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ChroniqueUnion Populaire Républicaine· 21 avril 2019 13 minAutoproduitActualité / polémiqueEurope & internationalInstitutions & électionsNumériqueSolidarités & famille

Mise au point : le traitement médiatique et sondagier à l'approche des Européennes

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 90 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:00narrateurFait
    « Le temps de parole utilisé par Emmanuel Macron lors du grand débat sera effectivement déduit du temps de parole pendant la campagne d'En marche pour les européennes. »
  • 5:00narrateurFait
    « Les médias utilisent des sondages d'opinion pour attribuer ou non du temps de parole dans les médias. »
  • 9:00narrateurFait
    « France 2 s'était arrogé le droit d'inviter les candidats qu'elle voulait au nom de la liberté de la presse. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Bienvenue à toutes et à tous pour cette première mise au point. Aujourd'hui, nous allons regarder d'un petit peu plus près le traitement médiatique à l'égard des différents partis politiques à l'approche de ces élections européennes. Vous allez voir, il y a quand même quelques choses à dire. (Générique) Le tout premier à avoir anticipé ces élections européennes est Emmanuel Macron, qui a commencé à faire campagne grâce au grand débat national qui aura – je le rappelle – coûté 12 millions d'euros au contribuable français.

Il est d'ailleurs incroyable qu'il soit toléré qu'un candidat puisse faire campagne sur autant d'argent public. Cela étant dit, il y a quand même une bonne nouvelle puisque le temps de parole utilisé par Emmanuel Macron lors du grand débat sera effectivement déduit du temps de parole pendant la campagne d'En marche pour les européennes. L'un des premiers médias à avoir parlé des élections européennes fut France 3, qui s'est amusé à établir la liste des têtes de liste potentielles pour les élections européennes.

Force est de constater qu'il manque pas mal de monde, notamment le principal opposant à Emmanuel Macron : François Asselineau. Je dis « principal opposant » car si l'on admet qu'Emmanuel Macron est pour l'UE, il est plutôt logique de déterminer que son principal opposant est François Asselineau qui est pour le Frexit et donc contre l'UE. Et puisque l'on parle du candidat de l'UPR, sachez que ce n'est pas le premier scandale démocratique à l'égard de ce parti.

Par exemple, lors des élections législatives en 2017, est-ce que vous saviez que le parti avec le plus de candidats présentés à ces élections était l'UPR, avec 574 candidats sur 577 circonscriptions ? À titre d'exemple, le deuxième parti à avoir présenté le plus de candidats était le FN avec 553 candidats. Comment se fait-il alors que cette information ne soit pas clairement apparue dans les médias ?

Eh bien c'est très simple. Ces derniers ont argué le fait que le ministère de l'Intérieur a classé ce parti en divers, donc ni à droite ni à gauche. Et ils se sont donc tout simplement arrogé le droit de noyer ces 574 candidats dans l'étiquette « divers » avec tous les autres candidats qui n'avaient pas de parti politique.

C'est assez incroyable, une telle liberté prise par les médias. D'ailleurs, j'aimerais beaucoup connaître votre avis. N'hésitez pas à réagir à cette vidéo dans les commentaires.

Passons maintenant à une autre curiosité. Il s'agit du journal « Marianne » qui a mis en une la liste des candidats potentiels aux élections présidentielles si jamais l'élection avait lieu le week-end qui suivait. Et là, c'est assez incroyable, puisqu'on peut remarquer qu'il manque pas mal de candidats, à commencer par François Fillon.

Cela étant dit, comme il y a la présence de Laurent Wauquiez, on peut comprendre que ce dernier ait été remplacé. Comment le journal « Marianne » peut justifier le fait qu'il manque pas mal d'autres candidats comme par exemple Jacques Cheminade qui, même s'il a un âge assez avancé, si les élections présidentielles avaient lieu par exemple le week-end prochain, eh bien on pourrait tout à fait considérer qu'il soit candidat ? Et c'est d'ailleurs le cas pour Jean Lassalle ou François Asselineau.

Comment le journal « Marianne » peut-il prétendre que ces deux personnages ne seront pas candidats si les élections présidentielles avaient lieu ce week-end ? Peut-être qu'il y a un début d'explication au niveau des sondages, car effectivement, ces derniers classent ces deux candidats assez bas. Mais comment expliquer alors qu'il y a Philippe Poutou ou Nathalie Arthaud qui eux aussi sont très bas dans les sondages et pourtant bien présents sur cette une ?

D'ailleurs, je vous propose de développer un petit peu plus cette partie sur les sondages. En effet, les médias utilisent des sondages d'opinion pour attribuer ou non du temps de parole dans les médias. Pourtant, c'est bien le temps de parole dans les médias qui permet aux candidats de monter dans les sondages.

C'est exactement comme si vous sortiez de l'école, que vous répondiez à une offre d'embauche et que l'employeur vous disait : « Bah non. Vous n'avez pas d'expérience. Donc je vous embauche pas ».

Sauf qu'il faut être embauché pour avoir de l'expérience. On se mord la queue. Mais c'est exactement la même logique entre les sondages et l'apparition dans les médias.

Et d'ailleurs, je vous demande d'être très attentifs à ce qui va suivre sur ce sujet. Nous avons eu beaucoup de témoignages de personnes ayant été interrogées par différents instituts de sondage. Et force est de constater que leurs témoignages sont plutôt unanimes.

Je vous laisse juger par vous-mêmes en écoutant ce premier extrait d'un enregistrement audio d'une conversation téléphonique de l'institut Ipsos. — Allô. — Oui, bonjour. — Oui, bonjour.

Je suis de l'institut Ipsos. Je réalise une étude auprès des personnes de nationalité française sur l'actualité. Est-ce que vous auriez un peu de temps à nous accorder, monsieur, deux minutes ? — Oui. — D'accord.

Je vous remercie. Le premier tour de l'élection présidentielle s'est déroulé le 23 avril 2017. Pouvez-vous nous dire pour quel candidat vous avez voté au premier tour ?

Nathalie Arthaud, Philippe Poutou, Jean-Luc Mélenchon, Benoît Hamon, Emmanuel Macron, Jean Lassalle, François Fillon, Nicolas Dupont-Aignan, Marine Le Pen, François Asselineau ou Jacques Cheminade ? — François Asselineau. — François Asselineau, d'accord.

Hop. Le second tour de l'élection présidentielle s'est déroulé dimanche 7 mai 2017. Pouvez-vous me dire pour quel candidat vous avez voté au second tour ?

Emmanuel Macron ou Marine Le Pen ? — Marine Le Pen. — D'accord.

De quel parti ou formation politique vous sentez-vous le plus proche ou le moins éloigné ? Extrême-gauche, la France insoumise/Parti de gauche, Parti communiste, Parti socialiste, Europe Écologie Les Verts, En marche/la République en marche, le Modem, l'UDI, les Républicains ou le Rassemblement national ? — Bah du coup, il y a pas l'UPR dedans ? — L'UPR ? — Bah c'est le parti de François Asselineau. — D'accord.

Bah écoutez, je peux vous les reciter mais normalement, ils y sont tous. Extrême-gauche, la France insoumise/Parti de gauche, Parti communiste, Parti socialiste, Europe Écologie Les Verts, En marche/la République en marche, le Modem, UDI (Union des démocrates et indépendants), les Républicains (LR, ancienne UMP) ou le Rassemblement national, ex-Front national. J'en ai pas d'autre. — Bah donc la France insoumise, alors, du coup. — France insoumise, d'accord.

Alors tac, tac, OK. Comme vous avez pu le constater, même si François Asselineau est bien présent lors de la question : « Pour quel candidat avez-vous voté lors de l'élection présidentielle ? », l'UPR, quant à elle, n'apparaît absolument pas dans la liste des partis politiques proposés à la question : « De quel parti politique vous sentez-vous le plus proche ou le moins éloigné ? ».

Comment expliquer cette absence ? Comment un institut de sondage peut-il se prétendre objectif, respecter la pluralité et se permettre tout simplement de ne pas proposer une formation politique ? Je vous laisse vraiment vous faire votre avis sur ce sujet.

Et d'ailleurs, Ipsos n'est absolument pas le seul institut de sondage. Je vous laisse écouter ce second enregistrement de l'institut Ifop qui fait exactement la même chose. — Allô.

Vous me dites que vous travaillez pour l'Ifop. C'est ça ? — Exactement. — D'accord. — Alors juste avant de commencer, monsieur, je précise simplement que l'Ifop applique le nouveau règlement général sur la protection des données, tout simplement pour garantir la protection des données à caractère professionnel.

De laquelle des formations politiques suivantes vous sentez-vous le plus proche ou le moins éloigné ? On fait la liste rapidement. Entre LO, Nouveau parti anticapitaliste d'Olivier Besancenot, la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon, Parti communiste, Parti socialiste, Europe Écologie Les Verts, la République en marche d'Emmanuel Macron, Modem, Union des démocrates et indépendants de Jean-Louis Borloo, les Républicains, Debout la France de Nicolas Dupont-Aignan, Rassemblement national. — Vous êtes sûr qu'il n'en manque pas ? — Parmi la liste que je vous propose.

Après, s'il y en a d'autres, vous pouvez me dire « aucun ». — Oui mais je suis pour une liste que vous ne m'avez pas citée. Et je comprends d'ailleurs pas qu'on ne soit pas cités. — Moi, justement, comme j'ai dit, c'est dans la liste que je vous propose.

Donc je sais qu'il n'y a pas tous les partis. — Donc ça m'intéresse pas. Quelles sont les possibilités de réponse ? — LO, Nouveau parti anticapitaliste d'Olivier Besancenot, ... — Non, non. — ...la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon, Parti communiste, Parti socialiste, ... — Non. — ...Europe Écologie Les Verts, République en marche d'Emmanuel Macron, Modem, Union des démocrates et indépendants de Jean-Louis Borloo, les Républicains, Debout la France de Nicolas Dupont-Aignan, Rassemblement national. — Non, non.

Moi, je suis pour l'UPR de François Asselineau. Comment ces instituts de sondage peuvent-ils se prétendre honnêtes, objectifs et respectueux de la déontologie ? Je vous pose la question.

D'ailleurs, je vous amène à avoir une petite réflexion au sujet des sondages, car effectivement, dans un pays démocratique, cela pose vraiment question. Imaginez un seul instant une élection présidentielle par exemple où il n'y aurait aucun sondage pendant les 5 mois – par exemple – précédant l'élection voire même plus voire pas de sondage du tout. Il est très facile de s'imaginer qu'une fois dans l'isoloir, vous allez voter plutôt pour le candidat qui correspond à vos convictions, à vos idées, car vous n'avez aucune idée d'où se situe ce dernier dans l'échiquier politique, s'il y a besoin d'un vote utile, d'un vote barrage et tous ces mécanismes qui ont été mis en place pour compenser les faiblesses du mode de scrutin.

Il est assez logique de deviner que le résultat de l'élection s'il n'y avait aucun sondage serait énormément différent par rapport à celui où il y a des sondages. Et c'est là où le bât blesse, car d'ailleurs, les sondages sont eux-mêmes obligés d'anticiper l'influence qu'ils vont avoir sur l'opinion dans leurs propres résultats pour coller à la réalité. Ça pose quand même problème, quand on y réfléchit.

D'ailleurs, Coluche lui-même avait dit que les sondages étaient faits pour expliquer aux gens ce qu'ils devaient penser. Ça laisse quand même à réfléchir. Autre sujet qui pose question : le grand débat des européennes qui s'est déroulé sur France 2.

Comme vous l'avez certainement vu, France 2 s'était arrogé le droit d'inviter les candidats qu'elle voulait au nom de la liberté de la presse. Et donc une chaîne de télévision publique payée par le contribuable a le droit de choisir quel candidat a le droit d'être médiatisé et quel candidat ne doit pas l'être. Alors je ne sais pas ce que vous en pensez.

Mais il semble tout à fait incroyable que ce pouvoir décisionnaire revienne à des personnes non élues payées sur fonds publics. Et il n'y a d'ailleurs pas que le service public, puisque comme vous avez pu le constater, il y a eu d'autres débats dès lors sur CNews ou LCI où seuls 6 ou 7 candidats ont été conviés. Les médias s'attribuent tout simplement le droit de dire qui a le droit à la parole et qui ne l'a pas.

Et d'ailleurs, j'aimerais beaucoup mettre tout cela en regard avec le traitement médiatique réservé à Nathalie Loiseau, tête de liste En marche pour les élections européennes. Le premier journal français ne s'est absolument pas gêné pour titrer que Nathalie Loiseau était une surdouée aux idées rafraîchissantes. Je pense que cela se passe quand même de commentaires tellement c'est énorme.

Néanmoins, je serais assez curieux de savoir où est-ce que vous placeriez le curseur de cet article sur une échelle allant par exemple d'un média qui serait totalement objectif et respectueux de la déontologie et donc de la Charte de Munich d'une part ou à l'inverse un média de propagande partisan qui fait la promotion du gouvernement en place. Je vous laisse en juger. Quant à moi, je pense que c'est carrément tombé de l'échelle.

Mais bon...

Voilà. Pour conclure cette première mise au point, j'aimerais rappeler quelque chose qui me paraît important. En effet, dans la Constitution, il y a un préambule qui est le bloc de constitutionnalité qui cite les droits de l'homme.

Et dans les droits de l'homme, il y a deux notions très importantes à l'égard des médias. Le premier est tout simplement la liberté d'expression. Et le second est la liberté d'opinion, plus communément appelée le pluralisme.

Et il est quand même très curieux de constater que les médias qui peuvent travailler grâce au premier – la liberté d'expression – sont tout simplement les bourreaux du second, qui est la liberté d'opinion, en s'arrogeant le droit par exemple de noyer tout un parti politique dans une étiquette « divers », de décider qui est un grand candidat d'un petit candidat, qui a le droit de parler ou de ne pas parler, le tout en se basant sur des sondages qui eux-mêmes se donnent le droit de ne pas proposer des partis politiques dans leurs questions à choix multiple. Tout cela pose quand même question dans un pays à prétention démocratique. Voilà.

C'est tout pour cette première mise au point. J'espère que cette émission vous aura intéressés, qu'elle vous aura appris des choses. N'hésitez pas à la partager si vous la trouvez utile.

On se retrouve quant à nous très vite pour une prochaine mise au point. Et d'ici là, portez-vous bien. (Générique)