Ce registre relie les questions posées aux éléments effectivement observés dans les réponses. Il présente le corpus, ses limites et les passages sources, sans note globale ni comparaison entre personnes.
Comment lire ce registre
Cette page est la piste d’audit de la fiche de synthèse. Elle permet de retrouver la question, la réponse retenue et la preuve utilisée.
1
Une question isolée
Les questions multiples sont séparées pour ne pas confondre plusieurs demandes dans une même mesure.
2
Un état descriptif
La catégorie indique ce qui est observable dans la réponse, sans juger la personne ni la position défendue.
3
Un passage vérifiable
Chaque résultat affiché renvoie au verbatim et, lorsque la source le permet, au moment exact de l’entretien.
Période observée
5 nov. 2015 au 4 avr. 2025
Questions
182
Entretiens
Non renseigné
Sources
Non renseigné
Heures analysées
Non renseigné
Répartition sur 182 questions évaluables
Réponse directe
75
Réponse partielle
38
Réponse à côté
67
Refus explicite
2
Questions et passages vérifiables
Une réponse à côté signifie que la demande centrale n’est pas traitée, même si le passage est long ou argumenté.
Questions 26 à 50 sur 182
Question 26"Le projet d'Emmanuel Macron ne tient plus la route", fustige Daniel Cohn Bendit
Daniel Cohn-Bendit, vous êtes un Européen, on l'a dit, vous êtes aussi un écologiste. Cette semaine, la COP28 se tenait à Dubaï. L'an prochain, elle doit avoir lieu à Bakou, en Azerbaïdjan. Est-ce que vous pensez, comme ces nombreux élus qui signent un texte dans la tribune dimanche ce matin, que cette COP29 à Bakou serait un rendez-vous de la honte et du déshonneur ?
Réponse partielle
Écoutez, c'est le fonctionnement de l'ONU. C'est toujours facile de dire, de France, on signe, on fait ceci, on fait cela. L'ONU, c'est un rassemblement de plus de 200 États. Donc, c'est tout membre de l'ONU, et potentiellement, peut être le lieu d'une COP. Et aussi, les Émirats aussi, et disons la COP qui a eu lieu à Dubaï a été une petite avancée. Vous savez, il n'y a pas de gouvernement mondial, il n'y a pas de gouvernement... Kant n'est pas réalité aujourd'hui dans l'espace universel. Donc, ce sont, là aussi, c'était très difficile. Donc, au lieu de perdre mon temps en dire, c'est d'une honte, oui, moi je préférerais que ça soit autre part. Eh bien, faisons que la petite avancée qu'il y…
« Et aussi, les Émirats aussi, et disons la COP qui a eu lieu à Dubaï a été une petite avancée. Vous savez, il n'y a pas de gouvernement mondial, il n'y a pas de gouvernement... Kant n'est pas réalité aujourd'hui dans l'espace universel. Donc, ce sont, là aussi, c'était très difficile. Donc, au lieu de perdre mon temps en dire, c'est d'une honte, oui, moi je préférerais que ça soit autre part. Eh bien, faisons que la petite avancée qu'il y a eu à Dubaï puisse être renforcée, qu'il y ait des fonds débloqués pour les pays victimes de la dégradation climatique, etc. Sans ça, on perd son temps avec ce genre de déclaration, parce que ça ne se décide pas à Paris, où aura lieu, ça se décide à l'ONU. Et ça, c'est assez complexe et difficile. »
Dossier de profondeur politique
Mécanismes, contraintes, arbitrages, objections et références explicitement présents dans les réponses, classés par domaine et reliés aux passages d’origine.
Passages où cet élément est explicitement observable.
« Tu vois ? Moins sensible au folklore allemand. Pardon, mais il y a des restos brésiliens partout. J'embrasse mes copains du Botafogo et Saint-Aigulf. Il n'y a pas de resto allemand. Je viens de gagner une caipi. Je viens de gagner une caipi. Alors, bref, Dany, vous êtes la figure la plus célèbre de mai 68. Mai 68, ou comme le dit François Langlais, le début de la fin. Oh non ! Hier, je regardais BFM, il y avait un super reportage sur Chella. Et depuis la retraite provisoire de Sylvie Vartan et la retraite définitive de François Zardy, il disait que Chella, elle était la dernière icône des années 60 en pleine forme. Il y a Chella et vous ! »
RTL · Philippe Caverivière face à Daniel Cohn-Bendit
Méthode, périmètre et limitesVersion small-8b7aadfb4e0b
Méthodologie :
question_coverage
Publiée :
4 sept. 2026
Données arrêtées au :
5 sept. 2026
Les catégories décrivent uniquement la séquence observée.
France Inter · "Le projet d'Emmanuel Macron ne tient plus la route", fustige Daniel Cohn BenditVérifier à 9:53
Question 27"Le projet d'Emmanuel Macron ne tient plus la route", fustige Daniel Cohn Bendit
C'est ce regard critique sur LFI qui ne vous incite pas à porter vos yeux, par exemple, sur François Ruffin, qui est défendu par un autre soutien déçu d'Emmanuel Macron, Jacques Attali ?
Réponse partielle
Mais ça, c'est autre chose. Moi, pour l'instant, dans ce qu'il exprime au Parlement européen, et on parle aujourd'hui des élections européennes. Oui. Donc, Ruffin, pour moi, autant que je sache, il ne se présente pas aux élections européennes. Non. Donc, chaque chose en son temps, si vous voulez. Aujourd'hui, la liste, disons, si Raphaël Guzman réussit son accord avec le PS, ce qui n'est pas encore fait, et donc lance une dynamique, il faut pousser cette dynamique. Une fois les Européennes passées, et on voit quel succès a eu cette liste, comment vont réagir les électorats des Verts, parce que je crois que le Parti Vert ne comprend pas le danger de la situation, parce que tout ça, cette éle…
« Mais ça, c'est autre chose. Moi, pour l'instant, dans ce qu'il exprime au Parlement européen, et on parle aujourd'hui des élections européennes. Oui. »
France Inter · "Le projet d'Emmanuel Macron ne tient plus la route", fustige Daniel Cohn BenditVérifier à 5:12Voir 2 autres passages
« Donc, Ruffin, pour moi, autant que je sache, il ne se présente pas aux élections européennes. Non. Donc, chaque chose en son temps, si vous voulez. Aujourd'hui, la liste, disons, si Raphaël Guzman réussit son accord avec le PS, ce qui n'est pas encore fait, et donc lance une dynamique, il faut pousser cette dynamique. Une fois les Européennes passées, et on voit quel succès a eu cette liste, comment vont réagir les électorats des Verts, parce que je crois que le Parti Vert ne comprend pas le danger de la situation, parce que tout ça, cette élection européenne, se passe quand même dans un moment critique, où de plus en plus d'électeurs se portent vers la droite, l'extrême droite. »
France Inter · "Le projet d'Emmanuel Macron ne tient plus la route", fustige Daniel Cohn BenditVérifier à 5:26
« Oui. Et donc, à partir de là, c'est une situation qui n'est plus la même qu'il y a quatre ans ou il y a neuf ans. C'est pour ça qu'il faut essayer d'innover. C'est pour ça que je crois qu'il faudrait une liste commune, écolo-socialo-humaniste aux élections européennes, pour redonner de l'espoir à un électorat réformiste de gauche, qui existe, qui a envie de quelque chose d'autre. Et après, en fonction de cette dynamique, on va voir comment la politique peut évoluer après. Mais donc, encore une fois, on parle des élections européennes, c'est pour les élections européennes, et l'histoire de Ruffin ou quelque chose d'autre, on verra plus tard. Il faudrait d'abord que Ruffin couple le cordon ombilical avec Mélenchon. »
Question 28"Le projet d'Emmanuel Macron ne tient plus la route", fustige Daniel Cohn Bendit
Une dernière question très rapidement, parce qu'on arrive à la fin de cet entretien sur la fin de vie. François Zardy écrit aujourd'hui au président de la République pour demander une légalisation de l'euthanasie. Emmanuel Macron n'avance pas assez vite sur le sujet, selon vous ?
Réponse directe
Oui, et moi je ne comprends pas que parce qu'il a fait une conférence citoyenne qui, à 90% de ceux qui d'accord, était pour une législation positive sur la possibilité de se donner la fin de vie. La Cour suprême allemande a même dit que la possibilité de faire terminer sa vie, de décider soi-même la fin de vie, est un droit fondamental, une liberté fondamentale. Je suis d'accord, et je crois qu'aujourd'hui, il faut qu'il y ait une législation positive. Je comprends, Emmanuel Macron est religieux, visiblement, il n'aime pas ça, mais je crois qu'aujourd'hui, nos sociétés sont capables de supporter le fait que ce n'est plus la religion qui décide qui peut se donner la fin de vie, mais que c'es…
« Oui, et moi je ne comprends pas que parce qu'il a fait une conférence citoyenne qui, à 90% de ceux qui d'accord, était pour une législation positive sur la possibilité de se donner la fin de vie. La Cour suprême allemande a même dit que la possibilité de faire terminer sa vie, de décider soi-même la fin de vie, est un droit fondamental, une liberté fondamentale. Je suis d'accord, et je crois qu'aujourd'hui, il faut qu'il y ait une législation positive. Je comprends, Emmanuel Macron est religieux, visiblement, il n'aime pas ça, mais je crois qu'aujourd'hui, nos sociétés sont capables de supporter le fait que ce n'est plus la religion qui décide qui peut se donner la fin de vie, mais que c'est un droit individuel, et ce droit, il faut qu'il puisse se réaliser. »
France Inter · "Le projet d'Emmanuel Macron ne tient plus la route", fustige Daniel Cohn BenditVérifier à 11:01
Question 29"Le projet d'Emmanuel Macron ne tient plus la route", fustige Daniel Cohn Bendit
Vous qui souteniez le chef de l'État depuis 2017, vous qui étiez séduit par son « en même temps », vous lui retirez désormais votre soutien. Pourquoi ?
Réponse directe
Enfin, c'est beaucoup dire, je retire mon soutien. Simplement, je crois qu'aujourd'hui, disons, le projet d'Emmanuel Macron ne tient plus la route, que je crois que ça ne fonctionne pas. Et donc, je regarde le paysage politique et je me dis qu'il est temps de trouver une autre perspective politique. Parce que, pour l'instant, disons, la politique en France et la politique du président s'enfoncent et on ne voit pas très bien où tout cela peut déboucher.
« Enfin, c'est beaucoup dire, je retire mon soutien. Simplement, je crois qu'aujourd'hui, disons, le projet d'Emmanuel Macron ne tient plus la route, que je crois que ça ne fonctionne pas. Et donc, je regarde le paysage politique et je me dis qu'il est temps de trouver une autre perspective politique. Parce que, pour l'instant, disons, la politique en France et la politique du président s'enfoncent et on ne voit pas très bien où tout cela peut déboucher. »
France Inter · "Le projet d'Emmanuel Macron ne tient plus la route", fustige Daniel Cohn BenditVérifier à 0:18
Question 30Daniel Cohn-Bendit : "Pour moi, tous les partis politiques sont des has been, dépassés par la réalité"
Est-ce que ça a, de façon naturelle, presque obligatoire, indiqué le sens que vous alliez donner à votre vie, le fait d'être orphelin à 17 ans ?
Réponse à côté
Alors, l'engagement. J'étais dans un internat en Allemagne. J'y étais donc de l'âge de 13 ans à 18-19 ans quand j'ai passé mon bac, il y a 13 ans d'école en Allemagne. Et là, c'était un lycée assez moderne où il y avait un parlement des élèves. On l'appelait une école non conventionnelle. C'est ça. Voilà. Et dans cette école, il y avait un parlement des élèves et j'ai été le plus jeune secrétaire du parlement des élèves et j'ai été deux fois président, les plus jeunes présidents de ce parlement. Donc, j'avais là un engagement, disons, pour les autres, avec les autres, pour les autres. D'ailleurs, j'ai inventé, la première fois que j'ai été élu, une campagne électorale. Je me rappelle que j'…
« Alors, l'engagement. J'étais dans un internat en Allemagne. J'y étais donc de l'âge de 13 ans à 18-19 ans quand j'ai passé mon bac, il y a 13 ans d'école en Allemagne. Et là, c'était un lycée assez moderne où il y avait un parlement des élèves. On l'appelait une école non conventionnelle. C'est ça. Voilà. Et dans cette école, il y avait un parlement des élèves et j'ai été le plus jeune secrétaire du parlement des élèves et j'ai été deux fois président, les plus jeunes présidents de ce parlement. Donc, j'avais là un engagement, disons, pour les autres, avec les autres, pour les autres. D'ailleurs, j'ai inventé, la première fois que j'ai été élu, une campagne électorale. Je me rappelle que j'étais monté à la fenêtre d'un bâtiment où il y avait les réfectoires en bas et j'ai fait prononcer mon premier discours politique, c'est à l'âge de 15 ans, pour être président du parlement des élèves de l'école. Donc, c'est là qu'a commencé mon engagement, mon envie de politique aussi. Et donc, ça a imprimé le sens de ce que seront vos années 60 et 70 ? Alors, à gauche, c'est mon frère. C'est mon frère qui a 9 ans de plus que moi, qui a fait d'abord des études de philo, il était communiste et puis il a été exclu des communistes, il était critique des communistes, il a été trotskiste, il a été exclu des trotskistes. Il est passé par socialisme ou barbarie pour finir à Nard. Et donc, moi, je n'ai pas eu besoin de passer par toutes les bêtises inimaginables et j'ai tout de suite commencé en tant que libertaire. Mais ça, c'est en suivant la trajectoire de mon frère, qui était très ami avec Castor Yadis, Claude Lefort, Edgar Morin, etc. »
France Culture — Sens politique · Daniel Cohn-Bendit : "Pour moi, tous les partis politiques sont des has been, dépassés par la réalité"Vérifier à 8:11
Question 31Daniel Cohn-Bendit : "Pour moi, tous les partis politiques sont des has been, dépassés par la réalité"
Lorsque et ce sera ma dernière question vous prenez en 2014 ce qu'on appellera pour faire vivre notre retraite politique on constate aujourd'hui sur France Culture que si vous êtes à la retraite vous êtes un retraité très actif vous expliquez Daniel Cohn-Bendit que vous voulez réorienter votre vie et prendre enfin du temps. Alors huit ans après quel autre sens vous avez donné à votre vie ?
Réponse directe
C'est à dire que d'abord j'essaye de décélérer de décélérer. Deuxièmement c'est après avoir donc quitté le Parlement européen que j'ai commencé à réfléchir sur mon identité. J'ai fait un film nous sommes tous des juifs sur mon identité juif allemand sur mon identité juive sur ce que c'est et ce que ce n'est pas notre identité mon identité est fluide donc j'ai plusieurs identités mais dedans il y a cette identité juive qui est difficile à cerner pour moi donc de réfléchir un peu plus sur moi et puis de prendre du temps pour quelque chose qui est extraordinaire c'est d'être avec ses petits-enfants.
« C'est à dire que d'abord j'essaye de décélérer de décélérer. Deuxièmement c'est après avoir donc quitté le Parlement européen que j'ai commencé à réfléchir sur mon identité. J'ai fait un film nous sommes tous des juifs sur mon identité juif allemand sur mon identité juive sur ce que c'est et ce que ce n'est pas notre identité mon identité est fluide donc j'ai plusieurs identités mais dedans il y a cette identité juive qui est difficile à cerner pour moi donc de réfléchir un peu plus sur moi et puis de prendre du temps pour quelque chose qui est extraordinaire c'est d'être avec ses petits-enfants. »
France Culture — Sens politique · Daniel Cohn-Bendit : "Pour moi, tous les partis politiques sont des has been, dépassés par la réalité"Vérifier à 40:52
Question 32Daniel Cohn-Bendit : "Pour moi, tous les partis politiques sont des has been, dépassés par la réalité"
Vous inscrire collectivement, personnellement aussi, dans la durée, dans le paysage politique français pour un changement de société ?
Réponse directe
Alors, m'inscrire dans la durée, dans le paysage, ça ne va pas du tout. Moi, je dis une chose très simple. Il y a dans le débat que j'ai eu avec Jean-Paul Sartre, qui a été publié en 68, Sartre voulait me faire dire quand arriverait la prise du palais d'hiver. Et moi, je lui explique, avec tout mon savoir de mes 23 ans, que c'est fini, ça. Ça n'existe plus. L'évolution des sociétés, ce sont des luttes très profondes et un processus de réforme poussé par des luttes comme celles que nous vivions en 68. Je ne croyais pas en la révolution. Il me faisait rire les trotskistes et tout ça qui pensaient à la révolution. D'ailleurs, les trotskistes, Ben Saïd avait fait un livre après en disant, 68, c…
« Alors, m'inscrire dans la durée, dans le paysage, ça ne va pas du tout. »
France Culture — Sens politique · Daniel Cohn-Bendit : "Pour moi, tous les partis politiques sont des has been, dépassés par la réalité"Vérifier à 12:22Voir 1 autre passage
« Moi, je dis une chose très simple. Il y a dans le débat que j'ai eu avec Jean-Paul Sartre, qui a été publié en 68, Sartre voulait me faire dire quand arriverait la prise du palais d'hiver. Et moi, je lui explique, avec tout mon savoir de mes 23 ans, que c'est fini, ça. Ça n'existe plus. L'évolution des sociétés, ce sont des luttes très profondes et un processus de réforme poussé par des luttes comme celles que nous vivions en 68. Je ne croyais pas en la révolution. Il me faisait rire les trotskistes et tout ça qui pensaient à la révolution. D'ailleurs, les trotskistes, Ben Saïd avait fait un livre après en disant, 68, c'était 1905, et la révolution bolchevique allait suivre en France. Et je disais, mais vous êtes complètement marteau. Il n'y aura pas ça, il n'y aura pas ça. Donc, moi, je ne voulais pas m'inscrire. J'étais vraiment spontané. »
France Culture — Sens politique · Daniel Cohn-Bendit : "Pour moi, tous les partis politiques sont des has been, dépassés par la réalité"Vérifier à 12:26
Question 33Daniel Cohn-Bendit : "Pour moi, tous les partis politiques sont des has been, dépassés par la réalité"
Albert Camus, le 10 décembre 1957 à l'hôtel de ville de Stockholm, l'un des deux de ce qu'on appellera discours de Suède prononcé par Camus à l'occasion de la remise de son prix Nobel de littérature. Daniel Cohn-Bendit, quel est le sens de votre choix outre le plaisir de nous faire un cadeau, évidemment ?
Réponse directe
La vérité et la liberté. Je crois que dans un pays qui, plus que respecte la parole des intellectuels, on a souvent sous-estimé la force morale d'Albert Camus. Sartre, c'était l'intellectuel engagé, toujours engagé, prêt à dire n'importe quelle bêtise politique. Je veux dire, l'existentialisme a été pour moi la découverte, je suis ce que je fais, je suis maître de ma vie, mais c'est l'homme qui va en URSS, c'est lui qui écrit les communistes et la paix, qui va à Cuba. Et Camus, c'est cette force de l'intellectuel qui, par devoir pour la vérité, garde toujours toute sa liberté. Et je crois que c'est pour moi, alors, je n'y arrive pas, évidemment, mais mon engagement, c'est essayer de dire ma…
« La vérité et la liberté. Je crois que dans un pays qui, »
France Culture — Sens politique · Daniel Cohn-Bendit : "Pour moi, tous les partis politiques sont des has been, dépassés par la réalité"Vérifier à 36:21Voir 1 autre passage
« plus que respecte la parole des intellectuels, on a souvent sous-estimé la force morale d'Albert Camus. Sartre, c'était l'intellectuel engagé, toujours engagé, prêt à dire n'importe quelle bêtise politique. Je veux dire, l'existentialisme a été pour moi la découverte, je suis ce que je fais, je suis maître de ma vie, mais c'est l'homme qui va en URSS, c'est lui qui écrit les communistes et la paix, qui va à Cuba. Et Camus, c'est cette force de l'intellectuel qui, par devoir pour la vérité, garde toujours toute sa liberté. Et je crois que c'est pour moi, alors, je n'y arrive pas, évidemment, mais mon engagement, c'est essayer de dire ma vérité, qui n'est pas la vérité, c'est ma vérité que je mets en débat et surtout ma liberté où que je suis, que je suis, donc, même si j'étais ministre, d'avoir cette liberté de m'exprimer au nom de ma vérité. »
France Culture — Sens politique · Daniel Cohn-Bendit : "Pour moi, tous les partis politiques sont des has been, dépassés par la réalité"Vérifier à 36:29
Question 34Daniel Cohn-Bendit : "Pour moi, tous les partis politiques sont des has been, dépassés par la réalité"
Apatride, c'est une fierté et une force plus qu'une douleur et un handicap dans vos jeunes années ?
Réponse partielle
D'abord, mes premières années en France jusqu'au lycée Buffon, donc l'école communale comme on disait à l'époque, et puis le lycée Buffon, je n'y ai même pas réfléchi. Les seules fois où je savais que c'était un problème, c'est pour voyager. Quand vous êtes apatride, vous avez besoin d'un visa partout et tout ça. Et donc, mais j'étais français. J'étais français, j'étais élevé à Paris parce que j'ai quitté Montauban, j'avais trois mois. Et voilà, donc, en fait, le fait d'avoir été apatride et donc pour des décisions après un peu burlesques, pourquoi je suis devenu allemand ? Parce que je suis devenu allemand parce que mon père était avocat et son métier, c'est être avocat. Il ne pouvait pas…
« D'abord, mes premières années en France jusqu'au lycée Buffon, donc l'école communale comme on disait à l'époque, et puis le lycée Buffon, je n'y ai même pas réfléchi. Les seules fois où je savais que c'était un problème, c'est pour voyager. Quand vous êtes apatride, vous avez besoin d'un visa partout et tout ça. Et donc, mais j'étais français. J'étais français, j'étais élevé à Paris parce que j'ai quitté Montauban, j'avais trois mois. Et voilà, donc, en fait, le fait d'avoir été apatride et donc pour des décisions après un peu burlesques, pourquoi je suis devenu allemand ? Parce que je suis devenu allemand parce que mon père était avocat et son métier, c'est être avocat. Il ne pouvait pas être avocat en France. Il aurait fallu qu'il repasse son bac à l'époque, c'est un truc qui était impossible. Donc, il est rentré en Allemagne en 50. Et c'est là où il m'a dit, écoute, voilà, dans les années, quand j'avais 14 ans, donc dans les années 50, mon frère devait faire son service militaire, etc. Et moi, j'ai dit, je ne veux pas être mon service, je ne veux pas te faire mon service militaire. Il m'a dit, écoute, si tu deviens allemand, tu n'as pas besoin de faire ton service militaire parce que les enfants de fils persécutés, de parents persécutés n'ont pas besoin. Et je suis devenu allemand. »
France Culture — Sens politique · Daniel Cohn-Bendit : "Pour moi, tous les partis politiques sont des has been, dépassés par la réalité"Vérifier à 4:52
Question 35Daniel Cohn-Bendit : "Pour moi, tous les partis politiques sont des has been, dépassés par la réalité"
Si vous le permettez, on va profiter de cette transition toute trouvée pour évoquer vos relations, allez, disons, passionnelles avec la famille écologiste française. L'apogée sera le score de 16% que vous obtenez aux européennes de 2009. C'est la naissance du mouvement Europe Écologie. au propre, comme au figuré à ce moment-là, on se dit que tous les feux sont au vert. Et puis non, en 2012, vous arrêtez, vous quittez le parti Europe Écologie, les verts, avec des mots très durs. Qu'est-ce qui vous fait considérer que la machine qui semble promise après le résultat de 2009 à des lendemains merveilleux fonce en réalité dans une impasse ?
Réponse directe
je ne devrais pas dire ce que je vais dire. Dites-le, s'il vous plaît. L'invention d'Europe Écologie était géniale. C'était génial. Je me rappelle qu'on a dit qu'il faut créer quelque chose de nouveau pour les élections européennes. Donc c'était un mouvement pour les élections de 2009. Pour les élections de 2009. Et j'ai trouvé Europe Écologie, cette Europe Écologie. Pourquoi ? Parce que ça définissait le nouvel horizon politique dont nous avons besoin. La transformation écologique et le dépassement de l'état-nation, de la nécessité de l'Europe. Et c'est tout un programme. Rarement, un programme se retrouve comme ça dans deux termes qui définissent l'avenir. Le problème, c'est que le parti…
« L'invention d'Europe Écologie était géniale. C'était génial. Je me rappelle qu'on a dit qu'il faut créer quelque chose de nouveau pour les élections européennes. Donc c'était un mouvement pour les élections de 2009. Pour les élections de 2009. Et j'ai trouvé Europe Écologie, cette Europe Écologie. Pourquoi ? Parce que ça définissait le nouvel horizon politique dont nous avons besoin. La transformation écologique et le dépassement de l'état-nation, de la nécessité de l'Europe. Et c'est tout un programme. Rarement, un programme se retrouve comme ça dans deux termes qui définissent l'avenir. Le problème, c'est que le parti vert était à l'opposé de la réalité de ce qu'on avait créé dans cette élection. Cette élection, par exemple, je me rappelle, cette élection de 2009 était fantastique et on avait dit à quelques-uns qu'on ne parle pas de Sarkozy. On parle de l'Europe, de l'écologie, de la transformation de la société. On ne parle pas de Sarkozy. Et François Bayrou, qui était aussi candidat, n'a parlé que de Sarkozy. Donc, il n'a parlé que de la France. Et je crois que c'est... Et pourquoi, après, ça n'a pas marché ? Parce que le parti vert a repris, a continué son fonctionnement de parti vert et était incapable de se mettre dans le moule de la nouveauté. »
France Culture — Sens politique · Daniel Cohn-Bendit : "Pour moi, tous les partis politiques sont des has been, dépassés par la réalité"Vérifier à 22:55
Question 36Daniel Cohn-Bendit : "Pour moi, tous les partis politiques sont des has been, dépassés par la réalité"
16 avril 2014, Strasbourg, discours d'adieu au Parlement européen. Daniel Cohn-Bendit, c'est la fin de 20 années de mandat européen. Est-ce que la réalité s'est au moins rapprochée de votre idéal européen ?
Réponse directe
Oui et non. Oui et non. Alors, non parce que l'on voit que le défi, et la guerre en Ukraine le montre, le défi est tellement grand, tellement difficile à digérer parce que nous comprenons qu'aujourd'hui, l'Europe, ce n'est pas simplement un projet de paix, c'est un projet nécessaire de défendre la paix, de se défendre. Donc, ça doit être même un projet militaire, un projet de défense. Et là, nous sommes un peu désemparés, nous avançons à tâtons et l'Ukraine, aujourd'hui, nous oblige toujours à aller plus loin.
« Oui et non. Oui et non. Alors, »
France Culture — Sens politique · Daniel Cohn-Bendit : "Pour moi, tous les partis politiques sont des has been, dépassés par la réalité"Vérifier à 26:44Voir 1 autre passage
« non parce que l'on voit que le défi, et la guerre en Ukraine le montre, le défi est tellement grand, tellement difficile à digérer parce que nous comprenons qu'aujourd'hui, l'Europe, ce n'est pas simplement un projet de paix, c'est un projet nécessaire de défendre la paix, de se défendre. Donc, ça doit être même un projet militaire, un projet de défense. Et là, nous sommes un peu désemparés, nous avançons à tâtons et l'Ukraine, aujourd'hui, nous oblige toujours à aller plus loin. »
France Culture — Sens politique · Daniel Cohn-Bendit : "Pour moi, tous les partis politiques sont des has been, dépassés par la réalité"Vérifier à 26:50
Question 37Daniel Cohn-Bendit : "Pour moi, tous les partis politiques sont des has been, dépassés par la réalité"
C'est-à-dire l'engagement à gauche, au-dessus des frontières, au-delà du passé mortifère franco-allemand, comme pour perpétuer ce que vos parents n'ont pas eu le temps d'accomplir jusqu'au bout ?
Réponse partielle
Alors, l'engagement. J'étais dans un internat en Allemagne. J'y étais donc de l'âge de 13 ans à 18-19 ans quand j'ai passé mon bac, il y a 13 ans d'école en Allemagne. Et là, c'était un lycée assez moderne où il y avait un parlement des élèves. On l'appelait une école non conventionnelle. C'est ça. Voilà. Et dans cette école, il y avait un parlement des élèves et j'ai été le plus jeune secrétaire du parlement des élèves et j'ai été deux fois président, les plus jeunes présidents de ce parlement. Donc, j'avais là un engagement, disons, pour les autres, avec les autres, pour les autres. D'ailleurs, j'ai inventé, la première fois que j'ai été élu, une campagne électorale. Je me rappelle que j'…
« Alors, l'engagement. J'étais dans un internat en Allemagne. J'y étais donc de l'âge de 13 ans à 18-19 ans quand j'ai passé mon bac, il y a 13 ans d'école en Allemagne. Et là, c'était un lycée assez moderne où il y avait un parlement des élèves. On l'appelait une école non conventionnelle. C'est ça. Voilà. Et dans cette école, il y avait un parlement des élèves et j'ai été le plus jeune secrétaire du parlement des élèves et j'ai été deux fois président, les plus jeunes présidents de ce parlement. Donc, j'avais là un engagement, disons, pour les autres, avec les autres, pour les autres. D'ailleurs, j'ai inventé, la première fois que j'ai été élu, une campagne électorale. Je me rappelle que j'étais monté à la fenêtre d'un bâtiment où il y avait les réfectoires en bas et j'ai fait prononcer mon premier discours politique, c'est à l'âge de 15 ans, pour être président du parlement des élèves de l'école. Donc, c'est là qu'a commencé mon engagement, mon envie de politique aussi. Et donc, ça a imprimé le sens de ce que seront vos années 60 et 70 ? Alors, à gauche, c'est mon frère. C'est mon frère qui a 9 ans de plus que moi, qui a fait d'abord des études de philo, il était communiste et puis il a été exclu des communistes, il était critique des communistes, il a été trotskiste, il a été exclu des trotskistes. Il est passé par socialisme ou barbarie pour finir à Nard. Et donc, moi, je n'ai pas eu besoin de passer par toutes les bêtises inimaginables et j'ai tout de suite commencé en tant que libertaire. Mais ça, c'est en suivant la trajectoire de mon frère, qui était très ami avec Castor Yadis, Claude Lefort, Edgar Morin, etc. »
France Culture — Sens politique · Daniel Cohn-Bendit : "Pour moi, tous les partis politiques sont des has been, dépassés par la réalité"Vérifier à 8:11
Question 38Daniel Cohn-Bendit : "Pour moi, tous les partis politiques sont des has been, dépassés par la réalité"
On ne va pas refaire aujourd'hui, dans Sens Politique, le film de mai 68. Ce n'est pas l'idée de l'émission, mais on va quand même se poser quelques minutes sur le sens de ces événements, Daniel Cohn-Bendit. Et c'est bien le moins pour ce qu'on appellera humblement votre contribution. Vous êtes alors, Daniel Rouge, mais partisan d'un anticommunisme de gauche, c'est-à-dire que vous souhaitez qu'on renonce au modèle communiste soviétique et chinois. On parle quand même d'une époque où Jean-Paul Sartre passe plusieurs semaines, chaque été en URSS. Qu'est-ce qui fait que vous vous démarquez aussi nettement dès 67-68 du communisme ?
Réponse directe
C'est ce que mon frère m'a appris. Et c'est cette conscience libertaire. C'est-à-dire que les libertaires ont quand même été toujours les victimes des communistes, que ce soit pendant la révolution russe, que ce soit en Espagne, en 36 et partout. C'est-à-dire que pour moi, très tôt, l'idée de révolution, l'idée d'émancipation était liée à une idée très forte de liberté. Et pour moi, le communisme était l'anti-liberté. Et d'ailleurs, encore aujourd'hui, je me demande comment des gens intelligents, quand je prends les maoïstes intelligents qui critiquaient la société autoritaire de De Gaulle ou en Allemagne d'Adenauer. Comment on pouvait, contre l'autoritarisme de nos sociétés capitalistes, p…
« Et c'est cette conscience libertaire. C'est-à-dire que les libertaires ont quand même été toujours les victimes des communistes, que ce soit pendant la révolution russe, que ce soit en Espagne, en 36 et partout. C'est-à-dire que pour moi, très tôt, l'idée de révolution, l'idée d'émancipation était liée à une idée très forte de liberté. Et pour moi, le communisme était l'anti-liberté. Et d'ailleurs, encore aujourd'hui, je me demande comment des gens intelligents, quand je prends les maoïstes intelligents qui critiquaient la société autoritaire de De Gaulle ou en Allemagne d'Adenauer. Comment on pouvait, contre l'autoritarisme de nos sociétés capitalistes, prôner un modèle de la Chine où des millions de personnes se baladaient avec un petit libre rouge qui était le symbole de l'uniformisme et de l'anti-liberté. Et c'est ça, moi, c'est cette envie de liberté qui a fait de moi un militant anticommuniste et c'est pour ça que, d'ailleurs, les communistes me décidaient que j'étais d'extrême droite. »
France Culture — Sens politique · Daniel Cohn-Bendit : "Pour moi, tous les partis politiques sont des has been, dépassés par la réalité"Vérifier à 10:46
Question 39Daniel Cohn-Bendit : "Pour moi, tous les partis politiques sont des has been, dépassés par la réalité"
Et c'est peut-être même surtout parce que vous n'êtes pas ministre que vous discutez avec Emmanuel Macron. Il vous l'avait promise, une loi créant le terme de crime d'écocide. Est-ce que la loi climat et résilience promulguée l'an dernier va suffisamment loin ou en tout cas dans le bon sens selon vous ?
Réponse partielle
ça va dans le bon sens. Ça va dans le bon sens. Moi, je crois que si vous voulez, ma relation avec Emmanuel Macron au début était très bonne. Aujourd'hui, disons, elle est un peu au frigidaire. C'est son droit. Emmanuel Macron n'a plus envie ou ne se croit plus obligé de se faire engueuler par moi. Il dit, voilà, ce n'est pas nécessaire. c'est son choix, il est président, etc. Vous savez, le présidentialisme français, c'est quelque chose quand même d'assez bizarre. Déjà, l'Elysée, l'Elysée isole et je crois que c'est un des problèmes de la démocratie. J'ai choisi le discours d'Albert Camus quand il a reçu le prix Nobel. En fait, c'est un hommage à Albert Camus. Pourquoi ? Parce que nous dev…
« ça va dans le bon sens. Ça va dans le bon sens. Moi, je crois que si vous voulez, ma relation avec Emmanuel Macron au début était très bonne. Aujourd'hui, disons, elle est un peu au frigidaire. »
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Question 40Daniel Cohn-Bendit : "Pour moi, tous les partis politiques sont des has been, dépassés par la réalité"
Les prêcheurs de vertu, ils viseraient qui aujourd'hui, Camus, avec ces trois mots, prêcheurs de vertu ?
Réponse directe
Ils viseraient tout mouvement qui devient un autoritarisme moral. Donc, tout mouvement qui libère, oui, mais qui respecte la contradiction de l'être humain. Je veux dire, l'exemple de Camus. Camus n'arrive pas, il n'arrive pas à se solidariser avec la violence des Algériens, du FLN. Il est touché, il est complètement divisé et qu'on lui reproche quoi ? Tu désespères Biancourt, tu n'es pas de gauche. Et Camus était libertaire. Il était libertaire et il disait la société que nous propose le FLN est une société non libre. Il avait raison. je vais vous dire une chose. Annie Ernaud n'a pas eu le prix Nobel de la paix. Ce qu'elle pense politiquement ne m'intéresse pas. Je l'écoute mais elle est u…
« Ils viseraient tout mouvement qui devient un autoritarisme moral. Donc, tout mouvement qui libère, oui, mais qui respecte la contradiction de l'être humain. Je veux dire, l'exemple de Camus. Camus n'arrive pas, il n'arrive pas à se solidariser avec la violence des Algériens, du FLN. Il est touché, il est complètement divisé et qu'on lui reproche quoi ? Tu désespères Biancourt, tu n'es pas de gauche. Et Camus était libertaire. Il était libertaire et il disait la société que nous propose le FLN est une société non libre. Il avait raison. »
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Question 41Daniel Cohn-Bendit : "Pour moi, tous les partis politiques sont des has been, dépassés par la réalité"
Le sens de ce que nous vivons depuis cinq ans est la vague MeToo, ce qui va de la libération de la parole des femmes jusqu'à la traque du patriarcat. Est-ce que vous le considérez, Daniel Cohn-Bendit, comme une sorte de révolution miroir de mai 68, dans la continuité ou non, d'ailleurs ?
Réponse directe
C'est une... Ça fait partie de ces évolutions sociétales qui révolutionnent nos comportements. Voilà. Ça, c'est évident. Ce mouvement... D'abord, c'est le mouvement féministe qui a commencé, puis qui est arrivé à... d'attaquer directement certains types de rapports entre les femmes et les hommes et les hommes et les femmes. Et je crois que c'est... C'est fondamental pour l'évolution de nos sociétés. Mais comme tous les mouvements, comme tous... Et c'est ça, c'est comme la marée montante qui monte et qui descend, comme tous les mouvements, il y a des excès. comme si un mouvement révolutionnaire ne pouvait pas se passer des excès. Moi... Vous les identifiez où, aujourd'hui, les excès ? Moi, j…
« C'est une... Ça fait partie de ces évolutions sociétales qui révolutionnent nos comportements. Voilà. Ça, c'est évident. Ce mouvement... D'abord, c'est le mouvement féministe qui a commencé, puis qui est arrivé à... d'attaquer directement certains types de rapports entre les femmes et les hommes et les hommes et les femmes. Et je crois que c'est... C'est fondamental pour l'évolution de nos sociétés. Mais comme tous les mouvements, comme tous... Et c'est ça, c'est comme la marée montante qui monte et qui descend, comme tous les mouvements, il y a des excès. comme si un mouvement révolutionnaire ne pouvait pas se passer des excès. »
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Question 42Daniel Cohn-Bendit : "Pour moi, tous les partis politiques sont des has been, dépassés par la réalité"
Et d'ailleurs, qu'est-ce que l'identité pour Daniel Cohn-Bendit, le concept même ?
Réponse partielle
N'existait pas dans ma tête. N'existait pas dans ma tête. Ça, c'est quelque chose qui, bien plus tard, disons, a commencé à vraiment me travailler. J'étais un gamin de Paris en 59. J'étais, je ne voulais pas aller en Allemagne, mais bon, j'étais dans un internat en Allemagne. Enfin, tout se passait bien. Tout se passait bien. La seule chose qui m'a marqué, c'est que mes parents sont morts très tôt. Mon père est mort, j'avais 14 ans, et ma mère est morte, j'avais 17 ans à peine. Et donc, ce fait d'être orphelin quand même assez jeune, conscient mais jeune, m'a poussé. Bon, celui qui m'a aidé, c'est mon frère qui a neuf ans plus que moi. Mais pour mon identité, c'était très important parce qu…
« N'existait pas dans ma tête. N'existait pas dans ma tête. Ça, c'est quelque chose qui, bien plus tard, disons, a commencé à vraiment me travailler. J'étais un gamin de Paris en 59. J'étais, je ne voulais pas aller en Allemagne, mais bon, j'étais dans un internat en Allemagne. Enfin, tout se passait bien. Tout se passait bien. La seule chose qui m'a marqué, c'est que mes parents sont morts très tôt. Mon père est mort, j'avais 14 ans, et ma mère est morte, j'avais 17 ans à peine. Et donc, ce fait d'être orphelin quand même assez jeune, conscient mais jeune, m'a poussé. Bon, celui qui m'a aidé, c'est mon frère qui a neuf ans plus que moi. Mais pour mon identité, c'était très important parce qu'en fait, j'ai gagné, entre guillemets, en autonomie du fait d'avoir été très jeune orphelin et donc un peu livré à moi-même. Même si avec l'aide de mon frère. »
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Question 43Daniel Cohn-Bendit : "Pour moi, tous les partis politiques sont des has been, dépassés par la réalité"
Daniel Cohn-Bendit, est-ce que vous croyez sincèrement que Nicolas Hulot a découvert une fois au gouvernement qu'il allait devoir s'accommoder de petits pas ?
Réponse partielle
Moi, je crois que Nicolas Hulot n'était pas fait pour être ministre. Je connais une autre personne qui n'est pas faite pour être ministre. Il s'appelle Danny Cohn-Bendit. À qui on a proposé de succéder à Nicolas Hulot ? Écoutez, Nicolas Hulot explique d'une manière extraordinaire d'une clarté les défis écologiques du moment. Être ministre, c'est justement faire de la politique des petits pas. Vous savez, l'exemple, vous prenez le ministre de l'économie et de la transition écologique allemand, Robert Abeck, aujourd'hui. Il arrive au gouvernement avec un plan bien arrêté de transition écologique, de lutte contre le réchauffement climatique. Patatra, c'est la guerre d'Ukraine. Patatra, c'est l…
« Être ministre, c'est justement faire de la politique des petits pas. Vous savez, l'exemple, vous prenez le ministre de l'économie et de la transition écologique allemand, Robert Abeck, aujourd'hui. Il arrive au gouvernement avec un plan bien arrêté de transition écologique, de lutte contre le réchauffement climatique. Patatra, c'est la guerre d'Ukraine. Patatra, c'est la crise de l'énergie. »
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Question 44Daniel Cohn-Bendit : "Pour moi, tous les partis politiques sont des has been, dépassés par la réalité"
Donc, en 59, vous devenez allemand sur les papiers d'identité. Au-delà de ça, comment vous définissez votre identité ?
Réponse partielle
N'existait pas dans ma tête. N'existait pas dans ma tête. Ça, c'est quelque chose qui, bien plus tard, disons, a commencé à vraiment me travailler. J'étais un gamin de Paris en 59. J'étais, je ne voulais pas aller en Allemagne, mais bon, j'étais dans un internat en Allemagne. Enfin, tout se passait bien. Tout se passait bien. La seule chose qui m'a marqué, c'est que mes parents sont morts très tôt. Mon père est mort, j'avais 14 ans, et ma mère est morte, j'avais 17 ans à peine. Et donc, ce fait d'être orphelin quand même assez jeune, conscient mais jeune, m'a poussé. Bon, celui qui m'a aidé, c'est mon frère qui a neuf ans plus que moi. Mais pour mon identité, c'était très important parce qu…
« N'existait pas dans ma tête. N'existait pas dans ma tête. Ça, c'est quelque chose qui, bien plus tard, disons, a commencé à vraiment me travailler. J'étais un gamin de Paris en 59. J'étais, je ne voulais pas aller en Allemagne, mais bon, j'étais dans un internat en Allemagne. Enfin, tout se passait bien. Tout se passait bien. La seule chose qui m'a marqué, c'est que mes parents sont morts très tôt. Mon père est mort, j'avais 14 ans, et ma mère est morte, j'avais 17 ans à peine. Et donc, ce fait d'être orphelin quand même assez jeune, conscient mais jeune, m'a poussé. Bon, celui qui m'a aidé, c'est mon frère qui a neuf ans plus que moi. Mais pour mon identité, c'était très important parce qu'en fait, j'ai gagné, entre guillemets, en autonomie du fait d'avoir été très jeune orphelin et donc un peu livré à moi-même. Même si avec l'aide de mon frère. »
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Question 45Daniel Cohn-Bendit : "Pour moi, tous les partis politiques sont des has been, dépassés par la réalité"
Ce n'est pas juste ce que vous avez vu et ce dont vous avez débattu avec votre frère ?
Réponse partielle
C'est ce que mon frère m'a appris. Et c'est cette conscience libertaire. C'est-à-dire que les libertaires ont quand même été toujours les victimes des communistes, que ce soit pendant la révolution russe, que ce soit en Espagne, en 36 et partout. C'est-à-dire que pour moi, très tôt, l'idée de révolution, l'idée d'émancipation était liée à une idée très forte de liberté. Et pour moi, le communisme était l'anti-liberté. Et d'ailleurs, encore aujourd'hui, je me demande comment des gens intelligents, quand je prends les maoïstes intelligents qui critiquaient la société autoritaire de De Gaulle ou en Allemagne d'Adenauer. Comment on pouvait, contre l'autoritarisme de nos sociétés capitalistes, p…
« C'est ce que mon frère m'a appris. »
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« Et c'est cette conscience libertaire. C'est-à-dire que les libertaires ont quand même été toujours les victimes des communistes, que ce soit pendant la révolution russe, que ce soit en Espagne, en 36 et partout. C'est-à-dire que pour moi, très tôt, l'idée de révolution, l'idée d'émancipation était liée à une idée très forte de liberté. Et pour moi, le communisme était l'anti-liberté. Et d'ailleurs, encore aujourd'hui, je me demande comment des gens intelligents, quand je prends les maoïstes intelligents qui critiquaient la société autoritaire de De Gaulle ou en Allemagne d'Adenauer. Comment on pouvait, contre l'autoritarisme de nos sociétés capitalistes, prôner un modèle de la Chine où des millions de personnes se baladaient avec un petit libre rouge qui était le symbole de l'uniformisme et de l'anti-liberté. Et c'est ça, moi, c'est cette envie de liberté qui a fait de moi un militant anticommuniste et c'est pour ça que, d'ailleurs, les communistes me décidaient que j'étais d'extrême droite. »
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Question 46Daniel Cohn-Bendit : "Pour moi, tous les partis politiques sont des has been, dépassés par la réalité"
Bonjour, est-ce qu'avoir raison trop tôt en politique n'équivaut pas finalement à avoir tort pour toujours ?
Réponse à côté
En tout cas de l'inné. Que de l'inné, je ne dirais pas oui, mais c'est évident que le fait d'être né, d'avoir été apatride, et puis après du fait d'avoir vécu en France et puis en Allemagne, je ne peux pas dire je suis français, je suis allemand. Donc je suis le plus allemand des Français et le plus français des Allemands. Et donc c'est vrai que pour moi, la perspective européenne, c'est celle qui correspond à mon inné, qui correspond à mon état d'esprit et qui correspond aussi à mes fulgurances politiques.
« En tout cas de l'inné. Que de l'inné, je ne dirais pas oui, mais c'est évident que le fait d'être né, d'avoir été apatride, et puis après du fait d'avoir vécu en France et puis en Allemagne, je ne peux pas dire je suis français, je suis allemand. Donc je suis le plus allemand des Français et le plus français des Allemands. Et donc c'est vrai que pour moi, la perspective européenne, c'est celle qui correspond à mon inné, qui correspond à mon état d'esprit et qui correspond aussi à mes fulgurances politiques. »
France Culture — Sens politique · Daniel Cohn-Bendit : "Pour moi, tous les partis politiques sont des has been, dépassés par la réalité"Vérifier à 3:59
Question 47Daniel Cohn-Bendit : "Pour moi, tous les partis politiques sont des has been, dépassés par la réalité"
Comment, à ce moment-là, vous comptez transformer l'essai en 68 ?
Réponse à côté
Alors, m'inscrire dans la durée, dans le paysage, ça ne va pas du tout. Moi, je dis une chose très simple. Il y a dans le débat que j'ai eu avec Jean-Paul Sartre, qui a été publié en 68, Sartre voulait me faire dire quand arriverait la prise du palais d'hiver. Et moi, je lui explique, avec tout mon savoir de mes 23 ans, que c'est fini, ça. Ça n'existe plus. L'évolution des sociétés, ce sont des luttes très profondes et un processus de réforme poussé par des luttes comme celles que nous vivions en 68. Je ne croyais pas en la révolution. Il me faisait rire les trotskistes et tout ça qui pensaient à la révolution. D'ailleurs, les trotskistes, Ben Saïd avait fait un livre après en disant, 68, c…
« Alors, m'inscrire dans la durée, dans le paysage, ça ne va pas du tout. »
France Culture — Sens politique · Daniel Cohn-Bendit : "Pour moi, tous les partis politiques sont des has been, dépassés par la réalité"Vérifier à 12:22Voir 2 autres passages
« Moi, je dis une chose très simple. Il y a dans le débat que j'ai eu avec Jean-Paul Sartre, qui a été publié en 68, Sartre voulait me faire dire quand arriverait la prise du palais d'hiver. Et moi, je lui explique, avec tout mon savoir de mes 23 ans, que c'est fini, ça. Ça n'existe plus. L'évolution des sociétés, ce sont des luttes très profondes et un processus de réforme poussé par des luttes comme celles que nous vivions en 68. Je ne croyais pas en la révolution. Il me faisait rire les trotskistes et tout ça qui pensaient à la révolution. D'ailleurs, les trotskistes, Ben Saïd avait fait un livre après en disant, 68, c'était 1905, et la révolution bolchevique allait suivre en France. Et je disais, mais vous êtes complètement marteau. Il n'y aura pas ça, il n'y aura pas ça. Donc, moi, je ne voulais pas m'inscrire. J'étais vraiment spontané. »
France Culture — Sens politique · Daniel Cohn-Bendit : "Pour moi, tous les partis politiques sont des has been, dépassés par la réalité"Vérifier à 12:26
Question 48Daniel Cohn-Bendit : "Pour moi, tous les partis politiques sont des has been, dépassés par la réalité"
C'est sympathique d'être reconnu au moment d'entrer dans la postérité, mais ça vous fait une belle jambe puisque vous n'êtes plus en état de poser sur grand chose par définition. Deux petits exemples en passant, on s'est rendu compte depuis le début de la saison de Sens Politique. Aujourd'hui, quand on est un responsable de droite, il est de bon ton de revendiquer une filiation évidente avec Philippe Séguin. Tous des enfants de Séguin, incarnation du gaullisme, du social, de la République, n'en jetez plus. Mais cela plus de dix ans après sa mort, lui qui arrêta la politique dès 2001 au sortir d'une campagne municipale à Paris où il s'est senti bien seul, abandonné, caricaturé par la droite en général et Jacques Chirac en particulier. Papier calque, à gauche, Michel Rocard a l'intelligence, la vision, le pragmatisme, sans lâcher un gramme de socialisme, quel homme d'état, regrets éternels pleure la gauche qui, du vivant politique de celui-ci, le faisait passer pour un techno austère, un petit homme gris, méprisé, moqué par le spectre le plus large qui puisse être de François Mitterrand au bébé de chaud, c'est vous dire. Séguin, Rocard, s'ils ont eu raison trop tôt, ils sont en tout cas morts en ayant tort, peut-être même morts d'avoir eu raison trop tôt. Alors réjouissons-nous, oui, il en existe un autre qui a eu raison trop tôt et qui est absolument vivant, preuve irréfutable. Il se trouve en face de moi dans ce studio. Pour saisir à quel point notre invité du jour dans le sens politique fut un visionnaire, revenons quelques instants à son époque originelle, l'époque initiale, comprenez l'époque désinitiale. Il n'existait alors que des gens lettrés, c'est-à-dire des gens qui n'étaient que des lettres. Le monde entier pleurait JFK, PPDA n'était pas encore ce qu'il allait devenir. VGE roulait en DS, préférait subitement le chant des sirènes élyséennes à la mélopée sucrée d'un accordéon au Vernia. JJSS avait créé l'Express, Express comme le fut sa carrière de ministre, 12 jours c'est peu pour JJSS dans un gouvernement sous VGE. Bref, entre la DS, JFK, PPDA, JJSS, VGE, il y en a un qui faisait déjà du bruit mais qu'on n'écoutait pas, les belles âmes le trouvant bien trop fumeux, c'était le CBD. Ils auraient dû se méfier, les politicards en veston, car même si à cette époque on fumait beaucoup, il n'y avait pas de fumée sans feu, personne dans les années 70 ne croyait aux vertus du CBD. Bien résultat, VGE, JJSS, PPDA ont vécu, tandis que le CBD séduit désormais aussi bien les nostalgiques des années pétards que leurs enfants et petits-enfants, oui, il est à la mode et nous le recevons sur France Culture, le CBD. Cone Bendit, Daniel, bonjour. Bonjour. L'inclassable, libéral, libertaire comme il s'est lui-même défini, matiné de vert, dès une époque où cette couleur n'avait pas sa place dans les collections de prêt-à-parler des politiques. La France le découvre en 68, année électrique, puis vient 69, année germanique. Depuis il va, il va, il vient, entre les rives du Rhin. Libéral, libertaire peut-être, mais libre avant toute chose. Daniel Cone Bendit, soyez le bienvenu dans Sens Politique. Sur nos quatre derniers invités, deux sont nés à Toulouse, un à Cahors. Alors on s'est dit que ça allait finir par se voir, que nous aimions cette région, et qu'avec vous, Daniel Cone Bendit, ancien conseiller municipal de Francfort, on allait prendre un peu de distance. C'est raté. Vous êtes né à Montauban, c'est-à-dire pile à mi-chemin, entre Toulouse et Cahors, à une cinquantaine de kilomètres. On a malgré tout maintenu l'invitation, ça c'est pour la blague. Montauban, vous y naissez en avril 45, au hasard des persécutions et des fuites auxquelles sont contraints vos parents. Votre mère est d'une famille juive, Ashkenaz, de Poznan, en Pologne. Votre père avocat est déchu de sa nationalité allemande pour ses accointances communistes. Et vous voilà, Montauban, apatride. Daniel Cone Bendit, est-ce que votre européanisme ne tient pas finalement davantage de l'inné que de l'acquis ?
Réponse directe
En tout cas de l'inné. Que de l'inné, je ne dirais pas oui, mais c'est évident que le fait d'être né, d'avoir été apatride, et puis après du fait d'avoir vécu en France et puis en Allemagne, je ne peux pas dire je suis français, je suis allemand. Donc je suis le plus allemand des Français et le plus français des Allemands. Et donc c'est vrai que pour moi, la perspective européenne, c'est celle qui correspond à mon inné, qui correspond à mon état d'esprit et qui correspond aussi à mes fulgurances politiques.
« En tout cas de l'inné. Que de l'inné, je ne dirais pas oui, mais c'est évident que le fait d'être né, d'avoir été apatride, et puis après du fait d'avoir vécu en France et puis en Allemagne, je ne peux pas dire je suis français, je suis allemand. Donc je suis le plus allemand des Français et le plus français des Allemands. Et donc c'est vrai que pour moi, la perspective européenne, c'est celle qui correspond à mon inné, qui correspond à mon état d'esprit et qui correspond aussi à mes fulgurances politiques. »
France Culture — Sens politique · Daniel Cohn-Bendit : "Pour moi, tous les partis politiques sont des has been, dépassés par la réalité"Vérifier à 3:59
Question 49Daniel Cohn-Bendit : "On ne peut pas réduire l'antisémitisme à l'antisionisme"
Il y a aussi votre copine d'enfance, celle qui est chanteuse yiddish, elle vous dit qu'elle chante pour se faire pardonner d'être là. La culpabilité, ce serait donc un marqueur important de la judaïté ?
Réponse partielle
C'est un des problèmes les plus difficiles. C'est vrai pour beaucoup de personnes qui ont survécu les camps. D'ailleurs, si vous lisez Jörg Gessenprun, vous verrez qu'il explique ça lui aussi, alors qu'il était dans un camp, non pas parce qu'il était juif, mais parce qu'il était communiste à Buchenwald. C'est ça, c'est-à-dire qu'aujourd'hui, il y a une partie, disons, de l'identité juive, c'est en voyant le drame, le malheur de la Shoah ou des pogroms dans l'Est de l'Europe, etc., de l'antisémitisme, eh bien, aujourd'hui, pour Talila, ne pas accepter cette identité juive serait justement pour elle, encore une fois, refuser ses propres parents ou donc ses racines familiales. Et pour elle cha…
« C'est un des problèmes les plus difficiles. C'est vrai pour beaucoup de personnes qui ont survécu les camps. D'ailleurs, si vous lisez Jörg Gessenprun, vous verrez qu'il explique ça lui aussi, alors qu'il était dans un camp, non pas parce qu'il était juif, mais parce qu'il était communiste à Buchenwald. C'est ça, c'est-à-dire qu'aujourd'hui, il y a une partie, disons, de l'identité juive, c'est en voyant le drame, le malheur de la Shoah ou des pogroms dans l'Est de l'Europe, etc., de l'antisémitisme, eh bien, aujourd'hui, pour Talila, ne pas accepter cette identité juive serait justement pour elle, encore une fois, refuser ses propres parents ou donc ses racines familiales. Et pour elle chanter comme ça en yiddish, elle qui était une militante quand même de Nanterre de 68, c'est justement se rapprocher de ses racines et de son histoire. »
France Inter — L'invité du week-end · Daniel Cohn-Bendit : "On ne peut pas réduire l'antisémitisme à l'antisionisme"Vérifier à 5:13
Question 50Daniel Cohn-Bendit : "On ne peut pas réduire l'antisémitisme à l'antisionisme"
À propos des colonies, cette colonisation israélienne au mépris des règles onusiennes, elle vous irrite. Le débat a-t-il été possible avec les israéliens sionistes que vous avez rencontrés ?
Réponse directe
Ah oui, il est absolument possible. Ça ne veut pas dire qu'il est... C'est facile à régler. Vous savez, moi, je suis persuadé que le grand problème, il est, si vous êtes sioniste, si Tel Aviv ou Raïfa appartiennent à Israël, il n'y a dans le rêve sioniste aucune raison que Ramallah et Hebron ne soient pas israéliens. Si vous êtes palestinien, dans votre rêve palestinien de l'État palestinien, si Ramallah et Hebron sont palestiniens, il n'y a dans le rêve palestinien aucune raison que Raïfa ou Tel Aviv ne soient pas palestiniens. Et il y a un vieux rabbin de Vienne qui m'a dit une fois, Dani, tu dois expliquer aux gens, on ne vit plus au temps de la Bible, on ne vit plus au temps de l'histoi…
« Ah oui, il est absolument possible. Ça ne veut pas dire qu'il est... C'est facile à régler. Vous savez, moi, je suis persuadé que le grand problème, il est, si vous êtes sioniste, si Tel Aviv ou Raïfa appartiennent à Israël, il n'y a dans le rêve sioniste aucune raison que Ramallah et Hebron ne soient pas israéliens. Si vous êtes palestinien, dans votre rêve palestinien de l'État palestinien, si Ramallah et Hebron sont palestiniens, il n'y a dans le rêve palestinien aucune raison que Raïfa ou Tel Aviv ne soient pas palestiniens. Et il y a un vieux rabbin de Vienne qui m'a dit une fois, Dani, tu dois expliquer aux gens, on ne vit plus au temps de la Bible, on ne vit plus au temps de l'histoire ancienne, on vit au temps de l'ONU et que si les Israéliens et les Palestiniens veulent un État, ce qui est leur droit, et vivre en paix, ils doivent limiter leurs rêves. C'est-à-dire que limiter leurs rêves dans les frontières de l'ONU de 1976, c'est la possibilité de vivre en paix. Et ce débat-là, limiter son rêve, il est extrêmement difficile avec les Palestiniens et avec les Israéliens. »
France Inter — L'invité du week-end · Daniel Cohn-Bendit : "On ne peut pas réduire l'antisémitisme à l'antisionisme"Vérifier à 12:35
« Moi, je dis une chose très simple. Il y a dans le débat que j'ai eu avec Jean-Paul Sartre, qui a été publié en 68, Sartre voulait me faire dire quand arriverait la prise du palais d'hiver. Et moi, je lui explique, avec tout mon savoir de mes 23 ans, que c'est fini, ça. Ça n'existe plus. L'évolution des sociétés, ce sont des luttes très profondes et un processus de réforme poussé par des luttes comme celles que nous vivions en 68. Je ne croyais pas en la révolution. Il me faisait rire les trotskistes et tout ça qui pensaient à la révolution. D'ailleurs, les trotskistes, Ben Saïd avait fait un livre après en disant, 68, c'était 1905, et la révolution bolchevique allait suivre en France. Et je disais, mais vous êtes complètement marteau. Il n'y aura pas ça, il n'y aura pas ça. Donc, moi, je ne voulais pas m'inscrire. J'étais vraiment spontané. »
France Culture — Sens politique · Daniel Cohn-Bendit : "Pour moi, tous les partis politiques sont des has been, dépassés par la réalité"Vérifier à 12:26
« Moi, je dis une chose très simple. Il y a dans le débat que j'ai eu avec Jean-Paul Sartre, qui a été publié en 68, Sartre voulait me faire dire quand arriverait la prise du palais d'hiver. Et moi, je lui explique, avec tout mon savoir de mes 23 ans, que c'est fini, ça. Ça n'existe plus. L'évolution des sociétés, ce sont des luttes très profondes et un processus de réforme poussé par des luttes comme celles que nous vivions en 68. Je ne croyais pas en la révolution. Il me faisait rire les trotskistes et tout ça qui pensaient à la révolution. D'ailleurs, les trotskistes, Ben Saïd avait fait un livre après en disant, 68, c'était 1905, et la révolution bolchevique allait suivre en France. Et je disais, mais vous êtes complètement marteau. Il n'y aura pas ça, il n'y aura pas ça. Donc, moi, je ne voulais pas m'inscrire. J'étais vraiment spontané. »
France Culture — Sens politique · Daniel Cohn-Bendit : "Pour moi, tous les partis politiques sont des has been, dépassés par la réalité"Vérifier à 12:26
Présence observée dans ces passages, sans conclusion sur la véracité ni la personne.
Dates citées27 mars 2016 au 4 avr. 2025 · 32 observations32 passages
Passages où cet élément est explicitement observable.
« Tu vois ? Moins sensible au folklore allemand. Pardon, mais il y a des restos brésiliens partout. J'embrasse mes copains du Botafogo et Saint-Aigulf. Il n'y a pas de resto allemand. Je viens de gagner une caipi. Je viens de gagner une caipi. Alors, bref, Dany, vous êtes la figure la plus célèbre de mai 68. Mai 68, ou comme le dit François Langlais, le début de la fin. Oh non ! Hier, je regardais BFM, il y avait un super reportage sur Chella. Et depuis la retraite provisoire de Sylvie Vartan et la retraite définitive de François Zardy, il disait que Chella, elle était la dernière icône des années 60 en pleine forme. Il y a Chella et vous ! »
RTL · Philippe Caverivière face à Daniel Cohn-BenditVérifier à 2:00Voir 2 autres passages
« C'est pas vrai. Si vous m'écoutez tous les dimanches, depuis, sur LCI, je le dis depuis le 20 octobre. Elie Barnavi fait un article, trois jours après le 7 octobre, dans Le Monde, où il écrit exactement, il y a une responsabilité de ce gouvernement. C'est pas vrai que c'est l'apanage. Mais on écoute en France que certains, je peux vous le démontrer, je le dis en Allemagne, je le dis en France, il y a, c'est pas, on n'a pas attendu la débilité de la France insoumise pour dire des vérités très simples. S'il n'y a pas de perspective palestinienne, et bien... »
France Inter · Daniel Cohn-Bendit : "Le gouvernement Netanyahou est un gouvernement suicidaire pour Israël"Vérifier à 5:39
« Et je crois qu'on perd son temps. On verra, puis il ne viendra pas. La question, c'est comment arrêter ce qui se passe en ce moment à Gaza ? Comment donner une perspective aux Palestiniens ou aux Israéliens ? »
Présence observée dans ces passages, sans conclusion sur la véracité ni la personne.
Chaînes causales explicitées4 janv. 2016 au 26 mars 2025 · 28 observations29 passages
Passages où cet élément est explicitement observable.
« D'abord, peut-être le doute, c'est ça qui définit le Juif. C'est le Juif... J'avais fait un film, « Nous sommes tous des Juifs allemands », qui est passé il y a trois ans, je crois, ou quatre ans, je ne m'en rappelle plus aussi, à la télévision. Et là, une rabbine, une femme rabbine, donc libérale, me dit, être juif, son père lui définissait être juif, c'est se coucher le soir avec une question et se réveiller le lendemain avec une autre question. Le doute, c'est se questionner. Et c'est vrai, après le 7 octobre, on était seuls. Beaucoup de Juifs, on se sentit seuls. Il n'y avait pas une levée des boucliers, il y avait « oui, mais », il y avait « oui, mais ». Après, l'horreur du Hamas. Et puis, la guerre continue et ce que fait maintenant ce gouvernement Netanyahou, ce que fait ce gouvernement crypto-fasciste, c'est l'horreur aussi pour nous. Donc, on est complètement pris au piège face à deux horreurs et donc, on est un juif, on comprend ceux qui veulent vivre en Israël et on ne comprend pas que les Israéliens, que Netanyahou, puissent se faire ce qu'il est en train de faire. Donc, c'est ça, d'être en rond. On tourne en rond, on se pose des questions, je me pose des questions et pour moi, c'est simple maintenant, j'ai la réponse. Si vous êtes pro-israélien, vous devez manifester avec un drapeau israélien et palestinien. Si vous êtes pro-palestinien, vous devez manifester avec un drapeau palestinien et un drapeau israélien. Car si Israël existe, la Palestine pourra exister et si la Palestine veut exister, il faut aussi qu'Israël existe. Voilà, c'est aussi simple et compliqué que cela. »
France Inter — L'invité de 8h20 · Daniel Cohn-Bendit : "On n'a jamais autant parlé d'Europe qu'en ce moment"Vérifier à 4:33Voir 2 autres passages
« Oui, enfin, un continuum, je dis, un des problèmes, un des problèmes, c'est quand le wokeisme devient, j'ai dit totalitaire, donc devient très autoritaire, et bien la réaction des autres renforce une folie telle que le trumpisme. Donc le trumpisme-maskinisme, que je dis que c'est une nouvelle forme de marxisme-léninisme, c'est une idéologie impérialiste totalitaire, mais qui a su exploiter les faiblesses, justement, du wokeisme qui existait à la gauche américaine. »
France Inter — L'invité de 8h20 · Daniel Cohn-Bendit : "On n'a jamais autant parlé d'Europe qu'en ce moment"Vérifier à 8:08
« La crise Corona nous a fait peur, a fait peur à tout le monde. Et donc, en sortant de cette crise, la majorité des gens ont dit, laissez-nous vivre. On veut vivre. Arrêtez de nous dire on ne peut pas faire ça, c'est assez dangereux, etc. Et les populistes ont foncé là-dedans. Ils ont compris que, vous comprenez, laissez-nous vivre, ça veut dire que tous ceux qui vous expliquent aujourd'hui le réchauffement climatique, l'agriculture qui détruit tout, etc. Ils veulent vous empêcher de vivre. Et donc, une masse de gens ont dit notre liberté, notre volonté, justement, après l'angoisse, la peur et les blessures qu'ont créé les mesures anti-Corona ont fait que, pour l'instant, on a perdu. Pour l'instant. Oui, »
Présence observée dans ces passages, sans conclusion sur la véracité ni la personne.
Institutions citées4 janv. 2016 au 26 mars 2025 · 70 observations78 passages
Passages où cet élément est explicitement observable.
« le présidentialisme français, ça, c'est vraiment une maladie française. Mais il y a d'autres maladies du pouvoir en Allemagne ou dans d'autres pays. »
France Inter — L'invité de 8h20 · Daniel Cohn-Bendit : "On n'a jamais autant parlé d'Europe qu'en ce moment"Vérifier à 22:15Voir 2 autres passages
« l'Élysée rend fou et tous les candidats à l'Élysée deviennent fous. Et c'est pour ça que moi, je m'en rappelle quand j'avais fait 16% aux élections européennes, le lendemain, j'étais interviewé à l'IB et Laurent Joffrin et toute l'équipe, bon, tu seras candidat à la présidentielle. Et j'aurais dit, jamais, jamais, c'est la mort, c'est la mort, candidature à la présidentielle, tu commences à déglinguer complètement politiquement. Et donc, je m'excuse, mais c'est vrai, c'est très, très, très compliqué. Et donc, pour moi, il faut des présidents, il faut des ministres, il faut, mais pas moi, je ne suis pas moi, personnellement, je ne suis pas fait pour ça. »
France Inter — L'invité de 8h20 · Daniel Cohn-Bendit : "On n'a jamais autant parlé d'Europe qu'en ce moment"Vérifier à 21:27
« C'est vrai. Mais alors, c'est là où il faut commencer la discussion parce que la liberté de la voiture, il y a quand même une réglementation des voitures, il y a un code de la route, etc. Je veux dire, c'est-à-dire que la réglementation des fois nécessaire, elle n'a pas été pour nous la possibilité d'expliquer que c'est pour une autre liberté qu'on peut avoir, une autre liberté. C'est vrai, on a perdu pour l'instant, mais prenons l'Europe, par exemple, Trump, on n'a jamais parlé autant d'Europe qu'en ce moment. Et puis, même, imaginez, le Brexit, on est en train de réintégrer d'une certaine manière dans la civilisation européenne les Anglais. Donc, je veux dire, du calme, du calme, on perd des batailles, on perd des batailles, mais on n'a pas perdu la guerre. On n'a pas perdu la guerre. »
Présence observée dans ces passages, sans conclusion sur la véracité ni la personne.
Contre-arguments traités4 janv. 2016 au 26 mars 2025 · 29 observations31 passages
Passages où cet élément est explicitement observable.
« Oui, enfin, un continuum, je dis, un des problèmes, un des problèmes, c'est quand le wokeisme devient, j'ai dit totalitaire, donc devient très autoritaire, et bien la réaction des autres renforce une folie telle que le trumpisme. Donc le trumpisme-maskinisme, que je dis que c'est une nouvelle forme de marxisme-léninisme, c'est une idéologie impérialiste totalitaire, mais qui a su exploiter les faiblesses, justement, du wokeisme qui existait à la gauche américaine. »
France Inter — L'invité de 8h20 · Daniel Cohn-Bendit : "On n'a jamais autant parlé d'Europe qu'en ce moment"Vérifier à 8:08Voir 2 autres passages
« Là, il y a... Elle me provoque, là, c'est normal. Mais il faut faire la différence. L'idée libérale, libertaire, ou l'idée libertaire, c'est une autonomie sociétale, sociale. C'est-à-dire l'autonomie avec responsabilité sociale. Le libertarisme, c'est l'individualisme contre tout le monde. C'est l'individualisme sans réflexion sociale. Donc, il y a une grande différence. La revendication de liberté, elle est juste. C'est Hannah Arendt qui, même, elle, défendait la révolution américaine contre la révolution française. Elle dit, plus importante que le social, c'est d'abord cette idée de liberté. Et notre problème aujourd'hui, c'est de relier cette idée de nécessité de liberté avec la responsabilité sociale. »
France Inter — L'invité de 8h20 · Daniel Cohn-Bendit : "On n'a jamais autant parlé d'Europe qu'en ce moment"Vérifier à 10:16
Présence observée dans ces passages, sans conclusion sur la véracité ni la personne.
Mécanismes explicités4 janv. 2016 au 26 mars 2025 · 40 observations41 passages
Passages où cet élément est explicitement observable.
« l'Élysée rend fou et tous les candidats à l'Élysée deviennent fous. Et c'est pour ça que moi, je m'en rappelle quand j'avais fait 16% aux élections européennes, le lendemain, j'étais interviewé à l'IB et Laurent Joffrin et toute l'équipe, bon, tu seras candidat à la présidentielle. Et j'aurais dit, jamais, jamais, c'est la mort, c'est la mort, candidature à la présidentielle, tu commences à déglinguer complètement politiquement. Et donc, je m'excuse, mais c'est vrai, c'est très, très, très compliqué. Et donc, pour moi, il faut des présidents, il faut des ministres, il faut, mais pas moi, je ne suis pas moi, personnellement, je ne suis pas fait pour ça. »
France Inter — L'invité de 8h20 · Daniel Cohn-Bendit : "On n'a jamais autant parlé d'Europe qu'en ce moment"Vérifier à 21:27Voir 2 autres passages
« Non, parce que c'est la seule forme démocratique, justement, de contrôler l'Europe. Le fédéralisme, c'est une organisation de la démocratie. Et s'il n'y a pas ce fédéralisme, et donc un contrôle parlementaire, un contrôle démocratique, on ne pourra pas contrôler ce dont on a besoin, qui est cette Europe souveraine. La souveraineté européenne a besoin d'un fédéralisme européen. »
France Inter — L'invité de 8h20 · Daniel Cohn-Bendit : "On n'a jamais autant parlé d'Europe qu'en ce moment"Vérifier à 16:27
« D'abord, peut-être le doute, c'est ça qui définit le Juif. C'est le Juif... J'avais fait un film, « Nous sommes tous des Juifs allemands », qui est passé il y a trois ans, je crois, ou quatre ans, je ne m'en rappelle plus aussi, à la télévision. Et là, une rabbine, une femme rabbine, donc libérale, me dit, être juif, son père lui définissait être juif, c'est se coucher le soir avec une question et se réveiller le lendemain avec une autre question. Le doute, c'est se questionner. Et c'est vrai, après le 7 octobre, on était seuls. Beaucoup de Juifs, on se sentit seuls. Il n'y avait pas une levée des boucliers, il y avait « oui, mais », il y avait « oui, mais ». Après, l'horreur du Hamas. Et puis, la guerre continue et ce que fait maintenant ce gouvernement Netanyahou, ce que fait ce gouvernement crypto-fasciste, c'est l'horreur aussi pour nous. Donc, on est complètement pris au piège face à deux horreurs et donc, on est un juif, on comprend ceux qui veulent vivre en Israël et on ne comprend pas que les Israéliens, que Netanyahou, puissent se faire ce qu'il est en train de faire. Donc, c'est ça, d'être en rond. On tourne en rond, on se pose des questions, je me pose des questions et pour moi, c'est simple maintenant, j'ai la réponse. Si vous êtes pro-israélien, vous devez manifester avec un drapeau israélien et palestinien. Si vous êtes pro-palestinien, vous devez manifester avec un drapeau palestinien et un drapeau israélien. Car si Israël existe, la Palestine pourra exister et si la Palestine veut exister, il faut aussi qu'Israël existe. Voilà, c'est aussi simple et compliqué que cela. »
Présence observée dans ces passages, sans conclusion sur la véracité ni la personne.
Arbitrages mentionnés9 mai 2017 au 26 mars 2025 · 14 observations14 passages
Passages où cet élément est explicitement observable.
« Là, il y a... Elle me provoque, là, c'est normal. Mais il faut faire la différence. L'idée libérale, libertaire, ou l'idée libertaire, c'est une autonomie sociétale, sociale. C'est-à-dire l'autonomie avec responsabilité sociale. Le libertarisme, c'est l'individualisme contre tout le monde. C'est l'individualisme sans réflexion sociale. Donc, il y a une grande différence. La revendication de liberté, elle est juste. C'est Hannah Arendt qui, même, elle, défendait la révolution américaine contre la révolution française. Elle dit, plus importante que le social, c'est d'abord cette idée de liberté. Et notre problème aujourd'hui, c'est de relier cette idée de nécessité de liberté avec la responsabilité sociale. »
France Inter — L'invité de 8h20 · Daniel Cohn-Bendit : "On n'a jamais autant parlé d'Europe qu'en ce moment"Vérifier à 10:16Voir 2 autres passages
« Alors, c'est très simple. Je crois que nous sommes face à des défis incroyables. Et d'ailleurs, tout le monde le décrit. Nous voulons, parce que ces pays en ont besoin, un élargissement incroyable, élargir l'Europe à 36 ou à 37, etc. Et nous disons, on comprend cela, on comprend que les Ukrainiens veulent rentrer dans l'Europe, on comprend que les Bosniaques veulent rentrer dans l'Europe, mais pour cela, il faut faire approfondir l'Europe. Sans ça, ça ne peut pas fonctionner. On ne peut pas détruire l'Europe parce qu'il faut l'élargir. Voilà un peu notre raisonnement. Et le fédéralisme, c'est-à-dire une autre organisation de comment on fait la politique, comment on décide de la politique en Europe, c'est une solution, je ne dis pas que c'est la seule, c'est une solution qui garantit une démocratie plus efficace. Voilà, c'est tout simple. Et alors, on me dit, oui, mais les populistes ont... Ce n'est pas parce que les populistes et les peuples, une partie des peuples, suivent ou veulent visiblement plus cela que cela, que c'est juste. Quand Kohl et Mitterrand, contre tout le monde, ont été persuadés qu'il fallait faire l'Europe, contre la Banque centrale européenne, contre la Banque centrale française, allemande, contre les élites économiques, contre les critiques américaines de gauche, Krookman et tout ça, l'euro ne marchera jamais. Eh bien, ça a marché. Ça marche et aujourd'hui, les peuples étaient contre, et aujourd'hui, plus personne ne veut sortir de l'euro. »
France Inter · Pour une Europe fédérale ? Daniel Cohn-Bendit x Aquilino MorelleVérifier à 1:46
Présence observée dans ces passages, sans conclusion sur la véracité ni la personne.
Contraintes mentionnées4 nov. 2019 au 26 mars 2025 · 4 observations4 passages
Passages où cet élément est explicitement observable.
« C'est vrai. Mais alors, c'est là où il faut commencer la discussion parce que la liberté de la voiture, il y a quand même une réglementation des voitures, il y a un code de la route, etc. Je veux dire, c'est-à-dire que la réglementation des fois nécessaire, elle n'a pas été pour nous la possibilité d'expliquer que c'est pour une autre liberté qu'on peut avoir, une autre liberté. C'est vrai, on a perdu pour l'instant, mais prenons l'Europe, par exemple, Trump, on n'a jamais parlé autant d'Europe qu'en ce moment. Et puis, même, imaginez, le Brexit, on est en train de réintégrer d'une certaine manière dans la civilisation européenne les Anglais. Donc, je veux dire, du calme, du calme, on perd des batailles, on perd des batailles, mais on n'a pas perdu la guerre. On n'a pas perdu la guerre. »
France Inter — L'invité de 8h20 · Daniel Cohn-Bendit : "On n'a jamais autant parlé d'Europe qu'en ce moment"Vérifier à 14:23Voir 2 autres passages
« Ah oui, il est absolument possible. Ça ne veut pas dire qu'il est... C'est facile à régler. Vous savez, moi, je suis persuadé que le grand problème, il est, si vous êtes sioniste, si Tel Aviv ou Raïfa appartiennent à Israël, il n'y a dans le rêve sioniste aucune raison que Ramallah et Hebron ne soient pas israéliens. Si vous êtes palestinien, dans votre rêve palestinien de l'État palestinien, si Ramallah et Hebron sont palestiniens, il n'y a dans le rêve palestinien aucune raison que Raïfa ou Tel Aviv ne soient pas palestiniens. Et il y a un vieux rabbin de Vienne qui m'a dit une fois, Dani, tu dois expliquer aux gens, on ne vit plus au temps de la Bible, on ne vit plus au temps de l'histoire ancienne, on vit au temps de l'ONU et que si les Israéliens et les Palestiniens veulent un État, ce qui est leur droit, et vivre en paix, ils doivent limiter leurs rêves. C'est-à-dire que limiter leurs rêves dans les frontières de l'ONU de 1976, c'est la possibilité de vivre en paix. Et ce débat-là, limiter son rêve, il est extrêmement difficile avec les Palestiniens et avec les Israéliens. »
France Inter — L'invité du week-end · Daniel Cohn-Bendit : "On ne peut pas réduire l'antisémitisme à l'antisionisme"Vérifier à 12:35
Présence observée dans ces passages, sans conclusion sur la véracité ni la personne.
Limites et incertitudes4 janv. 2016 au 26 mars 2025 · 35 observations37 passages
Passages où cet élément est explicitement observable.
« La crise Corona nous a fait peur, a fait peur à tout le monde. Et donc, en sortant de cette crise, la majorité des gens ont dit, laissez-nous vivre. On veut vivre. Arrêtez de nous dire on ne peut pas faire ça, c'est assez dangereux, etc. Et les populistes ont foncé là-dedans. Ils ont compris que, vous comprenez, laissez-nous vivre, ça veut dire que tous ceux qui vous expliquent aujourd'hui le réchauffement climatique, l'agriculture qui détruit tout, etc. Ils veulent vous empêcher de vivre. Et donc, une masse de gens ont dit notre liberté, notre volonté, justement, après l'angoisse, la peur et les blessures qu'ont créé les mesures anti-Corona ont fait que, pour l'instant, on a perdu. Pour l'instant. Oui, »
France Inter — L'invité de 8h20 · Daniel Cohn-Bendit : "On n'a jamais autant parlé d'Europe qu'en ce moment"Vérifier à 13:10Voir 2 autres passages
« Non, pas du tout. Et ça, c'est grâce à Marion que j'ai réussi. Parce que j'ai toujours besoin de quelqu'un qui, je parle, j'explique, je raconte. Et il faut quelqu'un qui m'aide à mettre tout ça en forme. Et qui me pousse aussi des fois dans mes rentranchements, parce qu'il y a des choses dont je ne veux pas parler. Par exemple, même moi, j'ai des difficultés à en parler. »
France Inter — L'invité de 8h20 · Daniel Cohn-Bendit : "On n'a jamais autant parlé d'Europe qu'en ce moment"Vérifier à 1:10
« Je revendique surtout, je n'ai pas une identité. Je cite l'Euclésio, qui parle de trois nomades, l'identité nomade. C'est l'Euclésio qui m'a mis sur le chemin d'en parler comme cela. Et si vous voulez, oui, je n'ai pas qu'une identité. J'ai plusieurs identités. Et les identités évoluent. Évoluent. Par exemple, il y a 30 ans, je n'aurais jamais parlé de Dany. Qu'est-ce que c'est que ma judéité ? Ça ne serait jamais passé dans l'esprit. Et puis, au fur et à mesure, ma femme, qui n'est pas juive, m'a dit « Mais tu simplifies la vie, ce n'est pas vrai. » »
Présence observée dans ces passages, sans conclusion sur la véracité ni la personne.
Passages où cet élément est explicitement observable.
« C'est ça. La totalité du territoire est juif. Donc c'est contre ça. Pour aider, pour soutenir Israël, il faut se battre contre ça. Avec toutes les centaines de milliers d'Israéliens qui défilent en Israël. Et on ne va pas dire « Mais ils sont antisémites ». À chaque fois quelqu'un qui est contre ce gouvernement, on dit « Il est antisémite ». Il y a des antisémites qui sont contre ce gouvernement. Évidemment. Et la France insoumise n'en est pas loin. C'est vrai. Mais tous ceux qui sont contre ce gouvernement ne sont pas, par définition, antisémites. Il faut arrêter avec ces blagues. »
France Inter · Daniel Cohn-Bendit : "Le gouvernement Netanyahou est un gouvernement suicidaire pour Israël"Vérifier à 4:24Voir 2 autres passages
« Oui, oui, mais ça, je m'en fous. Et Charles de Courchon ? Jean-François Copé, il ne sera pas sur la liste des candidats. Aujourd'hui, Marine Le Pen et Mélenchon rêvent d'un deuxième tour, Marine Le Pen et Mélenchon. Et Marine Le Pen contre Mélenchon, c'est 65 à 70% Marine Le Pen contre Mélenchon. Donc si on ne veut pas Marine Le Pen, il y a une force politique qui a gagné les législatives. Le NFP ? Non, le Front Républicain et pas le NFP. Le NFP n'a rien gagné. Le NFP fait 28%. Quand Jospin était Premier ministre, il faisait 39%. Le Front Républicain, donc ça doit être un accord du Front Républicain, donc du centre avec la gauche, ça c'est une majorité. C'est ce qu'ils ont voulu, puisqu'ils ont fait le Front Républicain. Ils ont été élus pour ça, ils ne font pas leur boulot. C'est ça le problème. »
France Inter · Daniel Cohn-Bendit : "Le gouvernement Netanyahou est un gouvernement suicidaire pour Israël"Vérifier à 11:38
Présence observée dans ces passages, sans conclusion sur la véracité ni la personne.
Textes de loi cités4 janv. 2016 au 1 déc. 2024 · 12 observations12 passages
Passages où cet élément est explicitement observable.
« C'est pour ça qu'il faut reconnaître l'ONU. C'est pour ça qu'il faut reconnaître la jurisprudence de l'ONU. On peut pas. Et vous savez, on a parlé du Liban. Le drame du fleuve Litanie, c'est que dans l'accord de l'ONU, la résolution de 1701, il y a, le Hezbollah doit se repartir de l'autre côté du fleuve. Ça n'a jamais été imposé au Hezbollah. D'un autre côté, Israël n'a pas le droit de survoler les Libans. Ça n'a jamais été imposé. C'est-à-dire une résolution de l'ONU qui n'a jamais été imposée et respectée. »
France Inter · Daniel Cohn-Bendit : "Le gouvernement Netanyahou est un gouvernement suicidaire pour Israël"Vérifier à 6:21Voir 2 autres passages
« C'est un modèle auquel des européistes, tout à fait convaincus, je pense au président Giscard d'Estaing, ont fini par se rallier. Qui était le modèle de Renan au début, à la fin du 19e siècle. C'est le modèle de la confédération. C'est-à-dire un système dans lequel des compétences sont partagées, exercées par une instance différente. On pourrait dire la commission aujourd'hui, évidemment. Mais le reste, le reste... Mais c'est ça, le fédéralisme. Non, ça c'est la confédération. Non, c'est le même Giscard. »
France Inter · Pour une Europe fédérale ? Daniel Cohn-Bendit x Aquilino MorelleVérifier à 11:29
« Oui, et moi je ne comprends pas que parce qu'il a fait une conférence citoyenne qui, à 90% de ceux qui d'accord, était pour une législation positive sur la possibilité de se donner la fin de vie. La Cour suprême allemande a même dit que la possibilité de faire terminer sa vie, de décider soi-même la fin de vie, est un droit fondamental, une liberté fondamentale. Je suis d'accord, et je crois qu'aujourd'hui, il faut qu'il y ait une législation positive. Je comprends, Emmanuel Macron est religieux, visiblement, il n'aime pas ça, mais je crois qu'aujourd'hui, nos sociétés sont capables de supporter le fait que ce n'est plus la religion qui décide qui peut se donner la fin de vie, mais que c'est un droit individuel, et ce droit, il faut qu'il puisse se réaliser. »
Présence observée dans ces passages, sans conclusion sur la véracité ni la personne.
France Inter · "Le projet d'Emmanuel Macron ne tient plus la route", fustige Daniel Cohn BenditVérifier à 6:23
« Et je crois que De Gaulle m'a sauvé en m'expulsant. »
France Culture — Sens politique · Daniel Cohn-Bendit : "Pour moi, tous les partis politiques sont des has been, dépassés par la réalité"Vérifier à 13:31
France Inter · Daniel Cohn-Bendit : "Le gouvernement Netanyahou est un gouvernement suicidaire pour Israël"Vérifier à 0:40
France Inter — L'invité de 8h20 · Daniel Cohn-Bendit : "On n'a jamais autant parlé d'Europe qu'en ce moment"Vérifier à 13:10
France Inter — L'invité de 8h20 · Daniel Cohn-Bendit : "On n'a jamais autant parlé d'Europe qu'en ce moment"Vérifier à 14:23
« D'abord, peut-être le doute, c'est ça qui définit le Juif. C'est le Juif... J'avais fait un film, « Nous sommes tous des Juifs allemands », qui est passé il y a trois ans, je crois, ou quatre ans, je ne m'en rappelle plus aussi, à la télévision. Et là, une rabbine, une femme rabbine, donc libérale, me dit, être juif, son père lui définissait être juif, c'est se coucher le soir avec une question et se réveiller le lendemain avec une autre question. Le doute, c'est se questionner. Et c'est vrai, après le 7 octobre, on était seuls. Beaucoup de Juifs, on se sentit seuls. Il n'y avait pas une levée des boucliers, il y avait « oui, mais », il y avait « oui, mais ». Après, l'horreur du Hamas. Et puis, la guerre continue et ce que fait maintenant ce gouvernement Netanyahou, ce que fait ce gouvernement crypto-fasciste, c'est l'horreur aussi pour nous. Donc, on est complètement pris au piège face à deux horreurs et donc, on est un juif, on comprend ceux qui veulent vivre en Israël et on ne comprend pas que les Israéliens, que Netanyahou, puissent se faire ce qu'il est en train de faire. Donc, c'est ça, d'être en rond. On tourne en rond, on se pose des questions, je me pose des questions et pour moi, c'est simple maintenant, j'ai la réponse. Si vous êtes pro-israélien, vous devez manifester avec un drapeau israélien et palestinien. Si vous êtes pro-palestinien, vous devez manifester avec un drapeau palestinien et un drapeau israélien. Car si Israël existe, la Palestine pourra exister et si la Palestine veut exister, il faut aussi qu'Israël existe. Voilà, c'est aussi simple et compliqué que cela. »
France Inter — L'invité de 8h20 · Daniel Cohn-Bendit : "On n'a jamais autant parlé d'Europe qu'en ce moment"Vérifier à 4:33
France Inter — L'invité de 8h20 · Daniel Cohn-Bendit : "On n'a jamais autant parlé d'Europe qu'en ce moment"Vérifier à 4:33
« Alors, c'est très simple. Je crois que nous sommes face à des défis incroyables. Et d'ailleurs, tout le monde le décrit. Nous voulons, parce que ces pays en ont besoin, un élargissement incroyable, élargir l'Europe à 36 ou à 37, etc. Et nous disons, on comprend cela, on comprend que les Ukrainiens veulent rentrer dans l'Europe, on comprend que les Bosniaques veulent rentrer dans l'Europe, mais pour cela, il faut faire approfondir l'Europe. Sans ça, ça ne peut pas fonctionner. On ne peut pas détruire l'Europe parce qu'il faut l'élargir. Voilà un peu notre raisonnement. Et le fédéralisme, c'est-à-dire une autre organisation de comment on fait la politique, comment on décide de la politique en Europe, c'est une solution, je ne dis pas que c'est la seule, c'est une solution qui garantit une démocratie plus efficace. Voilà, c'est tout simple. Et alors, on me dit, oui, mais les populistes ont... Ce n'est pas parce que les populistes et les peuples, une partie des peuples, suivent ou veulent visiblement plus cela que cela, que c'est juste. Quand Kohl et Mitterrand, contre tout le monde, ont été persuadés qu'il fallait faire l'Europe, contre la Banque centrale européenne, contre la Banque centrale française, allemande, contre les élites économiques, contre les critiques américaines de gauche, Krookman et tout ça, l'euro ne marchera jamais. Eh bien, ça a marché. Ça marche et aujourd'hui, les peuples étaient contre, et aujourd'hui, plus personne ne veut sortir de l'euro. »
France Inter · Pour une Europe fédérale ? Daniel Cohn-Bendit x Aquilino MorelleVérifier à 1:46
« Sur les listes transnationales, il les a proposées, c'est la CDU, c'est Weber, qui, au Parlement européen, contre la voix des libéraux, des verts et des sociodémocrates, a fait échouer ce projet. Donc c'est un projet qui a été échoué politiquement. Sur le budget de la zone euro, il a introduit le système, mais il est trop faible, il est trop faible, donc on doit mieux faire. C'est effectivement, et ça va être pour, si on veut un Green New Deal, si on veut une relance de l'écologie, il faut aller beaucoup plus loin, donc doit mieux faire. Donc il a été empêché par les autres, c'est ça ce que vous dites ? Non, peut-être par son incapacité politique, il faut arrêter, je ne dis pas par les autres, mais le fait est que, si vous avez un vote au Parlement européen contre les listes transnationales, et que c'est le Parti populaire européen, emmené par Manfred Weber, qui vote contre, c'est lui qui l'a empêché, ce n'est pas Macron. Si tu n'as pas la majorité dans un Parlement, ce n'est pas la faute de ceux qui ont la minorité. Enfin, il faut arrêter de dire des conneries. »
France Inter — L'invité de 8h20 · Daniel Cohn-Bendit : "Quand les murs tombent, les dictatures tombent"Vérifier à 6:38
France Inter — L'invité de 8h20 · Daniel Cohn-Bendit : "On n'a jamais autant parlé d'Europe qu'en ce moment"Vérifier à 2:16
« Alors, l'engagement. J'étais dans un internat en Allemagne. J'y étais donc de l'âge de 13 ans à 18-19 ans quand j'ai passé mon bac, il y a 13 ans d'école en Allemagne. Et là, c'était un lycée assez moderne où il y avait un parlement des élèves. On l'appelait une école non conventionnelle. C'est ça. Voilà. Et dans cette école, il y avait un parlement des élèves et j'ai été le plus jeune secrétaire du parlement des élèves et j'ai été deux fois président, les plus jeunes présidents de ce parlement. Donc, j'avais là un engagement, disons, pour les autres, avec les autres, pour les autres. D'ailleurs, j'ai inventé, la première fois que j'ai été élu, une campagne électorale. Je me rappelle que j'étais monté à la fenêtre d'un bâtiment où il y avait les réfectoires en bas et j'ai fait prononcer mon premier discours politique, c'est à l'âge de 15 ans, pour être président du parlement des élèves de l'école. Donc, c'est là qu'a commencé mon engagement, mon envie de politique aussi. Et donc, ça a imprimé le sens de ce que seront vos années 60 et 70 ? Alors, à gauche, c'est mon frère. C'est mon frère qui a 9 ans de plus que moi, qui a fait d'abord des études de philo, il était communiste et puis il a été exclu des communistes, il était critique des communistes, il a été trotskiste, il a été exclu des trotskistes. Il est passé par socialisme ou barbarie pour finir à Nard. Et donc, moi, je n'ai pas eu besoin de passer par toutes les bêtises inimaginables et j'ai tout de suite commencé en tant que libertaire. Mais ça, c'est en suivant la trajectoire de mon frère, qui était très ami avec Castor Yadis, Claude Lefort, Edgar Morin, etc. »
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