Donc avant de revenir sur l'actualité parlementaire, notamment la motion de censure rejetée, on commence cet entretien par une révélation du média Disclose qui publie une enquête affirmant que la France s'apprête à livrer en pleine guerre à Gaza des équipements pour mitrailleuses à Israël. On parle de 14 tonnes de pièces détachées, fabriquées par une entreprise française, Orolinks, pour destiner à une société israélienne liée à l'armée Israël Militari Industrie. Quand vous avez lu cette enquête, qu'est-ce que vous en avez pensé ?
Réponse directeMoi, bien sûr, je remercie le média Disclose d'avoir révélé ça. Et ce que j'ai pensé tout de suite, c'est qu'Emmanuel Macron a continué à mentir pendant des mois avec son ministre des Armées, M. Lecornu, avec son ministre des Affaires étrangères, M. Jean-Noël Barraud, puisqu'à chaque fois que nous les interrogeons lors des questions au gouvernement et que nous demandons un embargo sur les armes, ils nous répondent que la France ne livre pas d'armes à Israël. Or, cet article révèle non seulement qu'un bateau est censé être arrivé cette nuit à Fosse-sur-Mer, où il devait, vous l'avez dit, prendre à son bord un 19 palettes, donc 14 tonnes de pièces détachées pour relier des cartouches de fusil…
« Moi, bien sûr, je remercie le média Disclose d'avoir révélé ça. Et ce que j'ai pensé tout de suite, c'est qu'Emmanuel Macron a continué à mentir pendant des mois avec son ministre des Armées, M. Lecornu, avec son ministre des Affaires étrangères, M. Jean-Noël Barraud, puisqu'à chaque fois que nous les interrogeons lors des questions au gouvernement et que nous demandons un embargo sur les armes, ils nous répondent que la France ne livre pas d'armes à Israël. Or, cet article révèle non seulement qu'un bateau est censé être arrivé cette nuit à Fosse-sur-Mer, où il devait, vous l'avez dit, prendre à son bord un 19 palettes, donc 14 tonnes de pièces détachées pour relier des cartouches de fusils mitrailleurs entre eux, mais que ce bateau est déjà venu le 3 avril, le 22 mai. Et ça s'ajoute à des révélations qui existaient déjà de Disclose de 2023, qui montraient que la France avait commercé avec Israël entre 2017 et 2023, je crois, 100 millions d'euros d'équivalent d'armement, de pièces d'armement, et qu'elle a continué ensuite. Donc, ce n'est pas les premières révélations de Disclose. Et quand nous interrogeons M. Lecornu et M. Macron, et qu'ils répondent que la France ne commerce plus, on en déduit qu'ils mentent, et je salue évidemment les Dockers de Fosse-sur-Mer-Marseille, puisque la CGT et les différents syndicats de Dockers sur place ont tout de suite dit qu'ils refusaient de participer à cette opération, de se rendre complices d'un génocide. Donc, ils ont mis la palette, enfin le cargo de côté contenant les palettes. Et ce qui est beau à voir, c'est qu'en cascade, ça a entraîné un communiqué des Dockers de Gênes, ensuite en Italie, parce que le bateau devait ensuite poursuivre son chemin et aller en Italie à Gênes, où les syndicats italiens ont à leur tour mis de côté les marchandises qui étaient censées être prises sur ce bateau, qu'on peut suivre d'ailleurs en ligne. En fait, on va en ligne sur le site et on peut voir où se situe ce bateau, quel est son chemin. Et donc, encore une fois, bravo aux syndicats d'avoir fait cette opération de désobéissance civile quelque part pour refuser que notre pays se rende complice d'un génocide. Et le fait que la France embarque comme ça secrètement des armes, c'est même contraire aux traités internationaux sur le commerce des armes. C'est catastrophique. Et je vois ça comme quelque chose qui est dans la même lignée que ce qu'on va faire au Bourget. Parce qu'au Bourget, on va peut-être l'évoquer après. Voilà, je vous laisse. »
