Jean-Luc Mélenchon : "Il faut destituer" Emmanuel Macron
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France Inter, Nicolas Demorand, Benjamin Duhamel, la grande matinale. Et avec Benjamin Duhamel, nous recevons aujourd'hui le fondateur de la France Insoumise. Question réaction au 01 45 24 7000 et sur l'application Radio France. Jean-Luc Mélenchon, bonjour. Bonjour. Et bienvenue au micro d'Inter au lendemain de la prise de parole de François Bayrou, qui a donc décidé de demander un vote de confiance le 8 septembre. On va y venir dans un instant. Mais d'abord, comment avez-vous reçu, Jean-Luc Mélenchon, les propos de François Bayrou, qui a dressé un tableau sombre, dramatique, de l'état des finances publiques ? La France est face au précipice de la dette.
Elle est à ça de la crise du surendettement. A la fois sur le ton et sur le fond, donc, quelle analyse faites-vous de ces propos du Premier ministre ?
Il est dans son rôle. Il veut dramatiser la situation pour, en quelque sorte, gouverner par la peur, ce qui est un grand classique de ce genre de situation. Mais il faut lui reconnaître deux choses. La première, c'est que sa réponse me paraît digne. Je veux dire, enfin, on revient à des mœurs républicaines. Il y a un doute sur la solidarité politique dont il peut disposer, se dit-il, et il demande son avis à l'Assemblée. Je vous signale que ce sera la première fois depuis cinq ans, et depuis quatre gouvernements.
Donc, la France était entrée dans une zone de grande fluidité, où le Président de la République décide que les élections ne concernent pas le résultat, et tous les premiers ministres arrivent et personne ne demande la confiance. Donc, il va nous permettre d'exprimer que, non, nous n'avons pas confiance, mais dans une forme pacifique et démocratique.
Vous dites qu'il a du panache en décidant comme ça de poser une question de confiance ?
Monsieur Duhamel, je ne suis pas capable de vous qualifier psychologiquement. Je ne m'occupe que de politique. Donc, nous voilà revenus à quelque chose que tout le monde peut maîtriser, en vote, en analysant ses conséquences. Maintenant, là où son pronostic aurait dû être un peu plus étendu que de se contenter de me taper dessus, c'était qu'en effet, dans la situation actuelle, il y a quelque chose à la fois de 1788, c'est-à-dire une dette impérieuse et des privilégiés qui ne veulent pas payer, mais il y a surtout quelque chose qui est encore plus fort et plus contemporain. C'est quelque chose de 1957. Pourquoi ?
Parce qu'à la crise politique, à la crise économique, à la crise sociale, à la crise écologique, s'ajoute la crise nationale. Je voudrais vous rappeler qu'à l'instant auquel nous nous rencontrons, la Calédonie-Canaki dispute son indépendance, la Corse dispute son autonomie, et en Martinique, nous avons un grand mouvement le 1er septembre contre la profitation. Donc, vous dites 57, 1788 et 1957, c'est quoi ? On est en crise de régime ? Bien sûr. Je crois que tout le monde le voit.
Il y a une crise de régime quand un président de la République perd les élections législatives en 2022 au premier tour, les repère en 2024 et fait comme si ça n'existait pas, gouverne à coups de 49-3, ce qui dans l'univers...
Pardonnez-moi, Jean-Luc Mélenchon, vous pouvez les contester, ce sont les règles de la Ve République, il y a un gouvernement qui n'a pas de majorité, qui a fait passer des textes, là il va vraisemblablement tomber, et un autre sera nommé. Les institutions ne sont pas en danger, si ?
Il reste une dimension, M. Duhamel, qui vous échappe. C'est que les institutions sont en rapport avec l'évolution de la vie du pays. Vous pouvez être l'unique personne dans ce pays qui pense que la Ve République n'est pas arrivée dans une impasse, mais vous ne tiendrez pas longtemps la position. Ce qui est à l'ordre du jour, c'est évidemment le passage à une VIème République, corrigeant, comme la Ve République avait voulu corriger les excès de la IVème, qui rendait impossible la prise de décision politique, eh bien la Ve République a atteint sa limite, parce qu'elle confie un pouvoir excessif à une personne qui peut gouverner pendant si longtemps sans aucune majorité.
Je préfère qu'on regarde en face la nécessité de passer à autre chose, parce que la France n'a jamais été capable de passer d'un blocage à autre chose, autrement que par une aggravation du blocage. Donc pour une fois, on pourrait être pacifique et démocratique.
Et on va détailler tout cela, les conséquences de ce qui pourrait advenir si effectivement François Bayrou tombe le 8 septembre. Simplement, je vous écoutais il y a quelques instants, vous disiez dramatisation. Au fond, ce que dit François Bayrou, il dit, avant de discuter des mesures, le vote du 8 septembre, c'est la gravité financière de la situation, la dette, 114-115%, le déficit, plus de 5%. Vous, ça ne vous intéresse pas, la dette ? Le déficit, vous considérez que cette question qui est posée n'est pas légitime ?
Mais pourquoi m'abordez-vous de cette manière provoquante ? Bien sûr que ça m'intéresse, la dette, car un jour ou l'autre, il va y avoir un gouvernement insoumis dans ce pays, et tout le monde le sait. Et évidemment, on l'accablera aussitôt de menaces. Mais la dette est un problème, mais le vrai problème, c'est un petit problème la dette, il se règle, si on a la bonne solution. Lui dit que la bonne solution, c'est d'amputer toutes les dépenses publiques, de sacrifier les services publics, avec l'espoir magique que la main invisible du marché et le secteur privé va occuper la place libérée. Cela ne s'est jamais produit.
Autrement dit, la cause de la crise, c'est la politique qui a l'intention de continuer. Donc, s'il continue comme il est, les choses vont s'aggraver et non pas se régler. Eh bien oui, c'est vrai, il y a deux lignes. La ligne de la politique de l'offre, on baisse le prix du travail, on baisse tous les coûts publics, et puis il y a la ligne de la relance écologique et sociale que nous portons. Mais enfin, c'est un débat politique naturel, et il ne faut pas le surcharger de peur. Je mets tout le monde en garde. Personne n'a un intérêt à la catastrophe dans ce pays. Et les crises financières éclatent sans qu'on sache quand ni où.
Mais on est certain qu'une crise va éclater, pas à cause de nous, mais à cause de la politique de M. Trump. Et je voudrais vous dire que là, on est en train de parler. L'Angleterre est menacée de FMI, l'Allemagne rentre pour sa troisième année de récession, et les Espagnols ne votent pas de budget depuis trois ans. Donc, les conditions générales d'un chaos mondial sont réunies par ceux-là même, qui étaient censés en garantir la bonne continuité. M. Trump et tous les libéraux d'Europe.
Les marchés financiers, Jean-Luc Mélenchon, hier soir, n'ont pas bien réagi au discours du Premier ministre, et à la perspective d'une chute du gouvernement. Le CAC 40 a clôturé en baisse. C'est un indicateur. Autre indicateur, le spread, c'est-à-dire l'écart entre les taux d'intérêt allemand et les taux d'intérêt français. Ce spread s'est creusé. Ça, vous l'analysez comment ? Et est-ce que ça vous fait craindre une crise financière ? Vous venez de prononcer le mot.
La crise financière sera mondiale. Il y en a de très nombreux signaux. Ensuite, oui, par exemple, la surévaluation de toutes les actions dans le domaine du numérique, de l'intelligence artificielle. Plus la politique provocatrice de M. Trump, qui importe aux Etats-Unis une crise inflationniste énorme et inflige à toute l'Europe, notamment aux Allemands, un ralentissement de leur production et de leur commerce. Donc, elle aura lieu, on ne sait pas quand, sauf si quelqu'un redresse la situation. Mais je ne vois pas comment Trump pourrait changer de politique du tout au tout.
Pardon, Jean-Luc Mélenchon, il y a la situation, effectivement, internationale. Et puis, il y a la situation française. Il y a quelques instants, à votre place, le ministre de l'économie et des finances, Éric Lombard, disait si on continue dans cette pente, dans 15 jours, sur les marchés financiers pour le remboursement de la dette à 10 ans, ce qu'on appelle les OAT, la France paiera plus cher que l'Italie, considérée comme l'homme ou la femme malade, je ne sais pas, de l'Europe. C'est ça aussi le résultat de cette instabilité politique que vous appelez de vos voeux ? Ça veut dire qu'on paye plus cher le remboursement de la dette, qu'on prend le risque à la fin d'avoir une forme de scénario
à la grecque. Oui, oui, oui. Eh bien, nous verrons. Parce que, si l'on vous écoute, M. Duhamel, alors à quoi vous... C'est pas moi, c'est des chiffres. Non, mais si, si, si, si. C'est vous, c'est tous ceux qui tenaient cette ligne depuis... Moi, je ne tiens pas de ligne,
Jean-Luc Mélenchon, j'essayais juste de rester sur des faits.
Vous n'étiez pas né, mais ce n'est pas une vertu de ne pas être né. Donc, supporter que ceux qui, eux, étaient nés aient au moins l'expérience des situations. Qu'a créé, s'il vous plaît, la crise grecque ? Leur dette... C'était la crise grecque, je vous rassure. Non, mais bon, d'accord, ça va encore plus mal qu'avant, alors, donc, on peut peut-être s'interroger et se dire que le remède n'était pas fameux. Mais, ce que je veux vous dire, c'est que, à quoi bon des institutions démocratiques ? Pourquoi des parlements ? Pourquoi des présidents ? Il suffirait, en quelque sorte, de se brancher sur la bourse et de répondre à ses demandes.
De Gaulle disait, la politique de la France ne se fait pas à la corbeille. Même si les risques sont immenses, je demande qu'on n'abuse pas, ne provoquez pas une crise en répandant une ambiance de panique autour de la France. Laissez-moi finir, M. Duhamel, dans toute la gravité de ce que j'ai à dire. Je rappelle que les 3 000 milliards dont nous parlons, ce ne sont pas les nôtres. Ce sont ceux des investisseurs à 60% étrangers. Je leur recommande d'être prudent avec les Français. Car si, par un biais ou par un autre, ils s'amusaient à vouloir nous mettre en banqueroute, c'est eux qui ont paier l'addition, pas nous.
Alors, je ne veux pas aller jusque-là, mais je veux juste dire, il y a des solutions, bien moins dangereuses. Et la bonne solution, c'est de faire, comme vous avez un exemple sous le nez, les Espagnols, ils ne votent pas de budget peut-être depuis 3 ans, mais ils ont augmenté le SMIC, ils ont augmenté toutes les allocations sociales, et ils ont 2,8% de croissance. À 2,8%, la France recréerait des emplois par dizaines de milliers. Donc, la relance écologique et sociale est une bonne chose. Voilà, M. Duhamel, pourquoi tout ça n'est pas aussi affolant. Il faut savoir que c'est l'histoire. L'histoire n'est jamais tranquille. Elle est toujours tumultueuse.
Elle appelle au fait qu'il faut savoir diriger un pays avec patience et détermination. Ce dont M. Macron a privé les entrepreneurs de ce pays, c'est de prévisibilité. Ils changent d'avis tout le temps et personne ne sait au juste de quel côté il faut aller et investir. Et ça, moi, je dis que si nous appliquons une politique du carnet de commandes, ça ira bien mieux.
Jean-Luc Mélenchon, entrons dans le détail si vous le voulez bien de ce qui va, ce qui peut advenir le 8 septembre et dans les jours qui suivent si François Bayrou est renversé. Qu'est-ce que vous demandez ? Est-ce que vous demandez une dissolution ? Est-ce que vous demandez la démission du président de la République ? Comment voyez-vous les choses ? Oui.
Il faut aller à la cause. M. Bayrou n'est pas le responsable de la situation dans laquelle il se trouve. C'est tous ceux qui l'ont précédé par leur mauvaise politique économique et par leur mauvaise politique de gestion comme celle de M. Macron. Donc, s'il y a un responsable, c'est le président de la République. Et je ne vous surprends pas en disant cela puisqu'il y a un an exactement, nous déposions une motion pour demander sa destitution. Et je vous informe à cette heure que nous allons recommencer le 23 septembre et déposer, en plus de la motion de censure, mais elle ne servira sans doute plus à rien puisque le gouvernement aura été renversé d'ici là. Donc, il doit partir.
La motion de destitution. Donc, il doit partir pour vous. Bien sûr,
puisqu'il est la cause. Et pourquoi, Jean-Luc Mélenchon, pourquoi ne pas, on entend un certain nombre, le Rassemblement National dit qu'il faut une dissolution. D'ailleurs, ce matin, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, dit lui-même ne pas en exclure. Pourquoi cibler le président de la République là où la logique pourrait dire qu'il y a effectivement un blocage, il faut retourner aux urnes et voir si une nouvelle l'Assemblée Nationale ne peut pas se composer ? Mais, pourquoi pas ?
De toute façon, ça nous échappe. Mais lui vient de dire qu'il ne dissoudrait pas. Or, il l'a dit en sachant quel était le risque de censure. Car, du jour où nous avons dit que nous déposerions une motion de censure, toutes sortes de gens se sont positionnés et tout le monde a vu que cette censure avait une très grande probabilité d'être adoptée. Alors même que toutes sortes de commentateurs nous disaient le contraire, je vous le rappelle quand même, pour modérer les tentations de prévision de Mme Irma, de beaucoup de journalistes qui annoncent que ceci est impossible, cela est impossible et donc la chute n'était pas possible. Alors donc, je viens, nous sommes dans une crise globale.
C'est la politique de l'offre qui a échoué. Le président Macron a toujours dit qu'il n'en changerait pas et même qu'il ne fallait pas augmenter la ponction qu'il y avait à faire sur les grandes fortunes, etc. C'est sa politique et c'est cette politique qui est en cause.
De la même manière... Et Jean-Luc Mélenchon, il a été élu pour 5 ans. Quelle logique institutionnelle voyez-vous à considérer qu'Emmanuel Macron, quoi qu'on en pense, soit dans une situation à mettre fin à son mandat ? Vous, il y a quelques mois, vous disiez Lucie Casté à Matignon. Là, on peut considérer qu'il y avait une forme de logique. On a compris. Laissez-moi vous répondre. On a compris. J'essaie juste d'aller au terme de la question. Pourquoi vous êtes passé de Lucie Casté à Matignon à là ? Il faut qu'Emmanuel Macron s'en aille.
Eh bien précisément parce que Lucie Casté n'a pas été à Matignon et que c'était le résultat des élections. Et vous avez raison de dire le président est élu pour 5 ans. Mais figurez-vous que dans toutes sortes de démocraties, il existe et nous la mettrons nous à l'ordre du jour un référendum révocatoire qui fait que alors que quelqu'un est élu pour 5 ans, 6 ans, 7 ans, eh bien en cours de route les citoyens peuvent dire ce référendum révocatoire. Mais si monsieur, il existe la motion de destitution à l'Assemblée nationale. Si, comment dire, fonctionne selon des règles extrêmement contraintes et vous, il n'y aura pas de destitution du président. Voilà.
Vous dit monsieur Duhamel et je demande à tous nos auditeurs monsieur Duhamel dit le président de la République ne partira pas. Eh bien moi, je pense qu'il partira. Je n'ai pas dit
qu'il ne partira pas, j'ai dit que la motion de destitution telle qu'elle existe dans la constitution de la Ve République ne correspond pas exactement
aux critères que vous évoquez ce matin. Mais vous avez le droit de le dire mais permettez que moi je dise à la fois le contraire et surtout monsieur Duhamel que je vous montre que c'est la seule solution pacifique, démocratique, normale, dans un grand pays, une vieille puissance républicaine comme nous. La solution républicaine c'est que le responsable de la crise assume sa responsabilité devant le vote des électeurs. Et monsieur Macron d'ailleurs, je vous signale, s'il venait à partir là, pourrait représenter sa candidature car il n'aurait pas fait deux mandats complets.
Là-dessus, les juristes expliquent
que si démissionnait... Mais c'est compliqué de me contredire tout le temps que vous êtes le porte-parole de Macron. Non, Jean-Luc Mélenchon, pas de ça entre nous. Si vous voulez bien,
juste simplement, s'il y avait une présidentielle anticipée, il va de soi que vous serez candidat. Non, il ne va pas de soi. Ah bon ? Ben écoutez, je n'ai pas... Donc vous demandez une présidentielle anticipée mais sans pouvoir... Mais vous inquiétez pas,
il y aura une candidature insoumise et elle gagnera. J'espère en tout cas et on fera tout pour ça. Mais franchement, là, je suis en train de vous dire, monsieur Duhamel, la roue de l'histoire est en mouvement, nous sommes devant une crise globale, on appelle crise, pour que tout le monde comprenne le mot. La vérité, c'est que la crise, on a toujours idée comme une crise de fièvre. On a idée qu'à un moment donné, ça va baisser. Non ! Nous sommes dans une bifurcation de l'histoire de France et nous sommes des acteurs de cette bifurcation. Je pense que ce que nous avons fait la semaine dernière, d'une part en validant et en apportant notre soutien au processus du 10 septembre, d'autre part...
Bloquons tout ! Ben oui, nous avons mis en place une tenaille dans laquelle monsieur Macron, pour sortir, monsieur Bayrou, pour sortir, est obligé de poser la question de confiance. Donc j'estime
que c'est un bon résultat. Vous voulez toujours tout bloquer, Jean-Luc Mélenchon, grève générale, même si François Bayrou tombe ?
Évidemment ! Je vais vous dire pourquoi. Enfin, j'espère, parce que ce n'est pas moi qui ai la décision, ni dans l'un, ni dans l'autre cas. Le 10 septembre est un appel protéiforme, qui vient de tous côtés. Bon, moi je souhaite que soit maintenue l'idée du 10 septembre. Et puis, pour ma part, j'ai souhaité que les syndicats, cette fois-ci, fassent front avec cette mouvance citoyenne et qu'ils appellent à une grève générale parce que des dizaines de syndicats particuliers appelaient eux-mêmes à une grève ce jour-là. Si bien que pour ne pas épuiser de nouveau les forces du combat, le mieux serait qu'elles agissent toutes ensemble. Donc le 10 septembre
n'est pas caduque,
même si François Bayrou tombe le 8 septembre ? Que les gens m'entendent bien. Si vous ne faites rien, eh bien, si vous continuez à faire les moutons, vous serez tondus.
Cela signifie une chose. Jean-Luc Mélenchon, parce que c'est intéressant, vous citez les responsables syndicaux. Moi, je me suis juste arrêté sur les origines et les ramifications qui permettent de remonter à ceux qui ont initié ce mouvement du 10 septembre. Par exemple, le compte Télégramme Les Essentiels. Sur ce compte, ce mouvement a été mentionné pour la première fois. Son fondateur souhaite la dissolution des syndicats et des partis politiques. Parmi les comptes sur X qui relaient et soutiennent ce mouvement, revient un hashtag gouvernement de tromperie aux accents, complotistes, pro-rus, anti-vax.
Donc au fond, Jean-Luc Mélenchon, la lutte contre l'extrême droite, c'est quand il est question de faire tomber François Bayrou, mais quand il y a un mouvement social sur lequel on peut surfer, là, ça pose moins de problèmes. Écoutez,
je vous pardonne, Benjamin Duhamel, votre incompréhension des processus populaires de masse. Et je vous enverrai bientôt quelqu'un dont je ne suis pas un supporter, qui est Lénine, qui explique que si vous attendez que les révolutions soient déclenchées par des millions de révolutionnaires marxistes, vous attendrez toute votre vie et vous ne verrez rien. Les modernes ne vous posent pas de problème. Attendez, mais vous mentez. Pardon, M. Duhamel, là, vous allez trop loin. Doucement. Doucement. Au point de départ, je ne sais pas qui a lancé cette date, mais ensuite, elle a été investie par un mouvement citoyen qui a immédiatement dit nous voulons rester indépendants.
Et nous, les Insoumis, nous avons dit c'est la condition pour que ça marche. La liste des revendications, pardon, ça n'est pas anti-vax et je ne sais pas quoi, c'est toute une série de revendications telles que le référendum citoyen initialement ainsi que... Non, non, non, arrêtez, M. Duhamel, c'est bon. Benjamin Duhamel déclare au nom de France Inter le mouvement est d'extrême droite et complotif. Et moi, Jean-Luc Mélenchon, qui est prétend représenter...
Et Sophie Binet, François Hollande, Jean-Luc Mélenchon disent à peu de choses près la même chose sur, je crois qu'ils utilisent ce mot, nébuleux,
concernant ce mouvement. Mais nébuleux, nous sommes gazeux, alors écoutez, arrêtez. Non, M. Duhamel, on ne peut pas parler si on caricature la vie. M. Hollande, ok, on a compris, il est contre. Mais Mme Binet a dit que l'heure était à la mobilisation M. Duhamel, pourquoi n'avez-vous pas lu, j'aurais dû amener mon papier, la liste des syndicats CGT et Sud, comme Sudrail, comme CGT ArcelorMittal, comme la CGT Chimie, la CGT Commerce, alors M. ce sont des complotistes, ce sont des anti-vax, alors je vous en prie, Benjamin Duhamel, respectez les gens.
Le mouvement du 10 septembre est un mouvement indépendant et je souhaite qu'il soit appuyé par une grève générale à l'appel des syndicats à la journée du 10. Pourquoi vous ne m'avez pas laissé le temps de vous le dire ? Pour que M. Macron comprenne qu'il ne sert à rien de nommer un troisième premier ministre qui appliquerait évidemment et en pire la politique de M. Bayrou. Vous savez ce que nous économise M. Bayrou si nous le faisons tomber ? C'est que le budget de 2025 qu'il a prévu pour 2026 est pire que celui de M. Barnier. Voilà le résultat de tous les gros malins qui pensaient qu'on pouvait négocier avec lui. Donc, on ne peut pas négocier avec ce pouvoir et il faut empêcher M.
Macron de nommer pour la troisième fois un premier ministre qui ferait la même politique. Voilà pourquoi il faut le destituer. Pardon, je termine là-dessus. Au moins, reconnaissez notre cohérence et notre volonté démocratique. Le chaos, c'est Macron.
Jean-Pierre, question d'auditeur, seriez-vous dans l'état d'esprit d'accepter que quelqu'un de votre mouvement devienne premier ministre ? Qui a la place de Bayrou ?
Eh bien, il est évident que les Insoumis qui ont un programme, tout le monde le reconnaît, qui a été mis à jour, tout le monde le reconnaît, sont prêts à gouverner. Et il est tout aussi évident que nous n'avons pas l'intention, comme l'a dit Arthur Delaporte ce matin sur France Info, sur la parole du Parti Socialiste, qui dit on ne va pas recommencer la cime agrée du mois de juillet il y a un an. En effet, on avait passé cinq jours à discuter de Savoie. Alors, Fort avait dit pas Mélenchon, on ne sait pas pourquoi, ni aucun des autres Insoumis, il voulait que ça soit lui. Bon, on ne va pas recommencer ça. Donc, je dis simplement que oui, nous sommes prêts.
Et s'il faut, on aurait un premier ministre Insoumis. Alors, on peut imaginer qu'il ne trouverait pas de majorité, mais je dirais on pourrait essayer si vous voulez. La preuve, c'est que nous avons fait passer à l'Assemblée nationale quelque chose comme huit sur dix de nos mesures financières pour remplir la caisse. Ah, mais ce n'était pas avec les mêmes. Et donc, ça serait la fin de la souffrance. Mais je ne veux pas tourner autour du pot. Ce n'est pas le sujet. Le sujet, c'est M. Macron est responsable, il doit s'en aller et le peuple français doit choisir entre la politique de l'offre de baisse du prix du travail et la politique de la relance écologique et sociale. Et ça, c'est nous.
Passons au standard, Jean-Luc Mélenchon. On nous attend Florian, que je salue. Bonjour, bienvenue. Bonjour à tous. Bonjour M. Mélenchon. Voici ma question. Vous parlez de politique du carnet de commandes. Mais est-ce que vous avez conscience qu'avec cette nouvelle chute du gouvernement, les commandes vont être gelées et que tout simplement dans l'économie du réel, c'est-à-dire celle des petits chefs d'entreprise comme moi, tout va s'arrêter ? On va encore perdre plusieurs mois avant que les gens se redécident à consommer, à commander et ça évidemment au final ça met en péril nos trésoreries et évidemment les emplois que vous défendez. Merci Florian pour cette question. Jean-Luc Mélenchon
vous répond. Je vous réponds que vous avez raison. Je viens de dire que ce que M. Macron a retiré à ce pays c'est la prévisibilité. Or dans le domaine de la production, de l'investissement productif, c'est absolument impossible de prendre une décision si vous ne savez pas si dans les trois prochains mois le gouvernement va vous dire par exemple la politique écologique va se développer donc par exemple l'isolation des bâtiments par exemple la production des machines pour produire de l'électricité avec des énergies renouvelables vous n'allez pas investir.
Si vous entendez en même temps le président de la République de toute façon vous pouvez faire ce que vous voulez lui il veut faire 14 EPR il ne les fera jamais. Donc vous avez raison il y a une imprévisibilité mais c'est pas faute d'avoir prévenu.
Et ce que je vous gare là vous avez raison mais moi je peux vous dire si demain nous gouvernons nous vous dirons très exactement dans quel domaine nous prenons des engagements d'investissement parce que c'est ça dont on a besoin de même qu'on a besoin d'une production de masse de personnes qualifiées par exemple pour poser du photovoltaïque il faut en mettre partout si on veut à temps être capable de prendre la relève de l'énergie nucléaire qui de toute façon nous dirige tout droit vers un moment où il n'y aura plus les centrales pour le produire.
Et je vous signale que cet été ce n'est pas Mélenchon qui a arrêté les centrales c'est le changement climatique parce qu'on ne refroidit pas des centrales avec de l'eau chaude. Donc vous voyez je vous donne raison et je vous dis le plus court chemin c'est que le responsable s'en aille et ensuite vous aurez une prévisibilité et vous pourrez décider de vos investissements et de vos embauches tranquillement.
Jean-Luc Mélenchon l'actualité c'est aussi l'ambassadeur des Etats-Unis en France Charles Kushner qui a été convoqué par le Quai d'Orsay après avoir critiqué je cite l'absence d'action suffisante d'Emmanuel Macron contre l'antisémitisme des propos qui ont été condamnés et qui ont donc valu cette convocation même si lui-même ne s'est pas rendu au Quai d'Orsay. Quel regard est-ce que vous portez sur ces propos de l'ambassadeur américain ?
Je me déclare au nom des insoumis totalement solidaire du président de la République sur ce sujet. Il est inadmissible que la mode soit devenue que l'ambassadeur d'Israël se prononce sur la politique intérieure de la France. Il est insupportable que l'ambassadeur des Etats-Unis en fasse autant. Enfin, que veulent ces gens à la fin ? Que décider de la politique de notre pays à notre place ? En tout cas, je vais vous dire à la fin on va finir par faire se cotiser pour faire une statue pour M. Trump. Ce type a réussi à désorganiser son camp à diviser tout le monde et maintenant vient insulter les Français.
Il faut bien qu'ils se disent une chose il n'y aura pas de faille entre Français pour défendre l'indépendance nationale de notre pays. Et le président Macron a bien fait de convoquer cet ambassadeur et j'estime que le mieux serait que cet ambassadeur rentre chez lui. Nous ne supportons pas ici qu'il nous dise ce qu'on doit faire.
Jean-Luc Mélenchon il y a la critique contre la politique du gouvernement français et puis il y a le constat que pose cet ambassadeur ouvrez les guillemets dans une lettre dans un courrier révélé par le Wall Street Journal en France il ne se passe pas un jour sans que des Juifs soient agressés dans la rue des synagogues ou des écoles profanées ou des commerces appartenant à des Juifs vandalisés. Est-ce que vous partagez à minima ce constat sur l'explosion de l'antisémitisme depuis le 7 octobre ?
Mais nous sommes malheureusement dans un pays où l'antisémitisme a été encouragé par l'assimilation qui a été faite entre la critique de M. Netanyahou et tous ceux qu'il critiquait ont été traités d'antisémites. Le pape, le secrétaire général de l'ONU et même le président Macron qui en quelque sorte a été l'arroseur arrosé de cette histoire. Oui, il y a une montée de l'antisémitisme dans notre pays après 20 mois pendant lesquels on nous a seriné sur tous les tons que critiquait Netanyahou c'était... Pardon,
c'est important ce que vous dites Jean-Luc Mélenchon. Vous dites que l'explosion des actes antisémites elle est due à ceux qui ont fait l'assimilation entre la politique du gouvernement israélien et les Français de confliction juive. Elle est surtout due pardonnez-moi à ceux qui ont décidé de commettre ces actes antisémites et qui y ont vu un prétexte pour s'en prendre à des Français
de confession juive. Voilà. Alors, vous avez raison. La responsabilité est toujours individuelle dans l'histoire. C'est la raison pour laquelle toute politique qui est basée sur la responsabilité collective est punissable et haïssable pour un républicain. Donc, quand on décide qu'au nom du fait qu'il y a un problème avec le Hamas on tue tous les palestiniens nous sommes typiquement dans le cas de la responsabilité collective et il faut condamner ces politiques. Donc, oui, c'est vrai. Les actes antisémites sont la responsabilité individuelle des gens et je le redis tous les criminels seront punis quels que soient leurs crimes dans ce pays et quels que soient le gouvernement.
Mais, les conditions ont été réunies pour une explosion de toutes les rages. Voyez le nombre de crimes islamophobes qui ont été commis
dans la période récente. Donc, 145 entre janvier et mai 2025 contre 504 actes antisémites sur la même période. C'est les chiffres du ministre de l'Intérieur.
Là, vous avez les actes juste pour savoir les actes anti-chrétiens
et les actes anti-islamophobes. Vous les avez ? Oui, actes anti-musulmans, 145 entre janvier et mai 2025 contre quasiment 5 fois plus antisémites sur la même période.
c'est tout à fait condamnable et je souligne que le ministère de l'Intérieur ferait bien de se doter de son propre organisme pour faire les comptes au lieu de s'en remettre à une agence extérieure. Mais, tous les crimes, écoutez, vous parlez à un antiraciste organique. Moi, je suis un humaniste et les Lumières. Donc, c'est le 16e et le 18e siècle. Le racisme parce qu'il sépare les individus sur quelque chose qui est absurde, la couleur de peau ou la religion. Le judaïsme a été combattu dans ce pays par l'ancien régime qui a expulsé 11 fois les juifs. Les meurtres de masse, dont le rafle du Veldib qui est la honte de la police de Vichy, sont là pour nous rappeler le prix de toutes ces choses.
Et de même, l'islamophobie. Si l'on tue des gens qui prient ou des lieux de prière, on oublie que la liberté de conscience qui est fondamentale repose sur la liberté du culte. Ça suffit les assassins et les criminels. Vous serez pourchassés et il n'y aura pas de division entre ceux qui dirigent ce pays sur ce sujet-là.
Jean-Luc Mélenchon, merci. Merci d'avoir été au micro de France Inter.
Jean-Luc Mélenchon