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Podcast / conversationyoutube.com· 20 septembre 2026 59 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsÉducation & rechercheEurope & internationalSolidarités & famille

“Puy du fou de gauche” : un cas d’école de la bataille culturelle contre l’extrême droite

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 61 %Attaque 29 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:43OuverteRéponse directe

    Pourquoi avoir proposé un Puy du Fou de gauche et qu'est-ce que vous avez en tête exactement ?

  • 4:20OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que vous avez pensé du Puy du Fou que vous avez visité ?

  • 10:11OuverteRéponse directe

    À quand un Puy du Fou de gauche ? Quel est l'objectif ?

  • 14:24OuverteRéponse directe

    Comment vous réfléchissez à ce débat sur la formule Puy du Fou de gauche ?

  • 18:21OuverteRéponse directe

    Un service public de l'histoire, qu'est-ce que vous en pensez ?

  • 22:37OuverteRéponse directe

    Comment articuler histoire militante et histoire savante ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 5:48Mathilde DerFait
    « C'est deux merdes, ce qui fait beaucoup de merde. C'est de la merde historique. »
  • 7:17Mathilde DerFait
    « C'est une histoire qui n'est au service que de la valorisation de la monarchie, de l'Église catholique, de l'aristocratie. »
  • 12:20Arnaud FaussierFait
    « Mener cette bataille quand on est historien et historienne, c'est construire des récits, c'est imaginer des récits. Ça veut pas récit, ça veut pas dire tissu de mensonge. »
  • 52:49non_speechFait
    « Donc lui, il avait l'idée d'un puit du fou de gauche de il y a déjà il y a déjà 2 ans. »
  • 53:33non_speechFait
    « Ce festival a été supprimé par la municipalité, hein. »
  • 54:54non_speechPromesse
    « il faut encore une fois un service public culturel un service public de la vulgarisation ça j'insiste là-dessus en fait donc mais j'arrête pas de le répéter mais c'est central »
  • 55:31non_speechFait
    « il y a aussi plein de trucs en fait qui peuvent être faits mais encore une fois tout ça nécessite des moyens. »
  • 56:07non_speechFait
    « Qu'est-ce qu'on a fait ? On a créé des cours du soir pour que bah concrètement les propriétaires et il puissent aller en fait tout bêtement bah suivre des cours en fait donc hein qui étaient adaptés quoi »
  • 56:43non_speechFait
    « On voit aussi que même sur le service public maintenant dans les grilles, il y a des éditorialistes d'extrême droite. »
  • 57:27non_speechFait
    « quand on vient de dire que au en 1936, au moment où le fascisme est en train de gagner l'Europe, que il a vaincu en Italie, qu'il a vaincu en Allemagne, qu'il est en train de concurrir l'Espagne et que à la place la France offre ouvre une page non pas noire mais de joie »
  • 58:11non_speechFait
    « ils imaginaient des jours heureux et ben on commence à rempli de fierté »

Temps de parole

  • ?100 %

≈ 0,3 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Locuteur

Alors la droite Cédric l'a dit, l'extrait droite attaque l'histoire, la récupère, l'instrumentalise, la déforme. On le voit au puit du fou par d'attraction fondée par Philippe de Villier qui propose selon la vie générale des spectacles impressionnants de qualité qui attirent énormément de monde, jusqu'à 3 millions de personnes en 2025. Le problème c'est que Deviler s'en sert pour vendre sa vision fantasmée, réactionnaire, ultra ultra catholique et contre révolutionnaire de l'histoire de France. Il vend un roman national grotesque. Face à cela, tout le monde est d'accord ici pour ne pas laisser l'histoire à la droite, à l'extrême droite. Mais comment répondre ?

Alors, nous allons en débattre avec François Ruffin, député debout et candidat à l'élection présidentielle, Mathilde Arre, historienne et deux autres historiens, Arnaud Faussier et William Blanc. Alors première question, l'histoire, la mémoire sont des champs de bataille politique à ne surtout pas abandonner au conservateur. C'est dans ce contexte qui a été proposé un puit du foot gauche notamment par François Ruffin. Vous êtes même allé sur place rencontrer les équipes, on l'avait vu à la télé pour voir comment ça fonctionne. Première question François Ruffin. Pourquoi avoir proposé un puit du fou de gauche et qu'est-ce que vous avez en tête exactement ? Bonjour à vous.

D'abord, merci pour votre invitation et merci de m'accueillir dans ce colloque d'historien. Euh je veux dire une chose d'abord vous savez Clémanceau disait que la guerre était une affaire trop sérieuse pour être laissée aux militaire et je détourne souvent ça en disant l'agriculture est une chose trop sérieuse pour être laissée aux seuls agriculteurs. Et ma conviction sans je sais que vous la partagez c'est que l'histoire est une chose trop sérieuse pour être laissé aux seuls historiens qu'elle appartient aussi au au citoyens et bien sûr que l'histoire comme tout est politique. Ensuite, je vais vous dire pourquoi je suis venu sur cette proposition.

Il y a il y a une dizaine d'années, je deviens député. Je fais mon premier 14 juillet à Aville dans la sous-préfecture de la Somme et dans toute la cérémonie, il y a des hommages au monuments au mort. Très bien. Il y a le défilé des pompiers, très bien. Il y a les gendarmes, très bien. Il y a les anciens combattants, très bien. Mais il y a pas un mot sur 1789, pas un mot sur la prise de la bassille, pas un mot sur la révolution française. C'est-à-dire qu'on est le jour de la fête nationale qui évidemment le 14 juillet 1789 et 1790, la fête de la Fédération. Mais il y a pas un mot, c'est comme un espèce de grand trou. Et je me dis bon sant pourquoi ? Pourquoi ?

parce qu'en fait c'est le péché originel, c'est le péché originel d'une République bourgeoise pour ainsi dire. Ce moment où la gauche, le peuple, la France se rencontent, s'épousent et produisent la grande révolution. Et je vois là un espèce de trou de grand silence et je me dis c'est pas normal. C'est pas normal parce que c'est de là que vient le drapeau tricolore, c'est de là que vient la Marseillaise, c'est de que vient le triplique liberté, égalité, fraternité. C'est de là que vient la République. C'est que de là que vient la déclaration des droits de l'homme et du citoyen. Et pourtant, c'est comme si ça avait été abandonné, comme si ça avait été oublié.

Et ça n'est pas une bataille, y compris pour la gauche, de maintenir cette mémoire. Or c'est encore là, c'est encore dans ce creuser qu'on a des chances de raviver les braises. Quand les gunes montent sur les ronds-points, quel imaginaire populaire il mobilise ? La révolution française, c'est on vient pour chasser le roi Macron. sa reine Marie-Antoinette, nous sommes les nouveaux sans culottes, nous remplissons des cahiers de toolérance, nous faisons des états généraux. Donc ça reste encore là vivant et évidemment notre rôle c'est de maintenir les braesses parce que c'est de là que peut repartir l'espoir que gauche et populaire se conjugue.

Évidemment je vois toute la bataille qui est menée en face. Une bataille historiographique depuis François Furet mais une bataille qui se décline en roman qui se décline en film qui se décline en plateau télé.

qui ne ferait de la révolution française qu'un gigantesque bent et appuyer sur ce qui a été créé dans les années 80 dans une vision idéologique qui était de dire voilà contre révolutionnaire au puit du fou avec 3 millions de visiteurs chaque année et je me dis mais nous nous n'avons même pas place de la pastille un musée de la révolution c'est un grand abandon et moi je viens me demander demander aux historiens demander aux politiques, demander aux militants Comment ça se fait qu'on a ce grand silence et je pense que si on maintient ce trou autour de la grande révolution française, on peut pas repartir de l'avant vers une gauche qui redevient populaire.

Merci Mathilde, vous avez écrit l'ouvrage collectif Le puit du faux, enquête sur un parc qui déforme l'histoire. Qu'est-ce que vous avez pensé de ce parc que vous avez visité ? Vous avez vu les spectacles et est-ce qu'il faut y répondre selon vous par une version de gauche ? Bien sûr. On peut échanger les micros. Et là ça marche. Ouais. Salut tout le monde. Euh oui bah oui oui oui, j'y suis allée. J'y suis allé effectivement avec trois autres historiens que je veux nommer parce que là c'est moi mais on a fait ça vraiment à quatre. Donc Pauline Ducré, Florian Besson et Guillaume Lancereux. On est parti à Lancer, on est parti à à quatre là-bas. On est resté 4 jours.

Qu'est-ce qu'on en a pensé ? ce que vous disiez au début, à savoir que oui, c'est réussi en terme de qualité, le le le la forme est réussie et il y en a qui sont allés au puit du fou là, soyez honnête. Bon voilà, la pyrotechnie elle est pas mauvaise, les cascades sont pas mauvaises. Voilà, sur le fond, c'est de la merde. A raison. C'est deux merdes, ce qui fait beaucoup de merde. C'est de la merde historique. C'est-à-dire que c'est bourré d'erreur, bourré d'anachronisme. Je veux dire tout ce que les historiens et les historiennes travaillent, publient, essayent de diffuser parce que on fait plein de choses pour essayer de diffuser au puit du fou il s'assoit dessus avec 10 fesses.

Enfin tellement ils en ont rien à faire. On a beau leur dire ce n'est pas comme ça, c'est faux hein. Donc historiquement ça ne va pas. pour donner un exemple parce que c'est vrai que souvent les gens qui vont au puit du fou et c'est tout à fait normal, ils sont pas forcément sensibles euh aux anachronismes parce que voilà, faut avoir euh une connaissance historique. le niveau d'erreur au puit du fou.

Imaginez qu'il y ait un parc sur l'histoire du foot et que vous rentriez dans un stade où vous verriez genre on vous dit c'est le stade de l'histoire du foot et vous verriez des gens en combinaison de plongé jouer sur un je sais pas moi un terrain de tennis avec un ballon de rugby et on vous dirait c'est l'ancêtre du C'est ce niveau-là de connerie le puit du fou vraiment quoi. C'est complètement c'est n'importe quoi. Bon et c'est une histoire qui n'est au service que de la valorisation de la monarchie, de l'Église catholique, de l'aristocratie. Voilà, vous visitez un truc, le roi passe, vous êtes censé Ah ben voilà, le roi passe et euh bah il passe beaucoup.

J'espère que personne ne va trop mal. Une fois, j'ai terminé là-dedans à la fête de l'humain et donc on remercie l'hôpital de la fête de l'humain et euh bref et donc vous passez le le roi un un personnage qui joue François 1er passe et il y a une voix qui vous dit faites la révérence devant le roi mais ça va pas moi je fais pas la révérence devant le roi enfin c'est quoi ce délire enfin donc tous les gens étaient là et et nous quatre On était debout, on disait ben non, pendant le spectacle à la fin ils sont tous à crié vive le roi vive le roi moi j'étais là vive la commune. Enfin bon bref c'était le bordel.

[acclamation][applaudissements] Donc c'est au service effectivement d'une histoire de droite. Alors si Zemmour faisait un parc, ce serait pas le même hein parce que les réécritures des de l'extrême que la droite et l'extrême droite fait de l'histoire, c'est pas les mêmes. Chacun a ses lubis là, c'est droite, trade, réac, cateau, monarchie. Voilà. Et puis après c'est aussi de la merde politiquement parce que de fait, je viens de vous le dire, c'est des idées de droite donc ça ne va pas pour ça.

Et pour répondre à la deuxième question, je ne suis pas je suis évidemment 100 % d'accord avec François Ruffin sur le fait qu'il faut faire des spectacles, il faut faire tout ce que l'on peut pour faire une pas moi j'appelle pas ça une histoire de gauche, j'appelle ça avec mes mes co-auteurs Laurence Deco et et Guillaume Mazo une histoire émancipatrice. Et quand il s'agit d'émancipation, bah en fait on est de gauche hein de fait mais je préfère dire émancipatrice. Évidemment qu'il faut le faire et des historiens, des historiennes le font, des dramaturges le font, des conservateurs du patrimoine le font, des écomusées le font.

On le fait mais bon pas avec le même fric hein, c'est pas voilà par exemple inscrivez-vous aux visites de Guillaume Mazo qui fait visiter Paris de la révolution. C'est génial. Là vous allez avoir un truc absolument nickel en terme d'histoire et en même temps vous apprendrez plein de choses sur site. Bref, mais je veux pas qu'on reprenne le mot puit du fou en fait. Euh c'est pas parce qu'on va mettre de gauche que c'est mieux. Je veux dire la merde de droite, c'est pas parce qu'on dit merde de gauche que c'est pas de la merde. Donc puis du fou faut l'enlever. C'est comme matronice de gauche. On n'y croit pas à Macronice de gauche. Donc il faut pas prendre le nom, il faut faire autre chose.

Et justement notre force à tous et à toutes ce sera d'inventer un autre nom. Alors je sais pas ce que ça sera parce que moi c'est pas mon boulot. Mon boulot c'est de faire l'analyse historique des trucs, mais on va trouver un autre nom. Merci. Euh Arnaud Faussier, vous avez signé l'an dernier, il y a 1 an tout pile, c'était en septembre 2025, une tribune dans le monde pour un pu du foot de gauche. C'était c'était une expression. Quel est le Ouais. à quand un pu du foot de gauche ? Euh quel est l'objectif ?

Est-ce que l'objectif, on a vu l'écueil de d'opposer un roman national de gauche et un roman national de droite ou au contraire d'attirer du monde pour faire réfléchir, donner sa place à toute la complexité de l'histoire, aux évolutions de l'historiographie et à la pensée critique en faisant quelque chose de populaire et de rigoureux. Bonjour d'abord bonjour à toutes et tous. Je vais rejoindre, je vais d'abord dire un mot sur cette formule qui a donné lieu à évidemment pas mal de malentendus et donc je vais rejoindre Mathilde.

Je crois qu'il faut se débarrasser de cette formule que moi j'ai c'est-à-dire cette formule qui tourne autour du puit du fou et de de concevoir d'imaginer un équivalent qui serait de gauche mais qui resterait un puit du fou. Donc débarrassons-nous effectivement de cette notion toxique sur le plan politique notamment. Je suis bien d'accord avec ça.

Ensuite, moi c'est vrai quand je l'ai employé à ce moment-là, c'était pour dire, c'est un constat qu'on partage tous et tu l'as rappelé en en introduction, on est dans une bataille culturelle, on est tous plongés, plus ou moins consciemment, mais on est tous plongés dans cette bataille dans cette bataille culturelle qui est amené à s'intensifier évidemment dans les mois dans les mois à venir. Et à partir de là, j'avais l'impression, j'avais une un sentiment un peu d'impuissance. Évidemment que énormément d'historiens depuis très longtemps s'engagent et euh proposent évidemment sous la forme par exemple de de spectacle, de pièces de théâtre, de visite guidée, euh euh de séries et j'en passe.

Tous les tous les médiums sont bons à prendre, il n'y a aucun doute là-dessus. Mais j'avais l'impression que s'affirmer de gauche et être porteur effectivement d'une histoire alors émancipatrice bien sûr, mais aussi d'une histoire critique que beaucoup d'historiens et d'historiennes n'osaient pas le dire ou plus exactement n'osaient pas aller sur ce terrain de la bataille culturelle en disant on a fort affaire dans les temps à venir et on doit se mobiliser, on doit se fédérer quel que soit d'ailleurs notre positionnement sur le spectre. être politique de gauche. Je pense que plus on est, mieux c'est pour mener cette bataille.

Et mener cette bataille quand on est historien et historienne, c'est construire des récits, c'est imaginer des récits. Ça veut pas récit, ça veut pas dire tissu de mensonge. Au contraire, moi ce que je voulais promouvoir aussi à travers ce petit texte, c'était faisons, proposons des récit qui soient fondés sur des sources puisque c'est ça que les historiens et les historiennes font de spécifique et notamment par rapport au puit du fou où aucun historien, aucune historienne ne travaille pour le puit du fou et ne travaille au puit du fou. D'où le côté évidemment absolument délirant, outre le fait qu'il s'agit évidemment d'idéologue réactionnaire euh monarchiste et raciste et intégriste.

Euh mais outre ça, le problème c'est aussi que là-bas, il n'y a pas d'historien qui travaill proposition qui vise à construire non pas un roman national au sens où évidemment au sens où on délivrerait là aussi des mensonges, des mythes et cetera. C'est en fait le contraire. C'est proposer une histoire qui disent la vérité historique et toute la vérité historique sans sans euh l'occulter. Alors après peut-être qu'on on en reparlera mais sur quel est le contenu ? Qu'est-ce qu'on peut mettre dans ce récit de gauche qui ne serait pas un roman national ? Et qu'est-ce qu'on raconterait ? Quels sont les épisodes de l'histoire qu'on mettrait en avant ?

Quels sont les les personnages quels sont les groupes sociaux surtout qu'on mettrait en avant ? Et ça peut-être qu'on en rep du du contenu lui-même, on va peut-être reparler. Bah avec plaisir. Oui. Oui. William Blanc, vous vous cherchez à interroger la pop culture, vous êtes historien, mais vous interrog aussi la pop culture, la fantaisie, les superhéros pour parler notamment d'histoire et parler de de politique. Vous cherchez à déconstruire les médias identitaires notamment avec un livre sur sur Charles Martel à Poitier, à rendre accessible l'apprentissage de l'histoire, la réflexion sur l'histoire.

Euh comment vous réfléchissez donc à cees débat sur le la formule depuis du foot gauche, même si la la formule qui interpelle et qui provoque une réflexion là euh est en train d'être dépassé. Ouais. Euh déjà merci pour l'invitation. Euh moi je Alors bon, c'est bien en fait là-dessus. En effet, il faut abandonner cette cette moi cette dire plus du foot gauche déjà, il y a un problème en fait parce que ça ça leur fait de la pub en fait en fin de compte. Donc et en plus en posant ce débat comme ça, bah ça fait que bah concrètement c'est comme si c'était des interlocuteurs qui étaient valables et donc chacun répond par son voilà. Alors moi j'ai un roman, enfin ça fait un peu ça.

Moi j'ai une histoire de gauche et vous vous avez une histoire de droite et donc on met ça sur égalité. Surtout qu'en fait le problème he et ça j'insiste beaucoup euh parce que j'ai on n'est pas face en fait le problème en fait he c'est on n'est pas face à uniquement face à des gens qui développent une vision du passé de droite. On est face à des gens et qui attaquent en fait une vision du passé de gauche. On est des face à des gens qui attaquent le réel. Qui attaquent le réel en fait juste tout bêtement la recherche quoi en fait.

Tout comme Zemour va dire que Pétin a pas a pas bah oui, non mais c'est ça comparer, il faut comparer quelque part le pu du fou à des climatosceptiques ou à des platistes. En fait, on est à ce niveau-là hein vraiment hein. Donc et Zemour c'est pareil. Et donc par rapport à ça, moi je pense que il faut pas arriver comme ça avec des grands chevaux en disant gros, on va vous montrer une histoire de gauche, on va vous montrer l'histoire tout court quoi en fait tout bêtement. C'est c'est aussi bête que ça.

Et par rapport à ça, par rapport à ça et au passage he quand je dis c'est des climatosceptiques des platistes, c'est qu' faut bien comprendre que ils ont comme arme, c'est des gens qui ont comme arme leur discours, mais ils ont aussi énormément d'argent hein. La preuve, c'est que il y a quelques années, on a eu le malheur avec un collègue Christophe Nodin de faire une tribune dans le monde quand Philippe Devil a prétendu avoir découvert l'anneau de Jane d'arc en fait hein. Voilà donc c'était de la flû mais en l'occurrence il a prétendu ça. On a fait une tribune pour dire bah non en fait hein, qu'est-ce qui s'est passé ? Il nous attaqué en justice pour diffamation. 50 procédures hein.

Bon on les a battu hein. Voilà faut pas déconner non. Voilà pas déconner non plus. Voilà merci à maître Toreman voilà donc qui nous a soutenu en fait. Voilà. Non mais sincèrement dire on est face à des gens comme ça c'est en fait ils sont prêts à dépenser leur énergie leur puissance leur argent en fait he. Donc parce qu'on est aussi dans une histoire de riche en fait aussi tout bêtement. C'est ça. On est dans une histoire de classe he donc et donc on est face à des gens comme ça. Et donc par rapport à ça, moi je pense que la réponse parce que en plus vous parlez de ça mais des spectacles comme ça en fait il y en a plein partout en fait.

Le seul problème aujourd'hui le seul problème et il y a des spectacles auquels des historiens des historiens des archéos en fait he des archivistes en fait il ils s'impliquent. Le seul problème dans tout ça c'est que ces spectacles et là en fait je vais ça va pas y avoir de surprise hein. Manque de moyens tout bêtement. Et donc la réponse en fait pour moi la réponse c'est qu'il faut un service public, un service public de l'histoire, un service public de la vulgarisation avec des moyens. Et pour ça, qu'est-ce qu'on va faire ? Et on va taxer les milliardaires et on va taxer le puit du fou. C'est ça qu' faut faire.

[acclamation] C'est ça qu' faut faire parce que ça vaut pas mieux que McDo ce truc là. Je vous rappelle qu'ils tiennent aussi une partie de leur activité tiens parce que ils ont ils embauchent énormément de gens qui sont pas payés hein. C'est ça la réalité en fait. La CGT avait avait avait montré était monté au créneau par rapport à ça et ils ont plein de dérogations par rapport au droit du travail. C'est pas normal ça. Donc c'est ça la réponse en fait. C'est ça la réponse parce que ces gens-là en fait j'ai pas envie que qu'il restent là quoi en fait ces gens-là ça pose un problème. Ça pose un énorme problème démocratique. C'est l'équivalent de ces news en fait pour l'information.

Ça pose un problème. Voilà. Merci William Blanc. Euh c'est déjà arrivé que des gens nous disent "Ah, il faudrait à Luma que vous fassiez un un C News de gauche". Et à chaque fois fait "Oh, un C News de gauche, c'est pas possible parce qu'en fait ça peut pas être de gauche. Euh, si c'est pour dire des bêtises, futel orienté à gauche, ça reste des bêtises." Mais par contre, une chaîne d'information en continu avec l'itoriale émancipatrice ou un vrai service public de l'audiovisuel renforcé et pas abîmé, ça évidemment c'est un c'est un grand combat. Euh François Ruffin là-dessus, un service public de de l'histoire. Qu'est-ce que vous en pensez ?

Et euh est-ce que votre idée c'était de faire un parc populaire qui allie divertissement et rigueur historique ? Quel contenu vous mettriez dans dans ce projet qu'on appelle puis du foot de gauche, même si là le on on l'appelle différemment, j'ai l'impression, de plus en plus. Déjà, je je le disais en préalable, l'histoire est une chose trop sérieuse pour être laissé aux seuls historiens. Elle appartient aussi aux citoyens. Et je pense que autour de cette table là, il faut mettre des cinéastes, il faut mettre des auteurs, il faut aussi mettre des acteurs de l'imaginaire parce que on peut pas être juste en train de mettre des notes dans la marge et de barrer des trucs en rouge.

Il faut qu'on se dise nous qu'est-ce qu'on met sur la table ? Qu'est-ce qu'on propose pour ranimer la bataille de de de l'imaginaire ? Je je rappelle Victor Hugo qui disait "On peut tromper l'histoire à condition de lui faire un enfant." Donc voilà, il y a un rapport. Alors, qu'est-ce qu'on met dedans ? Et je veux dire, la question que je pose là, c'est à mon avis, il fut un temps où la gauche était davantage capable de porter des choses populaires au sens le plus large possible. Je pose la question même, est-ce que une fête de l'huma qui naîrait aujourd'hui serait aussi large, aussi vaste qu'elle a été déployée à l'époque et qu'elle le demeure ?

C'est Jean Renoir qui fait la Marseillaise avec une forme de de rigueur historique mais aussi avec une liberté par rapport par rapport à ça. Et alors qu'est-ce qu'on met dedans ? Pour moi, la formule de la HSE qui dit connaître sa honte, soutenir sa gloire. Connaître sa honte, c'est évidemment il doit y avoir à l'intérieur les pages noires de notre histoire, l'esclavage, la traite des le colonialisme et la guerre d'Algérie. Tout ça doit être documenté et il doit y avoir des tableaux là-dessus. Mais il doit aussi y avoir des tableaux sur évidemment la grande révolution française qui est notre creusée, qui reste notre fierté.

La commune a été cité, le Front populaire, le premier moment où les ouvriers prennent leur vélo. Je le dis parce que moi j'ai un souci de transmission et je crois pas que la transmission, elle se passe seulement par l'école et par un service public de l'histoire. Elle passe par des tas de réseaux, des tas de canaux, les réseaux sociaux et ainsi de suite. Et aujourd'hui, c'était comme si il y avait un un abandon d'une bataille dans ce côté-là. Quand euh Vincent Boloré euh qui a pour invité sur sa chaîne Philippe Devilier, lui mène à partir des médias un grand combat civilisationnel.

Donc je euh donc comment on fait pour que à partir des histoires populaires de Gérard Noiriel ou de Laurence de Coq, bah ça reste pas entre les mains des seuls historiens et que on en fasse autre chose ? Vous savez moi je comment on fait pour faire militant sans être chiant ? Euh comment moi je sais quand j'ai fait merci patron, je me suis fait engueuler parce que mon film était pas un vrai film de classe parce que c'était pas un film assez engagé parce que ça montrait pas une lutte sociale collective. Donc je pense qu'il doit y avoir à la fois euh la documentation de l'information sur ce qu'on a envie de mettre là-dedans et puis du récit, du souffle, de l'imaginaire, du lyisme.

Je disais que finalement pour moi la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques est un moment de communion nationale et sur un volet qui est plutôt progressiste comme l'a fait Thomas Jolie avec un certain nombre d'une diversité de la France qui est représentée mais avec une liberté par rapport à l'histoire qui est quand même immense. Et donc moi je je fais la différence entre un cours d'histoire et où on sait que factuellement tout va être exact et des moments de grands récit. 1793 de Victor Hugo, vous pouvez aller barrer un paquet de trucs à l'intérieur aussi hein. Et puis alors ils réapparaissent, il disparaissent. Bon bref.

Bon ben voilà et je pense que maintenant si on veut au fond euh faire ensemble et entraîner ensemble, avoir cette base de fierté, ça doit passer par un souffle qui doit être documenté par des historiens mais qui doit aussi les dépasser. Mathilde Der, je me souviens ici même à la gora de la fête de l'humanité, vous avez dit il y a quelques années, on peut évidemment faire un récit émancipateur en partant de la figure de Louise Michel, mais on pourrait très bien s'en emparer pour faire un un récit rétrograde et et néoconservateur en la détournant.

Et vous aviez cité Jeanne Dark en disant que aujourd'hui, elle est c'est une figure qui est reprise par la droite et l'extrême droite, mais que fut un temps une femme dans un monde d'homme qui prend la tête d'une armée aussi une roturière qui prend la tête d'une armée dans un monde de noble. Ça c'est aussi un tour de force incroyable. À l'époque à un moment donné, c'était une figure de gauche. Maurice Torz s'en emparit beaucoup. Bon, il l'a détourné au passage parce que les communistes aussi ont détourné l'histoire dans leur histoire. Par exemple, faire de faire d'Étienne Marcel un un paléo marxiste alors c'était le prévu des marchands, c'était une forme de de détourner qu'il était.

Mais pour vous euh comment on fait pour articuler histoire militante et histoire savante ? Sacrée question. Euh alors juste pour rebondir sur ce que disait François Ruffin, moi j'ai aucune prétention à savoir faire un spectacle hein et effectivement je pense que ça passe par la collaboration entre des historiens, des historiennes et puis des des gens dont c'est le métier euh de donc des dramaturges, donc des cinéastes, donc des phot Voilà. Et moi, j'ai aucune prétention à faire plus que ce que je sais faire, hein. Alors là, bon, cela dit, par ailleurs, franchement, un cours d'histoire, ça peut être super fun, hein. Je vous invite, venez dans mes cours, on se marre bien, hein.

Parce que moi, du récit, j'en fais, hein. Je peux vous assurer, s'il y a un étudiant à moi dans le coin, il pourra témoigner, hein. Donc, on n'est pas on n'est pas que des gens Ah bah voilà, il y en a un. On n'est pas que des gens méga chiants, emmerdants et et un petit peu un petit peu. Non, non, franchement non. Je voilà. C'est c'est une tellement belle matière. C'est tellement beau l'histoire, on peut faire tellement de choses avec. Bon, même quand on fait de l'histoire économique, on va être marré. Bon, alors c'était quoi la question ? C'est militant. Voilà.

Euh alors ce que je pourrais dire, c'est que tout historien, toute historienne et je pourrais dire la même chose d'un géographe, d'un ou d'une sociologue, d'un philosophe et même de l'être moderne. Nous sommes tous des citoyens, des citoyennes. Nous sommes donc tous situés. que nous enseignons ou que nous cherchions, nous sommes situés. Nous sommes situés politiquement, nous sommes situés socialement, nous sommes situés en terme de genre, nous sommes situés en terme de d'origine. Moi, je suis une historienne de gauche, femme blanche hétérosexuelle. Voilà, on le sait quand on fait de la recherche, on sait où on est situé. Et faire de la recherche c'est avoir conscience d'où on parle.

C'est ce que disait Bordieu, d'où je parle. et d'y faire attention pour que ce que l'on transmet dans nos cours ou dans nos écrits ne soit pas biaisé par euh là où on est situé. Donc justement moi je fais attention à ça. Et où est-ce que euh le le fait d'être militant va jouer ? Le fait d'être militant, il va jouer dans ma ligne éditoriale, si l'on peut dire. Quand je fais des bouquins, je fais des bouquins sur les luttes féministes, sur les luttes pour les conquêtes sociales ou je fais des bouquins contre le puit du fou et Zemmour. J'ai une ligne éditoriale. Voilà, quand je fais des cours, en L1, je fais histoire des femmes et du féminisme.

En L2, je fais histoire de la Révolution française. Et en L3, je fais histoire du maintien de l'ordre parce qu'il faut aussi regarder de l'autre côté de la barricade pour voir contre qui on se bat. Donc, j'ai une ligne éditoriale, mais après le contenu, il est appuyé sur les recherches les plus récentes, il est appuyé sur des sources et des fois ce queon trouve comme historien, comme historienne nous fait pas forcément plaisir comme militant. Par exemple, mes féministes du 19e siècle, et ben il y en a pas mal. C'était des bonnes grosses colonialistes. Et ben ça me fait chier qu'elles aient été et antisémites pour certaines.

Bien sûr, ça me fait chier de voir que ces femmes dont je parle en cours comme pour les luttes féministes sur d'autres luttes ell me débectent et ben je vais le dire en cours, je vais pas le cacher. Voilà. Et et je dis aux étudiants, c'est Howard Zin qui dit ça toujours. Moi quand je prends des étudiants en cours et je fais comme lui, je le copie, je leur dis voilà les étudiants, les étudiantes, voilà qui je suis, voilà d'où je parle, je suis de gauche, vous allez, il suffit que vous tapiez mon nom, vous allez trouver. Mais je vais y faire attention en vous encour dans les livres que vous prenez ce qui est parce que l'histoire de droite si elle est bien faite il y a pas de problème hein.

souvent c'est la noblesse du bas poitou ça m'intéresse pas forcément mais elle est de qualité le problème quand on fait de l'histoire voilà mais n'empêche qu'on est situé donc moi je n'ai aucun problème à avoir les deux casquettes Arnaud Faussier de le le succès du pit de fou est là 3 millions de visiteurs par an en 2025 mais c'est dans cet étillage là à peu près chaque année donc il y a beaucoup de gens qui aujourd'hui dans le pays ont un rapport à l'histoire en passant par le puit du fou Comment on fait pour pour lutter contre ? Et tout à l'heure, vous avez dit qu'est-ce qu'on pourrait mettre dans un projet de de gauche très différent ? Qu'est-ce que ce serait ?

Mais il y a déjà [raclement de gorge] pas mal d'idées qui ont été avancées. Je vais d'abord rebondir sur ce que vient de dire Mathilde et aussi ce que disait William tout à l'heure parce que c'est peut-être là que se situe un petit point de désaccord. Encore que ce que tu viens de dire Mathilde montre qu'en fait on est assez d'accord. C'est sur le de gauche. C'est sur la manière dont est-ce que stratégiquement c'est une bonne idée ou non de s'affirmer comme étant des historiens et des historiennes engagés à gauche. Moi je pense que oui.

Et tu viens de dire qu'en fait tu ne faisais pas autre chose y compris en cours quand tu sites ton savoir, tu situes la manière dont tu produis des connaissances historiques. parce que l'histoire ça se produit, ça se fait, ça se fabrique et je pense et je pense même que la situation actuelle nous impose d'être explicite là-dessus, de ne pas se cacher derrière notre petit doigt et de ne pas nier de nier notre appartenance politique. Ça ne fait pas de nous, pour autant des historiens idéologues ou qui viseraient à un endoctrinement. tu l'as très bien dit, on travaille toutes et tous sur des sources que l'on prend au sérieux et avec lesquelles on ne triche pas.

Donc les connaissance qu'on produit s'approche le plus possible que l'on puisse le faire de la vérité. Pour autant, il n'y a pas d'histoire et il n'y a pas de recherche de manière générale, y compris en physique quantique. Il n'y a pas de recherche qui soit neutre. Toute recherche est intéressée, ne serait-ce que parce que les chercheurs et les chercheuses sont des gens qui sont personnellement intéressés à faire les recherches qu'ils font. Et tu l'as très bien dit, un très bon exemple de cela, c'est la ce que tu appelles la ligne éditoriale. Moi, j'appelle ça se dire de gauche clairement et faire de la recherche de gauche.

Tu choisis des objets et tu vas construire des objets qui sont de gauche. On pourrait ajouter à ça la question de l'angle de vue, de la perspective qu'on adopte là aussi. Qu'est-ce que c'est qu'une histoire de droite ? Une histoire réactionnaire ? Très souvent, c'est une histoire qui insiste sur les élites, sur les élites dirigeantes et sur les gouvernants, sur les élites, on va dire, de manière générale. Et Wardzin effectivement, après on a eu l'équivalent en France avec Laurence de Coq et Gérard Noiriel sont des gens qui promuvent une histoire populaire. L'histoire populaire, c'est l'histoire par en bas. Regardons comment l'histoire a été vécue par nous toutes et tous au fil des siècles.

Donc ça pour moi c'est faire une histoire de gauche. Et puis ce que je disais aussi tout à l'heure sur l'histoire critique, l'histoire critique c'est celle qui déboulonne tous les mythes quels qu'ils soient. les mythes identitaire, les mythes euh euh régionalistes, euh les mythes euh communautaires. Donc ça ça crée parfois, il faut bien le dire, ça crée des frictions, je le sais d'expérience, ça crée des frictions parfois entre la mémoire et l'histoire, mais ça aussi il faut l'assumer. Moi, je suis pour assumer cette friction là.

Et enfin sur euh le sur le contenu, bon, une fois de plus, beaucoup de choses ont été dites, y compris par François Ruffin euh qui mentionnait bien sûr la révolution, enfin les multiples révolutions qui euh quand même caractérisent et jalonnent euh l'histoire de l'histoire au moins récente de de notre pays. Si on plonge vers un Moyen-Âge un peu plus lointain qui nous est familier à William et à moi, oui, par exemple, on peut penser aux jaqueries, aux révoltes paysanes dont il ne faut pas dire n'importe quoi et qu'il ne faut pas effectivement surinterpréter comme étant de gauche. Il est bien évident que Jeanne Dark elle-même n'était pas de gauche. Ça n'a pas de sens de dire ça.

Il est bien évident aussi que les JAC, donc ces paysans qui se soulèvent notamment un peu après la grande peste 1348 1358, il est bien évident que ces gens-là, ces groupes sociaux là n'étaient pas de gauche. En revanche, on peut les inscrire dans un récit qui aujourd'hui dans un récit politique qui soit de gauche sans que ce soit une une instrumentalisation idéologique. Merci. Euh William Blanc, vous donnez une conférence demain aux amis de l'humanité pendant 1 heure sur comment l'extrême droite récupère et instrumentalise l'histoire.

Bon alors là, vous n'avez pas 1 heure mais en quelques minutes très rapidement, qu'est-ce qui caractérise vraiment ce qui caractérise les méthodes et le projet de l'extrême droite concernant l'histoire Non mais alors c'est bah les gens le seront en venant demain donc à 18h. Voilà. Donc non parce que en fait je vais répondre à ta question mais le truc c'est que faut quand même que je réponde à deux trucs là en fait.

Il y a la première chose c'est euh bon moi j'ai en écoutant par ce que vous dites j'ai l'impression qu'enfin je pense que vous vous avez peut-être pas conscience que en fait le nombre de médias de formes en fait de vulgarisation dans lequel dans lesquelles sont impliqués les historiens et les historiens sont énormes en fait. Donc on n'arrête pas de faire de la vulga. Donc on n'arrête pas en fait hein. Moi on est plein à écrire pour un youtubeur comme notabéné qui a plusieurs millions de followers et tout on n'arrête pas en fait hein.

Moi j'ai servi de conseiller historique pour des films et tout on n'arrête pas hein sincèrement et en plus évidemment pour répondre à votre truc hein l'histoire l'histoire est une trop un truc trop sérieux pour être l'histoire historien. C'est une évidence hein que nous on n'est pas là pour imposer aussi une vue d'en haut. On n'est pas des espèces de de super intellectuels qui vont dire aux gens "Non mais vous devez penser comme ça." Évidemment aussi on est aussi à l'écoute. On est à l'écoute en fait des mémoires et des gens qui réclament quelque chose. Nous on aimerait bien qu'on parle de ça quoi parce que on on fait partie aussi tu peux enfin on fait partie des classes populaires en fait.

Moi j'estime à faire partie des classes populaires donc hein moi je vis dans le pas de Calais en fait dans le bassin minier. J'ai pas de voilà donc c'est pas je fais partie de des classes populaires et évidemment par exle quand je fais de l'histoire en partant en parlant des super-héros en fait je dis voilà ben je m'intéresser à ça c'est que ça fait partie de ma culture c'est la culture populaire et je vais l'interroger en tant qu'historien quoi. Voilà donc ça c'est un premier truc. Deuxième truc ce qui me dérange en fait c'est qu'on a l'impression que votre but c'est c'est quand même l'histoire par le petit bout de la lornette en fait.

Donc on va parler des révolutions, on va faire un récit et puis un récit qui parle que de la France. l'histoire c'est autre chose quoi en fait. C'est quand même large quoi en fait. Donc je sais pas, regardez, il faut plusieurs choses. Il faut plusieurs choses. Enfin moi je voilà, moi j'ai cr un bouquin sur le myarturien en fait. Heureusement que j'ai pas parlé et je me suis pas intéressé qu'à l'histoire de France quoi en fait sincèrement. Sinon c'est on on crève quoi en fait. L'histoire c'est aussi fait pour voyager, pour ouvrir des horizons quoi. On doit être on doit être là en fait là. On doit être là-dessus en fait aussi.

Moi je me rappelle vous j'ai regardé votre intervention enfin le truc que vous avez eu au puit du fou et vous vous parlez. Alors c'est on est vraiment dans du roman national de gauche quand vous parlez en fait vous dises moi je prends Clovis et Jores. Alors déjà Clovis en fait le problème c'est quand vous disez en gros je prends l'histoire de France de Clovis à Joris Clovis c'est pas de l'histoire de France en fait voilà donc pas français en fait voilà la notion de France n'existe pas à l'époque et ça il faut le dire faut l'expliquer aux gens et c'est pas grave en fait hein. Voilà.

D'ailleurs, c'est là, je réponds en fait à ta question aussi en même temps quand tu dis voilà c'est quoi l'histoire qu'est-ce comment on explique c'est quoi qu'est-ce qui détermine en fait qu'est-ce qui comment on on caractérise une histoire d'extrême droite. Je sais pas si vous avez entendu vous avez eu une petite intervention d'un d'un policier municipal de Carcasson en fait ces derniers jours. Voilà mais en fait dans cette charmante intervention voilà donc le type il dit on est chrétien depuis Clovis. Bah là en fait on est dans l'histoire d'extrême braton. On est dans une espèce de de dire en gros la France serait par nature chrétienne depuis Clovissa.

Alors déjà la France existe pas encore une fois au 5e siècle au 6e siècle. On peut pas on ne peut pas parler de France en fait hein déjà et et clovis ne se disait pas français en fait donc pas du tout. Et en plus concrètement quand on dit la France est chrétienne bah déjà les plus au moins depuis 1905 hein, je précise he voilà donc c'est quand même important ça fait 121 ans. Et en plus le christianisme et ça tu seras encore mieux que moi, il a constamment évolué depuis le 5e siècle. On n'est plus du même christianisme on parle pas de la même chose au 5e siècle, au 12e, au 16e. Voilà. Donc c'est pas la même population en plus hein. Donc voilà. Donc ça il y a plein de trucs comme ça.

Et ça c'est un discours d'historien qui doit passer en fait. On doit expliquer ça aux gens pour éviter de fantasmer sur une espèce de la France c'est ça. Et là dans votre discours, la France c'est genre voilà c'est un truc voilà donc pour être français il faut être chrétien et manger du camber quoi en fait. Voilà donc c'est un peu ça quoi. Donc et du saucisson. Oui. Du saucisson. Oui ou aussi tout un délire là-dessus quoi. Et ça c'est et dans moi ce qui me dérange dans votre discours, c'est ça. On a l'impression qu'en fait voilà c'est en gros il faut créer un récit pour contrer ça et donc donner une espèce d'identité fixe mais de gauche quoi en fait. Bah non.

Non parce que les identités elles sont plurielles et là vous parlez justement d'écouter les gens. Bah par exemple hein, sincèrement moi j'étais Paro maintenant j'habite dans le pas de Cal dans le Bassin Méniier. Je me rends bien compte que l'histoire c'est pas la même. Le pas de Calel, le bassin minier a vécu des trucs pas vécu des Parisiens quoi. En fait hein, il y a des souffrance là-bas qui sont pas les mêmes qu'à Paris quoi. Et pareil, on pourrait parler de plein de régions différentes et en plus on pourrait parler de classes sociales différentes de genre évidemment quoi. En fait, il y a plein de trucs comme ça et ça c'est des trucs qui doivent être interrogés.

L'histoire en fait elle doit être multiple mais pour ça pour ça pour que cette histoire multiple soit transmise il faut des professionnels qui le fassent. Il faut des moyens encore une fois, moi j'insiste là-dessus quoi, des moyens, un service public de la vulgarisation et pas que de l'histoire en fait en l'occurrence hein, de la socio de l'écho. Voilà, de l'écho. Oui. Voilà. Exactement. Donc tout ça, c'est des trucs, c'est des trucs sur lesquels on doit réfléchir. Et encore une fois, je finirai là-dessus, il faut ouvrir l'histoire.

Il est ça serait dans le monde dans lequel on est aujourd'hui se concentrer dire voilà il faut parler uniquement de l'histoire de France mais on va c'est pas possible quoi en fait moi je vois on est dans on est dans l'Europe on peut critiquer ça en fait voilà mais on est un pays européen le nombre de gens qui connaissent mal moi compris hein je me mets dedans en fait un nom donc qui connaissent mal l'histoire par exemple de l'Europe centrale de l'Europe du Nord et tout on est plein et ça il faut ouvrir un petit peu he moi j'ai participé à des bouquins de Nabéné quand il a écrit des bouquins sur les Vikings et les samouraï ça s'est vendu comme des petits pains parce que l'histoire le but de l'histoire c'est aussi de sortir en fait, de voyager, de faire un pas de côté et pour ça bah il faut de l'histoire de l'histoire qui soit pas forcément de l'histoire de France.

Moi, c'est pareil. Vous avez les deux grandes deux grandes puissances du 21e siècle. Une qui est la grande puissance en fait, en tout cas la deuxième grande puissance, donc la Chine et deux, c'est l'Inde. Le nombre de gens, moi compris hein, qui connaissent très mal l'histoire de ces pays-là hein, c'est il y en a plein et il faudrait la vidéation de qualité pour que les gens en plus ne partent pas sur d'espèces de préjugés à la con en fait. Donc et en plus par rapport à la Chine, ça permettra aussi de enfin de de de critiquer quelque part de contrer le roman national chinois he qui là pour le coup est poussé aussi par le par le par le par le gouvernement chinois.

Mais donc tout ça encore une fois l'histoire le but hein c'est pas de dire on va contrer un récit rikiki où les gens en fait ils regardent leur nombril en essayant de trouver en fait la vérité par un truc à peu près similaire mais de gauche non le but c'est d'ouvrir des horizons et ça c'est le but de la science quoi. Et c'est le but en fait d'une démarche rationnelle d'une démarche rationnelle qui existe au moins depuis les Lumières. Et donc ça c'est c'est ça qui doit être soutenu par la gauche, c'est pas dire on va créer en fait un récit qui va contrer un récit quoi.

Même si encore une fois pour ouvrir ces espacesl évidemment on a le droit de passer par des récits mais on peut passer par plein de trucs. Encore une fois, moi j'ai aucun problème par exle de faire un jeu vidéo he qu' a un jeu vidéo qui sorte et puis que ben on oblige quelque part on dise voilà aux gens qui produisent de jeux vidéo et ben à côté vous allez aussi financer des des je sais pas par exemple un jeu vidéo sur les samouraï donc voilà vous allez financer aussi des documentaires sur le Japon voilà donc par exemple en fait donc et aussi bah permettre comme ça de faire de la publicité pour des historiennes, des historiennes qui travaillent là-dessus.

Voilà, il faut ouvrir les espaces quoi. Encore une fois, il faut le but le but de l'histoire c'est ça. Voilà. Voilà. François Ruffin, il y a eu une interpellation sur de de Clovis à Jores. Jores, on est à la fête de l'humanité donc mais qu'est-ce que vous vouliez dire par là ? Pardon, j'ai pas entendu sur de de Clovis à Joress puisque Blanc. Je veux dire que moi, j'embrasse l'histoire de manière la plus large possible que évidemment elle elle prend JORES, elle prend la commune, elle prend la Révolution française mais elle va chercher aussi beaucoup plus loin.

Moi je je reviens sur un point enfin oui, moi je suis favorable à ce que je vois la bataille du récit qui est menée par l'extrême droite et qui comprend l'histoire et oui, je je souhaite qu'on ait une bataille du récit en face, c'est clair. et que il y a les diversités des historiens, des professionnels qui travaillent sur cette question là, mais qu'à un moment on se disent on se bagarre. Moi je reviens à mon problème. Je reviens à mon problème. Le 14 juillet, il y a rien dans tous les discours officiels, dans il y a pas de de cérémonie qui rappelle la prise de la Bastille, la fête de la Fédération, la déclaration des droits de l'homme, liberté, égalité, fraternité.

C'est le grand vide et c'est le grand néant. Et ça pour moi ça n'est pas la responsabilité des historiens. Il continuent d'écrire des livres dessus. Même on a des romanciers comme Éric Villard qui continuent à écrire des livres dessus. On a des euh euh metteurs en scène et je pense à Saïra Fin de Louis qui continue à faire des pièces dessus. Mais en revanche, comment on fait pour que ça touche le peuple, pour que ça touche des le personnes par million, par dizaines de millions ? parce qu'il y a quelque chose qui reste vivant chez les Français. Je le redis cet imaginaire là si c'est comme une braise et c'est comme s'il fallait l'éteindre.

Donc oui, je pense que la gauche et là comme historien, vous allez pas vous positionner mais que je pense que les politiques de gauche, les maires de gauche, les députés de gauche et ainsi de suite, ils ont un rôle à jouer que comme passeur évidemment avec d'autres, avec des journalistes. Bon nous amien très modestement et et je ne le compare ni à un pu du foot de gauche ni à d'autres réalisations qui pourraient se faire en France. Quand j'ai vu ce vide là, je je me suis dit bon, je mets en place la fête des 1000 Bastilles. C'est quoi ? C'est un truc franchement, c'est on met des cartons les uns au suus des autres. Les gamins, ils sont habillés comme des sulottes. Ils détruisent la bassille.

On a un petit discours qui rappelle qu'est-ce qui s'est passé ? Qu'est-ce que c'était sous ce soulèvement du peuple ? Pourquoi il s'est produit en s'appuyant sur Villard, en s'appuyant sur l'histoire socialiste de la Révolution française de Jean Jorè très modestement. Mais qu'est-ce qu'on fait pour que ça soit pas un grand vide à ce moment-là et qu'on mène la bataille de l'imaginaire ? Vous savez évidemment la première des batailles à mener, c'est la bataille matérielle. Aujourd'hui, c'est le prix du fioule qu'il va falloir mettre dans sa cuve pour se chauffer cet hiver. Et c'est évidemment la bataille essentielle.

Mais à côté de ça, il y a Boloré qui mène, il l'affirme avec les médias un grand combat civilisationnel. Donc ça veut dire que en face et j'entends que les historiens se situent pas à la même place, c'est comme une espèce de division du travail politique avec euh les historiens qui ont leur rôle de chercheurs, les journalistes qui peuvent avoir leur rôle avec les les cinéastes, avec les auteurs et avec les politiques. Il y a une espèce de division du travail là-dedans, mais dans une espèce de bataille parce que sinon là, ils sont en train de l'emporter.

Ils sont en train de l'emporter avec ce que tu décrivais, une vision de la France qui est complètement figée et qui est contre révolutionnaire, qui va pas chercher ses son socle dans ce moment qui est comme un grand souffle et qui porte des idées progressistes, qui porte des idées innovatrices. Et donc moi je je pense que les historiens continuent à jouer leur rôle mais derrière il faut une division du travail et qu'on se dise que oui sur cette bataille là aussi elle doit être menée.

43:19
Non speech

[applaudissements]

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Locuteur

Arnaud Faussier tout à l'heure William Blanc parlait de d'histoire d'histoire du monde d'histoire mondiale. Je crois que il y avait une référence dedans dans votre tribune dans dans le monde d'ailleurs. Alors, c'est possible. Je sais pas s'il y avait une référence mais en tout cas je me suis senti concerné et visé parce que tu as dit vous en nous regardant François Ruffin et moi-même à propos d'une histoire qui serait triqué rikiki cloisonné avec des frontières nationales bien tracées. Évidemment que non. Alors à titre personnel, je le précise, tout le monde s'en fout mais je vais quand même le dire.

Moi, je suis historien de l'Italie, donc c'est vrai que la France, bon, c'est pas non plus ma passion en premier lieu. Et puis par ailleurs, et tu le sais évidemment, mais ça fait au moins une quinzaine d'années en France et beaucoup plus longtemps dans d'autres pays que des choses comme l'histoire mondiale et l'histoire connectée, l'histoire mondiale des pays. Il y a eu l'histoire mondiale de la France comme chacun sait dirigé par Patrick Boucheron. Bon, ce sont des exemples de la manière dont les historiens depuis bien longtemps ont fait complètement péter les frontières nationales.

Évidemment, un objet d'histoire quel qu'il soit ne peut pas bien s'observer si on le cantonne à un territoire extrêmement circonscrit et surtout au territoire au territoire national. Donc tout à fait d'accord avec toi pour dire que il faut suivre euh ces objets, il faut suivre les circulations, il faut suivre les échanges, il faut voir la manière dont effectivement l'histoire n'est jamais enfermée dans des frontières nationales. Tout à fait d'accord avec toi.

Mathilde Darer, l'historien euh Christien Malvie en a dit en 88, je cite "Entre 1814 et 1945, les Français vivent en état de guerre civile historiographique permanente." Je sais pas si c'est vrai hein, si à l'époque il y avait vraiment une guerre civile historiographique. Euh je sais pas si aujourd'hui ça va mieux ou pas parce que les bétailles les batailles et concurrence mémorielle ont bien repris depuis. Les visions de l'histoire s'opposent s'oppose parfois. Je me souviens de lors des 150 ans de la commune de Paris en 2021 donc 1871-2021, il y avait une attaque de la droite très très forte contre la commune de Paris avec plein de déformations de l'histoire et de procès très malhonnête.

Est-ce que la réponse c'est de donner des moyens à l'enseignement et de mener la bataille de l'éducation populaire ? Est-ce que actuellement il y a assez de moyens ? Est-ce que faut un sursaut ? Bah grave qu'il faut un sursaut, c'est clair. A il y a plein de choses là-dedans. C'estd que le le déjà il faudrait euh faire enfin avant de regarder l'éducation populaire, faudrait regarder l'école. Alors je suis pas la meilleure pour parler des questions d'école. C'est plutôt Laurence Deco hein qui s'intéresse sur ces questions-là. Mais il y a des profs d'histoire là, il y en a bien un peu. N'ayez pas peur he Bon, on est d'accord que les programmes d'histoire blancaire, c'est la merde. Ça va pas.

Il y a il y a plus d'histoire des luttes. Pour vous donner un exemple sur ces programmes jusqu'au en fait depuis 2014 à peu près, je sais plus la date exaste dans les programmes scolaires, il était écrit, vous savez, les programmes scolaires sont décidés par une commission, commission des programmes qui décide les les programmes scolaires en histoire dans les autres matières et ensuite il y a les maisons d'édition qui font les manuels à partir de ces programmes. Dans les programmes dans les années 2010 et jusqu'à 2019, il y avait toujours écrit étude de la place des hommes et des femmes dans les campagnes rurales du 18e siècle. Étude de la place des ouvriers, des ouvrières.

Il y avait toujours les hommes et les femmes. Et quand on a vu arriver, c'est c'est le SNES qui nous avait envoyé ça à l'association Adjournamento les les programmes le et les femmes avaient disparu. Et donc on y allait avec l'association Memosine aussi qui est une association d'historien et historiennes du genre et on est allé voir la division qui s'occupait des bois en disant mais bon il y avait plein de trucs qui allaient pas dans ces programmes mais la moindre des choses c'est de rajouter et des femmes. On sait très bien que si on met dans les programmes des hommes et des femmes, il y aura plus de femmes dans les manuels et il y aura plus de femmes dans les cours.

Donc il faut le mettre et puis elles y étaient. Pourquoi on les enlève ? Merde, c'était pas sorcier à faire mais ils l'ont pas fait. Maintenant, c'est écrit les hommes du passé, les ouvriers, les paysans et donc les nanas pauvent poubelles. Donc en fait il faut aussi la la là mais là les historiens ont un rôle à jouer parce que les historiens sont dans les commissions des programmes mais il faut y penser aussi. C'estd que là faut remettre tout à plat. Il y a je pourrais passer des heures pour vous parler de ces programmes blancaires mais les lutes disparaissent. C'est une histoire d'en haut. C'est c'est une vision.

Par exemple, le mouvement ouvrier n'est pas en histoire politique mais il est dans les cours d'histoire sociale, ce qui pose problème parce que ça revient dépolitiser les mouvements ouvriers. Et par ailleurs, dans le cours d'histoire économique de la France au 19e siècle, les points de passage obligatoire, c'est dans la première partie le banquiers, les perires et dans la deuxième partie les industriels, les schenèdres au Creuseau. Il y a pas les ouvriers ? Alors, ils arrivent un peu après, mais en fait c'est super important ce qu'on met dedans.

Après oui effectivement enfin il y avait alors le problème c'est que c'est moins le cas maintenant mais il y avait en Belgique du moins en Belgique Wallon ce qu'on appelait l'éducation permanente qui prenait tu voulais en parler qui prenait mais une part très importante du budget de la culture avec des associations, des centres d'archives, des théâtres, [raclement de gorge] des troupes de théâtre, des trucs d'arpentage, enfin une vie associative absolument fabuleuse et qui avait des subventions par le ministère de la culture pour faire l'éducation permanente.

Et l'éducation permanente, son but c'est justement pas de transmettre à un mais d'ouvrir l'esprit critique parce que c'est ça qui est important. Si on veut lutter contre l'extrême droite, il faut ouvrir l'esprit critique des gens. ! Et en Belgique, c'était hyper important. Bon là, le problème c'est que la droite est passée en Belgique notamment et et que voilà, c'est de plus en plus coupé et tout mes copains que j'ai en Belgique en éducation permanente, ils sont dans la merde. Mais je vais vous donner un dernier exemple. J'ai le temps d'un dernier exemple.

Dans une ville que j'adore qui s'appelle Liège, qui est une ville donc de Belgique, il y a dans un lieu culturel qui s'appelle la cité miroir des expositions. Une exposition qui s'appelle vive la lutte ou je sais pas trop quoi et enfin, il y a lutte dedans et qui raconte les luttes belges pour le droit de vote, pour les droits sociaux.

Bon et une autre qui est une exposition qui s'appelle plus jamais ça et qui est une exposition au début pour essayer d'expliquer c'est à la le public de base c'est les scolaires mais et vous verrez qui y va aussi pour expliquer comment l'Allemagne en est venue à l'extermination des juifs d'Europe et donc cet expo voilà on circule dans un dans un trajet je vais pas rentrer dans les détails. À la fin de ce trajet, il y a une salle et c'est quels sont les plus jamais çaas d'après 45. Et il y a plein de plus jamais ça. Il y a euh notamment la Palestine euh et euh et le le génocide en Palestine, il est dans le plus jamais ça. Et le truc de dingue

50:37
Non speech

[applaudissements]

50:38
Locuteur

le truc de dingue c'est que du moins avant que la droite ne passe dans la ville de Liège, quand toutes les forces de l'ordre de la ville de Liège, les flics, les pompiers, tous, ils devaient une fois par an aller voir cette exposition. Et moi, j'ai un copain, il est il est à la fête de l'humain, mais je sais pas s'il est déjà arrivé, qui est dirigeant syndical là-bas et qui me raconter que quand on était en manif et que quand les flics commençaient à être un peu bon, vous les voyez hein, on les a en permanence nous dans nos manifes, il suffisait de le regarder et de dire plus jamais ça. mais pourquoi on n pas un musé de ça à le à forcer tous les flics d'aller le voir ?

Alors Arnaud Faussier, on n pas de puit du foot gauche. On n pas de de de parc d'attraction qui réunit qui rassemble 3 millions de personnes sur une année. Par contre, on a une un grand rassemblement populaire qui rassemble 500000 personnes sur 3 jours tous les ans, qui est populaire et qui est festif. C'est la fête de l'humanité. Il y a pas de fête de l'humanité de droite d'ailleurs. Je plaide pas spécialement pour qu'il y en ait une. [rires] Ça prouve bien qu'on peut pas passer un mot de droite à gauche. Voilà. Donc en fait des choses évidemment des choses existent.

Euh et et il y a le réalisateur Damien Salama d'ailleurs qui tourne un un court-métrage pendant la fête qui s'appelle Le puit des foules. Il il oppose les deux concept. Euh vous vous vouliez en parler ? Oui. Bah je je c'est difficile d'en parler à sa place. Je sais pas s'il est là. C'est bien c'est bien possible. Euh mais oui, c'est une initiative qui a je crois Damien a commencé à avoir l'idée et à travailler aussi avec d'autres d'autres artistes et des comédiens il y a déjà 2 ans. Donc lui, il avait l'idée d'un puit du fou de gauche de il y a déjà il y a déjà 2 ans.

Ce que je trouve et donc ça signifie aussi que évidemment il n'y a pas que les politiques et les historiens historiennes de métier qui prennent très au sérieux ce sujet. Les artistes le font aussi et je trouve que ça pose la question évidemment du médium qu'on choisit pour parce que on l'a dit tout à l'heure évidemment l'histoire peut prendre plein de formes et plein de véhicules de relais divers et variés. Le cinéma, euh enfin les arts audiovisuels, les romans, euh les pièces de théâtre et les spectacles historiques. Tout à l'heure, je t'ai trouvé un peu optimiste, William. Tu dis "Mais des spectacles historiques, il y en a des tonnes et qui sont déjà de gauche plus ou moins assumés.

de gauche. Moi, j'ai vu il y a il y a il y a un spectacle historique qui se montait chaque année depuis je crois une quinzaine d'années, la Belle Rouge dans le puit de dô là qu'on voit qu'il y a un vent mauvais, très mauvais qui souffle évidemment sur nos têtes depuis déjà plusieurs années. Ce festival qui existait, qui marchait très bien, la Belle Rouge, bon ça dit beaucoup de choses. Ce festival a été supprimé par la municipalité, hein. Donc et c'est pareil l'initiative par exemple qu'avait prise Patrick Boucheron de d'organiser un spectacle historique à Chambord pareil supprimé par la région.

Donc de toute parts en fait les forces politiques qui gouvernent actuellement le pays sont contre parce queils en savent le danger. Ils savent le danger qui va être qui va peser sur eux si on s'engage tous dans cette bataille culturelle et si on fait tous de l'histoire, si on donne à l'histoire l'importance qu'elle a et qu'on l'incarne à travers notamment des spectacles entre autres entre autres médiums. Donc c'est un bon signe que les artistes-mêmes aient évidemment le ce projet, cette initiative de proposer un autre récit, un autre récit que celui qui nous est imposé par l'extrême droite partout désormais. William Blanc, je vous vois vouloir répondre. Ouais.

Non, mais de toute façon, c'est une évidence mais là-dessus en fait c'est même encore plus pernicieux parce que vu que vous allez avoir des spectacles qui vont être moins financé par la collectivité locale et pas que des spectacles vous avez des trucs notamment des reconstructions de châteaux et tout. Voilà. Donc qu'est-ce que vont faire ces spectacles naturellement ?

Ils vont aller chercher des sous et ils vont aller chercher les sous dans le privé et notamment dans le privé qui c'est qui est là en embuscade par exemple en fait he donc milliardaire d'extrême droite en fait voilà donc qui met des sous à travers sa nuit du bien commun ou boloré quoi en fait c'est une évidence en fait c'est pour ça qu'encore une fois la réponse la réponse en fait qui doit être politique he pour le coup en fait la réponse c'est dire voilà il faut encore une fois un service public culturel un service public de la vulgarisation ça j'insiste là-dessus en fait donc mais j'arrête pas de le répéter mais c'est central Ça voilà, c'est central pour que ces spectacles soient financés.

Et autre chose en fait encore une fois évidemment hein, donc là l'exemple belge il est très intéressant hein. Je suis en train d'imaginer les policiers en train de passer voilà donc voilà dans un musée voilà dans la préfecture de police montrant parlant d'octobre 61. En fait, ça peut être pas mal en fait hein, ça en a décris quelques-uns, mais en l'occurrence euh il y a aussi plein de trucs en fait qui peuvent être faits mais encore une fois tout ça nécessite des moyens. C'est ça la le cœur de la bataille et des trucs par exemple en effet moi je pensais notamment rétablir les cours du soir.

Les cours du soir qui étaient une grande innovation de l'université Paris 8 donc Vincen en fait dans les années 70 dans la foulée de 68. Qu'est-ce qu'on a fait ? On a créé des cours du soir pour que bah concrètement les propriétaires et il puissent aller en fait tout bêtement bah suivre des cours en fait donc hein qui étaient adaptés quoi donc et donc tout bêtement bah pas forcément pour se former pour un nouveau métier mais tout bêtement aussi pour avoir de la culture générale pour développer un critique. Ça ça doit être rétabli mais encore une fois pour que ce soit rétabli il faut des moyens encore une fois hein.

Donc là-dessus c'est c'est pas qu'une obsession moyens public il faut des moyens publics et il faut des moyens publics là-dessus. J'insiste beaucoup. J'insiste beaucoup parce que les moyens privés au bout d'un moment les moyens privés vont toujours avoir une notion de profit quoi. Donc voilà c'est central quoi en fait. Voilà on arrive à la fin de ce débat mais François Ruffin, je voulais vous demander, il y a une bolorisation des médias. On voit aussi que même sur le service public maintenant dans les grilles, il y a des éditorialistes d'extrême droite. Euh nos imaginaires sont colonisés, il y a une attaque sur l'histoire et euh en 2027, il y a une présidentielle.

L'extrême droite est donnée gagnante pour le moment dans les sondages. On fait quoi pour faire dérailler le le train de l'histoire ? Moi, je veux dire que pour moi l'histoire est un réservoir d'espoir. Euh le la phrase de Baudler quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle. Dans ce temps-là, il faut qu'on se demande comment on remet de l'air, comment on remet l'imaginaire. Vous savez, la pire phrase qu'on entend peut-être, c'est c'est comme ça. C'est comme ça. C'est le serpent qui se mort la queue. C'est une espèce de totologie.

C'est un cercle fermé de la fatalité dont on ne pourrait pas sortir et tout ce qui permet de casser le cercle du c'est comme ça est bon à prendre et dire ailleurs, ça n'est pas comme ça mais aussi hier ça n'était pas comme ça. Ça n'est pas toujours comme ça.

Mais évidemment, quand on vient de dire que au en 1936, au moment où le fascisme est en train de gagner l'Europe, que il a vaincu en Italie, qu'il a vaincu en Allemagne, qu'il est en train de concurrir l'Espagne et que à la place la France offre ouvre une page non pas noire mais de joie, c'est source d'espoir et c'est source, on le voit très bien encore ce que ça suscite chez le peuple, en particulier chez le peuple de gauche quand à un moment où Bardella est en train de préparer ses cartons pour Matignon et en pleine dissolution, on vient dire Front populaire, ça ouvre une bouffée d'énergie et d'envie.

On voit comment quand on s'appuie sur le CNR, Conseil national de la Résistance en disant voilà dans la nuit la plus noire au cœur de la barbarie nazie, ils imaginaient des jours heureux et ben on commence à rempli de fierté et comment c'est un point d'appui et je vous dis ma conviction que encore aujourd'hui la grande révolution française dont se sont aussitôt réclamés les gilets jaunes se considérant comme des sulottes traitant le roi Macron Brigitte Marie-Antoinette faisant des cahiers de doléance et euh réclamant des États généraux, ça demeure le brasier, le grand souffle qui n'est pas mort et que nous on doit s'appliquer à ce qu'il ne meur jamais.

Et donc pour ça et pour tous les plus jamais ça, je veux amuser pour ça pour tout ça. Je veux qu'on reprenne aussi le 14 juillet. Merci beaucoup à tous les quatre [applaudissements] et ben on va passer au débat suivant maintenant. Merci à vous. Merci.

59:04
Non speech

[musique]