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interviewPublic Sénat (sur YouTube)· 10 octobre 2022 59 min

Les français fatigués de l'info

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

[Musique] bonjour à tous bienvenue sur Public Sénat bienvenue dans dialogue citoyen nous sommes ensemble pendant une heure avec 6 citoyens citoyennes connectées depuis les quatre coins du pays et qui ont des choses à nous dire également avec nous trois sénateurs et sénatrices élus de divers territoires vous même vous en avez peut-être entendu parler ou vous l'avez éprouvé la fatigue informationnelle elle touche d’ailleurs un Français sur deux selon un rapport de l'Institut Jean Jaurès soit 53% d'entre nous exactement la fatigue informationnelle cette impression de lire entendre ou voir toute la journée les mêmes informations et de ne pas pouvoir prendre suffisamment de recul il y a ceux qui saturent de cette actualité incessante souvent inquiétante et anxiogène et ce qui ne peuvent plus s'en passer et tous éprouvent la même fatigue est-ce le nouveau mal qui guette notre société quel répercussions sur notre santé sur notre façon de nous informer comment rétablir la confiance dans les médias c'est un enjeu démocratique majeur et nous donnons la parole aux Français et à vous qui nous regardez hashtag dialogue citoyen sur Twitter je vous présente d'abord nos élus de la haute assemblée qui ont accepté l'échange avec vous avec nous tous André catholin bonjour vous êtes sénateur renaissance des Hauts-de-Seine fin connaisseur des médias vous avez écrit notamment un livre le politique le journalisme et la fabrique du populisme paru en 2015 également avec nous Laurent lafonce sénateur centriste du Val-de-Marne il présidant de la commission d'enquête ici au Sénat sur la concentration des médias bonjour à vous Sylvie Robert vice-présidente également de cette commission d'enquête et sénatrice socialiste d'Ille-et-Vilaine bonjour à vous également voici maintenant un les citoyens qui ont accepté de témoigner et d'échanger avec vous dans cette première partie Maxime Olivier bonjour vous avez 26 ans vous êtes militant associatif vous habitez à Paris vous avez développé une certaine méfiance vis-à-vis des médias vous dénoncer le manque d'indépendance et le traitement superficiel de vous faut vous avez choisi de vous abonner à des médias qui correspondent à vos préoccupations Isabelle Guibert 57 ans autrice et éditrice vous faites partie de ces Français qui se sont mis à la diète informationsnel vous n'avez plus de télé la radio le matin c'est terminé vous avez dit stop au flux d'infos en continu également avec nous notre première invité une autre Isabelle Isabelle métayer vous avez 60 ans vous vivez en périphérie de Bordeaux à Blanquefort vous êtes psychologue vous constatez que cette information incessante et simplifiée génère de plus en plus d'anxiété chez vos patients notamment une des justifications alors pour l'éloignement de l'information c'est l'impact négatif sur le moral toujours d'après ce rapport de l'Institut Jean Jaurès Isabelle metigné est-ce que vous pouvez nous en dire un peu plus limiter les informations pour préserver sa santé mentale est-ce que c'est quelque chose que vous constatez que vous conseillez peut-être à certains de vos patients dans votre cabinet alors parfois je le conseille effectivement ce dont je me rends compte c'est que les gens n'ont pas forcément ne font pas forcément le lien entre leur anxiété et les informations qu'ils écoutent simplement à force de dialoguer avec eux à force de les écouter au bout d'un moment bien sûr ils font le lien par eux-mêmes et après une petite à petit à être un petit peu plus en lien avec leur monde intérieur plutôt qu'aller toujours chercher à être réassuré par l'extérieur alors qu'en fait l'extérieur est notamment les informations ne fait qu'augmenter leur anxiété ça la complexité des problèmes les gens aussi sont laissés sans réponse dans une forme d'incompréhension et vous mettez en exergue notamment les injonctions contradictoires des informations c'est-à-dire est-ce que vous pouvez nous donner un exemple précis alors c'est d'abord en lisant le livre de Sébastien Bohler que j'ai effectivement vu ce genre de choses et que ça m'a amené une réflexion par exemple le lundi vous entendez un journaliste qui va dire c'est terrible parce que l'aviation enfin voilà nous sommes pollués et nous notre ère va très mal enfin voilà nous allons mal parce que notre monde est pollué et notamment à cause de l'aviation entre autres et le lendemain le journaliste et grand sourire et dire mais c'est super nous avons signé un gros contrat avec la Chine et nous leur avons vendu je sais pas combien d'Airbus et à ce moment là quand même derrière la tête on se dit mais alors il faut c'est bien l'avion ou c'est pas bien l'avion l'avion ça nous fait gagner de l'argent mais en même temps ça pollue alors en fait on ne sait pas trop quoi penser et ça ça génère de l'anxiété parce que être humain a besoin de cohérence et de en fait de voyez quand on a une information théoriquement c'est c'est pour nous apporter de la connaissance et ça vise à nous transformer et à pouvoir penser sur le monde or là on ne sait plus quoi penser qu'est-ce qu'il faut faire on ne sait pas conséquence sur notre psychisme notre santé mentale très concrètement en fait on peut tourner en boucle on ressasse on ne sait pas quoi faire et surtout ce flot incessant d'information nous empêche de nous reposer il y a des études qui qui le montrent il y a des le cerveau a besoin de repos c'est un organe comme les autres en même temps c'est bien d'être informé parce qu'on connaît plein de choses mais est-ce que parfois on ne connaît pas trop de choses surtout si on ne sait pas quoi faire de l'information avant de donner la parole à nos sénateurs pour un premier tour de réaction vous parlez également de la façon dont sont reçus perçus les informations de manière trop émotionnelles et c'est ce que vous constatez oui absolument c'est à dire que la question c'est qu'est-ce qu'informer est-ce que informer c'est répéter je fais référence au covid répéter tous les jours une information anxiogène mais elle est tentée et ça ça génère de la sidération je veux dire moi qui le dis de la sidération de la peur et une fois que les gens ont peur ils sont vous voyez il faut exactement ce qu'on leur dit non plus de réflexion il n'y a plus vraiment de je dirais d'intelligence il n'y a plus il y a une pensée unique qui se développe il y a plus de contrastes et ça c'est très lourd moi j'ai vu des gens oui des gens agressifs toutes sortes de réactions qui sont vraiment en lien avec ce manque de recul que génère l'hyper la formation sensationnelle est-ce qu'il s'agit ici quand on parle le fatigue international d'une question de santé publique finalement oui je pense que c'est on peut dire que c'est devenu une question de santé publique et c'est aussi l'objet de notre échange aujourd'hui c'est que c'est un développement qui s'opère dans notre société d'ailleurs le mot fatigue informationnel est assez récent on en parle pas depuis si longtemps il y a quelques mois quelques années vraiment donc non mais ce qui est important dans ce que dit Madame Metheny c'est d'abord il y a beaucoup de choses c'est à la fois ce flux incessant d'information donc la quantité mais c'est aussi la qualité de l'information c'est à dire la façon dont l'information est reçue par toutes les générations on parlait des jeunes mais c'est aussi les moins jeunes je pense que c'est vraiment toutes les générations et la façon parce qu'on a multiplié les usages dont finalement on reçoit cette information et on essaie de de s'y reconnaître et le sentiment d'impuissance de débordement de d'absence de discernement qui fait qu'on ne hiérarchise plus rien et que finalement tout est sur le même plan ça ça crée du stress et de l'anxiété est-ce que dit Madame très justement c'est que oui moi je pense que ça devient un problème de santé publique alors derrière il y a voilà on va parler d'indépendance on va parler de d'usage on va parler de chaîne d'information continue mais je pense que c'est un phénomène qu'il faut vraiment regarder avec beaucoup de d'attention et et de en tout cas de vigilance oui Laurent Laffont on l'a entendu il y a également ses injonctions contradictoires permanentes c'est quelque chose qui vous parle que vous constatez vous aussi oui fait qu'est-ce qui se passe il y a deux choses nouvelles parce que la formation est toujours existé et on y a toujours eu accès de mon point de vue il y a deux choses il y a d'abord ces outils là qui fait que en permanence on est raccordé à un flux d'information que l'on choisit mais on peut avoir en permanence à 14h02 à 14h03 à 14h30 sur le téléphone portable par soi-même se dire on se saisit ça c'est la première chose et la deuxième chose c'est l'internet dans lequel il y a un mélange entre ce qui est information madame disait qu'est-ce que l'information j'aurais tendance à dire l'information c'est quelque chose qui produit par des professionnels dans l'Internet on mélange qui est expression ce que vous moi n'importe qui peut exprimer comme idée opinion crème émotion comme émotion et une information il y a un espèce de d'amalgame entre tout ça qui fait que effectivement il y a un côté un peu on a l'impression d'être pris dans une machine à laver parfois tout vous vient en pleine figure l'expression l'émotion l'information le doute et c'est vrai que en plus ce qui est facile notamment sur les réseaux sociaux c'est plus de faire appel justement à l'émotion et bien souvent l'expression va rechercher l'émotion de l'autre et l'émotion c'est toujours un peu troublant parce qu'il peut y avoir des émotions madame faisait allusion des doutes à la peur à l'angoisse et forcément on peut à travers les réseaux sociaux dans certaines expressions faire référence à ça André gatelin est-ce qu'il y a une part de responsabilité des médias dans ce phénomène peut-être des politiques est-ce qu'il y a des choses vous que vous refusez de faire par exemple oui bah le responsabilité des médias c'est que finalement ils sont concurrence livrées ouvertes donc la tendance la plus générale c'est le suivisme donc on fait la même chose en France on a cinq ou six chaînes d'information contenu continue elle part toute essentiellement d'informations immédiate du flash très peu de documentaires très peu de recherche très peu d'approfondissement ou de débats mais alors vous êtes invité sur un plateau arriver pour un sujet que vous connaissez on vous dit vous êtes là on vient d'apprendre une dépêche il se passe telle chose commenter comme si nous en tant que politique ou même invité on détenait le savoir absolu et omniprésent il y a des choses que vous refaites de faire mais maintenant je fais plus de chaîne d'information continue je vais uniquement dans des médias lents où il y a le temps de s'exprimer de pouvoir développer une phrase je fais de la politique mais je suis pas là pour m'en payer avec les gens qu'on m'a mis en face donc si on crée un questionnement qui fait de l'excitation qu'est-ce que je vais apporter aux gens un spectacle pas de l'information et puis on a ce rythme moi j'ai toujours été étonné parce qu'il faut comparer avec ceux qui se passe dans d'autres pays on Allemagne il y a eu au début des années 80 de création ou 90 de chaîne d'information continue elles ont toutes les deux disparues aujourd'hui officiellement il y en a quatre elles se sont toutes converties dans le documentaire et le débat et le rythme de de la réflexion le temps de la réflexion est beaucoup plus grand on critiquait toujours Madame Merkel en disant elle prend les décisions à rebours même le chancelier absol vous le voyez pas faire une sorte immédiate pourquoi parce qu'on se laisse le temps le temps de concerter cette panda démocratie et on parle avec les autres avant de répondre nous on tire en premier et on va donner la parole très rapidement à Isabelle métaynier qui avait un commentaire sur ce que vous venez d'entendre sur ce plateau oui oui alors je suis entièrement d'accord avec ce que dit Monsieur gatolin c'est vrai que la lenteur elle est synonyme enfin elle va avec la réflexion la rapidité va avec l'émotion et en fait quand on s'adresse quand on adresse un message à notre système émotionnel en fait on a des réactions mais on n'a pas le temps pour l'élaboration et ça c'est très important parce que ça active pas les mêmes zones du cerveau les médias aussi avec des titres faut-il avoir peur de Poutine faut-il si vous voulez il y a des titres qui qui génèrent tout de suite une réaction et c'est c'est tout ça moi je suis d'accord avec Madame aussi la sénatrice n'oubliez pas votre nom pardon mais qui parlait de de problèmes de santé publique je suis entièrement d'accord et donc à vous entendre on comprend bien qu'il y a urgence à ralentir et justement et bien on passe à notre deuxième citoyenne Isabelle Guibert vous avez décidé vous de couper le robinet d'information continue il y a plusieurs années nous allons découvrir cela en images vos débuts de journée il ressemble désormais à cela progressivement j'ai arrêté d'écouter les infos depuis 2015 et les attentats France Info n'est plus mon réveil le matin trop de pollution de bavardage agressivité peu à peu j'ai supprimé aussi le journal télé et aujourd'hui j'écoute d'ailleurs presque rien en direct tout en replay en podcast que je choisis moi aujourd'hui ma journée commence [Musique] dans la lenteur avec les pensées de la nuit tranquille Isabelle Guibert cette nouvelle routine matinale démarrée par des étirements plutôt que des bulletins d'information qu'est-ce que ça a changé dans votre quotidien j'ai pris la main sur le début de ma journée et c'est quand même assez énorme avant finalement je subissais quelqu'un me réveillait et c'était pas toujours des bonnes nouvelles donc peu à peu j'ai arrêté voilà le réveil subi pour le transformer par un réveil néanmoins c'est quand même mon téléphone qui me réveille donc c'est il y a mieux je peux encore améliorer Isabelle en préparant cette émission vous nous avez dit qu'avant l'information était vraiment au centre de votre vie cela occupé beaucoup d'espace c'est à dire et comment vous informiez très concrètement on a compris la radio de la télé c'était de la radio la télé beaucoup de voilà de la politique locale enfin je m'intéressais vraiment au monde et peu à peu voilà ça il y a eu trop de bavardages trop de d'informations toxiques qui sans doute à un moment de fragilité on peut pour moi plus l'actualité qui faisait que certainement a été beaucoup trop [Musique] agressive et j'ai eu besoin de changer quelque chose et j'ai décidé de me couper du monde un petit peu finalement et néanmoins on reste informé parce qu'on vit en société on va voir des coups et des cafés on a de la famille et donc j'ai l'information est-ce que ça a été dur de se passer d'informations du jour au lendemain du jour au lendemain est-ce qu'il a fallu une période de de transition peut-être de désintoxication alors ça a pas été décisions finalement c'est après coup je me suis rendu compte que voilà je supprimais le réveil après je n'écoutais plus rien en direct ça permettait de supprimer la pub quelque chose qui ne m'intéresse pas en fait donc maintenant je choisis en fait je choisis il y a eu un déclic je choisis Isabelle il y a eu un déclic les attentats 2015 et ça c'est commun à beaucoup de personnes qui se sont éloignées l'information racontez-nous oui il y a eu un déclic j'étais fragilisée à cette période là pour plusieurs raisons et et vraiment les attentats m'ont marqué terriblement alors que je n'avais aucune raison on va dire je n'avais pas été touché directement donc j'étais justement à ce moment-là en plein bilan de compétences j'en ai fait plusieurs dans ma vie et et grâce à cela d'ailleurs j'ai été accompagné et avec le recul je voilà je peux dire que c'est depuis les attentats que j'ai enfin vraiment décidé d'arrêter cette pollution c'était de la peur c'était de l'accablement comment vous définiriez justement votre état c'était du stress en fait c'était un stress qui ne m'appartenait pas c'est à dire que c'était quelque chose qui me polluait mais qui ne me nourrissait pas c'est à dire que c'était quelque chose de totalement extérieur et et franchement qu'il m'apportait rien et qui ne me nourrissait pas en fait je n'avais pas besoin de ces informations vraiment inintéressante totalement répétitive toxique je dirais avec une quantité enfin tout à l'heure on parlait de quantité de qualité voilà c'est quand il y a trop d'informations toute la journée et franchement il y a rien d'intéressant Laurent Laffont peut-être une première réaction face à ce trop-plein à fond pas d'ailleurs aujourd'hui un infobésité de plus en plus de citoyens deviennent à l'image d'Isabelle partisan la diète informationnelle ce que vous comprenez Isabelle et ceux qui un Français sur deux un souffre de fatigue informationnels bien sûr on la comprend après chacun a son libre arbitre là en l'occurrence madame Guibert est allé sur un chemin un peu extrême une attitude un peu extrême de se couper de l'information en tout cas de maîtriser complètement son accès à l'information c'est c'est très respectable mais j'imagine que c'est une démarche qui qui demande beaucoup de volonté et puis sans doute qui s'inscrit dans un cheminement personnel assez mais qui est pas isolé en tout cas elle est intéressante parce que il manque bien une réaction par rapport à ce qui est aperçu apparu comme un trop-plein et qui générée manifestement du presse comme Madame l'a dit donc il y a une réaction qui est une certaine manière très saine de sa part après il faut essayer de trouver un équilibre par rapport à cette afflux d'informations et c'est là des marches personnelles de de chacun évidemment est-ce que Sylvie Robert vous vous partagez peut-être parfois se sentiment de trop plein d'informations et de stress aussi et puis est-ce que vous pensiez qu'il y a aujourd'hui une injonction à s'informer à se tenir informé oui alors tout dépend de ce qu'on fait c'est vrai que nous en tant que parlementaire on est quand même tenu d'être au courant de l'information mais moi ce qu'ils avaient des notifications pardon permanents par exemple moi je trouve que et c'est très très bien ce que dit Madame parce que je trouve qu'il y a plusieurs choses il y a un rapport au temps qui est quand même extrêmement important de subir ouais voilà elle maîtrise elle est d'ailleurs quand elle parle de podcast c'est-à-dire on parlait tout à l'heure avec André de la question du présent aujourd'hui on est que dans de l'information présente c'est à dire il y a une hypertrophie du présent qui fait que on doit être en temps réel informé de quoi je ne sais pas en tout cas de ce qui se passe dans le monde mais quand vous voyez aujourd'hui le contexte qui est quand même très anxiogène on parle de problèmes climatique on parle de problèmes énergétiques on parle de problèmes la guerre en Ukraine vous êtes quand même dans un aujourd'hui je parle en 2022 dans un dans un une société ou dans un monde qui si on y prend pas garde effectivement être générateur de stress pour peu que on avale ce flot qui va être tout le temps dans le sensationnel dans le même sens c'est une réalité et en même temps c'est une réalité donc il faut savoir maîtriser c'est pas si facile moi je vraiment je trouve que c'est vraiment bien mais mais voilà c'est comme disait Laurent c'est à chacun de de pouvoir en tout cas choisir son voilà sa façon de s'informer une chose est sûre moi je ne veux pas enfin personnellement être stressé par je trouve qu'on a déjà trop de facteurs de stress pour un moment ne pas être stressé par une information qui m'arrive qui parfois à me désole me matin me touche mais à un moment il faut prendre la distance et ça c'est pas facile c'est vraiment pas facile donc tout dépend où on est ce qu'on fait et puis madame disait j'ai été un moment après les attentats dans un état les attentats ça revient beaucoup plus fragilisé mais vous savez la guerre en Ukraine a eu des conséquences aussi très très importantes quand on est dans des états un peu plus fragilisés à un moment de sa vie bah l'information peut être aussi beaucoup plus impactante donc il faut vraiment se protéger alors à la fois en quelques mots vous les rajouter quelque chose j'ai oublié de dire mais c'est vrai que c'est ta formation en abondance madame disait le matin quand je me réveille je j'écoute la radio c'est très intrusif dans la vie personnelle et il faut arriver à faire la coupure entre ce qui est savoir ce qui se passe dans le monde parce qu'on vit dans le monde quand même arriver à avoir à comprendre ce qui se passe ailleurs et tout en préservant notre vie personnelle et c'est vrai que les nouvelles technologies sont très intrusives par rapport à justement à ce qui doit rester une forme de coco il y a un apprentissage à à avoir on le verra tout à l'heure Isabelle Guibert je crois que vous aviez une question peut-être pour nos trois sénateurs qui vous écoutent oui moi je me demandais est-ce que vous aussi alors que que en tant que politique vous êtes particulièrement exposé vous ressentez le besoin de vous couper un petit peu de l'actualité vous démarrez comme tout je dirais complément de la vie humaine de la vie biologique il faut des règles vous mangez vous prenez un petit déjeuner éventuellement moi j'en prends pas déjeuner et un dîner et quand on est en information continue c'est de l'info obésité permanente le grignotage c'est très mauvais pour la santé et ce qui était avant dans les médias il y avait un rituel d'abord l'information informée c'est ce qui entre dans le format c'est ceux qui vient à nous l'information on allait la chercher on allait chez son marchand journaux Le Kiosque on déboursé de l'argent on récupéra le journal dans un état à peu près correct s'il ne pleuvait pas j'ai été directeur d'un quotidien j'en sais quelque chose et on consommait cette information parfois d'ailleurs mes lecteurs réguliers ils me parlait du journal de la veille ou de l'avant veille il le lisait pendant deux ou trois jours donc on essayait de pas dire trop de bêtises dans l'actualité immédiate parce qu'on savait que on était quotidien mais qu'on est élu pendant trois jours après il y a eu la télévision et la radio alors là je dirais que le média est entré à l'intérieur du foyer il est venu tout seul et sous la forme de gratuité et maintenant effectivement avec les médias électroniques on est dans une grève dans une extension ça devient un objet permanent donc moi j'écoute un peu la radio le matin j'écoute un peu la télévision le soir et je regarde des chaînes d'informations comme France 24 ou Euronews parce que entendre la même répétition de l'information bien sûr public c'est non mais pour moi c'est pas une chaîne d'information c'est une chaîne de contenu où on débat précisément où il y a il devrait y avoir encore plus de documentaires mais je sais que ça coûte cher mais il y a cette hygiène de l'information et puis comme disait ma collègue Sylvie on est passé dans une époque est présent on est dans les portraits du présent et on a dictat de l'urgence et je crois que nous-mêmes on doit pas entendre parlementaire il m'arrive des fois on me dit vous n'êtes pas au courant tu n'es pas au courant il s'est passé sage c'est pas grave justement ceux qui à l'instar d'Isabelle choisissent de se couper de l'information de faire une diète informationnelle il y a un enjeu démocratique derrière est-ce que pour autant ils sont moins bien informés Sylvie Robert je sais pas mais tout ça est lié quand même des questions démocratiques et de la relation entre les médias et les citoyens dans notre débat c'est aussi ça et je trouve que c'est quand même très important d'être informé parce que quand on est informé bien informé on se forge un point de vue une opinion et on n'est plus du coup on est plus libre je vais le dire comme ça de façon mais ce qui est important je crois c'est effectivement de bien choisir ses canaux d'information et puis de bien maîtriser son temps pour que on ne soit pas submergé donc voilà moi j'aime beaucoup la radio j'aime bien la folocale parce que je suis d'un territoire et je lis Ouest-France le matin parce que je veux savoir ce qui se passe dans dans ma ville et puis je lis des voilà d'autres quotidiens mais je regarde peu la télé pour des raisons mais ça c'est très pour des raisons de temps de mode de vie enfin voilà moi je peux pas j'ai pas le temps de regarder la télé alors justement notre rapport aux médias et bien justement on passe et on poursuit nos échanges avec vous maximoli et vous avez 26 ans vous Paris vous êtes militant associatif et vous avez repris en main en quelque sorte votre consommation de l'information vous êtes allé chercher de la qualité et de l'indépendance auprès de médias payants lesquels et pourquoi ça rejoint beaucoup des choses qui ont été dites à l'instant par des autres citoyens c'est à dire un besoin de reprendre le contrôle sur les informations qui arrivent juste à nous notamment moi j'étais assez frappé par le manque de traitement de l'information liée à la crise écologique et sociale qu'on traverse et donc j'ai eu un énorme besoin de retrouver de l'information de qualité sourcée sur ces sujets là et donc notamment auprès des médias effectivement payants j'ai eu la conscience qu'il fallait au bout d'un moment payer un accès à l'information et notamment le fait que les médias sont pas mal dépendants de la publicité aussi ça me posait des problèmes donc nous notamment des médias plus en ligne comme comme Mediapart ou comme analyse opinion critique qui sont des médias ou c'est vraiment des des chercheurs souvent ou des chercheuses qui qui font des sujets de fonds et ça je trouve ça vraiment intéressant et c'est comme ça que je m'informe aujourd'hui et je me sens beaucoup plus aligné et effectivement j'ai pas la télé non plus chez moi et je m'informe principalement sur ces médias là quoi alors justement plus de télévision pour vous et vous évitez également Twitter qui concentre selon vous les problèmes de traitement de l'information expliquez-nous en fait Twitter déjà dans le format c'est à dire qui pourrait vous renvoyer vers des articles plus longs je trouve ça intéressant mais sur des formats très courts comme ça c'est quand même pour moi le réseau social qui engendre le plus de débats conflictuels de polémiques de raccourcis et je me retrouve pas du tout dans l'utilisation de ce réseau social là qui qui est vraiment malsain à mon sens mais comme beaucoup de réseaux sociaux qu'on est parfois obligé d'utiliser pour pour certaines choses mais c'est vrai que Twitter à cette tendance à créer du débat stérile parce que laisse peu d'espace a une réaction un peu plus sourcée et prendre le temps d'expliquer ces arguments et le fait également que ce soit de l'instantané c'est à dire que tout le monde donne son avis sur tout en permanence surtout les gens qui n'ont qui font un avis qui est absolument pas sourcé et réfléchi et ça ça me pose énormément de problèmes évidemment et vous dénoncez aussi un concentration des médias aux mains de grands groupes et est-ce que cela nourrit votre méfiance vis-à-vis des médias traditionnels oui parce que je considère que Madame nous est très bien sur le plateau sur les enjeux démocratiques qui sont liés à cette concentration des médias c'est à dire comment est-ce qu'on fait pour une information de qualité comment on s'assure une indépendance de l'information dans société où il y a autant de concentration notamment et des liens alors des liens qui sont de plus en plus ténus notamment entre des gros groupes français des grosses entreprises des grosses fortunes et des médias d'information et moi c'est un des critères médiatique je peux faire mon choix mais moi ce qui m'embête c'est d'avoir que des choix notamment des informations en continu sont de plus en plus liés à ces gros groupes là et moi je leur fais je suis mal à l'aise par le fait qu'il y ait autant de citoyens citoyens autour de moi qui s'informent à travers ces médias là parce que on se retrouve avec des billets de confirmation et des sujets qui sont non traités parce que il y a des enjeux privés parfois qui sont existants et ça c'est un vrai souci pour moi et c'est une des questions que j'avais pour les sénateurs et sénatrices d'ailleurs c'est que la puissance publique face à ça est-ce qu'il y a des régulations possibles ou pas je sais que c'est compliqué je me suis un peu intéressé au sujet je sais que c'est compliqué mais j'aimerais bien savoir comment on peut mettre en place des lois qui permettent justement d'éviter cette concentration des médias ça c'est une question pour nos sénateurs et notamment là je me tourne vers Sylvie Robert et Laurent Lafont qui ont été au sein de cette commission d'enquête sur la concentration des médias et qu'est-ce qu'on pourrait répondre à Maxime on a fait plein de choses d'abord Maxime made in choses qui est tout à fait exacte c'est que l'information c'est un coup en l'occurrence il a dit qu'il était plus rassuré de payer de l'information c'est un tout à fait consciemment il est conscient que derrière il y a un travail il y a des professionnels qui vont chercher cette information qui vont la confronter à d'autres sources et qui vont en assurer une forme de qualité de l'information parfois il se trompe mais en tout cas il y a un vrai travail qui fait tout ça pour dire qu'il y a un coût et que dès lors que c'est un coup il faut trouver un financement alors il y a soit le financement tel que Maxime l'a énoncé celui de le consommateur qui paye soit la publicité soit aussi parce que les les l'économie des médias est une économie qui n'est pas très rentable le fait qu'il y a un actionnaire un actionnaire puissant qui permet de à travers le capital qu'il apporte de financer notamment l'imitation et l'imitation technologiques l'interrogation que nous nous avons bien sûr en tant que parlementaire c'est pas tant que il y a une concentration des médias c'est pas tant que quelques groupes possèdent des médias c'est d'assurer que le travail les journalistes à l'intérieur de ces groupes soit faite de manière suffisamment indépendante et qu'il n'y a pas d'interventionnisme de la part des actionnaires alors il n'y a pas de de règles particulières il y a pas une garantie à 100% bien entendu mais il y a une certaine vigilance et quelques outils sur lequel nous sommes attentifs moi ce que je note juste par là c'est que il y a quasiment pas de groupes de presse ou de médias y compris ce que Maxime cité qui ne se soit pas fait à l'origine avec l'aide d'un milliardaire avec l'aide d'un grand groupe tous ont eu recours à un moment à une aide une prise de capital mais une prise de capital par un par un grand actionnaire comme ça parce que l'information encore une fois un coup et si on veut une information de qualité il faut il faut y mettre de l'argent qu'est-ce que vous pourrez répondre à Maxime silver Robert sur voilà qu'est-ce que vous pouvez faire également en tant qu'élu pour garantir l'indépendance des médias parce qu'il y a un enjeu démocratique derrière alors d'après d'abord c'est vrai que c'est quand même cinq six grands industriels dans notre pays qui dirige et qui possède un grand nombre de médias il faut quand même avoir cette réalité à l'esprit même si quand le rendit ce qu'il faut garantir c'est l'indépendance après des rédactions etc ça c'est important donc c'est la relation effectivement entre entre celui qui détient un média et ce et ceux qui font la formation ce qui est intéressant quand même à observer pour on a la semaine dernière en commission je le dis auditionner l'Autorité de la concurrence et l'arcom ex-csa sur la question du projet de fusion M6 TF1 là c'était encore de la concentration ce qu'on peut en déduire c'est que quand même il y a eu un travail de l'Autorité de la concurrence qui est en vertu d'un certain nombre de disposition je vais pas les rappeler là c'est très technique et couplé à l'arcom ont un moment conclu que cette fusion n'allait pas pouvoir se faire donc ce sont des autorités indépendantes qui régulent donc voilà il y a toute une batterie quand même on va dire d'outils à disposition et puis bien sûr et on l'a mis dans les préconisations la commission d'enquête il y a la loi de 86 il y a un certain nombre de préconisations qu'il faut faire je pense que il faudrait vraiment une grande loi sur l'audiovisuel dans notre pays qui nous permettrait en tout cas d'actualiser à la fois de réformes et certes la loi de 90 mais d'actualiser une réalité qui aujourd'hui a vu aussi dans ce dans cet écosystème là l'arrivée des grandes plateformes et ça on ne peut pas un moment les les écartés comme ça parce qu'elles jouent un rôle qui n'est pas négligeable comment on fait évoluer les choses comment les fait comment les change dans cette offre médiatique qui était si importante et comment on garantit l'indépendance et la qualité de l'information ce qui est important que ça c'est à dire qu'on a effectivement d'un côté une concentration des médias et une multiplication des canaux on est dans la répétition dans mes travaux quand j'ai fait mon doctorat en sciences d'information de la communication je peux être intéressé à la situation de l'information dans les principaux grands pays développés comparable et je me suis rendu compte qu'autour des années 200 2005 il y a une bascule c'est-à-dire le nombre de journalistes professionnels encarté reconnu par les autorités comme journaliste professionnel commençaient à décliner et c'est au moment où on avait l'explosion des médias alors j'ai rien contre le culte de la matmator c'est à dire chacun se sent à travers les réseaux sociaux en droit et en devoir parfois de communiquer mais le journalisme professionnel au moins à des règles à une éthique on peut identifier un directeur de la publication un auteur et on peut même intenter un procès parce que la liberté d'expression n'autorise pas tout à l'endroit de quelqu'un et je pense que cette cette chose là elle est pourquoi on a moins de journalistes professionnels parce que on considère chaque en considère que l'information c'est comme l'air qu'on respire c'est gratuit bah non l'information d'une information de qualité ça se peut ça se produit merci à tous et à toutes d'avoir participé à cette première partie merci vous êtes prêté au jeu du dialogue citoyen l'échange se poursuit entre nos élus et citoyens vous êtes 6 citoyens et citoyennes venus nous parler de vos expériences autour de cette question de la fatigue informationnelle et les moyens d'y échapper et sont toujours avec nous un autour de la table Sylvie Robert sénatrice socialiste de l'île et Vilaine Laurent Lafont sénateur sans triste du Val-de-Marne et puis André gatelin sénateur renaissance des Hauts-de-Seine je vous présente tout de suite les citoyens et citoyennes de notre deuxième partie on sort un peu un du constat pour se projeter avec vous valentinulin vous avez 23 ans et vous êtes apprentis journaliste à Lyon vous partagez votre temps entre l'école le service le Centre de Formation des Journalistes et votre chaîne de télévision vous nous raconter pourquoi vous avez choisi cette voix ce métier qui vous correspond dites-vous même si vous envoyez d'ores et déjà les limites on a hâte de vous entendre également avec nous et Marie 21 ans parisienne vous êtes également étudi à Sciences Po et vous avez fondé il y a un nom et demi un média le média positif présent sur les réseaux sociaux un média complémentaire 100% positif qui relate des initiatives et des solutions et cela cartonne auprès des 18 25 ans mais on va commencer avec vous Raphaël Koshi vous avez 47 ans vous êtes conseiller principal d'éducation dans un lycée à Orléans l'une de vos missions sensibilisées et éduquer les élèves à l'information immédiat une mission essentielle pour former les citoyens de demain vous allez nous raconter pourquoi mais d'abord la fatigue d'informationnelle est-ce que vous la constatez auprès de vos lycéens donc nous ce que l'on constate c'est d'une part d'élèves qui expriment un trop plein d'informations ils ne disent pas qu'ils sont fatigués par l'information mais ils nous disent que parfois il y a beaucoup d'informations sur un même sujet et qui ne savent pas trop quoi en faire j'entendais en première partie d'émission parler d'anxiété on a des jeunes qui sont relativement anxieux face notamment à la situation actuelle et à l'avenir et ça vient ce trop-plein d'informations qu'ils évoquent en fait vient vient renforcer parfois cette anxiété et puis il nous questionne aussi sur les informations qu'il trouve sur la question de la véracité de ces informations est-ce qu'ils peuvent s'y fier comment les vérifier comment savoir que c'est une info voilà une info vérifier ou pas et puis derrière tout ça il y a évidemment la question de savoir ce que véhicule ces informations en termes en termes notamment démocratique et d'éducation la citoyenneté puisque on est autour de ça on voit un petit peu le constat des pas et alors justement vous devez rappeler quelques règles fondamentales parfois par rapport aux sources et notamment à ce que les élèves peuvent lire sur les réseaux sociaux on a commencé à en parler ne pas prendre tout pour argent comptant les réseaux sociaux ça c'est vraiment quelque chose qui qui revient très régulièrement oui alors sur les réseaux sociaux mais pas que en terme de de réseaux sociaux il y a quelques heures encore c'est une vraie une vraie anecdote il y a quelques heures encore je recevais des élèves qui voilà qui me signalaient des qui s'interrogeaient sur des contenus sur le sur les réseaux sociaux donc ça on reprend ça on reprend ça avec eux mais globalement sur la question de que ce soit sur les réseaux sociaux ou ailleurs j'ai envie de dire que toute toute information qui questionne les lycéens est bonne pour travailler en éducation aux médias et à l'information donc ce qu'on appelle le MI moi par exemple je il m'arrive régulièrement de retravailler des informations toutes simples avec les élèves du type on m'a dit que mon enseignant d'histoire était absent voilà d'où vient l'information où est-ce que tu as trouvé ça voilà donc là on peut travailler sur des fondamentaux et puis et puis évidemment sur sur tout ce qui est véhiculé sur les grands médias les réseaux sociaux on peut faire ce même travail de recherche des sources et de contenu de l'information vous voulez d'ailleurs un relancer un média lycéen c'est obligatoire dans les lycées depuis 2016 pourquoi c'est important essentiel ce média lycéen [Musique] [Musique] mais on est en moi je suis fermement convaincu comme beaucoup de collègues d'ailleurs CPE ou enseignant on partage cette on partage cette conviction moi je suis fermement convaincu que l'éducation à la citoyenneté repose en partie c'est un des piliers sur la la connaissance et la maîtrise des flux d'information pour pouvoir identifier les informations qui circulent ou qui parfois ne circulent pas au sein d'une au sein d'une démocratie nous avons des élèves comme vous l'avez dit qui ont entre 15 et 17 ans qui vont bientôt être des citoyens à part entière dans la société si on ne leur donne pas les clés et pour et la possibilité de décoder les informations et de les deux voilà de les trier de hiérarchiser comment peuvent-ils ensuite dans la pratique démocratique être des citoyens autonomes et responsables donc ça passe vraiment par ça pour moi l'enjeu il est vraiment là des gâteaux là vous partagez le constat et l'enjeu cette grande confusion auprès des lycéens et c'est des gens que je soutiens et je trouve que le ministère de l'Éducation donne trop peu de moyens aux clés mis on a eu plusieurs fois ce débat en hémicycle il y a quelques années c'est absolument essentiel et je crois qu'il faut aussi se poser la question à quoi servent les études secondaires les études secondaires à débouche sur quelque chose qui s'appelle le baccalauréat ça correspond peu au proue au 18 ans c'est de dire l'âge de la plaine citoyenneté et moi je trouve complètement aberrant qu'on donne des coefficients 6 ou 8 aux mathématiques et qu'on donne pas un coefficient 6 ou 8 à quelque chose qui serait la formation à la citoyenneté on peut pas demander à quelqu'un de biologiquement de 18 ans soudainement de devenir citoyen il a des droits il a un droit de vote il a une responsabilité aussi juridique politique donc moi je suis pour une profonde réforme de certainement là parce que l'employabilité parce qu'on nous dit mais les maths ça va t'aider à réussir ta carrière oui sans doute mais le bac n'est pas fait pour donner de l'employabilité si avec le bac on trouvait du boulot c'est je sais que c'est encore plus difficile pour ceux qui l'ont pas ça se saurait on doit construire des citoyens à l'école de la République c'est ça bon sang et là il y a quelque chose ce débat on arrive jamais à l'avoir avec les autorités en place je suis de la majorité j'ai encore pas trouvé un ministre actuel ou ancien où on peut poser cette question c'est quoi la formation à la citoyenneté et l'éducation médias tout le monde l'a proclame mais on donne très peu de moyens d'éducation aux médias elle est essentielle elle est importante elle est obligatoire comme le dit André gatelin à l'heure des fake news des réseaux sociaux et de la multiplication des tests complotistes ah oui oui moi je trouve que c'est vraiment fondamental on n'a pas cessé de le dire ça fait des années qu'on demande qui est plus de moyens qui est une prise en compte beaucoup plus forte de tout ce cette dimension là parce que on reparle fatigue informationsnel mais derrière ça il y a aussi une forme de défiance mais monsieur l'a très bien dit qu'il s'opère c'est à dire que les personnes parce qu'elles ne savent pas si cette information est est en quelque sorte sourcée s'interroge donc du coup il y a une forme de est-ce que finalement cette information est juste notre prochaine citoyenne elle a décidé de s'adresser à cette jeunesse et marouer 21 ans étudiante et co-fondatrice du média positif un média présent sur les réseaux sociaux la promesse de votre média est bien montrez l'actualité sous un jour nouveau mettre en lumière les nouvelles parler des progrès scientifiques environnementaux rompre avec le fatalisme qui se nourrit des problèmes décrits comme un solvable tout un programme je précise que c'est un succès plus de 2 millions d'abonnés et on regarde comment vous sélectionnez et bien ces nouvelles chaque matin bonjour à tous Alors moi c'est Emma je suis la cofondatrice du mediapositif un média social sur les réseaux sociaux où on parle que de belles histoires d'actualité positives et je suis avec Hugues le cofondateur avec moi je me diapositif et donc là avec lui où on était justement en train de travailler sur une news qui nous touche particulièrement c'est un progrès médical sur la mucoviscidose en fait c'est un nouveau traitement qui est en train d'être lancé et qui permettrait normalement d'améliorer significativement la vie des malades donc l'idée c'est aussi de leur permettre en fait d'éviter d'avoir une greffe des poumons et donc là on est en train de réfléchir à comment traiter au mieux sur nos réseaux sociaux cette news sur quel réseau sociaux aussi et comment le formuler pour que ce soit le plus compréhensible possible Emma bonjour vous venez d'entendre autour de splatoo peut-être aussi les critiques ou les limites des réseaux sociaux mais ça peut être très positif et c'est votre cas bonjour effectivement je comprends tout à fait nous c'est vrai qu'on a toujours pris en fait l'idée que c'est qu'on est complémentaire des autres médias mais que je pense qu'il y a vraiment besoin de cette dose d'optimisme cette dose de solution aussi qui souvent n'est pas vraiment toujours très bien présenté ou du moins et un peu noyé par le flow négatif et donc notre idée c'était vraiment d'accès sur ces solutions parce que je pense que c'est ce qui parle à notre analgénération c'est vraiment essayer en fait de redonner de l'espoir parce que si on n'a pas cet espoir là en fait on est paralysé et je pense sur des sujets comme le réchauffement climatique qui nous touche particulièrement sur les progrès médicaux tout ça ben en fait on a besoin en fait de savoir que le tunnel n'est pas fermé mais qui est encore une issue et que finalement voilà si on en parle si on montre que c'est possible ben je pense que notre génération on va retrouver de l'espoir aussi alors vous a pensé à porter quoi à vos abonnés au-delà de l'espoir je pense qu'on a vraiment cette envie de donner en fait la chance à chacun de pouvoir s'engager en montrant en fait que il y a des initiatives individuelles il y a des initiatives collectives et nous on présente un peu tout ça et en fait l'idée c'est vraiment de montrer que on n'a pas subi un truc mais qu'on peut tous passer à l'action donc c'est vraiment essayer d'amener avec nous de nouvelles personnes et de leur permettre en fait de savoir que c'est possible que d'autres personnes le font en même temps que et que Ben eux aussi ils peuvent le faire mais c'est pas un peu une bulle naïve et déconnectée d'une certaine façon alors c'est vrai que nous on est on dit pas qu'il faut se couper des autres médias je pense que c'est complémentaire donc l'idée c'est quand même oui on se coupe pas mais nous après quand on parle des bonnes nouvelles on n'est jamais le problème initial c'est à dire qu'on dit que voilà il y a ce problème là mais on présente aussi une solution ou une bride de solution qui existe en réponse et en fait l'idée c'est vraiment de montrer les deux le côté problème mais aussi la solution pour pas être dans cette bulle justement en disant que tout va bien on est dans un monde de bisounours c'est pas le but non plus Laurent la fonte je voyais réagir en tout début vous connaissiez le média positif parce que vous êtes abonné non non je connais pas je vais regarder maintenant mais en tout cas je trouve la démarche intéressante il faut reconnaître aussi que le doute la crainte la peur ça fait plus vendre que le côté positif et pourtant c'est un vrai succès à 2 millions d'abonnés en un an et demi je pense de cette génération notamment à ce qui est un autre message mais imaginez vous un présentateur du 20h commençant son journal en disant aujourd'hui tout va bien tout le monde va couper probablement la chaîne vous zapper sur passer à autre chose je pense qu'il faut pas être naïf non plus et c'est très bien que cette réaction existe s'il y a une espèce de présence très forte de de la crainte de tout ce qui déstabilise c'est que ça fait vendre c'est que ça rapporte ça tire de l'attention ça sollicite une envie d'en savoir plus et naturellement on est plus porté vers ce type d'information que vers une information positive et pourtant on a besoin d'informations positive pour s'enthousiasmer pour croire en avenir André gatelin vous avez été patron presse à la Libération un média qui fait du bien c'est ça le rôle des médias à chaque fois en réunion de rédaction en grande conférence mensuelle dire on n'a pas assez d'informations positives alors c'est parfois compliqué parce que quand vous avez un lectorat celui de libération était particulièrement critique quelque chose qu'on va annoncer comme un phénomène positif une découverte scientifique j'ai la moitié des lecteurs qui vont me dire ah oui mais attendez ça va nourrir dire le monde des multinationales du médicament on n'a pas encore les effets ou les tests enfin on le voit très bien d'ailleurs dans la gestion de la pandémie et du covid on a eu une période très tensible de peur à partir du moment où on a commencé à dire qu'on avait d'ailleurs des vaccins il y a la moitié de la population qui a dit ouh là ça va pas marcher ça ne marche pas il y a quand même un pessimisme bien alors moi j'aime bien ce genre d'initiative j'ai contribué il y a une bonne dizaine d'années à créer avec des gens à aider des gens à monter un journal qui s'appelle le journal minimal on se disait il faut du temps long il faut de la lenteur on n'est pas obligé de faire de l'information celle qui tombe d'en haut moi ce qui me gêne toujours dans la formation il y a la formation mais ça vient de l'extérieur on sait faire le média par des gens qui racontaient leurs témoignage des voyages qu'ils avaient fait des expériences qu'ils avaient et qu'ils avaient vécu et je pense que ça c'est important qu'on ait ces approches comp par terre et c'est la force on t'a beaucoup sur les médias numériques et les réseaux sociaux on peut faire son propre journal après c'est une question de compétences des équipes ça coûte pas cher à fabriquer quand on veut imprimer un journal quand on veut monter une chaîne d'hôtels si vous n'avez pas de grosses caméras pour faire quelque chose qui soit des fictions de référence vous êtes foutu et Internet on oublie nous a un peu tué dans cette idée de présentisme et d'immédiateté mais le monde du numérique c'est aussi le monde de l'anxyclopédie et on a oublié ses dimensions universelles globale qui nous permet d'aller chercher des choses très loin très anciennes avec une certaine facilité qu'on n'avait pas auparavant ce journaliste de solutions ça peut être une voix une piste pour rétablir le lien entre les citoyens et les médias en tout cas moi je vous encourage parce que je trouve que c'est ce sont des initiatives je connaissais mais je ne suis pas abonnée ce que je trouve intéressant c'est que la peur paralyse par contre quand effectivement on peut en fait on va se dire le monde des possibles c'est-à-dire le fait qu'à un moment c'est possible ça peut mettre en action et Mademoiselle disait très justement ça peut rendre acteur et alors qui de mieux que quelqu'un qui se lance dans le métier pour conclure cette seconde partie valentinulin apprenti journaliste à Lyon vous avez un pied à l'école et un pied dans l'autre dans l'entreprise une chaîne de télévision vous vous destinez donc à ce beau métier mais vous constatez autour de vous une grande fatigue une désillusion de l'usure chez les journalistes qui travaillent depuis un certain temps racontez-nous à Valentine oui en effet bonjour pardon donc j'ai commencé en septembre dernier à travailler dans une rédaction et même si moi je suis encore complètement animée passionné parce que je fais et j'ai plein d'idées plein d'envies déjà après un an de travail je constate que une partie des journalistes et je les accablent pas je vous partage leur quotidien maintenant ont du mal à faire leur métier parce que les conditions sont pas sont pas toujours évidentes et parce que en fait c'est l'un des lot de se répondre c'est à dire qu'on a parlé beaucoup de fatigue médiatique d'obésité enfin de d'invobésité pardon mais cette information elle vient bien quelque part et elle vient des journalistes qu'il est à produisent et il y a une injonction aussi il y a beaucoup produire dans les dérés d'actions évidemment je ne généralise pas et chaque rédaction à ses particularités mais globalement on voit que c'est quand même une tendance et on nous pousse à rédiger à écrire à produire ralentine pardon je vous coupe mais selon vous qu'est-ce qu'il faut faire pour renouer la confiance entre les médias les journalistes et les Français une confiance est cornée que vous ressentez déjà évidemment je pense qu'il y a plusieurs réponses et beaucoup des citoyens ici on ont évoqué ont évoqué des solutions mais moi je crois beaucoup au fait qu'il faille un peu ouvrir les portes de nos rédactions et montrer comment on travaille on a beaucoup parlé de fabrique médiatique et je crois que c'est essentiel il y a des rédactions qui le font déjà qui ouvre qui proposent aux citoyens de venir assister à leur conférence de rédaction et on n'est pas censé tenir les citoyens à l'écart de ça donc montrer comment on travaille je crois que c'est essentiel Laurent Lafont plus de transparence ça peut être une façon de renouer ce lien entre les médias et les Français oui et puis surtout dire clairement ce qui est de l'information ce qui résulte un travail de journaliste comme Madame la décrit et puis ce qui n'est pas de l'information que les gens soient conscients que derrière cette recherche de vérité et non pas de vraisemblance mais derrière cette recherche de vérité il y a des professionnels qui ont été formés qui ont des règles qui ont des exigences en termes de qualité est-ce qu'on peut trouver à côté ce n'est pas la même chose il faut faire la part des choses entre ce travail journalistique et le reste et on entend aussi un petit peu le journaliste un métier en crise et là aussi c'est quelque chose qu'il faut résoudre pour rétablir la confiance et il rétablir des conditions de travail sereine oui alors moi je continue à enseigner le journaliste dans une université et donc je sois les générations se succédaient il y a une demande de plus en plus mais comme dans tous les métiers de spécialisation donc là je m'occupe d'un master de journalistes culturel j'en avais un de journalistes scientifiques et vous pouvez conseiller à Valentine c'est vrai je l'ai vécu en rédaction il y a une usure des journalistes parce que on les spécialise dans un secteur moi j'ai vécu une chose très positive à Libération c'est que les journalistes qui étaient journalistes sportifs pouvaient se retrouver journaliste politique ou journaliste économique et la force d'un journaliste c'est pas de nécessairement très bien connaître le domaine qu'il traite c'est sa capacité à appréhender l'information et lui-même à se renouveler à redécouvrir parce qu'au bout d'un moment quand vous donnez spécialisé dans un domaine vous êtes vous-même vous n'êtes plus un journaliste vous êtes un acteur un critique de spectacle d'art ou d'autres devient préconisateur il fait partie du monde et de l'économie du domaine dans lequel il est il faut toujours revenir à la source l'enquête le déplacement le travail de terrain est essentiel pour garder de la volonté dans ce métier là et donner envie aux lecteurs tout à fait conscience invalentine qui a une question à vous poser on vous écoute Valentine oui moi je voulais vous interpeller sur quelque chose que je crois pas qu'aurait été évoqué je voudrais savoir si en tant que homme et femme politique vous estimez que vous avez vous aussi une responsabilité dans ce qu'on appelle la machine médiatique est-ce que vous sentez en partie responsable de cette fatigue informationnelle dont on a parlée écoutez je suis pas sûr que je participe de cette fatigue informationnelle la façon parce qu'il y en a d'autres au sein de la classe politique après c'est la façon dont on use où on abuse de nous-mêmes de notre propre par exemple des réseaux sociaux des choses comme ça moi je moi je fais très attention effectivement à qui qui demande une interview sur les chaînes en continu c'est hors de question donc je suis pas certaine d'alimenter après moi je vais pas juger ou d'autres qui le font je pense que oui il faudrait que chacun l'hygiène informationnelle ça existe face à un nouveau mot ça aussi nouvelle expression hygiène informationnelle c'est un peu ça c'est c'est il faudrait voilà il faut faire attention et puis je trouve que il faut qu'il y ait un respect moi je suis extrêmement attaché voilà des formations comme comme ça parce que être journaliste aujourd'hui c'est pas facile on n'est pas toujours bien vu c'est pas obligatoirement comme les responsables politiques d'ailleurs on alimente forcément des médias donc derrière il y a de la défiance qualimente cette défiance oui il y a toujours eu il y a toujours eu de tout temps il y a eu une proximité après je trouve que il y a un respect et puis voilà il y a une forme de toute façon de loyauté de sincérité à avoir et je crois que c'est dans la relation aussi qu'on a avec un journaliste et à la façon dont il va lui-même voilà organiser un débat ou alors une interview moi je suis très très je fais très attention je ne veux pas relire les mais je fais attention quand même je suis pas sûr que j'alimente en quelques mots vraiment quelques mots pour conclure qu'est-ce que vous avez retenu de vos échanges avec les citoyens et citoyens André gâteau là en quelques mots qu'est-ce que vous retenez cette heure de d'échange c'est important alors nous on n'est pas du côté de la fabrique de l'information c'est peut-être vous qu'on aurait dû interroger ou les responsables de la rédaction mais je pense que on un peu avancer faire société si on ne comprend pas les mécanismes si on est des explique pas et si on ne les rend pas accessibles et transparent et aujourd'hui on a beaucoup de mal dans tous les domaines parce qu'on prétexte le manque de temps là encore ou la l'hyperspécialisation pour pas donner ou expliquer aux gens Laurent Laffont il y a urgence oui il y a autre chose parce que c'est notre démocratie qui est interrogé à travers toutes ces questions qu'on vient de se poser et que ce soit le citoyen qui cherche à comprendre à connaître que ce soit le politique qui cherche à mieux faire partager ces préoccupations ou le journaliste qui dit comment je peux travailler dans ces conditions donc on voit bien qu'on est au cœur de notre fonctionnement de démocratique au jour où ce début de 21ème siècle Sylvie Robert pour conclure oui moi je suis d'accord c'est une question démocratique et je crois que l'éducation aux médias j'y reviens mais parce que je trouve que tout passe par l'école et puis que cette question d'éducation elle est fondamentale je pense que voilà c'est c'est extrêmement important parce que derrière on sait très bien que quand on a des citoyens libres éclairés et bien informés bien informés ça participe merci de la démocratie à ce nouveau numéro de dialogue citoyen merci à vous en plateau et merci à nos 6 citoyens et citoyennes pour leur participation à distance participation active riche en confidence merci de votre confiance si vous avez manqué une partie de l'émission et que vous souhaitez la voir et bien n'hésitez pas à vous connecter sur le site de Public Sénat l'émission est disponible en replay ainsi que sur notre chaîne YouTube à très bientôt pour un nouveau numéro de dialogue citoyen merci beaucoup pour ce moment de dialogue citoyen autour d'une question d'une vraie question de société j'ai trouvé l'échange avec les sénateurs vraiment riches les témoignages étaient vraiment intéressant dans la diversité peut-être un peu frustré de pas avoir pu prolonger ce moment-là et l'échange le débat je pense que ça bouge [Musique]

Les français fatigués de l'info — Laurent Lafon · Pourquijevote