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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 25 février 2020 25 min

Réforme des retraites, lutte contre le terrorisme, municipales... "Le 8h30 franceinfo" de Guillaume Peltier

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:06
Présentateur

Bonjour Guillaume Pelletier, plus de 200 malades désormais en Italie atteints par le coronavirus, aucun malade en ce moment en France, tous ceux qui étaient soignés ont pu sortir de l'hôpital, mais comment notre pays doit-il se protéger de cette épidémie qui est peut-être à venir ?

0:19
Guillaume Peltier

Tout d'abord, toute crise sanitaire à ampleur internationale doit commande à la fois du sang-froid, de la transparence et puis de la rigueur. Moi je crois que tout ce qu'a fait jusqu'à maintenant le gouvernement allait dans le bon sens, mais que le gouvernement serait aussi bien inspiré d'écouter les propositions même quand elles émanent de l'opposition. Quand j'entends mon collègue Eric Ciotti, député des Alpes-Maritimes, s'inquiéter des retards pris par les hôpitaux à Nice, par les retards des tests de dépistage qui ne seront disponibles je crois qu'en début de semaine prochaine, alors que nous sommes à la frontière italienne, tout ça me semble légitime.

Et il nous semble légitime que puisse être organisé par exemple un plan d'urgence pour les départements frontaliers, entre autres avec l'Italie. Et pourquoi mettre de côté par principe, non pas la fermeture des frontières, mais des contrôles renforcés aux frontières ? Parce qu'on sait que tout ce qui permet de limiter les déplacements permet de limiter en partie la propagation du virus.

1:20
Présentateur

La Chine, avec des moyens considérables, a mis en place le confinement et la quarantaine de millions et de millions de personnes sans que ça marche.

1:26
Guillaume Peltier

Depuis ce matin, l'OMS annonce que grâce à l'ensemble des mesures mises en place par les autorités chinoises, pour la première fois, il y a une stabilisation de l'épidémie en Chine. Les Américains ont renforcé leur contrôle aux frontières. Nous ne disons pas que c'est la seule mesure. Bien sûr qu'il y en a plein d'autres. Le confinement, la prévention, les tests de dépistage. J'entendais ce matin les fédérations de parents d'élèves, je pense à la FCPE, qui demandaient par exemple le dépistage systématique des enfants qui ont pu faire des voyages récemment. Tout ça me semble aller dans le bon sens. Et je demande donc au gouvernement, dont je ne remets absolument pas en cause la volonté...

Il n'y a pas ce sujet de polémique là-dessus. Non, surtout pas. Il faut du sang-froid. Mais nous demandons au gouvernement une transparence absolue, des mesures rigoureuses, et de savoir aussi écouter les oppositions quand elles font des propositions responsables.

2:14
Intervenant

Renaud Deli ? Juste très précisément, très concrètement pour bien comprendre, quand vous évoquez des contrôles renforcés aux frontières, vous avez dit pas de fermeture aux frontières, mais des contrôles renforcés, ça veut dire un dépistage systématique des personnes qui viennent d'Italie par exemple ?

2:25
Guillaume Peltier

Je ne sais... Franchement, je n'ai jamais aimé les hommes politiques qui prétendent tout savoir sur tous les sujets. Je ne suis pas un spécialiste des questions de santé. Je fais confiance au gouvernement et aux autorités sanitaires. Mais... Et un produit sanitaire, des contrôles renforcés, ça ne peut pas être des contrôles aléatoires, ça n'aurait pas de sens. Mais, quand Eric Ciotti demande pour les Alpes-Maritimes, compte tenu de la pression de ce qui est en train de se dérouler en Italie, des contrôles aux frontières, et donc qu'on aboutisse progressivement à des dépistages par exemple systématiques, ça me semble aller dans le bon sens.

Donc, ce n'est pas parce que ça vient des Républicains que le gouvernement ne doit pas nous entendre. Nous sommes du côté du gouvernement, nous garantissons cette unité nationale et même européenne. J'entendais que les ministres de la Santé vont se réunir, je crois, cet après-midi, justement, pour réfléchir à des mesures concrètes. Donc, essayons d'additionner toutes les mesures qui permettront non seulement de rassurer nos concitoyens, mais d'éviter la propagation du virus.

3:17
Présentateur

Vous êtes élu d'un département, le Loir-et-Cher, qui compte sur son territoire de très nombreux sites touristiques. Le Château de Chambord, celui de Cheverny, le Zoo de Beauval, vous voyez, j'ai bien révisé. On a appris hier, les chiffres de France Info montrent une baisse très nette du nombre de touristes arrivés en France depuis le début de l'année. La chute est de plus de 30%. Les Chinois, je parle des touristes chinois, les Chinois qui sont les premiers, dont la France est le premier pays de destination. Est-ce que vous êtes inquiet aujourd'hui pour ces sites touristiques ? Est-ce que vous le ressentez déjà sur le terrain ?

3:46
Guillaume Peltier

Alors, pas encore en Loir-et-Cher, vous avez raison, c'est un département magnifique, sur le plan touristique et patrimonial en particulier, et j'invite évidemment tous les Français, tous les Européens à continuer à venir visiter nos sites touristiques. Mais... Il ne faut pas les fermer. Mais, non, surtout pas. Pas de psychose. Mais il faut une addition de mesures concrètes.

Regardons bien, d'abord écoutons et suivons les recommandations de l'OMS, d'une part, et deuxièmement, ce qui a été annoncé ce matin est très important, l'ensemble des mesures décidées par les autorités chinoises permettent, semble-t-il, selon les premières analyses de l'OMS, de stabiliser le phénomène en Chine, qui, hélas, se développe dans d'autres pays du monde. Donc, soyons raisonnables, soyons sérieux, soyons transparents, et sachons mettre en place et en pratique des mesures rigoureuses. Le dépitage systématique ou la mise en quarantaine, ça n'est pas grave, à partir du moment où c'est bien organisé, bien coordonné par le gouvernement français.

4:42
Intervenant

La réforme des retraites, Guillaume Pelletier, est en débat à l'Assemblée nationale depuis maintenant plus de dix jours, et au bout de dix jours, un seul des 65 articles a d'ores et déjà été adopté. À ce rythme, il faudrait compter encore au moins deux mois de débat. Comment sortir de ce blocage, selon vous ?

4:59
Guillaume Peltier

C'est vrai que je suis assez affligé, j'étais en Loir-et-Cher, dans ma circonscription, là encore, tout au long de ces derniers jours. Alors, de voir le spectacle, non, je serais cet après-midi, vous savez, on se relaie, on s'organise, un député, c'est à la fois le législateur à l'Assemblée nationale, et c'est le député d'un territoire qui est auprès de ses concitoyens. Hier, par exemple, j'étais au salon de l'agriculture avec les agriculteurs de Loir-et-Cher, il y a la question des retraites, c'est une question centrale, et puis il y a toutes les autres questions. Ce que j'assume parfaitement d'être ce député équilibré.

Mais, à l'Assemblée nationale, le spectacle offert par le Parlement à nos compatriotes relève aujourd'hui du grand guignol, avec des scènes de blocage qui proviennent de quoi ? Du mensonge initial, j'y reviendrai, du gouvernement, qui présente aux parlementaires, élus du peuple, un texte, 320 milliards d'euros, 14% du PIB, la question des retraites, sans le début du commencement d'une réponse sur une question essentielle, qu'est le financement. Et en face, un blocage obtus et caricatural des extrêmes. Nous, avec les Républicains et Christian Jacob, nous proposons une troisième voie, une sortie par le haut.

C'est ce que réclame depuis de longues semaines le président de notre parti, Christian Jacob. C'est de dire au Premier ministre et à l'ensemble du gouvernement, retirez votre réforme. Elle est incompréhensible. Personne n'y comprend rien. Il n'y a pas donc de financement. Elle est ressentie à juste 10% de la 13%.

6:28
Intervenant

Retirez votre réforme, ce n'est pas une sortie par le haut pour le gouvernement. Vous demandez au gouvernement de sortir, de retirer sa réforme. Mais quel est l'objectif du gouvernement ?

6:35
Guillaume Peltier

Ou alors il faudrait qu'il nous explique. Le gouvernement veut aboutir à une réforme des retraites, oui ou non ? Eh bien, si le gouvernement veut apaiser les tensions françaises, respecter le Parlement, le gouvernement doit retirer sa réforme, attendre la conférence de financement et ses résultats, puisqu'elle est présentée comme centrale et essentielle, et à l'issue de cette conférence de financement, présenter un nouveau texte aux parlementaires. Nous, en tout cas, comme opposition responsable, nous ne pouvons pas nous prononcer sur un texte dont on ne connaît ni les tenants et les aboutisants.

7:07
Intervenant

Nous avons, nous, été républicains, un contre-projet. Aujourd'hui, ce qui bloque à l'Assemblée nationale, Guillaume Pelletier, ce n'est pas le financement. La plupart des amendements, des milliers d'amendements qui sont déposés, ne portent pas sur le financement, mais sur le principe même de cette réforme. Donc le blocage ne serait pas levé par votre proposition. Ah si, je pense qu'il y aurait d'un côté... C'est la réforme systémique qui est contestée.

7:25
Guillaume Peltier

Si enfin on avait une réforme juste, c'est-à-dire qui dit la vérité aux Français, puisque nous vivons plus longtemps, nous devons travailler un peu plus longtemps, premièrement. Et grâce à cet effort partagé par tous, nous pourrons enfin garantir l'autonomie des caisses, des professions libérales et des avocats. Garantir pour maintenant les 1000 euros de retraite minimum pour les Français les plus modestes et les plus vulnérables. Je pense entre autres aux retraités agricoles dont on vient d'apprendre le mensonge d'État d'Emmanuel Macron ce week-end. Il avait promis les retraites agricoles à 1000 euros minimum pour tous dès maintenant. On a appris dans le texte que ce n'était pas avant 2022.

Et encore, il fallait pouvoir justifier 42 années de statut de chèques d'exploitation, ce qui est extrêmement rare. Ça a toujours été prévu, les 43 années de cotisation, c'est depuis le début de la réforme pour une carrière complète. J'ai entendu à votre antenne nombre de parlementaires en marche tout au long de ces derniers mois nous dire « Nous allons être les premiers ». Oui, il disait, pour ceux d'aujourd'hui, ça n'est pas vrai. Tous les retraités actuels, personne n'aura droit à une retraite à 1000 euros.

Donc nous demandons le retrait du texte, la fin de la conférence du financement, et nous, nous avons un contre-projet pour réformer les retraites de manière équilibrée, juste et pérenne, travailler un peu plus longtemps, et en face, soutenir les mères de famille, garantir la pénibilité, et garantir pour tous la retraite minimale à 1000 euros.

8:44
Présentateur

Que fera la droite si le gouvernement dévoile demain et dégaine demain l'article 49.3 de la Constitution ? On vous pose la question dans un instant, Guillaume Pelletier. D'abord l'essentiel de l'actualité, 8h41, Mélanie Delaunay.

8:55
Invité

C'est une mesure de précaution nécessaire, estime sur France Info le secrétaire national du syndicat des proviseurs, SNPDEN. L'éducation nationale demande aux élèves et aux profs de retour du nord de l'Italie de rester chez eux pendant 14 jours face à l'épidémie de coronavirus. Cela veut aussi pour tous ceux qui rentrent de Chine ou de Corée du Sud. Ils risquent 29 ans de prison, mais échappent à la perpétuité. Le producteur de cinéma américain Harvey Weinstein, reconnu coupable de viol et d'agression sexuelle, il est en détention en attendant l'annonce de sa peine dans 15 jours.

Une trentaine de blessés dans le centre de l'Allemagne, le conducteur d'une voiture a foncé dans la foule lors d'un carnaval. Une enquête pour tentative de meurtre est ouverte. Une nouvelle tentative des associations de consommateurs et de défense de l'environnement contre les limites d'épandage des pesticides. 5 ou 10 mètres des habitations, elles trouvent que c'est trop proche et déposent aujourd'hui un recours devant le Conseil d'État.

9:52
Locuteur non identifié

France Info. Et tout est plus clair.

9:56
Présentateur

Avec Guillaume Pelletier, numéro 2 des Républicains, face à la situation, Guillaume Pelletier, que vous décriviez il y a quelques instants, de blocage depuis près de 10 jours à l'Assemblée nationale, le gouvernement pourrait recourir au 49-3 qui lui permet de se passer d'un vote de l'Assemblée nationale pour faire adopter l'ensemble de la réforme. Ce serait grave ou pas ?

10:13
Guillaume Peltier

Je pense que sur une question aussi importante, oui, la droite a réformé les retraites en 1993, 2003 et 2010 et n'a jamais utilisé sur cette question, ô combien importante, le 49-3. Vous l'avez utilisé sur bien d'autres questions. Sur d'autres...

10:25
Intervenant

En 1993, c'était même des ordonnances, Guillaume Pelletier.

10:28
Guillaume Peltier

C'est une autre question. La question des retraites, non mais je veux bien qu'on dise, c'était pas mieux avant, la droite sur la question des retraites a été courageuse. La droite, en 2010, Nicolas Sarkozy a fait passer l'âge légal de départ à la traite de 60 à 62 ans, garantissant la pérennité du système pour les 10 années qui ont suivi. Avec quelques manifestations, certes, quelques blocages ici ou là, mais à la fin, une réforme qui a été enterrinée par le Parlement et acceptée par les Français. C'est donc possible. Le 49-3, c'est un coup de force qui n'est pas la solution sur un sujet aussi important, aussi fondamental.

D'autant plus que je le répète, nous n'avons aucun élément et aucune information sur le financement de cette immense réforme qui concerne tous les Français.

11:13
Présentateur

Quelle sera la position, Guillaume Pelletier, de votre parti sur la motion de censure que ne manquerait pas de déposer notamment les insoumis ? Est-ce que la droite pourrait s'associer à la gauche aujourd'hui pour demander le départ du gouvernement d'Edouard Philippe ?

11:27
Guillaume Peltier

Nous avons une position radicalement opposée à celle de la gauche et des insoumis, puisqu'eux ne veulent pas de réforme des retraites. Nous, nous voulons une réforme des retraites, mais nous en voulons une juste et pérenne. Donc vous ne voterez pas la censure ? Mais nous sommes le premier groupe d'opposition, nous sommes tout à fait en mesure de déposer nous-mêmes une motion de censure au nom des arguments qui sont les nôtres. C'est-à-dire non à votre coup de force, non à votre réforme injuste. Écoutez la proposition de la seule opposition républicaine qui vous présente un contre-projet viable et pérenne, qui est celui des Républicains. Donc vous déposerez une motion de censure ?

Pourquoi pas ? La décision n'est pas prise. Mais c'est une décision que nous prendrons collectivement avec Christian Jacob, avec Damien Abad, mais c'est extrêmement probable, puisque si le gouvernement choisissait de baïonner le Parlement, il est légitime que les élus du peuple défendent un autre point de vue, qui est celui d'un autre projet, d'un contre-projet alternatif à celui très injuste d'Emmanuel Macron.

12:17
Présentateur

Guillaume Pelletier, après un faux départ hier, le procès de François Fillon et de son épouse Pénélope pour détournement de fonds publics devrait reprendre, devrait débuter même demain. Qu'est-ce que vous attendez de lui, de l'homme qui a porté vos couleurs à la dernière élection présidentielle lors de cette audience ?

12:32
Guillaume Peltier

Pour nous, rien, c'est à lui de défendre ses arguments et son honneur. Et j'ai toujours pris l'habitude, alors c'est peut-être l'une de mes marques de fabrique dans ce débat public. Moi, je ne me suis jamais considéré comme journaliste ou juge. Je suis un homme politique qui essaye de parler des sujets de fond et d'apporter des réponses concrètes aux souffrances de nos compatriotes. Donc c'est un sujet qui, je le dis avec force, compte tenu de l'instruction judiciaire et du procès qui commence, ne me regarde pas. C'est à la justice de se prononcer, à François Fillon défendre son honneur.

13:03
Intervenant

On se souvient, Guillaume Pelletier, que cette affaire a éclaté dans un contexte particulier, en l'occurrence la dernière campagne présidentielle. Voici d'ailleurs précisément ce que disait ici même à votre place hier le député de la France Insoumise du Nord, Hugo Bernalissi.

13:16
Auditeur

Vous remarquerez avec moi que dans ce genre d'affaires, le calendrier du moment où l'affaire sort est toujours un élément assez surprenant. Je ne sais pas s'il y a un complot. Je m'interroge sur ceux qui sortent les infos et quand ils les sortent, je ne m'interroge pas sur le traitement de la justice. Est-ce que vous avez ces réponses, Guillaume Pelletier ?

13:34
Guillaume Peltier

Est-ce que vous vous interrogez vous aussi ? Vous, nous, les Français, s'interrogent et s'inquiètent systématiquement, et ça concerne l'ensemble des responsables publics, du temps de la justice. De deux manières. Pourquoi tant d'affaires sortent au moment des campagnes électorales, d'une part, et pourquoi il y a un temps si long entre le moment où se sont dévoilés ces sujets et ils sont jugés ? Oui, c'est une question que collectivement, nous devons nous poser. Moi, je crois, j'espère profondément que la justice dans notre pays est indépendante.

J'ai, et ça concerne l'ensemble des forces politiques, parfois de sérieux doutes sur l'indépendance de notre système judiciaire vis-à-vis du pouvoir politique.

14:17
Intervenant

Vous vous interrogez, vous dites, Guillaume Pelletier, sur la raison pour laquelle tant d'affaires sortent pendant la campagne électorale. Ce que vous venez de dire, ça signifie que vous souhaiteriez une trêve qui n'est pas d'affaires, qui n'est pas d'affaires qui concernent des candidats en campagne pendant plusieurs mois avant un scrutin ?

14:30
Guillaume Peltier

Je pense que l'esprit de la Ve République, la violence nouvelle des réseaux sociaux, et donc la propagation très rapide de toute information, commandent pour des élus du peuple, en campagne présidentielle, la mère de toutes les batailles dans notre système institutionnel, une forme de distance. Est-ce que la séparation des pouvoirs permet à la justice de s'immiscer dans le choix du peuple ? C'est une question que, collectivement et de manière très apaisée, nous devrions nous poser.

15:01
Intervenant

Au risque d'élire un candidat qui serait éventuellement coupable et qui ne pourrait pas être condamné ensuite en vertu de l'immunité présidentielle ?

15:08
Guillaume Peltier

Ou au risque d'écarter un candidat qui serait innocent, dont le programme serait apprécié par les Français, et qui ne pourrait donc pas se présenter dignement devant nos compatriotes. Donc je pense qu'il faut du recul. Je crois profondément à la séparation des pouvoirs entre le pouvoir exécutif, le pouvoir législatif et le pouvoir judiciaire. Il n'est jamais sain quand l'un de ces pouvoirs s'immisce dans la souveraineté et l'autonomie d'un autre.

15:30
Présentateur

Guillaume Pelletier, est-ce que le filionisme politique, celui qui prévoyait de supprimer 500 000 fonctionnaires, de dérembourser certains médicaments, on se souvient de la polémique pendant la campagne sur les petits rhumes et les gros rhumes, les gros rhumes il faut continuer à les rembourser, les petits un peu moins, est-ce que cette politique-là, libérale, on va la qualifier comme ça, elle est morte et enterrée aujourd'hui à droite ?

15:50
Guillaume Peltier

Ce qui est certain c'est qu'avec Christian Jacob, avec Aurélien Pradié, avec toute la nouvelle équipe dirigeante, notre filiation elle est gaulliste, chiracienne, sarkoziste. C'est-à-dire que notre objectif très profond, nos convictions très enracinées, c'est de faire émerger enfin comme alternative à Emmanuel Macron et comme alternative à Madame Le Pen, une droite populaire, une droite qui défend la valeur du travail, qui retrouve un écart entre les revenus du travail et les revenus de l'assistance, une droite qui refait de la laïcité une valeur centrale, une droite qui réconcilie tous les territoires, la droite au fond de l'égalité des chances et de l'ascenseur social.

Je vais juste vous raconter, moi, mon is, pourquoi je suis de droite ? Je suis de droite parce que je considère que c'est le parti qui permet à quelqu'un venu de tout en bas, à la force de son travail, de son talent, de son énergie, de son implication, dans le domaine associatif, dans le domaine entrepreneurial, dans le domaine politique, un jour de devenir quelqu'un. C'est le parti de l'ascenseur social. C'est le seul parti qui permet de ça.

Aujourd'hui, oui, je pense qu'entre le macronisme qui ne parle qu'à ceux qui vont très bien et les extrêmes qui ne parlent qu'à ceux qui vont très mal, il y a au milieu 70% des Français, les classes moyennes, les milieux de cordée qui sont politiquement orphelins et c'est à eux que nous nous adressons et nous sommes aujourd'hui le grand mouvement populaire porte-parole de cette France oubliée.

17:09
Présentateur

Vous avez proposé il y a quelques mois une augmentation massive du SMIC, des salaires et du SMIC de l'ordre de 20%. C'est votre proposition dans votre coin ou ce sera celle du prochain candidat de la droite à l'élection présidentielle quitte à fâcher sans doute une partie aussi de votre électorat et peut-être une partie du patronat ?

17:26
Guillaume Peltier

Alors il y a deux choses. D'abord, pour être très précis sur ma proposition, moi, oui, je maintiens mon idée qui est dans mon livre « Un milieu de cordée » d'augmenter les salaires de 10 à 20%, tous les salaires, en échange d'une baisse drastique des cotisations patronales et salariales. Donc les entreprises ne pourraient qu'être favorables à ma proposition pour créer un électrochop. Et vous pilotez la convention de LR sur le pouvoir d'achat. Et vous avez raison. Donc ce sera la proposition de LR. Et donc je réponds précisément à la question de Marc Vell, vous avez tout à fait raison.

Christian Jacob m'a demandé de coordonner la grande convention nationale sur les salaires, le travail et le pouvoir d'achat qui aura lieu au mois de juin prochain. Il y a plein de propositions qui vont être en débat. Je ne prétends pas que mes propositions, mes contributions vont devenir les propositions demain des Républicains. Mais en tant que numéro 2 du parti, il est légitime que je fasse ce grand travail sur les idées. Il n'y a pas que celle-ci. Et nous en débattrons ensemble. Nous avons commencé déjà avec Christian Jacob à rencontrer les organisations patronales et salariales. Et nous ferons des propositions au mois de juin prochain sur la question des salaires.

18:19
Présentateur

Et avant le mois de juin, il y a le mois de mars, les élections municipales qui approchent dans moins de 3 semaines maintenant. On va en parler dans un instant avec vous, Guillaume Pelletier. Le temps de jeter un oeil et une oreille sur les titres de l'actualité à 8h51. Voici Mélanie Delaunay.

18:31
Invité

Les ministres de la Santé des pays voisins de l'Italie ont rendez-vous cet après-midi à Rome. Une réunion pour définir une action commune face au coronavirus. 7 morts de l'autre côté des Alpes. Plus de 200 malades, principalement en Lombardie et en Vénétie. Conséquence du virus, les bourses plongent dans le monde entier. Et les touristes chinois sont moins nombreux à venir en France. Leurs destinations préférées, selon Bercy, sont entre 30 et 40% de moins depuis le début de l'épidémie. Emmanuel Macron reçoit aujourd'hui des associations à l'Elysée. Il veut systématiser les chartes de la laïcité pour lutter contre ce qu'il appelle le séparatisme islamiste.

C'est sa première apparition publique. Asia Bibi, cette chrétienne condamnée à mort pour blasphème au Pakistan, devient aujourd'hui citoyenne d'honneur de la ville de Paris. Vendredi, elle va rencontrer le chef de l'État. Elle souhaite obtenir l'asile en France.

19:24
Locuteur non identifié

France Info. Et tout est plus clair.

19:28
Présentateur

Toujours avec le numéro 2 des Républicains, Guillaume Pelletier. Et avant d'aborder la question des municipales, celle de la lutte contre le terrorisme. Renaud Delis.

19:35
Intervenant

Et on sait que plusieurs dizaines de détenus qui ont purgé leur peine mais qui avaient été condamnés pour terrorisme vont être libérés dans les mois et les années qui viennent. Nicole Biloubet a confirmé hier le chiffre de 43 en 2020, une soixantaine dit-elle en 2021. Vous préconisez, Guillaume Pelletier, des mesures de rétention de sûreté après que ces détenus aient purgé leur peine pour les garder en fait. Mais jusqu'à quand est-ce que ce serait une rétention de sûreté à perpétuité que vous voulez leur infliger ?

20:01
Guillaume Peltier

D'abord je trouve que la situation est extrêmement préoccupante et grave. 300 condamnés pour terrorisme qui vont être libérés d'ici 2022 selon les chiffres de la garde des Sceaux, c'est extrêmement inquiétant. Et quand elle nous dit que c'est pas grave parce qu'ils seront obligés tous les 3 mois de donner leur adresse dans un commissariat et qu'ils seront suivis par nos services de renseignement, les français ont de quoi s'inquiéter. Moi j'accuse Emmanuel Macron de non-assistance à pays en danger sur un sujet ô combien important et sur lequel nous faisons preuve, le gouvernement fait preuve, d'angélisme voire d'amateurisme.

20:34
Intervenant

Donc ils ont purgé leur peine mais on les garde en rétention à perpétuité.

20:37
Guillaume Peltier

Pas de liberté pour les ennemis de la liberté. Même s'ils ont purgé leur peine. Oui, la sécurité des français est plus importante que la liberté des apprentis terroristes. Nous demandons la rétention de sûreté, nous demandons d'abord l'expulsion des fichiers S étrangers et nous demandons, vous savez, le général de Gaulle avait créé en 1944 une peine d'indignité nationale. Il y avait en 61 et 63, par ordonnance, il y avait en 61 et 63 des tribunaux d'exception. Oui, nous pouvons créer un tribunal de sûreté nationale, un tribunal d'exception sur la question du terrorisme qui garantirait l'enfermement des terroristes à leur sortie de prison.

21:16
Intervenant

Mais pas pour ceux qui vont être libérés dans les 2 et 3 ans qui viennent alors qu'ils ont déjà purgé leur peine. Vous ne pouvez pas leur appliquer un nouveau jugement dès lors qu'ils n'ont rien fait, qu'ils ont purgé leur peine.

21:25
Guillaume Peltier

Mais vous savez, pour M. Moreau, le dernier qui a été libéré, l'administration pénitentiaire reconnaît que sa situation et son comportement s'est aggravé en prison. Et il est libéré, il est libre à l'heure où nous parlons. Alors nous faisons quoi ? Nous prenons le risque pour nos compatriotes ? Moi je considère que lorsqu'il y a présomption, bien sûr que ça ne doit pas être une décision arbitraire de Renaud Deli ou de Guillaume Pelletier.

21:49
Intervenant

Donc il faut les rejuger à leur sortie. Oui, exactement. Il faut tous les rejuger à l'issue de leur peine.

21:53
Guillaume Peltier

Il faut un tribunal judiciaire qui pourrait d'ailleurs se réunir de manière régulière. Ce n'est pas forcément une décision pour à nouveau 10 ou 20 ans. Mais il est hors de question que des personnes dangereuses pour nos concitoyens soient aujourd'hui libres et nées comme seule contrainte que de devoir donner leur adresse tous les 3 mois à un commissariat. On marche sur la tête. J'appelle à une prise de conscience nationale sur la question du terrorisme. Regardons ce qui se passe ailleurs. Regardons ce que viennent de mettre en place les Britanniques par exemple, avec des peines planchées de 14 années minimum. Il y a plein de solutions.

La rétention de sûreté des tribunaux judiciaires d'exception. En tout cas, le principe qui doit être le nôtre, c'est que la sécurité des Français l'emporte largement sur la liberté des terroristes.

22:40
Présentateur

Dans moins de 3 semaines, Guillaume Pelletier, les élections municipales, c'est quoi pour vous à droite aujourd'hui ? C'est le début de la fin du bout du tunnel du purgatoire qui arrive ?

22:49
Guillaume Peltier

Il faut toujours rester modeste. Nous sortons d'une dizaine d'années terribles, de défaites à l'élection présidentielle, un scrutin européen catastrophique. Et donc l'objectif que nous portons avec Christian Jacob, c'est d'abord de rassembler, d'apaiser notre parti. Je pense que vous avez vu de Nice à Paris, les liens avec Nicolas Sarkozy, le retour de François Baroin dans l'équipe dirigeante, que nous sommes en train de réussir ce rassemblement. Et nous voyons aussi que cela paye dans les sondages. Restons mesurés parce que les suffrages ne sont pas les sondages. Mais c'est vrai que la dynamique, par exemple, qu'incarne Rachida Dati à Paris est incontestable.

Elle a doublé son score en 4 mois de campagne.

23:28
Présentateur

Elle n'est pas en dessous de celui de NKM à la dernière élection de Nathalie.

23:31
Guillaume Peltier

Oui, mais à l'époque, il n'y avait pas des listes en marche. Donc Madame Hidalgo fait moins et la droite fait moins. Mais depuis, il y a deux listes en marche. Ce qui est incontestable, c'est qu'aujourd'hui, la seule alternative crédible à la politique d'Anne Hidalgo, c'est Rachida Dati. C'est le projet de Rachida Dati, au nom et au service des Parisiens. Et c'est, vous pouvez vous-même le reconnaître, une nouveauté d'analyse incontestable par rapport à l'automne dernier.

23:54
Intervenant

Au niveau national, vous voulez porter une alternative au gouvernement en place. Vous l'avez expliqué. Qu'est-ce que vous dites à vos électeurs, les électeurs LR, au Havre, où il n'y a pas de liste, les Républicains opposés au Premier ministre Édouard Philippe ? Nous disons que nous sommes cohérents, puisque les Républicains ne soutiennent pas la liste d'Édouard Philippe au Havre.

24:10
Guillaume Peltier

Ils ne présentent pas de liste contre Édouard Philippe ? Oui, c'est un contexte particulier, puisqu'Édouard Philippe ayant annoncé sa candidature quelques jours avant le dépôt des listes, et nous sommes lucides et honnêtes, comme c'est une fédération qui a été abîmée par les trahisons que vous évoquiez, en l'occurrence celle du Premier ministre, nous n'étions pas en mesure de présenter une liste alternative. Mais nous disons aux Français que dans la quasi-totalité des communes de notre pays, il y a des listes des Républicains. Nous sommes le premier parti de France dans les territoires, des conseillers municipaux dans la quasi-totalité des villes de France.

Et donc, ils ont l'opportunité, au nom d'un bouclier territorial, de voter pour une autre politique que celle du Président de la République, et une autre politique que celle des extrêmes. Au fond, nous sommes la seule réponse. Si vous ne voulez pas du duel Macron-Le Pen, il y a un bulletin de vote, et ce bulletin de vote, c'est celui des Républicains. À part au Havre.

24:57
Intervenant

Et à Tourcoing.

24:58
Guillaume Peltier

Il y a quelques exceptions ici ou là. Nous sommes en train de travailler, vous savez, ça fait 4 mois que nous sommes là, donc il faut du temps.

25:04
Présentateur

Merci à vous Guillaume Pelletier, dans 2009h sur France Info. Et l'info politique, n'oubliez pas, c'est aussi un podcast original sur France Info, Paris, la bataille, le feuilleton des municipales, un nouvel épisode tous les vendredis, un podcast à écouter sur franceinfo.fr, disponible aussi sur l'application Radio France. Sous-titrage Société Radio-Canada

Réforme des retraites, lutte contre le terrorisme, municipales... "Le 8h30 franceinfo" de Guillaume Peltier — Guillaume Peltier · Pourquijevote