Il y a aussi votre copine d'enfance, celle qui est chanteuse yiddish, elle vous dit qu'elle chante pour se faire pardonner d'être là. La culpabilité, ce serait donc un marqueur important de la judaïté ?
Réponse partielleC'est un des problèmes les plus difficiles. C'est vrai pour beaucoup de personnes qui ont survécu les camps. D'ailleurs, si vous lisez Jörg Gessenprun, vous verrez qu'il explique ça lui aussi, alors qu'il était dans un camp, non pas parce qu'il était juif, mais parce qu'il était communiste à Buchenwald. C'est ça, c'est-à-dire qu'aujourd'hui, il y a une partie, disons, de l'identité juive, c'est en voyant le drame, le malheur de la Shoah ou des pogroms dans l'Est de l'Europe, etc., de l'antisémitisme, eh bien, aujourd'hui, pour Talila, ne pas accepter cette identité juive serait justement pour elle, encore une fois, refuser ses propres parents ou donc ses racines familiales. Et pour elle cha…
« C'est un des problèmes les plus difficiles. C'est vrai pour beaucoup de personnes qui ont survécu les camps. D'ailleurs, si vous lisez Jörg Gessenprun, vous verrez qu'il explique ça lui aussi, alors qu'il était dans un camp, non pas parce qu'il était juif, mais parce qu'il était communiste à Buchenwald. C'est ça, c'est-à-dire qu'aujourd'hui, il y a une partie, disons, de l'identité juive, c'est en voyant le drame, le malheur de la Shoah ou des pogroms dans l'Est de l'Europe, etc., de l'antisémitisme, eh bien, aujourd'hui, pour Talila, ne pas accepter cette identité juive serait justement pour elle, encore une fois, refuser ses propres parents ou donc ses racines familiales. Et pour elle chanter comme ça en yiddish, elle qui était une militante quand même de Nanterre de 68, c'est justement se rapprocher de ses racines et de son histoire. »
