Capitaine Manuel Andrieu, responsable de l'équipe des feux tactiques pour le SDIS de la Dordogne
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Questions et réponses
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Vous avez passé une partie de votre été sur les incendies. Vous rentrez du dernier gros feu dans la région, celui des Landes, qui a brûlé 1700 hectares à Luglon. Avant ça, vous avez été sur l'incendie historique en Gironde. C'est un sacré été, comment vous l'avez vécu ?
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Comment vous vous êtes retrouvé à partir sur tous ces incendies ?
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A quoi ça ressemblait ? C'est un feu historique dont on a énormément parlé. Qu'est-ce qui vous a marqué, là-bas, notamment en Gironde ?
- 1:55OuverteRéponse directe
Vous étiez déjà intervenu sur l'incendie de 2022, il y a 4 ans, à Landiras. Là, c'était pire ?
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Est-ce qu'il y a un moment où vous vous êtes dit que vous n'alliez pas y arriver ?
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Comment on gère dans ces gars-là ?
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« Vous avez passé une partie de votre été sur les incendies. Vous rentrez du dernier gros feu dans la région, celui des Landes, qui a brûlé 1700 hectares à Luglon. »
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« Avant ça, vous avez été sur l'incendie historique en Gironde. »
- 1:56InvitéFait
« C'était pire en raison de la sécheresse des végétaux. »
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« Je confirme, ce feu n'avait aucune règle connue des sapeurs-pompiers. »
- 3:41InvitéFait
« La météo que l'on a maintenant tous les étés va nous amener à réfléchir, à travailler autrement sur ces feux. »
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Ici Périgord, première radio de proximité, grâce à vous qui nous écoutez ce matin à l'heure à 8h moins 20. C'est l'invité ce matin, Marie-Astrid, l'ancien chef de la caserne des pompiers de Sarlat.
Bonjour capitaine Manuel Andrieux.
Bonjour.
Vous avez passé une partie de votre été sur les incendies. Vous rentrez du dernier gros feu dans la région, celui des Landes, qui a brûlé 1700 hectares à Luglon. Avant ça, vous avez été sur l'incendie historique en Gironde. C'est un sacré été, comment vous l'avez vécu ? Mais comme tous mes collègues, on avait compris dès le début du mois de juillet, avec la première quinnicule, que la saison allait être longue et on ne s'est pas trompé. Il faut dire quand même que vous êtes en retraite, à la retraite. Vous avez pris votre retraite l'an dernier, après avoir dirigé le centre de secours de Sarlat pendant 14 ans.
Mais vous êtes resté pompier volontaire, responsable des feux tactiques en Dordogne. Comment vous vous êtes retrouvé à partir sur tous ces incendies ? Écoutez, l'équipe feu tactique de la Dordogne a été sollicitée, comme les autres équipes qui sont intervenues en Gironde et en Luglon de la Dordogne, à la demande de la zone, pour venir en aide à nos collègues de Gironde et des Landes. Et pour vous, c'était une évidence d'y aller ? Complètement, oui. Il n'y a pas de question. A quoi ça ressemblait ? C'est un feu historique dont on a énormément parlé. Qu'est-ce qui vous a marqué, là-bas, notamment en Gironde ?
Alors, en Gironde, on est intervenu dès la fin de l'après-midi de la première journée. On a vu ce feu monter en intensité, faire des sautes énormes. Et on a vite compris que ça allait être compliqué. Ce qui m'a marqué, forcément, c'est les résultats du feu, avec toute cette forêt entièrement calcinée. Mais le désastre au Porges, aussi, terrible. À chaque fois qu'on passait, soit à l'avenue d'Arcachon au Porges, et voir toutes ces maisons brûlées, on pensait aux gens, forcément. Donc, voilà, une catastrophe naturelle. Vous étiez déjà intervenu sur l'incendie de 2022, il y a 4 ans, à Landiras. Là, c'était pire ? C'était pire en raison de la sécheresse des végétaux.
Franchement, la forêt était beaucoup plus sèche, beaucoup plus en stress hydrique par rapport à 2022, ce qui a rendu ce feu complètement incontrôlable. Incontrôlable ? Oui, incontrôlable. Je confirme, ce feu n'avait aucune règle connue des sapeurs-pompiers. Et de fait, la lutte et l'organisation a été très compliquée. Est-ce qu'il y a un moment où vous vous êtes dit que vous n'alliez pas y arriver ? Oui. Ça avait été le cas aussi en 2022. On ne savait plus où était la tête, l'arrière du feu, les côtés. Et cette année, c'était pire parce qu'incontrôlable, parce qu'on n'avait plus de repères. Les repères qu'on a sur les interventions feu de forêt, on sautait cet été en Gironde.
C'est assez rare d'entendre ça. Un pompier comme vous, très expérimenté, qui nous dit qu'il y a un moment où vous ne saviez pas comment faire face à ce feu, tellement il était incontrôlable. C'est ça, oui. Complètement. Alors nous, l'équipe feu tactique, on est sur le terrain toute la journée. On va au contact du feu pour essayer de comprendre justement comment il va réagir, où il va accélérer, où il va ralentir, où est-ce qu'il y a des zones qui seront plus favorables à la lutte. Et on s'est rendu compte vraiment que ça allait être très compliqué, en effet. Comment on gère dans ces gars-là ? Écoutez, on est préparé à cela. On fait un travail d'équipe.
Les sapeurs-pompiers, on travaille en équipe. Donc on rencontre. On rencontre aux commandes des opérations de secours. On essaie de s'organiser au mieux pour mener à bien ces objectifs. Ça marque forcément, même pour vous, très expérimenté, ça marque d'intervenir sur un tel feu. Oui, ce qui marque, c'est qu'on se rend compte que les choses ont changé. La météo que l'on a maintenant tous les étés va nous amener à réfléchir, à travailler autrement sur ces feux. Et c'est ça que vous gardez de ces incendies ? Avec quoi vous revenez ? Est-ce que ça vous apprend des choses pour la suite ? Ce que je reviens, c'est surtout la population rurale de Somos, de Luglon.
Cette synergie qu'il y a entre les personnes pour nous aider de quelque manière que ce soit, c'est vraiment impressionnant. Que ce soit les gens qui nous préparent les repas, qui nous amènent de l'eau, les agriculteurs, les chasseurs, les équipes de rugby. C'est vraiment très impressionnant. Moi, les héros, je les vois de ce côté-là. Est-ce que vous allez continuer longtemps à intervenir en tant que pompier volontaire pour ces feux tactiques ? Oui, tant que je me sentirais physiquement capable et techniquement capable. Parce que la profession est très technique, les techniques évoluent, ça va très très vite.
Donc, si on n'est pas toujours à travailler, à faire des manœuvres, à participer, on sent un peu... Enfin, moi, je pense que je serais en mesure de comprendre qu'il est temps de raccrocher. Merci. Mais ce n'est pas pour tout de suite. Ce n'est pas pour tout de suite. Merci beaucoup, capitaine Manuel Andrieux. Merci d'être venu ce matin sur ICPéregorne. Nous racontez vos interventions sur les feux de l'été en Gironde et dans les Landes.
Une interview à retrouver sur l'appli ici et ici.fr.