Daniel Cohn-Bendit : "Macron est le premier depuis 2010 à définir une perspective pour l'Europe"
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:15OuverteRéponse directe
Bonjour M. Demorand, je n'ai pas lancé à la Sorbonne, mais à Nanterre.
- 0:26OuverteRéponse directe
Et s'il vous plaît, Bernard, s'il vous plaît, pas les anciens combattants de mai 68, est-ce que c'était au moins sûr que vous faisiez la claque hier à la Sorbonne ?
- 0:35OuverteRéponse directe
Quand un président de la République ou n'importe qui dit des choses que moi je dis depuis 10 ans, j'applaudis.
- 1:50OuverteRéponse directe
Est-ce que c'est faisable ?
- 5:24OuverteRéponse directe
Est-ce que l'opinion ne risque pas ce matin ?
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Le passage sous pavillon allemand d'Alstom.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« c'est le premier responsable d'État qui se lance à définir une perspective pour l'Europe. »
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« D'essayer de définir ce que peut être la souveraineté européenne. »
- 5:35PrésentateurFait
« le passage sous pavillon allemand d'Alstom. »
- 6:20PrésentateurFait
« ces bijoux-là, ils ne valaient plus rien. »
- 6:29PrésentateurFait
« l'erreur stratégique d'Alstom, c'était l'alliance avec General Electric, au lieu de tout de suite de faire un pôle européen. »
- 6:42PrésentateurFait
« Avec l'arrivée de Siemens, la co-gestion allemande arrive en France. »
- 7:44PrésentateurFait
« Rajoy est fou. »
- 7:52PrésentateurFait
« Que Juncker est là-bas et fasse une médiation. »
- 8:22PrésentateurFait
« Je comprends qu'il y ait des frustrations en Catalogne. »
Temps de parole
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France Inter, le 7-9, Nicolas Demorand.
En mai 68, à la Sorbonne, il lançait la Révolution. 50 ans plus tard, même lieu hier, il applaudissait Emmanuel Macron. Bonjour Daniel Cohn-Bendit.
Bonjour M. Demorand, je n'ai pas lancé à la Sorbonne, mais à Nanterre. Je n'ai jamais hété à la Sorbonne. Rien que pour la vérité aussi, ça arrive dans les oreilles des auditeurs.
Et s'il vous plaît, Bernard, s'il vous plaît, pas les anciens combattants de mai 68, est-ce que c'était au moins sûr que vous faisiez la claque hier à la Sorbonne ?
Mais écoutez, quand un président de la République ou n'importe qui dit des choses que moi je dis depuis 10 ans, j'applaudis. Je ne fais pas la claque, je suis heureux. Quand il propose les listes transnationales, reprenez les programmes d'Europe Écologie. Sur les taxes aux frontières, reprenez les programmes d'Europe Écologie. Oui, notre campagne de 2009 était exactement sur la plupart de ces sujets. Est-ce que je vais dire, parce que ce n'est pas moi, de ne pas... Oui, je suis d'accord sur beaucoup.
Pas sur tout, mais je trouve que pour la première fois, depuis le discours d'un vert, Joschka Fischer, en 2000 à Berlin, c'est le premier responsable d'État qui se lance à définir une perspective pour l'Europe. Après, on discutera. Le problème a été qu'en 2000, le ministre des Affaires étrangères français, M. Védrine, n'a pas osé, n'a pas pu, n'a pas su répondre à Fischer. Et j'espère que la chancelière osera, pourra répondre. Non pas lui dire, t'as raison mon petit, parce que de toute façon, quand elle le regarde, elle est amoureuse de lui. Non, de dire, voilà où je suis d'accord, voilà où je ne suis pas d'accord.
Et que les Italiens le fassent, que les Suédois le fassent, mais qu'il y ait un véritable débat en Europe sur l'avenir de l'Europe. C'est ça qu'il a lancé. Et quand on fait ça, moi j'applaudis. Pas pour faire la claque, s'il avait dit... Mais vous avez le droit, hein ? Non, mais non, mais ça, non, je sais comment c'est. S'il avait dit, moi je veux supprimer l'impôt sur les infortunes dans toute l'Europe, je n'aurais pas applaudi. Parce que je trouve que c'est une erreur. Voilà. Mais il le fait en France. Qu'on fait en France. Donc c'est pas, moi je ne suis pas... Non mais ça, il le fait en France. Mais oui. Mais s'il avait dit ça, j'aurais dit non. Et donc c'est pas contradictoire.
Non, c'est pas contradictoire. Mais non, c'est pas contradictoire. Faire une chose en France et proposer l'autre en Europe, c'est pas contradictoire.
Non, il n'a pas proposé de faire la même chose. Il n'en a pas parlé parce que ce n'est pas le sujet. Ce n'est pas le sujet. Le problème, le problème il est qu'il fait un pari en France. Alors on peut le partager ou pas. Un pari de l'investissement, je ne crois pas que ça marchera comme ça. Mais peut-être qu'il a raison. On verra. On verra là-dessus. Mais d'un autre côté, il fait un pari. C'est le premier qui a... Pas le premier, chef d'État après Fischer. Fischer était simplement ministre d'affaires étrangères. Il faut le dire. D'essayer de définir ce que peut être la souveraineté européenne.
Et on est là au cœur du débat qui va, jusqu'aux européennes en France, en Europe et tout ça, être au centre. C'est-à-dire souveraineté nationale, repli national ou souveraineté européenne et démocratie européenne. Il a défini un espace de démocratie européenne. Et comment ça peut fonctionner ? Bon, après, de répondre. Est-ce qu'il y a un problème démocratique en Europe ? Oui. Est-ce qu'il y a une possibilité d'y arriver ?
Il en propose une. Point d'interrogation. On peut y arriver ou pas ? Est-ce faisable ? Le discours, vous pouvez le trouver beau, vous l'avez même trouvé magnifique, vous l'avez applaudi. Est-ce que c'est faisable de passer de l'horizon philosophique, démocratique, civique européen à quelque chose qui va se mettre en place ?
Écoutez, on est en 1952, je suis M. Schumann, je suis dans mon bureau, je dis je veux réconcilier la France et l'Allemagne. Et on ne dit est-ce que c'est faisable en 1952 ? Si je fais en 1955 un référendum en France et je demande aux Français, est-ce que vous voulez vous réconcilier avec les Allemands ? Les Français ont dit, allez vous faire foutre. Jamais avec les Boches. Il y a des moments dans l'histoire où il faut prendre ses responsabilités d'anticiper l'avenir pour la mettre en débat. Est-ce que c'est faisable ? Je n'en sais rien. Est-ce que c'est souhaitable ? Oui. C'est un moment de même nature, dites-vous. Absolument. Vraiment.
On est après la guerre, il faut se réconcilier.
C'est un moment de même nature. On est dans un moment dramatique de la mondialisation, où les États, pas, un par un, perdent de leur souveraineté. Ils perdent de leur souveraineté. Et à ce moment-là, dans ce drame-là, il faut des propositions pour qu'on regagne de la souveraineté face à la Chine, face aux États-Unis, face à la Russie, etc. Oui, c'est un moment dramatique pour nous, parce que si nous ne retrouvons pas cette souveraineté, elle passe par l'Europe, c'est les autres qui nous domineront. C'est les autres qui décideront pour nous. C'est les autres qui décideront pour notre culture.
Voilà. Voilà. Est-ce que l'opinion ne risque pas ce matin ? Bon, c'est un hasard de calendrier de retenir surtout le passage sous pavillon allemand d'Alstom.
Alors, le passage sous pavillon d'Alstom. Bah quoi, c'est faux ? Mais non, mais non, mais non, mais non, c'est vrai. Et quand Peugeot a racheté Opel, et que les emplois à Bochum, qui ont voté à droite, qui sont en danger, est-ce que vous avez fait des heures d'émission ? Et quand Mercedes a décidé de faire la Smart en Lorraine, et non pas en Allemagne, est-ce que vous avez décidé de dire, c'est horrible, la Smart doit être construite en Allemagne, c'est des capitaux allemands, que les Allemands gardent leurs capitaux, qu'ils gardent leur travail. On ne veut pas construire la Smart en France. C'est dégueulasse, ça, les capitaux allemands. Est-ce que vous avez dit ça ?
Non, mais je vous ai juste posé une question. Il faut arrêter de se foutre de la gueule du monde. Donc vous dites quoi, alors ? Quand on dit on brade les bijoux de famille, vous dites quoi ? On brade les bijoux de famille. De toute façon, ces bijoux-là, ils ne valaient plus rien. C'est pour ça que ça ne marche pas, Alstom. Parce que ça ne fonctionne pas économiquement. Et dans ces cas-là, l'erreur stratégique d'Alstom, c'était l'alliance avec General Electric, au lieu de tout de suite de faire un pôle européen. Ça, on aurait pu l'avoir il y a un an ou deux ans. Et il y a une autre chose. Et la CFDT va être contente. Avec l'arrivée de Siemens, la co-gestion allemande arrive en France.
Vous savez, les syndicats, ils auront autre chose à dire à Alstom qu'ils n'ont à ce moment, parce que la co-gestion allemande va beaucoup plus loin au conseil d'administration. Donc, on va voir. Je ne sais pas. Je ne sais pas si ça va marcher. Mais quand Sanofi rachète en Allemagne, quand Intel, on ne fait pas un Binz comme ça. Non, il faut arrêter. Le marché européen existe. Eh bien, des Français rachètent en Allemagne, des Allemands rachètent en France, en Italie, exactement. Enfin, ça, ça n'arrête pas. Et c'est très bien, vous nous dites. Non, je ne sais pas très bien. C'est comme ça, d'abord. Et maintenant, quelles sont les règles sociales ?
Et là, Macron dit beaucoup de choses aussi sur quelle est la convergence sociale, la convergence donc démocratique, qui justement doit réguler ces événements et ce marchandage en avant du marché européen.
Une dernière question, mais on pourra y revenir plus en longueur. Ce qui se passe en Catalogne, Daniel Cohn-Bendit, vous inquiète ou vous réjouit ? M'inquiète. Pourquoi ? Je ne veux pas d'une nouvelle guerre d'Espagne.
C'est ça qui menace ? Bien sûr. Il y a une radicalisation. Rajoy est fou. Les indépendants disent, ils se sont fous. Il faut une médiation ? Absolument. Que Juncker est là-bas et fasse une médiation. On n'a pas besoin en Europe d'une nouvelle guerre d'Espagne. On n'a pas besoin de cela. Et je dis qu'il y a des problèmes, mais il faut les résoudre autrement. Et vous voyez, mais même partout, moi je suis pour les Kurdes. Mais ce n'est pas comme ça que ça va marcher au Kurdistan. Vous savez, il y a un moment où le plus nous mène peut-être à des catastrophes. Je comprends qu'il y ait des frustrations en Catalogne. Je les comprends tout à fait.
Mais là, on est dans un bras de fer avec un gouvernement, Rajoy, mais qui est sur ce sujet d'une bêtise incroyable. qui, donc, c'est dangereux. C'est dangereux parce que l'histoire espagnole, c'est comme l'histoire allemande. Pourquoi on a peur de l'AFD ? Parce qu'il y a l'histoire allemande. Pourquoi j'ai peur, moi, de ce qui se passe entre la Catalogne et Madrid ? Parce qu'il y a l'histoire espagnole.
Allez, on change votre micro qui a explosé depuis dix minutes. Daniel Kohn-Bendit. Et on vous retrouve après la revue de presse. Nous serons également avec le député La France Insoumise, Éric Coquerel.
Daniel Cohn-Bendit