

« Oui, mais j'y étais aussi opposée. Parce que je crois que ce n'est pas les bonnes solutions. »
« Effectivement, c'est une restriction de liberté grave. »
« Moi, ce que je constate, c'est en fait l'incapacité à la fois de la préfecture et de la mairie d'organiser les conditions pour que les Clermontois et les Clermontoises, quel que soit leur âge, puissent célébrer la Coupe du Monde, assister aux matchs en sécurité et en tranquillité. »
« Et ça aurait été possible, par exemple, en installant des fanzones, ce qui permet à la fois d'accompagner les supporters, de faire de la prévention, de réguler aussi quand il y a des difficultés. »
« En fait, c'est tout l'inverse. On interdit, on met en difficulté aussi les commerçants qui sont sur les grandes places, qui ont besoin aussi de la Coupe du Monde et qui ont investi pour cette Coupe du Monde. »
« Donc franchement, je trouve que c'est des mesures qui sont graves, qui sont effectivement des atteintes à la liberté des gens de pouvoir faire la fête ensemble. »
« En fait, c'est une Coupe du Monde. Les gens aiment le foot, ça rassemble. C'est des moments dont on a besoin. »
« Et donc, en fait, on a là des hommes politiques qui ont décidé de stigmatiser ensemble toute une population. »
« Et c'est effectivement grave. Il y a eu des difficultés il y a deux semaines. Mais au lieu de comprendre et d'essayer d'isoler les personnes qui ne se comportent pas bien, en fait, on met tout le monde, je le dis, dans le même sac qui ont puni tout le monde. »
« Et ça, c'est franchement grave pour cette jeunesse qui a besoin aussi d'espace festif pour se construire et pour aller mieux. »
« En fait, les couvre-feux, on en a eu dans notre histoire, dans d'autres grandes villes. Ça n'a pas résolu quelques problèmes. »
« Si on veut une vraie politique aujourd'hui qui s'attaque aux difficultés, aux moments de violence aussi, c'est en mettant des moyens humains, c'est en mettant des moyens de prévention, c'est en remettant des éducateurs et des médiateurs là où on en a besoin. »
« Donc c'est en fait tout l'inverse de ce que fait aujourd'hui le maire de Clermont, mais aussi de ce que préconisait Olivier Blanqui à l'époque au moment du narcotrafic qui était très aligné avec des mesures ultra sécuritaires. »
« Le problème est qu'aujourd'hui, on a enlevé tous les moyens qui permettaient de prévenir ces passages à l'acte, les difficultés et les violences aussi que subissent les mineurs. »
« Effectivement, je l'ai toujours été, je pense que c'est une mission régalienne de la police nationale, d'être armée, d'avoir des pouvoirs de police judiciaire et la police municipale a d'autres missions qui sont essentielles, indispensables dans une ville, à savoir une police de proximité qui est là aussi pour aider, accompagner, mais qui n'a pas les mêmes formations, les mêmes missions qui sont... »
« Et ça, en fait, ce mélange, il est très très grave. »
« Et puis, on enregistre aussi les défaillances de l'État en se disant « on va les combler », sauf que moi j'attends de voir, on a un conseil municipal qui arrive, avec quels moyens on va acheter, former, déployer ce grand bouclier sécurité qu'il a présenté en grande pompe à la presse avec une mise en scène de plus en plus ridicule, je trouve aussi, du côté du Nouveau-Maire, mais avec quel argent ? »
« Ce que je constate, c'est que, par exemple, on est en train d'annuler un programme de construction d'écoles dans le quartier Regensbourg-Salin, au profit de la construction d'un hôtel de policiers. »
« Moi, ça me fait penser un peu à Victor Hugo, quoi. On est dans un moment où on va prendre sur l'éducation, la culture, la prévention, pour donner des moyens de répression, et c'est un aveu aussi d'échec, je pense, de pouvoir anticiper les choses et d'être plutôt là tout le temps pour punir et surveiller. »
« Et ça, c'est un mauvais signal, on n'est pas surpris. Et ça accompagne aussi de mesures qui sont très graves d'un point de vue éthique, comme l'intelligence artificielle, la reconnaissance faciale, les drones. »