimes et envers leurs familles.
Cette solidarité s'exprime également à l'égard de la communauté éducative à laquelle nous devons tant et qui a été déjà si durement éprouvée. Je vous invite, mes chers collègues, monsieur le ministre, à observer une minute de silence. Je vais à présent donner la parole à un représentant de chaque groupe politique ainsi que ministre puis je suspendrai brièvement la séance pour que nous puissions reprendre nos travaux.
La parole est à monsieur le président Maillard pour le groupe Renaissance. Merci madame la présidente. Le groupe Renaissance s'associe à l'hommage rendu à l'enseignant tué ce matin.
Nos pensées vont aux blessés, aux proches des victimes, ainsi qu'à toute la communauté éducative, aux élèves et à leurs familles. 3 ans après le lâche assassinat de Samuel Paty, à nouveau, à nouveau, un professeur a été tué au nom du terrorisme islamiste. Si la même horreur nous saisit 3 ans après, c'est qu'encore une fois, prendre une école pour cible, ôter la vie d'un enseignant a un but clair, s'attaquer à nos principes et à nos valeurs.
Celles qui sont transmises par la devise au fronton de nos écoles, liberté, égalité, fraternité. L'école de la République doit être un lieu sacré pour tous les citoyens. Toute attaque contre elle, c'est une attaque portée à la nation dans son ensemble.
Le message que notre hémicycle doit adresser à ceux qui répandent la mort et la terreur est clair. Nous ne céderons jamais, jamais, face à l'obscurantisme. La parole est à madame Chikirou pour le groupe La France insoumise.
Madame la présidente, monsieur le ministre, chers collègues, le silence qui nous a saisi ce matin à l'annonce de l'ignoble et lâche assassinat d'un professeur à Arras, la tristesse qui s'est abattue sur nous tous, la compassion vis-à-vis des victimes, de leurs proches et de la communauté éducative nous unissent en cet instant. Nous savons ce que cherchent les terroristes chaque fois qu'ils frappent, semer la discorde et la guerre. Nous devons résister comme nous avons toujours résisté.
Nous devons refuser à l'ennemi commun, celui qui sème la terreur et la mort, celui qui amène les larmes et la douleur, à celui-là, nous devons refuser la moindre victoire. Jamais nous ne céderons à la haine. Jamais jamais nous ne céderons à la peur.
Nos morts sont nos héros, mais aussi nos maîtres. À Arras aujourd'hui, comme il y a 3 ans à Conflans-Sainte-Honorine, comme il y a 5 ans à Trèbes, nos morts nous obligent. Leur mémoire, leur histoire, leurs valeurs humanistes nous obligent.
À ceux qui enseignent, qui éduquent, qui transmettent, nous voulons dire notre amour fraternel. Je reprends le mot d'Auguste Comte. Toute éducation humaine doit préparer chacun à vivre pour autrui afin de revivre dans autrui.
Professeur, vous revivez déjà en nous. Au nom du groupe insoumis, je dis notre détermination sans faille à nous dresser face au terrorisme. Au gouvernement et aux services de l'État, vous pouvez compter sur nous, les insoumis, sur tous nos élus pour faire face ensemble.
Merci. La parole est à Madame Diaz pour le groupe Rassemblement National. Merci Madame la Présidente.
Les députés du groupe Rassemblement National s'associent à l'émotion nationale légitime. Nous adressons nos nos condoléances à la famille de la victime, à ses amis, à ses proches et nous avons bien sûr une pensée émue de soutien à la communauté enseignante qui a malheureusement déjà fait les frais de l'islamisme radical. Quand Samuel Paty a été assassiné, il a été dit "Plus jamais ça." Donc oui, nous avons euh essuyé nos larmes, nous avons procédé à du recueillement, à des minutes de silence, à des fleurs, à des dépôts de fleurs, à des dépôts de nounours, mais finalement rien n'a été fait.
Alors, moi je voudrais lancer un appel solennel. Euh, il faut une réponse rapide, urgente parce que plus on attend, plus les Français devront pleurer leurs morts. Il y a bien entendu un lien évident entre le meurtre que nous pleurons aujourd'hui, l'immigration massive dans notre pays et l'absence de lutte efficace contre l'islamisme radical.
Donc j'espère que tous vous prendrez vos responsabilités pour protéger les Français. La parole est à monsieur Averdasso pour le groupe Les Républicains. Madame la présidente, monsieur le ministre, chers collègues, nous venons de vivre aujourd'hui un acte effroyable au sein du lycée Gambetta-Carnot d'Arras avec la mort d'un enseignant et de deux personnes blessées.
Mes premières pensées vont à la famille et aux victimes auxquelles je souhaite exprimer, au nom de tous les députés du groupe Les Républicains, notre profond soutien. La République a été frappée en plein cœur 3 ans après le terrible décès de Samuel Paty. Nous devons être d'une fermeté intransigeante vis-à-vis de ces crimes abominables.
Nous tenons dans cet hémicycle à saluer le courage exceptionnel de ceux qui, au péril de leur vie, ont tenté de maîtriser l'assaillant dans la cour de de avec une simple chaise en guise de bouclier, ce geste héroïque et cette bravoure remarquable ont certainement évité une tragédie encore plus grande. Nous tenons également à saluer les forces de l'ordre mobilisées sur place et attendons les conclusions du parquet antiterroriste afin de comprendre les circonstances de ce drame. Merci.
La parole est à monsieur Balanant pour le groupe démocrate. Merci madame la présidente. Députés du groupe démocrate, nous avons une pensée lourde et remplie d'émotion pour les victimes, les proches des victimes, les témoins de cet acte de barbarie.
Une pensée aussi pour les héros qui se sont interposés et sans doute ont sauvé des vies ce matin. Nous pensons à nos enseignants, des femmes et des hommes qui ont choisi cette vocation pour cultiver le terreau de nos valeurs, de notre République, de notre démocratie et de aussi surtout notre humanité. L'école doit être le sanctuaire de la tolérance, de l'écoute de l'autre, de la connaissance et surtout de l'apprentissage de la différence.
Nous ne devons pas céder à rien. Et en ce moment dramatique, nous devons dire et affirmer notre détermination à repousser les ennemis de l'esprit français, les ennemis de notre de nos valeurs et les ennemis de la République. La parole est à monsieur le président Valois pour le groupe socialiste.
Madame la présidente, monsieur le ministre, mes chers collègues, l'horreur a frappé ce matin à Arras, comme il y a 8 ans un autre vendredi dans les rues de Paris et de Saint-Denis, comme il y a près de 3 ans jour pour jour avec la décapitation de Samuel Paty, le terrorisme a montré son immonde visage, l'abjection la plus brute et la plus inhumaine. Les mots me manquent pour dire tout à la fois notre effroi, notre peine et notre compassion pour les victimes, notre colère aussi. Nous pensons à cet instant à ce professeur assassiné, aux blessés, aux élèves et à leurs enseignants et à travers eux à l'ensemble de la communauté éducative.
Nous pensons à leurs familles et à leurs proches, aux policiers qui ont interpellé l'assaillant et au personnel de secours à leurs côtés. Une fois encore ce matin, c'est à un professeur, à un professeur de lettres, que le terrorisme s'en est pris. À la République dans ce qu'elle a de plus incarnée et de plus vivante, à la raison dans ce qu'elle a de plus pure, à la liberté dans ce qu'elle a de plus exigeante.
Le terrorisme s'est attaqué à l'école où tout commence, où se transmet le savoir, où se construit l'esprit critique, où grandissent les citoyens. Ce professeur est aujourd'hui une victime et le deuil est national, mais il est en un sens déjà un héros par le courage dont il a dont il a fait preuve. La raison contre le fanatisme, la liberté contre l'obscurantisme, l'humanité contre la haine, la culture.
Notre devoir, notre seul devoir de républicains à cette heure est de refuser au terrorisme quelque victoire que ce soit et d'abord celle de notre division et de notre faiblesse. Il veut nous diviser, nous serons unis. Il veut nous affaiblir, nous serons forts.
Il nous veut à genoux, nous nous tiendrons debout. Nous ne céderons rien face au terrorisme et nous le combattrons sans relâche. La lutte ne nous divisera pas, elle nous rassemblera.
Mes chers collègues, Monsieur le Ministre, je veux vous au nom du groupe socialiste et apparentés que nous sommes disponibles pour faire face, pour faire bloc et défendre la paix civile et vous nous trouverez euh à vos côtés, aux côtés des Françaises et des Français comme garant de l'unité de la nation. Merci. La parole est à Madame Carret pour le groupe Horizon.
Madame la présidente, monsieur le ministre et mes chers collègues, attaquer le sanctuaire que devrait être notre école, c'est frapper au plein cœur de la République. Quasiment 3 ans, jour pour jour, après l'assassinat de Samuel Paty, professeur ciblé pour ce qu'il incarnait, un terroriste s'en prend une nouvelle fois au corps enseignant, ces passeurs de savoir, ces remparts contre l'obscurantisme. Je tiens tout d'abord ici à adresser toutes mes pensées aux victimes, aux blessés, à leurs familles et à leurs proches, ainsi qu'à l'ensemble de la communica- communauté éducative.
Ils vivent en ce jour l'indicible. En tant qu'enseignante, je porte naturellement ce deuil comme le portent tous les Français. Nous, enseignants, sommes des sentinelles de la République et de la démocratie.
C'est la raison pour laquelle nous sommes visés. Au travers des professeurs de France, ce sont ce sont tous les professeurs du monde qui se battent dans la transmission de la philosophie des Lumières. Mes chers collègues, certains peuvent peut-être tenter de céder aux sirènes de la confusion et de l'immédiateté.
Je vous enjoins, au contraire, à résister et faire bloc. Il est de notre devoir de ne de ne pas nous fracturer. Nous, représentants de la nation, devons trouver les mots justes pour apaiser les souffrances.
Cela nous impose de respecter le temps du deuil et celui nécessaire à la justice afin qu'elle fasse son œuvre. Restons dignes. C'est le plus bel hommage que nous puissions rendre à cette profession une nouvelle fois meurtrie.
Les auteurs de ces actes inqualifiables cherchent à nous diviser. Restons unis et portons haut nos valeurs républicaines de fraternité et de laïcité. Pour autant, il ne peut y avoir de répit pour les ennemis de notre démocratie et de notre civilisation.
Nous devons rester inflexibles face au terrorisme islamiste. Les terroristes combattent la liberté par la peur. Nous convaincrons la peur par la liberté.
Merci Madame Carel. Merci. La parole est à Madame la Présidente Chatelain pour le groupe écologiste.
Merci Madame la Présidente. Je veux commencer par saluer la mémoire de Dominique Bernard qui a perdu la vie en protégeant ses élèves. De nouveau, l'horreur, l'effroi, la peur, la mort a frappé la communauté éducative. 3 ans, presque jour pour jour, après l'assassinat de Samuel Paty dont nous honorerons la mémoire ce lundi.
Alors que le traumatisme est toujours là, que la plaie n'est pas refermée, c'est à toute la communauté éducative que le groupe écologiste veut dire que sa solidarité et veut dire son soutien. Nous voulons également dire à tous les parents qui sont sous le choc et qui peut-être sont inquiets pour la sécurité de leurs enfants que nous partageons leurs angoisses. Nous voulons dire à tous ces élèves qui ont dû se cacher sous des tables que non, ils ne sont pas seuls et que la République sera là avec eux.
L'assaillant a transformé un lieu d'émancipation en un lieu de mort. C'est impardonnable. Ces attaques ont un objectif.
C'est nous terroriser. C'est nous chasser des lieux où nous faisons société. C'est nous chasser des lieux où nous faisons collectif, des enceintes où nous apprenons le vivre ensemble et où nous aimons vivre ensemble.
Notre réponse, notre choix est de ne jamais déserter ces lieux, de ne jamais céder à la haine. Nous devons, plus que jamais, soutenir notre école, notre école publique et l'ensemble de nos enseignants qui la font vivre tous les jours. Enfin, à ceux qui veulent ébranler la République, nous voulons leur dire la France ne vacillera pas, ne vacillera jamais.
Chaque jour, nous devrons œuvrer ensemble à faire vivre notre État de droit, à faire vivre nos libertés, à faire vivre l'égalité et à faire vivre la fraternité. Je vous remercie. La parole est à monsieur Tellier pour le groupe de la Gauche Démocrate et Républicaine.
Madame la Présidente, monsieur le ministre, chers collègues, le groupe GDR qui rassemble les députés communistes et les progressistes ultramarins s'associe à l'hommage de la représentation nationale face à l'attaque terroriste odieuse dont ont été victimes le personnel de l'Éducation nationale du lycée Gambetta à Arras, dans ce département du Pas-de-Calais que j'aime tant. Nos pensées vont d'abord aux victimes, au professeur décédé, aux blessés et je veux assurer leurs proches de toute notre compassion. 3 ans, presque jour pour jour après le meurtre atroce de Samuel Paty, nos enseignants, notre école et à travers eux toute la République doivent de nouveau faire face au terrorisme et à l'obscurantisme.
Nos enseignants encadrent les fondements de notre République. Ils sont les gardiens du savoir et des idéaux républicains. Chaque fois qu'ils sont pris pour cible, nous devons nous être intransigeants.
La période sombre que nous traversons nous oblige à la dignité. Pour cela, notre nation doit rester unie, unie au service de la paix et non de la haine ou de la vengeance aveugle, unie sans un instrumentalisation politique mais avec lucidité. Le pire serait de tomber dans le piège de la division.
Nous devons y faire face en ne sacrifiant jamais notre humanité. Rien, vraiment rien, ne détournera les députés de notre groupe de leur combat pour un monde plus juste, plus égalitaire, un monde de paix. Merci.
La parole est à Monsieur Serva pour le groupe Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires. Madame la Présidente, Monsieur le Ministre, chers collègues, je tiens à associer les députés du groupe LIOT à l'hommage à l'enseignant Dominique Bernard, lâchement assassiné ce matin, ainsi qu'aux autres victimes blessées. Nous sommes tous, une nouvelle fois, saisis au cœur.
Hommage au personnel enseignant du lycée Gambetta d'Arras, hommage aux élèves et à toute la communauté éducative. Le temps est au recueillement. Ces événements terroristes nous rappellent à tous le précédent attentat dont a été victime Samuel Paty.
Nous disions à l'époque "Plus jamais ça." et nous devons mesurer les mots de cet assassinat pour nos compatriotes. Viendra ensuite le temps des questionnements.
L'enquête devra démêler les responsabilités et les éventuelles complicités. Les faits ne sont pas clairement établis, nous devons parler nous parlementaires avec responsabilité. Ce qui est attaqué, c'est notre République.
Ce qui est visé, c'est notre cohésion sociale. Nous résisterons, nous vaincrons. Je vous remercie.
Monsieur le ministre, vous avez la parole. Madame la présidente, mesdames et messieurs les députés, au moment où la nation toute entière est saisie une nouvelle fois par l'effroi et par l'émotion, le gouvernement s'associe à l'hommage rendu par l'Assemblée nationale aux victimes. Le gouvernement s'associe également à la douleur et au deuil des familles, des proches et de la communauté éducative.
Le gouvernement salue la bravoure exceptionnelle de celles et ceux qui semblent s'être interposés contribuant ainsi sans doute à épargner des vies. S'en prendre à un professeur, c'est s'en prendre à la République et à ses fondements, la liberté, l'égalité, la fraternité. Aussi, face à l'horreur et à la lâcheté, à la violence et au fanatisme qui frappe une nouvelle fois notre école, sanctuaire de l'émancipation et du vivre ensemble, la République ne pliera jamais, ne transigera jamais, ne cédera jamais.
Dans cette douloureuse épreuve infligée à la nation, sachons, mesdames et messieurs les députés, rester unis, en solidarité, en fraternité, avec les victimes et avec la communauté enseignante. Merci, monsieur le ministre. La séance est donc suspendue pour quelques minutes.
Naïma Moutchou