👥 3/ La lutte contre l'ANTISÉMITISME au cœur des luttes antiracistes
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 62 %Attaque 28 %Défensif 10 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:13non_speechFait
« l'antisémitisme est une réalité majeure pour des millions de concitoyennes et de concitoyens qui sont insultés, injuriés, calomniés, harcelés, frappés, parfois même tués »
- 2:57non_speechPromesse
« Ce programme, comme pour toutes les présidentielles sera chiffré parce que nous considérons qu'autrement ça c'est tout au plus une déclaration d'intention qui ne sert à rien. »
- 12:55Brendan McGiverFait
« l'antisémitisme n'a pas d'incidence directe sur la santé, le logement, la réussite scolaire ou l'espérance de vie. »
- 14:03Brendan McGiverFait
« Nous avons développé le concept du réservoir en réponse à la tendance diffuse en politique à se focaliser sur la pathologie d'antisémite individuelle, pas sur le problème plus persistant de l'antisémitisme en tant que phénomène avec des sources sociétales et culturelles. »
- 21:09Brendan McGiverFait
« l'antisémitisme est un racisme auquel il est facile pour l'État de s'attaquer parce que cela ne l'oblige pas à se confronter à des ces formes structurelles de racisme. »
- 40:47Sonia Daan HerzbrinFait
« la situation actuel, le discours et les pratiques des institutions dissocient l'antisémitisme du ou des racismes. »
- 42:57Sonia Daan HerzbrinFait
« Il y a pas de le judéo-christianisme, ça n'existe pas. C'est c'est une affirmation d'abord qui occulte toute la la judéophobie chrétienne et tout. »
- 53:23Sonia Daan HerzbrinFait
« Le sionisme est une chose, le judaïsme est autre chose. »
- 1:05:11Resasia IbrahimiFait
« Ma question sera donc la suivante : comment la lutte contre l'antisémitisme a été extraite ou délogée des luttes antiracistes ? et ma réponse est toute simple, le sionisme. »
- 1:07:21Resasia IbrahimiFait
« le vocabulaire de la haine est je trouve très problématique dans l'analyse du racisme »
- 1:09:30Resasia IbrahimiFait
« 1492, c'est aussi l'année de colon. Et c'est là que né un racisme du sang, un racisme biologique, on dira aujourd'hui. »
- 1:10:57Resasia IbrahimiFait
« Destruction de groupes en tant que tel, annihylation de leur culture, c'est un génocide au sens où l'entendait Raphaël Lemkin »
- 1:12:24non_speechFait
« Cette séparation n'est dès lors pas une découverte scientifique ou une fatalité mais bien un choix politique un choix politique du sionisme. »
- 1:13:09non_speechFait
« il existe des voix discordantes et leur nombre évidemment grandit depuis le début du génocide. »
- 1:13:53non_speechFait
« Même ceux qui à l'intérieur du champ critiquent Israël maintiennent leur engagement sioniste. Soul Friedlander par exemple et Yehouda Bauer. »
- 1:18:50non_speechFait
« la résistance arabe et palestinienne au colonialisme peut se lire comme la continuation de l'antisémitisme européen et allemand en particulier. »
- 1:20:15non_speechFait
« Benjamin Netanyahu exonère même Hitler et suggère que le moufti était le véritable architecte de la choa. »
Temps de parole
- ?100 %
≈ 1,3 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Je pense qu'on peut qu'on peut débuter. Je vais d'abord commencer par me présenter très rapidement. Je m'appelle Emmanuel Hamzaoui. Je suis membre de la coordination nationale de la France insoumise et je suis coanimatrice du groupe thématique antiracisme qui prend donc aussi en compte les questions de lutte contre l'antisémitisme. J'aimerais d'abord adresser mes plus profonds remerciements au députés, à madame les députés Daniel Obonau et Gabriel Catala pour avoir organiser cette journée qui est extrêmement importante et remercier également les différentes intervenantes et intervenants qui ont accepté notre invitation en commençant
[applaudissements]
en commençant par Brendan McGiver qui est cirecteur du Birbec Institute The study of antisemitism et senior lecture en sociologie. Je je vais vous demander de l'applaudir.
[applaudissements]
Nous avons également avec nous Sonia Daan Herzbrin qui est sociologue, philosophe et professeur émérite à l'université Paris d'Hidro.
[applaudissements]
Et enfin Resasia Ibrahimi qui est historien au Kings College de Londres et qui est auteur de l'incroyable essai antisémitisme et islamophobie une histoire croisée que je vous recommande vivement par ailleurs.
[applaudissements]
Alors pour cette troisème table ronde sur la lutte contre l'antisémitisme au cœur des luttes antiracistes, je vais être très brève pour laisser le temps à mes cointervenantes et intervenants de développer sur leur sujet puisque ce sera évidemment très passionnant. Mais j'aimerais simplement dire que l'état des lieux qui nous a été présenté ce matin nous rappelle combien l'antisémitisme est une réalité majeure pour des millions de concitoyennes et de concitoyens qui sont insultés, injuriés, calomniés, harcelés, frappés, parfois même tués et aussi on croit un sentiment d'insécurité justifié.
Ce sentiment d'insécurité à la France insoumise, nous le comprenons et nous entendons lui apporter une réponse politique. C'est celle de la lutte vigoureuse contre le l'antisémitisme qui est pour nous indispensable des autres combats antiracistes. Elle participe d'une même exigence politique, celle de combattre toutes les formes de domination, de stigmatisation et d'ostracisation.
Par conséquent, nous avons fait le choix à la France insoumise pour notre programme présidentiel de porter des mesures transversales qui s'attaquent au ressort commun à la racine de toutes les formes de racialisation, mais également d'être capable d'apporter des réponses spécifiques adaptées aux formes particulières que prennent chacune de ces formes de racisme. Ce programme, comme pour toutes les présidentielles sera chiffré parce que nous considérons qu'autrement ça c'est tout au plus une déclaration d'intention qui ne sert à rien.
Et ce programme nous vous le présenterons le 6 novembre, la date de sortie du de l'avenir en commun et nous pourrons certainement rediscuter le 7 novembre à l'occasion de la grande convention pour les présidentiels. Donc sans plus attendre, je vais passer directement la parole à Brendan Mcgiver. Merci à lui d'être avec nous aujourd'hui.
[applaudissements]
I'd like to begin with apology. I'm very sorry to say that I'm going to have to deliver this presentation in English and I want to express.
[applaudissements]
Bonjour, je souhaite avant tout présenter mes excuses parce que je ne suis pas en mesure de m'exprimer en français. Donc euh je vais m'exprimer en anglais et je remercie beaucoup mon interprète La Vigne de traduire mes propos. Thank you. So, as Imani said, I'm uh Brenda McGever and I'm the co-director of the Berkbeck Institute for the study of antisemitism in London and I'll refer to it as BISA from now on. Bisa's founding principle is that antisemitism is a form of racism and that the study of antisemitism has the capacity to deepen and transform our understanding of racism and racialization.
Je m'appelle Brandon M et je suis codirecteur du BBEC Institute for the Studies of Antemitism que nous appelons BISA. Le principe fondateur de cet institut est que l'antisémitisme est une forme de racisme et que l'étude de l'antisémitisme peut nous permettre d'approfondir et de transformer notre compréhension du racisme et de la racialisation.
antit donc avec un grand plaisir que je suis ici aujourd'hui aujourd'hui et c'est un plaisir pour moi de participer avec vous à cette réflexion approfondie sur la manière de penser et de combattre l'antisémitisme dans le cadre d'une politique antiraciste et cohérente specifically mys are drawn from that corrote with my colleagues at bisa davidman and benidley and that report is called facing antisemitism the struggle for safety and solidarity and that report was commissioned by the running meade trust which is the UK's Britain's leading anti-racist think tank that report uh marked the first time that the runningbead trust had made a significant statement on antisemitism in more than 30 years.
In this respect, the very existence of the report is significant. The running trust asked us to address the very same question that we are posing today on this panel. Can we tackle antiemitism in a way that is genuinely antiracist, universalist and emancipatory in our report. OK. Je m'insignais pour ne pas me perdre. Mes remarques aujourd'hui sont le reflet du contexte britannique, mais j'espère qu'elles auront un degré de pertinence pour les politiques antiracistes ici en France et au-delà. Mes commentaires s'appuyent sur un rapport que j'ai rédigé avec mes collègues du BISA David Fellman et Ben Guidley au Berback Institute for the Study of Antisemitism.
publié sous le titre et je traduis en français faire face à l'antisémitisme le combat pour la sécurité et la solidarité. Ce rapport a été commandé par le Rimat Trust qui est le principal groupe de réflexion britannique spécialisé dans la lutte contre le racisme. Ce rapport marquait la première fois que le Trust abordait la question de l'antisémitisme depuis plus de 30 ans. À cet égard, le simple fait que ce rapport existe est déjà significatif. Le Run Trust nous a demandé de nous pencher sur exactement la même question que celle que nous posons aujourd'hui dans cette table ronde.
Pouvons-nous lutter contre l'antisémitisme d'une manière qui soit véritablement antiraciste, universaliste et émancipatrice ? C'est ce que nous avons essayé de faire dans notre rapport. In the middle of the 20th century, political struggles against anti-semitism and other forms of racism were closely aligned intellectually and politically. This alignment is traceable in the writings of Franzon in WB Dubois's dispatches from the wars ghetto and we also find it in the pioneering anti-colonial scholarship of Emy Czer who analyzed the intimate connections between colonial violence and the European Holocaust.
Today however these connections have become fryt has been a part of the ways between antiism called antiantisemitism. Et c'est une tâche particulièrement difficile. Au milieu du 20e siècle, les luttes politiques contre l'antisémitisme et contre les autres formes de racisme étaient étroitement lié tant sur le plan intellectuel que politique. On retrouve cette convergence dans les écrits de Franz Fannon ainsi que dans les dépêches de du bois depuis le gethetto de Varsvie où il concluait que l'antisémitisme européen n'était pas un problème distinct et unique mais constituait une composante du problème racial.
On la retrouve également dans les On la retrouve également dans les écrits pionniers de la lutte anticoloniale des Mé Céser qui analysait les liens étroit entre la violence coloniale et la choix en Europe. Aujourd'hui, cependant, ces liens se sont distendus et pour beaucoup, il y a une séparation entre l'antiracisme et ce que l'on a appelé la lutte contre l'antisémitisme. Pourquoi est ici difficile de de renouer la lutte contre l'antisémitisme avec le projet antiraciste ? Une partie de la difficulté tient au fait que les racismes ne sont pas identiques et ne sont pas figés. Au contraire, les racismes évoluent dans le temps et l'espace.
Contrairement à l'époque où du bois Fanon et Céser écrivaient, l'antisémitisme n'est plus aujourd'hui une forme dominante de racisme dans la plupart des pays européens. l'antisémitisme. [rires] C'est que l'interprète est en train de tricher. Elle a le texte sous les yeux. [rires] is no longer a dominant form of racism in most European countries. Antisemitic ideology does not directly inform the policy and practice of the state apparatuses. I understand that LFE views antisemitism as structural like other racisms and tries to integrate this understanding of antisemitism into its anti-racist politics.
We can perhaps have a conversation about this later, but I would argue that the defining features of antisemitism in Britain today are not primarily structural. For example, antisemitism does not directly impact health, housing or life expectancy in Brit. Donc comme je disais [rires] euh bah je le redire à ce point. Donc contrairement à l'époque où du bois Fanon et Césarer écrivaient, l'antisémitisme n'est plus aujourd'hui une forme dominante de racisme dans la plupart des pays européens. L'antisémitisme n'informe pas les politiques et les pratiques des appareils d'état.
Je comprends que l'être LFI considère l'antisémitisme comme structurel comme les autres racismes et qu'il essaie d'intégrer cette compréhension de l'antisémitisme à ses politiques antiracistes. Nous pourrions débattre sur ce point plus tard, mais je répondrai que les caractéristiques déterminantes de l'antisémitisme ne sont plus essentiellement structurelles. Par exemple, l'antisémitisme n'a pas d'incidence directe sur la santé, le logement, la réussite scolaire ou l'espérance de vie. [grognement] Identify antisemitism aser concept of the reservoir refers to stereotypes and narratives about Jewish people accumulated over centuries reservoir is embedded deeply within our culture.
It is available to all left and right, and a wide range of actors and institutions can draw on it. Sometimes knowingly, sometimes not and sometimes with deadly consequences. Mais cela signifie-t-il que la menace que représente l'antisémitisme a disparu ? Non. Obis, nous considérons l'antisémitisme comme un réservoir. Ce réservoir est profondément ancré au sein de notre culture. Il est disponible pour tous, pour la gauche comme pour la droite.
et une vaste gamme d'individus et d'acteurs institutionnels peuvent y puiser parfois consciemment, parfois inconsciemment et parfois avec des conséquences mortelles comme nous l'avons vu il y a un an en Grande-Bretagne l'autre lors de l'attaque contre une synagogue à Manchester. We developed the concept of the of the reservoir in response to the widespread tendency in politics to focus on the pathology of individual antisemites and not on the more persistent problem of antisemitism as a phenomenon with societal and cultural sources. antisemitism antisemit.
Nous avons développé le concept du réservoir en réponse à la tendance diffuse en politique à se focaliser sur la pathologie d'antisémite individuelle, pas sur le problème plus persistant de l'antisémitisme en tant que phénomène avec des sources sociétales et culturelles. À cet égard, le concept de réservoir repose sur la distinction entre les antisémites et l'antisémitisme. What do I mean by this? The number of antisemites is not the same thing as the spread of antisemitism. In Britain today the problem we face is not one only of a small number of committed ideologically consistent antisemites. Yes, they exist and yes, they are a problem.
Rather, the more significant problem is more widespread. Negative stereotypical ideas about Jews accumulated over centuries that are embedded deeply within our culture. This is what we call the reservoir of antisemitism. Qu'est-ce que j'entends par cela ? Le nombre d'antisémites n'est pas le même. Là, on n'est pas la même chose que la diffusion de l'antisémitisme. En Grande-Bretagne, aujourd'hui, le problème que nous affrontons n'est pas seulement celui d'un groupe restreint d'antisémites engagés et cohérents idéologiquement. Oui, ils existent et oui, ils sont un problème. Le problème est plutôt un problème qui est encore plus répandu.
Les des idées négatives et stéréotypées sur les juifs se sont accumulées au fil des siècles et se sont enracinés profondément au sein de notre culture. Ceci est ce que nous appelons le réservoir de l'antisémitisme. Et je souhaiterais suggérer que le réservoir et cette distinction entre les antisémites et l'antisémitisme puisse être utile pour le mouvement antiraciste alors qu'il essaie d'intégrer la lutte contre l'antisémitisme dans ses pratiques d'aujourd'hui. But the task of building an antiracist coalition is not merely a matter of conceptuarity. That task is put under significant strain by the contemporary politics of antiantisémitism.
Mais la possibilité de construire une telle coalition n'est pas purement une question de clarté conceptuelle. Cette tâche est mise à mal par les politiques contemporaines de lutte contre l'antisémitisme. Great Britain, anti-antisemit leading played by the state and the close cooperation of Jewish communal legacy organizations with it. In other words, the dominant approach of Jewish legacy organizations has been to seek vertical alliances in the form of protection. Comme nous l'avions évoqué aujourd'hui lors de cette rencontre, les initiatives de lutte contre l'antisémitisme ne manquent [raclement de gorge] pas.
Au Royaume-Uni, l'une des caractéristiques déterminantes de la lutte contemporaine contre l'antisémitisme est le rôle moteur joué par l'État et l'étroit de coopération entre celui-ci et les organisations juives communautaires traditionnelles. Autrement dit, l'approche dominante des organisations juives traditionnelles a consisté à rechercher des alliances vertical sous la forme d'une protection de l'État contre l'antisémitisme. Si cela peut donner à certains juifs un sentiment de sécurité à court terme, cette politique de lutte contre l'antisémitisme présente trois défauts importants.
Premièrement, l'État comme les principales organisations communautaires juives ont tendance à concevoir l'antisémitisme comme une forme de préjugé individuel ou personnel. Cela a conduit à se focaliser sur les individus antisémites plutôt que sur le réservoir plus large d'antisémitisme qui existe au sein de notre culture politique. leaves us unable to comprehend the structural forms of racism experienced by other minoritized groups in which the state is directly complicit. This includes for example islamophobia uh and policies that target Muslims and contribute to racist outcomes such as unequal access to housing and health.
Antisemitism is the easy form of racism for the state to address when understood in this way because it does not require structural forms of racism. Deuxièmement, lorsque l'antisémitisme est considéré par les par les acteurs politiques comme la forme paradigmatique ou la forme de racisme la plus importante, cela a pour effet de limiter notre compréhension du racisme à celle du préjugé personnel. Nous devenons alors incapable de comprendre les formes structurelles de racisme auxquelles sont confrontés d'autres groupes minoritaires et auquel l'État est directement partie prenante.
Cela inclut par exemple les politiques islamophobes qui ciblent les musulmans britanniques et contribuent à des situations de discrimination raciste, notamment une inégalité en matière d'accès au logement et aux soins de santé. L'antisémitisme est un racisme auquel il est facile pour l'État de s'attaquer parce que cela ne l'oblige pas à se confronter à des ces formes structurelles de racisme. Islamophobia structural racism. It confirms the perception. It confirms the perception of a hierarchy of racisms. This gives life to competitive victimhood that pulls apart the horizontal alliances and broad coalitions that we need to confront all forms of racism antisemitism.
Troisièmement, lorsque l'État et les partis politiques consacrent des moyens importants à la lutte contre les idées antisémites, mais n'agissent pas avec la même détermination contre l'islamophobie ou le racisme structurel, cela renforce l'idée qu'il existe une hiérarchie entre les racismes. Cela alimente une logique de concurrence entre les victimes qui fragilis les alliances horizontales et les larges coions nécessaire pour combattre toutes les formes de racisme y compris l'antisémitisme. The sources of that antisemitism lie in society then the response to it needs to be societal. If antisemitism exist in our common culture we need a response that emanates from precisely there.
In short we need antiracism what should antiracism look like five proposals. [rires] [souffle coupé] Alors que faut-il faire ? Je disais à l'instant qu'un réservoir d'antisémitisme existe au sein de notre culture politique. Si les sources de cet antisémitisme se trouvent dans la société, alors la réponse doit être sociétale. Si l'antisémitisme existe dans notre culture politique commune, nous avons besoin d'une réponse qui émane de cette dernière. En bref, si nous avons besoin d'antiracisme, mais à quoi cet antiracisme pourrait-il ressembler ? J'ai cinq propositions et je vais essayer de vous les énumérer.
Je continue de demander à la modératrice si je peux continuer ou pas mais donc là il semblerait que je peux encore continuer. Donc je tout va bien, je continue. By this we mean that an anti-racism that addresses and combats all forms of racism with equal force and energy in ways that are noncetive including when those racisms are asymmetrical and lead to minoritized populations. Alors premièrement dans notre travail au bisse nous nous appelons à un antiracisme à 360°.
Par là, nous entendons un antiracisme qui s'attaque à toutes les formes de racisme et les combats avec la même force et la même énergie, sans logique de concurrence, y compris lorsque ces racismes sont asymétriques et produisent des conséquences différentes pour les populations minorisées. Second, a 360 degrees antiracism would require us to cultivate the building of horizontal alliances between Jewish people and other racialized minorities. This means a reorientation away from vertical alliances with the state towards antiracism from below. Deuxièmement, un antiracisme à 360° exige de favoriser la construction d'alliances horizontales entre les juifs et les autres minorités racialisées.
Cela signifie qu'il faut se détourner des alliances verticales avec l'État et se tourner vers des luttes contre le racisme mené depuis la base. Une approche horizontale de l'antisémitisme supposerait de lutter contre l'antisémitisme conjointement avec les autres formes de racisme. Je reis. Troisièmement, nous avons besoin d'un antiracisme attentif aux spécificités de l'antisémitisme partout où il se manifeste, y compris à gauche. Lorsque l' lorsque l'antiracisme ne prend pas suffisamment en compte l'antisémitisme, certains juifs s'en éloignent et se retourne vers l'état ainsi que vers les formes réactionnaires de lutte contre l'antisémitisme qui se multiplie aujourd'hui.
Preveiling attempts by the state to combat antisemitism have served to racialize other minoritized communities, especially Muslims. This racialization of Muslims in the name of Jewish safety is damaging to Muslims first and foremost, but also to Jews as it pits one minority against the other and works against the crafting of a politics that can combat both anti-Jewish and anti-Muslim racism together. Quatrièmement, nous avons également besoin d'une manière de lutter contre l'antisémitisme qui ne perpétue pas les mécanismes de la racialisation et les politiques raciales.
Les tentatives actuelles de l'État pour combattre l'antisémitisme servent souvent à racialiser d'autres communautés minorisées, en particulier les musulmans. Cette racialisation des musulmans au nom de la sécurité des juifs est préjudiciable aux musulmans en premier chef, mais aussi aux juifs, car elle oppose une minorité à une autre et empêche de construire une politique capable de combattre conjointement le racisme anti-juif et le racisme antimusulman. Zionism and antisemitism. At present, the prospect for alliances between Jews and other racialized minority minorities are put under significant pressure by this widespread and misguided notion that to be antiionist is to be antisemitic.
And again, the state plays a key role here. We see this in Britain in the way that proestine protest is mischaracterized um by state actors as intrinsically antisemitic and harmful to Jews. This doesn't just show a conflation of antianism and antisemitism. It also shows us that the state operates with essentialed conception of Jewishness that fails to capture the growing divisions among something. Et enfin, nous devons nous attaquer à euh à ce qu'il n'y ait pas de confusion entre l'antisionisme et l'antisémitisme.
À l'heure actuelle, les possibilités d'alliance entre les juifs et les autres minorités racialisées sont fortement mises à mal par l'assimilation largement répandue qu'être antisioniste, c'est être antisémite. Là encore, l'État joue un rôle essentiel. Nous le voyons dans la manière dont les manifestations en faveur de la Palestine sont présentées à tort par des acteurs étatiques au Royaume-Uni et ailleurs comme étant intrinsèquement antisémite et dangereuse pour les Juifs.
Cela montre non seulement une confusion entre l'antisionisme et l'antisémitisme, mais aussi que l'État s'appuie sur une [raclement de gorge] conception essentialisée de l'identité juive qui ne rend pas compte des divisions croissantes entre les juifs eux-mêmes sur ces questions. Un point sur lequel je reviendrai dans un instant. OK. Calling for 360 degrees anti-racism is one thing. Bringing it into fruition is quite another. There are significant challenges and these are compounded by the contested question of the relationship between antisemitism and antianism and Israel's genocide in Gaza. While there is no easy path forward, I want to finish identifying some resources of hope.
L'antiracisme à 360° que nous préconisons permettrait de contrer l'idée d'une hiérarchie. entre les racismes. Il permettrait également d'empêcher toute tendance à racialiser d'autres minorités au nom de la sécurité des juifs. Appeler à l'antiracisme à 360° est une chose, le concrétiser en est une autre. Comme je l'ai indiqué, les défis sont considérables et ils sont encore amplifiés par la question controversée des rapports entre l'antisémitisme et antisionisme et le génocide d'Israël à Gaza. Il n'existe pas de voix simple pour aller de l'avant mais je voudrais terminer en évoquant quelques raisons d'espérer.
Increas numbers of British Jews are having to grapple with the glaring contradiction between antiracist politics domestically and the policies and racist practices and actions of the state of Israel. There have been a range of response a range of responses to this fundamental tension. Some Jewish people have become further entrenched in political activism in defense of Israel and in doing so have severed their links with the antiracist movement with a heart.
Un nombre croissant de juifs britanniques sont confrontés à la contradiction flagrante entre d'une part la politique antiraciste menée au niveau national et d'autre part les politiques, les pratiques racistes et les actions de l'État d'Israël. Il existe toute une gamme de réaction à cette à cette tension fondamentale. Certains juifs se sont davantage engagés dans un militantisme politique en défense d'Israël et ce faisant, ils ont rompu antiraciste et dans certains cas à contre-cœur. British Jews define themselves as either antizyist or non-Zionist. Among Jews age between 18 and 29, just 49% now identify a Zionist.
This development indicates a potential for a new direction within Jewish politics, one that can serve as a resource of hope for anti-racism. Because it is from this growing minority that a more multidirectional opposition to anti-semitism is being cultivated, one that is coupled to a wider anti-racist politics. A key question then is whether this emerging way of combating antisemitism among British Jews can develop into something broader. This is a challenge for the anti-racist movement. [grognement] Parallèlement, une minorité de plus en plus importante s'éloigne d'Israël et du sionisme.
Aujourd'hui, entre 1/4 et 1/3 des Juifs britanniques se définissent comme antisionistes ou non sionistes. Chez les juifs âgés de 19 oui de 18 à 29 ans, seul 49 % se définissent désormais comme sioniste. Cette évolution indique le potentiel d'une nouvelle qu'une nouvelle orientation pourrait émerger au sein de la politique juive et constituer une ressource pour l'antiracisme. Car c'est au sein de cette minorité grandissante que se que se développe une opposition à l'antisémitisme plus multidirectionnel associé à une politique antiraciste plus large. La question essentielle est de savoir si cette nouvelle manière de lutter contre l'antisémitisme peut prendre une ampleur plus large.
Et ceci est un défi pour le mouvement antiraciste. Je as well finding antiracismit antisemit patience. In the recent past, we only had a will for such a coalition. Today, however, there are tentative signs that a social force capable of making it a reality is coming into view.
[applaudissements]
Et voici donc mon mon paragraphe final, soyez rassuré. Surmonter l'héritage de l'appréhension que [raclement de gorge] de nombreux juifs éprouvent à l'égard de la gauche, tout en trouvant un anti un en antiracisme cohérent qui prennent également en compte les spécificités de l'antisémitisme ne sera pas facile. Mener ses conversations et construire ses ponts demandera du travail et de la persévérance. Jusqu'à récemment, nous n'avions que la volonté de construire une telle coalition. Aujourd'hui, cependant certains signes encore tenu laissent penser qu'une force sociale capable de faire devenir de la faire devenir réalité est en train d'émerger. Donc ne laissons pas les opportunités passer.
[applaudissements]
Merci. [raclement de gorge] Merci beaucoup pour cette intervention. Je rappelle que pour les questions, nous allons procéder de la même façon que pour les précédentes tables rondes, c'est-à-dire qu'il y a vous pouvez les inscrire sur un des bouts de papier qui sont en train d'être passés et nous les prendrons à la fin. Donc à présent, je vais laisser la parole à Sonia Daan Herzbrin pour son intervention. Merci beaucoup. Merci. Merci, merci beaucoup pour cette invitation et tout ce que j'ai entendu depuis tout à l'heure est absolument passionnant et très très intéressant, très très important.
Moi mon mon point de vue va être un petit peu différent, c'est-à-dire qu'effectivement on sait dans le racisme, il y a pas les races n'existent pas, il y a de la racisation et en même temps, il y a un vécu du racisé, hein. Je dire la race existe d'un point de vue subjectif. Enfin, si on a lu Franz Fanon, on le sait, hein. Donc c'est et donc je vais essayer de tenir compte de ce point de vue de la subjectivité, du vécu parce que euh c'est ça a été le mien.
Alors, je vais commencer voilà, d'une façon un peu poétique par la lecture d'un passage que j'adore absolument euh de du cahier d'un retour au pays natal d'imé Céser qui a été écrit en 1939, donc avant le génocide juif et qui est qui qui exprime cette solidar cette solidarité des racisés qu'on qu'on ne retrouve plus. Alors comme il y a écrivait Sé comme il y a des des hommes hiennes et des hommes panthères, je serai un homme juif, un homme cafre, un homme hindou de Calcuta, un homme de Harlem qui ne vote pas, un homme famine, l'homme insulte, l'homme torture.
On pouvait à n'importe quel moment le saisir, le rouer de coup, le tuer parfaitement le tuer sans avoir de compte à rendre à personne, sans avoir d'excuses à présenter à personne un homme juif, un homme pogrome, un chiot, un mendigot.
Pour moi, ce texte est absolument admirable parce que il il dit plus que tout autre comment on devrait penser, ressentir ensemble tous ces racismes et en même temps parce que les racismes sont effectivement différents, évoluent et affirmer l'humanité de chacun et de chacune en les en les nommant en les nommant et en leur permettant de dire je à la place où ils sont, c'est-à-dire sans les regrouper sous un ensemble abstrait, ce que nous autres sociologues nous appelons essentialisation. Or, comme on le dit depuis, je je ne cesse de l'entendre et c'est évident, la situation actuel, le discours et les pratiques des institutions dissocient l'antisémitisme du ou des racismes.
Donc c'est cette dissociation que je voudrais dénoncer. essayer de voir comment on pourrait à nouveau penser ensemble et lutter ensemble contre toutes ces formes de racisme.
Alors, ce qui est implicite dans cette dissociation, c'est comme on l'a déjà dit à plusieurs reprises, l'exceptionnalité supposée de l'antisémitisme du fait du génocide des juifs d'Europe, du génocide des juifs d'Europe, mais auquel finalement s'identifie d'abord les juifs non européens et maintenant il y a de plus en plus de juifs de gens en Afrique qui se convertissent ou qui reviennent au judaïsme parce qu'il y a eu des juifs en Afrique Afrique comme il y en a eu en Chine, il y en a eu en Inde, il y en a eu dans toutes sortes de régions du monde hein. Et il y a il y a il y a une espèce de de retour enfin de d'identification à à cette à cette voilà à cet événement.
Euh et on en pose exceptionnalité, ce qui permet aussi de donner un caractère, comme l'a déjà dit, d'exceptionnalité aux juifs. Mais alors, il y a ce premier phénomène qui fait qu'on ne pense pas on ne pense pas toutes les autres manières qu'on a eu de détruire l'humanité, c'est-à-dire là le le le génocide des des habitants des du continent qu'on a appelé ensuite américain, la traite esclavagiste. Il y a tellement il y a tellement de choses qu'on on pourrait les citer. Hélas hélas et le génocide des juifs d'Europe a une spécificité. Moi, comme je suis une survivante, je peux en parler, toute ma famille euh y est passée.
Mais euh c'est c'est en même temps, il faut on narrive pas comme disait Édouard Saïd qui avait une une expression magnifique, il disait il faut universaliser la crise et c'est ce mouvement d'universalisation auquel on ne on ne parvient plus et que faisait magnifiquement et messer. Alors donc il y a cette exceptionnalité, il y a aussi ce phénomène qu'on peut appeler le blanchissement des juifs, c'est-à-dire l'effacement progressif de la racialisation des juifs comme s'ils étaient des blancs, comme s'ils étaient donc pouvant bénéficier du suprématisme blanc et ce dont les Israéliens ne se prent pas.
Et donc et ça s'exprime aussi dans quelque chose qui est une imposture qui a été dénoncée par récemment dans un livre récent par l'historienne Sophie Bessis qui est l'affirmation d'une civilisation prétendument judéo-chrétienne. Il y a pas de le judéo-christianisme, ça n'existe pas. C'est c'est une affirmation d'abord qui occulte toute la la judéophobie chrétienne et tout. Voilà. et et qui en même temps au niveau simplement théologique ne tient pas. Euh il y a beaucoup beaucoup de proximité entre le l'islam et le judaïsme. Il y en a pratiquement il y en a très très peu entre entre le le judaïsme et le christianisme.
Donc il y a il y a cette affirmation qui est qui est récurrente hein mais qui est une qui est une imposture et qui revient finalement à djudaïs le judaïsme. Il y a alors il y a également donc il y a ce dont on a déjà parlé. Il y a aussi parallèlement la ration la racialisation de l'islam. l'islam qui comme le judaïsme à partir d'un certain moment avec la colonisation mais même avant je crois que Rain va va en parler he j'ai lu avec tellement de plaisir et de son son livre magnifique.
Donc il y a il y a cette racialisation de l'islam mais qui débouche en tout cas enfin pour dans grand un grand nombre de pays européens en tout cas sur une islamophobie d'État mais qui en tant que telle ne peut pas être dénoncé. C'est-à-dire qu'elle se justifie, elle se justifie dans les discours par exemple sous le prétexte de la protection des femmes. Donc l'F ça c'est vraiment le discours orientaliste classique hein. Les pays colonisés
[applaudissements]
voilà euh oppriment. On sait bien qu'ils oppriment ils oppriment leurs femmes. Ils oppriment leurs femmes. Les musulmans oppriment leurs femmes. Il y a pas a il y a pas de féminicide chez les blancs. C'est bien connu. Et et du coup, on les protège en leur en l'interdisant de s'habiller comme elle elles le souhaitent et en considérant que ce sont toujours des des ce sont des non sujets. Elles sont incapables de de d'être sujet sujet de leur de leur propre de leur propre vie. Alors, il y a aussi une xénophobie d'état.
une xénophobie d'État qui se lit sous les discours et les pratiques concernant l'immigration, les immigrés euh mais toujours avec la une rationalisation, une prétendue rationalisation économique, hein. Donc ils vont nous prendre des emplois, ils nous prennent con on connaît ça par cœur mais c'est aussi une politique d'état mais il y a pas que ça. Alors sous sous ces pratiques d'état, il y a toutes les petites choses. Moi, je suis aussi philosophe, je suis une disciple d'Adorno qui demandait qu'on soit et qui a travaillé sur ces questions beaucoup et qu'on soit attentif à toutes petites choses, aux petites choses de la de la vie.
Adorno et Orkaimer ont fait une très grande enquête sur l'antisémitisme aux États-Unis dans les années 50, juste au moment où arrivait le macartisme et et il disait ils écrivaient ils échangaient une correspondance et dans une lettre il y en a un qui écrit à l'a plus que c'est Orkaimer qui écrit à Dorna disant "Nous effectivement nous ne faisons pas l'expérience de ça mais on se rend compte de l'antisémitisme quand on va dans les toilettes et qu'on voit les graffiti dans les toilettes. Et dans les graffitis, dans les sur les dans les toilettes, on voit les graffiti et on voit effectivement comment on nous considère.
Donc il y a toutes ces petites choses, les graffiti, les plaisanteries, les les les que interminables aux préfecture he pour avoir pour avoir des cartes de séjour. Je veux dire que ces choses-là, c'est très important. Je pense que les toutes petites choses, enfin quand on est moi j'ai été objet de enfin non pas seulement le grand antisémitisme qui m'a qui m'a coûté à peu près toute ma famille. Mais mais quand j'étais en forme courait dans la cour de l'école en me traitant de salle petite juive. Donc je veux dire il y a puis j'ai j'ai entendu tout le temps des remarques et des choses.
Donc il y a ces toutes petites choses qui sont qui peuvent pas se régler par l'État et qui sont en même temps du vécu et du vécu enfin t tous les amis racisés que j'ai heureusement j'en ai beaucoup me racontent des choses de ce genre. Il y a une chose par rapport à la nourriture par exemple, par rapport au porc, hein. Ça c'est vraiment quelque chose de majeur et des toutes petites choses et qui sont en France où on a ce culte du républicanisme, donc d'une d'une injonction à l'assimilation et euh à l'intégration. Mais l'assimilation, c'est être comme les autres. On devrait pouvoir être pluriel et être respecté dans sa pluralité. Je crois que ça on le répétera souvent.
[applaudissements]
Donc donc alors alors je sais pas comment on peut faire hein. Moi j'ai pas de recette du tout. Je suis pas une politique, je suis euh je suis euh praticienne des sciences sociales, mais je vais essayer de dire un certain nombre de choses. Je sais pas comment faire mais voilà je je pense d'abord qu'il faut refuser ce que Michel Fer appelle le pacte de blanchiment réciproque entre juifs et occidentaux, c'est-à-dire qui aboutit évidemment on on nous blanchit, on nous dit voilà, on lutte contre l'antisémitisme, c'est très très bien d'être juif. Il raconte et raconte et raconte et puis il y a plus de plus en plus de gens qui cherchent à se convertir parce que c'est tellement chic maintenant.
Mais ça aboutit à la Oui, je suis désolée mais c'est ce à ce quoi on c'est ce qu'on constate. Il y a même un rabin euh libéral là qui est à qui est un français converti. Enfin, j'ai j'ai rien contre mais je veux dire que ça de quand j'étais enfant c'était impossible. C'était le contraire qui se passait. on se cachait surtout, ça pouvait surtout pas se montrer. Euh donc c'est c'est la normalisation et l'occultation du passé antisémite des gouvernements des pays occidentaux et même des États-Unis, hein. Donc des où on ne laissait pas entrer les les juifs au moment dans les années 1930 et cetera.
Ça c'est parfaitement parfaitement documenté par les historiens, mais il y a une espèce de et là je parle en tant que praticienne de des science social, on on ne s'intéresse pas à l'histoire. Donc alors le ce pacte en même temps de blanchiment réciproque, on vous blanchit, on vous traite comme des blancs, mais en même temps vous nous blanchissez de tout ce que nous avons fait, ça n'a pas existé puis c'est fini, c'est du passé puis a juste ça ça a été des petites choses mais mais c'est terminé.
En fait, c'est un un pacte qui est fragile, qui est fragile parce que si on voit la composition par exemple du parti maga aux États-Unis avec des gens comme Vinch, le vice-président, ils sont vraiment antisémites et et ils sont et ils sont ouvertement antisémites. Donc, il y a quelque chose qui est en train et antisémite de droite bien bien classique he bien classique. Donc ce ce fait de bénéficier du statut de blanc et soutenir la droite et l'extrême droite, c'est quand même quelque chose qui est pas c'est ça ça ça peut c'est c'est pas quelque chose de très très solide.
Alors, je pense que ce qu'il faudrait faire et là je rejoins absolument les les positions que je partage tout à fait du collectif de Cédec, c'est bien sûr décoloniser le judaïsme. Décoloniser le judaïsme, c'est-à-dire refaire en sens le chemin de Céser, c'est-à-dire comme on le dit à Cédec, lutter en solidarité. lutter en solidarité et bien sûr refuser la hiérarchie des racismes et partirle mais ça c'est les travaux aussi de Ra qui le montre très bien partir du constat qu'il y a vraiment une homologie entre la même structure entre islamophobie et antisémitisme. Je sais pas si tu vas en parler mais quand j'étais lu ça me parut tellement tellement évident.
Moi, j'ai été pendant des années présidente de la l'association islam et laïcité. Voilà, en tant que juif, je je disais mais c'est parce que moi pour moi c'est combattre l'islamophobie, c'est exactement comme combattre l'antisémitisme, c'est la même chose, c'est la même lutte et je retrouve exactement les mêmes les mêmes structures racialisantes. Alors [grognement] l'islamophobie aujourd'hui, elle fait consensus comme jadis l'antisémitisme. C'est quelque chose ça crée du lien social.
Je veux dire quand on il y a quand on va quelque part avec des gens qu'on connaît pas trop, qu'on fait quelques remarques islamophobes sur quand même ces femmes qui veulent se couvrir la tête ou je sais pas tout ce qu'on veut ça euh et et pourquoi qu'est-ce que c'est que ça que le Ramadan et tout enfin tout ce qu'on peut en entendre euh ça fait consensus je veux dire il y a il y a ça ça pose pas problème comme jadis l'antisémitisme faisait conscience de ce qui était bizarre c'était de pas être antisémite. Vous lisez euh Baudler, vous lisez n'importe qui, hein. C'est c'est voilà.
Euh donc donc euh et mais je pense aussi que alors on disait encore récemment que les musulmans étaient considérés comme des ennemis de l'extérieur par opposition aux juifs qui étaient des ennemis de l'intérieur mais les musulmans maintenant sont devenus des ennemis de de l'intérieur dans la mesure ça se voit bien où ils sont citoyens où ils sont et et c'est c'est le fait même d'être exactement que c'est des choses que Anna Rent avait analysé dans dans sa première partie des origines du totalitaire isme à propos de l'antisémitisme, c'est au moment où il y a cette démarche apparemment d'assimilisation et d'intégration que l'antisémitisme qui se distinguait de de l'antijudaïsme chrétien ou de la judéophobie chrétienne surgit et s'affirme comme antisémitisme politique.
Et je pense qu'on en est à ce point-là, c'est-à-dire que c'est vraiment ce qu'on ne supporte pas. On supportait bien les les les femmes de ménage voilé. Je suis désolée avec un foulard sur la tête mais mais le le le maire de S non fait en plus quand qu' en plus il est noir alors il il cumule [applaudissements] tout. Je suis bon mais je suis très voilà. Alors, je pense aussi donc il faut euh il faut il faut défaire il faut absolument défaire le lien entre les juif et le sionisme. Le sionisme est une chose, le judaïsme est autre chose.
Donc et ce et ce lien, la politique israélienne s vertu à le resserrer et et c'est vraiment alors moi je voudrais surtout dénoncer la nocivité de la modification en000 en en 2018 par la KN7 de la loi fondamentale Israël. Vous savez que quand Israël, il y a pas de constitution, il y a une loi fondamentale et il y a une modification très importante en 2018 qui a déclaré Israël comme état nation du peuple juif. Alors, bien entendu, il y a eu des conséquences pire en pire, hein, pour les non-juifs qui devenaient des citoyens de seconde zone et aux dernières nouvelles, Netaniaahu voulait interdire les partis arabes de se présenter aux élections.
Mais je voudrais insister sur l'article 6 de cette loi où il dit "L'État fera tout pour assurer la sécurité des membres du peuple juif qui est considéré en diaspora." Ce que veux dire ce que pose cette loi, c'est que nous autres juifs, je dis je parle de façon subjective nous sommes nous faisons partie d'un peuple. Ça se discute énormément énormément au point de vue au point de vue de la justesse historique et et sociologique en diaspora.
Donc nous nos ancêtres seraient tous partis du même lieu et puis je sais pas pourquoi tout d'un coup il y en a qui se retrouveraient très différent des autres mais enfin bon il y aura jamais eu de conversion jamais eu bon bref mais mais et alors et nous faisons partie de ce peuple ce peuple qui effectivement s'identifié protégé par Israël et donc euh les dans la suite je vais pas lire tout l'article je l'ai quelque part là mais je pourrais le lire si on veut Euh l'État aussi, l'État d'Israël fera tout pour renforcer les liens entre l'État et les membres du peuple juif.
Donc du coup, les juifs et les juives du monde hein euh sont transformés du coup en nationaux potentiel d'un état colonial, un état d'appartê qui mène une guerre génocidaire donc et qui les et et qui les enferme. Du coup, on est on est tous enfermés dans une logique victimaire, c'est-à-dire on il faudrait nous protéger parce que nous sommes en danger. Donc effectivement, moi je pense que ça me met en danger parce que ça crée d'antisémitisme ce type de loi puisqu'on est assimilé on est assimilé à un un état dont on n jamais moi je viens d'une tradition juive non sioniste et antisioniste.
Voilà, je je j'ai rien à faire avec avec cette cet état, mais cette loi, cette rhtorique qui fait de d'Israël l'état du peuple juif, mais les juifs en danger, hein, parce que en les désignant comme solidaire et même ou même comme responsable de la politique menée par ce pays, le le risque court et c'est un risque réel et qu' et qui qui est qui maintenant plus qu'un risque de de voir réactiver tous les stéréotypes. antisémite classique des actes de violence.
[applaudissements]
Donc mais merci. Donc pour lutter voilà pour lutter contre contre l'antisémitisme, il faut comme je disais décoloniser le judaïsme, c'est-à-dire mettre en évidence le fait colonial. ce fait colonial que si si on le désigne, on est on est on est considéré comme antisémite. Mais alors ce qui fait que derrière ce fait colonial et derrière le soutien le le cette accusation d'antisémitisme, il y a il y a une conivance coloniale des pays occidentaux avec Israël.
Euh cette connivance coloniale fait que tout ce qui est les noms blancs n'ont pas pleinement euh euh valeur humaine et c'est une connivance bien sûr politique qui en France euh retourne beaucoup enfin a beaucoup à faire avec euh la guerre d'Algérie mais pas seulement parce qu'on sait bien tous les massacres coloniaux qui ont qui ont été connus enfin c'est la ce qu'a la la conquête la conquête de l'Afrique l'and Chine. Enfin il y a eu des massacres coloniaux. pour rentrer dans les détails, les les enfumades et cetera.
Bref, et il y a aussi du coup une conivance avec avec Israël actuellement, une conivance, je ne dirais pas, j'aurais dit il y a encore quelques temps islamophobe, mais je dirais aujourd'hui arabophone. puisqu'on sait bien que dans les rues d'Israël, on crie mort aux Arabes et que maintenant, contrairement à ce qui se passait encore il y a pas tellement longtemps, il y a plus de distinction fait entre les chrétiens et les musulmans euh en Israël ou en ou en Palestine puisqu'il y a des raides contre les les les villes les villes euh chrétiennes de de S Jordanie, il y a eu des églises bombardées à Gaza et cetera.
Donc il y a il y a le il y a aussi ce que rend possible aussi cette cette conivance coloniale, c'est c'est l'occultation du passé et du présent colonial euh des différents pays. He, ça a été bien analysé à propos de l'Allemagne he le fait de mettre l'accent comme ça sur le le seul le seul génocide qu'orête euh effect accompli les vaillamment les les Allemands, c'est masqué complètement la mémoire de du génocide des des héros et cetera. Mais il y a aussi d'autres la le comportement de de la colonisation allem allemande en Afrique de l'Est. Ça a pas été terrible terrible terrible. non plus.
Donc il y a il y a il y a une occultation, je veux dire l'insistance l'insistance, cette espèce de d'insistance, je sais pas, je pourrais dire presque enfin sur sur ce sur la sur le gênocie des juifs permet permet l'occultation de de ce passé colonel comme je disais et c'est dans et et je ne dirais pas que les racismes plongent uniquement leurs sources dans ce passé colonial qui est pas seulement du passé, il y a aussi du présent, il y a qu'à il y a qu'à penser à à la Nouvelle-Calédonie et cetera. Enfin, les exemples, voilà. Mais mais ça permet de ça permet d'occulter. Donc les les racismes ne naissent pas de rien.
Bien sûr, il y a une longue histoire de massacre, de génocide, d'exploitation à outrance et de déshumanisation dont se sont rendus coupables les pays occidentaux et et qui est consisté justement je crois que là le terme que qu'emploie CG quand il dit chiot les petits chiens, c'est que effectivement il y avait les les les philosophe Platon quand il parlait des humains, il disait les bipettes sans plumes. Donc ces bipettes sans plus n'étaient pas considérés comme des pleinement humains et cette t toute cette tous c tous ces phénomènes de déshumanisation ont été très largement occultés.
Mais je voudrais aussi, ce qui est aussi occulté, et ça je pense qu' est très important aussi et je voudrais terminer là-dessus, c'est l'histoire des résistances et des luttes euh des colonisés et pas seulement décolonisés. Et il y a toute une lecture maintenant révisionniste hein de l'histoire qui consiste à faire disparaître de la mémoire euh les luttes décolonisées par exemple. Enfin, c'est quand on on fait de Victor Schelcher le celui qui a qui qui a qui que grâce à qui l'esclavage a été voilà aboli. Voilà. [rires] Heureusement que ça sa statue a été a été a été déboulonnée. Donc il faut il faut absolument refaire surgir cette mémoire.
C'estàdire pas simplement être dans un discours victimaire et d'une et que et d'une concurrence des des victimisations, mais tenir un discours positif. Et moi je dirais qu'il faudrait célébrer en même temps, je dirais tous l'ouverture et Marek Edelman. Marek Delman, c'était le héros du ghetto de Varsovie qui ensuite voilà [applaudissements] qui ensuite est devenu cardiologue à l'hôpital de Lots qui n'a jamais quitté la Pologne malgré l'antisémitisme polonais qui maintenant soutient Israël bien sûr et il est il est resté il a lutté contre l'antisémitisme en Pologne et il a refusé d'aller en Israël ce qui ce qui lui a valu beaucoup beaucoup de de [grognement] haine.
Et et ben je voudrais terminer en évoquant la mémoire d'un ami disparu il y a il y a 2 ans, Rori, le l'écrivain l'écrivain libanais Rori qui [grognement] est qui est l'auteur d'un très très du plus beau livre sur la Nagba qui est la porte du soleil et qui avait en 2001 signé en même temps une pétition qui protestait contre la tenue d'une conférence à Beyrout qui n'y ait l'existence de l'holocauste.
et il a sa dernière œuvre, c'est une trilogie dans le troisème volet va apparaître bientôt mais qui sur les enfant du ghto les getos le ght c'est c'est c'est c'est c'est le ghetto de l'ode he le ghetto de de l'ida de l'ode où il y a maintenant l'aéroport Bengour et et son héros va en Pologne et rencontre Marek Delman et visite le ghetto de Darfsovie dans cette rencontre des des mémoires entre deux ghetos et ça je trouve ça magnifique. Voilà donc je voudrais terminer là-dessus voilà et je pense tout à l'ouverture et Marekelman ça doit être nos nos héros [applaudissements] c'est un peu
[applaudissements]
Merci beaucoup. Maintenant, je passe la parole à Resazia Ibrahimi. Normalement, il y a une présentation qui va s'affichuer. Oui. Super. Parfait. Est-ce que tout le monde m'entend ? Bonjour, je suis ravi d'être parmi vous aujourd'hui. Je m'appelle Ra, j'habite à Londres comme mon collègue Brandon. Euh je suis historien, j'étudie l'antisémitisme et l'islamophobie de manière interdisciplinaire [grognement][raclement de gorge] euh mais aussi critique et décolonial. L'intersection entre l'antisémitisme et l'islamophobie me fascine depuis toujours, chose que je partage avec ma chère collègue et camarade Sonia.
Mais ce qui me fascine tout autant, c'est le fait que cet objet d'étude soit occulté pour dire le moins. Donc je vous offrirai mon analyse des raisons pour cette lacune lors de ma présentation. Mais cela m'amène à cette table ronde dont le titre affirme que la lutte contre l'antisémitisme doit être au cœur des luttes antiracistes. Et je suis évidemment entièrement d'accord. Mais la formule elle-même suppose qu'elle n'y ait pas ou qu'elle n'y ait plus. Donc regardez votre vocabulaire institutionnel. Votre gouvernement lui-même nous dit que le racisme et l'antisémitisme sont deux choses distinctes.
Ma question sera donc la suivante : comment la lutte contre l'antisémitisme a été extraite ou délogée des luttes antiracistes ? et ma réponse est toute simple, le sionisme. Je défendrai trois thèses. Première thèse, l'antisémitisme et l'islamophobie sont évidemment deux formes de racisme qui ont une histoire commune. Deuxè thèse, le sionisme les a dissociés et il instrumentalise les deux. Il fait de l'antisémitisme un bouclier pour immuniser Israël et il nie l'islamophobie qui lui fournit pourtant le répertoire racial dont il a besoin pour la colonisation de la Palestine.
3è thèse, il a pu le faire avec le concours actif du champ des études sur l'antisémitisme que je m'en vais critiquer tout à l'heure. D'où ma conclusion, pour lutter efficacement contre l'antisémitisme, il faut l'émanciper du sionisme, il faut le décoloniser comme l'a dit Sonia tout à l'heure et la réinscrire dans l'antiracisme. Mais d'abord, j'aimerais apporter une précision sur ce que j'entends par racisme et je pense que mon analyse est un tout petit peu différente de pas mal de mes conceurs et collègues qui ont parlé aujourd'hui.
Pour moi, le racisme n'est pas principalement un ensemble d'idées ou de préjugés logés dans les esprits, ni même un ensemble de paroles, mais plutôt un régime de pouvoir. En d'autres termes, une structure sociale qui permet la la domination d'un groupe hégémonique sur un ou plusieurs autres groupes racisés et qui produit systématiquement donc des inégalités dans l'accès au droit, à la sécurité, à la parole, au logement, à la vie et cetera. Donc [raclement de gorge] les idées racistes existent bel et bien et les paroles racistes également elles peuvent être traumatisantes mais elles tirent leur force de cette structure principalement. Et donc la question pour moi n'est jamais qui est qui.
D'ailleurs, le vocabulaire de la haine est je trouve très problématique dans l'analyse du racisme mais plutôt qui domine qui et comment ? Qui a des privilèges et qui est marginalisé. Donc l'antisémitisme et l'islamophobie sont deux formes de racisme. Euh mais j'aimerais aussi aller un tout petit peu plus loin. Ils sont plus que cela. Ce sont deux racismes qui ont une histoire croisée et des des origines communes. Donc premier temps, l'histoire. Ces racismes ne sont pas éternels. Ils se reconfigurent d'une époque à l'autre. Mais pendant des siècles, leur configuration ont pensé les juifs et les musulmans ensemble.
Et je ne vais pas rentrer trop dans les détails, je vais brièvement mentionner quatre moments historiques de croisement qui me semblent important. Et si vous avez si vous voulez que j'approfondisse, je me ferai un plaisir euh euh tout à l'heure. Le premier moment est celui de l'association dont l'imaginaire chrétien médiéval, juif et sarasin forment un couple dans le panthéon des ennemis de la foi chrétienne. En 1096, lorsque la première croisade se mettait en route vers Jérusalem pour combattre les musulmans, elle massacre sur son chemin les communautés juives de la Rénani, Spear, Worms, Myans et cetera.
Un chroniqueur fait dire à un croisé pourquoi aller combattre au loin les ennemis du Christ quand on les a sous la main. Un même élan, deux ennemis. Le deuxième moment est celui de la reconquista, de la reconquête chrétienne de la péninsule ibérique et pour moi, c'est un moment absolument décisif. C'est là que naî la modernité européenne, la nation ethnique, l'empire, le capitalisme marchand. 1492, c'est aussi l'année de colon. Et c'est là que né un racisme du sang, un racisme biologique, on dira aujourd'hui. [grognement] Euh c'est avec les statut de pureté de sang que les convertis restent musulmans ou juifs par leur sang, quelle que soit leur croyance.
Euh et donc un régime se met en place qui vise les deux groupes et c'est un régime que euh je qualifie de génocidaire. expulsion et conversion forcée des juifs et des musulmans. Fin de la civilisation sépharade non diasporique. Et pour l'islam, l'élimination par l'interdiction, on interdit tout. On interdit la foi, on interdit la langue et les patronymes arabes. On interdit les vêtements, le voile évidemment, mais les babouches également. On interdit les hamams, on interdit les minarets et dans une exhaustivité qui confine à l'absurde, on interdit même le couscous et l'aubergine associé euh avec la figure du musulman. C'est donc le le paradis des droites islamophobes d'aujourd'hui.
Et d'ailleurs, je pense que ce n'est pas un hasard si vous avez un parti dans ce pays qui s'appelle Reconquête. Mais au terme du processus, il n'y a plus aucun juif et plus aucun musulman en tant que tel dans toute la péninsule ibérique. Destruction de groupes en tant que tel, annihylation de leur culture, c'est un génocide au sens où l'entendait Raphaël Lemkin, donc l'inventeur du terme. Le 3è moment est la fusion. Au 19e siècle, la philologie fait des juifs et des Arabes une seule race. La race sémitique, on l'a évoqué tout à l'heure chez Ernest Renan, l'infériorité sémitique vise les deux. Et pour Benjamin d'Israéli, un arabe est un juif à cheval.
[raclement de gorge] J'ajouterai à cela que l'antisémitisme et l'islamophobie comportent tous deux un élément complotiste fondamental sous la forme de crainte de domination juive, d'islamisation et de grand remplacement. Aujourd'hui, le 4e enfin est le moment de la dissociation et elle a un nom, le sionisme. Pour le projet sioniste, colonisateurs et colonisés ne peuvent pas appartenir à la même race. La catégorie est de lors rompue. La judéité est en partie reconstru reconstruite par le sionisme, en partie heureusement tandis que les Arabes et les musulmans continuent à représenter le la quintessence de l'Orient irrationnel et mystérieux qui n'attend que l'Europe pour être civilisée.
Même les études juives et les études islamiques se séparent institutionnellement à ce moment-là. Et ce n'est peut-être pas un hasard si l'université hébraïque de Jérusalem est l'une des premières universités à opérer cette cette séparation. Cette séparation n'est dès lors pas une découverte scientifique ou une fatalité mais bien un choix politique un choix politique du sionisme. Voyons maintenant qui l'opère et comment. Donc deuxème temps qui opère cette dissociation. pas seulement les idéologues. Euh le champ des études sur l'antisémitisme lui-même euh est impliqué dans ce que j'appelle ce paradigme de l'antisionisme égal antisémitisme dont on a parlé toute cette journée.
Mais ce que je vais essayer de faire aujourd'hui, c'est vous retracer un petit peu la généalogie de ce paradigme. Et cela m'amène dans le le champ. Et quand je dis champ, je ne parle pas de tous les chercheurs. Après tout, moi aussi, je suis un chercheur qui travaille sur l'antisémitisme. Euh mais il existe des voix discordantes et leur nombre évidemment grandit depuis le début du génocide. Mais quand je parle de change, je parle de sa frange dominante, celle qui est institutionnalisée, celle qui est financée, euh celle qui dispose des chaires, des centres de recherche, de l'accès aux médias, de l'accès au gouvernement, de l'accès à la CNCDH par exemple et cetera et cetera.
Or, cette frange s'est engagée pour le sionisme très tôt. Exemple, Raoul Hilberg qui est l'un des pères fondateurs des études sur la choa euh voyait les adversaires d'Israël comme les ennemis implacables du peuple juif. Même ceux qui à l'intérieur du champ critiquent Israël maintiennent leur engagement sioniste. Soul Friedlander par exemple et Yehouda Bauer. Les deux ont critiqué l'occupation après 1967 mais le premier rejette le droit de retour alors que le deuxième a été président d'honneur de l'IRA. cette organisation dont on a beaucoup parlé aujourd'hui dont la fameuse définition euh assimile la critique d'Israël à l'antisémitisme.
Plus près de nous, d'abord à Lippstad euh pour qui le mouvement BDS est très certainement antisémite euh un peu comme les nazis, fin de citation et passer de l'université au poste d'envoyé spécial des États-Unis pour la lutte contre l'antisémitisme. Je le mentionne pour montrer que le champ n'observe pas la politique, le champ en fait partie. Et j'aimerais que vous notiez qu'un champ créé, donc c'est un paradoxe, un champ qui a été créé pour l'étude d'une forme de violence raciale soutient un état qui la pratique au quotidien. Donc, il s'agit d'une d'une contradiction flagrante. Et ce champ gère et rationalise cette contradiction par deux mécanismes, la singularisation et le transfert.
Le transfert donc de l'antisémitisme sur les Arabes et les musulmans. Je vais en parler euh maintenant, mais d'abord la singularisation. Donc, il faut distinguer spécificité et singularité. Chaque racisme est spécifique et sur ce, je suis d'accord de nouveau et comme toujours avec ma ma camarade Sonia, euh chaque racisme a son histoire, ses technologies, ses victimes, mais aucun n'est singulier, c'est-à-dire soustrait à toute comparaison. Or, c'est ce second statut que l'antisémitisme a acquis à l'intérieur du champ et ce n'est ce n'était pas une fatalité.
rappelons-nous, et ça aussi ça a été évoqué tout à l'heure que Hann Harent inscrivait l'antisémitisme dans une histoire plus globale qui comprenait l'impérialisme. Et Césarer voyit dans le nazisme le choc en retour de la violence coloniale. WB du Boys visité visitant les ruines du ghetto de Varsovie disait y avoir mieux compris la condition noire. Mais singulariser l'antisémitisme, c'est rompre ses solidarités et c'est hiérarchiser les racismes. Et cela euh c'est c'est là mon mon argument, cela sert le sionisme car les solidarités antiracistes sont une menace pour le projet colonial. Deuxième mécanisme, le transfert.
Pour moi, c'est le mécanisme le plus important et j'appelle transfert l'opération qui déplace l'histoire de l'antisémitisme européen sur les Arabes et les musulmans, mais d'abord les Palestiniens. Et cela se fait en quatre étapes. Première étape, réécrire le passé médiéval. J'aimerais d'abord rappeler qu'au 19e siècle, les historiens juifs de la Venhaft des Sudent Tom, c'est-à-dire le courant majoritaire de l'historiographie juive, décrivait l'Espagne musulman comme un âge d'or de la vie juive et de la coexistence. Avec le sionisme, ce récit de coexistence devient encombrant. D'accord ? Et donc pourquoi ?
parce qu'il fait des Arabes, en tout cas les ancêtres des Palestiniens, les protecteurs plutôt que les ennemis du peuple juif. Le discours est donc tout simplement non seulement abandonné mais inversé. Une historiographie nouvelle née que Marco Cohen historien des juifs en terre d'Islam appelle néolarmoyante et qui décrit la condition juive sous l'islam dans des termes calqués identiques sur la persécution européenne. Et donc l'islam devient une matrice d'antisémitisme.
Deuxième étape, il faut importer cette architecture dans le présent car la néolarmoyance est un sujet quelque peu niche confiné au Moyen-Âge et Bernard Louis le comprend mais il comprend aussi le potentiel de ce discours pour servir l'État d'Israël dans le présent. Donc avec son livre Sémite et antisémite, il en importe l'architecture, à savoir l'idée selon laquelle l'islam est une matrice d'antisémitisme dans le monde arabe contemporain qui aurait donc adopté l'antisémitisme nazi à travers la propagande du Reich euh donc à l'époque de la guerre.
Dès lors, la résistance arabe et palestinienne au colonialisme peut se lire comme la continuation de l'antisémitisme européen et allemand en particulier. Le service rendu au colonialisme israélien est évidemment immense. 3è étape, il faut trouver un visage. Ce sera donc le moufti de Jérusalem dont je suis sûr que vous avez entendu parler qui ne l'a pas. Haj Amine Alhusini. La collaboration du personnage avec l'axe est avérée. Mais cette historiographie sioniste, d'ailleurs, vous le voyez ici sur deux couverture plutôt qu'une, euh la fameuse photo du Moufti en présence du fureur.
ce que l'histor donc tout cela est documenté mais ce que l'historiographie sioniste en fait c'est l'emblème d'une complicité palestinienne avec la choix et l'utilité politique du personnage est telle qu'il occupe une place complètement disproportionnée dans cette historiographie et je vous en donne un exemple dans l'encyclopédie de la choa qui est publié par Yad Vachem l'article sur le moufti de Jérusalem est plus long que l'article sur Eichman, sur Heidrich, sur Gbels, Rosenberg, Himler qui qu'est-ce qui reste ? Ging, la totalité des dignitaires nazis à l'exception de Hitler. Seul Hitler a un article plus long.
Et en 2015, Benjamin Netanyahu exonère même Hitler et suggère que le moufti était le véritable architecte de la choa. J'ai la vidéo mais malheureusement je n'arrive pas à la Est-ce que j'arrive à la Oui. Non. Bon, je ne pourrais pas vous la faire jouer mais elle est très facile à trouver sur YouTube. Euh [gémissement] donc c'est un petit peu le pacte de blanchiment dont tu parlais tout à l'heure Sonia. 4e étape enfin car le le potentiel du discours ne s'arrête pas là. Rapatrier ce transfert en Europe. Et c'est donc la thèse de la nouvelle judéophobie que vous connaissez bien en France. Euh, elle a été esquissée ici par Léon Poliakov des 1969 et systématisé par Père André Tagev en 2002.
Euh mais elle a évidemment ses manifestations euh un peu partout dans le monde occidental au Royaume-Uni comme aux États-Unis et cetera. Et donc elle pose que l'antisionisme est la forme contemporaine de l'antisémitisme et que ces porteurs sont désormais la gauche et les musulmans. En 2017, lors de la commémoration du Veldive, le président de la République la reprenait devant Benjamin Netanyahu. L'antisémitisme serait, je cite, la forme réinventée de l'anti euh pardon, excusez-moi, l'antisionisme. Je finis toujours par bafouiller à un moment sur l'antisionnisme a dit votre président et la forme réinventé de l'antisémitisme. D'accord ?
Donc l'antisémitisme n'est plus à chercher à l'extrême droite mais chez les Palestiniens, les Arabes, les musulmans et ceux qui les défendent. L'antisémitisme n'est pas produite par des structures socio-étatiques euh de domination, ni des structures de pouvoir, mais dans la rue, les cités, les magazines, les journaux, les livres, les réseaux sociaux. Que produit ce transfert ? Bah évidemment, il légitime la colonisation de la Palestine. Euh mais le transfert fait également de l'antisémitisme un trait culturel, héréditaire et immuable des Arabes et des musulmans. Et assigner à un groupe une disposition héréditaire et immuable, c'est c'est c'est le racisme. C'est un très racial.
Euh c'est ainsi qu'il faut l'analyser euh je pense. Euh et le sionisme nie l'islamophobie parce qu'il la produit et la mobilise. Le déni est donc une sorte de de feuille de vigne euh et donc la prétention de l'innocence. Le 7 octobre, on est l'illustration. Vous avez tous connu les récits des 40 bébés décapités, du bébé brûlé dans un four, de la femme enceinte et ventrée, des sévises sexuels ahurissants de cruauté. C'est ces ces réussit ont été démentis par les les Israéliens eux-mêmes, mais ils continuent pourtant de circuler. Pourquoi ? Et bien parce qu'il confirme ce que le répertoire islamophobe dit déjà des Palestiniens et des Arabes et des musulmans.
Ils sont barbare, extraordinairement cruel, sexuellement déviant et pathologiquement antisémite. Et on n pas besoin de de preuves pour croire ce que l'on croit déjà, ce que la structure de pouvoir soutient. Euh et ce répertoire sert à rendre un génocide acceptable. Ensuite, il change la nature même de l'antisémitisme. Donc, revenons à ma définition du racisme comme régime de pouvoir. Quand il s'agit de la Russie ou de l'Allemagne nazie, le champ analyse bien l'antisémitisme ainsi, comme un régime de pouvoir, un état, des lois, despogromes, des camps. Mais dès qu'il s'agit du présent, l'antisémitisme cesse d'être un régime de pouvoir. Il devient une haine.
Vous vous souvenez peut-être que j'ai dit que le vocabulaire de la haine est extrêmement problématique. C'est une haine, c'est une passion qui peut se loger dans n'importe quel esprit et c'est là où il faut aller le traquer n'importe où et même chez les victimes du sionisme ou leur défenseur dans la jeunesse, oubliez des banlieux et partout ailleurs dans le monde. C'est cette évacuation du pouvoir qui rend possible l'inversion. Les colonisés, je me suis trompé de voilà l'inversion.
Les colonisés deviennent les principaux antisémites de notre temps et l'État qui les colonise, doté de l'arme nucléaire et soutenue inconditionnellement par toutes les puissances occidentales et hégémoniques, devient une victime d'antisémitisme. Alors, je vous invite à ne pas lire tout le enfin je pense que la la seule chose que je je voudrais que vous reteniez, c'est la flèche du pouvoir et son inversion. Voilà. Et pourquoi cette inversion tient-elle ? Parce que le champ pense les juifs comme des victimes éternelles et non contingentes. Une victime éternelle n'a pas besoin d'être située dans un régime de pouvoir. Le persécuteur change, la persécution demeure.
Et j'aimerais préciser que dire que la victimisation est contingente, ce n'est pas la minimiser, mais c'est la rendre c'est la rendre intelligible et donc combattable. [grognement] Donc précisons, je sais plus où j'en sais. Bref, précisons, résumons plutôt un champ dominant engagé pour le sionisme à singulariser l'antisémitisme, la transférer sur les Palestiniens, les Arabes et les musulmans et à évacuer le pouvoir de toute analyse. Quelle implication pour la lutte ? J'en vois trois et je vais conclure, ça va prendre 2 minutes. Euh donc pour libérer la lutte, première implication, il faut nous défaire des définitions du champ.
Évidemment, si le racisme est un régime de pouvoir, où opère aujourd'hui l'antisémitisme en France ou ailleurs ? Mon point de vue est assez simple, nous ne le savons pas. Donc je n'ai pas la même confiance que ma collègue du CNCDH ce matin. Nous pensons que l'antisémitisme existe mais les instruments produits par le champ et ces manifestations institutionnelles comme l'IRA, comme Antideformamation League et cetera et cetera repose sur des définitions qui sont identiques à celles de l'Iran et qui comptent la critique d'Israël comme de l'antisémitisme.
Donc nous ne savons pas si l'antisémitisme progresse ou décline car ceux qui sont censés étudier l'antisémitisme ont rendu l'observation de l'antisémitisme impossible à travers ces définitions là. Deuxième implication, il faut émanciper la lutte du sionisme qui on a fait un instrument d'oppression pour couvrir un génocide mais aussi pour disqualifier tout ce qui conteste l'ordre établi. En février 2019, après la l'agression verbale d'un quelcrotte en marge d'une manifestation, c'est tout le mouvement des gilets jaunes qui se retrouvait suspect. Et quelques jours plus tard, votre président de la République annoncé l'adoption de la définition de l'IRA. On a parlé de Corbine tout à l'heure.
Valentina Pisanti en a parlé et donc a souligner le rôle que l'anti-antisémitisme joue au service de de l'autoritarisme. Et troisème implication, et c'est là le plus grave, en logeant l'antisémitisme chez les musulmans, les antisionistes et la gauche, la thèse de la nouvelle judéophobie occulte l'alliance bien réelle entre Israël et les antisémites. D'accord ? Donc, on me pose souvent la question, est-ce que l'antisionisme peut-être antisémite ? Je pense que théoriquement oui. Je ne pense pas que le mouvement pour la libération de la Palestine puisse être antisioniste. Les groupes qui rejettent l'existence d'Israël par antisémitisme, il y en a plusieurs.
Il y a les les groipers aux États-Unis, il y a la l'extrême droite catholique en Belgique. C'est des exemples qui me viennent à l'esprit. Euh ces gens-là, vous n'allez pas les rencontrer dans le mouvement pour la libération de la Palestine. Ce sont des mouvements racistes. D'accord ? Euh mais Richard Spencer, il est où ? Richard Spencer, figure de la Althr ou extrême droite américaine, est un ami d'Israël. Il se décrit comme un sioniste blanc devant ses soutiens photographiés ici en Salut nazi. Et les exemples sont multiples. Victor Orban qui recycle les théories du complot antisémite contre George Soros était l'un des plus proches alliés de Nethaniaou.
Et en novembre 2023 à Paris, le Rassemblement national fondé par un homme condamné pour avoir qualifié les chambres à gaz de détails de l'histoire comme vous le savez, défilé contre l'antisémitisme. L'antisionisme serait antisémite. Le soutien à Israël lui blanchit les antisémites. Donc voilà le le bilan. Euh c'est un triste bilan, je je m'excuse de vous l'avoir présenté, mais une lutte qui criminalise la solidarité avec la Palestine, qui blanchit l'extrême l'extrême droite, y compris les antisémites dans ses rangs et qui au bout du compte protège bien mal les juifs et pas du tout les juifs antisionistes qui sont désignés comme de mauvais juifs. Cela a besoin de changer.
Et pour finir, je dirais tout simplement qu'il faut réinscrire la lutte contre l'antisémitisme dans l'antiracisme évidemment. Et c'est ici qu'un mouvement antisioniste a quelque chose de propre à offrir. Et un tel mouvement est serait en position de mener une lutte contre l'antisémitisme qui ne soit pas un instrument du pouvoir et un instrument du colonialisme. une lutte qui protège tous les juifs, non seulement ceux qui soutiennent Israël, qui combat l'antisémitisme et l'islamophobie ensemble puisque puisqu'ils ont une histoire commune et qui pensent l'antisémitisme comme un racisme parmi d'autres analysable et combattable avec les mêmes outils.
La lutte contre l'antisémitisme ne sera au cœur des luttes antiracistes qu'à une condition qu'elle soit libérée du sionisme et décolonisé. Merci beaucoup.
[applaudissements]