Et le vote donc de cette loi cet après-midi à l'Assemblée. Autre sujet, on l'évoquait à l'antenne, il y a un instant de forte dissension au Parlement. On parle bien sûr de la loi d'urgence agricole, actuellement dans les mains des sénateurs, qui la nuit dernière ont voté une mesure pour réintroduire des pesticides interdits, la fameuse acétamipride, particulièrement toxique pour la biodiversité. C'est le retour de la loi Duplomb, Dominique Potier ?
Réponse directeC'est une sorte de vengeance de Laurent Duplomb et des plus conservateurs, des plus productivistes des parlementaires. C'est que cette question avait été réglée par le Conseil constitutionnel. On renvoyait un arbitrage de la science qui devait venir et qui devait apaiser les débats. Et ils n'ont pas pu s'empêcher de rétablir par la loi l'astamipride. Je ne sais pas ce que va devenir cette loi, mais en tout cas la promesse initiale d'une loi d'urgence pour répondre à des besoins économiques et écologiques des agriculteurs s'éloigne, puisque je ne vois pas comment il y aura une majorité désormais pour voter leur établissement de l'astamipride. C'est une sorte de position idéologique presque e…
« C'est une sorte de vengeance de Laurent Duplomb et des plus conservateurs, des plus productivistes des parlementaires. C'est que cette question avait été réglée par le Conseil constitutionnel. On renvoyait un arbitrage de la science qui devait venir et qui devait apaiser les débats. Et ils n'ont pas pu s'empêcher de rétablir par la loi l'astamipride. Je ne sais pas ce que va devenir cette loi, mais en tout cas la promesse initiale d'une loi d'urgence pour répondre à des besoins économiques et écologiques des agriculteurs s'éloigne, puisque je ne vois pas comment il y aura une majorité désormais pour voter leur établissement de l'astamipride. C'est une sorte de position idéologique presque extrémiste et décalée par rapport à la situation actuelle. Se battre pour les bassines, pour l'astamipride, c'est faire fi de cette réalité, sans transition agroécologique, sans santé des sols, sans révolution agronomique, nous ne pourrons pas continuer à produire et nous ne pourrons pas assurer notre souveraineté alimentaire. Donc cette course en avant vers l'établissement de nouvelles molécules ou le maintien éternel de molécules, c'est le cas de la directive européenne Omnibus 10, actuellement en débat à Bruxelles, sont des courses sans fin, sont des combats perdus. Il nous distrait de l'urgence, encore une fois, de vivre une révolution agronomique. Elle est essentielle pour assurer l'alimentation de demain. »
