"Pour Jordan Bardella, l'annonce de la candidature de Marine Le Pen a été une déception"
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Aujourd'hui, ils sont toujours à égalité, les deux favoris des Français au RN. Alors la difficulté, c'est que dans les sondages d'intention de vote désormais, on ne teste plus Jordan Bardella puisque ça sera Marine Le Pen qui est la candidate du parti, sauf énorme surprise. En revanche, ce qu'on peut voir, c'est que dans les sondages de popularité, ils sont effectivement au touche-à-touche.
Marine Le Pen était un petit peu derrière avant sa décision finalement, enfin la décision judiciaire qui lui a permis d'y aller, d'être candidate à l'élection présidentielle. Et c'est vrai qu'elle a immédiatement rattrapé son retard. Une petite partie de ses électeurs là qui préféraient Bardella, qui étaient un peu plus hésitants vis-à-vis de Marine Le Pen, se sont finalement assez facilement ralliés à sa candidature.
Mais en revanche, on a toujours de très légères, mais significatives différences entre la structure de leur popularité. On a toujours un Jordan Bardella qui est un peu plus apprécié notamment par les électeurs de droite, les électeurs LR globalement, qui apprécient un peu plus son positionnement plus libéral notamment sur les enjeux économiques. Et puis on a aussi un électorat plus populaire, peut-être moins certain d'aller voter, mais qui pourrait se décider durant la campagne, qui lui préfère Marine Le Pen.
Donc c'est pas non plus exactement les mêmes qui qui qui approuvent et qui adhèrent aux idées et aux personnalités de ces deux ces deux leaders du Rassemblement national. Et alors Aurore Bergé, j'imagine que quand on est dans l'entourage de Jordan Bardella ou quand on est Jordan Bardella, on se dit quand même on a la même cote de popularité, on est à touche-touche avec Marine Le Pen et c'est pas nous, on est sorti des sondages, on est plus le candidat, quoi. Donc ça peut être compliqué à vivre et on a l'impression qu'il le vit pas obligatoirement si bien que ça.
Ça a été très certainement, enfin ça a été une déception l'annonce de la candidature de enfin l'annonce de la candidature de Marine Le Pen et surtout le fait que Marine Le Pen puisse se présenter pour Jordan Bardella, beaucoup pour son entourage parce que Jordan Bardella avait aussi été très porté par son entourage. C'est d'ailleurs je sais pas un cas unique en politique, c'est souvent les les entourages qui font un un petit peu aussi qui créent cette cette soudain coup le fait qu'un homme politique se dise j'ai un destin national et c'est mon moment, c'est aussi parce qu'on lui répète beaucoup. Euh et Jordan Bardella le pensait et c'est vrai que c'est un petit peu difficile pour lui à digérer.
Ceci étant, euh je mettrai quand même un bémol sur le côté de de de l'opposition ou la guerre qui se joue. Il y a toujours une stratégie au Rassemblement National qui est la stratégie du râteau et qui visait justement à élargir le le sauf à élargir le nombre d'électeurs potentiels du parti avec justement chacun dans une mission un petit peu précise et pour Jordan Bardella, c'était aller justement chercher ses électeurs de la droite traditionnelle, des gens qui qui répugnaient à voter RN en leur disant écoutez, on est quelque part un parti de droite comme un autre. Et finalement ce qui se passe aujourd'hui, alors évidemment il y a des vraies divergences, il y a côté de d'espoir déçu mais est-ce qui est plus embêtant pour le RN, c'est peut-être l'impression de cafouillage et de trucs un petit peu baroque que ça donne parce que sinon sur le fond, le fait que Jordan Bardella manifeste encore sa sensibilité et défende en tout cas le ne défende pas tout à fait la même ligne que Marine Le Pen, c'est pas nécessairement pour un problème parce qu'ils sont amenés comme ils le répètent tout le temps à gouverner ensemble et donc laisser entendre que ce sera finalement une une alliance un petit peu de de c'est ça rend du coup leur programme difficilement lisible mais beaucoup plus attrape-tout.
Bien sûr. C'est vrai pour pour pour une campagne mais en même temps, Serge Chimino, quand j'ai bien compris que Jordan Bardella se voyait Premier ministre de Marine Le Pen et ça le tandem, c'est la présidente, le Premier ministre. Mais est-ce qu'on peut conduire la politique d'un d'une présidente lorsque par exemple sur un dossier aussi important que les retraites, on est en ?
Est-ce que comment comment imaginer ? Est-ce qu'on peut faire avaler ça si je peux le dire aux Français qui vont voter pour ? Moi je serai un peu plus sévère que Aurélien je pense que on est toujours au lendemain de du jugement en appel.
On est le 8 juillet souvenez-vous Marine Le Pen décide puisque la justice lui permet d'entrouvrir la porte décide de se présenter malgré tout avec quand même un pourvoi en cassation qui n'est pas une petite menace pour Marine Le Pen. Elle décide donc le 7 juillet de se présenter le lendemain 8 juillet elle va avec Jordan Bardella à la Flèche qui est un un terrain du RN et souvenez-vous de la tête de Jordan Bardella je pense qu'au petit-déjeuner on avait servi de la soupe à la grimace puisque Mais il a eu le temps de digérer peut-être pendant l'été. j'y viens.
Donc il y avait ce ce c'était physique alors que il était effectivement dans tous les rassemblements où il était encore présidentiable sourire selfie c'était la part des Lamania. Et on a vu deux épisodes qui montrent bien qu'il n'a plus la main parce que Marine Le Pen elle n'est pas présidente du parti mais c'est elle la chef. On a vu le sujet sur les retraites devant le rassemblement vous savez des des entrepreneurs des patrons avec six autres candidats où elle réaffirme clairement que la réforme des retraites c'est la sienne 62 ans voir 60 ans alors que Jordan Bardella on l'a entendu dans le sujet précédent il est pour qui est plus d'âge de départ de d'âge légal mais plutôt durée de cotisation voir de la capitalisation.
Donc elle a réaffirmé son territoire. Au même moment où elle annonce ça on apprend le départ du conseiller spécial de Jordan Bardella François D'Urville qui venait d'arriver dans l'équipe de campagne qui est un proche de Pierre Edouard Steram milliardaire d'extrême droite et qui est parti en disant c'est plus ma ligne j'ai plus rien à faire ici. Et on l'a vu sur le voile récemment.
Marine Le Pen en tout cas Jean-Philippe Tanguy proche de Marine Le Pen ressort cette proposition d'interdire le voile islamique dans l'espace public moyennant une amende et éventuellement référendum. Proposition qui existe depuis 2012 2017 2022 et cetera. Jordan Bardella alors il est un peu obligé de dire oui on verra mais lui il est sur ?
Il fait un message sur les réseaux sociaux en disant on fera un référendum sur l'immigration." Il met cette histoire du voile un peu sous le tapis parce qu'il y est opposé. Et il y avait un bureau exécutif du Rassemblement National, je crois euh en juin, où tout le monde tous les cadres étaient rassemblés où il avait donné effectivement euh à voir qu'il était opposé à cette mesure considérant un qu'elle était difficilement applicable et que c'était pas sa ligne.
Donc si vous voulez, ce qui s'est passé, vous me disiez "Oui, il y a eu l'été pour ça." Il a peut-être digéré, mais il a été très discret. Et on voit bien que Marine Le Pen c'est une Le Pen.
C'est moi la chef, je suis la candidate jusqu'à nouvel ordre et si tu es mon Premier Ministre, ben tu exécuteras. Et c'est pas c'est pas rien. Et l'histoire des scissions au Rassemblement National ou au FN, on les connaît.
On n'est pas à la scission, mais je pense qu'il n'a pas fini de manger son chapeau et on verra jusqu'où ça ira. Et là où vous avez tout à fait eu la raison de le dire, c'est que il y en a qui regardent ça avec intérêt, c'est aussi Les Républicains. Parce qu'il y en a qui sont tentés par le par ce vote-là.
Il y en a qui étaient tentés par le vote Bardella. On verra s'ils sont tentés par le vote Le Pen. Mais oui, c'est justement parce que là, pour toutes les raisons que vient de donner Serge, c'est vrai que l'électeur euh de droite traditionnelle qui aurait eu la tentation d'aller voter RN aujourd'hui peut se dire "Hmm c'est pas c'est une politique qui ne plaît pas aux patrons euh Marine Le Pen ça n'est ça n'est pas euh on l'a vu hein, son oral de chez les patrons la semaine dernière." Elle rediabolise un peu, ça peut changer l'électorat.
Ça peut changer l'électorat et puis ça peut finalement faire reculer cet électorat de droite qui aurait été tenté de voter Le Pen. Il y a deux éléments qui sont importants pour cet électorat de droite qui peut être d'accord avec le Rassemblement National sur les questions d'immigration et d'insécurité, mais qui hésite encore. Il y a la question du libéralisme économique et là, c'est vrai que Jordan Bardella, il est sur une ligne qui peut être séduisante pour cet électorat, mais il y a aussi euh la question de la compétence, la crédibilité à gouverner le pays.
Et là, c'est vrai qu'en revanche, il pouvait quand même avoir des faiblesses des faiblesses assez fortes. Donc cet électorat, quoi qu'il arrive, il était loin d'être acquis, que ça soit Jordan Bardella ou que ça soit euh Marine Le Pen. L'autre frein pour que euh on puisse imaginer toute une partie de l'électorat LR qui était tenté et qui finalement n'y va pas, c'est que fondamentalement le parti qui actuellement est en dynamique, c'est le Rassemblement National.
Donc c'est vrai que si vous dites que vous êtes sur une ligne vraiment bien à droite, bah c'est quand même plutôt Marine Le Pen la candidate crédible et solide que un Bruno Retailleau, que un Nicolas Dupont-Aignan ou un Eric Zemmour. Aurore Malval. Oui, sur cette question justement économique ce qui est particulièrement intéressant, c'est de voir comment Marine Le Pen justement essaie après cette prestation au meeting qui était pas très concluant, justement de de montrer sa crédibilité en matière économique.
Et vous avez vu d'ailleurs Jean-Philippe Tanguy, un de ses plus fidèles lieutenants, qui a annoncé la fameuse règle d'or budgétaire qui ne serait pas pour le RN de 3 % donc 3 % déficit public rapporté au PIB, mais qui serait encore inférieure. Donc là, on est clairement dans une démarche en tout cas de Marine Le Pen pour essayer bien de faire un petit peu de l'œil au patron et au milieu d'affaires et d'ailleurs même au au marché plus globalement. C'est évidemment une stratégie euh économique pour rassurer sur son programme.
Puisque vous parlez de stratégie justement, il y a celle toujours de Jordan Bardella qui peut paraître parfois un peu euh étonnante, mais bon après tout si c'est plus le candidat aux présidentielles, pourquoi ? Jordan Bardella fait un saut aujourd'hui en Grande Bretagne, pas pour rencontrer le roi, mais pour rencontrer Nigel Farage, le leader du parti d'extrême droite Reform UK, le chef un chef de file ultra populiste qui se calque sur son mentor Thor Donald Trump. Je vous propose déjà de regarder qui est cet homme et qui euh Jordan Bardella va exactement rencontrer.
Regardez ce sujet de Nicolas Carvalo. Le leader de l'extrême droite britannique a fait du Donald Trump dans le texte. Et si je vous disais que des cygnes se font manger dans nos parcs royaux, que les carpes sont retirées des étangs et mangées par des gens d'autres ?
Une fausse information vite démentie par les parcs royaux qui rappelle une célèbre phrase de Donald Trump. Ils mangent les chiens, ils mangent les chats. Comme le président américain, Nigel Farage se sert d'entoxe grossière pour faire parler de lui.
Portrait d'un Trumpiste de la première heure qui revient au premier plan de la politique britannique. Avec son parti UKIP, Nigel Farage est l'un des artisans du Brexit. Je ne veux pas seulement que le Royaume-Uni quitte l'Union européenne.
Je veux que l'Europe quitte l'Union européenne. [applaudissements] Après la victoire du Brexit, il s'affiche au premier meeting de Donald Trump. Les deux hommes partagent déjà leur opposition à l'establishment.
Rappelez-vous, tout est possible si suffisamment de gens sont prêts à s'opposer à l'establishment. Merci beaucoup. Alors voilà une petite un petit résumé de des bonnes phrases de Nigel Farage.
Serge Simino, euh Je Jordan Bardella qui veut donner une image extrêmement lisse de lui-même, qui avait, je rappelle, refusé finalement d'aller à une réunion aux États-Unis où il l'aurait rencontré des leaders d'extrême droite. Finalement, il avait refusé de se produire, c'était il y a quelques mois à cette réunion. je crois avait fait un signe Steve Bannon avait fait un signe nazi et donc il avait pas voulu participer à cela.
Et là, il va chez Nigel Farage qui n'est pas qui n'est pas le RN, c'est beaucoup beaucoup plus à droite que qu'est-ce que ça dit finalement de cette stratégie de Jordan ? Bah, il y a il y a plusieurs plusieurs choses dans ce déplacement. Déjà, il l'a rencontré déjà l'année dernière, il était potentiellement présidentiable à l'époque.
Là, c'est une rencontre entre d'éventuels futurs premiers ministres puisque apparemment Jordan Bardella considère que Nigel Farage pourrait lors de prochaines législatives prendre être premier ministre en Angleterre. Donc c'est déjà un populiste à minima qu'il va rencontrer. Vous l'avez dit qui pense beaucoup à Donald Trump et on le sait, vous l'avez rappelé, lorsque Donald Trump a été élu, c'est vrai que Jordan Bardella en particulier a été très favorable à cette élection.
Après, il fait des déplacements internationaux, je crois qu'il va en Italie dans dans la foulée parce que il se dit, vous l'avez rappelé tout à l'heure dans le premier thème du débat, c'est un premier ministrable. Donc, il y a ce lien qui se fait. Et puis alors après, la petite histoire, on sait que monsieur Farage et madame Le Pen lorsqu'ils étaient, je crois, députés européens en même temps, ça devait être en 2014, Nigel Farage de mémoire avait dû dire que l'antisémitisme était dans l'ADN du FN, c'était encore le FN à l'époque, ce qui avait bien évidemment pas plu à Marine Le Pen.
Donc, je ne sais pas si Jordan Bardella, encore très jeune, a a pensé à cette petite provocation là. Moi en tout cas, j'avais envie de le faire. Mais ce qui est ce qui est clair, c'est que il est dans cette peau de premier ministrable maintenant.
Il est descendu d'un cran, mais il n'a pas disparu du paysage. Donc, je pense qu'il y a aussi ce rapprochement là et puis il y a une volonté aussi, c'est de Allez, on va dire d'embêter quand même un peu Marine Le Pen. Je pense que Ah, ça vous pensez que ce déplacement là rentre dans cette stratégie ? de 2027 a pas forcément envie de s'encombrer avec Nigel Farage.
Alors, il partage un certain nombre de choses, peut-être sur le rôle des frontières et cetera et cetera, mais pas de la même manière que Jordan Bardella. C'est pas de l'émancipation, mais allez, c'est un petit voyage de provocation. En même temps, Mathieu Gallard, on l'a entendu à Nigel Farage, c'est un un un créateur pratiquement, il est co-créateur du Brexit et puis il est profondément anti-européen.
Donc, aller serrer la main de Nigel Farage aujourd'hui, est-ce que c'est comment ça peut être perçu et est-ce que c'est une j'ai je veux pas vous demander si c'est une bonne idée, mais est-ce que ça ça peut vis-à-vis de l'électorat du Rassemblement National être un peu inquiétant ou ? Pas sincèrement certain que les électeurs prêtent énormément d'attention à ce type de déplacement. Enfin, on se souvient le nombre de fois où Marine Le Pen a été reçu par Viktor Orban à l'époque qui lui-même avait des positions qui étaient quand même qui pouvaient être extrêmement extrêmement d'Europe quand même.
Oui, d'accord mais vis-à-vis par exemple de la Russie, de Poutine, il avait des positions qui pouvaient en tout cas rebuter une partie de l'électorat RN et ça n'a eu aucun impact. Donc je suis pas absolument certain. Non, moi ce qui m'étonne un peu en fait dans cette stratégie, c'est un peu ce que vous disiez, c'est effectivement euh il se met dans la peau d'un premier ministrable, donc il va voir Nigel Farage, il fait des il va en Italie à un forum économique, il fait des entretiens avec des médias internationaux, mais quelque part est-ce que ça serait pas plutôt le rôle justement de Marine Le ?
À la limite, le président de la République en France, c'est lui qui est censé représenter la France à l'international, alors que le président, c'est lui qui est censé avoir les mains dans le cambouis. Donc c'est vrai que là, je trouve moi que c'est une campagne qui à la fois sur les idées et la manière dont elle s'orchestre cette campagne commence de manière un peu étonnante. Un peu chaotique comme disait Laurent Balesta.
Oui, mais je trouve ça un peu chaotique parce que la stratégie du râteau dont vous parliez effectivement d'essayer de de récupérer des électorats un peu différents, je la comprends tout à fait. Mais en fait, c'est vrai que quand tu es quand elle est illustrée par deux personnes, bah ça donne très vite une impression de cacophonie. En 2007, Nicolas Sarkozy, il adopte la même stratégie avec un certain nombre de propositions qui sont très à droite sur l'immigration par exemple, mais un certain nombre d'autres qui sont beaucoup plus modérées sur les questions d'intégration, sur un certain nombre de questions économiques, mais c'est lui qui les porte.
Quand c'est deux personnes, finalement ça vous donne le sentiment bah qu'on sait pas où on
Jordan Bardella