Trump-Harris : des violences à craindre à l’issue du vote ? - C à vous : l’intégral - 05/11/2024
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
... - A.-E.Lemoine: Bonsoir.
Bonsoir à tous les 4. Votre choix, Emilie? - E.Tran Nguyen: Un mardi noir pour l'emploi en France. 2 géants, Auchan et Michelin, vont supprimer des emplois. - A.-E.Lemoine: Nous allons recevoir une journaliste spécialiste des questions éco, F.Guinochet. - M.Bouhafsi: Une première en Europe.
Un collectif porte plainte contre TikTok. Ils leur reprochent d'avoir poussé au suicide 2 personnes, notamment. - P.Cohen: Le poids de la désinformation dans la campagne présidentielle américaine.
Il y a 2 heures, une alerte du FBI alors que le vote est en train de se dérouler. - A.-E.Lemoine: Le vote se déroule depuis midi, heure française, 6h du matin sur la côte Est.
On parle de ce jour d'élections aux Etats-Unis avec nos invités, B.Haddad, et P.Etienne.
P.Etienne, vous revenez des Etats-Unis, où vous avez passé la semaine. Merci d'avoir accepté notre invitation. - L.Sénéchal: On va parler d'un cavalier olympique obligé de vendre son cheval à cause des intempéries et du coût des assurances. - A.-E.Lemoine: Après 20h, l'actrice Demi Moore sera avec nous.
Elle nous a expliqué qu'elle avait voté. Elle s'est acquittée de son devoir électoral. Elle est à l'affiche d'un film français, signé C.Fargeat, un film d'auteur qui dénonce avec violence le sexisme et le jeunisme de Hollywood.
Un formidable film demain en salle. Et on a le plaisir de recevoir S.Rezvani et H.Noguerra, qui réinterprètent quelques-unes des chansons les plus extraordinaires de S.Rezvani, dont "Le Tourbillon de la vie".
Le dîner est préparé ce soir par une cheffe américaine, C.Clarity. - B.Chameroy: Bonsoir.
En ce jour d'élections américaines, on veut voir à quelle sauce le monde va être mangé. On va se régaler avec C.Clarity. - C.Clarity: C'est zéro fake news.
C'est délicieux. - B.Chameroy: On va manger des palourdes et des croûtons.
Ca a l'air délicieux. Bonne émission. - A.-E.Lemoine: Merci.
Depuis ce midi heure française, les Américains votent. Le premier bureau de vote a ouvert à 6h du matin sur la côte Est. - L.Sénéchal: Même avant ça.
Le tout premier ouvre à minuit dans un coin perdu du New Hampshire. ...
Sur les 244 millions d'électeurs appelés aux urnes dans un hameau de quelques habitants. C'est la tradition. Comme un symbole, voici le résultat. - L.Sénéchal: Les 2 candidats sont au coude-à-coude.
Jusqu'à la dernière minute, ils font campagne. Trump est dans le Michigan. - L.Sénéchal: Un discours larvé de mensonge, décousu, incohérent, indiffusable dans son intégralité, même pour la chaîne conservatrice Fox News. - L.Sénéchal: Contre Trump, l'édito du "New York Times" tient en une carte postale. 110 mots et tout est dit.
K.Harris n'a même pas cité son rival en Pennsylvanie. Elle a insisté sur la mobilisation. - L.Sénéchal: Toujours un parterre de stars dans le sillage de la vice-présidente.
Les chanteurs R.Martin ou encore Lady Gaga hier soir. Acclamations. - L.Sénéchal: La Pennsylvanie est l'Etat-clé le plus important. 19 grands électeurs sur les 270 pour l'emporter.
Les 2 camps y courtisent chaque citoyen. - L.Sénéchal: Les menaces sur la sécurité du scrutin se multiplient.
Voici la mise en garde façon Scorsese du procureur de Philadelphie. - L.Sénéchal: D.Trump a voté tout à l'heure.
Il reconnaîtra une défaite seulement si l'élection est juste, dit-il. Le ton est donné dans sa dernière vidéo de campagne. - L.Sénéchal: Les montants de la publicité sont délirants. 4 milliards de dollars chez les républicains et 5 milliards côté démocrates.
Eminem pour l'ultime clip de K.Harris. ... - A.-E.Lemoine: Des publicités qui vont continuer à être diffusées toute la journée, ce qui n'est pas possible en France, où les campagnes s'arrêtent... - P.Cohen: Ce n'est pas diffusé du tout en France... - A.-E.Lemoine: J'allais terminer ma phrase.
La campagne officielle s'arrête officiellement...
P.Etienne, vous étiez en poste à Washington il y a 4 ans pour la dernière élection. L'enjeu était déjà quasi existentiel.
Là, il est encore plus existentiel qu'il y a 4 ans? - P.Etienne: Oui.
Il était déjà présenté comme existentiel, notamment par Joe Biden, comme candidat. C'était une bataille pour l'âme de la démocratie américaine. C'était aussi une campagne où D.Trump, avant même le scrutin, avait annoncé qu'il y aurait des fraudes.
Il y a des éléments qu'on retrouve cette fois-ci. Il y a peut-être 2 différences. Il y a 4 ans, les sondages n'étaient pas aussi serrés.
Ils donnaient J.Biden en tête assez nettement. Finalement, l'élection était très serrée.
Ca s'est joué à quelques milliers de voix. Là, les sondages sont pratiquement à égalité. Est-ce que ça veut dire que cette nuit, ils vont être très serrés aussi, les résultats?
Je ne sais pas. On ne peut pas exclure un mouvement dans les urnes. 2e différence...
J'étais aux Etats-Unis ces derniers jours...
Je sentais encore plus d'anxiété. Peut-être parce qu'il y a eu le 6 janvier 2021. - A.-E.Lemoine: L'assaut du Capitole. - P.Etienne: Toute cette protection des bureaux de vote...
Les gens sont au bout d'une campagne qui a été très dure, très radicale. Ca se sent. - A.-E.Lemoine: Le monde tremble.
C'est le titre qu'a choisi "La Provence" a sa une ce matin. C'est le cas? L'incertitude du résultat pèse non seulement sur le futur de la démocratie américaine mais sur l'ensemble de la planète. - B.Haddad: L'ensemble de la planète, à un moment où on a une guerre, la guerre d'agression de la Russie contre l'Ukraine sur notre continent, à nos portes.
Bien sûr que cette élection aura des conséquences sur nos relations avec l'Europe et sur l'Europe. On peut déjà en tirer une conclusion avant même de connaître le vainqueur. On ne peut pas être suspendus au résultat d'une élection américaine tous les 4 ans pour notre propre sécurité, pour notre souveraineté européenne.
On ne peut pas scruter chaque district du Michigan et du Wisconsin pour savoir si l'Ukraine demain sera en capacité de se défendre contre la Russie. La conclusion qu'on doit en tirer, c'est d'investir dans notre propre sécurité, dans notre défense, notre industrie. Le rapport Draghi, qui a été publié il y a quelques semaines, montrait le décrochage industriel des Européens quand on regarde les innovations de l'avenir, l'IA, l'industrie de défense...
A ce moment si critique pour notre sécurité, il faut qu'on soit capables collectivement de se donner les moyens d'exister et de peser sur la scène internationale. C'est la seule façon de ne plus être dépendants de ce qui se passe aux Etats-Unis tous les 4 ans, et c'est même la façon de reconstruire sur de nouvelles bases cette relation avec les Etats-Unis. Quel que soit le candidat élu, il y a des tendances de fond.
Le protectionnisme, qu'on a vu avec l'administration Biden...
La priorité est donnée à l'Asie, avec la rivalité avec la Chine. Toutes ces tendances font qu'on doit être capables de se prendre en charge, de prendre notre destin en main pour rééquilibrer cette relation transatlantique qui est de toute façon en train d'évoluer, que ce soit les républicains ou les démocrates. - A.-E.Lemoine: Cette campagne a été marquée par l'air du doute et du mensonge généralisé.
C'est l'objet de L'Edito de Patrick. Une campagne minée jusqu'au bout par la désinformation. - P.Cohen: Il y a 2 heures, le FBI lançait une mise en garde contre 2 vidéos truquées circulant sur les réseaux.
La première mentionne une menace terroriste élevée et exhorte les Américains à voter par correspondance. Alors qu'il est trop tard. La 2e rapporte un faux communiqué de presse sur des fraudes électorales découvertes en prison.
Des vidéos effacées mais qui ont sûrement convaincu des centaines ou des milliers de citoyens dans l'idée que les institutions sont corrompues. Chaque infox agit comme une goutte d'acide sur les fondements démocratiques du pays. L'idée n'est pas tant de peser en faveur d'un candidat que de saper la confiance à l'égard des institutions pour créer le doute et le chaos.
Une mission largement accomplie avec, depuis des mois, le renfort d'E.Musk. "Le Monde" écrivait hier qu'en matière de désinformation, le patron du réseau X surpasse désormais les services russes en finançant massivement des publicités douteuses et en utilisant son compte à plus de 200 millions d'abonnés pour relayer tous les bobards trumpistes.
Voici un message de février qui affirme que le Parti démocrate importe des immigrés illégaux pour en faire de faux électeurs. Accusations délirantes naturellement relayées par D.Trump parmi d'autres infox. - P.Cohen: On vient de compiler 3 des mensonges les plus répandus ces derniers mois sur les réseaux sociaux.
Les mesures viennent d'être faites par un institut spécialisé dans l'écoute des réseaux sociaux. L'infox des migrants qui votent a circulé dans 2,5 millions de messages ces 100 derniers jours sur X. Ils ont généré plus de 3 milliards de vues.
Les migrants qui mangent des animaux domestiques, 3,5 milliards. K.Harris, 1,2 milliards.
L'institut a calculé que chaque électeur républicain a vu en moyenne 60 fois que des urnes ont été bourrées. 8 électeurs républicains adhèrent à ces désinformations. Le tweet invraisemblable d'E.Musk convainc désormais, fait consensus quasiment dans l'électorat républicain.
En sens inverse, plus d'un tiers des démocrates pensent que les tentatives d'assassinat de D.Trump étaient des mises en scène. Nous sommes entrés dans l'ère du doute généralisé. - A.-E.Lemoine: Tout cela nourrit les plus grandes craintes sur ce qui va se passer à partir de demain. - P.Cohen: Sur la faculté d'une partie de l'Amérique à admettre la victoire du camp d'en face, même si un certain nombre d'Etats ont tiré les leçons de 2020 avec des mesures de sécurité renforcées et un effort de transparence.
En Arizona, où D.Trump avait perdu avec moins de 10 500 voix d'écart face à J.Biden, et où des manifestants armés avaient protesté pendant plusieurs nuits devant le centre électoral du comté, dans cet Etat devenu un bastion du complotisme électoral, des caméras de surveillance ont été installées, braquées en permanence sur le centre de dépouillement.
Les images sont retransmises sur Internet pour montrer qu'il ne se passe rien, que personne...
Le shérif a mobilisé 200 de ses agents prêts à intervenir en cas de débordement en Arizona. C'est dans un des swing states à surveiller. Ce n'est pas celui qui va fournir le plus de grands électeurs mais il sera à surveiller. - A.-E.Lemoine: 2 Américains sur 3 craignent une éruption de violence après le scrutin.
C'est aussi ce qu'ont dit les Américains que vous avez rencontrés dernièrement? - P.Etienne: Oui.
Cette anxiété existe. Elle se nourrit dans ce qui s'est passé il y a 4 ans. Elle se nourrit des incidents plus récents comme les 2 tentatives d'assassinat contre D.Trump, ou plus anciennement l'attaque contre le mari de N.Pelosi à San Francisco.
Une grande violence...
Elle se nourrit des appels de groupe, comme les fameux Proud Boys qui soutiennent D.Trump, à engager des actions de surveillance collectives de ce qui se passe dans les bureaux de vote. D'où, premièrement, la protection de ceux qui sont les acteurs de la démocratie...
Chez nous aussi, d'ailleurs. Ceux qui tiennent les bureaux de vote qui dépouillent et qui doivent être protégés...
Mais aussi des efforts qui ont été faits à la fois au niveau des Etats, notamment des fameux swing states, et au niveau fédéral, pour tirer la leçon des élections d'il y a 4 ans. Et donc pour rationaliser le processus, y compris de dépouillement, et celui de certification. C'est très important.
Aujourd'hui, à la suite d'une loi fédérale votée après le 6 janvier 2021, il y a un processus de certification qui prévoit qu'au plus tard le 11 décembre, les gouverneurs doivent envoyer la liste des grands électeurs élus dans leur Etat au niveau fédéral, et que ces grands électeurs doivent voter dans leur capital respective le 17 décembre. Le 6 janvier 2025, le Congrès constatera qui a été élu et la loi qui a été votée fait en sorte que le rôle du vice-président, qui sera cette fois la vice-présidente K.Harris, soit totalement automatique, comme celui de M.Pence il y a 4 ans. - P.Cohen: Mais en attendant décembre, on se souvient qu'en Pennsylvanie, Etat important avec 19 grands électeurs, on avait passé 3 jours à dépouiller les enveloppes, les résultats des votes par correspondance.
Ils ne seront ouverts qu'à la fin du scrutin physique aujourd'hui. Il n'y a aucune raison que ce soit plus court cette fois. - A.-E.Lemoine: Ou plus serein.
On peut craindre une guérilla judiciaire. D.Trump dit qu'il reconnaîtra sa défaite si elle est juste.
On peut mettre tout et n'importe quoi là-dedans. - B.Haddad: Il y a des spécificités au vote, mais on doit regarder avec beaucoup de vigilance ce qui se passe.
Aucune de nos démocraties européennes n'est à l'abri. Vous avez parlé des ingérences, des attaques hybrides de pays comme la Russie. On s'est donné les moyens de se défendre ces dernières années contre ça.
Mais on a vu ce qui s'est passé en Moldavie ou en Géorgie récemment. Mais au-delà de ça, il y a le phénomène de polarisation extrême que créent les réseaux sociaux, avec la propagation de fake news, de désinformation...
Et un phénomène où, de plus en plus, les gens vont être enfermés dans des bulles cognitives où on ne se parle plus. Je l'ai vu quand j'ai vécu aux Etats-Unis. Ca crée non seulement un combat politique, où on s'affronte avec des idées et des programmes, mais une situation où on remet en cause la légitimité de la victoire de l'autre.
Ce clivage exacerbé par les réseaux sociaux et par la façon dont les débats sont structurés, ça doit nous interpeller. En Europe, on a beaucoup posé ces dernières années la question de la responsabilité des plateformes, avec le Digital Services Act, pour lutter contre la haine en ligne, la désinformation, les fake news sur les réseaux sociaux... - A.-E.Lemoine: En France, le temps de parole d'E.Musk serait décompté. - B.Haddad: Vous avez parlé tout à l'heure des montants.
Non seulement, on a des temps de parole et les dépenses électorales sont plafonnées...
Il y a des règles sur le fait de ne pas s'exprimer les 2 jours avant l'élection en France. - A.-E.Lemoine: Je souligne l'effort de Patrick de ne jamais utiliser le mot fake news pour désigner le mensonge, le bobard, la désinformation.
C'est un terme trumpiste. - P.Cohen: Oui.
Il est identifié à D.Trump, qui traite de cette façon les journalistes, la presse...
Encore hier soir, dans les meetings qu'il a tenus, il avait à chaque fois des mots méprisants, voire menaçants contre la presse. C'est un mot qu'il a complètement capté. Il y a infox, désinformation, bobard... - A.-E.Lemoine: Cette ère du mensonge généralisé est un poison. - B.Haddad: Oui...
L'objectif, et c'est ce qu'on a vu à travers les opérations de désinformation russes ces dernières années, c'est de mettre en doute la possibilité même d'une vérité. On n'essaie même plus de proposer un scénario alternatif. C'est l'érosion de la possibilité d'avoir une vérité objective.
Quand on n'est plus capable dans une démocratie de se mettre d'accord sur un constat ou une vérité dont on peut débattre des solutions à mettre en oeuvre...
On arrive dans une pente glissante dangereuse. - P.Cohen: Ces derniers jours, quand D.Trump faisait allusion à la guerre en Ukraine, il se servait de ce conflit pour attaquer son adversaire démocrate. - P.Cohen: Sur l'Ukraine, il a dit 2 choses.
La 1re, c'est qu'il réglerait le conflit...
Son slogan, c'est "Trump will fix it". - A.-E.Lemoine: Tous les problèmes. - P.Etienne: Les problèmes intérieurs aussi. - P.Cohen: Les produits ménagers ont fait leur publicité là-dessus.
Il va régler ça en 24 heures...
Et la 2e chose, c'est qu'il agirait avant même son investiture prévue le 6 janvier, s'il est élu, ce qui est a priori inconstitutionnel, pendant la transition. Que penser de ces 2 vantardises? - B.Haddad: Quelque chose de très simple...
La guerre en Ukraine, ça concerne en premier lieu notre sécurité. Ce serait une erreur d'abandonner les Ukrainiens, pour les Etats-Unis. Ca créerait un précédent, si on imposait une forme de capitulation.
Ca ferait une instabilité sur d'autres théâtres, quand on pense à l'Asie...
Mais au-delà de ça, si on veut peser, en tant qu'Européens, il faut qu'on se donne les moyens de continuer à aider l'Ukraine quoi qu'il arrive, de façon militaire et économique. Je voudrais rappeler sur ce sujet que, quand on regarde l'aide économique, militaire de l'Europe à l'Ukraine, elle est supérieure à celle des Etats-Unis. Il faut qu'on se donne les moyens et qu'on fasse en sorte que ce conflit ne trouve pas de solution sans les Européens et sans les Ukrainiens.
Les Anglo-saxons ont une expression: "Si vous n'êtes pas autour de la table, vous êtes sur le menu." C'est la sécurité des Européens qui se joue. Donnons les moyens de donner aux Ukrainiens les moyens de se battre.
La seule façon de mettre fin à cette guerre, c'est de rétablir le rapport de force le plus favorable possible sur le terrain, sur le plan militaire, pour les Ukrainiens, pour qu'ils puissent engager une négociation comme le président Zelensky le demande. - A.-E.Lemoine: Vous ne vous faites pas d'illusions, P.Etienne.
Même si K.Harris gagne, l'aide militaire américaine à l'Ukraine va être réduite? - P.Etienne: Oui.
Il y aura de toute façon, même avec une nouvelle administration démocrate, un effet d'usure. Les Américains votent pour leur président et leur vice-président, mais aussi pour leur Congrès. Le Sénat, qui est renouvelé à 1/3, c'est une quasi-certitude, il va passer côté républicain.
Le Sénat joue un rôle important pour la confirmation des ministres et pour la politique étrangère. - A.-E.Lemoine: Surtout, les Américains pensent que l'argent dépensé en Ukraine est plus utile aux Etats-Unis. - P.Etienne: Même chez les démocrates.
Je me souviens de discussions que j'avais quand j'étais ambassadeur à Washington. Il y a quand même le sentiment que vous venez d'exprimer. Simplement, avec K.Harris, il y aura la poursuite du soutien américain à l'Ukraine, tandis qu'avec D.Trump...
Il a parlé dans un meeting récent...
Il a dit qu'il aurait de bonnes relations, des relations directes avec V.Poutine, et avec le président chinois aussi. Il se fait fort de régler la question, comme celle du Proche-Orient.
Comme il l'a dit, s'il avait été président à ce moment-là... - E.Tran Nguyen: Vous avez raison de le rappeler.
Les Américains ne votent pas que pour le président ou la présidente. des représentants, l'équivalent de nos députés, et 1/3 des sénateurs. A travers le pays, ces élections mobilisent aussi, avec des publicités qui vont très loin, comme celle d'un candidat indépendant au Nebraska. - E.Tran Nguyen: Contrairement à ce que ce candidat indépendant voudrait faire croire, cette élection du Congrès est très sérieuse car le futur président ou la future présidente devra composer avec le Congrès.
Il pourra ou non appliquer son programme. - P.Etienne: Absolument.
Il y a une possibilité, si D.Trump est élu, qu'il ait les 2 chambres et la Cour suprême. Si K.Harris est élue, comme je le disais, le Sénat risque de passer quand même chez les républicains.
C'est intéressant de montrer ce candidat. C'est un désespoir démocrate de ne pas trop perdre au Sénat. Il est assez fort dans le Nebraska.
Il menace le sortant républicain. C'est une des rares circonscriptions où un siège de sénateur pourrait échapper à un sortant républicain. Ce n'est pas sûr, mais globalement, vous avez raison, ce renouvellement du Congrès va aussi avoir un rôle important, déjà pour confirmer les ministres, les ambassadeurs, les responsables que tout nouveau présidente ou nouvelle présidente doit nommer. - A.-E.Lemoine: Vous avez un homologue américain?
Il n'y a personne d'attaché aux affaires européennes... - B.Haddad: Si.
Mais quand on vit aux Etats-Unis, on voit bien que l'Europe est beaucoup moins centrale dans les informations, dans l'actualité politique, que les Etats-Unis ne le sont ici. Il y a une véritable asymétrie. C'est la page 32 du "Washington Post", l'Europe.
Quand les Américains se réveillent, ils n'ont plus l'Europe au coeur...
C'était peut-être le cas de J.Biden. Il vient d'une génération politique de la guerre froide.
Il a cette vision très transatlanticiste qui est moins centrale aujourd'hui dans la nouvelle génération, aussi bien chez les démocrates que les républicains. - A.-E.Lemoine: C'est America First dans les 2 cas. - P.Etienne: Et la Chine, le Pacifique, le grand défi qu'est notamment la technologie pour le pouvoir avec la Chine. - A.-E.Lemoine: Est-ce que vous vous risquez à un pronostic? - P.Etienne: J'en ai déjà fait un petit sur le Sénat.
Mais ce n'est pas celui que vous voulez entendre, apparemment! - A.-E.Lemoine: Personne ne se risquerait à un pronostic, à part des poulpes ou des hippopotames...
Mais pas des observateurs et des acteurs sérieux de la politique d'aujourd'hui. Merci, P.Etienne, ancien ambassadeur de France aux Etats-Unis, et B.Haddad, ministre délégué chargé de l'Europe.
La story de M.Bouhafsi. - Ils ont touché à ma fille, qui était vraiment quelqu'un de bien, de bienveillant, de beau, de gai.
Je voudrais que la justice cesse de laisser les gens dans l'impunité. - M.Bouhafsi: C'est l'histoire d'un combat mené par 7 familles françaises contre l'un des réseaux sociaux les plus populaires au monde, TikTok.
Ces familles accusent l'entreprise chinoise de proposer à des enfants des vidéos faisant la promotion de la dépression, suicide ou des troubles alimentaires. 2 jeunes filles ont mis fin à leurs jours, comme Marie. Sa mère s'est confiée à nous. - Voilà la chambre de Marie, que je n'ai absolument pas touchée.
Non seulement elle avait le harcèlement, mais elle avait en plus du cyberharcèlement. TikTok était son échappatoire. C'était monstrueux.
L'algorithme lui a envoyé des contenus sur l'automutilation, sur la scarification, sur les moyens de se donner la mort. TikTok a fait en sorte que ma fille aille de plus en plus mal. Par ces contenus, ça l'a amenée à penser que la meilleure solution était de se libérer en se donnant la mort. - M.Bouhafsi: Les parents de Marie ont déposé plainte au pénal.
La fille d'une autre maman s'est auto-mutilée. Depuis plusieurs mois, c'était les mêmes contenus dangereux et violents qui s'affichaient sur le téléphone de leur adolescente. - Elle a été abreuvée de contenus délétères qui poussent à l'automutilation, à mettre fin à ses jours.
Elle m'a raconté qu'il y a des gens qui donnent des moyens de parvenir à se faire du mal, qu'il y a comme des concours, du genre "tu te scarifies, mais si tu ne te fais pas recoudre, ça ne compte pas","tu fais une tentative, mais si tu ne vas pas à l'hôpital, ça ne compte pas". C'est une espèce de course à aller mal pour faire partie de cette communauté. - M.Bouhafsi: 4 de ces 7 adolescentes ont tenté de se suicider.
Une autre a connu des problèmes d'anorexie. Des jeunes filles parfois en souffrance à cause du harcèlement scolaire qui tentaient de se réfugier sur TikTok. Elles ont fait face à la spirale de l'algorithme, leur diffusant de plus en plus de contenus sur la dépression et les scarifications.
Ces algorithmes ont plus d'influence sur les jeunes que sur les adultes. - La bulle algorithmique, c'est le fait que des algorithmes viennent alimenter ce qu'on aime déjà. Quand on est adulte, quand on est exposé à répétition au même type d'images, on répond moins fortement émotionnellement dans ce contexte.
Ce n'est pas le cas dans un cerveau d'adolescent. On a d'autres mécanismes à disposition dans le cerveau. C'est la réévaluation cognitive de la situation.
C'est la distanciation. Ce n'est pas le cas dans un cerveau adolescent, en plein développement et qui, de ce point de vue, est un peu plus vulnérable. - M.Bouhafsi: C'est la 1re fois qu'un collectif attaque TikTok.
Le réseau est utilisé par 21 millions de personnes en France. Il ne respecte pas sa propre charte. Les parents veulent que TikTok soit reconnu responsable des dégradations physiques et mentales de leur fille.
Cela met en lumière la difficile gestion des réseaux sociaux par les parents. Morgane a tenté tant bien que mal d'interdire TikTok à sa fille, sans réussite. - Ils trouveront des moyens d'y aller.
Au départ, je voulais lui enlever. Elle m'a dit que si je lui enlevais, elle allait le réinstaller. Je lui ai mis un contrôle parental de 30 minutes par jour.
Cette limitation amène aussi à une autorégulation du jeune par rapport à ça mais il faut qu'il prenne conscience qu'il n'est pas responsable des contenus qu'il voit. Ce n'est pas parce qu'il a liké un contenu qu'il est responsable du mal que ça lui procure. - M.Bouhafsi: TikTok nous a fait savoir qu'il n'avait jamais reçu de notification de procédure judiciaire.
Quand un utilisateur tape le mot "suicide", un message de prévention apparaît. Il y a beaucoup de contenus qui mettent encore en avant les scarifications. T.Breton a tenté de se battre contre TikTok.
Pourquoi l'Europe n'arrive pas à faire plier TikTok? - B.Haddad: Le travail est en cours.
Il y a la lutte contre la haine en ligne et la désinformation. Les plateformes ont des responsabilités. Il y a l'impact sur la santé mentale des réseaux sociaux, au-delà des algorithmes.
Ca dans des bulles. Il y a un sentiment d'isolement. On a vu la façon dont il y a un anonymat qui renforce aussi les attaques.
Les plateformes ont une responsabilité. Il faut poser la question au niveau européen et national. C'est un des chantiers lancés par G.Attal quand il était ministre de l'Education nationale.
Il voulait sensibiliser là-dessus. Les sanctions doivent aussi se renforcer contre ceux qui harcèlent. Il faut poser la question des plateformes de réseaux sociaux et de leur responsabilité là-dessus. - P.Etienne: Un petit témoignage.
Aux Etats-Unis...
TikTok est chinois mais on a aussi beaucoup parlé d'instagrameurs. Beaucoup de ces médias sont américains. Il ne faut pas croire qu'aux Etats-Unis, l'opinion s'en désintéresse. - A.-E.Lemoine: On se souvient de M.Zuckerberg... - P.Etienne: Il n'y a pas ce consensus, notamment...
On l'a vu avec E.Musk. La gestion des réseaux sociaux est politisée aux Etats-Unis entre républicains et démocrates mais il y a cette conscience.
Dans l'idéal, ce qu'il faudrait, c'est un effort international, notamment transatlantique entre les Européens et les Américains. Chacun veut protéger ses enfants. Il faut aller au-delà de la régulation, sans doute.
Il faut des mécanismes qui permettent d'alerter. On l'a fait pour les contenus terroristes. J'étais à Paris quand on a lancé l'appel de Christchurch.
Il faut se mettre tous ensemble pour que ces contenus soient supprimés et ne soient jamais postés, d'ailleurs. - B.Haddad: On l'a fait pour la pédopornographie, aussi.
Ce qui est intéressant, c'est que ces débats ont été lancés en Europe. On a été pionniers sur le sujet, mais cela a franchi l'Atlantique. A certains égards, sur les questions de régulation, les Américains sont parfois plus ambitieux, que ce soit sur la responsabilité des plateformes que sur leur taille et leur comportement monopolistique.
Il y a l'opportunité de travailler de façon transatlantique. - A.-E.Lemoine: 2 annonces coup sur coup avec Auchan qui prévoit la suppression de 2389 postes d'ici à 2025 et le fleuron de l'industrie pneumatique, Michelin, qui fermera 2 usines qui emploient 1254 personnes.
C'est 1000 juste à Cholet. - On nous a annoncé en un quart d'heure qu'on va fermer. Vous imaginez?
Il y a une semaine, on avait des groupes de travail pour la compétitivité de l'usine et des ateliers. Je me sens trahi. Je me demande ce que je vais faire demain. - On nous prévient à la dernière minute.
On a que 6 mois pour se retourner, pour retrouver du travail et revoir l'organisation familiale. - Il y a des gens qui vivent tout seul, qui vont se retrouver dans la merde financièrement. Quand il y a la maison et le crédit de la bagnole à payer, tu n'as plus rien pour bouffer et puis voilà.
Dans 6 mois, on n'a plus rien. - A.-E.Lemoine: Bonjour, F.Guinochet.
On vous écoute tous les matins sur franceinfo dans le décryptage économique. On va revenir aux cas particuliers d'Auchan et Michelin. Qu'est-ce que ça dit de l'économie française que 2 secteurs très différents, en une seule journée, secteurs différents et emblématiques, soient touchés par des plans? - F.Guinochet: Ce n'est pas rassurant.
Ca veut dire que l'économie française souffre. On le voit dans un autre indicateur. Le climat des affaires chez les patrons n'a jamais été aussi mauvais depuis une dizaine d'années, voire plus.
C'est un indicateur de l'Insee. C'est un choc. Ces annonces font les faits dans séisme parce que ce sont 2 entreprises emblématiques, des fleurons.
Auchan, c'est la grande distribution. Tout le monde connaît. Michelin est une entreprise qui symbolise... - A.-E.Lemoine: Leader mondial du secteur! - F.Guinochet: Tout le monde connaît le Bibendum Michelin mais il y a aussi l'innovation.
Son patron a expliqué il y a quelques mois qu'il était très attentif à la situation sociale. Il avait mis en place un salaire décent partout dans le monde pour qu'une famille avec 2 enfants puisse vivre décemment partout, que ce soit à Clermont-Ferrand... 6 mois après, vous apprenez que l'entreprise ferme 2 sites.
C'est toujours douloureux. - A.-E.Lemoine: C'est parce que le secteur automobile européen va mal dans son ensemble que Michelin va mal? - F.Guinochet: Le secteur automobile va mal, notamment du fait de la concurrence chinoise effrénée.
L'Europe essaye de s'en protéger mais malheureusement, c'est un tsunami. La concurrence est féroce, notamment sur l'électrique. Michelin fait partie de ce secteur et accuse ce coup.
On voit bien qu'on arrive après 2 ou 3 années d'inflation. Michelin, pour faire des pneus, c'est simple, utilise beaucoup d'électricité. L'énergie coûte beaucoup plus cher qu'aux Etats-Unis.
Ces coûts s'ajoutent. - A.-E.Lemoine: Ces 1200 emplois supprimés en France vont être recréés ailleurs par Michelin? - F.Guinochet: Michelin s'engage à recréer des postes, Comme elle l'a fait à La Roche-Sur-Yon.
Cette entreprise innove. Il faut voir...
On l'a bien vu dans vos reportages. Comment expliquer aux employés, au personnel des sites de Cholet...
Ces usines existent depuis des dizaines d'années. Comment expliquer que leur usine va fermer? C'est un traumatisme. - A.-E.Lemoine: A.Chassaigne à l'Assemblée nationale a interpellé M.Barnier en expliquant: "Michelin a versé plus d'un milliard d'euros à ses actionnaires et a touché des dizaines de millions d'euros d'aide publique." L'Etat peut demander des comptes à Michelin ou amortir le choc de ces suppressions d'emplois? - F.Guinochet: L'Etat va amortir le choc par des systèmes de protection sociale.
Il y a l'assurance-chômage, etc. Michelin a surtout reçu du crédit impôt recherche de la part de l'Etat. Ils expliquent que ce crédit impôt recherche leur permet d'innover et de rester compétitif.
Ca va relancer le débat pour savoir s'il faut conditionner les aides publiques. C'est une demande forte de certains syndicats. Les syndicats ont réagi immédiatement.
Michelin a embauché des apprentis. Il y a eu des aides très simples, des primes à l'embauche pour les apprentis. Quand vous embauchez ou quand vous recevez des aides, quand vous êtes soutenu fiscalement, derrière, êtes-vous comptable de ce que vous faites?
Ca va relancer ce débat. Il y a un autre débat sur les dividendes. Michelin a fait un grand plan de rachat d'actions.
C'est dans le viseur d'E.Macron et de nombreux députés. Quand une entreprise rachète des actions, ses propres actions, c'est pour en mettre moins sur le marché et faire augmenter la valeur de l'action.
Ca va donc aux actionnaires. Ca va forcément faire débat. - E.Tran Nguyen: Dans le cas d'Auchan, on savait que le groupe allait mal depuis des années.
Déjà, en 2020 des suppressions de postes en France. Les syndicats n'ont pas caché leur frustration et ont critiqué le modèle de la stratégie de l'enseigne. - On reste sous le choc.
On avait une idée de ce qui se passerait parce qu'on voit les résultats. On n'est pas aveugles. On est sous le choc. - C'est catastrophique.
Ca va laisser beaucoup de salariés dans la difficulté, des familles... - Il y a des mauvaises stratégies mises en place depuis des années.
On a changé de direction nationale maintes et maintes fois depuis plusieurs années, tous les ans ou tous les 18 mois. Aucune stratégie dans la longueur n'est mise en place. - E.Tran Nguyen: C'était un modèle construit sur des hypermarchés, des espaces de vente de 10 000 m2.
Ca séduisait les consommateurs mais c'était avant. Ce n'est plus le même modèle aujourd'hui. Les consommateurs se dirigent vers des commerces de proximité plus petits. - F.Guinochet: Effectivement.
C'est toujours un traumatisme, l'annonce, mais on est moins étonnés, parce qu'il y avait une dégringolade. Dans le monde de la grande distribution, Auchan fait figure de dinosaure. Ce sont des hypermarchés.
L'ADN d'Auchan, c'était l'hypermarché où on allait le samedi dans les années 80-90, où on remplissait le caddie quand on avait reçu la paye. C'est fini. Auchan va limiter les achats non alimentaires.
On achète ses vêtements plus souvent sur les sites en ligne ou sur des sites de recyclage. Le modèle d'Auchan était en perte de vitesse. Quand les syndicats ou les salariés disent qu'ils ont tardé, c'est certainement vrai.
Ils ont mis du temps à peut-être réorganiser ou passer par des supermarchés qui sont plus petits. C'est ce qu'ils vont faire. C'est ce qu'avait fait Carrefour il y a pas longtemps.
Carrefour a aussi fait un plan d'économies. Le secteur de la grande distribution se réorganise sous fond d'inflation. Il y a une déconsommation.
Les gens sélectionnent plus leurs achats qu'auparavant avec l'inflation. Auchan a perdu 1 milliard d'euros depuis le début de l'année. On pouvait se dire que des mesures seraient prises.
Que ce soient des fermetures de magasins ou de sites, c'est toujours violent. C'est d'autant plus violent que c'est une marque emblématique. Et ce sont des emplois de première ligne dont on dit qu'ils ont été importants au moment du covid, des emplois essentiels. - A.-E.Lemoine: Merci d'être venue décrypter ces annonces de suppressions d'emplois en France.
On vous lit dans "La Tribune" et vous êtes sur franceinfo tous les matins. C'est l'heure du 5/5 de L.Sénéchal.
Hymne américain remixé. - L.Sénéchal: C'est pas grave... - A.-E.Lemoine: On va d'abord parler des intempéries avec un cavalier olympique qui doit vendre ses chevaux pour payer des travaux. - L.Sénéchal: A.Ayache habite dans les Alpes-Maritimes, dans la vallée de la Vésubie.
Il doit avancer l'argent pour les travaux d'urgence. Il doit vendre son cheval. - Le remerciement que j'ai envers ma jument, c'est de la vendre pour sauver ma famille.
Je suis désolé. - L.Sénéchal: Sa situation est loin d'être anecdotique ou isolée.
Les intempéries sont de plus en plus violentes. Les assureurs augmentent leurs tarifs. Plus 6 % cette année.
Plus 8 à 10 % l'an prochain. Le maire de Breil-sur-Roya est en colère. Il n'arrive pas à assurer sa commune. - En juin, nous avons appris que notre assurance mettait un terme à tous nos contrats de manière unilatérale.
Aucune assurance ne s'est proposée pour nous rassurer. - Ils vous ont expliqué pourquoi? - Non.
Ils ont dit que les contrats étaient vieillots mais la vérité, c'est que personne ne veut prendre le risque d'assurer une commune comme la nôtre. - L.Sénéchal: Le fonds Barnier permet aux collectivités de racheter des terrains devenus inconstructibles.
C'est porté à 300 millions d'euros. Pour les professionnels, ce n'est pas réaliste. Ils disent qu'il faudrait 450 millions d'euros.
Les questions au gouvernement ont commencé par une minute de silence à l'Assemblée nationale pour l'Espagne. - En cette heure de deuil, la France se tient en solidarité totale avec notre peuple frère de l'Espagne. Je vous invite à observer une minute de silence.
Le silence se fait. - L.Sénéchal: L'Espagne est loin d'en avoir fini avec les intempéries.
Il a plu hier à nouveau en Catalogne, au nord de la province de Valence. Des inondations à nouveau dans cette zone. Les recherches dans la province de Valence se poursuivent. 219 morts, selon le dernier bilan.
Certains niveaux inférieurs de parkings sont toujours immergés. Il peut y avoir des corps sous l'eau. L'eau est partout.
Elle devient un danger sanitaire si bien que le masque est de retour à Valence, comme au temps du covid. ... - L.Sénéchal: Il y a ceux qui profitent du chaos ambiant.
La police a diffusé des images de pilleurs de jantes sur les carcasses des voitures qui jonchent les rues. Le gouvernement promet 10 milliards d'euros pour financer le chômage partiel et les reconstructions d'urgence, mais une semaine après les inondations, les habitants sont fatigués et excédés. ... - L.Sénéchal: Ce sont bien souvent les habitants eux-mêmes, voisins, parents, amis, qui se retroussent les manches et qui distribuent la nourriture, qui nettoient, déplacent les débris...
Ils travaillent parfois en chantant, par exemple l'hymne régional de Valence. ...
Applaudissements. - L.Sénéchal: Il y a quand même de belles images, des images de sauvetage, comme cette dame qui pleure des larmes de joie et de soulagement.
Une de ses proches est à l'arrière du véhicule, extirpée après avoir passé 3 jours coincée dans une voiture. Elle a été sauvée. - A.-E.Lemoine: L'Iran veut éviter l'émergence d'une nouvelle icône de la liberté. - L.Sénéchal: Cette étudiante a été harcelée par la police des moeurs qui a en partie déchiré ses vêtements.
Donc elle les a enlevés en signe de protestation. Elle a déambulé en sous-vêtements pendant quelques minutes. Ensuite, elle est jetée dans une voiture par des hommes en civil.
Ses soutiens disent qu'elle a été battue au cours de l'arrestation. Il y a une version officielle. Elle serait malade psychologiquement.
Cela n'imprime pas partout. Elle est devenue un nouveau symbole, 2 ans après le symbole M.Amini. - M.Satrapi: Comparer cela à la situation de la jeune fille en France qui décide de se voiler pour une raison qui m'échappe complètement parce que je ne sais pas depuis quand le voile est devenu synonyme d'émancipation...
Ca devient ridicule. A force de ne pas vouloir être raciste, vous jouez le jeu des fanatiques. Que vous soyez bête et que vous ne compreniez pas, c'est OK, mais à ce moment-là, mieux vaut se taire. - L.Sénéchal: La France soutient cette femme en particulier? - B.Haddad: Bien sûr.
On est admiratifs devant son courage et de toutes les femmes iraniennes qui se battent pour leur liberté face à un régime qui les oppresse, le régime des mollahs, qui alimente l'instabilité dans la région en soutenant des proxy, des mouvements terroristes. - A.-E.Lemoine: Vous comprenez pourquoi le tweet de S.Rousseau peut choquer? - B.Haddad: Il faut être d'une fermeté absolue face à l'islamisme.
Il faut défendre la laïcité et le droit des femmes. Je suis admiratif du courage de cette femme. - A.-E.Lemoine: Merci, B.Haddad.
Merci, monsieur l'ambassadeur, P.Etienne. Vous étiez aux Etats-Unis jusqu'en février 2023.
Merci, F.Guinochet. On vous retrouve à 7h50? - F.Guinochet: Exactement. - A.-E.Lemoine: Dans un instant, Demi Moore est notre invitée.
Elle est à l'affiche de "The Substance", qui sera au cinéma demain. On est très heureux aussi de recevoir S.Rezvani et H.Noguerra.
Un coffret exceptionnel sort. Il y aura les actualités de Bertrand, notamment. A tout de suite.
Benjamin Haddad