Mais alors, justement, Dominique Rousseau, parce que là, on a affaire depuis de longs mois, hélas, mais en tout cas, personne ne nie l'existence de ce danger, en tout cas, pas vous, nous avons affaire à une pandémie et cette pandémie impose des règles qui sont des règles, bien entendu, exceptionnelles. Le fait que vous, professeurs de droit, ayez également à observer une situation où il y aurait une norme supérieure, cette norme étant la santé, cette norme étant cette lutte contre le virus, est-ce que tout cela, eh bien, ne vous oblige pas à revoir vos priorités et en particulier à considérer que les libertés publiques doivent être subordonnées au maintien de la vie de tous, au maintien, donc, de la bonne santé ?
Réponse directeSurtout pas. C'est précisément dans les périodes d'exception, c'est précisément dans ces périodes de crise, entre guillemets, qu'il faut être encore plus attentif, plus soucieux des libertés publiques. Vous vous rendez compte que si les juristes ne réagissaient pas lorsque c'est la nécessité qui dicte les lois et non plus la rationalité juridique. Dans quel pays serait-on si les libertés publiques passaient en secondes ? Je vous rappelle que la santé d'un pays, pour reprendre votre expression, la santé d'un pays, c'est aussi, comment dire, l'exercice de ses libertés. La santé d'un pays, c'est pas simplement de ne pas être malade, de ne pas être atteint par la virus. La santé d'un pays, c'es…