Contre-matinale #112 | Mélenchon fait foule à Paris, Macron s'en prend au RSA, un nouveau scandale Alstom...
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Salut à toutes et à tous et bienvenue sur le plateau du Média TV. Nous sommes le lundi 21 mars 2022 et 20 jours nous séparent du premier tour de l'élection présidentielle en France. Après la pause du week-end, nous voici revenus pour notre contre-matinale quotidienne, une contre-matinale financée à 100% par les citoyens, des citoyens comme vous. Une contre-matinale accessible gratuitement parce que c'est notre choix, mais qui peine pour dire la vérité à mobiliser les ressources nécessaires à sa pérennisation. Rejoignez-nous, devenez sociaux abonnés du Média ou faites-nous un don, de préférence mensualisé. La contre-matinale du Média épisode 112, c'est parti.
Aujourd'hui c'est lundi et comme tous les lundis, nous ferons le zap politique du week-end et aussi de la semaine qui vient de s'écouler. Je serai avec notre ami Thomas Porte, syndicaliste, président de l'Observatoire national de l'extrême droite et membre de l'équipe d'animation du Parlement de l'Union Populaire. On évoquera une actualité qui est sienne, la marche pour la VIème République et le meeting de Jean-Luc Mélenchon qui a suivi ce dimanche. On parlera également de l'entrée en campagne d'Emmanuel Macron sur des thématiques de guerre sociale, notamment celle du RSA, qui devrait être assujettie à une obligation de 15 à 20 heures d'activité.
En deuxième partie de matinale, je recevrai Thomas Dietrich, animateur du pôle enquête du Média, qui nous parlera de sa dernière enquête sur les relations troubles entre le groupe Alstom, la France, et un oligarque sulfureux, du non moins sulfureux régime du Kazakhstan. Le Kazakhstan qui est avec le Niger le principal fournisseur de l'uranium qui alimente les centrales nucléaires, qui nous livrent notre électricité. On en profitera pour aborder la question des magouilles des multinationales françaises à l'étranger, au Kazakhstan bien sûr, mais aussi en France-Afrique. Mais commençons par la titrologie.
Comme on pouvait s'y attendre, la guerre en Ukraine et la présidentielle à venir sont présentes à la une de nos quotidiens de ce lundi. L'armée russe entre dans Mariupol dévastée, titre Le Monde, daté de dimanche et lundi, mais sorti samedi après-midi dans les kiosques. Les victimes se comptent par milliers à Mariupol, écrit notamment Le Quotidien du soir. Le Monde qui relaie également les mises en garde de Joe Biden à Xi Jinping. Les États-Unis menacent la Chine de représailles si elle aidait les Russes à contourner les embargos qui leur sont imposés.
Le printemps, Mélenchon, titre poétiquement Libération, selon le quotidien de centre-gauche, si Mélenchon peut espérer une présence au second tour, il lui faudra braver trois obstacles de taille. Mélenchon doit donner un vrai discours de gauche, mobiliser les abstentionnistes qui ne se revendiquent pas de gauche et rassurer les autres gauches en dehors de celles de la France insoumise. Exigence contradictoire, comme vous voyez vous-même, en tout cas c'est ce que pense Libération.
Si j'étais ministre de la Culture, titre de son côté, le quotidien d'inspiration communiste, l'humanité, et qui a publié l'appel de dix personnalités demandant aux candidats de faire de ce thème, la culture, de ce thème délaissé justement, l'une des priorités du quinquennat à venir. Les partis déjà dans la bataille des législatives, titre Le Figaro, qui parle d'un deuxième match, dont les scénarios sont déjà échafaudés dans la fébrilité par les candidats et leurs écuries. Pour la majorité LREM, c'est le casse-tête des nouveaux alliés avec sept formations politiques qui sollicitent des investitures.
Zemmour veut œuvrer pour une recomposition à droite à la faveur des législatives et le PS panique à l'idée de voir son groupe à l'Assemblée nationale diminuer en taille. CAC 40 des profits records pour affronter 2022, c'est le titre du grand titre du quotidien économique, les échos. Les champions français de la côte ont cumulé plus de 100 milliards d'euros de bénéfices, nous indiquent les échos, qui indiquent aussi que tous les secteurs ont contribué à ce beau résultat, luxe, industrie, médias, etc. Une manne, selon le mot, choisie par les échos. Bienvenue pour surmonter les difficultés qui s'annoncent. Côté de la presse indépendante en ligne, deux articles que j'ai épinglés.
C'est d'abord cet article de la journaliste indépendante Fanny Pigeot pour reporter « Bolloré quitte l'Afrique après avoir exploité la forêt ». Un article qui nous explique qu'avec la cession de ses activités logistiques, Bolloré va sans doute abandonner ses intérêts dans l'exploitation forestière et le commerce des bois tropicaux africains. Une aventure qui a d'abord commencé par de la coupe d'essence de haute valeur, ce qui rapportait des profits faramineux, puis qui s'est déplacé sur le transport et la logistique liée à l'exportation du bois africain.
À Liroub aussi, ce papier de Mediapart, Ukraine, enquête sur des crimes de guerre, et je lis le chapeau de ce papier, des vidéos analysées par Mediapart et d'autres enquêteurs à test de bombardements indiscriminés visant des zones résidentielles. Certains, effectués à l'aide d'armes à sous munitions, s'avèrent particulièrement meurtriers. Et il est question donc de crimes de guerre de l'armée russe, des crimes de guerre supposés de l'armée russe. C'est le moment d'accueillir notre ami Thomas Porte, président de l'Observatoire national de l'extrême droite et membre de l'équipe nationale de France. D'ailleurs, je ne sais pas s'il y a un Thomas dans l'équipe nationale de France.
En tout cas, il est membre de l'équipe d'animation du Parlement de l'Union Populaire. Bien entendu, on est ensemble pour le zapping politique du lundi. Salut Thomas, comment tu vas ?
Ça va, merci. Ça va très bien après cette belle marche qu'on a réussie hier.
Alors, le premier sujet qu'on va évoquer, c'est un sujet dont je suis un acteur et pas seulement un observateur. C'est la marche pour la Sixième République qui s'est achevée par un meeting à République. Un meeting qui s'est terminé par l'allocution de Jean-Luc Mélenchon. Magneto, gros Magneto. Plusieurs extraits de la prise de parole de Jean-Luc Mélenchon, justement.
Maintenant, et dans moins de 30 jours, la droite et l'extrême droite de Macron à Zemmour et Le Pen annoncent le même passage en force vers la retraite à 65 ans. Il faut travailler plus longtemps, disent-ils, parce qu'on vit plus longtemps. Mais depuis qu'on travaille plus longtemps, c'est-à-dire depuis messieurs Sarkozy et Hollande, avec le gouvernement de l'Union Populaire. Nous passerons, au contraire, à la retraite à 60 ans. Et il n'y en aura pas une inférieure au salaire minimum qui est reconnu comme le SMIC, c'est-à-dire 1 400 euros pour une carrière complète de 40 annuités. Et jamais, pour qui n'a pas une carrière complète, moins de 1 000 euros pour qui que ce soit.
Choisissez, trancez, la retraite à 65 ans avec Macron ou la retraite à 60 ans avec Mélenchon. Si l'Union Populaire l'emporte, le décret sur l'augmentation du SMIC à 1 400 euros, le décret sur le blocage des prix, ces deux décisions ne dépendent que d'un décret. Il n'y a pas besoin de voter une loi pour cela. Un décret, c'est un texte. Et comptez sur moi pour l'écrire rapidement. Un texte et une signature, la mienne.
Le pays où a été inventé le vaccin est dorénavant le seul des cinq membres du Conseil de sécurité où il a été impossible de produire un vaccin alors qu'on a régalé pendant des années et des années de 7 milliards de chèques cadeaux par an de crédits, impôts, recherches à des entreprises comme Sanofi, à Capigeance des Français. Vous a-t-on montré du doigt ? Vous a-t-on montré du doigt ? Les enseignants, les chercheurs, les travailleurs par ces gens qui donnent des ordres, la mine superbe et qui sont incapables de faire le métier pour lequel on les... Les patrons de cette sorte nous coûtent beaucoup trop cher.
Qui aurait imaginé qu'on verrait pleuvoir 2,2 millions d'amendes infligées pour non-respect des mesures sanitaires de la Covid ? Au total, en 5 ans, 20 de lois touchantes aux libertés, lois sur la sécurité intérieure, lois sur le secret des affaires, lois asile et immigration, lois sur les fake news, lois anti-casseurs, lois avia, lois sécurité globale, lois renseignement, lois séparatisme, lois sur la justice, lois responsabilité pénale et de restriction des libertés au nom de la crise sanitaire. En 30 ans, 16 lois contre le terrorisme et 32 lois contre la délinquance dont jamais une seule n'a donné lieu à un bilan.
Le gouvernement de l'Union Populaire réparera tout ce qui peut l'être pour les victimes de l'autoritarisme. Il amnistiera tous les Gilets jaunes condamnés. Le classement et de l'indemnisation des victimes d'amputations et d'éborgnements dont la vie a été brisée. L'usage de matériel offensif et les techniques de neutralisation physique mortelles. Il intervira la technique du nassage. Les personnels de santé chassés de l'hôpital. Les militants écologistes et syndicalistes réprimés par les abus de pouvoir. Le 10 avril, rendez ce pays hier rabougri. L'Union Populaire, avec l'Union Populaire, adressez-vous à tout le peuple humain. Faites parler la France au monde. Un autre monde est possible.
Vive la France et surtout !
C'était un bon résumé du meeting pour ceux qui ne l'ont pas regardé en direct à la télé et qui n'y étaient pas. 2012, 2017, 2022, c'était la troisième marche pour la Sixième République. Pensée vécue comme un moment de communion, mais comme, il faut le dire, une démonstration de force politique. Est-ce que
le pari réussit, Thomas ? Le pari est 100% réussi. Nous étions plus de 100 000 hier à marcher depuis Bastille à République et je crois que la démonstration de force elle est évidente. Mais ce n'est pas simplement une démonstration de force d'un nombre.
Évidemment, il y a cet effet qui dit qu'aujourd'hui le pôle de la gauche radicale, celui qui peut accéder au second tour de l'élection présidentielle, à la fois pour éliminer l'extrême droite, c'est quand même un véritable enjeu, et pour opposer un projet de société à Emmanuel Macron, c'est Jean-Luc Mélenchon, mais c'est aussi le fruit d'une dynamique qu'on a construite depuis des semaines avec le Parlement 19 réunions publiques par semaine en France tenues par des députés ou des orateurs nationaux de la France insoumise qui font sale comble.
On est sur les marchés, on est au pied des immeubles, partout on sent qu'il y a un désir, qu'il y a une attente dans ce pays qui a été maltraité par 5 ans de quinquennat Macron autoritaire, liberticide et qui a fracassé le pouvoir d'achat des Françaises et des Français. D'ailleurs, Jean-Luc Mélenchon l'a dit très clairement hier, quand il est arrivé au pouvoir, il signera immédiatement un décret pour mettre le SMIC à 1 400 euros net parce que c'est une priorité aujourd'hui au regard de ce que subissent les Françaises et les Français. Donc, hier, c'était un temps fort de la campagne.
À trois semaines du premier tour, nous disons qu'aujourd'hui, il y a un candidat qui peut porter l'espoir du peuple de gauche, des écologistes, des gens qui veulent un autre monde. C'est notre slogan, un autre monde est possible. Et avec Jean-Luc Mélenchon, c'est possible le 10 avril. On est aujourd'hui troisième dans les sondages à quelques points de Marine Le Pen et nous avons les moyens d'y accéder et ça permettra aussi au second tour d'avoir un véritable qui a été condamné deux fois pour une action climatique.
Est-ce qu'on veut sauver l'hôpital public ou est-ce qu'on veut continuer à gaver Sanofi comme l'a rappelé Jean-Luc Mélenchon d'argent public alors qu'il n'a pas été capable de trouver un vaccin ? Est-ce qu'on veut un régime autoritaire qui maltraite les manifestations ou est-ce qu'on veut revoir le maintien de l'ordre et amnistier les gilets jaunes qui ont été maltraités par les forces de l'ordre ? Voilà le projet que porte Jean-Luc Mélenchon, celui d'une sixième république pour des nouveaux droits, pour la souveraineté populaire, respect de l'anidité humaine.
C'est l'enjeu qui est face à nous et je crois qu'on est à un moment historique parce qu'on est sur une période où le réchauffement climatique est déjà là. Il faut changer de trajectoire et avec Jean-Luc Mélenchon, on peut le faire le 10 avril.
Il y a aussi une sorte de course contre la monde qui s'est engagée parce qu'effectivement la dynamique est au même niveau si on compare les dates qu'en 2017 mais l'élection a lieu plus tôt et donc il ne reste plus que trois semaines. Trois semaines, ce n'est pas beaucoup. Est-ce que tu penses que ça peut être suffisant pour ramener les abstentionnistes finalement dans les bureaux de vote et aussi pour convaincre d'autres fractions de la gauche que c'est le bon geste à faire ?
Je crois que c'est le meeting de hier et là aussi vocation à s'adresser à toutes celles et ceux qui aujourd'hui sont indécis, sont éloignés de la politique, qui voient leurs conditions de vie se dégrader et qui se disent la politique ce n'est pas pour moi, ça ne m'intéresse pas. Si vous avez un candidat à un programme, c'est Jean-Luc Mélenchon qui peut changer la vie des gens, qui peut améliorer votre quotidien, il reste trois semaines, c'est vrai. C'est à la fois beaucoup et peu à la fois.
Et moi je veux dire un message à toutes celles et ceux qui nous écoutent aujourd'hui, qui nous regardent et qui veulent faire gagner Jean-Luc Mélenchon, il faut aller au pied des immeubles, il faut aller sur les marchés, il faut aller à la sortie des magasins, il faut convaincre. Notre travail, il est important à toutes et à tous, c'est-à-dire il faut aller chercher les voix une par une. Parce que c'est ce qui nous a manqué en 2017, il a manqué je crois deux voix par bureau de vote pour que Jean-Luc Mélenchon soit au second tour. Aujourd'hui, on sait faire, on a des outils pour mobiliser les gens, mais la responsabilité elle est collective.
Il faut que chacune et chacun on soit sur le terrain pendant trois semaines pour aller chercher ces voix-là. C'est possible d'être au second tour. On nous disait il y a quelques mois la candidature de Jean-Luc Mélenchon ce n'est pas possible, la gauche n'existe pas dans ce pays. Si la gauche elle existe dans ce pays, c'est Jean-Luc Mélenchon, c'est le Parlement de l'Union Populaire et nous allons être au second tour avec le formidable travail que nous avons engagé et que nous allons poursuivre pendant ces trois semaines jusqu'au 10 avril.
Alors, au-delà de la forme, Jean-Luc Mélenchon a évoqué la thématique de l'élection présidentielle qui serait, selon ses mots, un référendum social en mettant en avant des thèmes justement dont on a déjà parlé, la retraite à 60 ans, le SMIC à 1400. Est-ce que tu penses que l'opinion française est réceptive à ces thématiques là où on a travaillé ? Elle a été travaillée au corps pendant de nombreuses années pour qu'elle se préoccupe de la sécurité, de l'immigration, de l'identité, etc.
Est-ce que, alors que justement, les angoisses liées à l'inflation post-Covid et l'inflation liées à la guerre en Ukraine, est-ce que ça rend l'opinion plus sensible à ces thématiques sociales que ce qu'on aurait pu imaginer ?
Contrairement à ce qu'on a tenté de nous faire croire pendant des mois, les préoccupations majeures des Françaises et des Français et des citoyens de ce pays, c'est le pouvoir d'achat et après c'est l'écologie. C'est ça qui préoccupe les gens. Un, sur le quotidien, parce qu'ils voient bien que les factures, elles s'accumulent, les tarifs augmentent et les salaires stagnent, voire baissent. Donc il n'y a pas le moyen. Les gens sont dans une survie aujourd'hui.
Ce n'est pas une question de vivre ou de ne pas vivre, c'est une question de survivre au quotidien et la question environnementale parce qu'ils sont préoccupés par l'avenir et ils voient bien que leurs gamins vont grandir dans un monde qui sera absolument pourri si on continue comme ça. Donc je crois que Jean-Luc Mélenchon, il a réussi aussi à réinstaller ces thèmes dans la campagne et tu parlais du travail de SAP de certains médias dominants ou de certains partis politiques. Le JDD a fait un sondage il y a quelques semaines. Ce n'est quand même pas une officine de la France Insoumise qui dit que 77% des Français veulent la retraite à 60 ans.
Donc oui, cette élection, c'est aussi un référendum pour savoir quelle politique sociale on veut dans ce pays. Est-ce qu'on veut pouvoir vivre dignement de son travail ? Est-ce qu'on veut pouvoir profiter de la retraite ou est-ce qu'on veut comme Emmanuel Macron la mettre à 65 ans quand on sait que 25% des plus pauvres décèdent avant 62 ans ? Est-ce qu'on veut que le travail, il paie ? Est-ce qu'on veut que les salariés aient des droits ? Parce qu'Emmanuel Macron, n'oublions pas, il a inversé la hiérarchie des normes. Jean-Luc Mélenchon l'a rappelé.
C'est-à-dire qu'il n'y a plus de protection aujourd'hui quasiment pour les salariés qui sont livrés au désidérata du patronat et avec un rapport de force défavorable. Donc oui, on s'adresse aussi à tous ces gens-là, à ce monde du travail, à ces ouvriers, à ces salariés qui souffrent, qui voient leur salaire, qui n'augmentent pas. Et nous, on prendra des décisions très importantes puisqu'on considère qu'aujourd'hui, le SMIC, on doit le mettre à 1 400 euros net. Et deuxième chose, garantie d'autonomie, elle sera à 1 063 euros parce que pour nous, dans ce pays, il ne doit pas y avoir une personne en dessous du seuil de pauvreté.
Alors, Jean-Luc Mélenchon n'a pas vraiment fait appel aux appareils politiques de gauche, aux autres appareils. On a parlé dans la titrologie de Libération qu'il disait qu'une des trois tâches de Mélenchon c'était de rassurer les autres gauchers. Il n'a pas essayé.
C'était le discours d'hier pour voir quel est le programme de Jean-Luc Mélenchon qui est un programme de gouvernement, qui est un programme de gauche, qui est un programme qui répond aux aspirations populaires. Et notre responsabilité, elle n'est pas de s'adresser aux dirigeants des appareils politiques. Elle est de s'adresser aux militantes et aux militants de ces mouvements politiques, de s'adresser aux citoyens. C'est les gens qui vont faire l'élection. C'est les citoyens qui se déplacent dans les urnes, qui vont décider le 10 avril avec leur bulletin de savoir quel monde ils veulent.
On a fait le choix, justement, avec le Parlement de l'Union Populaire, d'avoir une démarche de rassemblement qui parte de la base, avec des gens qui s'engagent dans la campagne, qui ne sont pas des dirigeants politiques, qui sont des militants syndicaux, associatifs, qui sont des responsables politiques, mais pas des chefs de partis. On a encore eu des gens qui nous ont rejoints ce week-end. Je pense à Mickaël Ouamène, qui était un syndicaliste, qui a mené la lutte contre Gouillard, la multinationale, Sophia Chouvia, pour nous c'est très important.
La fille de Cédric Chouvia qui a été tuée par la police. Qui avait son papa à mourir
entre les mains de la police et qui jusqu'à présent n'était pas engagé à la politique et dit au regard de ce qui se passe, au regard de moi ce que j'ai subi, de ce que subissent de nombreuses familles dans ce pays, je m'engage avec Jean-Luc Mélenchon. Donc on voit qu'il y a quelque chose qui se passe et notre message il est véritablement à la population, aux gens. Le 10 avril, vous avez les moyens de changer les choses. De façon assez simple, c'est un aller-retour au bureau de vote avec le bulletin L'Avenir en Commun de Jean-Luc Mélenchon.
Vous pouvez décider de sortir des logiques libérales qu'a imposé Emmanuel Macron et les différents gouvernements parce qu'il ne faut pas les oublier pour porter une société de partage, de justice sociale, de respect, de dignité humaine et véritablement oui, un autre monde est possible et pour ça, il faut voter Jean-Luc Mélenchon.
Quand je disais rassurer les autres appareils de gauche, je pense notamment à ce qui a fait la une du Figaro, les législatives, en fait, les appareils politiques hors France Insoumise, hors Union Populaire considèrent qu'il y a une sorte de deuxième match et que si on laisse Jean-Luc Mélenchon arriver au second tour, il sera en trop forte position en vue législative et qu'il va essayer d'écraser les autres. Ça, c'est quelque chose qu'on entend.
Oui, mais c'est un calcul qui est absolument catastrophique parce qu'on ne reconstruit pas ou on ne construit pas une gauche sur des ruines et l'intérêt des gens, c'est d'avoir un candidat de gauche et de rupture déjà au second tour de l'élection présidentielle et qui soit président de la République.
Si on commence à faire déjà des calculs sur les élections législatives en pensant qu'on ne sera peut-être pas au second qu'on va perdre, vous savez très bien comment ça se passe dans la Ve République, le vainqueur de l'élection présidentielle, derrière, il bénéficie souvent d'une prime pour appliquer son programme, il a de très nombreux députés, on sait en plus très certainement qu'Emmanuel Macron va dissoudre l'Assemblée nationale pour provoquer des élections anticipées, donc avec un débat sur ces élections-là qui va être très resserré, donc on ne pourra pas véritablement mener un contre-projet ou un contre-débat.
Je crois que ce n'est pas sérieux, d'ailleurs, la France Insoumise s'est adressée au Parti communiste, s'est adressée aux écologistes avec des lettres sur les élections législatives où on a proposé un certain nombre de choses, mais ce qui nous nous préoccupe aujourd'hui ce n'est pas les élections législatives, c'est le premier tour de l'élection présidentielle.
Vous l'avez dit tout à l'heure, il reste trois semaines, donc nous ces trois semaines on ne va pas les passer à discuter d'accords hypothétiques aux élections législatives, on va mettre toutes nos forces dans la bataille pour d'abord envoyer Jean-Luc Mélenchon au second tour, c'est ça pour nous du Parti Socialiste qui qualifie Jean-Luc Mélenchon d'ennemi et qui presque pour eux il ne doit pas être au second tour parce que c'est un danger pour la gauche. Je crois que c'est absolument irresponsable mais c'est aussi ça témoigne aussi de l'état de... Ça témoigne surtout que ça ne dérange pas que le Front National soit au second tour avec Macron.
C'est ça qui est totalement surréaliste, c'est-à-dire qu'aujourd'hui la candidature de Jean-Luc Mélenchon, ce que j'ai dit tout à l'heure, elle permet d'accéder au second tour et de porter un projet de société qui est le nôtre, d'éliminer l'extrême droite du jeu et c'est quand même pas mineur comme sujet dans le pays. Est-ce qu'aujourd'hui la gauche n'a pas intérêt à se dire qu'il ne pas envoyer l'extrême droite au second tour ? C'est quand même une bonne nouvelle. On entend les propos de Marine Le Pen et d'Éric Zemmour en longueur de journée.
Si on les élimine du premier tour de l'élection présidentielle, je crois que c'est une très bonne nouvelle et pour les éliminer, il faut se positionner derrière la candidature de Jean-Luc Mélenchon qui est aujourd'hui le candidat le mieux placé, qui est troisième, qui est devant Valérie Pécresse, qui est devant Éric Zemmour, qui continue sa dynamique. Est-ce que nous avons réalisé hier la place de la Bastille avec 100 000 personnes ? Aucune autre force de gauche ne peut le faire. Donc nous, on continue à tendre la main à tous ces gens de gauche, à tous ces militantes, à tous ces citoyens qui veulent changer les choses.
Venez dans l'Union Populaire, votez Jean-Luc Mélenchon le 10 avril, venez nous rejoindre dans la campagne, prenez votre part dans ces trois dernières semaines parce qu'on a véritablement besoin de vous. Chaque voix va compter.
On passe désormais à Emmanuel Macron qui a présenté jeudi son programme à Aubervilliers. Il a évoqué notamment une sorte de réforme du RSA aux allures franchement punitives. On regarde un petit magnéto à ce sujet.
L'obligation de consacrer 15 à 20 heures par semaine pour une activité permettant d'aller vers l'insertion professionnelle, soit de formation en insertion, soit d'emploi, et d'être mieux accompagné, de dire qu'il n'y a pas simplement une prestation, mais aussi un accompagnement. Et au fond, ce que je souhaite faire avec cette réforme du RSA, c'est exactement ce que nous sommes en train de déployer depuis quelques semaines avec le contrat d'engagement jeune pour les 18-25 ans.
Après avoir assumé la retraite à 65 ans, Thomas et Emmanuel Macron ont revendiqué ce qui apparaît à beaucoup comme une humiliation des travailleurs privés d'emploi, parce qu'il se dit que les sondages sont tellement bons qu'ils ne risquent rien. Qu'est-ce qui justifie qu'il aille aussi droit au but, finalement, après avoir louvoyé et après avoir essayé de ne pas parler de son bilan, trois semaines avant l'élection, il montre la couleur ?
C'est véritablement un projet de droite et avec tous les marqueurs de la droite telle qu'on la connaît dans ce pays, la droite dure, c'est-à-dire une stigmatisation des plus pauvres. On n'en parlera pas, mais il a parlé du droit d'asile avec le fait que si on allait être débouté, il n'y aurait plus de recours, donc les gens vont être expulsés de suite, ce qui est quand même une remise en compte très grave des principes de ce pays.
Et sur la réforme du RSA, enfin la pseudo-réforme, parce que le mot réforme, normalement, c'est quelque chose de positif et à chaque fois, ce gouvernement-là, comme le gouvernement de François Hollande, nous vend des réformes qui sont dites négatives, mais on va stigmatiser des gens qui gagnent aujourd'hui 560, 575 euros par mois en faisant croire que ce sont des assistés qui se complaisent à vivre de cette somme-là, mais qui dans ce pays va croire que des gens vivent volontairement avec 575 euros et on va leur imposer de faire 15 à 20 heures d'activité ?
Il y a aussi un sujet derrière qui cache ça, c'est qu'Emmanuel Macron veut faire travailler ces gens-là en les payant simplement 575 euros, certainement pour du travail qui est aujourd'hui rémunéré à une autre valeur. Donc il y a une dévalorisation du travail, il y a une attaque contre les plus précaires, il y a une stigmatisation et encore une fois, c'est montrer du doigt ces gens-là et quand on leur demande de justifier quelque part ce qui touche le RSA, mais quand on regarde encore une fois dans les annonces de Macron l'argent qu'il va verser à des entreprises, les exonérations de cotisations, là, il n'y a aucune contrepartie qui est demandée.
Donc on voit qu'il y a toujours un deux poids deux mesures et c'est le logiciel d'Emmanuel Macron. Je termine là-dessus, n'oublions pas que sa première mesure quand il est arrivé au gouvernement en 2017, ça a été en parallèle de supprimer l'impôt de solidarité sur la fortune 3 milliards et de faire les poches des plus fragiles avec la réforme des APL où il leur a pris 5 euros.
Surtout, ce qui est assez troublant, c'est qu'ils se sont défendus à la République En Marche en disant qu'il s'agissait d'activité et pas de travail parce que s'il s'agit de travail, ce serait un travail en dessous du SMIC.
Exactement, mais je crois qu'il joue sur les mots et on voit ce qui se dessine, c'est-à-dire un travail de plus en plus précarisé avec une stigmatisation des plus fragiles. On voit en plus qu'aujourd'hui, le RSA tel qu'il est fait ne permet pas forcément un retour à l'emploi. Toutes les études le disent, les gens qui sont au RSA depuis des années, c'est difficile de le réinsérer dans l'emploi. Donc, il faut changer de braquet, il faut changer de politique. C'est aussi pour ça qu'avec Jean-Luc Mélenchon, nous, on propose la garantie d'autonomie qui sera de 1063 euros net, je l'ai dit tout à l'heure, pour que personne ne soit en dessous du seuil de pauvreté.
On ne peut pas se satisfaire de gens avec 500 euros par mois et leur imposer alors pas du travail ou de l'activité, mais qu'est-ce que c'est comme activité ? Emmanuel Macron
n'a pas explicité
ce que c'est une activité. On se demande bien ce qu'il va y avoir derrière ce mot-là et qu'est-ce qu'on va faire ? Les gens qui ne vont pas respecter leur activité, qui ne vont pas faire 15 ou 20 heures, qui vont faire 13 heures, on va leur couper 563 euros, 565 euros, on va les balancer dans la pauvreté, on va faire comme les chômeurs, on va couper les droits, donc on va avoir encore des gens qui vont ne plus avoir aucune ressource.
Ce projet-là, il est extrêmement dangereux, mais encore une fois, il s'inscrit dans la ligne conductrice d'Emmanuel Macron, c'est-à-dire une dérégulation totale du marché du travail, de l'économie et une jungle où chacun doit s'en sortir par ses propres moyens personnels et plus vous êtes faibles, moins vous êtes aidés par l'État et plus vous êtes montrés du doigt et laissés à votre propre sort. C'est ça qui est très dangereux.
Alors la proposition est tellement droiteière que Valérie Pécresse a dénoncé une pâle copie, une contrefaçon de ses idées. Elle n'a pas tort parce qu'elle en a parlé avant
dans la campagne. Elle n'a pas tort et puis je crois qu'il y a certains conseils départementaux de droite d'ailleurs qui ont déjà essayé d'expérimenter cette mesure du RSA en contrepartie d'une certaine activité et les annonces d'Emmanuel Macron qu'elle soit sur le RSA ou la retraite à 65 ans c'est du copier-coller de Valérie Pécresse et de la droite et c'est des propos qu'avait déjà tenus d'ailleurs à l'époque Nicolas Sarkozy. Donc on voit bien qu'il y a une filiation et il n'y a qu'en vérité les candidats en capacité d'accéder au second tour que ce soit Marine Le Pen, Valérie Pécresse, Éric Zemmour et Emmanuel Macron ils ont le même projet. Ils ont tous une retraite à 62, 63, 64 ans.
Ils n'ont pas d'augmentation du SMIC. Leur stratégie pour augmenter les salaires c'est de baisser les cotisations donc d'affaiblir le régime de solidarité et de la sécurité sociale. Donc on voit qu'il n'y a qu'un projet pour ces quatre candidats-là. Le seul projet d'opposition qui est sur la solidarité, qui est sur l'intérêt général, qui est sur le partage des richesses et du temps de travail, c'est celui de Jean-Luc Mélenchon.
Alors tu es président de l'Observatoire national de l'extrême droite et ce week-end l'extrême droite t'a encore frappé. Frédéric Martin-Aram Bourrou ancien rugbyman a été tué par balle à la sortie d'un bar du boulevard Saint-Germain. Le gu de groupuscules violentes d'étudiants d'extrême droite est mis en cause. Est-ce que tu as suivi cette actualité ?
Oui, je l'ai suivi à double titre d'abord parce que j'ai fait du rugby pendant 25 ans donc je connaissais pas personnellement mais quand on est joueur de rugby on connaissait ce joueur-là qui a été international de rugby argentin et qui était un très grand joueur donc c'était déjà une nouvelle terrible alors qu'il s'apprêtait le lendemain à aller voir le match France-Angleterre et puis on a vu que d'après les informations qui ont été révélées par un certain nombre de quotidiens il y avait une implication de l'extrême droite et de plusieurs membres qui sont d'ailleurs aujourd'hui recherchés puisqu'on nous avait dit au début vous instrumentalisez l'affaire et vous dévoilez dans la presse le nom de la personne qui serait en accusation on voit aujourd'hui que les services de police recherchent cette personne-là c'est encore une fois la preuve que l'extrême droite elle est armée dans ce pays et elle tue et on le découvre pas et pourtant à chaque fois il y a des affaires qui s'accumulent là c'est certainement à la suite apparemment il y a eu une histoire à la sortie d'un bar mais ça nous est tous arrivé de s'engueuler dans une soirée avec des gens c'est pas pour ça qu'on était armés et qu'après on les bloquait au bout de la rue et qu'on les retirait dessus qui fait ça aujourd'hui dans ce pays ?
c'est l'extrême droite qui s'arme qui passe à l'acte et en parallèle j'en profite de ce passage pour signaler quelque chose ce week-end enfin en tout cas en fin de semaine il y a eu une dissolution d'un groupe antifasciste à Lyon alors que les locaux d'une ancienne association génération et l'inter sont toujours ouverts donc on voit que ce phénomène-là il est toujours présent il n'est pas traité à la hauteur et c'est terrible de voir que dans ce pays en France en 2021 on a encore des militants d'extrême droite qui se baladent tranquillement qui sont armés et qui tuent des gens dans la rue c'est véritablement terrible comme situation parce qu'on le sait on continue à le dénoncer et on voit que l'État fait peu de choses par rapport à ça
Un dernier sujet de ce désat politique Marine Le Pen qui était la semaine dernière dans l'émission Face à Baba il y a eu un face-à-face troublant avec Jean Messia soutien d'Éric Zemmour qui semblait aller toujours plus loin dans l'abjection au point de centraliser Marine Le Pen et c'est ça qui est troublant avec cette élection avec deux gros candidats d'extrême droite c'est que finalement Éric Zemmour vient comme aider Marine Le Pen à banaliser encore plus les idées de l'extrême droite est-ce que c'est le ressenti que tu as ?
Oui vous avez raison le face-à-face entre Jean Messia et Marine Le Pen chez Cyril Hanouna était absolument surréaliste puisqu'on avait presque l'impression que Marine Le Pen était une candidate centriste si on regardait à la fois son expression physique sur le plateau et ce qu'elle disait même après elle a été face à Yannick Jadot dans la même émission elle lui a dit moi je suis d'accord avec vous sur l'écologie je suis d'accord avec vous sur les animaux et la radicalité assumée publiquement d'Éric Zemmour et de ses soutiens elle est telle ils vont tellement loin dans les propos que la dangerosité c'est que ça fait passer Marine Le Pen pour une candidate entre guillemets je mets des gros guillemets normal et ce qui lui donne une image lisse c'est ce sur quoi elle travaille depuis des années on avait toujours plus ou moins réussi à bien faire comprendre que l'extrême droite c'est pas une idéologie comme les autres c'est pas un parti comme les autres et là Éric Zemmour il lui rend un service incroyable c'est-à-dire qu'il a fait passer pour une candidate du système une candidate normale il faut bien mesurer ça et le danger moi je le rappelle ici Marine Le Pen c'est la candidate du Rassemblement National c'est un parti d'extrême droite c'est un parti qui a été ami avec Viktor Orban qui a soutenu le gouvernement polonais qui a pris des lois homophobes c'est ça aujourd'hui l'extrême droite c'est ça Marine Le Pen donc il faut absolument pas tomber dans le jeu du système qui veut en faire une candidate normale il faut pas banaliser ça et Éric Zemmour comme Marine Le Pen doit être balayé de l'échiquier politique dès le premier tour le 10 avril
Merci Thomas on va désormais passer à la deuxième partie de la matinale avec un second Thomas Dietrich celui-là c'est l'animateur de notre pôle enquête et il nous parlera justement de la dernière enquête qu'il a effectuée l'article est sur le site du Média réservé aux abonnés donc abonnez-vous et son titre sonne comme celui d'un polar révélation l'oligarque la légion d'honneur et Alstom mais avant le début de notre conversation regardez un petit magnéto une autopromo sur la mobilisation de fonds que nous avons lancé pour financer nos nombreux projets dans le domaine du journalisme d'enquête
le Média TV c'est de l'actualité une contre-matinale quotidienne des entretiens d'actualité des reportages mais ce n'est pas que cela le Média TV c'est aussi de l'enquête des enquêtes sur l'évasion fiscale sur la France-Afrique et ses dérives sur les violences policières nous avons réussi à nous procurer des images de vidéosurveillance que nous diffusons aujourd'hui en exclusivité ces images nous les avons analysées en collaboration avec l'agence d'expertise indépendante la BPI n'hésite pas à endosser le rôle de gestionnaire de fonds pour des investisseurs venus du Golfe c'est ce qu'elle fait dans le cadre du projet Lac d'Argent des dizaines de milliers de morts et un million de déplacés internes dans un pays qui compte à peine 4 millions d'habitants c'est aussi le résultat d'un jeu macabre entre états étrangers comme le Tchad le puissant voisin et son allié principal la France l'ancienne puissance coloniale
quelques semaines avant l'élection présidentielle alors que la machine a étouffé les vérités qui dérangent est en marche nous avons décidé d'accélérer notre production d'enquêtes des enquêtes sur des figures politiques de premier plan des enquêtes qui se rapprocheront de plus en plus de la Macronie des gouvernants et de ce qu'ils préfèreraient cacher aux électeurs surtout en ce moment
pour finaliser ces enquêtes et lancer de nouveaux chantiers nous avons besoin de votre soutien pour bien entendu payer les équipes qui travaillent et travailleront sur ces sujets mais aussi malheureusement pour provisionner les frais d'avocat car nos adversaires ont des moyens et n'hésitent pas à recourir aux procédures Bayon plus votre mobilisation financière sera forte plus nous aurons les moyens de nos ambitions les moyens d'aller au-delà de ce que les puissants laissent transparaître à travers une communication bien rodée
face à la grande offensive des pouvoirs et des oligarques contre le journalisme d'enquête celui qui dérange et dévoile imposant notre plan B citoyen faisons vivre l'investigation sur le Média TV salut Thomas comment tu vas salut Théophile tu vas bien ça va mais je t'ai posé la question très bien ça va alors aujourd'hui tu es venu nous parler de la dernière enquête que tu as sortie au Média une enquête qui concerne un pays dont on ne parle pas beaucoup en France à part quand François Hollande s'y rend en voyage et ce pays c'est le Kazakhstan oui alors le Kazakhstan c'est un pays dont on ne parle jamais en France c'est quand même une ancienne république soviétique qui a un territoire une superficie qui est cinq fois plus grande que la France et qui est un pays qui est un grand producteur qui est le principal producteur d'uranium dans le monde puisqu'il produit plus de 40% de l'uranium qui est utilisé dans les centrales nucléaires de par le monde c'est aussi un grand producteur de pétrole de gaz donc un sous-sol très riche et puis c'est un pays qui n'a pas beaucoup connu la démocratie puisque c'était une ancienne république soviétique en 1991 quand il y a eu l'indépendance de toutes ces républiques soviétiques ce pays d'Asie centrale ce grand pays d'Asie centrale a vu l'ancien premier ministre de la république soviétique devenir le président donc c'était qui est devenu un autocrate qui a été réélu avec plus de 90% des voix à chaque élection qui s'appelle Nour Sultan Nazarbayev évidemment tout ça s'accompagne de répression d'arrestations d'opposants en 2019 Nazarbayev a cédé le pouvoir à un de ses proches qui s'appelle Djarmat Tokayev mais il n'en reste pas moins qu'il avait gardé la réalité du pouvoir puisqu'il était président d'un conseil de sécurité qui était une sorte de soviète suprême alors c'était si vrai que quand Nazarbayev a quitté le pouvoir la première décision de son successeur c'était de rebaptiser la capitale du prénom de Nazarbayev donc la capitale du Kazakhstan s'appelle aujourd'hui Nour Sultan et il y a eu un événement qui s'est passé début de l'année début de cette année qui était assez inattendu c'est qu'il y a eu des manifestations des émeutes qui ont commencé d'abord sur une contestation sur la hausse des prix du gaz et qui ont pris une ampleur complètement folle menaçant de renverser le régime qui était là depuis l'indépendance en 1991 et il a fallu que le Kazakhstan fasse appel à l'allié russe puisque ce pays là qui est frontalier avec la Russie est resté dans l'orbite de la Russie et de Vladimir Poutine et Vladimir Poutine a envoyé des troupes au Kazakhstan rétablir l'ordre au prix de centaines de morts de milliers d'arrestations et c'est vrai qu'on n'en a absolument pas parlé en France mais ça s'explique aussi parce qu'on a des liens économiques très forts avec le Kazakhstan c'est notre premier fournisseur d'uranium alors ça dépend des années mais c'est à peu près à égalité avec le Niger c'est notre deuxième fournisseur de pétrole brut et il y a eu des événements assez incroyables qui sont passés quand même en France à un moment il y a le principal opposant kazakh qui s'est réfugié en France il s'appelle Moukhtar Abiazov qui est un oligar qui est un ancien ministre de l'énergie qui est un banquier et le Kazakhstan l'accuse de malversation financière de détournement quand il était à la tête d'une banque en fait la réalité c'est qu'on veut mettre la main dessus et le faire extrader au Kazakhstan parce qu'il est opposant et forcément il risque sa vie et donc en 2013 il avait été arrêté à Aix-en-Provence dans le sud de la France d'ailleurs il y avait eu des révélations sur les liens qu'entretenaient les magistrats qui s'occupaient du dossier avec les avocats qui étaient proches du Kazakhstan donc des liens qui normalement n'auraient pas dû avoir lieu et à l'époque Manuel Valls avait quand même signé le décret d'extradition de cet opposant là bien qu'il risquait sa vie s'il était Manuel Valls connaissait la nature du régime bien sûr évidemment et cet opposant là Moukhtar Bezov qui vit toujours en France d'ailleurs dont les poursuites viennent d'être abandonnées n'a dû son salut qu'à une décision du conseiller d'état qui a annulé le décret d'extradition et donc il a pu rester en France et tout ça s'explique par les liens qu'on a avec le Kazakhstan qui depuis la fin des années 2000 est devenu un eldorado pour les entreprises françaises bien sûr Orano se fournit donc Areva puis Orano se fournit en uranium là-bas mais Nicolas Sarkozy avait signé de gros gros contrats avec le Kazakhstan pour près de 2 milliards d'euros d'ailleurs il y avait des contrats qui avaient beaucoup intéressé la justice on avait vendu 45 eurocoptères qui est devenu après Airbus hélicoptère avait vendu 45 hélicoptères à l'état kazakh et on avait soupçonné qu'il y avait eu des rétrocommissions données à l'entourage de Nicolas Sarkozy et donc voilà il y a eu un certain nombre de gros contrats qui ont été signés sous Sarkozy et sous Hollande et notamment au bénéfice de l'entreprise Alstom qui est notre géant français des transports et de l'énergie en tout cas on va déjà regarder des images de François Hollande qui situe un peu l'atmosphère dans laquelle ces relations se déploient le rire et la politesse du désespoir c'est peut-être ça
prise à l'issue d'un tête-à-tête entre les deux présidents la photo a été publiée puis retirée du compte Instagram du service de presse kazakh trop tard l'image s'est répandue comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux les médias s'emparent du moment le député PS de l'Essonne dénonce un acharnement il y a eu une forme de land bashing dès son élection qui ne sert évidemment pas ses intérêts mais qui sert surtout ne sert pas les intérêts de la nation et de la France du pain béni pour les internautes qui ne manquent pas de détourner le cliché un président qui se plie à la tradition ça n'est évidemment pas une première Nicolas Sarkozy ou encore Jacques Chirac se sont prêtés au jeu quand Jacques Chirac allait à Tahiti et était couvert de fleurs de chapeaux etc on souriait de manière bienveillante si on juge François Hollande ridicule à travers cette image c'est d'abord parce que son image est très instable d'autres photos collent à la peau du président de la république on se souvient du fameux scooter ou encore de ce gros plan capté lors d'une rentrée scolaire
on a un peu rigolé mais disons on va parler maintenant du fond de ton enquête cet oligarque dont tu parles dans cette enquête qui s'appelle Ken Rakichev a des liens troubles et notamment avec notre pays la France oui alors effectivement le régime kazakhstanais s'articule autour d'un clan pouvoir un clan d'oligarques qui sont enrichis très rapidement au début des années 90 comme dans la grande majorité des républiques soviétiques où il y a des gens qui ont fait très vite fortune et autour de Nazarbayev on a quelques oligarques et on a un monsieur qui s'appelle Kenes Rakichev alors il est proche de Nazarbayev on le surnomme le portefeuille de Nazarbayev mais c'est aussi le gendre de Imangali Tasman Gambetov j'ai arrivé à le dire qui a été longtemps le premier ministre le ministre des affaires étrangères donc un très proche une sorte de bras droit de Nazarbayev donc cet homme d'affaires là siège dans le conseil d'administration de plusieurs sociétés notamment Kazakhstan Engineering qui est une société publique kazakhstanaise mais en même temps fait des affaires fait des business alors c'est c'est un personnage qui a des liens à ses trous puisque c'est l'ami intime de Ramzan Kadirov et dans l'enquête que j'ai faite on a révélé des photos de Kenes Rakichev et de Ramzan Kadirov en week-end à la montagne je ne sais pas si on va pouvoir les voir mais qui ont des armes Kenes Rakichev lève l'index un peu comme le font les dix de Daesh donc un entourage assez trouble et ce milliardaire là ce Kenes Rakichev a notamment des liens avec Joe Biden le fils de Joe Biden et aussi Hunter Biden on avait déjà parlé et entendu parler sur l'Ukraine sur l'Ukraine et aussi le prince Andrew qui était mouillé dans le scandale qui est le fils de la reine Elisabeth d'Angleterre à qui Rakichev avait acheté un manoir en Angleterre 3 millions d'euros plus cher que sa valeur réelle donc ce qui avait laissé supposer de la corruption mais Kenes Rakichev n'a pas que des liens avec Kadirov ou le fils de la reine d'Angleterre il a aussi des liens avec la France et notamment avec pendant des années il a servi de facilitateur à Alstom pour que l'entreprise française décroche des gros contrats au Kazakhstan alors que justement il faisait partie de l'administration kazakh qui peut déjà s'apparenter à la corruption oui c'est à dire que en fait effectivement ce que je te disais tout à l'heure c'est que Nicolas Sarkozy vient signer des gros contrats à la fin des années 2000 et Alstom obtient la construction du tramway d'Astana qui est la capitale kazakh qui va devenir en 2019 Noursultan donc il y a un énorme chantier qui est près de 1,5 milliard d'euros Alstom obtient d'ailleurs d'autres contrats que la construction d'une usine on va fabriquer des locomotives ce qui marche actuellement et donc pendant des années en fait Alstom va utiliser Kenes Rakichev c'est ce qu'on a montré via notamment des contrats de consultance alors Alstom a nié avoir eu un tel contrat mais on a pu produire les mails où ils envoient le contrat le contrat revient signé et en plus le directeur d'Alstom pour l'Asie centrale à l'époque nous a confirmé qu'il y avait bien eu un contrat de consultance et donc évidemment ça pose problème puisque Kenes Rakichev était à la fois consultant pour Alstom mais était aussi membre de l'administration kazakh puisqu'il siégeait au sein d'entreprises publiques kazakh au sein du conseil d'administration d'entreprises publiques kazakh et notamment des entreprises publiques qui avaient à voir avec le transport donc la partie qui intéressait Alstom et surtout ce qui se passe c'est qu'à un moment ce projet de tramway qui est une sorte d'éléphant blanc le président kazakh trouve que la facture d'Alstom est beaucoup beaucoup trop chère et Alstom va passer par Kenes Rakichev pour faire passer des messages à la fois au président kazakh mais aussi au maire d'Astana qui n'est autre que le beau-père de Kenes Rakichev et ce que va faire Alstom parce que c'est encore la corruption est encore plus flagrante que ça c'est qu'ils vont proposer d'autres opportunités d'autres business à Kenes Rakichev c'est-à-dire en gros en échange tu nous aides à mettre en place ce contrat de tramway ce gigantesque contrat avec 5 milliards de dollars et nous en échange on peut te proposer des opportunités alors dans les mails exclusifs qu'on a révélés les échanges entre Alstom et Kenes Rakichev le directeur d'Alstom pour la centrale propose à Kenes Rakichev une joint-venture pour installer de la signalisation sur un chemin de fer un partenariat avec Vinci qui est une autre entreprise française il lui propose une opportunité d'exporter du cuivre jusqu'au Portugal donc il y a vraiment tous les aimants qui matérialisent une corruption alors bien évidemment toutes les entreprises le font il n'y a pas que les entreprises françaises mais c'est vrai que ce n'est pas la première fois qu'Alstom se retrouve mêlée à ça on se souvient qu'en 2013 un des cadres d'Alstom avait été arrêté aux Etats-Unis qui s'appelle Frédéric Pirochi qui avait été accusé par le FBI d'avoir participé à des faits similaires de corruption en Indonésie et en Égypte et Pirochi avait été utilisé comme une sorte d'otage dans la guerre que livrait Général Electric à Alstom et qui avait fini par le fait que Général Electric avait racheté la branche d'énergie d'Alstom et à l'époque le ministre de l'économie d'alors qui est un certain Emmanuel Macron n'avait pas levé le petit doigt quelque part la corruption de nos élites expose la France et une représaille américaine très intéressée et donc met en péril l'intérêt national Bien sûr il y a un principe d'extraterritorialité extraterritorialité on y est arrivé du droit américain qui fait qu'évidemment la justice américaine sert de bras armés pour mettre à mal certaines entreprises qui peuvent concurrencer des entreprises américaines et ça c'est vu dans le cas de Alstom puisque l'arrestation de Pirochi précédait la volonté de rachat de la branche énergie de l'Alstom par General Electric mais ça en reste pas moins que ce cas est grave surtout quand on voit le profil de Kenes Rakichev qui m'a été décrit par le directeur de l'Alstom pour l'Asie centrale comme quelqu'un d'éminemment dangereux on l'a vu avec ses liaisons troupes avec Ramzan Kadyrov il faut quand même se souvenir qu'aujourd'hui les troupes tchétchènes de Ramzan Kadyrov interviennent en Ukraine on a même suspecté que Ramzan Kadyrov s'est rendu en Ukraine pour aller combattre et appuyer l'armée de Vladimir Poutine dans son invasion de l'Ukraine mais voilà Alstom pendant des années et des années a financé ce monsieur là a utilisé ce qu'est Nesra Kadyrov cet oligarque tout en sachant que c'était pas un enfant de coeur mais ça a servi à rien puisque finalement le beau-père de Kenneth Rakichev a quitté la mairie d'Astana et le président de Nazarbayev a fini par geler le projet d'ailleurs on m'a raconté que ça s'est passé le président de l'Astom qui était Patrick Kron à l'époque s'est rendu à Astana pour signer le contrat et à 7h du matin le jour de la signature du contrat on est venu lui dire que finalement c'était fini que le Kazakhstan ne signerait pas et ça a été donné ce fameux contrat de tramway qui était en fait son appel LRT c'est un transport léger souris c'est un peu un mélange entre tramway et métro c'est une sorte de métro tramway aérien a fini complètement à l'abandon avec des suspicions de détournement de fonds de centaines de millions d'euros et si vous allez dans la capitale kazakh qui est aujourd'hui une ursultane vous pouvez voir encore les piliers de ce tramway qui n'a jamais été terminé évidemment Alstom a joué une part peu glorieuse dans cette aventure Alors Kenneth Rakichev puisqu'on en reparle le fameux oligarque d'Alstom a même tenté de s'acheter une légion d'honneur française pour 200 000 euros est-ce que tu peux nous raconter cette histoire qui est quand même assez rocambolesque ?
Oui alors c'est assez rigolo puisque à côté de cette corruption en fait il touche des commissions dans le cadre de partenaires avec des entreprises étrangères et notamment françaises il se dit quand même moi je voudrais une décoration surtout que ce monsieur là a un bel appartement à Paris acheté pour la modique somme de 10 millions de dollars c'est quand même pas marré et à un moment il va vouloir s'acheter une décoration et il va passer par un personnage qui est assez connu qui a déjà eu fait l'objet de portrait sur la place de Paris qui s'appelle Fabien Bossard alors Fabien Bossard c'est il est directeur d'un obscur think-fank qui a eu la bonne idée par exemple en 2016 de proposer Vladimir Poutine pour le prix Nobel de la paix et a décerné Ramzan Kadyrov à un prix pour sa lutte contre le terrorisme donc des prises d'opposition Fabien Bossard est considéré comme un peu un homme lige de Moscou un proche de Moscou qui est proche de certains oligarques et ce Kenes Rakichev va passer par Fabien Bossard pour lui dire est-ce que tu peux me trouver une légion d'honneur et Bossard lui dit écoutez pas de problème pas de problème mais ça va vous coûter 200 000 euros donc on a effectivement Kenes Rakichev verse la somme en plus sur un compte d'une société de Fabien Bossard au Seychelles et effectivement 6-7 mois plus tard Fabien Bossard lui envoie une photo de sa décoration en disant j'ai eu votre décoration c'est super d'ailleurs on va pouvoir continuer à travailler ensemble et Kenes Rakichev lui donnera d'autres contrats de lobbying à faire pour des montants allant jusqu'à plusieurs centaines de milliers d'euros alors ce qui est donc effectivement on voit sur les échanges de mail qu'on a pu avoir on voit une breloque mais bon ça peut aussi s'acheter sur Amazon pour 50 euros donc on a voulu vérifier auprès de la grande chancélier de la légion d'honneur si cette légion d'honneur était véritable parce qu'effectivement les liens incestueux qu'il y a entre la France et le Kazakhstan surtout à cette époque c'était en 2014 où François Hollande se rend au Kazakhstan on l'a vu en super tenue traditionnelle aurait pu expliquer qu'un proche de Nazarbayev comme Kenes Rakichev reçoive une légion d'honneur et bien figure-toi que c'est quelque chose que je ne savais pas c'est-à-dire que les récipiendaires étrangers de la légion d'honneur ne sont pas publiés au journal officiel donc il est impossible de savoir si la légion d'honneur de Kenes Rakichev est une vraie légion d'honneur ou a été un faux que lui a fourni Fabien Bossard mais tu nous as parlé pendant que tu as enquêté moi je trouve que c'est vraiment caractéristique de la corruption à la française c'est-à-dire qu'on a honte à l'avance des personnes à qui on va distribuer des légions d'honneur donc on crée une sorte d'omerta sur les légions d'honneur alors qu'en réalité il s'agit de décoration de la république c'est-à-dire que pour les français ok on va vous dire à qui on a donné mais pour les étrangers on ne vous le dit pas parce que quand même ça nous mettrait dans une position un peu désagréable je trouve que c'est vraiment une des caractéristiques de la cinquième république qui cache je veux dire c'est quoi c'est du secret défense c'est quoi qui justifie qu'on ne sache pas à quelle personne étrangère la légion d'honneur française a été donnée ça me semble complètement ahurissant moi c'est complètement délirant et c'est vrai que je pense qu'on a dû la donner à un certain nombre de potentats de dictateurs de criminels contre l'humanité d'oligarques dont on n'est pas très fier et on ne veut pas publier ça mais ça pose un vrai problème de démocratie c'est vrai que ça serait intéressant que par exemple un prochain gouvernement s'y penche et rende au moins public on ne demande pas d'avoir le dossier comment ça s'est fait sur quels critères mais au moins les noms de ces personnes qui ont été récipiendaires de nos médailles ça rappelle quand même c'est une vieille tradition française quand même le trafic de légion d'honneur je me souviens qu'il y avait un président de la fin du XIXe siècle Jules Grévy dont le genre vendait des légions d'honneur et ça avait provoqué sa chute mais là c'est quand même quelque chose d'incroyable c'est vrai qu'on a insisté insisté auprès de la grande chancillerie pour dire mais attendez il y a eu 200 000 euros qui ont été versés donc en plus dans le cadre de la corruption et Fabien Bossard dit j'ai besoin de payer certaines personnes pour obtenir cette légion d'honneur bah dites nous c'est les vrais ou les fausses et on n'a pas eu de réponse et on a contacté alors monsieur Bossard qui a fait semblant qui a enlevé sa photo de profit sur WhatsApp qui a dit que c'était pas lui et qui après nous a menacé de nous faire appeler par un grand cabinet d'avocats londoniens qu'on a jamais eu au téléphone par ailleurs qui nous a jamais appelé mais en fait on n'a pas de réponse et cette enquête il y a peut-être un énorme scandale d'état il y a peut-être dans ce pays des gens qui trafiquent des légions d'honneur mais on le saura jamais voilà on le saura jamais avec certitude est-ce que c'est simplement un oligarque qui a donné 200 000 euros un mec pas tout à fait sérieux qui lui a donné une médaille en chocolat ou c'est plus grave parce que évidemment Fabien Bossard a des relations à l'intérieur des ministères même à l'époque sous François Hollande il organise il rencontre il fait du lobbying pour Kénes Rakichev il rencontre des grandes personnalités dans les ministères français des ministres il sollicite des gens à un moment il dit même qu'il a le feu vert le soutien de Jean-Pierre Jouillet qui était le secrétaire général de l'Elysée à l'époque donc est-ce que peut-être on aurait donné une médaille à Kénes Rakichev à cet oligarque adepte d'un islam radical intime de Ramzan Kadiraf et aujourd'hui on en aurait honte et on voudrait le cacher peut-être on ne saura pas alors le Kazakhstan ce n'est pas seulement les oligarques c'est aussi d'immenses richesses du sous-sol et notamment l'uranium indispensable au fonctionnement de nos centrales électriques nucléaires et la guerre en Ukraine et le fait que le Kazakhstan soit allié de Moscou est-ce que ça peut impacter nos livraisons en uranium ?
Est-ce qu'il y a une sorte de levier de Vladimir Poutine sur la France ? Le levier d'action du chantage ?
Effectivement la France jusqu'à la fin des années 2000 misait beaucoup sur l'Afrique et notamment le Niger pour produire son uranium et puis il y a eu des événements notamment 10 employés d'Areva qui en 2010 ont été enlevés au nord du Niger ce qui a fait que l'exploitation de l'uranium en Afrique devenait plus dangereuse donc on s'est reporté vers des zones soi-disant plus sûres en tout cas c'est vrai qu'au Kazakhstan ou au Uzbekistan on ne risque pas d'enlever les employés d'Areva et de les prendre en otage et c'est vrai qu'aujourd'hui le Kazakhstan représente près de 30% de nos importations d'uranium l'Ouzbékistan un peu plus de 15% et ce sont des anciennes républiques soviétiques qui sont dans l'orbite de Moscou pour l'instant il n'y a pas de sanctions contre les oligarques kazakhstanais comme il peut en avoir contre les oligarques russes auxquels on fait payer l'invasion en Ukraine et c'est vrai que le Kazakhstan et l'Ouzbékistan ne savent pas trop sur quel pied danser le Kazakhstan par exemple a autorisé une manifestation contre l'invasion russe en Ukraine avant d'en interdire une autre et là l'Ouzbékistan il y a un ou deux jours vient de dire que quand même la souveraineté de l'Ukraine c'était quelque chose d'important donc ces anciennes républiques soviétiques veulent aussi garder leurs relations privilégiées leurs relations économiques privilégiées avec l'Occident et je pense qu'ils n'hésiteront pas à se démarquer dans une certaine mesure des positions prises par Moscou même si le Kazakhstan reste quand même très tributaire de Moscou on l'a vu en janvier dernier quand le régime était sur le point de tomber quand les forces de sécurité étaient dépassées il y a eu dans la capitale économique des émeutes des ministères qui ont été saccagés des bâtiments officiels détruits le régime kazakh a fait appel en urgence à l'armée russe et c'est l'armée russe qui est venue rétablir l'ordre donc on a quand même encore besoin un peu la France-Afrique de la Russie voilà c'est un peu la France-Afrique de la Russie donc on a encore besoin du grand frère russe alors va-t-on de nouveau devenir dépendant du Niger pour un autre uranium alors même que la présence française est très contestée au Sahel et que Areva qui s'appelle maintenant Orano n'a pas un bilan très glorieux là-bas c'est-à-dire pour justement ne pas être pris en otage par une sorte de jeu lié à la guerre en Ukraine est-ce que les dirigeants français et les dirigeants d'Orano vont retourner sur le Niger et est-ce que ça peut fonctionner alors qu'on a parlé ici même des deux jeunes qui avaient été tués à Terra par l'armée française parce qu'il tira au Niger parce qu'il contestait la présence militaire française est-ce que c'est le retour au Niger qui s'annonce ?
Alors la part de l'uranium nigérien dans les importations françaises a baissé dans la décennie de 2010 c'est-à-dire c'est tombé d'environ 30% à 15% effectivement avec cette volonté de diversification d'Areva vers l'Asie centrale mais on peut voir qu'en 2019-2020 cette part est remontée 2019 c'était 25% pour le Niger et 2020 c'est même 35% donc il y a de nouveau un intérêt stratégique et économique au Niger même si les mines notamment d'Arlite sont en train de s'épuiser même si le gisement d'Imu-Raren je ne sais pas si tu te souviens c'était ce grand ce grand gisement où à la fin des années 2000 on promettait que ça allait fournir de l'uranium pour pour toute la France et c'est vrai que la France importe environ entre 8000 et 9000 tonnes d'uranium par an et le gisement d'Imu-Raren est censé produire jusqu'à 5000 tonnes donc ça allait couvrir plus de la moitié des besoins en uranium français pour faire tourner nos centrales nos centrales nucléaires mais il n'en reste pas moins que le Niger reste malgré le fait que ces mines là soient en fin de vie soient pas très rentables reste un intérêt stratégique il y a la présence russe qui se fait de plus en plus qui se sent à côté au Mali tout juste à côté au Mali donc il y a la présence russe en gros à côté de l'Ouzbékistan et à côté de la Russie et donc la Russie pardon le Kazakhstan et l'Ouzbékistan la Russie peut avoir la main en cas de radicalisation des conflits sur ces deux pays là et la Russie peut aussi avoir la main sur le Niger où l'armée française est positionnée mais juste à côté il y a le Mali et il y a une jeunesse qui n'en peut plus la France-Afrique oui alors en fait il y a deux choses c'est-à-dire que il y a l'influence russe qui se fait grandissante dans l'ancien précaré français qui s'est faite en Centrafrique où la France a été mise de côté qui se fait au Mali où la France a annoncé son retrait militaire du Mali effectivement on se base beaucoup sur le Niger qu'on a fait un peu l'épicentre de la lutte contre le terrorisme au Sahel puisqu'aujourd'hui on ne peut plus partir du Mali le président nigérien Mohamed Bazoum est un très proche de la France c'est un peu un chouchou des milieux sécuritaires d'ailleurs quand il était ministre de l'Intérieur de l'ancien président et qu'il a embastillé des opposants et des membres de la société civile on n'a pas fait beaucoup de bruit quand il y a eu des contestations lors de son élection fin 2020 début 2021 la France a avalisé donc c'est vrai qu'on s'appuie beaucoup sur le Niger d'une part pour lutter contre le terrorisme au Sahel et d'autre part parce qu'effectivement on aura encore pour quelques années besoin du Niger pour faire tourner nos centrales nucléaires mais dans cette équation là effectivement il y a les peuples africains qui ont une véritable défiance vis-à-vis de la France et vis-à-vis de cette France là qui n'a jamais réussi à endiguer le terrorisme au Sahel on l'a vu effectivement on en parlait en novembre dernier quand l'armée française un convoi de l'armée française est passé au Niger il y a une manifestation de jeunes et l'armée française a ouvert le feu tuant trois manifestants des armées donc il y a une vraie colère contre cette France-Afrique et aussi contre l'entreprise Areva qui est aujourd'hui devenue urano qui pendant des années a exploité l'uranium au Niger en faisant fi de toutes les normes environnementales c'est-à-dire aujourd'hui à Arlite vous avez toutes les habitations tout est contaminé les normes qu'on met en vigueur qu'on met en vigueur en France n'ont absolument pas été impliquées au Niger comme si finalement c'était un pays de seconde zone et on pouvait faire ce qu'on voulait donc évidemment il y a des plaintes d'ailleurs de citoyens nigériens devant la cour de justice de la communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest contre Orano et c'est vrai que ça alimente la défiance vis-à-vis de la France et vis-à-vis de ces multinationales qui finalement peuvent être considérées comme des faunées de l'impérialisme français bref en tout cas c'est vrai que le nucléaire semble être une sorte de protection face justement à toutes les à toutes les incertitudes sur le gaz et le pétrole mais le nucléaire aussi c'est deux pays trois enfin le Kazakhstan l'Ausbékistan et le Niger l'Australie aussi alors le fait de dire que la France est là uniquement au Sahel pour protéger les sites Nugger je ne pense pas que c'est vrai mais ça rentre en ligne de compte et ça rentre d'autant plus en ligne de compte qu'encore aujourd'hui on a plus de 30% de notre uranium qui est importé du Niger alors on aurait eu encore beaucoup de thématiques à évoquer mais bon on va poser une dernière question finalement ces grands projets pharaoniques que tu décris dans ton enquête sur le Kazakhstan c'est un peu une habitude des entreprises françaises dans des pays gouvernés par des régimes un peu autocratiques pour être faire dans l'anéthote et finalement ces grands projets ne voient jamais le jour ou alors quand ils voient le jour ils ne servent pas aux populations alors c'est vraiment vrai c'est vrai que cet éléphant blanc que je décris au Kazakhstan qui n'a jamais vu le jour et en fait qui n'aurait pas été utile à la population c'est quelque chose qui est très très utilisé en Afrique je ne sais pas si tu te souviens du fameux projet de train de Bolloré qui devait partir d'Abidjan qui devait passer par le Burkina le Niger et retomber au Bénin et qui aurait coûté un milliard d'euros qui n'a jamais vu le jour parce qu'en fait la France a une arme absolument économique absolument fatale c'est ce qu'on appelle le contrat de désendettement et de développement c'est à dire ce contrat là c'est vous avez la Côte d'Ivoire par exemple a une dette vis-à-vis de la France alors on vous annule cette dette on est des grands seigneurs une dette contractée dans des conditions spéciales une dette odieuse par des potentats qui évidemment se sont mis dans les poches et n'ont pas utilisé cet argent cet aide au développement pour développer leur pays et donc on annule cette dette mais en échange on va réinvestir cette dette sous forme d'aide au développement sauf que cette aide au développement elle est conditionnée et on va l'attribuer à des entreprises c'est le cas par exemple pour la Côte d'Ivoire qui a signé plus de 3 milliards de ses contrats de désendettement et développement et notamment avec ce projet absolument pharaonique c'était l'effort blanc qui est le métro d'Abidjan qui va coûter 1,5 milliard d'euros sans qu'on sache si ça va plus servir à Alstom à Buig et à des gens qui vont se faire des commissions ou est-ce que ça va servir au peuple ivoirien et donc évidemment on est très friands en France de ces grands contrats-là où on va pouvoir donner des sommes folles à des entreprises françaises où il va pouvoir avoir aussi plein de commissions de rétro-commissions que ce soit pour la classe politique locale ou la classe politique française mais derrière les populations ne voient pas la couleur de ces investissements donc finalement ce n'est pas de l'aide aux téléphones c'est de l'aide aux multinationales françaises et de l'aide aux entremetteurs de tout poil en tout cas merci beaucoup Thomas je pense qu'il faudrait qu'on revienne sur cette histoire du métro d'Abidjan parce qu'elle nous montre comment en fait la dette est construite comment la dette qui finit par écraser les populations est construite dans des milieux dans les hautes sphères dans le cadre de ce qui est très très loin de l'intérêt général alors le média remet sur pied son pôle d'investigation avec Thomas pour aider à ce projet ambitieux participer jusqu'au 31 mars ça veut dire qu'il faut faire vite à notre cagnotte spéciale enquête notre premier objectif est de 50 000 euros et nous n'en sommes qu'à 34 000 pour l'instant nous n'avons pas les millions du Kazakhstan donc nous comptons sur vous aidez-nous à atteindre ce premier objectif c'est important allez sur enquête.lemédiatv.fr et faites un geste merci d'avoir été avec nous voilà la contre-matinale du média c'est terminé pour aujourd'hui revenez ce soir notamment pour les autres programmes revenez aussi demain parce que nous serons avec vous n'oubliez pas notre survie dépend de vous de vos dons devenez abonné sociétaire du média ou faites-nous un don mensualisé de préférence engagez-vous à nos côtés pour nous aider à porter votre voix merci merci
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Thomas Portes