Nicolas Dupont-Aignan En toute Franchise sur LCI
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 50 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:26OuverteRéponse directe
Est-ce que le 26 mai, c'est pour battre Emmanuel Macron ?
- 2:57OuverteRéponse directe
Est-ce que vous voulez que Macron perde de l'influence en Europe ?
- 4:54RelanceRéponse directe
Pourquoi s'embêter avec les élections ?
- 7:24RelanceRéponse directe
Est-ce que c'est au niveau d'une campagne européenne de traiter vos adversaires de rabatteurs et de menteurs ?
- 9:54OuverteRéponse partielle
Si le RN et Debout la France étaient ensemble, vous seriez largement premier ?
- 15:19OuverteRéponse directe
Quel serait votre quintet de thèmes prioritaires ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:33Invité politiqueFait
« Je conteste la politique d'Emmanuel Macron. Je pense que ce scrutin est important. »
- 2:03Invité politiqueChiffre
« Si on a envie de député debout la France, on vote pour debout la France. 6% de vote, ça fait 6% de députés. 15%, ça fait 15% de députés. »
- 6:19Invité politiqueFait
« Ils ont voté l'élargissement à la Serbie. Ils ont voté le projet d'un impôt européen. Ils ont voté le pacte de Marrakech. Ils ont voté les crédits de préadhésion de la Turquie en février, le 4 février 2019 en commission. »
- 7:37Invité politiqueFait
« Il vote, il dit, je suis contre l'entrée de la Serbie. Tous les députés qui sont sur sa liste ont voté l'entrée de la Serbie. »
- 9:07Invité politiqueChiffre
« Parce qu'il y a 23, moi, nous sommes alliés avec 23 partis politiques. »
- 15:22Invité politiqueChiffre
« Je veux qu'on récupère 9 milliards sur les 11 qu'on donne chaque année à Strasbourg pour les rendre aux retraités. »
- 17:04Invité politiqueChiffre
« Nous avons calculé qu'avec 10 000 douaniers supplémentaires, nous pouvons faire un sacré boulot et protéger les Français. »
- 17:30Invité politiqueChiffre
« Je remarque d'ailleurs qu'il y a 80% des Français qui réclament le retour des frontières nationales. »
- 20:13Invité politiqueFait
« Les Français n'ont pas donné des millions par souscription pour voir la mégalomanie du président de la République se poser sur le toit de Notre-Dame. »
- 20:42Invité politiqueFait
« Si c'était une mosquée ou une synagogue, personne n'oserait dénaturer un lieu sacré. »
Temps de parole
- Nicolas Dupont-Aignan72 %
- Présentateur19 %
- ?7 %
- Locuteur 13 %
≈ 42,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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En
toute franchise, c'est l'heure de l'interview avec Nicolas Dupoignan. Pour commencer, dans une demi-heure, ce sera Benoît Hamon, tête de liste Génération. Vous, vous êtes la tête de liste Debout la France. Vous espérez bien faire rentrer des députés au Parlement européen.
On
va en parler, bien sûr, puisque c'est un spécial européen encore ce soir. Et depuis plusieurs semaines, quand on reçoit des têtes de liste, Nicolas Dupoignan, à votre place, elles nous disent quasiment toutes la même chose.
Le
26 mai, en fait, il faut sanctionner le président de la République. Alors, je vais vous poser la question. Est-ce que le 26 mai, c'est pour battre Emmanuel Macron ? Pas seulement. Je vais
vous surprendre. Je conteste la politique d'Emmanuel Macron. Je pense que ce scrutin est important. Et je dis aux Français
qui
en ont assez de cette politique,
plutôt
que de manifester sur les ronds-points ou dans les rues, prenez 15 minutes pour manifester. Le 26 mai, dans un bureau de vote, c'est pacifique, tranquille, et ça peut être très efficace.
Donc c'est un appel au gilet
jaune ?
Bien sûr. Mais ça ne suffit pas.
Et
ce qui est intéressant dans ce scrutin, c'est de savoir qu'est-ce qu'on veut pour l'Europe et la France.
Et
si moi, je m'engage en tant que chef de parti et je mène une liste, c'est parce que je voudrais qu'on dépasse le petit jeu politico-médiatique qu'on entend depuis des semaines. Est-ce que c'est Macron, pas Macron ? Macron-Le Pen, Le Pen-Macron, c'est paradoxal. Emmanuel Macron n'est pas candidat au Parlement de Strasbourg et Marine Le Pen n'est pas non plus.
Elle
est
en
train
de liser le
Rassemblement national. Oui,
c
'est pas elle qui y va. Et on enferme les Français dans ce duo
qui,
quand on y réfléchit, ne représente chacun
20
% de 40% de participation. Et
les deux finalistes
de la présidentielle... Oui, mais c'est pas une présidentielle. C'est pas un second tour. Les Français se plaignent toujours, à juste raison, de voter par défaut. Voter par défaut à la présidentielle, on a vu le second tour avec tant d'abstention. Voter par défaut aux législatives, on a vu l'abstention. Là, pour la première fois, tous les cinq ans,
il
y a un scrutin proportionnel à un tour où on peut voter pour le parti de son choix. Si on a envie de député debout la France, on vote pour debout la France. 6% de vote, ça fait 6% de députés. 15%, ça fait 15% de députés. Donc pour une fois où
il
y a un mode de scrutin
qui
évite le vote par défaut, le pseudo-vote utile qui embête les Français à chaque élection, eh bien qu'on n'enferme pas les Français dans un duo stérile
qui est une impasse
politique. C'est
un bon mode de
scrutin pour vous ce mode de scrutin au Parlement.
Oui,
là c'est un bon mode de scrutin. C'est un scrutin proportionnel où on peut s'intéresser au fond des choses. Qu'est-ce qu'on propose ? Quelle est la nuance ? Quelle est la différence ? Allez un peu, j'allais dire, sur la vie quotidienne. Qu'est-ce qu'on va changer
?
Sur quoi on va se battre
?
Et moi j'ai des choses à dire sur le fond.
On va y venir au détail.
Et
c'est pour ça que je suis content d'en parler. Sur le principe, il y
a
eu un avertissement qui est venu de l'Elysée cette semaine disant que si la République en marche loupe les Européennes, Macron perdra de l'influence en Europe. Est-ce que vous, vous voulez que Macron perde de
l
'influence en
Europe ? Est-ce que c'est l'un
de vos objectifs ? C'est ridicule. Mais
je suis stupide. Qu
'est-ce qui est ridicule, ce que nous dit l'Elysée cette semaine ? Mais oui, mais
parce que, écoutez, si l'Elysée pouvait s'occuper de bien gouverner les Français,
de
baisser le prix de l'essence en supprimant la taxe de 2018 qu'il a oubliée, de ne pas privatiser l'aéroport de Paris, de reprendre en main les autoroutes, d'éviter les délocalisations d'emplois, si l'Elysée pouvait faire son travail
et
ne pas trouver toujours des arguments niveau Bac-15 pour les Français. Les Français sont intelligents. Ils savent très bien que l'Elysée, dans un sauve-qui-peut, essaye de sauver les choses en faisant un match Macron-Le Pen. Parce que ça lui a réussi, il faut être honnête, au débat du second tour. Et donc, il croit qu'il va refaire les mêmes ficelles. Mais les Français ne sont pas idiots. Moi, je dis aux Français, allez voter, regardez les programmes, regardez qui vous envoyez,
parce
que c'est sérieux, ça a une influence sur votre vie quotidienne,
et
votez, je veux dire, librement dans votre tête.
Alors, il
y
a aussi des ralliements de poids. Hier, à Strasbourg, il y avait un meeting de La République en marche, organisé autour de la candidate Nathalie Loiseau, et auquel on a vu l'ancien Premier ministre de droite, Jean-Pierre Raffarin, toujours très gourmand de formule. On va écouter ce qu'il disait, c'est une métaphore footballistique qui porte sur la campagne.
Quel
serait notre intérêt, chers amis de Strasbourg, aujourd'hui, d'affaiblir le président de la République, alors que c'est lui qui est en charge de nos intérêts
? Nous
ne jouons pas en club, nous jouons avec les équipes nationales, et aujourd'hui, il faut que l'équipe nationale française, que la France se rassemble pour peser lourd en Europe. Et comment se rassembler ? Et comment faire en sorte qu'une liste apparaisse comme leader le soir du 26 mai ? C'est en votant pour la Renaissance, en votant pour l'Europe, c'est-à-dire en votant pour la France.
Et
oui, c'est une compétition entre pays, d'une certaine manière. Alors,
on supprime
les élections, hein. Allez, direct. Bah, pourquoi s'embêter ? Mais d'ailleurs, ce qui est intéressant dans ce qui se passe, c'est que M. Raffarin, républicain, n'est pas exclu des républicains. Et ce qui est encore plus
intéressant,
et où il a raison, d'ailleurs,
sur un point, attendez,
arrêtez tout ce cinéma, il faut arrêter. Je
vous pose des questions, mais moi je vous dis, il faut arrêter ce
cinéma. Alors, on supprime, tout le monde vote En Marche et on est obligé, c'est une caserne. On supprime. En fait, En Marche n'aime pas la démocratie. Bah là, il va y avoir la démocratie. Mais plus sérieusement, ce qui est intéressant, c'est que les républicains à Strasbourg, M. Bellamy, ils votent exactement comme Mme Boiseau.
Au
Parlement européen, oui. Au Parlement européen. Ils votent pareil. Et ce qui est quand même fascinant et inquiétant pour la démocratie, et c'est pourquoi je suis candidat, c'est que tous ces gens, ils ont signé tous les traités. Là, il est cohérent, M. Raffarin. Il a signé tous les traités. Les républicains, M. Hortefeux, M. Dangean, ils ont signé, et qui sont sur la liste de M. Bellamy, ils ont signé les mêmes traités. Ils gouvernent ensemble avec les socialistes et En Marche. Et ils soutiennent M. Juncker, qui est le président de la commission. Donc moi, je dis aux électeurs de droite notamment,
si
vous voulez continuer avec cette Europe-là, avec M. Raffarin et compagnie, vous pouvez voter Mme Loiseau, M. Bellamy. C'est pareil. Derrière les discours,
ce sont les mêmes votes.
Ce sont les mêmes votes. Ils ont tout voté pareil. Il y a pire. Il faut que les Français le sachent. Ils ont voté l'élargissement à la Serbie. Ils ont voté le projet d'un impôt européen. Ils ont voté le pacte de Marrakech. Ils ont voté les crédits de préadhésion de la Turquie en février, le 4 février 2019 en commission.
Donc ce que je veux dire, c'est que
le vrai
combat... Les crédits de préadhésion, M. Dangean, vous pouvez vérifier sur Internet le 4 février 2018 en commission de la commission. Un petit mot
sur
François-Xavier Bellamy. Cette semaine, chez nos confrères de Valeurs Actuelles, vous avez donné une interview. Vous y allez très très fort. Vous dites que c'est un rabatteur de voix pour une énième trahison de la droite. Soit il est naïf, soit il est cynique, mais il devient de plus en plus menteur, François-Xavier Bellamy.
Mais je dis la vérité, moi j'en ai assez... La démocratie ne peut fonctionner
que
si on est dans la franchise.
On
ne peut pas dire une chose et voter l'inverse. Notre programme, je ne
vais
pas parler des autres, moi je vais parler de notre programme à double la France et au CNIP qui sommes alliés dans cette campagne. Notre programme, il vise, un, à supprimer la commission de Bruxelles...
Mais juste un mot, est-ce que
c'est au niveau d'une campagne européenne de traiter vos adversaires de rabatteurs et de
menteurs
? Mais écoutez, je traite mes adversaires de rabatteurs de voix parce que je n'aime pas le mensonge en politique, j'aime la vérité. Et je veux rappeler une chose.
Il ment
sur
quoi, François-Xavier Bellamy ? C'est très simple,
je vais vous dire, il a menti au débat. Il vote, il dit, je suis contre l'entrée de la Serbie. Tous les députés qui sont sur sa liste
ont
voté l'entrée de la Serbie. Il dit, je suis contre le pacte de Marrakech. Ils ont voté en avril 2018 la résolution qui approuvait le pacte de Marrakech. Ils ont voté les crédits de préadhésion de la Turquie. Donc moi je dis aux électeurs de droite qui ne veulent pas de cette Europe-là qu'il vaut mieux voter pour des gens
qui
ont un accord entre leur discours et leur pratique. Moi j'ai toujours voté avec Philippe Séguin, Philippe de Villiers, contre les traités. Et je veux aller au-delà. Je veux qu'on refasse une belle Europe des nations et des projets. Et je voudrais, c'est le thème
de Marrakech, si on peut parler de nouveaux traités. Oui, justement,
vous voulez de nouveaux traités. Bien sûr, il faut renégocier les traités pour enlever les inconvénients de l'Union Européenne et pour ajouter l'esprit de l'Europe de De Gaulle. Et avec quelle majorité en fait ? Si attendez, je peux finir. L'esprit de l'Europe de De Gaulle, c'était Airbus, c'était des projets de coopération. On peut le faire en matière d'intelligence artificielle, en matière de lutte contre le cancer, sur les projets pour le numérique. Car le grand paradoxe,
c
'est que cette Union Européenne, qui a accumulé plein de compétences, elle a été faible vis-à-vis de la Chine et des États-Unis. Moi, je veux qu'on muscle,
par
des projets à la carte, comme Airbus, l'Europe scientifique qui permettra de vaincre la compétition internationale. Et je veux qu'on libère les Français de l'Europe tatillonne de la commission de Bruxelles. Et ça, on peut le faire. Je vais vous dire pourquoi on peut le faire. D'un mot. Parce qu'il y a 23, moi, nous sommes alliés avec 23 partis politiques. Je vais mardi aux Pays-Bas voir Thierry Baudet, qui va avoir des sièges, qui est un jeune qui a gagné les élections sénatoriales. 23 partis,
les Polonais,
qui sont nos alliés. Nous les avons réunis à Paris le 28 février. Et
en
votant pour un député de Boulafrance, il y aura un relais
pour,
par exemple, bloquer le budget
et
avoir un retour vers notre pays, pas payer autant pour l'Union Européenne.
C'est très important.
Même si vous avez un groupe, même si vous avez des alliés, vous n'aurez pas, à moins que vous le contestiez, à priori, la majorité à vous seul au Parlement européen. Il faut bien, pour les votes, faire des alliances, faire des unions. En 2017, vous aviez accepté, d'ailleurs, à ce moment-là, de faire une alliance momentanée avec Marine Le Pen pour le second tour, en disant, nous voulons faire barrage à Macron, c'est notre intérêt. Dans le sondage qu'Arrice Interactive publie ce soir, on va regarder ensemble les chiffres, le Rassemblement National et la République En Marche arrivent très largement en tête. Le Rassemblement National est un court cheveux encore premier.
Ça
bouge globalement assez peu dans ce tableau de tête. Vous, vous arrivez juste après, à 3,5% dans notre enquête. Je sais que vous allez me dire que d
'autres
sondages vous donnent un 5%. C'est vrai.
Et même
plus. Effectivement, 5%, pas plus, mais 5%, vous avez raison. Ma question, elle n
'est
pas tant sur le chiffre. On est tout à fait d'accord que ça, c'est une photographie à
l
'instant T. Ça peut être différent dans deux jours, ça peut être différent dans trois jours. En revanche,
il
y a un point qui est assez mathématique, Nicolas Dupoignan. On se dit que si le Rassemblement National et Debout la France étaient ensemble dans cette élection, vous seriez très largement premier, il n'y
aurait
pas de
débat.
On va
reprendre. Ça veut dire quoi, premier ? C'est une élection proportionnelle à un tour. En votant Debout la France, vous aurez des élus Debout la France. En votant Rassemblement National, des élus Rassemblement National. Si on prenait votre raisonnement,
je finis.
Je finis, mais ce n
'est
pas les élus français qui vont faire la majorité, puisque le Rassemblement National, et c'est bien le problème, à Strasbourg est complètement isolé. Si j'y vais, si
je peux... Jordan
Bardelassers-Plateau, il y
a
quelques semaines, il disait exactement comme vous, j'ai des alliés dans toute l'Europe.
Eh
bien,
c'est complètement faux. Vous pouvez vérifier. Il a des alliés, quelques alliés, on les connaît les partis. Il a moins d'alliés
?
Il a beaucoup moins, 5-6 alliés dans son groupe, alors que nous en avons 23. Et pourquoi je veux ça ? C'est parce que si on veut justement être utile, il faut que quand les Français votent, ils sachent
si
les députés vont être isolés au Parlement, ou si au contraire, ils vont peser. Et c'est pourquoi j'y vais.
Et
c'est pourquoi j'ai tissé pendant une année des liens avec 23 partis politiques, notamment les Polonais qui gouvernent, qui auront un très grand nombre de députés, les Tchèques, les Finlandais. Nous avons fait un travail sérieux.
Et
c'est pourquoi nous voulons représenter les Français, les défendre à Strasbourg, avec des élus honnêtes, intègres, qui ne sont pas mises en examen, qui... Ça,
c'est pour le Rassemblement national. Non, non,
mais c'est pas le problème. Oui,
mais je traduis
pour les téléspectateurs,
parce
que c
'est ce
qu'il veut dire.
Chacun pense ce qu
'il
veut. En tout cas, moi, je veux,
du
sérieux, un programme, des alliés, parce que je voudrais qu'enfin, les élections européennes servent à quelque chose. Est
-ce
que
vous pouvez juste
expliquer le
Rassemblement national ? Virginie Angevin, membre du bureau national de Debout la France, elle a choisi de le quitter. Nicolas Duic, ancien député des Républicains, qui vous avait rallié, qui choisit aussi de voter au Rassemblement national. Virginie Angevin, elle a publié un communiqué, elle dit, malgré la porte ouverte par Marine Le Pen, Nicolas Dupoignant a choisi une autre stratégie, la solitude encore et toujours. Écoutez, pourquoi vous ne citez
pas
la dépêche AFP d'hier, qui parle de ces deux-là, et qui dit qu'en même temps, Sophie Monteil... Eh bien, vous savez quoi
? On va lui montrer
son visage, parce qu
'on
fait le travail correctement, et on avait préparé le
visage.
Elle est députée
européenne au Front
National, patriote, elle nous rejoint, il y en a d'autres, six conseillers régionaux. Moi, je ne
m
'intéresse pas au transfert des uns et des autres, il y en a qui vont d'un côté et de l'autre, ça n'a aucune importance.
Mais comment ça se fait ?
On peut circuler librement
dans le Rassemblement national de la France. Mais écoutez, demandez-leur, demandez
-leur. En tout cas, moi, ce qui compte pour moi, c'est que les Français changent les règles du jeu de l'Europe qui leur fait du mal. Travailleurs détachés, budget, ça, c'est beaucoup plus important que savoir si M. Machin ou Mme Machin a changé d'avis. Est-ce qu'un jour, on va contrôler nos frontières nationales
pour
éviter l'immigration massive ? Est-ce qu'on va inventer le géant du numérique qui va éviter qu'on soit dépendant de Google et d'Amazon ?
C
'est ça qui m'intéresse dans la politique. Et je vais vous dire, Adrien Jeanne, toutes les petites histoires politiciennes,
je
n'en ai rien à faire. Moi, j'ai bâti un programme sérieux. Sauf qu'en fait, à la fin, c'est ce qui fait qu'on peut ou pas agir, Nicolas. Mais vous croyez qu'on peut agir si on n
'a
pas de programme sérieux ? Vous croyez que si les Français n'ont pas envie de voter aux élections européennes, ce n
'est
pas parce qu'on a envoyé tous les toccards, des gens corrompus, mis en examen, parfois des gens qui sont des fins de parcours politiques ? Qui est corrompu ? Vous
verrez,
sans doute. Il y a eu suffisamment d
'affaires dans le pays. Est-ce que c'est un peu
facile de balancer ça comme ça ? Mais je ne balance pas. Pourquoi les partis politiques envoient toujours des gens battus au suffrage pour se représenter là-bas ? Pourquoi les Français ne votent plus pour les Européennes, à votre avis
? Parce
que peut-être qu
'on
ne parle jamais du fond. Moi, j'ai envie qu'on parle de ce qui se passe à Strasbourg, comment on peut changer les choses, comment on peut construire une belle Europe, comment on peut revenir à l'Europe
qui
donne à la France de la grandeur. Je veux retrouver l'indépendance de la France, c'est possible. Et je veux que la France indépendante
travaille avec ses partenaires.
Non, avec une nouvelle Europe.
On
n'est pas obligé de subir l'Union Européenne. L'Union Européenne ne marche pas. Elle étouffe les peuples. Les peuples volent s'en aller. Et elle n'a même pas réussi à bâtir des champions face à la Chine et aux États-Unis. Et il y a M. Raffarin, M. Macron et les autres qui annonnent toujours les mêmes discours depuis 20 ans. Eh bien, j'estime qu'on peut très bien complètement changer le fonctionnement de l'Europe, qu'il y
a
des partenaires qui le volent, des Polonais, des Tchèques, qu'on a bâti une alliance. Et j'ai envie de
dire aux Français, on peut changer
les choses. On va parler du fond. Dans l'enquête à Harris Interactive qu'on publie ce soir, Harris a également demandé aux Français quels sont les thèmes qui vont le plus compter dans leur choix. En tête, l'immigration, cette semaine, qui généralement est en première ou deuxième place au fil des semaines avec le pouvoir d'achat. 41% pour l'immigration, le pouvoir d'achat, c'est 37%. Les impôts et la fiscalité, 35%. L'environnement et le développement durable, 34%. La lutte contre le terrorisme, 30%. C'est intéressant. Le thème qui vous paraît le plus important dans ce quintet-là.
Quel serait votre quintet à vous ? Il y en a deux. Je
veux vous dire très simplement, je veux qu'on récupère 9 milliards sur les 11 qu'on donne chaque année à Strasbourg pour les rendre aux retraités, la baisse du prix de l'essence et les services publics en milieu rural. On les récupère, c
'est
-à
-dire
qu'on arrête de donner aussi à nos partenaires européens ? Ah mais oui, on arrête d'être d'un don de la farce. Moi j'en ai assez que les Français avec leur porte-monnaie
financent les délocalisations.
Ah pourquoi la solidarité ? Ce sont les Français qui devraient tout payer ? Non.
Est-ce que c'est pas ça de
la
solidarité ? Vous dites souvent qu'il faut demander aux
plus riches de payer pour les plus modestes. Oui, mais j'accepte une solidarité. 2 milliards par an, maximum, comme du temps de Jacques Chirac. 2 milliards pour nos partenaires, oui. Mais 11 milliards en 2016, ça a baissé en 2017 et ça remonte. Je ne l'accepte plus. Car je ne vois pas l'intérêt de financer les délocalisations d'usines. Je ne
vois
pas l'intérêt de financer la Turquie. 14 milliards d'euros de crédit. Je ne vois pas l'intérêt de donner tout cet argent à des technocrates non élus qui gaspillent l'argent des Français. Je vais le rendre et ça fera du pouvoir d'achat pour nos compatriotes. Et le deuxième point important, c'est le rétablissement des frontières nationales. Nous sommes un des seuls, le Rassemblement National aussi, il
faut
être honnête. Nous sommes
peu
à rétablir les frontières nationales.
Complètement
pour
les gens qui nous écoutent, qu'est-ce que ça voudrait dire,
rétablir les frontières ?
Est-ce que ça veut dire un contrôle sur chaque route ? Cela veut dire bien
évidemment que l'on pourra, sauf pour les frontaliers qui auront un système de portique électronique qui permettra de passer parce que les frontaliers sont connus. Cela permettra de contrôler les passages, de faire ce que tous les pays du monde font. Et je vais vous dire d'aller au-delà. De limiter le trafic d'armes et de drogues
et
de contrôler sanitairement les produits importés sur notre sol, c'est-à-dire d'éviter la concurrence déloyale avec des produits bourrés de produits chimiques qui arrivent alors que c'est interdit en France de les cultiver. Ça sert que vous embauchez des douaniers en masse ? Oui, j'embauche
des douaniers.
Nous avons calculé qu'avec 10 000 douaniers supplémentaires, nous pouvons faire un sacré boulot et protéger les Français. Et quel surcoût pour le budget de l'État ? Le surcoût est minime aux côtés du surcoût de la drogue, du trafic d'armes, du terrorisme et de la délinquance et de l'immigration. Si vous comptez le surcoût social de l'immigration et le surcoût des douaniers, je peux vous dire que les douaniers que nous allons recruter seront rentables. Ça suffit.
Il
faut maintenant protéger les Français. Je remarque d'ailleurs qu'il
y a
80% des Français qui réclament le retour des frontières nationales. Et ils savent très bien qu'avec cette Union européenne-là, nous avons une dégradation, des cambriolages, des mafias qui se sont abattus sur le pays. Ça ne veut pas dire qu
'on
fait un mur. Est-ce que vous croyez qu'Israël, l'Algérie, le Maroc, la Russie, le Japon, l'Islande et d'autres pays sont entourés de murs ? Singapour,
ces
pays ont des frontières. Tous
les pays du
monde,
oui,
ce sont des modèles parce qu'ils défendent leurs intérêts. Vous savez, la France est devenue une sorte de passoire. Eh bien, moi, je veux que l'Europe... On peut faire de très beaux projets européens. On a fait Airbus,
la
réconciliation avec l'Allemagne et on avait des frontières. Vous
parliez tout à
l
'heure des géants du numérique. Vous y faisiez allusion. Vous vous proposez de financer les grands projets européens justement en mettant fin à l'impunité fiscale de ces GAFA, comme on dit, Google, Amazon, Facebook. Mais à l'échelle européenne, l'Irlande n
'est
pas d'accord avec ça, Nicolas
? Et alors ?
Et comment on fait
? Eh bien, on conditionne l'accès au marché français au respect d'un minimum de règles.
Il est inacceptable. Donc on fait une règle
française
? Non, on le négocie. Et on laisse les partenaires européens comme on leur chante.
Mais je vais vous dire une chose très claire. Est-ce que vous trouvez normal que l'Irlande puisse faire des accords fiscaux très favorables, ce qu'on appelle les rescrits, et j'ai travaillé beaucoup sur ce sujet, et accéder au marché français ? Eh bien, les 67 millions de consommateurs français ne sont pas des pigeons. Les 67 millions de consommateurs français, ils représentent beaucoup. Si le Luxembourg ou
l'Irlande... Donc on revient
à l'Irlande
? Ah bien, on dit stop. On dit maintenant, c'est très simple, on va se mettre autour de la table. Vous voulez accéder aux consommateurs français, vous ne pouvez pas faire des taux à 0%, à 5%, à 6%. Et on fait un tuyau, c'est-à-dire un serpent, un taux minimum d'impôt et un taux maximum.
Il
ne s'agit pas d'avoir le même taux. Il s'agit simplement, à un moment, de dire, on ne peut pas continuer à avoir le café du coin qui paye un taux d'impôt important et le Starbucks du coin qui ne paye pas d'impôt. Ça ne peut plus durer parce que le prélèvement fiscal qui pèse sur les Français qui travaillent est de plus en plus lourd et le prélèvement qui pèse sur les multinationales est de plus en plus léger.
Encore deux questions,
Et la crise
fiscale française, elle est là. Vous vous êtes également mobilisé cette semaine sur la question de Notre-Dame. Là, on sort un petit peu de l'Europe. Oui. Vous avez lancé une pétition contre sa mutilation. Je vous l'offre. C'est très généreux, je ne
vous
garantis pas de la signer, mais je vous promets de la regarder. C
'est normal. C'est impartial.
Une
pétition pour
quoi
?
Parce que le président de la République a dit, dans un communiqué de l'Elysée, vous pouvez retrouver, qu'il envisageait un geste architectural
contemporain.
Oui, tout à fait. Monsieur Guérini d'En Marche a appuyé le président d'En Marche. On nous a fait voter un projet de loi d'exception à l'Assemblée vendredi. Et il y
a
un concours international d'architectes qui est lancé. Ce sont quatre
faits.
Quatre faits. Et moi, je dis que les Français n'ont pas donné des millions par souscription pour voir la mégalomanie du président de la République se poser sur le toit de
Notre
-Dame. Quel est le
problème
avec
l'idée d'un geste
contemporain
? Eh bien, parce que je veux que Notre-Dame, en tout cas, je pense qu'une majorité de Français souhaite que Notre-Dame, qui est sacrée, qui est d'abord une cathédrale sacrée,
soit
restaurée à l'identique. Et si c'était une mosquée... Mais la flèche, elle datait du 19e siècle,
Nicolas, elle n'est pas du Moyen-Âge. Mais elle copie
la flèche du Moyen-Âge grâce à un grand architecte violélu.
On
peut la copier différemment, non ? Non. On doit respecter que
c
'est un lieu sacré. Je vais vous dire une chose. Si c'était une mosquée ou une synagogue, personne n'oserait dénaturer un lieu sacré. Une petite question encore. C
'est
une cathédrale
et
je souhaite qu'on respecte ce lieu sacré. Vous demandez une commission d'enquête indépendante. Vous avez toujours des doutes sur l'origine de
l'incident de Notre
-Dame ? Oui. J'ai surtout une démarche scientifique. C'est que j'estime qu'on est dans un pays bien bizarre où, quand la cathédrale flambe encore, on a un procureur de la République qui nous dit que c'est accidentel, circuler, il
n'y
a rien à voir et que l'enquête sera longue. C'est incompatible. Et vous entendez que ? Je souhaite
qu
'on ait une démarche scientifique et qu'on examine toutes les hypothèses. Mais parce que vous craignez un risque
terroriste... Parce que je n'accepte pas
qu'un gouvernement veuille, comment dire, donner qu'une hypothèse sans avoir fait l'enquête. Et je demande la vérité et je demande
une
commission d'enquête indépendante et je demande aussi dernier point dans cette pétition qui est importante pour moi et pour tous ceux qui l'ont signé, notamment le Centre National des Indépendants et Paysans. Je demande que l'argent en trop pour Notre-Dame
à condition de souscripteur
puisse aller aux autres
cathédrales qui sont en train de tomber. On a appris que la
collecte s'arrêterait avec les fonds supplémentaires qui seraient
effectivement
donné au reste du patrimoine. Toute dernière question du collègue Du Poignant, il y aura un hommage national mardi aux Invalides pour les deux militaires qui ont été tués en Afrique en libérant les otages qui sont rentrés hier, qui ont été accueillis d'ailleurs par le Président de la République à Villa-Coublet. Est-ce que vous applaudissez cette décision du Président de
la
République de rendre un hommage national
au Mardi ? Bien évidemment
aux militaires. Ils ont donné leur vie.
C
'est un sacrifice héroïque et il mérite hommage. Mais la seule chose que je demande, j'aimerais vraiment que le ministère des Affaires étrangères avertisse davantage peut-être les personnes qui vont dans certaines zones ou que l'information circule parce que voir deux soldats mourir pour aller sauver leurs compatriotes dans des zones, est-ce qu'elles étaient suffisamment averties ?
Est
-ce que c'était pas
une zone rouge ?
La photo-ministère ? C'était pas une zone rouge,
c
'est pas une zone orange, c'est des situations très délicates. Je veux pas polémiquer sur des morts d'hommes et sur le sauvetage de deux Français. Mais ce que je voudrais, c'est que dans les zones dangereuses, on prévienne pour éviter qu'on retrouve le même sacrifice de deux soldats qui ont donné leur vie pour deux compatriotes, il n'y
a
rien de plus héroïque, mais qu'on évite d'aller dans ces zones dangereuses parce que je crois que c'est extrêmement dur pour les militaires français aujourd'hui.
Merci beaucoup Nicolas Dupourgnant d'avoir accepté la session dans toute franchise. C'est
parti.
Nicolas Dupont-Aignan