Municipales, commission d'enquête au Sénat, organisation de l'hôpital... Le "8h30 franceinfo" de Gérard Larcher
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Bonjour Gérard Larcher. Bonjour. Le Conseil d'État demande donc de rouvrir les lieux de culte, les églises, les temples, les mosquées et les synagogues au plus vite. Il était temps pour vous ?
En tous les cas, c'est une décision du Conseil d'État qui fait droit à une liberté. Nous voyons bien que depuis le début de cette crise sanitaire, au travers de deux lois d'urgence, nous avons volontairement, par décision démocratique, restreint l'espace des libertés. Et le Conseil d'État rappelle que la liberté du culte fait partie des libertés essentielles dans une république laïque. Et je suis certain qu'on respectera les règles, tout simplement.
Donc on a eu tort de confiner les églises aussi longtemps pour vous ?
Non, je pense que les églises, tous les cultes, au-delà même des églises, ont parfaitement respecté les règles qui étaient données. Il faut d'ailleurs leur rendre hommage. Ça n'était pas simple au moment de Péchat, de la fête de Pâques, de l'entrée dans le Ramadan. Aujourd'hui, le Conseil d'État dit qu'il faut ouvrir les règles. Et je dois dire que tout simplement, il appartient à l'exécutif de respecter les règles.
Ouvrir les règles et les aligner finalement sur ce qui se passe depuis plusieurs jours dans les lieux privés, puisqu'il est à nouveau permis de se réunir par exemple à 50 si c'est dans un domicile privé, mais que ce n'était pas possible. Dans un lieu de culte, certains fidèles se sont sentis moins bien traités que les autres.
Tout à fait exact, il nous avait saisi. J'ai d'ailleurs saisi personnellement le Président de la République sur ce sujet. Mais je crois qu'il appartenait au Conseil d'État de dire dans quel cadre les cultes pouvaient évoluer. Mais je fais confiance, moi, aux responsables du culte. Ils ont démontré leur sens des responsabilités à des moments pourtant essentiels dans la vie d'un certain nombre de religions.
Et après les voix des seigneurs, les voix des électeurs, la question des municipales. Renaud Delis. Gérard Larcher, le Conseil scientifique a remis au gouvernement son rapport sur l'organisation du deuxième tour des municipales. Et selon les informations de France Info, rien ne s'oppose dans ce rapport à l'organisation de ce scrutin dès la fin du mois de juin. Est-ce que vous êtes favorable à cette date ? Est-ce que vous souhaitez que le second tour des élections municipales ait lieu fin juin ?
Tout est dans la loi que nous avons votée le 23 mars dernier, y compris la date du Conseil des ministres qui doit décider, ce qui est extrêmement rare dans une loi. Donc si le Conseil scientifique, si le Comité scientifique considère que l'évolution de la crise sanitaire permet de tenir ces élections le 28 juin par exemple, et bien il me semble important qu'elle puisse se tenir, qu'elle puisse se tenir bien sûr en étant attentif à la prévention, aux gestes barrières, mais elle permet de doter notre pays de l'organisation territoriale dont elle a besoin pour la relance économique. Mais c'est à l'exécutif de décider. Tout est dans la loi du 23 mars.
Le gouvernement Gérard Larcher souhaite demander un second rapport d'ici 15 jours à ce même Conseil scientifique de façon à éventuellement revenir en arrière si jamais l'épidémie repartait, s'il y avait un rebond de l'épidémie, de façon à pouvoir arrêter le processus électoral dans une quinzaine de jours. Ça aussi vous êtes favorable à ce second rapport, à cette mesure de prudence ?
Ça me paraît sage. En effet, souvenez-vous, nous nous sommes fixés une date collectivement le 2 juin. Eh bien, nous verrons autour du 2 juin si les conditions sanitaires permettent de tenir le processus électoral, qui est un processus démocratique dont personne ne doit être exclu. Je pense notamment dans les zones cartographiées rouges, où les personnes à risque, qui ont aussi le même droit que les autres citoyens, d'aller voter à cette date.
C'est à l'exécutif de décider, dites-vous, Gérald Larcher. Ça veut dire que vous ne voulez pas être consulté ?
Paul, dis-moi, c'est la règle. Vous ne souhaitez pas être consulté ? Le gouvernement peut naturellement faire un rapport, c'est prévu dans la loi du 23 mars dernier au Parlement, mais nous avons déjà voté. Voilà pourquoi l'idée d'un deuxième vote ne me semblait pas une idée. C'est à l'exécutif de décider. Le débat, oui. Le vote, non, puisqu'il a déjà eu lieu.
Ce n'est pas étonnant de la part du président de l'une des deux assemblées en France, de dire qu'on ne veut pas que les parlementaires aient à trancher sur un point aussi important pour la démocratie.
Non, parce qu'ils ont déjà voté. Et la démocratie, ce n'est pas le bégaiement du vote.
Non, non, mais ils ont voté au moment où on n'avait pas les mêmes connaissances scientifiques qu'aujourd'hui sur le virus.
Voilà pourquoi je ne suis pas hostile à un débat, mais tout est dans le texte. Et je rappelle que le décret est une prérogative de l'exécutif.
Mais ce vote a eu lieu le 23 mars, vous le rappeliez à l'instant, Gérard Larcher. Le 23 mars, oui, oui. Et nous sommes... Il a tout prévu.
Rapport avant le 23 mai. Conseil des ministres au plus tard le 27 mai et décision de l'exécutif.
Est-ce qu'avec le recul, Gérard Larcher, on se souvient qu'au mois de mars, vous avez fait partie de ceux, et vous n'étiez pas le seul loin de là, qui ont plaidé pour le maintien du premier tour des élections municipales le 15 mars. Est-ce qu'avec le recul, vous regrettez cette décision ?
Je voudrais simplement vous raconter le 12 mars, quand j'ai eu le président de la République l'après-midi, aux questions et aux échanges que nous avons eus. Le conseil scientifique avait dit qu'il était favorable à la tenue des élections. On pouvait toujours aller au restaurant, la circulation dans tout le pays, on pouvait aller dans les bars. On n'était pas au stade 3. Et il m'est apparu à cette date, c'est ce que j'ai dit au président de la République, qu'on pouvait tenir l'élection municipale.
D'ailleurs, le président de la République l'a reconnu depuis, et je dois dire que nous avons vu un rapport récent qui disait que ça n'avait pas eu d'incidence sur la macro-épidémie au sens plus large. En tous les cas, il ne s'agit pas de regretter, pas regretter. Dans l'état des informations qui m'étaient données, j'ai considéré. Mais là aussi, c'était une décision de l'exécutif, comme pour aujourd'hui. Ce n'était pas le Parlement qui décidait, c'était l'exécutif qui décidait. Je rappelle que c'est le samedi 14 mars au soir que tout a changé, et où on est passé au stade 3.
Vous aviez tous les éléments au moment de cette discussion avec Emmanuel Macron pour trancher sereinement ?
Non, j'avais les éléments que le président de la République m'a transmis. Parce que, je vous rappelle, que c'est l'exécutif qui a les rapports des conseils scientifiques. C'est l'exécutif qui a les rapports des agences régionales de santé.
Aucun moment, Gérard Larcher, le chef de l'État ne vous a donné des indications sur ce que disait le conseil scientifique précisément ? Oui, bien sûr.
On a échangé ce qui est naturel. Que dit le conseil scientifique ? Et d'ailleurs, le Premier ministre l'a rappelé devant le Parlement le 19 mars.
Bon, si je résume, c'est à l'exécutif de trancher la question des municipales. Vous êtes plutôt favorable à un second tour le 28 juin. Un débat, oui, au Parlement, mais pas de vote, j'ai bien résumé ?
Parce que nous avons déjà voté, tout simplement. Vous savez, je ne suis pas contre les votes, mais les votes bégaiement, je ne vois pas le sens qu'ils ont. Surtout à un moment où on nous impose des ordonnances qui coupent le débat au Parlement. Je préférais qu'il y ait moins d'ordonnances, et que le Parlement puisse jouer son rôle, et que l'exécutif en même temps ait le courage de jouer pleinement son rôle en décidant.
Vous restez avec nous Gérard Larcher, 8h41, le fil info avec Maureen Suignard.
Ils sont 17 à partir. 17 députés quittent le groupe de La République En Marche à l'Assemblée Nationale et en créent un nouveau. Résultat, le parti présidentiel perd la majorité absolue. Parmi les anciens marcheurs, le député de l'Essonne, Cédric Villani, le proche de Nicolas Hulot, Mathieu Orphelin. Ils disent vouloir répondre à l'urgence écologique, moderniser la démocratie et réduire les inégalités sociales et territoriales. La Commission européenne se réjouit de l'initiative et donnera son avis définitif d'ici 10 jours. Elle pourrait emprunter 500 milliards d'euros pour les 27 pays de l'Union face à la crise sanitaire et économique. C'est le plan de la France et de l'Allemagne.
Un emprunt commun, donc, plan qui doit encore être approuvé par tous les pays de l'Union. Pour le Conseil d'Etat, l'interdiction générale et absolue de se réunir dans les lieux de culte est disproportionnée face à la crise sanitaire. Il ordonne au gouvernement de lever la disposition d'ici 8 jours. Selon la juridiction, des dispositions moins strictes peuvent être prises. Amazon espère voir 50% de ses salariés de retour dans les 6 entrepôts français cette semaine. Le groupe américain rouvre après avoir aménagé son organisation pour mieux protéger ses équipes. Deux décisions de justice le lui demandaient. Le géant du e-commerce avait préféré fermer ses sites pendant plus d'un mois.
Gérard Larcher, le Sénat que vous présidez a décidé de créer une commission d'enquête sur la gestion de cette épidémie. Qui doit-elle auditionner précisément ?
D'abord, le contrôle, c'est une prérogative du Parlement. Et la commission d'enquête, ça n'est pas quelque chose d'exceptionnel. La commission d'enquête, le principe en a été décidé, sur une suggestion du président de la commission des affaires sociales. Elle aura un périmètre sanitaire. Et elle commencera ses travaux sans doute à la fin du mois de juin. Nous avons tous pensé collectivement, les présidents de groupe, les présidents de commission, il fallait d'abord qu'on traite de l'urgence sanitaire de la crise. Et qu'ensuite, il était important qu'on analyse ce qui avait fonctionné, ce qui avait dysfonctionné au cours de cette crise. Et aussi tracer des perspectives pour le futur.
La question, par exemple, de la souveraineté en matière de matériel, de médicaments. On va donc poser des questions, enquêter, et nous ferons des propositions.
Mais à qui vous allez les poser ces questions, Gérard Larcher ? Au ministre actuel de la Santé, à ses prédécesseurs ?
A tout le monde. C'est le président et les rapporteurs de la commission d'enquête. Je rappelle que le président du Sénat n'appartient pas aux commissions d'enquête, qui détermineront les personnes qu'ils veulent entendre. Sans doute certaines comparaisons aussi européennes, pour essayer de comprendre, de mieux appréhender, et une fois les questions posées, de faire des propositions. C'est tout le rôle du Parlement. Et tout à l'heure, nous évoquions le rôle de l'exécutif. Là, le Parlement, il est pleinement dans son rôle, quand il contrôle et qu'il fait une commission d'enquête.
Ce qui signifie donc que le Premier ministre, Edouard Philippe, pourrait être auditionné lui aussi.
Bien évidemment. Le Premier ministre peut être auditionné devant une commission d'enquête. Seul le président de la République ne peut pas être entendu devant une commission d'enquête. Mais ça doit être une commission d'enquête qui va avoir six mois pour travailler, qui, j'en suis certain, va le faire sereinement, mais en allant au fond des choses. Parce que c'est la marque du Sénat. À huis clos, ou les débats seront publics et ouverts aux Français ? C'est le président qui, avec le bureau de la commission d'enquête, décidera si c'est à huis clos, si c'est ouvert, partiellement, totalement, vraiment. Et quel est le souhait du président du Sénat ?
Je sais que ce n'est pas de votre responsabilité, Gérard Larcher, mais quel est votre souhait ? Est-ce que vous souhaitez que les Français puissent suivre ces débats et ces auditions des personnalités politiques ?
Je crois en tous les cas que le Parlement a toujours intérêt à la transparence au contact avec les Français. Et que ça ne pourrait être que dans des cas extrêmes, dans le respect de certaines personnalités ou de situations, que nous pourrions être amenés, mais ça dépend du président de la commission d'enquête. Mais je pense que le Parlement, nous ne sommes que les représentants des citoyens et des territoires. Nous devons des comptes aux citoyens et aux territoires.
L'épidémie, Gérard Larcher, n'est pas terminée. Est-ce que lancer les travaux de cette commission d'enquête dès le mois de juin et chercher d'ores et déjà dès maintenant les responsables ? Ce n'est pas un peu tôt ? Ça ne fait pas un peu règlement de compte politique ?
Pas du tout. Remarquez que la mission d'information de l'Assemblée nationale commençait dès le mois d'avril. C'est vrai qu'on n'entend pas beaucoup parler maintenant, mais voilà pourquoi nous avons pensé que commencer nos travaux fin juin, début juillet, se donner une période de six mois, il y avait urgence, donc j'allais dire jusqu'à la fin de l'année, le début de l'année qui vient, ça m'apparaît raisonnable, sérieux et en capacité d'aider à la vérité.
Une soixantaine de plaintes, Gérard Larcher, ont été déposées en justice contre des membres du gouvernement, contre le ministre de la Santé Olivier Véran, contre le Premier ministre également. Est-ce que vous approuvez ces démarches ?
Ces démarches sont les droits des citoyens. Je pense que nous avons le risque de la judiciarisation de notre société. Et que ce risque de la judiciarisation, en quelque sorte, peut conduire à la paralysie de la décision publique. Je crois que nous devrons réfléchir à tout cela. Bien sûr, un politique, un responsable économique, un responsable, tout simplement, par exemple, du secteur de la santé, doit être en capacité de rendre des comptes, mais nous ne pouvons pas prendre des décisions en ayant pour seule ligne de conduite la peur des comptes qu'on aurait à rendre. Or, ça conduit à la paralysie.
Lors du débat sur l'état d'urgence sanitaire, justement, les sénateurs ont souhaité plutôt protéger, sur le plan juridique, les maires, de façon à ce qu'eux-mêmes ne soient pas poursuivis, harcelés de plaintes injustifiées. C'est la même chose ? Il faut adopter la même attitude sur le plan juridique, à l'endroit des maires, des élus locaux et des ministres, selon vous ?
Écoutez, le sujet n'est pas de la même nature. La question de la responsabilité pénale des décideurs, des maires, des chefs d'entreprise, des directeurs d'école était une question posée par rapport aux règles que l'état d'urgence avait définies. Et donc, il ne s'agissait pas de leur demander des comptes au-delà de la responsabilité qu'ils étaient, j'allais dire, tenus d'exercer. Et naturellement, la question s'est posée pour les directeurs d'école et les maires dans la réouverture des écoles la semaine dernière ou cette semaine. Nous n'avons pas cherché l'amnistie. Je rappelle que l'amnistie, c'est exonérer un coupable de peine.
Ce que nous ne voulions pas, c'est en quelque sorte mettre en cause des gens qui étaient innocents et de bonne foi.
En termes de responsabilité pénale, ce qui vaut pour les maires, Georges Arlarcher, ne vaut pas pour les ministres.
C'est autre chose. Il est prévu la Cour de justice de la République pour les ministres. C'est une procédure de nature différente. Et je dois dire qu'il est quand même important que nous soyons en capacité de recréer les conditions de la confiance. Car sans confiance, on n'a rien. Rendre des comptes, oui. Mais essayons de rétablir des relations de confiance dans ce pays.
On va parler dans quelques instants, Gérard Larcher, de l'accord survenu hier entre Paris et Berlin en vue d'une dette commune entre les 27. Je voudrais d'abord avoir votre avis sur la situation politique puisque depuis ce matin, les marcheurs n'ont plus de majorité absolue ni au Sénat. C'était déjà le cas puisque la droite y est majoritaire. Ni à l'Assemblée nationale avec la création d'un nouveau groupe, le 9e, composé en partie de marcheurs dissidents. Est-ce que c'est un affaiblissement du pouvoir et du chef de l'État ou le jeu normal de la démocratie ?
J'en prends acte. C'est le jeu normal de la démocratie, tout simplement, de la vie d'un groupe politique qui est un groupe assez composite, bâti autour d'un projet qui a plutôt été l'effacement des autres et qu'aujourd'hui, des questions comme l'écologie, la solidarité se posent pour un certain nombre d'entre eux. Moi, j'en prends acte. Ce que je constate, c'est qu'au Sénat, les groupes sont solides. Ils sont en capacité de voter des projets de loi d'urgence, des projets de loi de finances rectificatives avec la majorité de l'Assemblée nationale quand nous trouvons que les décisions vont dans le bon sens. Et quand elles ne vont pas dans le bon sens, nous le disons et nous nous opposons.
Pour vous, cette crise, Gérard Larcher, elle ressuscite le bon vieux clivage droite-gauche ?
Non, elle ne ressuscite pas le bon vieux clivage mais il y a une différence entre la droite et la gauche dans la conception. Et vous allez voir que par rapport à la relance, vous allez avoir des débats entre les vieilles recettes. Par exemple, ceux qui vont demander les nationalisations, le partage du temps de travail, la planification. Alors que, par exemple, quelqu'un comme moi, on pense plutôt décentralisation, moins de bureaucratie, revalorisation de salaires extrêmement modestes qu'on a vues en première ligne pendant cette crise, productivité, compétitivité, ça, c'est des vraies différences, y compris pour se sortir dans la crise qui va être terrible au point social.
Ma vraie préoccupation, je vais vous le dire, c'est les 700 000 jeunes qui vont arriver sur le marché du travail au mois de septembre prochain pour 400 000 diplômés, mais aussi pour des apprentis, mais aussi pour ceux qui n'ont pas de diplôme. Quelle réponse on va leur apporter comment on va gérer les plans de sauvegarde de l'emploi ? Tout ça, c'est des vraies réponses qui pourront s'appuyer que sur une seule chose, le dialogue social.
Pardon Gérard Larcher, je vous ai interrompu. L'Europe à la relance dans un instant puisqu'on doit s'interrompre pour le fil info à 9h moins 10 et on se retrouve juste après. Voici tout d'abord Maureen Suignard.
Une baisse de plus de 76% des ventes dans le secteur automobile européen et cela au mois d'avril, annonce ce matin des constructeurs. On constate une reprise très molle depuis le début du déconfinement, dit sur France Info, Luc Châtel, le président de la plateforme automobile. Selon lui, le risque est une succession de défaillances d'entreprises. Cédric Villani pourra-t-il devenir le candidat de la République en marche pour les élections municipales à Paris ? En tout cas, il se dit toujours ouvert à la discussion. Le député de l'Essonne sur France Inter qui confirme la création d'un 9e groupe à l'Assemblée nationale avec 17 députés dont d'anciens marcheurs.
Le groupe de la République en marche perd donc la majorité absolue à l'Assemblée nationale. Le bilan quotidien rendu au coronavirus sous la barre des 800 morts aux Etats-Unis mais plus de 90 000 décès au total. Et Donald Trump qui annonce prendre de l'hydroxychloroquine depuis 10 jours à titre préventif contre le coronavirus. Traitement qui n'est pas recommandé par les autorités sanitaires américaines. Oui, non ou en attente ? Voici les trois réponses possibles qui s'afficheront dès 17h sur le site de Parcoursup. 950 000 candidats inscrits sur la plateforme qui ont exprimé des voeux pour des inscriptions pour des études supérieures. France Info
et tout est plus clair.
Gérard Larcher, Angela Merkel, la chancelière allemande a dit oui hier et pour la première fois à l'idée d'un prêt européen, un prêt en commun de 500 milliards d'euros pour relancer l'économie des 27. Est-ce que c'est une bonne nouvelle et un pas en avant pour l'Europe ?
C'est une bonne nouvelle après les décisions de la Banque Centrale Européenne au cours du mois de mars et du mois d'avril. C'est ainsi 1 000 milliards d'euros, c'est sans doute encore insuffisant, qui vont permettre de contribuer à la sortie de crise que la pandémie a créée, crise économique, crise sociale. Puis une autre décision qu'il ne faut pas passer sous silence, c'est la question de la santé et de la souveraineté européenne en matière de santé, de la coopération européenne en matière de santé. La santé, ce n'est pas une compétence de l'Europe, je parle de la santé humaine, je ne parle pas de la santé animale en vétérinaire qui est une compétence européenne, mais la santé humaine.
Et par exemple, nous l'avons vu, souveraineté en matière de matériel, souveraineté en matière de médicaments, souveraineté en matière de vaccins, de recherches, tout ceci, c'est tout à fait essentiel. C'est aussi une décision très importante de ce sommet franco-allemand d'hier après-midi que je ne peux que soutenir.
Victoire personnelle, politique pour Emmanuel Macron ?
Écoutez, je pense que c'est la victoire de l'Europe, que c'est la victoire de la France et de l'Allemagne, et que le président de la République l'incarne, c'est sa fonction et sa mission, et c'est ainsi, parce que l'Europe nous avait déçus au début de la crise. L'Europe a eu aussi des formidables gestes de solidarité, en accueillant par exemple nos grands malades en réanimation, mais nous avons besoin d'une Europe du concret dans le domaine de la santé.
Est-ce que vous espérez que maintenant ce couple franco-allemand ressuscité parvienne à convaincre nos autres partenaires, ce qui va probablement être délicat, notamment avec un certain nombre de pays, notamment plutôt du nord du continent ?
Je pense que le fait que la France et l'Allemagne soient ensemble dans le respect des autres pays doit démontrer que demain, dans un multilatéralisme effondré, voyez la situation des Etats-Unis, ce qui se passe en Asie, nous avons plus que jamais besoin d'une Europe qui réaffirme un certain nombre de principes, dont la souveraineté, ce qui n'exclut pas des politiques nationales volontaristes en matière de santé. Voilà pourquoi la question de la réorganisation du système de santé en France est essentielle et ça n'est pas qu'une affaire d'argent, c'est une affaire de véritable réponse d'organisation, de débureaucratisation.
De débureaucratisation et de travailler plus ou pas à l'hôpital, Gérard Larcher ?
La question, là aussi, est une question de laisser au dialogue social, à l'organisation de l'hôpital et la réalité, c'est que nous ne nous sommes jamais remis des 35 heures. Dans une vie antérieure, j'ai été président de la Fédération des hôpitaux publics, c'est dire mon attachement à l'hôpital public. Mais quand les 35 heures ont été mis en place, au fond, nous n'avons pas recruté suffisamment de personnel, nous avons joué sur une réduction de moyens financiers et surtout, nous n'avons pas réorganisé notre système de santé. Vous savez, il n'y a pas de différence entre la France et l'Allemagne en matière de produits intérieurs bruts consacrés à la santé.
Donc, vous voyez que la réponse n'est pas que financière. La réponse, bien sûr, est de revaloriser un certain nombre de salaires. Avoir les infirmières ou les aides-soignantes les plus mal payées ou parmi les plus mal payées d'Europe, c'est insupportable. Savoir, comme le dit Olivier Véran, qu'un certain nombre vont faire des ménages dans d'autres établissements, entre guillemets, le mot ménage, c'est-à-dire qu'ils vont faire des heures supplémentaires nécessitent qu'on réfléchisse au mode d'organisation, au dialogue social, à l'organisation du travail à l'hôpital.
Donc, fin ou assouplissement des 35 heures, mais soumis au dialogue social avec les syndicats. pour vous, ça ne doit pas passer, ça ne doit pas venir d'en haut.
Il faut faire avec le terrain, avec les réalités du terrain. C'est ça la vraie réalité. Vous savez, on a beaucoup parlé d'hôpital, j'aurais aussi parlé des EHPAD. Hier après-midi, j'étais dans un EHPAD. Et je peux vous dire que là aussi, vous avez des personnels formidables, mais qui pendant cette crise ont été très longtemps démunis et sur lesquels il faudra qu'on apporte des réponses. La question de la dépendance, c'est aussi un baromètre de la conception que nous avons des valeurs en société. Quelle attention nous portons aux aînés, à nos propres parents, ça c'est un vrai sujet.
Vous évoquiez tout à l'heure, Gérard Larchieu, aussi vos inquiétudes par rapport à la situation de l'emploi et à la menace des plans sociaux. Ça signifie que face à cette crise, il faut dire aujourd'hui aux Français, ben oui, vous allez travailler plus. On va supprimer les 35 heures comme le stipule d'ailleurs le programme de LR, notamment dans la fonction publique, et pourquoi pas supprimer un jour férié, vous allez devoir travailler plus pour faire face à cette crise ? Mais c'est pas ça
la réponse. J'ai dit tout à l'heure, attention, vieilles recettes, partage de temps de travail, mais la réponse, c'est pas non plus une réponse idéologique par rapport aux 35 heures.
C'est le programme de LR, c'est le programme des Républicains. Oui, oui,
mais je parle du programme Gérard Larcher, là. C'est le dialogue social. Vous n'êtes plus social, les réalités du terrain. Vous allez avoir des entreprises, peut-être on ne pourra pas travailler 35 heures pendant un certain temps. Le secteur de l'automobile, avant qu'il ne redémarre, si on veut éviter des gâchis de savoir-faire et de compétences, comment on organise des temps où il faudra recourir au chômage partiel ou à des plans notamment consacrés à la formation et à la reconversion ? Demain, la réponse écologique, un mot que nous n'avons pas encore prononcé, ce sera sans doute plus de frais de ferroviaire, plus de véhicules avec des énergies nouvelles, notamment électriques.
Il va falloir préparer un certain nombre de salariés à ces nouveaux métiers. C'est ça aussi une des chances si nous voulons sortir
de cette crise. Un dernier mot, Renaud Dely ? Et donc, dans le programme Gérard Larcher, il n'y a pas non plus de réduction des dépenses publiques ou de postes de fonctionnaires ?
Le sujet n'est pas là aujourd'hui. Nous n'avons pas assez réduit nos dépenses publiques. Voilà pourquoi nous sommes moins bien pour nous en sortir que l'Allemagne et un certain nombre de pays. Vous parliez tout à l'heure des pays dits du Nord qui ont dit un peu plus frugaux. Non, ils ont été un peu moins cigales et un peu plus fourmis. Je crois qu'on peut être fourmis et un peu moins cigales tout en étant attentifs aux bas salaires et aux questions du vivre ensemble.
Merci à vous Gérard Larcher, président du Sénat. Merci également à Raymond. J'espère vous retrouver
vraiment, puis je ne ferai pas l'inversion comme il y a trois mois. entre Renaud-Délier et Marques, Renaud et Renaud-Larcher. On vous avait été pardonnés
immédiatement Gérard Larcher. Ce serait plus facile de visu.
Vous vous trouvez quand même tous les deux sur le plateau.
On l'espère aussi en plateau peut-être dans les semaines qui viennent quand l'étape suivante du déconfinement entrera en vigueur ici à France Info. Merci également à Raymond Albuy qui était à vos côtés ce matin pour la liaison technique. Merci.
Merci. Merci. Merci.
Gérard Larcher