Ce registre relie les questions posées aux éléments effectivement observés dans les réponses. Il présente le corpus, ses limites et les passages sources, sans note globale ni comparaison entre personnes.
Comment lire ce registre
Cette page est la piste d’audit de la fiche de synthèse. Elle permet de retrouver la question, la réponse retenue et la preuve utilisée.
1
Une question isolée
Les questions multiples sont séparées pour ne pas confondre plusieurs demandes dans une même mesure.
2
Un état descriptif
La catégorie indique ce qui est observable dans la réponse, sans juger la personne ni la position défendue.
3
Un passage vérifiable
Chaque résultat affiché renvoie au verbatim et, lorsque la source le permet, au moment exact de l’entretien.
Période observée
8 août 2016 au 10 oct. 2022
Questions
36
Entretiens
Non renseigné
Sources
Non renseigné
Heures analysées
Non renseigné
Répartition sur 36 questions évaluables
Réponse directe
26
Réponse partielle
2
Réponse à côté
7
Refus explicite
1
Questions et passages vérifiables
Une réponse à côté signifie que la demande centrale n’est pas traitée, même si le passage est long ou argumenté.
Questions 26 à 36 sur 36
Question 26Adeline Hazan : "Quand on présente une pathologie aussi grave que la schizophrénie, on ne doit pas être en prison"
Attacher et isoler des malades sans aucun contrôle, sans aucune durée ?
Réponse à côté
Y a-t-il trop de détenus souffrant de troubles mentaux actuellement incarcérés ?
« Y a-t-il trop de détenus souffrant de troubles mentaux actuellement incarcérés ? »
France Inter — L'invité de 8h20 · Adeline Hazan : "Quand on présente une pathologie aussi grave que la schizophrénie, on ne doit pas être en prison"Vérifier à 1:32
Dossier de profondeur politique
Mécanismes, contraintes, arbitrages, objections et références explicitement présents dans les réponses, classés par domaine et reliés aux passages d’origine.
Chiffres cités8 août 2016 au 10 oct. 2022 · 17 observations18 passages
Passages où cet élément est explicitement observable.
« C'est un chiffre qui a plutôt tendance à augmenter. Ce qu'il faut savoir justement, c'est que ça n'est pas un chiffre officiel, et que c'est un chiffre que nous avons dû justement constater avec les autres organismes humanitaires, dont justement le SAMU Social, et avec la Fédération des acteurs de la solidarité, où cet été, par exemple, nous avons dû élaborer un baromètre pour savoir exactement le nombre d'enfants qui dormaient. Là, c'est à la rue. Et cet été, au cours d'une nuit du mois d'août, il y avait à peu près 1 600 enfants qui dormaient dans la rue. Et ça, c'est un angle mort des politiques publiques, parce qu'il n'y a pas de statistiques, et il n'y a pas de véritable action pour justement contrer ce phénomène qui est complètement inadmissible. Alors, venons-en au cœur de votre rapport. Quel est le lien entre le logement et la santé mentale ? Il est primordial, ce lien. Il est primordial parce qu'on sait que c'est au moment de l'enfance, et il n'y a pas besoin d'être professionnel pour le dire, que le cerveau de l'enfance se construit, et que précisément, vivre dans la rue, ou dans un hôtel, ou même en foyer d'hébergement, ça veut dire vivre en danger. Déjà, ça veut dire vivre dans la proximité familiale, avec des risques de violence, de tension, mais même de violence. Ça veut dire, pour ceux qui sont à la rue, ne pas aller à l'école, parce que très souvent, les mairies n'acceptent pas les enfants des familles sans adresse. Ça veut dire que même si ces enfants, finalement, arrivent à se faire inscrire à l'école, eh bien, ils ne pourront pas apprendre dans des conditions satisfaisantes. Donc, ça veut dire de l'angoisse, de l'insécurité, des relations familiales qui sont complètement perturbées, et tous ces troubles qui s'inscrivent dans l'enfance, eh bien, évidemment, ils vont perdurer à l'âge adulte. Et c'est vraiment un cri d'alarme que nous voulons lancer, parce que les pouvoirs publics ne sont absolument pas conscients de cette situation. C'est pour ça que nous voulons les alerter aujourd'hui. »
Méthode, périmètre et limitesVersion small-8b7aadfb4e0b
Méthodologie :
question_coverage
Publiée :
4 sept. 2026
Données arrêtées au :
5 sept. 2026
Les catégories décrivent uniquement la séquence observée.
Question 27Adeline Hazan : "Quand on présente une pathologie aussi grave que la schizophrénie, on ne doit pas être en prison"
Alors, là aussi, je crois qu'il faut comprendre. Moi, ce que j'ai proposé, c'est que soient autorisés dans les prisons des téléphones portables bridés, c'est-à-dire qu'ils ne peuvent atteindre que quelques numéros qui sont vérifiés, ainsi qu'Internet bridé. Actuellement, comment ça se passe ?
Réponse à côté
Alina Zan, contrôleur général des lieux de privation de liberté et l'invité de la rédaction de Fonds Inter ce matin. Là, il est 8h32.
« Alina Zan, contrôleur général des lieux de privation de liberté et l'invité de la rédaction de Fonds Inter ce matin. Là, il est 8h32. »
France Inter — L'invité de 8h20 · Adeline Hazan : "Quand on présente une pathologie aussi grave que la schizophrénie, on ne doit pas être en prison"Vérifier à 10:04
Question 28Adeline Hazan "Il faut un numerus clausus dans les prisons"
Vous êtes favorable à un numerus clausus, un seuil au-delà duquel il ne serait plus possible d'incarcérer. C'est réaliste, ça, dans le climat actuel ?
Réponse directe
Bien sûr, c'est réaliste. Il y a d'ailleurs, ici ou là, des magistrats et des directeurs de prison qui s'entendent pour le faire. C'est-à-dire qu'il faut qu'à un moment donné, par exemple, quand il y a des matelas par terre en plus de trois personnes dans une cellule pour deux, il faut que magistrats et responsables de l'administration pénitentiaire considèrent que ça n'est pas possible. et à ce moment-là, entre eux, ait une réflexion pour, par exemple, libérer huit jours ou quinze jours avant la date d'une fin de peine une personne détenue en aménageant sa peine, c'est-à-dire en la surveillant une fois sortie, pour incarcérer quelqu'un d'autre. Sinon, on ne peut pas continuer dans cette es…
« Bien sûr, c'est réaliste. Il y a d'ailleurs, ici ou là, des magistrats et des directeurs de prison qui s'entendent pour le faire. C'est-à-dire qu'il faut qu'à un moment donné, par exemple, quand il y a des matelas par terre en plus de trois personnes dans une cellule pour deux, il faut que magistrats et responsables de l'administration pénitentiaire considèrent que ça n'est pas possible. et à ce moment-là, entre eux, ait une réflexion pour, par exemple, libérer huit jours ou quinze jours avant la date d'une fin de peine une personne détenue en aménageant sa peine, c'est-à-dire en la surveillant une fois sortie, pour incarcérer quelqu'un d'autre. Sinon, on ne peut pas continuer dans cette escalade à la surpopulation qui, une fois de plus, ne permet pas la réinsertion à la sortie. Et donc, tout le monde est victime de cela. La société, parce que les personnes qui sortiront ne seront pas réinsérées. Donc, les personnes seront dans un état de risque de récidive extrêmement important. Et donc, la société ne sera pas protégée. Les personnes ne seront pas correctement prises en charge. »
France Inter — L'invité de 8h20 · Adeline Hazan "Il faut un numerus clausus dans les prisons"Vérifier à 4:22
Question 29Adeline Hazan "Il faut un numerus clausus dans les prisons"
Vous êtes contrôleur général des lieux de privation de liberté. Bonjour. La population carcérale française a atteint le mois dernier un nouveau record. 69 375 personnes incarcérées. La capacité normale des prisons n'est que de 58 311 places. Manuel Valls se rend ce matin à la maison d'arrêt de Nîmes, où le taux d'occupation est un des plus élevés de France. Quelles sont les pires conséquences de cette surpopulation carcérale que vous avez constatées en contrôlant les prisons ?
Réponse directe
Les conséquences sont absolument énormes. Vous l'avez signalé, les chiffres sont extrêmement inquiétants puisqu'on frôle actuellement les 70 000 détenus en France pour un taux de 58 300 places. Il y a en plus 1 600 matelas au sol. Le nombre de détenus en surnombre est de 11 000 actuellement et il est de 10 000 de plus qu'il y a 10 ans. Alors quelles sont les pires conséquences ? Les conséquences sont énormes, c'est-à-dire qu'il y a non seulement des conditions pour les personnes détenues qui sont indignes, ça c'est une chose, mais les conséquences sont en cascade à partir de là. C'est-à-dire qu'aucun des droits fondamentaux qui sont accordés par la loi aux détenus ne peuvent être respectés…
« Les conséquences sont absolument énormes. Vous l'avez signalé, les chiffres sont extrêmement inquiétants puisqu'on frôle actuellement les 70 000 détenus en France pour un taux de 58 300 places. Il y a en plus 1 600 matelas au sol. Le nombre de détenus en surnombre est de 11 000 actuellement et il est de 10 000 de plus qu'il y a 10 ans. Alors quelles sont les pires conséquences ? Les conséquences sont énormes, c'est-à-dire qu'il y a non seulement des conditions pour les personnes détenues qui sont indignes, ça c'est une chose, mais les conséquences sont en cascade à partir de là. C'est-à-dire qu'aucun des droits fondamentaux qui sont accordés par la loi aux détenus ne peuvent être respectés dans ces conditions. Aucun des droits fondamentaux, cela veut dire que le droit au maintien des liens familiaux n'est pas respecté, que le droit au travail n'est pas respecté, que le droit à la santé n'est pas respecté et surtout que cette surpopulation engendre en elle-même des tensions, des phénomènes justement de violence entre les détenus, entre les détenus et les surveillants et puis des tensions qui sont le terreau justement d'une forme de radicalisation des esprits au sens large. »
France Inter — L'invité de 8h20 · Adeline Hazan "Il faut un numerus clausus dans les prisons"Vérifier à 0:32
Question 30Adeline Hazan "Il faut un numerus clausus dans les prisons"
Quelle solution suggérez-vous ?
Réponse directe
Alors la solution, j'ai bien entendu que le Premier ministre et le garde des Sceaux étaient en déplacement à Nîmes qui est une des maisons d'arrêt où les problèmes sont très graves. Ça n'est pas la seule. Si on regarde les prisons de l'Île-de-France, c'est à peu près 200% de taux d'occupation à Fleury, à Frennes. Toutes ces prisons de la région parisienne sont absolument surpeuplées. Alors les solutions, à mon sens, ne sont pas seulement la construction de nouvelles places. Alors je ne suis évidemment pas du tout d'accord avec cela. Il faut un nombre de places supplémentaires. Il faut d'abord redonner aux maisons d'arrêt une possibilité d'héberger des personnes dans des conditions... Mais p…
« Alors la solution, j'ai bien entendu que le Premier ministre et le garde des Sceaux étaient en déplacement à Nîmes qui est une des maisons d'arrêt où les problèmes sont très graves. Ça n'est pas la seule. Si on regarde les prisons de l'Île-de-France, c'est à peu près 200% de taux d'occupation à Fleury, à Frennes. Toutes ces prisons de la région parisienne sont absolument surpeuplées. Alors les solutions, à mon sens, ne sont pas seulement la construction de nouvelles places. »
France Inter — L'invité de 8h20 · Adeline Hazan "Il faut un numerus clausus dans les prisons"Vérifier à 1:47Voir 1 autre passage
« Alors je ne suis évidemment pas du tout d'accord avec cela. Il faut un nombre de places supplémentaires. Il faut d'abord redonner aux maisons d'arrêt une possibilité d'héberger des personnes dans des conditions... Mais pourquoi vous n'êtes pas d'accord ? Parce que je pense que plus on construira de places de prison, plus elles seront occupées. Et que ça n'est pas une bonne solution, cette inflation carcérale d'année en année ou de décennie en décennie. L'histoire a montré que plus on construisait de places, plus elles étaient remplies. Donc je crois qu'il faut vraiment se tourner vers d'autres possibilités. Lesquelles ? Alors, les alternatives à la détention. La loi qui avait été proposée et votée à l'initiative de Mme Taubira, il y a deux ans maintenant, proposait un certain nombre de mesures alternatives à la prison. C'est-à-dire que la prison soit véritablement, comme la loi l'indique, le dernier recours. Et qu'à la place de la prison, on tente, en tout cas autant que faire se peut, on tente des aménagements de peine, c'est-à-dire des sursis mises à l'épreuve, des libérations sous contrainte, des contraintes pénales, des obligations qui seraient fixées aux détenus, mais à l'extérieur de la prison avec une surveillance. Malheureusement, cette loi d'août 2014, donc il y a maintenant deux ans, Elle est peu appliquée par les magistrats. Elle est très peu appliquée par les magistrats. Il y avait un problème d'effectifs de magistrats, d'éducateurs, etc., qui a été à peu près réglé par la création d'un certain nombre de postes. Mais ces postes ne sont pas en place. Il fallait former tout ce personnel recruté. Donc on va voir maintenant quelles sont les possibilités que ces recrutements entraînent des aménagements de peine. Mais il est absolument évident que pour le moment, en tout cas, cela n'a pas fonctionné suffisamment. »
France Inter — L'invité de 8h20 · Adeline Hazan "Il faut un numerus clausus dans les prisons"Vérifier à 2:22
Question 31Adeline Hazan "Il faut un numerus clausus dans les prisons"
La solution, est-ce de mettre en quarantaine les plus extrémistes, les brosélites ?
Réponse directe
Je ne crois pas. Je pense que, précisément, j'ai fait deux rapports à ce sujet, un en juin 2015 et un il y a quelques semaines, pour, après avoir étudié ces unités dédiées qui ont été créées et mises en place en début 2016, je ne pense pas que ce soit la solution. Je pense que l'administration pénitentiaire, la société et la chancellerie se trouvent confrontées à un problème dont ils n'avaient jusque-là, il faut bien le dire, pas mesuré l'ampleur, l'importance, à la différence de nos voisins européens, et qu'actuellement, les solutions envisagées à ce problème, à ce phénomène sans précédent, il faut bien le dire, ne sont pas les bonnes réponses.
« Je ne crois pas. Je pense que, précisément, j'ai fait deux rapports à ce sujet, un en juin 2015 et un il y a quelques semaines, pour, après avoir étudié ces unités dédiées qui ont été créées et mises en place en début 2016, je ne pense pas que ce soit la solution. Je pense que l'administration pénitentiaire, la société et la chancellerie se trouvent confrontées à un problème dont ils n'avaient jusque-là, il faut bien le dire, pas mesuré l'ampleur, l'importance, à la différence de nos voisins européens, et qu'actuellement, les solutions envisagées à ce problème, à ce phénomène sans précédent, il faut bien le dire, ne sont pas les bonnes réponses. »
France Inter — L'invité de 8h20 · Adeline Hazan "Il faut un numerus clausus dans les prisons"Vérifier à 6:27
Question 32Adeline Hazan "Il faut un numerus clausus dans les prisons"
Il y a actuellement cinq quartiers de regroupement. Mais alors, qu'est-ce qu'il faut faire ?
Réponse à côté
Il y a actuellement cinq unités dédiées dans quatre établissements.
« Il y a actuellement cinq unités dédiées dans quatre établissements. »
France Inter — L'invité de 8h20 · Adeline Hazan "Il faut un numerus clausus dans les prisons"Vérifier à 7:20
Question 33Adeline Hazan "Il faut un numerus clausus dans les prisons"
Vous n'êtes pas satisfaite du regroupement des détenus radicalisés ?
Réponse à côté
Il y a actuellement cinq unités dédiées dans quatre établissements.
« Il y a actuellement cinq unités dédiées dans quatre établissements. »
France Inter — L'invité de 8h20 · Adeline Hazan "Il faut un numerus clausus dans les prisons"Vérifier à 7:20
Question 34Adeline Hazan "Il faut un numerus clausus dans les prisons"
Mais ce n'est pas dangereux aussi de les laisser au milieu des autres détenus ?
Réponse directe
Je pense que c'est moins dangereux si elles sont surveillées, s'il y a ces programmes de déradicalisation qui se font dans de bonnes conditions. Je pense qu'il est moins dangereux de les dispatcher que de les regrouper.
« Je pense que c'est moins dangereux si elles sont surveillées, s'il y a ces programmes de déradicalisation qui se font dans de bonnes conditions. Je pense qu'il est moins dangereux de les dispatcher que de les regrouper. »
France Inter — L'invité de 8h20 · Adeline Hazan "Il faut un numerus clausus dans les prisons"Vérifier à 8:14
Question 35Adeline Hazan "Il faut un numerus clausus dans les prisons"
Donc vous ne souhaitez pas l'extension de ces unités ?
Réponse directe
J'ai étudié cela de très très près. Je ne pense pas qu'il faille étendre cette expérimentation. Je pense que les programmes de déradicalisation sont intéressants et qu'il va falloir les évaluer. mais je pense que regrouper dans une même unité, c'est-à-dire dans un même quartier, des personnes qui sont mises en examen pour des affaires de terrorisme présente plus de dangers que de solutions. C'est-à-dire qu'on va créer un statut spécial pour ces personnes, on va les priver du droit au travail, du droit aux activités, mais l'étanchéité n'est absolument pas garantie. Et je pense que c'est même dangereux. Mettre ensemble des personnes qu'on soupçonne d'être radicalisées me semble être quelque c…
« J'ai étudié cela de très très près. Je ne pense pas qu'il faille étendre cette expérimentation. Je pense que les programmes de déradicalisation sont intéressants et qu'il va falloir les évaluer. mais je pense que regrouper dans une même unité, c'est-à-dire dans un même quartier, des personnes qui sont mises en examen pour des affaires de terrorisme présente plus de dangers que de solutions. C'est-à-dire qu'on va créer un statut spécial pour ces personnes, on va les priver du droit au travail, du droit aux activités, mais l'étanchéité n'est absolument pas garantie. Et je pense que c'est même dangereux. Mettre ensemble des personnes qu'on soupçonne d'être radicalisées me semble être quelque chose de dangereux. »
France Inter — L'invité de 8h20 · Adeline Hazan "Il faut un numerus clausus dans les prisons"Vérifier à 7:24
Question 36Adeline Hazan "Il faut un numerus clausus dans les prisons"
Adeline Hazan, les prisons sont-elles devenues des centres de formation pour apprentis djihadistes ?
Réponse directe
Non, dit comme ça, certainement pas. Il faut d'abord lever une idée fausse. C'est que toutes les personnes radicalisées, ou la majorité, l'auraient été en prison. C'est totalement faux. J'ai fait un rapport il y a un an et demi, et à ce moment-là, il y avait seulement 17% des personnes qui étaient impliquées dans des affaires de terrorisme qui avaient déjà connu la prison. Ça veut dire que seulement 17% avaient été radicalisés en prison. Donc, ça n'est pas le premier vecteur de radicalisation. En même temps, c'en est un. On ne peut pas, justement, se voiler la face. Et précisément, notamment à cause de cette surpopulation, les personnes qui, par exemple, peuvent être fragiles et rencontrer…
« Non, dit comme ça, certainement pas. »
France Inter — L'invité de 8h20 · Adeline Hazan "Il faut un numerus clausus dans les prisons"Vérifier à 5:30Voir 1 autre passage
« Il faut d'abord lever une idée fausse. C'est que toutes les personnes radicalisées, ou la majorité, l'auraient été en prison. C'est totalement faux. J'ai fait un rapport il y a un an et demi, et à ce moment-là, il y avait seulement 17% des personnes qui étaient impliquées dans des affaires de terrorisme qui avaient déjà connu la prison. Ça veut dire que seulement 17% avaient été radicalisés en prison. Donc, ça n'est pas le premier vecteur de radicalisation. En même temps, c'en est un. On ne peut pas, justement, se voiler la face. Et précisément, notamment à cause de cette surpopulation, les personnes qui, par exemple, peuvent être fragiles et rencontrer une personne détenue qui, elle, est déjà ancrée dans un processus de radicalisation, va avoir, malheureusement, tous les risques de se faire... »
France Inter — L'invité de 8h20 · Adeline Hazan "Il faut un numerus clausus dans les prisons"Vérifier à 5:33
France Inter · Adeline Hazan : "42.000 enfants sans domicile fixe, c'est inadmissible dans un pays développé"Vérifier à 1:13
Voir 2 autres passages
« Alors, il y a aussi un suivi, une absence, malheureusement, de suivi. Et ça, alors, pour le coup, c'est vrai pour les enfants sans domicile, c'est vrai pour l'ensemble des enfants. Nous sommes actuellement dans une situation de crise de la pédopsychiatrie. Il y a, pour vous donner une idée, un tiers de moins de pédopsychiatres qu'il n'y en avait il y a 12 ans. Il n'y en avait déjà pas beaucoup. Aujourd'hui, il y en a à peu près 2000, d'après votre rapport. Voilà, il faut aujourd'hui, entre 6 mois et 2 ans, pour qu'un enfant puisse bénéficier d'une consultation en CMP, en centre médico-psychologique. Or, il est évident, et là aussi, il n'y a pas besoin d'être professionnel pour le dire, il est évident que plus on prend un trouble qui peut être de l'anxiété tôt, plus il sera soigné et surtout, on évitera qu'il se transforme en un trouble psychiatrique. Et un trouble psychiatrique qui se développe dès l'enfance, ça va vouloir dire forcément un adulte qui sera en risque de trouble psychiatrique. »
France Inter · Adeline Hazan : "42.000 enfants sans domicile fixe, c'est inadmissible dans un pays développé"Vérifier à 3:17
« Je le dénonce même parce qu'effectivement c'est dans le plan de finance, de projet de loi de finance, pardon, où il est prévu que 14 000 places soient supprimées, là où déjà il y a un manque totalement criant. Et c'est justement ce cri d'alarme que nous voulons avec le SAMU Social porter aujourd'hui, en cette journée de la santé mentale, cette journée mondiale de la santé mentale. Il y a environ 42 000 enfants qui sont sans domicile fixe. Quand on dit sans domicile fixe, ça veut dire à la fois à la rue, il y en a beaucoup, en hôtel, il y en a à peu près 20 000, et le reste en hôtel social, foyer d'hébergement. C'est absolument inadmissible dans un pays développé. »
France Inter · Adeline Hazan : "42.000 enfants sans domicile fixe, c'est inadmissible dans un pays développé"Vérifier à 0:28
Présence observée dans ces passages, sans conclusion sur la véracité ni la personne.
Dates citées8 août 2016 au 10 oct. 2022 · 8 observations8 passages
Passages où cet élément est explicitement observable.
« C'est un chiffre qui a plutôt tendance à augmenter. Ce qu'il faut savoir justement, c'est que ça n'est pas un chiffre officiel, et que c'est un chiffre que nous avons dû justement constater avec les autres organismes humanitaires, dont justement le SAMU Social, et avec la Fédération des acteurs de la solidarité, où cet été, par exemple, nous avons dû élaborer un baromètre pour savoir exactement le nombre d'enfants qui dormaient. Là, c'est à la rue. Et cet été, au cours d'une nuit du mois d'août, il y avait à peu près 1 600 enfants qui dormaient dans la rue. Et ça, c'est un angle mort des politiques publiques, parce qu'il n'y a pas de statistiques, et il n'y a pas de véritable action pour justement contrer ce phénomène qui est complètement inadmissible. Alors, venons-en au cœur de votre rapport. Quel est le lien entre le logement et la santé mentale ? Il est primordial, ce lien. Il est primordial parce qu'on sait que c'est au moment de l'enfance, et il n'y a pas besoin d'être professionnel pour le dire, que le cerveau de l'enfance se construit, et que précisément, vivre dans la rue, ou dans un hôtel, ou même en foyer d'hébergement, ça veut dire vivre en danger. Déjà, ça veut dire vivre dans la proximité familiale, avec des risques de violence, de tension, mais même de violence. Ça veut dire, pour ceux qui sont à la rue, ne pas aller à l'école, parce que très souvent, les mairies n'acceptent pas les enfants des familles sans adresse. Ça veut dire que même si ces enfants, finalement, arrivent à se faire inscrire à l'école, eh bien, ils ne pourront pas apprendre dans des conditions satisfaisantes. Donc, ça veut dire de l'angoisse, de l'insécurité, des relations familiales qui sont complètement perturbées, et tous ces troubles qui s'inscrivent dans l'enfance, eh bien, évidemment, ils vont perdurer à l'âge adulte. Et c'est vraiment un cri d'alarme que nous voulons lancer, parce que les pouvoirs publics ne sont absolument pas conscients de cette situation. C'est pour ça que nous voulons les alerter aujourd'hui. »
France Inter · Adeline Hazan : "42.000 enfants sans domicile fixe, c'est inadmissible dans un pays développé"Vérifier à 1:13Voir 2 autres passages
« Oui, on rencontre grosso modo les mêmes difficultés c'est-à-dire, comme je le disais, ce réflexe de l'enfermement c'est-à-dire une dignité globale qui n'est pas respectée un manque d'accès aux soins, par exemple des conditions de séjour qui sont souvent inacceptables une absence de préparation à la sortie parce que toutes ces personnes vont sortir à un moment ou à un autre donc il y a vraiment un tronc commun entre les différentes atteintes que nous repérons et par l'ensemble de nos visites nos 150 visites par an, nos rapports annuels nos recommandations en urgence nous dénonçons ces atteintes et nous faisons des propositions et je dirais finalement que le domaine sur lequel nous avons été le plus entendus et écoutés pendant ces six années c'est le domaine de la psychiatrie où nous avons, grâce aux dénonciations que nous avons effectuées grâce aux solutions que nous avons proposées nous avons pu être entendus et faire en sorte que justement, par exemple, les mesures d'isolement et de contention c'est-à-dire on attache les gens pour une certaine durée et bien elles sont en régression une loi en 2016 a encadré ces mesures donc nous avons été entendus et nous souhaitons l'être davantage pour ce qui concerne les prisons »
France Inter — L'invité de 6h20 · Adeline Hazan : "Les droits fondamentaux des personnes privées de liberté sont en régression"Vérifier à 3:57
Présence observée dans ces passages, sans conclusion sur la véracité ni la personne.
Institutions citées8 août 2016 au 10 oct. 2022 · 20 observations22 passages
Passages où cet élément est explicitement observable.
« Je pense que c'est trop difficile, de toute façon les psychiatres sont déjà en soi une fonction, une profession qui est en crise et à l'intérieur de la psychiatrie, les pédopsychiatres c'est encore pire, il n'y en a plus, il n'y en a pas. Donc que faire pour cela ? Déjà rendre cette profession plus attractive. Et puis il faut aussi que les professionnels y travaillent ensemble, parce que ça c'est un véritable problème. Les professionnels de l'enfance, ils travaillent en silo, c'est-à-dire que d'un côté on va avoir les professeurs des écoles, de l'autre les assistantes sociales, de l'autre les infirmières scolaires quand il y en a, et ensuite les pédopsychiatres. Et qu'il n'y a aucune transversalité entre ces différentes professions. Il faut qu'ils se parlent, il faut qu'il y ait justement des rencontres entre ces professionnels. »
France Inter · Adeline Hazan : "42.000 enfants sans domicile fixe, c'est inadmissible dans un pays développé"Vérifier à 5:40Voir 2 autres passages
« Bien sûr, c'est là justement au plus tôt et dans un cadre sécurisant qu'est l'école, que pourront se détecter les premiers troubles qui peuvent être simplement de la tristesse ou une absence de concentration pour un enfant de 5 ou 6 ans. »
France Inter · Adeline Hazan : "42.000 enfants sans domicile fixe, c'est inadmissible dans un pays développé"Vérifier à 6:31
« Je le dénonce même parce qu'effectivement c'est dans le plan de finance, de projet de loi de finance, pardon, où il est prévu que 14 000 places soient supprimées, là où déjà il y a un manque totalement criant. Et c'est justement ce cri d'alarme que nous voulons avec le SAMU Social porter aujourd'hui, en cette journée de la santé mentale, cette journée mondiale de la santé mentale. Il y a environ 42 000 enfants qui sont sans domicile fixe. Quand on dit sans domicile fixe, ça veut dire à la fois à la rue, il y en a beaucoup, en hôtel, il y en a à peu près 20 000, et le reste en hôtel social, foyer d'hébergement. C'est absolument inadmissible dans un pays développé. »
Présence observée dans ces passages, sans conclusion sur la véracité ni la personne.
Arbitrages mentionnés8 août 2016 au 10 oct. 2022 · 6 observations6 passages
Passages où cet élément est explicitement observable.
« Je pense que c'est trop difficile, de toute façon les psychiatres sont déjà en soi une fonction, une profession qui est en crise et à l'intérieur de la psychiatrie, les pédopsychiatres c'est encore pire, il n'y en a plus, il n'y en a pas. Donc que faire pour cela ? Déjà rendre cette profession plus attractive. Et puis il faut aussi que les professionnels y travaillent ensemble, parce que ça c'est un véritable problème. Les professionnels de l'enfance, ils travaillent en silo, c'est-à-dire que d'un côté on va avoir les professeurs des écoles, de l'autre les assistantes sociales, de l'autre les infirmières scolaires quand il y en a, et ensuite les pédopsychiatres. Et qu'il n'y a aucune transversalité entre ces différentes professions. Il faut qu'ils se parlent, il faut qu'il y ait justement des rencontres entre ces professionnels. »
France Inter · Adeline Hazan : "42.000 enfants sans domicile fixe, c'est inadmissible dans un pays développé"Vérifier à 5:40Voir 2 autres passages
« Globalement, on ne peut pas dire que ça a évolué dans un sens positif, mais même qu'on peut affirmer sans risque de se tromper que malheureusement, les droits fondamentaux des personnes qui sont privées de liberté sont en régression depuis une douzaine d'années et que surtout, le réflexe de l'enfermement devient de plus en plus important pour un ensemble de personnes qui sont soit délinquants ou présumés l'être, soit simplement malades de pathologie mentale, soit aussi des étrangers qui ne sont pas des délinquants, je le rappelle souvent, mais qui sont des personnes en situation irrégulière. Et là, on est obligé de constater que, alors que toutes les lois affirment que l'enfermement doit être l'exception et la liberté la règle, c'est le contraire qui se passe. C'est-à-dire que le réflexe de l'enfermement est de plus en plus prégnant et la liberté, on a l'impression même qu'elle fait peur et qu'à court terme, à la fois les pouvoirs publics, l'opinion publique, parfois même les magistrats ont un réflexe de susciter l'enfermement comme si, finalement, la liberté faisait peur. Et comment l'expliquez-vous ? Et c'est cela que nous dénonçons depuis 12 ans. Je l'explique parce que le contexte est de plus en plus anxiogène, peut-être, pour toute une série de raisons sur lesquelles nous n'avons pas le temps, bien sûr, de revenir, mais qui s'est accentuée depuis 2015 au moment du terrorisme qui a frappé notre pays et à partir de là, moi, j'ai constaté que, justement, la liberté faisait un peu peur et qu'on se rassurait à bon compte en multipliant les solutions d'enfermement alors même qu'on sait pour les courtes peines, par exemple, en prison où on sait que pour certains patients malades mentaux ou certains étrangers en situation irrégulière il y a d'autres solutions que la loi propose, c'est-à-dire une peine pour les délinquants effectuée en milieu ouvert c'est-à-dire des soins qui seraient donnés en extra-hospitalier pour les patients ou bien des assignations à résidence à leur domicile pour les étrangers en situation irrégulière. Et d'année en année, on voit que l'enfermement progresse et on voit aussi et surtout, et c'est cela que nous dénonçons, que les conditions de l'enfermement sont de plus en plus difficiles elles sont plus difficiles parce qu'il y a une promiscuité parce que les conditions de séjour ne sont pas dignes et tout cela, finalement, constitue une somme d'atteintes aux droits fondamentaux de ces personnes. »
Présence observée dans ces passages, sans conclusion sur la véracité ni la personne.
Contraintes mentionnées8 août 2016 au 10 oct. 2022 · 6 observations6 passages
Passages où cet élément est explicitement observable.
« Je pense que c'est trop difficile, de toute façon les psychiatres sont déjà en soi une fonction, une profession qui est en crise et à l'intérieur de la psychiatrie, les pédopsychiatres c'est encore pire, il n'y en a plus, il n'y en a pas. Donc que faire pour cela ? Déjà rendre cette profession plus attractive. Et puis il faut aussi que les professionnels y travaillent ensemble, parce que ça c'est un véritable problème. Les professionnels de l'enfance, ils travaillent en silo, c'est-à-dire que d'un côté on va avoir les professeurs des écoles, de l'autre les assistantes sociales, de l'autre les infirmières scolaires quand il y en a, et ensuite les pédopsychiatres. Et qu'il n'y a aucune transversalité entre ces différentes professions. Il faut qu'ils se parlent, il faut qu'il y ait justement des rencontres entre ces professionnels. »
France Inter · Adeline Hazan : "42.000 enfants sans domicile fixe, c'est inadmissible dans un pays développé"Vérifier à 5:40Voir 2 autres passages
« Vous l'avez dit, c'est exactement ce que je dis depuis quelques semaines. On s'aperçoit là aussi. Et quand je disais que les crises jettent malheureusement une lumière sur les dysfonctionnements de notre société, on en est là également. C'est-à-dire que là aussi, une fois de plus, la psychiatrie a été traitée comme la dernière roue du carrosse. Il n'a eu des instructions que 15 jours après, les hôpitaux généraux sont obligés de s'organiser chacun dans leur secteur. Ce dont on s'aperçoit, c'est que pour les gros hôpitaux, c'est plus facile que pour les petits. Un certain nombre de malades ont été... Le placement a été levé. Simplement, le problème à l'heure actuelle, ce n'est pas tant que le placement soit levé, c'est qu'à l'extérieur, les malades ne peuvent pas être suivis comme ils devraient l'être. Beaucoup de CMP, de centres médico-psychologiques, sont fermés, les hôpitaux de jour également, ce qui fait qu'on renvoie les patients chez eux très bien, mais on ne peut pas les suivre de façon systématique. En revanche, on voit bien, et je le vois dans mes contrôles tous les jours, que les médecins, les psychiatres sont sur le pont en permanence et font vraiment ce qu'ils peuvent, mais sont inquiets également des conséquences psychologiques et psychiatriques que peut avoir le confinement sur des malades extrêmement fragiles qui ont été renvoyés chez eux. C'est une évidence. »
France Inter — L'invité du week-end · Adeline Hazan : "Aucun plan n’avait été envisagé pour faire face aux conséquences d’une épidémie en prison"Vérifier à 12:07
Présence observée dans ces passages, sans conclusion sur la véracité ni la personne.
Mécanismes explicités8 août 2016 au 10 oct. 2022 · 12 observations12 passages
Passages où cet élément est explicitement observable.
« Bien sûr, c'est là justement au plus tôt et dans un cadre sécurisant qu'est l'école, que pourront se détecter les premiers troubles qui peuvent être simplement de la tristesse ou une absence de concentration pour un enfant de 5 ou 6 ans. »
France Inter · Adeline Hazan : "42.000 enfants sans domicile fixe, c'est inadmissible dans un pays développé"Vérifier à 6:31Voir 2 autres passages
« Oui tout à fait nous avons tout à fait le sentiment d'être utile il est absolument indispensable qu'une autorité indépendante comme l'anneau totalement justement indépendante des pouvoirs publics ne recevant d'ordre et ne dépendant d'aucun pouvoir public puisse porter la voix justement de ceux qui sont enfermés nous jouons un rôle en fait de vigie des droits fondamentaux et ce rôle se renforce d'année en année même si évidemment nous trouvons que cela ne va pas assez vite et que sur un certain nombre de sujets nous ramons si je puis dire à contre-courant de l'évolution de la société »
France Inter — L'invité de 6h20 · Adeline Hazan : "Les droits fondamentaux des personnes privées de liberté sont en régression"Vérifier à 6:43
« Oui, on rencontre grosso modo les mêmes difficultés c'est-à-dire, comme je le disais, ce réflexe de l'enfermement c'est-à-dire une dignité globale qui n'est pas respectée un manque d'accès aux soins, par exemple des conditions de séjour qui sont souvent inacceptables une absence de préparation à la sortie parce que toutes ces personnes vont sortir à un moment ou à un autre donc il y a vraiment un tronc commun entre les différentes atteintes que nous repérons et par l'ensemble de nos visites nos 150 visites par an, nos rapports annuels nos recommandations en urgence nous dénonçons ces atteintes et nous faisons des propositions et je dirais finalement que le domaine sur lequel nous avons été le plus entendus et écoutés pendant ces six années c'est le domaine de la psychiatrie où nous avons, grâce aux dénonciations que nous avons effectuées grâce aux solutions que nous avons proposées nous avons pu être entendus et faire en sorte que justement, par exemple, les mesures d'isolement et de contention c'est-à-dire on attache les gens pour une certaine durée et bien elles sont en régression une loi en 2016 a encadré ces mesures donc nous avons été entendus et nous souhaitons l'être davantage pour ce qui concerne les prisons »
Présence observée dans ces passages, sans conclusion sur la véracité ni la personne.
Rapports cités8 août 2016 au 10 oct. 2022 · 9 observations11 passages
Passages où cet élément est explicitement observable.
« Je le dénonce même parce qu'effectivement c'est dans le plan de finance, de projet de loi de finance, pardon, où il est prévu que 14 000 places soient supprimées, là où déjà il y a un manque totalement criant. Et c'est justement ce cri d'alarme que nous voulons avec le SAMU Social porter aujourd'hui, en cette journée de la santé mentale, cette journée mondiale de la santé mentale. Il y a environ 42 000 enfants qui sont sans domicile fixe. Quand on dit sans domicile fixe, ça veut dire à la fois à la rue, il y en a beaucoup, en hôtel, il y en a à peu près 20 000, et le reste en hôtel social, foyer d'hébergement. C'est absolument inadmissible dans un pays développé. »
France Inter · Adeline Hazan : "42.000 enfants sans domicile fixe, c'est inadmissible dans un pays développé"Vérifier à 0:28Voir 2 autres passages
« C'est un chiffre qui a plutôt tendance à augmenter. Ce qu'il faut savoir justement, c'est que ça n'est pas un chiffre officiel, et que c'est un chiffre que nous avons dû justement constater avec les autres organismes humanitaires, dont justement le SAMU Social, et avec la Fédération des acteurs de la solidarité, où cet été, par exemple, nous avons dû élaborer un baromètre pour savoir exactement le nombre d'enfants qui dormaient. Là, c'est à la rue. Et cet été, au cours d'une nuit du mois d'août, il y avait à peu près 1 600 enfants qui dormaient dans la rue. Et ça, c'est un angle mort des politiques publiques, parce qu'il n'y a pas de statistiques, et il n'y a pas de véritable action pour justement contrer ce phénomène qui est complètement inadmissible. Alors, venons-en au cœur de votre rapport. Quel est le lien entre le logement et la santé mentale ? Il est primordial, ce lien. Il est primordial parce qu'on sait que c'est au moment de l'enfance, et il n'y a pas besoin d'être professionnel pour le dire, que le cerveau de l'enfance se construit, et que précisément, vivre dans la rue, ou dans un hôtel, ou même en foyer d'hébergement, ça veut dire vivre en danger. Déjà, ça veut dire vivre dans la proximité familiale, avec des risques de violence, de tension, mais même de violence. Ça veut dire, pour ceux qui sont à la rue, ne pas aller à l'école, parce que très souvent, les mairies n'acceptent pas les enfants des familles sans adresse. Ça veut dire que même si ces enfants, finalement, arrivent à se faire inscrire à l'école, eh bien, ils ne pourront pas apprendre dans des conditions satisfaisantes. Donc, ça veut dire de l'angoisse, de l'insécurité, des relations familiales qui sont complètement perturbées, et tous ces troubles qui s'inscrivent dans l'enfance, eh bien, évidemment, ils vont perdurer à l'âge adulte. Et c'est vraiment un cri d'alarme que nous voulons lancer, parce que les pouvoirs publics ne sont absolument pas conscients de cette situation. C'est pour ça que nous voulons les alerter aujourd'hui. »
France Inter · Adeline Hazan : "42.000 enfants sans domicile fixe, c'est inadmissible dans un pays développé"
Présence observée dans ces passages, sans conclusion sur la véracité ni la personne.
Textes de loi cités8 août 2016 au 3 juin 2020 · 8 observations8 passages
Passages où cet élément est explicitement observable.
« Oui, on rencontre grosso modo les mêmes difficultés c'est-à-dire, comme je le disais, ce réflexe de l'enfermement c'est-à-dire une dignité globale qui n'est pas respectée un manque d'accès aux soins, par exemple des conditions de séjour qui sont souvent inacceptables une absence de préparation à la sortie parce que toutes ces personnes vont sortir à un moment ou à un autre donc il y a vraiment un tronc commun entre les différentes atteintes que nous repérons et par l'ensemble de nos visites nos 150 visites par an, nos rapports annuels nos recommandations en urgence nous dénonçons ces atteintes et nous faisons des propositions et je dirais finalement que le domaine sur lequel nous avons été le plus entendus et écoutés pendant ces six années c'est le domaine de la psychiatrie où nous avons, grâce aux dénonciations que nous avons effectuées grâce aux solutions que nous avons proposées nous avons pu être entendus et faire en sorte que justement, par exemple, les mesures d'isolement et de contention c'est-à-dire on attache les gens pour une certaine durée et bien elles sont en régression une loi en 2016 a encadré ces mesures donc nous avons été entendus et nous souhaitons l'être davantage pour ce qui concerne les prisons »
France Inter — L'invité de 6h20 · Adeline Hazan : "Les droits fondamentaux des personnes privées de liberté sont en régression"Vérifier à 3:57Voir 2 autres passages
« Globalement, on ne peut pas dire que ça a évolué dans un sens positif, mais même qu'on peut affirmer sans risque de se tromper que malheureusement, les droits fondamentaux des personnes qui sont privées de liberté sont en régression depuis une douzaine d'années et que surtout, le réflexe de l'enfermement devient de plus en plus important pour un ensemble de personnes qui sont soit délinquants ou présumés l'être, soit simplement malades de pathologie mentale, soit aussi des étrangers qui ne sont pas des délinquants, je le rappelle souvent, mais qui sont des personnes en situation irrégulière. Et là, on est obligé de constater que, alors que toutes les lois affirment que l'enfermement doit être l'exception et la liberté la règle, c'est le contraire qui se passe. C'est-à-dire que le réflexe de l'enfermement est de plus en plus prégnant et la liberté, on a l'impression même qu'elle fait peur et qu'à court terme, à la fois les pouvoirs publics, l'opinion publique, parfois même les magistrats ont un réflexe de susciter l'enfermement comme si, finalement, la liberté faisait peur. Et comment l'expliquez-vous ? Et c'est cela que nous dénonçons depuis 12 ans. Je l'explique parce que le contexte est de plus en plus anxiogène, peut-être, pour toute une série de raisons sur lesquelles nous n'avons pas le temps, bien sûr, de revenir, mais qui s'est accentuée depuis 2015 au moment du terrorisme qui a frappé notre pays et à partir de là, moi, j'ai constaté que, justement, la liberté faisait un peu peur et qu'on se rassurait à bon compte en multipliant les solutions d'enfermement alors même qu'on sait pour les courtes peines, par exemple, en prison où on sait que pour certains patients malades mentaux ou certains étrangers en situation irrégulière il y a d'autres solutions que la loi propose, c'est-à-dire une peine pour les délinquants effectuée en milieu ouvert c'est-à-dire des soins qui seraient donnés en extra-hospitalier pour les patients ou bien des assignations à résidence à leur domicile pour les étrangers en situation irrégulière. Et d'année en année, on voit que l'enfermement progresse et on voit aussi et surtout, et c'est cela que nous dénonçons, que les conditions de l'enfermement sont de plus en plus difficiles elles sont plus difficiles parce qu'il y a une promiscuité parce que les conditions de séjour ne sont pas dignes et tout cela, finalement, constitue une somme d'atteintes aux droits fondamentaux de ces personnes. »
Présence observée dans ces passages, sans conclusion sur la véracité ni la personne.
Limites et incertitudes8 août 2016 au 3 juin 2020 · 5 observations5 passages
Passages où cet élément est explicitement observable.
« Globalement, on ne peut pas dire que ça a évolué dans un sens positif, mais même qu'on peut affirmer sans risque de se tromper que malheureusement, les droits fondamentaux des personnes qui sont privées de liberté sont en régression depuis une douzaine d'années et que surtout, le réflexe de l'enfermement devient de plus en plus important pour un ensemble de personnes qui sont soit délinquants ou présumés l'être, soit simplement malades de pathologie mentale, soit aussi des étrangers qui ne sont pas des délinquants, je le rappelle souvent, mais qui sont des personnes en situation irrégulière. Et là, on est obligé de constater que, alors que toutes les lois affirment que l'enfermement doit être l'exception et la liberté la règle, c'est le contraire qui se passe. C'est-à-dire que le réflexe de l'enfermement est de plus en plus prégnant et la liberté, on a l'impression même qu'elle fait peur et qu'à court terme, à la fois les pouvoirs publics, l'opinion publique, parfois même les magistrats ont un réflexe de susciter l'enfermement comme si, finalement, la liberté faisait peur. Et comment l'expliquez-vous ? Et c'est cela que nous dénonçons depuis 12 ans. Je l'explique parce que le contexte est de plus en plus anxiogène, peut-être, pour toute une série de raisons sur lesquelles nous n'avons pas le temps, bien sûr, de revenir, mais qui s'est accentuée depuis 2015 au moment du terrorisme qui a frappé notre pays et à partir de là, moi, j'ai constaté que, justement, la liberté faisait un peu peur et qu'on se rassurait à bon compte en multipliant les solutions d'enfermement alors même qu'on sait pour les courtes peines, par exemple, en prison où on sait que pour certains patients malades mentaux ou certains étrangers en situation irrégulière il y a d'autres solutions que la loi propose, c'est-à-dire une peine pour les délinquants effectuée en milieu ouvert c'est-à-dire des soins qui seraient donnés en extra-hospitalier pour les patients ou bien des assignations à résidence à leur domicile pour les étrangers en situation irrégulière. Et d'année en année, on voit que l'enfermement progresse et on voit aussi et surtout, et c'est cela que nous dénonçons, que les conditions de l'enfermement sont de plus en plus difficiles elles sont plus difficiles parce qu'il y a une promiscuité parce que les conditions de séjour ne sont pas dignes et tout cela, finalement, constitue une somme d'atteintes aux droits fondamentaux de ces personnes. »
France Inter — L'invité de 6h20 · Adeline Hazan : "Les droits fondamentaux des personnes privées de liberté sont en régression"Vérifier à 0:43Voir 2 autres passages
« Globalement, on ne peut pas dire que ça a évolué dans un sens positif, mais même qu'on peut affirmer sans risque de se tromper que malheureusement, les droits fondamentaux des personnes qui sont privées de liberté sont en régression depuis une douzaine d'années et que surtout, le réflexe de l'enfermement devient de plus en plus important pour un ensemble de personnes qui sont soit délinquants ou présumés l'être, soit simplement malades de pathologie mentale, soit aussi des étrangers qui ne sont pas des délinquants, je le rappelle souvent, mais qui sont des personnes en situation irrégulière. Et là, on est obligé de constater que, alors que toutes les lois affirment que l'enfermement doit être l'exception et la liberté la règle, c'est le contraire qui se passe. C'est-à-dire que le réflexe de l'enfermement est de plus en plus prégnant et la liberté, on a l'impression même qu'elle fait peur et qu'à court terme, à la fois les pouvoirs publics, l'opinion publique, parfois même les magistrats ont un réflexe de susciter l'enfermement comme si, finalement, la liberté faisait peur. Et comment l'expliquez-vous ? Et c'est cela que nous dénonçons depuis 12 ans. Je l'explique parce que le contexte est de plus en plus anxiogène, peut-être, pour toute une série de raisons sur lesquelles nous n'avons pas le temps, bien sûr, de revenir, mais qui s'est accentuée depuis 2015 au moment du terrorisme qui a frappé notre pays et à partir de là, moi, j'ai constaté que, justement, la liberté faisait un peu peur et qu'on se rassurait à bon compte en multipliant les solutions d'enfermement alors même qu'on sait pour les courtes peines, par exemple, en prison où on sait que pour certains patients malades mentaux ou certains étrangers en situation irrégulière il y a d'autres solutions que la loi propose, c'est-à-dire une peine pour les délinquants effectuée en milieu ouvert c'est-à-dire des soins qui seraient donnés en extra-hospitalier pour les patients ou bien des assignations à résidence à leur domicile pour les étrangers en situation irrégulière. Et d'année en année, on voit que l'enfermement progresse et on voit aussi et surtout, et c'est cela que nous dénonçons, que les conditions de l'enfermement sont de plus en plus difficiles elles sont plus difficiles parce qu'il y a une promiscuité parce que les conditions de séjour ne sont pas dignes et tout cela, finalement, constitue une somme d'atteintes aux droits fondamentaux de ces personnes. »
Présence observée dans ces passages, sans conclusion sur la véracité ni la personne.
Chaînes causales explicitées8 août 2016 au 11 avr. 2020 · 3 observations3 passages
Passages où cet élément est explicitement observable.
« Bien sûr. Ce qu'il faut observer, c'est qu'il y a eu pas mal de mouvements et de mutineries dès lors que la suspension des parloirs a été ordonnée. Ça semble s'être un petit peu, je dis bien un petit peu, tassé. Mais il est bien évident que si le chiffre de détenus atteints augmente et dépasse cette barre des 60 que nous connaissons actuellement, il y a le risque d'un scénario à l'italienne. C'est une évidence. Patricia Martin ? »
France Inter — L'invité du week-end · Adeline Hazan : "Aucun plan n’avait été envisagé pour faire face aux conséquences d’une épidémie en prison"Vérifier à 11:25Voir 2 autres passages
« Bien sûr, c'est réaliste. Il y a d'ailleurs, ici ou là, des magistrats et des directeurs de prison qui s'entendent pour le faire. C'est-à-dire qu'il faut qu'à un moment donné, par exemple, quand il y a des matelas par terre en plus de trois personnes dans une cellule pour deux, il faut que magistrats et responsables de l'administration pénitentiaire considèrent que ça n'est pas possible. et à ce moment-là, entre eux, ait une réflexion pour, par exemple, libérer huit jours ou quinze jours avant la date d'une fin de peine une personne détenue en aménageant sa peine, c'est-à-dire en la surveillant une fois sortie, pour incarcérer quelqu'un d'autre. Sinon, on ne peut pas continuer dans cette escalade à la surpopulation qui, une fois de plus, ne permet pas la réinsertion à la sortie. Et donc, tout le monde est victime de cela. La société, parce que les personnes qui sortiront ne seront pas réinsérées. Donc, les personnes seront dans un état de risque de récidive extrêmement important. Et donc, la société ne sera pas protégée. Les personnes ne seront pas correctement prises en charge. »
France Inter — L'invité de 8h20 · Adeline Hazan "Il faut un numerus clausus dans les prisons"Vérifier à 4:22
Présence observée dans ces passages, sans conclusion sur la véracité ni la personne.
Contre-arguments traités17 août 2017 au 17 août 2017 · 1 observation1 passage
Passages où cet élément est explicitement observable.
« Madame Azan, mais que répondez-vous à ceux qui disent ces peines alternatives, c'est du laxisme, elles ne sont pas dissuasives ? »
France Inter — L'invité de 8h20 · Adeline Hazan : "Quand on présente une pathologie aussi grave que la schizophrénie, on ne doit pas être en prison"Vérifier à 6:05
Présence observée dans ces passages, sans conclusion sur la véracité ni la personne.
« Globalement, on ne peut pas dire que ça a évolué dans un sens positif, mais même qu'on peut affirmer sans risque de se tromper que malheureusement, les droits fondamentaux des personnes qui sont privées de liberté sont en régression depuis une douzaine d'années et que surtout, le réflexe de l'enfermement devient de plus en plus important pour un ensemble de personnes qui sont soit délinquants ou présumés l'être, soit simplement malades de pathologie mentale, soit aussi des étrangers qui ne sont pas des délinquants, je le rappelle souvent, mais qui sont des personnes en situation irrégulière. Et là, on est obligé de constater que, alors que toutes les lois affirment que l'enfermement doit être l'exception et la liberté la règle, c'est le contraire qui se passe. C'est-à-dire que le réflexe de l'enfermement est de plus en plus prégnant et la liberté, on a l'impression même qu'elle fait peur et qu'à court terme, à la fois les pouvoirs publics, l'opinion publique, parfois même les magistrats ont un réflexe de susciter l'enfermement comme si, finalement, la liberté faisait peur. Et comment l'expliquez-vous ? Et c'est cela que nous dénonçons depuis 12 ans. Je l'explique parce que le contexte est de plus en plus anxiogène, peut-être, pour toute une série de raisons sur lesquelles nous n'avons pas le temps, bien sûr, de revenir, mais qui s'est accentuée depuis 2015 au moment du terrorisme qui a frappé notre pays et à partir de là, moi, j'ai constaté que, justement, la liberté faisait un peu peur et qu'on se rassurait à bon compte en multipliant les solutions d'enfermement alors même qu'on sait pour les courtes peines, par exemple, en prison où on sait que pour certains patients malades mentaux ou certains étrangers en situation irrégulière il y a d'autres solutions que la loi propose, c'est-à-dire une peine pour les délinquants effectuée en milieu ouvert c'est-à-dire des soins qui seraient donnés en extra-hospitalier pour les patients ou bien des assignations à résidence à leur domicile pour les étrangers en situation irrégulière. Et d'année en année, on voit que l'enfermement progresse et on voit aussi et surtout, et c'est cela que nous dénonçons, que les conditions de l'enfermement sont de plus en plus difficiles elles sont plus difficiles parce qu'il y a une promiscuité parce que les conditions de séjour ne sont pas dignes et tout cela, finalement, constitue une somme d'atteintes aux droits fondamentaux de ces personnes. »
France Inter — L'invité de 6h20 · Adeline Hazan : "Les droits fondamentaux des personnes privées de liberté sont en régression"Vérifier à 0:43
France Inter · Adeline Hazan : "42.000 enfants sans domicile fixe, c'est inadmissible dans un pays développé"Vérifier à 0:28
France Inter — L'invité de 6h20 · Adeline Hazan : "Les droits fondamentaux des personnes privées de liberté sont en régression"Vérifier à 0:43
« Alors justement, je pense que si cette crise peut avoir, on parle beaucoup du monde d'après, si cette crise en matière de psychiatrie peut avoir un sens et un effet positif, c'est peut-être de s'apercevoir que justement, il y a trop de personnes qui sont hospitalisées sans leur consentement, et que pour une partie d'entre eux, un suivi à l'extérieur serait plus bénéfique. Mais pour cela, il faut qu'il y ait justement un renfort de moyens financiers, budgétaires et d'effectifs dans les structures ouvertes. C'est-à-dire qu'il faut pouvoir avoir un rendez-vous dans un CMP et ne pas attendre plusieurs mois pour l'obtenir, comme c'est le cas actuellement. Et moi, je plaide beaucoup pour une société où il y aurait moins de malades enfermés et plus de malades chez eux ou en hôpital de jour avec un suivi renforcé. »
France Inter — L'invité du week-end · Adeline Hazan : "Aucun plan n’avait été envisagé pour faire face aux conséquences d’une épidémie en prison"Vérifier à 16:34
« C'est ça, c'est-à-dire qu'un crédit de 40 euros a été accordé à chaque détenu. Alors, c'est difficile de répondre à madame, parce que je ne connais pas la situation. C'est un cas particulier, on ne va pas faire de cas particulier à l'antenne, évidemment. Voilà, c'est un cas particulier. En tout cas, les détenus ont le droit de téléphoner, sous réserve que la personne à qui ils veulent téléphoner, ça a été contrôlé, c'est-à-dire que ça a été autorisé en début de détention, ce qui doit être le cas pour cette dame. Et ensuite, ils ont le droit de téléphoner, mais il faut bien voir que c'est compliqué. Les téléphones sont, pour la plupart des maisons d'arrêt encore, dans les cours cives ou dans les cours. Donc là aussi, en plus, ça pose un problème de promiscuité. Et les détenus ont beaucoup plus envie de téléphoner en ce moment que d'habitude, puisqu'ils ne voient plus leurs proches. Donc forcément, ça crée de l'embouteillage, c'est une évidence. »
France Inter — L'invité du week-end · Adeline Hazan : "Aucun plan n’avait été envisagé pour faire face aux conséquences d’une épidémie en prison"Vérifier à 14:33
France Inter — L'invité de 6h20 · Adeline Hazan : "Les droits fondamentaux des personnes privées de liberté sont en régression"Vérifier à 3:57
« Alors, il y a aussi un suivi, une absence, malheureusement, de suivi. Et ça, alors, pour le coup, c'est vrai pour les enfants sans domicile, c'est vrai pour l'ensemble des enfants. Nous sommes actuellement dans une situation de crise de la pédopsychiatrie. Il y a, pour vous donner une idée, un tiers de moins de pédopsychiatres qu'il n'y en avait il y a 12 ans. Il n'y en avait déjà pas beaucoup. Aujourd'hui, il y en a à peu près 2000, d'après votre rapport. Voilà, il faut aujourd'hui, entre 6 mois et 2 ans, pour qu'un enfant puisse bénéficier d'une consultation en CMP, en centre médico-psychologique. Or, il est évident, et là aussi, il n'y a pas besoin d'être professionnel pour le dire, il est évident que plus on prend un trouble qui peut être de l'anxiété tôt, plus il sera soigné et surtout, on évitera qu'il se transforme en un trouble psychiatrique. Et un trouble psychiatrique qui se développe dès l'enfance, ça va vouloir dire forcément un adulte qui sera en risque de trouble psychiatrique. »
France Inter · Adeline Hazan : "42.000 enfants sans domicile fixe, c'est inadmissible dans un pays développé"Vérifier à 3:17
France Inter — L'invité de 6h20 · Adeline Hazan : "Les droits fondamentaux des personnes privées de liberté sont en régression"Vérifier à 0:43
« Globalement, on ne peut pas dire que ça a évolué dans un sens positif, mais même qu'on peut affirmer sans risque de se tromper que malheureusement, les droits fondamentaux des personnes qui sont privées de liberté sont en régression depuis une douzaine d'années et que surtout, le réflexe de l'enfermement devient de plus en plus important pour un ensemble de personnes qui sont soit délinquants ou présumés l'être, soit simplement malades de pathologie mentale, soit aussi des étrangers qui ne sont pas des délinquants, je le rappelle souvent, mais qui sont des personnes en situation irrégulière. Et là, on est obligé de constater que, alors que toutes les lois affirment que l'enfermement doit être l'exception et la liberté la règle, c'est le contraire qui se passe. C'est-à-dire que le réflexe de l'enfermement est de plus en plus prégnant et la liberté, on a l'impression même qu'elle fait peur et qu'à court terme, à la fois les pouvoirs publics, l'opinion publique, parfois même les magistrats ont un réflexe de susciter l'enfermement comme si, finalement, la liberté faisait peur. Et comment l'expliquez-vous ? Et c'est cela que nous dénonçons depuis 12 ans. Je l'explique parce que le contexte est de plus en plus anxiogène, peut-être, pour toute une série de raisons sur lesquelles nous n'avons pas le temps, bien sûr, de revenir, mais qui s'est accentuée depuis 2015 au moment du terrorisme qui a frappé notre pays et à partir de là, moi, j'ai constaté que, justement, la liberté faisait un peu peur et qu'on se rassurait à bon compte en multipliant les solutions d'enfermement alors même qu'on sait pour les courtes peines, par exemple, en prison où on sait que pour certains patients malades mentaux ou certains étrangers en situation irrégulière il y a d'autres solutions que la loi propose, c'est-à-dire une peine pour les délinquants effectuée en milieu ouvert c'est-à-dire des soins qui seraient donnés en extra-hospitalier pour les patients ou bien des assignations à résidence à leur domicile pour les étrangers en situation irrégulière. Et d'année en année, on voit que l'enfermement progresse et on voit aussi et surtout, et c'est cela que nous dénonçons, que les conditions de l'enfermement sont de plus en plus difficiles elles sont plus difficiles parce qu'il y a une promiscuité parce que les conditions de séjour ne sont pas dignes et tout cela, finalement, constitue une somme d'atteintes aux droits fondamentaux de ces personnes. »
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France Inter — L'invité de 6h20 · Adeline Hazan : "Les droits fondamentaux des personnes privées de liberté sont en régression"Vérifier à 0:43
« Ce qu'il faut voir, c'est qu'une fois de plus, une crise de société, la crise sanitaire que nous vivons actuellement, elle jette une lumière très très crue sur les plus vulnérables et les plus fragiles d'entre nous. Et c'est exactement ce qui se passe dans les prisons, puisque malheureusement les prisons vivent un état de surpopulation endémique depuis plusieurs décennies. Il faut savoir que les détenus se retrouvent à 3 ou 4 dans des cellules de 9 mètres carrés avec parfois un matelas par terre, qu'ils n'ont pas de douche tous les jours, que les douches sont collectives en maison d'arrêt, trois fois par semaine d'ailleurs seulement, et par ailleurs collectives sans aucune séparation, que les détenus ne bénéficient absolument ni d'aucun masque, ni d'aucun gant, ni d'aucune possibilité de gel. Donc ils sont les plus exposés. Et ce qu'il faut rappeler absolument, c'est que la prison, ça doit être, et toutes les lois le disent, ça doit être la privation de la liberté de circulation et rien d'autre. Et là, en ce moment, c'est aussi la privation de l'accès à la santé, car ils sont les plus exposés. Et s'il y a 60 cas actuellement de Covid-19 déclarés, ce qui est finalement relativement peu par rapport à ce qui se passe dans le reste de la société, mais on peut craindre que ce seuil augmente, et à ce moment-là, il y aura une propagation exponentielle. C'est bien ça qui est en jeu. »
France Inter — L'invité du week-end · Adeline Hazan : "Aucun plan n’avait été envisagé pour faire face aux conséquences d’une épidémie en prison"Vérifier à 0:37
« Les conséquences sont absolument énormes. Vous l'avez signalé, les chiffres sont extrêmement inquiétants puisqu'on frôle actuellement les 70 000 détenus en France pour un taux de 58 300 places. Il y a en plus 1 600 matelas au sol. Le nombre de détenus en surnombre est de 11 000 actuellement et il est de 10 000 de plus qu'il y a 10 ans. Alors quelles sont les pires conséquences ? Les conséquences sont énormes, c'est-à-dire qu'il y a non seulement des conditions pour les personnes détenues qui sont indignes, ça c'est une chose, mais les conséquences sont en cascade à partir de là. C'est-à-dire qu'aucun des droits fondamentaux qui sont accordés par la loi aux détenus ne peuvent être respectés dans ces conditions. Aucun des droits fondamentaux, cela veut dire que le droit au maintien des liens familiaux n'est pas respecté, que le droit au travail n'est pas respecté, que le droit à la santé n'est pas respecté et surtout que cette surpopulation engendre en elle-même des tensions, des phénomènes justement de violence entre les détenus, entre les détenus et les surveillants et puis des tensions qui sont le terreau justement d'une forme de radicalisation des esprits au sens large. »
France Inter — L'invité de 8h20 · Adeline Hazan "Il faut un numerus clausus dans les prisons"Vérifier à 0:32